Mali : les enfants, premières victimes de la violence (Onu)

Les violations graves commises contre les tout-petits au Mali ont augmenté à un rythme alarmant, signale un rapport du Secrétaire général de l’Onu publié le 22 décembre 2022.Au Mali, les plus jeunes continuent de subir le poids de l’instabilité politique, de l’augmentation de la violence contre les civils et de la détérioration de la situation des droits humains. Cette situation est la résultante de l’escalade de la violence intercommunautaire et la recrudescence de l’activité des groupes armés. Un rapport du Secrétaire général de l’Onu sur les enfants et le conflit armé au Mali révèle en effet une forte augmentation du recrutement et de l’utilisation d’enfants, des attaques contre les écoles et les hôpitaux et des enlèvements, en particulier dans les régions de Mopti et de Gao.

Selon le document publié jeudi 22 décembre, au total 2 095 violations graves contre 1 473 enfants ont été vérifiées entre le 1er avril 2020 et le 31 mars 2022, la majorité des violations ne pouvant être imputées à une partie spécifique au conflit. La plupart des autres violations (38 %) ont été attribuées à des groupes armés et 6 % aux forces de sécurité gouvernementales.

Le nombre réel est susceptible d’être plus élevé, car la capacité de l’Onu à vérifier les informations était parfois limitée en raison de l’insécurité, des restrictions d’accès et de la pandémie de Covid-19 en cours, souligne le rapport.

« Je suis consterné de voir une telle augmentation des violations graves contre les enfants au Mali. Une action urgente et déterminée est requise de la part des parties pour assurer leur protection », a déclaré Virginia Gamba, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés.

« Pour que les enfants conservent leurs droits, ils doivent être libérés des groupes armés, et protégés contre d’autres violations et abus. Mais les efforts ne peuvent pas s’arrêter là. Leur réintégration dans la société est également essentielle pour assurer durablement leur sécurité et leur avenir », a ajouté Mme Gamba en visite à Bamako.

Par ailleurs, signale l’enquête, plus de 900 garçons et filles ont été recrutés et utilisés par les groupes armés. Cela constitue la violation grave la plus fréquente au cours de la période considérée, indique le rapport, précisant que seules 616 personnes recrutées et utilisées ont été libérées et que plus de 50 % des auteurs étaient des groupes armés signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Cela démontre le peu de progrès dans la mise en œuvre des plans d’action visant à mettre fin à cette violation et à la prévenir, regrette l’Onu.

Les forces armées aussi ont utilisé des enfants

Selon la Représentante spéciale, l’utilisation d’enfants par les forces armées était également très répandue. Alors que la plupart de ces cas ont été attribués à des groupes armés, près d’une centaine d’enfants ont aussi été utilisés par les Forces armées maliennes (Fama) pour effectuer des tâches domestiques. « J’exhorte le gouvernement à faire cesser l’utilisation des enfants par les forces armées, à quelque titre que ce soit » a affirmé Virginia Gamba.

Elle demande, en outre, au gouvernement de renforcer d’autres mesures de protection, comme, entre autres, une révision du code de protection de l’enfance qui criminaliserait le recrutement et l’utilisation de mineurs âgés de 15 à 17 ans.

Des enfants tués et mutilés lors d’attaques par les groupes armés

Le rapport déplore aussi une recrudescence du nombre d’enfants tués et mutilés, principalement lors d’attaques menées par des groupes armés contre des civils. Les Engins Explosifs Improvisés (EEI) et les Restes Explosifs de Guerre (REG) comptent parmi les principales causes de décès ou de blessures touchant 94 des 408 enfants victimes de cette violation. On relève, de plus, que le nombre d’enlèvements d’enfants, principalement à des fins de recrutement ou d’exploitation sexuelle, a quadruplé par rapport à la période précédente.

Avec un total de 240 attaques contre des écoles et des hôpitaux, les systèmes de santé et d’éducation au Mali ont été profondément touchés par le conflit, privant les enfants de leurs droits fondamentaux à la santé et à l’éducation. Cent quatre-vingt-six écoles ont été attaquées au cours de la période, et 1 731 établissements fermés dans tout le pays à la fin du mois de mars 2022.

Une collaboration néanmoins prometteuse entre l’Onu et le gouvernement de transition

Le rapport juge néanmoins prometteuse la poursuite de l’engagement entre le gouvernement de transition et l’Onu pour lutter contre ces violations graves, louant par exemple leur collaboration pour un plan national de prévention contre les violations par les forces armées. La Représentante spéciale a encouragé aussi la mise en œuvre du Protocole relatif à la libération et à la remise des enfants associés aux forces et groupes armés, à la libération des enfants détenus, et à la poursuite de la collaboration avec l’Onu.

Dialogue avec certains groupes armés

Tout au long de la période considérée, le groupe armé Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et l’Onu ont poursuivi le dialogue par le biais d’ateliers visant à accélérer la mise en œuvre de leur plan d’action de 2017 sur le recrutement et l’utilisation d’enfants et la violence sexuelle contre les enfants.

La Représentante spéciale du Secrétaire général s’est également félicitée de la signature de plans d’action par deux factions de la Plate-forme visant à mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants et à les prévenir.  «J’appelle maintenant toutes les parties à traduire immédiatement en actes leurs engagements et à mettre en place des mesures concrètes pour prévenir de nouvelles violations. Les Nations Unies sont prêtes à soutenir tous les efforts visant à mieux protéger les enfants au Mali », a-t-elle assuré.

Burkina : les syndicalistes contre le prélèvement des salaires pour l’effort de guerre

L’Union d’action syndicale (UAS) a proposé d’autres niches de mobilisation de ressources pour lutter contre le terrorisme.La plus grande centrale syndicale du pays s’oppose au prélèvement de 1% de salaire net des travailleurs du public et du privé pour soutenir la lutte contre les groupes jihadistes.

« L’Union d’action syndicale (UAS) ne peut donner son aval pour la collecte de fonds à mettre à la disposition d’une armée dont la gestion opaque des ressources est décriée », indique la centrale syndicale.

Elle a estimé que les fonctionnaires souffrent déjà des crises économiques, sécuritaires et humanitaires. En conséquence, ils ne peuvent pas donner leur argent pour que des « hauts gradés de l’armée s’embourgeoisent à Ouagadougou [ou] aillent renforcer leurs milliards ».

L’UAS a fait en retour une série de propositions à l’Etat pour financer l’effort de guerre. Il s’agit du recouvrement des restes de créances dues à l’Etat qui s’élèvent, à la date du 30 juin 2022, à plus de 870 milliards FCFA ; des chèques impayés ; des dossiers de mauvaise gestion des fonds publics.

Outre les dossiers de « crimes économiques », les syndicats proposent le « recouvrement de l’impôt sur les revenus fonciers (IRF) » et « les déficits de paiement par les sociétés de téléphonie de leurs impôts ». Les responsables de l’UAS en veulent pour preuve, le dossier des marchés « mal exécutés » et les « ressources dues par les sociétés minières ».

« On laisse tout cela et on vient s’acharner sur les populations. Il faut éviter la solution de la facilité qui consiste à prélever sur les salaires des travailleurs. (…). On les compare à Thomas Sankara. Mais, Thomas Sankara n’a pas laissé les détournements pour s’acharner sur les populations », ont fulminé les responsables de l’Unité d’action syndicale.

En décembre une autre coalition de syndicats avait demandé au gouvernement des précisions sur le prélèvement de 1% du salaire des agents de l’Etat et privés pour soutenir la lutte contre le terrorisme. Ils souhaitent connaître « la durée (…) et les mécanismes de prélèvement et la gestion des fonds » collectés.

Le gouvernement a annoncé début décembre, la création d’un Fonds de soutien à l’effort de guerre, à hauteur de 106 milliards FCFA pour prendre en charge, armer et équiper plus de 90.000 supplétifs civils de l’armée, recrutés en novembre 2022.

Côte d’Ivoire : des apports en nutriments au riz local et importé

Ces nutriments complémentaires « obligatoires » ont été adoptés en Conseil des ministres en vue de corriger des carences observées chez les populations.Cette mesure, prise ce 21 décembre 2022, découle de la Stratégie nationale pour l’enrichissement du riz, qui vise globalement à rehausser la valeur nutritionnelle du riz en vue de corriger la carence en fer observées chez les populations.  

La stratégie requiert « l’enrichissement obligatoire du riz avec des micronutriments de fer, de zinc, de sélénium et de vitamine B », des carences qui notamment à la sont à la base de la forte prévalence de l’anémie chez les femmes en âge de procréer.

Elle concerne « le riz produit localement et le riz importé (qui) seront enrichis en qualité et en quantité », a fait savoir le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, ajoutant que cela répond aux spécifications de l’OMS et sera disponible pour plus de 80% de la population.

Selon M. Amadou Coulibaly, l’enrichissement du riz est un procédé technique qui permet au moment de l’usinage du riz de pouvoir y introduire des nutriments afin de l’enrichir. L’Etat ivoirien veut adresser surtout le fort taux de mortalité chez les femmes dû au carence en fer.

« Il s’agit de garantir un capital important de micronutriments notamment un capital en fer adéquat aux populations et aux enfants de façon à réduire les risques de morbidité et de mortalité néonatale, améliorant ainsi le bien-être des populations », a-t-il poursuivi.  

Lors d’une Réunion de haut niveau sur la nutrition en Afrique, tenue le 5 décembre 2022 à Abidjan, les Etats participants ont salué le plaidoyer fait par la Côte d’Ivoire sur la problématique de la nutrition, de la sécurité alimentaire et de la résilience nutritionnelle.

