Côte d’Ivoire – Mali : les services de renseignement relancent le dialogue entre Abidjan et Bamako

Après plusieurs années de tensions diplomatiques, la Côte d’Ivoire et le Mali amorcent un rapprochement par le canal de leurs services de renseignement. Selon les informations de LSI AFRICA, Vassiriki Traoré, responsable du renseignement ivoirien, s’est rendu à Bamako le jeudi 15 octobre 2026, à la tête d’une délégation de trois personnes. Invité par son homologue malien, Modibo Koné, il doit y séjourner jusqu’au samedi 17 octobre, avec pour enjeu central le dialogue sécuritaire entre les deux pays.

Le déplacement de Vassiriki Traoré intervient dans un contexte marqué par des relations difficiles entre Abidjan et Bamako. Parti de la capitale économique ivoirienne jeudi à 14 heures, le responsable du renseignement est accompagné notamment du patron de la DTS. La visite répond à une invitation de Modibo Koné, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE) du Mali.

Selon LSI AFRICA, cette démarche implique également le président de la transition malienne, le général Assimi Goïta, ainsi que le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé.

À Abidjan, l’initiative malienne aurait toutefois suscité des réserves. D’après les informations rapportées par le média, le président ivoirien Alassane Ouattara a d’abord exprimé des réticences avant d’autoriser le déplacement.

La coopération sécuritaire comme levier de rapprochement

La rencontre entre les responsables des services de renseignement traduit une volonté de renouer les échanges autour de préoccupations sécuritaires communes. Les discussions prévues à Bamako devraient notamment porter sur la lutte contre le terrorisme et le renforcement du partage d’informations.

Pour la Côte d’Ivoire, la coopération avec les services maliens présente un intérêt particulier en matière de surveillance des mouvements de groupes armés et de prévention des infiltrations dans ses régions septentrionales, frontalières du Mali et du Burkina Faso. De son côté, Bamako pourrait bénéficier d’une circulation plus fluide des renseignements avec son voisin ivoirien.

L’arrestation de 49 militaires ivoiriens au Mali, en juillet 2022, puis leur libération en janvier 2023, a profondément affecté les relations bilatérales. Les divergences sur la conduite des transitions politiques au Sahel ont également contribué à fragiliser la confiance entre les deux capitales. Dans ce contexte, la mission ne vise pas nécessairement à résoudre l’ensemble des différends. Elle pourrait plutôt permettre de rétablir des contacts réguliers entre les services concernés et d’examiner les possibilités d’une coopération sécuritaire plus étroite.

Modibo Koné dans une position fragilisée

La visite intervient également à un moment délicat pour Modibo Koné. Selon les informations fournies, le directeur général de l’ANSE a été considérablement affaibli au sein de l’appareil sécuritaire malien à la suite de l’attaque qui a coûté la vie au général Sadio Camara. Dans ces circonstances, la rencontre avec le chef du renseignement ivoirien revêt un enjeu particulier pour le responsable malien. Elle offre à Bamako une occasion de renouer avec un partenaire régional dont la coopération peut présenter un intérêt opérationnel important.

Abidjan demeure un partenaire économique incontournable pour Bamako. Malgré les tensions politiques, le volume de marchandises acheminées du port d’Abidjan vers le Mali est passé de 835 000 tonnes en 2024 à près de 1,47 million en 2025, soit une hausse de plus de 76 %. La Côte d’Ivoire joue également un rôle dans l’approvisionnement électrique du Mali grâce à ses exportations d’électricité.

PDCI-RDA : cinq cadres du parti convoqués à la section antiterroriste après ceux du PPA-CI

La procédure judiciaire visant des responsables de l’opposition ivoirienne s’étend au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). Après la convocation de cinq cadres du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), cinq responsables du parti dirigé par Tidjane Thiam sont à leur tour attendus devant la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan.