Les travaux ont abouti à la « Déclaration officielle d’Abidjan qui appelle les Etats africains ; à l’action en vue d’accélérer les investissements et améliorer la coordination de leurs efforts pour renforcer la sécurité alimentaire en Afrique », a rappelé M. Amadou Coulibaly. 

Au regard des nombreux défis sur le continent africain, les Etats participants à cette réunion sur la nutrition, ont appelé à la prolongation des activités de la feuille de route de l’année africaine de la nutrition au-delà de l’année 2022, afin de mettre en place l’écosystème adéquat.    

Côte d’Ivoire : campagne sur les lois liées à l’égalité du genre

Le ministère de la Femme, de la famille et de l’enfant a, à l’occasion de cette campagne, lancé ce mardi 20 décembre 2022 un journal dénommé « Le Genre aujourd’hui ».La Côte d’Ivoire a adhéré à la plupart des conventions internationales et régionales en faveur de la promotion de l’égalité du genre. De nombreuses réformes légales ont été opérées dans l’optique d’assurer l’égalité de chances entre l’homme et la femme dans tous les domaines.

En vue de contribuer efficacement à la compréhension et à l’applicabilité de ces lois favorables à l’égalité de genre, le ministère de la Femme, de la famille et de l’enfant, a initié cette campagne de sensibilisation des populations sur le cadre juridique en lien avec l’égalité du genre.

Cette campagne nationale de communication et de sensibilisation de la population sur le cadre juridique en lien avec l’égalité du genre en Côte d’Ivoire vise à conduire les populations à un changement de mentalité afin de permettre l’égalité de chances et d’opportunités.

Au cours du lancement de la campagne sur le cadre juridique de l’égalité du genre, la ministre ivoirienne de la Femme, de la famille et de l’enfant, Nassénéba Touré, et les partenaires au projet ont remis à des ONG le journal et les textes de lois sur le genre.  

Selon Mme Nassénéba Touré, la campagne a pour objectif de hisser les femmes à toutes les échelles de prise de décisions. La campagne se fera avec des dépliants qui compilent toutes les lois, un journal qui sera mis à disposition des populations et l’implication des communautés et des hommes.

La directrice du genre et de l’équité, Mme Florence Tanoh, a fait savoir que ce journal a été conçu pour que « le message sur le genre puisse être entendu véritablement » en vue de la réduction de l’inégalité entre les hommes et les femmes en matière de droit.

Ce journal vise également à « offrir des connaissances scientifiques sur l’approche du genre en Côte d’Ivoire, à dialoguer et à échanger sur ce dispositif (en vue de) l’adoption de valeurs permettant des comportements responsables en matière de genre », a-t-elle poursuivi.

Pour sensibiliser les populations sur l’égalité du genre en Côte d’Ivoire, le ministère de la Femme, de la famille et de l’enfant, à travers sa direction Genre et équité, mène cette campagne en collaboration avec l’ONG Care, le Canada et l’ambassade de l’Espagne en     Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire connaît des avancées notables en matière d’égalité de genre. La loi sur le foncier rural adoptée en août 2004 consacre le genre, avec l’accès et le contrôle de la terre à tout ivoirien sans restriction de sexe. En outre, la scolarisation est obligatoire pour tous les enfants âgés de 6 à 16 ans.

À noël, Orca et Bolloré transport & Logistics apportent leur soutien aux orphelins

Les dons collectés ont été intégralement remis à l’orphelinat Caritas qui accueille plus de 50 enfants.Le 17 décembre 2022, ORCA Congo s’est associé à Bolloré Transport & Logistics Congo et Congo Terminal pour offrir 1,5 tonne de vivres, vêtements, chaussures et jouets aux orphelins.

Durant trois dernières semaines, le département communication et développement durable a organisé une campagne de dons auprès des 1500 employés du groupe Bolloré au Congo. La majorité des collaborateurs évoluant à Congo Terminal et Bolloré Transport& Logistics Congo a volontairement participé à cette action solidaire qui met en lumière l’esprit du Groupe Bolloré : « Savoir redonner une part de ce que nous avons eu la chance de recevoir » selon Cyrille Bolloré, PDG du Groupe.

Les dons collectés ont été intégralement remis à l’orphelinat Caritas qui accueille plus de 50 enfants. Cette structure est située à Mvou-mvou dans un quartier périphérique de Pointe-Noire. ORCA Congo a fourni l’ensemble des jouets.

« La forte mobilisation de nos collaborateurs et la quantité des dons récoltés en si peu de temps traduisent la générosité de nos équipes. Nous sommes heureux de donner un peu de joie aux orphelins en cette fin d’année » soutient Anthony SAMZUN, Directeur Général Congo Terminal.

« Merci à Congo Terminal, Bolloré Transport & Logistics Congo et ORCA Congo pour cette marque de solidarité. Les enfants ont reçu tant de choses pour passer de merveilleuses fêtes de fin d’année » a précisé Xavier NGAMOYI, chef de centre de l’orphelinat Caritas.

Bolloré Transport & Logistics Congo et Congo Terminal organisent un vide grenier chaque fin d’année. L’ensemble des articles collectés est destiné aux orphelins ou aux enfants défavorisés. ORCA Congo spécialisé dans la décoration intérieure, le mobilier, le textile, le jardin et les jouets est également un acteur pleinement engagé dans les actions solidaires.

À propos de Bolloré Transport & Logistics au Congo

Présent au Congo dans le transport et la logistique, Bolloré Transport & Logistics compte 1500 collaborateurs congolais à travers ses agences et ses filiales portuaires et logistiques. Implanté à Pointe Noire, Brazzaville et Dolisie, l’entreprise déploie des systèmes de management QHSE reposant sur des référentiels reconnus tels que l’ISO 4500. Bolloré Transport & Logistics s’investit dans l’amélioration des compétences de ses collaborateurs et participe activement au développement socio-économique du pays au moyen d’actions de responsabilité sociétale dans les secteurs de l’éducation, la réinsertion sociale, la préservation de l’environnement et l’accompagnement humanitaire.

Contact presse :

Ghislain Maginot, Chef section Médias – Bolloré Transport & Logistics

T +242 05 775 02 10 – ghislain.maginot@bollore.com

Burkina : des formations à la culture hors-sol pour les veuves des soldats au front

Le projet va également toucher les veuves des chauffeurs de convoi de ravitaillement des zones sous contrôle jihadiste.Le Conseil des ministres a décidé, vendredi 16 décembre, de la mise en œuvre d’un projet de formation agricole en faveur des veuves des victimes du terrorisme. 

Il s’agit d’un projet de formation à la culture hors-sol et en irrigation, a déclaré le ministre de l’Agriculture et des Ressources animales et halieutiques, Dénis Ouédraogo. 

Les bénéficiaires prioritaires sont les veuves des éléments des forces de défense et de sécurité et des chauffeurs de convoi de ravitaillement tombés sur le champ de bataille. 

« Il s’agira d’organiser au profit de ces femmes, des formations en culture hors-sol, en irrigation, l’essentiel étant qu’elles parviennent, à partir de ces activités, à se prendre en charge », a expliqué le ministre Dénis Ouédraogo.

Des médias ont, à plusieurs reprises, fait cas des conditions difficiles des veuves et orphelins des soldats tombés au front.

Mali : une ONG suisse interdite d’activités

Le ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation du Mali évoque un « exercice d’activités illicites » d’Appel de Genève.Après avoir suspendu les activités de toutes les ONG en lien avec la France, Bamako vient de sévir contre une ONG suisse. « Est interdite d’exercer sur le territoire national de la République du Mali, l’association étrangère +Appel de Genève+ pour exercice d’activités illicites », lit-on dans un arrêté du ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation publié jeudi 15 décembre.

Dans une déclaration diffusée ce samedi 17 décembre, l’ONG dit avoir pris acte avec regret de l’arrêté du 15 décembre du ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation du Mali et suspend ses activités au Mali à compter de la même date.

« En tant qu’organisation humanitaire, neutre et impartiale, l’Appel de Genève agit toujours en toute transparence et en stricte conformité avec les obligations internationales des Etats », affirme-t-elle. .

Appel de Genève se dit déterminée à travailler sans relâche pour la protection des civils impactés par les conflits et en étroit dialogue avec toutes les parties prenantes.

Sahel : Washington pour une approche globale de la lutte contre le terrorisme

Le contre-terrorisme ne peut réussir par la seule force et les mesures de sécurité dures selon la sous-secrétaire d’État américaine, Victoria Nuland.Dans le combat contre le jihadisme au Sahel, le recours exclusif à la force a montré ses limites. Les importants moyens militaires déployés sur le terrain n’ont pas permis de freiner l’expansion des groupes armés et l’amplification de leurs attaques. Partant de ce constat, la sous-secrétaire d’État américaine, Victoria Nuland, a plaidé, jeudi à Washington, pour un changement d’approche.

« Nous avons vu à maintes reprises que le contre-terrorisme ne peut réussir par la seule force et les mesures de sécurité dures. Comme on me l’a rappelé lors de mes récents voyages au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie et au Niger, pour être vraiment efficace, comme beaucoup l’ont dit, la lutte contre le terrorisme doit s’inscrire dans un effort de l’ensemble du gouvernement et de la société », a-t-elle déclaré.

Les limites du tout sécuritaire

S’exprimant lors d’un briefing de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la lutte contre le terrorisme mondial, Mme Nuland a indiqué que les partenaires internationaux doivent favoriser la bonne gouvernance, le respect des droits de l’homme, l’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux opportunités économiques s’ils veulent arriver à bout de ce fléau.

« Nous devons soutenir les gouvernements et leur capacité à répondre aux besoins de leurs citoyens. C’est la clé pour briser le cycle de l’extrémisme violent », a-t-elle insisté.

Citant l’exemple du Niger, Victoria Nuland a fait remarquer que le soutien aux forces de sécurité bien qu’important et primordial pour ralentir les activités groupes jihadistes, n’est pas suffisant dans un pays où la moitié des enfants ne sont pas scolarisés.

A l’en croire, le manque d’éducation est un moteur de la prochaine génération d’insécurité et de terrorisme. Elle a ainsi souligné la nécessité de faire en sorte que les femmes et les filles aient un accès sûr à l’éducation, aux soins de santé et aux opportunités économiques, et que leurs communautés et leurs pays soient plus stables et plus prospères.

« C’est pourquoi nous nous concentrons sur la mise en œuvre du cadre mondial actuel et solide de lutte contre le terrorisme, axé sur une approche globale de la société », a-t-elle dit.

Respect des droits humains 

Par ailleurs, la diplomate américaine a déploré les tentatives visant à saper les avancées en matière de genre, de société civile et de droits de l’homme réalisées dans les résolutions du Conseil de sécurité et dans la Stratégie antiterroriste mondiale, menées par certains Etats membres de l’Onu.

« Il est essentiel que les campagnes antiterroristes ne servent pas de prétexte aux États membres pour violer eux-mêmes les libertés fondamentales », a-t-elle soutenu.

La diplomate américaine a enfin annoncé que l’Assemblée générale de l’Onu examinera, l’année prochaine, la stratégie mondiale de lutte contre le terrorisme.

Burkina : Acquisition de 15 cliniques mobiles pour les personnes éloignées

Elles offriront des soins de santé spécifiques administrés uniquement à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.Le gouvernement a approuvé, ce vendredi 16 décembre, en Conseil des ministres, l’acquisition de 15 cliniques mobiles, au titre du ministère de la Santé.

Ces cliniques mobiles vont améliorer l’accessibilité géographique et financière des populations notamment les couches les plus vulnérables à un certain nombre de services de santé spécifiques qu’on ne pouvait avoir qu’à Ouagadougou ou Bobo-Dioulasso, a expliqué le ministre Robert Lucien Kargougou.

« Une femme qui se trouve dans la commune de Solenzo, par exemple, peut bénéficier d’une mammographie à l’effet de dépister des modules qui pourraient faire l’objet de cancer du sein avec une prise en charge », a indiqué le ministre Dr Kargougou.

Pour le gouvernement, les cliniques mobiles vont rapprocher les services de santé des patients et faciliter leur prise en charge.

En raison de l’insécurité, près 200 centres de santé sont fermés et plus de 400 fonctionnent à minima, affectant plus de 2 millions de burkinabè.

Guinée : l’ancien président de la Cour Constitutionnelle envoyé en prison

L’ancien président de la Cour Constitutionnelle, juridiction qui a validé le troisième mandat pour Alpha Condé a été envoyé en prison.Jeudi 15 décembre, l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura a été inculpé par la Cour de Répression des infractions économiques et financières pour des faits « présumés de corruption, enrichissement illicite, blanchiment d’argent, faux et usage de faux en écriture publique, parjure, détournement de deniers publics et complicité » et placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Conakry.

L’ex-président de la Cour Constitutionnelle qui, avec sept (7) autres conseillers avaient évincé Kelefa Sall, à l’époque président de ladite institution, est dans le collimateur du ministère de la justice depuis plusieurs mois.

En juillet dernier, le ministre de la justice Alphonse Charles Wright révélait que le vendredi 28 septembre 2018, M. Bangoura jusque-là vice-président de la Cour Constitutionnelle a été élu à la tête de ladite institution avec un budget annuel de plus de 20 milliards de francs guinéens.

Il a été constaté qu’en dépit de son salaire mensuel de 145 millions de francs guinéens, M. Bangoura, sans cause justifiant une mission de service public de la Cour, possède un immeuble R+4 objet du titre foncier N°1647/NGA du lot 4 Dakar pour un montant de 404 millions de francs CFA. Toujours, selon le garde des sceaux guinéen, cette vente a été rendue possible par l’intervention de deux cabinets de notaires à savoir: l’étude de Maître Kane Anta Diallo, notaire du cédant et l’étude de Maître Tabara DIOP, notaire de l’acheteur au nom de ses enfants vivant à l’étranger au moment des faits.

L’ancien président de la Cour constitutionnelle aurait aussi acquis une résidence à Nongo dans la Commune de Ratoma d’une valeur de 5 milliards de francs guinéens et des domaines à Wonkifong, dans la préfecture de Coyah. M. Bangoura doit s’expliquer sur d’autres faits présumés de prédation des deniers publics.

Plusieurs dignitaires de l’ancien régime soupçonnés d’avoir détourné des deniers publics ont été envoyés en prison depuis l’arrivée au pouvoir de la junte militaire dirigée par le colonel Mamadi Doumbouya.

Côte d’Ivoire : Joseph Ebagnerin réélu SG de l’UGTCI

Seul candidat en lice, le secrétaire général sortant de l’Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (UGTCI), a été réélu par acclamation, à l’issue du 9e Congrès ordinaire de la centrale syndicale.Ce 9e Congrès ordinaire de l’UGTCI se déroule du 14 au 16 décembre 2022, à la Bourse du travail de Treichville, dans le Sud d’Abidjan, autour du thème « Syndicalisme de participation responsable, réalités et perspectives ».

Reconduit pour un mandat de cinq ans ce jeudi 15 décembre 2022, Joseph-Léon Ebagnerin a remercié les délégués syndicaux de lui avoir renouvelé leur confiance. Il a réitéré ses engagements à porter plus haut l’UGTCI et à mieux faire les choses pour le bien-être des travailleurs.

L’Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire est l’une des plus anciennes centrales syndicales du pays. Ce congrès électif vient stabiliser l’organisation qui avait connu une crise de leadership au niveau des dirigeants, il y a quelques années. La clôture des travaux est prévue ce vendredi 16 décembre 2022.    

 

Pêche artisanale ivoirienne : vers un plan de gestion participatif

Un rapport sur ce projet a fait l’objet d’une session de restitution à l’intention de plus de 60 acteurs et actrices de la pêche artisanale à Sassandra, une cité balnéaire dans le Sud-ouest du pays.Ce rapport d’étude, présenté ce mercredi 07 décembre 2022, devrait servir de document de base à l’élaboration d’un « Plan local de gestion de la pêcherie aux sardinelles à Sassandra ». Ce plan se veut un outil précieux pour une gestion durable des ressources halieutiques.

La ville côtière de Sassandra a abrité du 06 au 10 décembre 2022, une mission de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Au menu de cette visite sur le terrain, s’est tenue la restitution d’un rapport sur une étude diagnostique de la pêcherie aux sardinelles.

Les participants ont également partagé les résultats des activités de recherche participative sur cette espèce. La pêche artisanale est un secteur dynamique et pourvoyeur de nombreux emplois à Sassandra, où les sardinelles constituent l’essentiel des prises de poissons.  

A Sassandra, il a été constaté que la sardinelle est à un niveau de capture incontrôlé et si cette situation perdure, le renouvellement du stock pourrait être impacté négativement et entraîner une baisse des captures.

Pour pallier cette situation, la FAO à travers son projet Initiative Pêches Côtières en Afrique de l’Ouest (IPC-AO) a élaboré un plan local de gestion participatif basé sur une étude diagnostique de l’état de la pêcherie, menée en collaboration avec l’ensemble des parties prenantes du 30 septembre au 8 octobre 2022.

M. Mamadou Thiam, expert en économie et aménagement des pêches, et auteur du rapport recommande entre autres, le renforcement des capacités des acteurs sur la gestion durable des ressources halieutiques et la mise en place d’un organe de cogestion locale, dont l’organisation et le fonctionnement seront légalisés par un acte administratif.

Dans cet élan, M. Bruno Yao Kouassi, le préfet de la région du Gbôklé, dans le Sud-ouest de la Côte d’Ivoire, a promis son soutien institutionnel pour l’élaboration et la mise en œuvre du plan de gestion participatif.

M. Thiam suggère également la surveillance et le contrôle des bateaux de pêche industrielle qui font souvent des incursions dans la zone réservée à la pêche artisanale et qui causent des dommages importants aux pêcheurs artisans.

Il a également préconisé l’accélération de la mise à disposition des textes d’application sur les tailles minimales de capture et sur le maillage des filets afin de disposer d’un cadre légal pour les contrôles.

Dans la même dynamique, les experts du Centre de recherches océanologiques ont assuré une formation pratique sur l’importance des tailles et de la relation taille/poids des sardinelles. Ils ont fait observer que plus il y a de poissons de grande taille dans les captures, plus la ressource est en phase d’être préservée durablement et les acteurs en tirent un bénéfice économique significatif.

En revanche, la capture de nombreux poissons de petite taille n’ayant pas atteint la taille de première maturité entraine la baisse des stocks sur le long terme.

M. Raymond Taha, le directeur régional du ministère des Ressources animales et halieutiques a souligné l’importance des sardinelles, qui selon lui forment plus de 80% des débarquements et font travailler des centaines de personnes à Sassandra.

Transformatrice, Florence Rabbé Atté qui exerce ce métier depuis plusieurs années, s’est félicitée de ces différentes formations ; et promet de sensibiliser sa communauté contre la surpêche de la sardinelle.

 

Burkina: Libération du lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana

L’officier était en détention depuis janvier 2022 pour « tentative de déstabilisation ».Le tribunal militaire a accepté, ce jeudi 15 décembre 2022, la demande de liberté provisoire du lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana. « La chambre d’instruction du tribunal militaire a ordonné la mise en liberté provisoire de Lieutenant-colonel Zoungrana », a confirmé à APA, son avocat, Me Paul Kéré joint au téléphone.

Il a précisé que son client « a comparu seul » devant la juridiction militaire.