Les convocations ont été déposées au siège du PDCI-RDA le jeudi 15 octobre 2026. Les cinq personnalités concernées occupent différentes fonctions au sein du parti. Il s’agit de Georges-Philippe Ezaley, vice-coordinateur des activités des vice-présidents, de Roger M’Bia, directeur général du PDCI-RDA, d’Alain Cocauthrey, directeur de cabinet de Tidjane Thiam, de Dia Houphouët, vice-président et membre du secrétariat exécutif, ainsi que de Fian Hervé, membre du bureau politique.

Selon les documents consultés par Linfodrome, les auditions sont programmées à des dates différentes. Roger M’Bia et Alain Cocauthrey sont attendus ce vendredi 16 octobre, Georges-Philippe Ezaley le 19 octobre, Dia Houphouët le 21 octobre et Fian Hervé le 23 octobre. Les convocations consultées ne mentionnent pas les faits précis à l’origine des procédures.

Des événements de 2025 évoqués par le gouvernement

Cette série de convocations intervient dans un contexte marqué par plusieurs incidents survenus en 2025. Lors du compte rendu du Conseil des ministres du mercredi 14 octobre, le porte-parole du gouvernement a notamment cité une tentative d’incendie visant une installation gazière de FOXTROT à Avagou, près de Jacqueville, des incendies de bus de la Société des transports abidjanais (SOTRA) et la mort d’un gendarme.

« Il a bien fallu des gens qui les ont incités », a-t-il déclaré, évoquant ainsi la possibilité que des personnes aient encouragé ces actes.

Cette déclaration pourrait laisser entrevoir un lien avec les investigations judiciaires en cours, sans que les convocations des cinq cadres du PDCI-RDA permettent, à elles seules, d’établir les faits qui leur seraient éventuellement reprochés.

Le Front commun, un point commun entre plusieurs responsables convoqués

Au-delà de leurs fonctions au sein du PDCI-RDA, plusieurs des responsables concernés ont participé à l’organisation du Front commun, une plateforme réunissant le PDCI-RDA de Tidjane Thiam et le PPA-CI de Laurent Gbagbo.

Les organes de cette coalition avaient été présentés le 16 juillet 2025 à la Maison du PDCI-RDA, à Cocody. Georges-Philippe Ezaley et Alain Cocauthrey figuraient au comité de pilotage, tandis que Roger M’Bia prenait part au dispositif opérationnel. Dia Houphouët était chargé de la mobilisation avec Damana Pickass, et Fian Hervé assurait les questions logistiques avec Dahi Nestor.

La coalition avait alors porté plusieurs revendications dans la perspective de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Elle réclamait notamment la réintégration de personnalités exclues de la liste électorale, parmi lesquelles Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, un audit de cette liste ainsi qu’une réforme de la Commission électorale indépendante (CEI).

Le Front commun avait également organisé des manifestations contre la candidature du président Alassane Ouattara à un quatrième mandat. Les autorités avaient interdit ces rassemblements, invoquant des risques de troubles à l’ordre public. La plateforme avait, de son côté, rejeté les accusations laissant entendre que les deux partis disposaient d’une branche armée.

Après cinq cadres du PPA-CI, cinq responsables du PDCI-RDA dans le viseur judiciaire

Les convocations adressées aux responsables du PDCI-RDA font suite à celles visant cinq cadres du PPA-CI : Daniel Billaud Zéréhoué, Emmanuel Ackah, Koua Justin, Dahi Nestor et Fabrice Lago.

Dans cette même affaire, la section antiterroriste a placé Sébastien Dano Djédjé sous contrôle judiciaire le 12 octobre, après son audition. La direction du PPA-CI affirme que les autorités détiennent plusieurs autres responsables du parti dans le cadre de procédures liées notamment à des accusations de terrorisme et d’atteinte à la sûreté de l’État.

Lors d’une conférence de presse tenue le 15 octobre, le parti de Laurent Gbagbo a dénoncé ce qu’il qualifie de « harcèlement judiciaire » et plaidé pour la reprise d’un dialogue politique inclusif. Au moment de la rédaction de cet article, le PDCI-RDA n’avait pas encore officiellement réagi aux convocations de ses cinq responsables.