C’est la 3e demande de liberté provisoire de cet officier de l’armée burkinabè accusé de « tentative de déstabilisation des institutions de l’Etat, de détournement de biens publics, de faux et usage de faux, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux ».

Le tribunal militaire avait, le 12 octobre dernier, refusé en première instance, sa demande de mise en liberté provisoire. En appel, devant la Cour de cassation de la chambre criminelle du tribunal militaire, le 27 octobre dernier, une nouvelle demande de liberté provisoire avait été rejetée.

Me Paul Kéré a expliqué avoir introduit une nouvelle requête de mise en liberté provisoire devant la chambre d’instruction qui a ordonné la mise en liberté d’Emmanuel Zoungrana.

« Il n’y a aucun élément à charge qui prouve que le lieutenant-colonel Zoungrana a détourné un seul centime », a insisté Me Kéré.

Ex-chef de corps du 12e Régiment d’infanterie commando (RIC), le lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana avait été arrêté le 10 janvier 2022. A l’époque, il était le commandant du secteur ouest du groupement des forces armées du Nord, une zone éprouvée par le terrorisme.

Ethiopie: l’inflation atteint 35,1% en novembre

Le taux d’inflation général en Ethiopie a atteint 35,1% en novembre, selon les données publiées par le service gouvernemental des statistiques éthiopiennes (ESS).C’est le deuxième mois consécutif que le taux d’inflation général de l’Ethiopie augmente de la sorte. L’Ethiopie a enregistré un taux d’inflation de 31,7 % en octobre, contre 30,7% en septembre.

L’ESS a révélé que l’inflation pour les produits alimentaires avait connu une hausse de plus de trois points de pourcentage pour atteindre 34,2% en novembre, contre 30,6% en octobre.

Les dernières données de l’ESS montrent également que l’inflation des produits non alimentaires est en constante augmentation, atteignant 36,5% en novembre, contre 33,4% en octobre.

L’armée nigériane a massacré des enfants dans sa guerre contre Boko Haram (média)

Des enquêtes menées par l’agence Reuters sur des opérations militaires contre le groupe jihadiste révèlent que des milliers d’adolescents ont été délibérément tués par des soldats.Cinq jours après avoir révélé le secret programme d’avortement forcé mené par l’armée nigériane contre des femmes et filles ayant eu des relations avec des membres de Boko Haram, l’agence Reuters charge à nouveau les forces de défense et de sécurité du pays. Dans une enquête publiée lundi 12 décembre, l’agence d’information anglaise, citant des témoins, affirme que « l’armée nigériane a massacré des enfants dans sa guerre contre les insurgés islamistes ».

« Plus de 40 soldats et civils ont déclaré à Reuters avoir vu l’armée nigériane tuer des enfants ou vu des cadavres d’enfants après une opération militaire. Les estimations s’élèveraient à des milliers », écrit l’agence.

Nos confrères soutiennent que des soldats et des gardes armés employés par le gouvernement leur ont déclaré que les commandants de l’armée leur avaient ordonné, à plusieurs reprises, de « supprimer » des enfants supposés collaborer avec des militants de Boko Haram ou de sa branche de l’État islamique, ou avoir hérité du sang contaminé de pères insurgés.

Des meurtres intentionnels de milliers d’enfants se sont ainsi produits avec une fréquence floue dans la région pendant la guerre, selon les témoins interrogés par Reuters. Cette dernière signale qu’elle n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante chacune de ces estimations. Mais, précise-t-elle, les journalistes ont enquêté sur six incidents spécifiques et ont découvert, sur la base de témoignages oculaires, qu’au moins 60 enfants au total avaient été tués dans ces épisodes, le plus récent en février 2021.

Selon Reuters, la plupart des enfants des six actions menées par l’armée ont été abattus, certains dans le dos alors qu’ils fuyaient. Mais les soldats ont utilisé une gamme de méthodes pour tuer. Des témoins ont détaillé des cas spécifiques dans lesquels des soldats nigérians ont également empoisonné et étouffé des enfants.

« Les soldats ont dit qu’ils ont tué ces enfants parce qu’ils sont des enfants de Boko Haram », témoigne une mère de bébés jumeaux citée par l’agence anglaise.

Certains parents ont déclaré à Reuters qu’ils avaient été laissés à l’agonie parce que leurs enfants avaient été emmenés par l’armée et ne sont jamais revenus. Ils ne pouvaient pas être sûrs, ont-ils dit, si leurs enfants disparus depuis longtemps étaient morts ou vivants.

Ce travail est basé sur des entretiens avec 44 témoins civils ayant eu connaissance de meurtres et de disparitions d’enfants. Reuters a également interrogé 15 membres des forces de sécurité, des soldats, des miliciens locaux et des gardes armés, qui ont déclaré avoir participé ou observé des assassinats ciblés d’enfants.

Guinée : Dadis Camara à nouveau malade, son procès renvoyé

La deuxième journée de l’interrogatoire de l’ex-président Moussa Dadis Camara n’est pas allée à son terme.Lundi 12 décembre, Moussâ Dadis Camara a  comparu devant le tribunal de Dixinn, à Conakry pour livrer sa part de  vérité dans le massacre du 28 septembre 2009. L’ancien président qui n’a  pas manqué de mordant a tenté de continuer sur la même lancée.

Répondant aux questions du juge Ibrahima Sory II Tounkara, il a affirmé avoir été  empêché de se rendre au stade du 28 septembre par son ancien « aide de  camp » et « homme de confiance », Toumba Diakité qu’il accusait pourtant  hier d’avoir été la main armée d’un complot orchestré contre lui par  l’ancien président de Guinée, Alpha Condé. L’ancien chef de l’État guinéen a indiqué que le Colonel Moussa Tiégboro Camara qui l’a précédé  au prétoire, était également au stade du 28 septembre le jour des faits.

Sa  déposition n’a pas laissé de marbre la partie civile. Pour Me Amadou DS  Bah, l’un des avocats des plaignants, l’accusé ne répond pas aux  questions. « Nous avons en face de nous, un accusé qui croit toujours  être le président de la République. Il sourit tout le temps, il ne  répond pas aux questions posées. Il donne des détails inutiles. Beaucoup  de questions lui ont été posées, mais il n’est pas convaincant dans ses  réponses. Il fait des déclarations qui n’ont rien à voir avec les  questions posées. En tout cas, il nous fait perdre assez de temps », a  réagi Me Alpha Amadou DS Bah.

Un avis  que ne partagent pas les avocats de la défense. « Nous pensons que les  choses se passent normalement comme prévu. Nous sommes satisfaits des  réponses données par notre client. Le président Dadis n’était pas au  stade et n’a donné l’ordre à personne », a soutenu Me Almamy Traoré, un  des conseils de l’ex président de Guinée. 

Cependant,  l’interrogatoire n’a pas pu se poursuivre en raison d’une dysphonie contractée par Moussa Dadis Camara. Il était à peine audible, entraînant  sur sa demande le renvoi de l’audience. Les débats reprendront le 19  décembre. Une décision à laquelle les parties au procès ne se sont pas  opposées.

Chef de la junte guinéenne (2008- 2009), Moussa Dadis Camara est placé en détention depuis son retour en Guinée, à la veille de l’ouverture du procès du 28-Septembre.

Il est poursuivi avec ses dix coaccusés pour « meurtres, assassinat, viols, pillages, incendies volontaires, vol à main armée, coups et blessures volontaires, outrage à agents de la force publique, torture, enlèvement et séquestration, non-assistance à personne en danger, violence sexuelle, attentat à la pudeur, détention illégale de matériel de guerre de première catégorie et complicité de ces infractions » dans le cadre du massacre qui s’est déroulé le 28 septembre 2009 au stade de Conakry, à la suite d’un rassemblement de l’opposition interdit par les autorités militaires d’alors.

Guinée : un mandat d’arrêt annoncé contre Alpha Condé

Les nouvelles autorités guinéennes annoncent un mandat d’arrêt international contre l’ex-président.Visé par des sanctions du département du trésor américain pour « des violations des droits de l’Homme », l’ex président de la Guinée, Alpha Condé va être confronté à de nouveaux ennuis judiciaires. Le garde des Sceaux, ministre de la Justice a annoncé qu’un mandat d’arrêt sera lancé contre Alpha Condé.

 « Il n’est pas hors-la-loi »

« Je reste formel là-dessus. Au nom de l’application cohérente de la politique générale du gouvernement, un mandat d’arrêt sera décerné contre M. Alpha Condé parce qu’il n’est pas hors-la-loi », a déclaré lundi 12 décembre, Alphonse Charles Wright, ministre guinéen de la Justice.

Alpha Condé a présidé les destinées de la Guinée de 2010 à 2021 avant d’être renversé par un coup d’état militaire le 05 septembre par les éléments des Forces Spéciales dirigés par le Colonel Mamadi Doumbouya. 

L’ex président avait changé la Constitution en 2019 pour s’octroyer un troisième mandat malgré la contestation qui a occasionné une répression qui a fait 99 morts dans les rangs des opposants, selon le Front national pour la défense de la constitution (FNDC). Cette entité regroupant des organisations de la société civile et des partis politiques avait porté plainte contre Alpha Condé et certains de ses proches par l’intermédiaire de leurs avocats. 

Le 04 mai 2022, l’actuel ministre de la Justice, à l’époque Procureur général près la Cour d’Appel de Conakry avait annoncé des poursuites judiciaires contre l’ex président Condé et 26 autres responsables de son régime pour des crimes de sang commis sous son magistère.

En Turquie depuis mai

Cette procédure judiciaire est restée jusque-là sans suite. De retour d’une tournée à l’étranger,  hier lundi décembre 2022, le ministre de la Justice a réitéré sa volonté de poursuivre la lutte contre les crimes de sang en Guinée. D’où le mandat d’arrêt émis contre l’ex-dirigeant guinéen.     

«  Comme je l’ai toujours dit, il faut que nous soyions en cohérence avec ce que nous disons. On ne peut pas engager des poursuites pour des crimes de sang jusqu’à date les parquets ne bougent pas », a affirmé Alphonse Charles Wright, contre Alpha Condé, 84 ans, qui a quitté la Guinée au mois de mai 2022 pour la Turquie pour des «raisons humanitaires ».

Zimbabwe : le fils du président sur la liste des sanctions américaines

Les Etats-Unis ont imposé des sanctions financières au fils du président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa et à trois autres personnes pour corruption et abus.Le département américain du Trésor a désigné Emmerson Mnangagwa Junior, Sandra Mpunga, Nqobile Magwizi et Obey Chimuka pour leurs liens avec l’homme d’affaires controversé Kudakwashe Tagwirei et sa société, Sakunda Holdings, présumés d’institutions publiques à des fins personnelles, selon un communiqué publié lundi dernier.

Mme Mpunga est l’épouse de M. Tagwirei, un homme d’affaires controversé qui a profité de son amitié avec le président Mnangagwa pour remporter d’importants contrats publics et obtenir un accès privilégié à des devises rares.

Il est accusé d’offrir des cadeaux somptueux, tels que des voitures de luxe, pour s’attirer les faveurs de hauts responsables zimbabwéens.

Mnangagwa Junior serait le mandataire de son père dans ses relations avec Sakunda Holdings, la société de Tagwirei, qui a des tentacules dans tous les secteurs économiques du Zimbabwe.

« Nous exhortons le gouvernement zimbabwéen à prendre des mesures significatives en vue de créer un Zimbabwe pacifique, prospère et politiquement dynamique, et à s’attaquer aux causes profondes de nombreux maux du Zimbabwe : les élites corrompues et leur utilisation abusive des institutions du pays à leur profit personnel », a déclaré le Sous-secrétaire au Trésor, Brian Nelson.

Par ailleurs, les États-Unis ont inscrit sur leur liste des sanctions, Fossil Agro et Fossil Contracting, deux autres sociétés appartenant à Tagwirei.

Tagwirei et Sakunda Holdings figurent déjà sur la liste des sanctions américaines, en même temps que le président Mnangagwa.

Guinée : Dadis Camara accuse Alpha Condé et Sékouba Konaté

Pour sa deuxième comparution devant le tribunal en charge de juger les crimes de sang viols et massacres survenus le 28 septembre 2009, Moussa Dadis Camara a livré une partie de sa version des faits.Moussa Dadis Camara devait comparaitre lundi 5 décembre, mais son audition a été reportée d’une semaine pour des raisons de santé. De retour devant le prétoire lundi 12 décembre, l’ex-président du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) était d’attaque. Il a vertement accusé Alpha Condé et Sékouba Konaté, tous anciens présidents de la Guinée d’avoir orchestré les massacres au stade en servant de son aide de Camp Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba.

Pour Dadis Camara, le 28 septembre est un complot qui ne visait qu’à le faire partir du pouvoir. Il est convaincu que l’ancien chef de l’Etat, Alpha Condé (2010-2021) savait qu’il allait organiser des élections libres et transparentes et passerait la main au « vrai vainqueur ».

Selon l’ancien président de la junte guinéenne (2008-2009), un premier complot consistait à l’affaiblir en le déposant dès les premières heures de son coup d’Etat. « Mais ça n’a pas marché », déclare-t-il, refusant catégoriquement de faire amende honorable devant le peuple guinéen. « Quel pardon vais-je demander au peuple de Guinée ? C’est Toumba et Sékouba qui doivent venir ici demander pardon à tout le peuple de Guinée. Le 28 septembre a été savamment orchestré, préparé de toutes pièces par M. le Président Alpha Condé, Sékouba et leur exécutant Toumba Diakité» , a insisté Dadis Camara.

A son arrivée au pouvoir en 2008, le capitaine Moussa Dadis Camara a entamé un audit de la gestion du régime du général Lansana Conté (1984-2008). Plusieurs anciens dirigeants d’alors avaient été soumis à un interrogatoire télévisé pour justifier leur gestion des biens publics. Et c’est dans cet exercice, selon l’ex président du CNDD qu’il a pris connaissance de la stratégie de l’ex-opposant historique, Alpha Condé.

« Dadis, un adepte des théories du complot ? » 

Dans une tenue traditionnelle, l’ancien président a soutenu que la seule préoccupation de Alpha Condé était de salir Cellou Dalein Diallo et d’empêcher que les élections qui devaient sanctionner la fin de la transition soient organisées dans la transparence. « C’est là où j’ai commencé à avoir tous les faux problèmes », se convainc-t-il. Sauf que pour le camp de Toumba Diakité, le président Moussa Dadis est un adepte des « théories du complot ». 

« Les événements du 28 septembre sont la conséquence logique de la volonté de Dadis d’ôter la tenue pour se présenter comme candidat. C’est ce qui est à l’origine de cela. (…) Il n’a rien dit. Il se lance dans une rhétorique politique plutôt que de se défendre par rapport aux faits qui lui sont reprochés », a déclaré Me Lansiné Sylla, avocat de Toumba. Le président du tribunal, Ibrahima Sory II Tounkara, a renvoyé l’audience au 13 décembre pour la suite des débats.

Zambie : retour de la dépouille de l’étudiant tué en Ukraine

Le corps de l’étudiant zambien Lemekani Nyirenda qui était enrôlé dans l’armée russe dans sa guerre en Ukraine est arrivé à Lusaka.Trois mois après sa mort controversée dans la guerre en Ukraine, le corps de l’étudiant en génie nucléaire de 23 ans a été accueilli dimanche par des membres de sa famille et des représentants du gouvernement à l’aéroport international Kenneth Kaunda de Lusaka.

Il va maintenant subir une expertise médico-légale dans un hôpital de Lusaka avant d’être livré à sa famille pour son enterrement prévu cette semaine, a déclaré la famille.

Nyirenda, qui purgeait une peine de neuf ans de prison pour un délit lié à la drogue, a été enrôlé dans l’armée russe en août après avoir bénéficié d’une amnistie spéciale à condition de participer à la guerre. Il a été tué en septembre, selon des responsables russes.

Côte d’Ivoire : un projet social au profit de 4.000 bénéficiaires

Ce projet qui s’inscrit dans la phase 2 du Plan social du gouvernement (PS Gouv 2), vise la réduction de la pauvreté et l’insertion professionnelle dans le Nord et le Centre-ouest du pays.Le Plan social du gouvernement qui est sa phase 2 connaît son déploiement à travers tout le territoire national. En ce qui concerne le volet emploi et protection sociale, ce sont près de 4.000 personnes impactées par les projets présentés par le ministère de tutelle, ce 3 décembre 2022 à Odienné (Nord-ouest).

Le ministre de l’Emploi et de la protection sociale, Adama Kamara, et des cadres de la région ont pris part au lancement des projets de Promotion de l’emploi décent (PPED) et d’Insertion des personnes vulnérables (PIPV).

Le directeur général de l’Emploi, Franck Dogo, qui a expliqué les enjeux des projets initiés par l’Etat de Côte d’Ivoire à travers le ministère de l’Emploi et de la protection sociale, a indiqué qu’ils visent la lutte contre la fragilité dans les zones frontalières du Nord.

Ces projets visent également la promotion de l’emploi décent et l’amélioration de l’autonomisation et de l’employabilité des promoteurs. Ce sont 2.228 personnes impactées dans le cadre du PPED qui couvre 5 régions, à savoir le Gbêkè, San Pedro, le Tchologo, le Bounkani et le Kabadougou.

Quant au PPIV, il concerne trois régions que sont le Tchologo, le Bounkani et le Kabadougou et touche 1.200 bénéficiaires. Pour le directeur général de l’Emploi, les objectifs ont été largement dépassés vu que ces projets ont suscité une adhésion massive des populations.

« Ces deux importants projets d’insertion visent la création d’opportunités d’emplois décents et durables au profit du plus grand nombre de personnes en âge de travailler et partant l’épanouissement du plus grand nombre de personnes », a relevé M. Franck Dogo.

Le PPED devrait permettre notamment aux bénéficiaires regroupés en association ou groupement, de recevoir des financements sous forme de prêts, pour développer leurs projets collectifs existants, dans les secteurs de l’Agro-industrie, de l’Agro-pastoral, de l’Environnement et des TIC.

Cela vise à leur permettre de se structurer en de micros ou de très petites entreprises. S’agissant du PPIV, les personnes vulnérables devront recevoir des subventions pour développer des activités génératrices de revenus dans les domaines de la restauration, du commerce et de l’artisanat.

Le ministre de l’Emploi et de la protection sociale, Adama Kamara, s’est dit satisfait de ces projets qui, soutient-il, viennent renforcer la vision de la Côte d’Ivoire solidaire prônée par le président de la République, Alassane Ouattara.

« Les projets collectifs lancés dans les secteurs de l’agro-industrie, de l’agro-pastoral, de l’environnement et des TIC, ainsi que les activités génératrices de revenus dans les domaines de la restauration, du commerce et de l’artisanat constituent, à n’en point douter, un levier important pour redynamiser le développement économique de nos régions, et assurer ainsi l’inclusion financière de ses populations, notamment les jeunes et les populations défavorisées », a déclaré le ministre de l’Emploi.

Et d’ajouter que « la mise en œuvre de ces projets, qui sont certes à vocation socio-économique, s’accompagnent d’un volet protection sociale, en ce sens que tous les bénéficiaires, sont déjà enrôlés à la CMU (Couverture maladie universelle), et certains engagés dans un processus de formalisation par l’immatriculation à la CNPS (Caisse nationale de prévoyance sociale ».

Les cadres de la région, dont le ministre-gouverneur du District autonome du Denguélé, Gaoussou Touré, se sont félicités de ces différentes actions des autorités ivoiriennes qui dénotent de l’intérêt porté à la satisfaction des besoins des populations.

La Côte d’Ivoire se dote d’un plan des droits de l’Homme

L’édition 2022 de la Journée internationale des droits de l’Homme a été célébrée à Yopougon, une commune populaire dans l’Ouest d’Abidjan.Le directeur de Cabinet du ministre de la Justice et des droits de l’homme, N’Duibuisi Maho Florentine, a fait savoir cela à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits de l’Homme tenue à Yopougon ce samedi 10 décembre, à la Place Ficgayo.

« Très profondément attaché au respect de la dignité humaine, la Côte d’Ivoire s’est dotée d’un plan national des droits de l’Homme à même de lui permettre de relever le défi des recommandations faites à notre pays par les organes des traités et par les titulaires des mandats des droits de l’Homme », a-t-elle dit.

Elle fera savoir, par la suite, que ce plan comporte plus de 350 activités regroupées en huit chapitres principaux couvrant l’éventail des préoccupations en matière des droits de l’Homme. Ces activités visent à assurer la protection et le respect des droits civils, politiques, économiques, sociaux et l’égalité de genre.

Celles-ci visent également l’élimination des violences basées sur le Genre, la protection des enfants, les droits des groupes vulnérables, la justice transitionnelle et la transition démocratique, ainsi que le renforcement des institutions en matière de bonne gouvernance.

Pour elle, l’adoption de ce plan « confirme la volonté sans cesse réitérée de l’Etat de Côte d’Ivoire d’œuvrer pour une amélioration progressive de la situation des droits de l’Homme sur l’ensemble de son territoire ».

Elle a invité les acteurs à s’approprier ce plan qui, dit-elle, par sa mise en œuvre rime avec les valeurs et principes édictés par la déclaration universelle des droits de l’Homme.

Le directeur de cabinet du ministre de la Justice et des droits de l’Homme n’a pas manqué de rappeler que la Côte d’Ivoire s’est dotée de la loi N°2021- 894 du 21 décembre 2021 relative aux mesures de protection des victimes de violence domestique, de viol et de violences sexuelles.

Ce texte constitue est avancée, car la réception de la plainte, l’ouverture de l’enquête et la mise en mouvement de l’action publique ne sont plus désormais subordonnées à la production d’un certificat médical par la victime.

Mme Namizata Sangaré, présidente du Conseil national des droits de l’Homme (Cndh) a rappelé les objectifs de la commémoration de la déclaration universelle des droits de l’homme et a invité chacun à faire sien les recommandations.

« L’objectif de cette rencontre est de contribuer au renforcement de l’Etat de droit afin que chacun d’entre nous devienne un défenseur des droits de l’Homme », a-t-elle déclaré. Et d’ajouter que personne n’a le droit d’opprimer autrui qui a une opinion différente et de discriminer la personne en situation de handicap.

La présidente du Cndh a insisté que « les citoyens, enfants comme adultes, doivent protéger le bien public, respecter la loi et les valeurs de la République comme la liberté, l’égalité, l’union, la discipline et le travail ».

« C’est en respectant ces droits et devoirs de citoyens qu’on peut toutes et tous vivre ensemble en paix », a-t-elle poursuivi. Le Cndh a reçu le soutien du système des Nations unies qui se dit prêt à soutenir les actions de l’institution.

La représentante de l’Union européenne en Côte d’Ivoire, Francesca Di Maura, a de son côté indiqué que son institution a apporté un appui de 340 millions de Fcfa au Cndh pour ses activités. Cette année, le thème retenu pour la commémoration de la Journée internationale des droits de l’Homme est « Dignité, liberté et justice pour tous ».

 

Côte d’Ivoire : sortie de 58 experts en ingénierie du Genre

Parmi ces nouveaux auditeurs, figure la ministre ivoirienne de la Solidarité et de la lutte contre la pauvreté, Myss Belmonde Dogo, qui a reçu son parchemin lors d’une cérémonie de graduation.La sortie officielle de la 5e promotion, comprenant 58 nouveaux experts et expertes en ingénierie du Genre, a été organisée ce samedi 22 décembre 2022 par la Chaire Unesco « Eau, femmes et pouvoir de décisions », à l’Institut français d’Abidjan-Plateau.

Le Genre est « une question structurelle pour aider le développement » et apporter des réponses à certaines problématiques, a indiqué Mme Euphrasie Yao, titulaire de la Chaire Unesco « Eau, femmes et pouvoir de décisions », par ailleurs conseillère spéciale du chef de l’Etat Alassane Ouattara en matière de Genre. .

Les outils de cette formation, dira-t-elles, donnent l’opportunité aux auditeurs d’être des experts de haut niveau, capables de construire, de planifier et de trouver des moyens d’agir de façon équitable et inclusive, et surtout à fort impact individuel et collectifs, a dit Mme Euphrasie Yao.

« Vous avez appris à faire du Genre un outil d’analyse, de diagnostic et d’orientation pour bâtir un autre monde qui se distingue par la mobilisation de toutes les forces », a lancé Mme Euphrasie Yao à l’endroit des impétrants, les appelant à afficher de l’audace face aux défis.

Mme Belmonde Dogo qui a choisi la thématique du Genre et du changement climatique, a fait remarquer que « le changement climatique a un effet néfaste sur la vie des populations et surtout des femmes en milieu rural » qui ont connu une année difficile en raison de la montée des eaux.

Si dans d’autres pays, le changement climatique fait référence à la sécheresse, en Côte d’Ivoire, il se manifeste par des crues et des inondations ; et il y a des femmes à l’intérieur du pays ont perdu de petits champs, de tomate, de riz et d’igname parce qu’il a plu toute l’année, a-t-elle fait observer.

M. Omar Diop, le représentant et le chef de Bureau de l’Unesco à Abidjan a déclaré que « c’est maintenant qu’il faut prendre la mesure de la situation des femmes et des hommes, de jeter le regard sur l’égalité du Genre afin d’agir plus efficacement » par le biais d’initiatives au plan local et international.

Il a appelé à « faire face aux inégalités devant le numérique, les inégalités géographiques, entre le sexes, l’inégalité des rapports de force, la violence sexiste, l’isolement social et l’inaccessibilité aux ressources, l’inégalité face à l’accès à l’information et face à la scolarisation ».

Dr Titi Palé, représentant le directeur général du port d’Abidjan, Hien Sié Yacouba, parrain de la cérémonie de graduation, a déclaré que « les inégalités et les discriminations basées sur le Genre que vous vous engagez à éliminer, sont une manière de promouvoir non seulement l’épanouissement des femmes, mais aussi des hommes et des communautés ».

« Valorisez votre expertise et formez un réseau solide et solidaire », a conseillé Dr Titi Palé, directrice marketing et communication du port d’Abidjan, faisant savoir qu’avec de l’imagination et de la créativité, ils pourront capitaliser leur expertise pour leur propre accomplissement professionnel et la croissance économique et sociale du pays.

Portée par la Chaire Unesco « Eau, femmes et pouvoir de décisions », la formation en ingénierie du Genre est dispensée sur une durée de neuf mois sanctionnés par une cérémonie de remise de diplôme. Ce programme est dispensé à 80% en ligne et s’adresse à ceux détenteurs d’une licence.

A l’issue de neuf mois, ces experts sont capables de planifier et de mettre en œuvre des interventions publiques et privées cohérentes, inclusives et à fort impact collectif.

La Chaire Unesco « Eau, femmes et pouvoir de décisions » a vu le jour le 11 janvier 2006. Un accord est signé entre le secrétariat général de l’Unesco et le Centre ivoirien de Recherches économiques et sociales (CIRES), l’institution hôte.

Le programme, labellisé par l’Unesco, la Chaire Unesco « Eau, femmes et pouvoir de décisions », a été lancé officiellement le 25 mai 2008 à l’ENSEA en Côte d’Ivoire. La ministre Euphrasie Kouassi Yao, conseillère spéciale du chef de l’Etat Alassane Ouattara en matière de Genre, est la titulaire de cette Chaire dont l’un des axes de développement est la formation.

L’Afrique veut atteindre l’objectif « Faim Zéro » d’ici 2030

L’objectif du Sommet africain de l’alimentation, prévu en fin janvier 2023 à Dakar, est de mobiliser le soutien politique pour la transformation structurelle de l’agriculture du continent.Les effets du changement climatique et la guerre en Ukraine ont des conséquences dramatiques sur l’approvisionnement en produits alimentaires du monde, particulièrement en Afrique. La famine est devenue une menace existentielle dans plusieurs de ses régions, comme en Somalie. Cependant, des experts et responsables d’organisations internationales en rapport avec l’agriculture estiment que l’éradication de la faim sur ce continent est une perspective réalisable dans une période de moins de sept ans.

« Il est impardonnable qu’un continent disposant de 65 % des terres arables les plus fertiles au monde et d’abondantes ressources en eau, souffre encore d’insécurité alimentaire. Ce sommet constitue un effort mondial essentiel pour aider l’Afrique, de manière systématique et proactive, à atteindre l’objectif Zéro Faim », a indiqué le président de la Banque africaine de développement (Bad), le Nigérian Akinwumi Adesina, prenant part le 9 décembre à Rome, en Italie, à une rencontre organisée en amont du Sommet africain de l’alimentation (Dakar 2), prévu du 25 au 27 janvier 2023 dans la capitale sénégalaise.

« Nous disposons des technologies, des plateformes et des ressources nécessaires pour faire évoluer le statu quo en dynamisant le secteur privé, en augmentant la production alimentaire pour des millions d’agriculteurs africains, en débloquant des financements pour les agriculteurs et les PME agricoles et en transformant les chaînes de valeur agricoles et alimentaires », a poursuivi M. Adesina devant le président du Fonds international de développement agricole (Fida), l’Espagnol Alvaro Lario, et le directeur-général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Chinois Qu Dongyu.

« Nous devons collaborer sur l’ensemble de la chaîne de valeur agricole de la production alimentaire, de la transformation alimentaire et de la commercialisation des denrées alimentaires, et ce de manière complémentaire, pragmatique et orientée résultats. Assurer la sécurité alimentaire est l’objectif ultime », a clamé ce dernier.

Selon les organisateurs, des pactes fondés sur les performances avec les gouvernements africains, les partenaires au développement et le secteur privé, répondant à des objectifs clairs d’autosuffisance alimentaire, seront au cœur du Sommet africain de l’alimentation de Dakar 2.

Ce rendez-vous de janvier 2023 sera également axé sur l’élargissement de l’accès aux technologies et aux financements pour les petites et moyennes entreprises (PME) agricoles et les petits exploitants, sur l’accroissement de la productivité et sur le développement des semences, du stockage, de l’électricité, de la logistique et des infrastructures de transport.

Sahel : libération d’un otage allemand enlevé depuis 2018

Jörg Lange, un humanitaire allemand de 63 ans détenu depuis 2018 au Sahel, va retrouver les siens.Jörg Lange arrive au bout de sa traversée du désert. Ce samedi 10 décembre, la directrice générale de l’ONG Help a fait état de la libération de son collaborateur allemand, détenu depuis plus de quatre années au Sahel, une région comprenant les territoires bordant le Sahara et dans laquelle opèrent plusieurs groupes jihadistes.

« Nous sommes très soulagés et reconnaissants que notre collègue Jörg Lange, après plus de quatre ans et demi, puisse retourner auprès de sa famille », estime la directrice générale de Help, Bianca Kaltschmitt, dans un communiqué.

Elle remercie « vivement toutes les personnes qui ont contribué à cette libération ou qui l’ont soutenue, en particulier la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères, la police criminelle, ainsi que les autorités et des amis au Mali, au Niger et dans les pays voisins ».

Jörg Lange avait été enlevé le 11 avril 2018 dans l’ouest du Niger par des hommes armés à moto près d’Ayorou, dans une région frontalière du Mali en proie à des attaques jihadistes récurrentes. Son chauffeur nigérien avait été libéré peu de temps après, selon certaines sources.

Au moins quatre otages occidentaux sont encore détenus au Sahel, selon un décompte ne recouvrant que les cas rendus publics par leur entourage ou leur gouvernement : le Français Olivier Dubois, enlevé le 5 mai 2021, l’Américain Jeffery Woodke (14 octobre 2016), l’Australien Arthur Kenneth Elliott (15 janvier 2016) et le Roumain Iulian Ghergut (4 avril 2015).

Un autre Allemand, le père Hans-Joachim Lohre, dont on est sans nouvelles depuis fin novembre, est largement considéré comme ayant été enlevé, bien qu’aucune revendication n’ait été rapportée, selon l’Agence France-Presse (AFP).

Guinée : Alpha Condé sanctionné par le Trésor américain

L’ex-chef de l’Etat guinéen est accusé d’être impliqué dans « de graves violations des droits de l’Homme ».Le Bureau de contrôle des actifs étrangers (OFAC) du Trésor américain affirme avoir pris les sanctions contre Alpha Condé au terme « d’une enquête et d’une procédure approfondies et pluriannuelles ».

« Ni cette décision ni le moment de son annonce ne sont liés à la transition en cours vers la démocratie de la Guinée. La promotion du respect des droits de l’Homme est au cœur de la politique étrangère des États-Unis, et cette décision souligne notre engagement à soutenir les droits de l’Homme dans le monde », explique la structure dans un communiqué reçu vendredi 9 décembre 2022 à APA.

Selon le document, les forces de sécurité guinéennes se sont livrées à des violences contre les partisans de l’opposition avant le référendum constitutionnel de mars 2020 et pendant et après l’élection présidentielle d’octobre 2020.

Il note également qu’au début de l’année 2020, le président Condé qui a dirigé la Guinée de 2010 à 2021 avant d’être déposé par des militaires dirigés par le colonel Mamadi Doumbouya, avait ordonné aux ministres de créer une unité de police chargée de répondre aux manifestants contre son régime, en recourant à la violence si nécessaire.

Dans la foulée de l’élection présidentielle de 2020, le Bureau de contrôle des actifs étrangers (OFAC) du Trésor américain révèle que les forces de sécurité ont utilisé une force excessive pour disperser les partisans de l’opposition. Entre autres incidents, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur des foules qui manifestaient.

Il ajoute qu’après l’élection présidentielle, les forces de sécurité ont tué une douzaine de personnes, certaines d’entre elles à bout portant, alors qu’elles ne représentaient aucun danger immédiat pour les forces de sécurité.

« Alpha Condé est donc désigné en vertu du décret présidentiel (E.O.) 13818 comme étant une personne étrangère qui est ou a été un dirigeant ou un responsable d’une entité, y compris toute entité gouvernementale, qui s’est livrée, ou dont les membres se sont livrés, à de graves violations des droits de l’Homme en rapport avec son mandat », conclut le Bureau de contrôle des actifs étrangers (OFAC) du département du Trésor des Etats-Unis.

Burkina : des hommes armés incendient des camions-citernes

Les véhicules avaient quitté un convoi escorté par l’armée burkinabè.De retour d’une mission de ravitaillement de la mine d’or d’Essakane dans le Sahel, des camions citernes ont été attaqués par des hommes armés, jeudi 8 décembre 2022 en fin d’après-midi. Plusieurs sources concordantes ont précisé à APA que l’incident s’est produit entre Ouanobian et Naré, dans la région du Centre-nord, notamment sur l’axe Dori-Kaya.

Le bilan fait état de plusieurs camions-citernes incendiés, plus d’une soixantaine précisément selon des passagers qui ont emprunté l’axe suite à l’incident. Des chauffeurs ont été blessés, d’autres portés disparus. « De nombreux conducteurs ont rejoint Tougouri à pied, plusieurs autres sont injoignables pour l’instant », ont indiqué nos sources.

« Les camions (ciblés) sont incendiés hors convoi. Après le départ de l’escorte, une cinquantaine de citernes ont quitté Essakane pour Dori (dans le Sahel). Arrivés à Dori, ils ont trouvé que l’escorte était déjà partie mais ils ont continué sans les militaires en espérant les rattraper. C’est après l’explosion d’un engin explosif qui a coûté la vie à un soldat que l’information est parvenue à l’escorte dont une partie a fait demi-tour pour gérer la situation », a expliqué Wendpouire Charles Sawadogo, observateur des mouvements djihadistes au Burkina.

L’axe Dori-Kaya est régulièrement le théâtre d’incidents liés aux groupes armés non étatiques.

Libre-échange : la ZLECA lancée dans huit pays

Huit pays africains ont accepté de mettre en œuvre la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) lors d’une cérémonie qui s’est déroulée la semaine dernière à Accra, la capitale du Ghana.La ZLECA est l’un des projets du continent visant à stimuler le commerce intra-africain afin de favoriser le développement social et la croissance économique d’ici 2026. La création d’une zone de libre-échange intra-africaine fait l’objet de discussions depuis plusieurs décennies.

L’accord conclu entre le Ghana, le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie, l’Egypte, l’Ile Maurice, le Cameroun et la Tunisie pour commencer à commercer dans le cadre de la ZLECA est un rêve devenu réalité pour de nombreux Africains. Ces pays représentent environ 20% de la population du continent, soit 300 millions d’habitants.

S’exprimant lors du lancement de l’accord, le secrétaire général de la ZLECA, Wamkele Mene, a déclaré : « C’est le moment que les mères et les pères fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) ont tant attendu ».

Selon les accords, les commerçants peuvent librement importer et exporter 96 produits, notamment des produits horticoles, des produits pharmaceutiques, du caoutchouc, des ustensiles de cuisine en aluminium, du sucre, de l’acier et des produits en bois. Selon Wamkele Mene, le nombre de produits va tripler d’ici l’année prochaine. Les négociants bénéficieront d’une exemption de droits de douane et de quotas dans les pays partenaires.

Selon de nombreux experts économiques, le projet pourrait permettre de sortir des millions de personnes de la pauvreté, notamment dans les pays partenaires, où les revenus et le niveau de vie devraient augmenter de manière significative.

De nombreux pays africains introduisent des réformes radicales visant à rejoindre la ZLECA, à stimuler leur économie et à réduire la pauvreté. Ce projet a donné aux pays africains l’occasion de bâtir leurs économies afin de minimiser le coût et l’impact de chocs, telles que la pandémie de Covid-19 et la guerre Russie-Ukraine.

Cependant, certains avertissent que le continent doit surmonter d’énormes problèmes, notamment des problèmes de fonctionnement, d’institution, de droit et de politique commerciale, avant de commencer à bénéficier du libre-échange intra-africain, surtout lorsque les pays partenaires doivent renoncer à des recettes fiscales dont ils ont désespérément besoin.

Nigéria : vaste campagne d’avortements illégale menée par l’armée

L’armée nigériane a interrompu illégalement les grosses de milliers de femmes et de jeunes filles ayant eu des relations avec des jihadistes de Boko Haram durant leur période de captivité, selon une enquête de Reuters.Les femmes et filles victimes d’enlèvement par le groupe armé Boko Haram dans le Nord-Est du Nigéria ont vécu un second drame après leur libération par l’armée nigériane. Dans une enquête publiée le 7 décembre, l’agence Reuters révèle que plusieurs d’entre elles ont été forcées de mettre un terme à leurs grossesses issues de leur relation avec les jihadistes.

« Depuis au moins 2013, l’armée nigériane a mené un programme d’avortement secret, systématique et illégal dans le nord-est du pays, mettant fin à au moins 10 000 grossesses de femmes et de filles. Beaucoup avaient été enlevées et violées par des militants islamistes », informe l’agence anglaise.

La plupart des avortements ont été pratiqués sans le consentement de la personne concernée, et souvent à son insu, selon les témoignages recueillis par Reuters qui précise que les victimes étaient enceintes de quelques semaines à huit mois, et certaines n’avaient que 12 ans. « Les récalcitrantes ont été battues, tenues sous la menace d’une arme ou droguées pour qu’elles obtempèrent », soutient l’agence de presse.

Cette enquête s’appuie sur des entretiens avec 33 femmes et jeunes filles qui disent avoir subi un avortement alors qu’elles étaient détenues par l’armée nigériane. Une seule a déclaré avoir donné librement son consentement.

Les journalistes de Reuters ont également interrogé cinq agents de santé civils et neuf membres du personnel de sécurité impliqués dans le programme, notamment des soldats et d’autres employés du gouvernement, tels que des gardes armés chargés d’escorter les femmes enceintes vers les sites d’avortement. En outre, Reuters a examiné des copies de documents militaires et de registres d’hôpitaux civils décrivant ou comptabilisant des milliers de procédures d’avortement.

L’existence d’un tel programme géré par l’armée n’avait jamais été signalée auparavant. Reuters affirme que la campagne avait pour base la tromperie et la force physique à l’encontre des femmes qui étaient maintenues en détention militaire pendant des jours ou des semaines.

Par ailleurs, signale le média anglais, trois soldats et un garde ont déclaré qu’ils assuraient couramment aux femmes, souvent affaiblies par leur captivité dans la brousse, que les pilules et les injections qu’ils leur donnaient étaient destinées à leur rendre la santé et à combattre des maladies telles que le paludisme. Dans certains cas, les femmes qui résistaient étaient battues, battues à coups de bâton, tenues en joue ou droguées pour qu’elles obéissent. Selon un garde et un agent de santé, d’autres ont été attachées ou maintenues au sol pendant qu’on leur injectait des médicaments abortifs.

Dans un document cité par Reuters, l’Armée nigériane nie l’existence de ce programme et qualifie l’enquête d’ « insulte aux Nigérians et à leur culture ».

Le rapt des femmes et jeunes filles dans le Nord-Est du Nigéria est devenu une pratique courante des groupes armés et jihadistes qui opèrent dans la région. L’enlèvement, en avril 2014, de 200 lycéennes dans leur établissement scolaire, à Chibok, dans le nord-est du pays, par Boko Haram avait ému et indigné le monde entier et déclenché une campagne réclamant leur libération portée par de grandes personnalités comme Michelle Obama à travers le slogan : « Bring back our girls (Ramenez nos filles) ».

Guinée : Ibrahima Sory 2 Tounkara, le « discret » juge du 28-Septembre

Avant le procès du massacre du 28-Septembre, le juge Ibrahima Sory 2 Tounkara était peu connu du grand public.En Guinée, le procès du massacre du stade du 28 septembre 2009 se poursuit, plus de deux mois après son ouverture. Ce procès historique met en cause onze anciens officiels militaires et gouvernementaux guinéens dont l’ex-chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Les audiences se déroulent au tribunal criminel de Dixinn, délocalisé dans la Cour d’appel de Conakry, sous la présidence d’Ibrahima Sory 2 Tounkara, un juge de 45 ans qui suscite l’attention de plusieurs observateurs depuis le début du procès.

Malgré la froideur de son regard plongé dans un front plissé, le natif de Conakry paraît courtois avec toutes les parties, même avec la défense. Il tient coûte que coûte à vouloir faire respecter les droits des prévenus s’ils ne veulent pas répondre de nouveau aux questions des avocats ou si leur santé ne leur permet pas de durer à la barre. Lundi 5 décembre 2022, il a décidé de renvoyer le procès d’une semaine après que Moussa Dadis Camara lui a fait savoir qu’il était malade.

Toujours concentré sur son sujet, le juge Tounkara ne se laisse pas dominer par les réactions parfois hilarantes de certains accusés, à l’image de l’ancien chef de la garde présidentielle, Aboubacar Sidiki Diakité dit « Toumba ». Il ne manque pas de recadrer également les parties prenantes quand ça commence à aller dans tous les sens dans la salle d’audience.

« Le tribunal vous informe qu’il n’acceptera pas certains propos, surtout ethniques ou régionalistes. Ce procès n’est pas un procès ethnique ou régionaliste. Ce procès est organisé pour la manifestation de la vérité… Et ce sont des Guinéens qui sont là. Parce que toutes les composantes sont représentées dans ce procès. Donc, ce n’est pas dirigé contre une ethnie ou une région », a-t-il dit à l’entame de la 23e journée de ce procès, en novembre.

Un produit de l’école guinéenne

Menant jusque-là une carrière de magistrat loin des projecteurs, Ibrahima Sory 2 Tounkara présente le profil type d’un intellectuel formé par l’école guinéenne. Certaines personnes seraient tentées de dire qu’il est inspiré dans son choix de carrière par son frère aîné : Ibrahima Sory 1 Tounkara, magistrat aussi de son état et président du tribunal de première instance de la commune de Kaloum, à Conakry.

A la différence des adjectifs numéraux cardinaux contenus dans leur prénom commun, Ibrahima Sory 2 Tounkara dispose d’un parcours particulier avant d’obtenir des promotions au sein de la magistrature de son pays. Mohamed Lamine Diallo, avocat général à la Cour d’Appel de Conakry, considère d’ailleurs son collègue comme un « magistrat professionnel, discret et humble ».

Après avoir décroché son baccalauréat en 1998 au lycée du 2 octobre de Kaloum, Ibrahima Sory 2 Tounkara est orienté à la Faculté des sciences économiques et juridiques (FSJP) de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Spécialisé en droit privé, il valide successivement son Diplôme d’études universitaires générales (Deug), sa Licence et sa Maîtrise avant d’être reçu au concours du Centre de formation et de documentation judiciaires (CFDJ).

Après sa formation dans la promotion 2007-2009 du CFDJ, il est nommé tour à tour juge correctionnel au tribunal de première instance de Kaloum et au tribunal de première instance de Mafanco, dans la capitale guinéenne. Il dirige ces juridictions jusqu’en 2018 et « assure la bonne marche de cette section à travers des décisions rendues en toute impartialité », selon des témoignages. C’est à la suite de ces expériences qu’il est appelé à présider le tribunal de première instance de Macenta (sud) avant son affectation au tribunal de première instance de Mamou (centre).

Après le renversement du président Alpha Condé en septembre 2021 par un groupe d’officiers militaires dirigés par le colonel Mamady Doumbouya, les nouvelles autorités guinéennes opèrent un vaste changement dans l’appareil judiciaire. Ibrahima Sory 2 Tounkara est d’abord nommé président du tribunal de première instance de Coyah (ouest) avant d’atterrir en septembre 2022 au tribunal de première instance de Dixinn. Il reçoit pour mission principale d’« organiser et diriger le service pour une meilleure administration de la justice ».

Professionnel ou partisan ?

Ainsi, depuis le 28 septembre, il dirige le procès du 28-Septembre au tribunal criminel de Dixinn. L’ancien chef d’Etat Moussa Dadis Camara et dix autres membres de son régime militaire y sont jugés pour des faits liés au massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry. Selon le rapport d’une commission d’enquête internationale mandatée par les Nations unies, pas moins de 157 personnes ont été tuées, des centaines blessées et près de 109 femmes violées après un rassemblement de l’opposition dont le but était de dissuader le capitaine Dadis Camara de se présenter à l’élection présidentielle de janvier 2010.

« C’est une première dans notre pays. Et le président (Ibrahima Sory 2 Tounkara) se distingue par la sérénité de sa conduite des débats. La défense a tenté à plusieurs reprises de le déstabiliser mais il est resté serein et professionnel. Je pense qu’il mérite le poste de président à ce procès. Nous, nous attendons que cela se poursuive pendant tout le procès et nous espérons que cela va se faire et que ce procès-là va être une réussite pour le pays », a indiqué Me Alpha Amadou Bah, un des avocats de la partie civile, interrogé par APA.

Toutefois, à ce stade du procès, certains de ses confrères de la défense, à l’instar d’Antoine Pépé Lamah et Salifou Béavogui, ne veulent pas décerner une note positive au juge Ibrahima Sory 2 Tounkara. Ces dernières semaines, certains parmi eux ont dénoncé une attitude partisane du président du tribunal chargé de juger l’affaire du massacre du 28-Septembre.

« Nous avons constaté que le président est très calme et patient lorsque c’est le parquet qui intervient et laisse passer beaucoup d’irrégularités. Si c’est la partie civile qui intervient, il prend tout son temps pour écouter. Mais dès que la défense commence à intervenir, ce sont des interventions de types : + Maître, est-ce que c’est lié au dossier ? – Maître, cette question nous amène où ? – Maître, posez les questions ? – Maître, vous vous croyez supérieur. Vous êtes discourtois, je vous retire la parole. C’est toutes sortes de menaces, nous n’allons pas l’accepter. (…) Nos clients aussi ont des droits », s’insurgeait notamment Me Salifou Béavogui dans la presse guinéenne à l’encontre du juge Ibrahima Sory 2 Tounkara.