Didier Drogba honoré par Harvard : la médaille W. E. B. Du Bois récompense son engagement humanitaire

La légende ivoirienne du football, Didier Drogba, a reçu le 8 octobre 2026 la prestigieuse médaille W. E. B. Du Bois, décernée par l’Université Harvard, aux États-Unis pour son engagement humanitaire à travers sa fondation et ses actions en faveur de la paix et de l’unité en Côte d’Ivoire.

Didier Drogba rejoint le cercle des personnalités distinguées par la médaille W. E. B. Du Bois, une récompense attribuée par le Hutchins Center for African & African American Research de l’Université Harvard. Cette médaille porte le nom de William Edward Burghardt Du Bois, sociologue, historien et militant des droits civiques, qui fut, en 1895, le premier Afro-Américain à obtenir un doctorat (Ph.D.) de l’Université Harvard.

Conscient de la portée symbolique de cette reconnaissance, l’ancien capitaine des Éléphants de Côte d’Ivoire a exprimé sa gratitude envers l’université américaine.

« Je tiens à exprimer ma sincère gratitude et mon profond honneur d’avoir été sélectionné comme lauréat de la prestigieuse médaille W.E.B. Du Bois à l’Université Harvard », a-t-il déclaré sur ses réseaux sociaux.

La fondation Didier Drogba au cœur de cette reconnaissance

Pour l’ancien attaquant de Chelsea, cette récompense ne se limite pas aux performances réalisées sur les terrains de football. Elle représente également une reconnaissance du travail humanitaire accompli au fil des années avec son équipe, à travers la fondation Didier Drogba. Le lauréat a tenu à souligner cette dimension essentielle de son parcours, estimant que l’honneur reçu récompense avant tout les initiatives menées en faveur des populations.

« Cette récompense n’est pas seulement une reconnaissance de ma carrière en tant que joueur de football, mais surtout, une reconnaissance du travail humanitaire que mon équipe et moi avons mené avec passion pendant de nombreuses années grâce à la fondation Didier Drogba », a-t-il expliqué.

L’émotion de Didier Drogba est d’autant plus grande que cette distinction intervient vingt ans après un épisode marquant de son engagement pour la paix en Côte d’Ivoire. L’ancien capitaine des Éléphants fait référence à l’appel historique lancé à Khartoum, lorsque lui et ses coéquipiers avaient profité de la qualification de la sélection ivoirienne pour sa première Coupe du monde de la FIFA afin d’appeler à la fin de la guerre qui divisait leur pays.

Revenant sur cette période, il a souligné la portée particulière de cette récompense, qui lui rappelle que le sport peut contribuer à des changements bien au-delà de la compétition.

« Ce qui rend cet honneur encore plus significatif, c’est qu’il vient exactement 20 ans après l’appel historique de Khartoum pour la paix, lorsque mes coéquipiers et moi avons utilisé la qualification de la Côte d’Ivoire pour sa première Coupe du monde FIFA pour demander la fin de la guerre qui divise notre pays aimé », a-t-il rappelé.

Pour l’ex-international ivoirien, cette reconnaissance témoigne du pouvoir fédérateur du football. « Vingt ans plus tard, cette reconnaissance est un rappel puissant que le football est bien plus qu’un jeu. Il peut être une force pour l’unité, une voix pour la paix et une source d’espoir pour les générations futures », a-t-il affirmé. Selon lui, cette distinction constitue une source supplémentaire de motivation pour continuer à agir et apporter « une différence positive dans la vie des autres ».

Une promotion prestigieuse aux côtés de personnalités internationales

La médaille W. E. B. Du Bois a été attribuée à Didier Drogba au sein d’une promotion de huit personnalités influentes issues de différents domaines. Parmi les autres récipiendaires figurent notamment l’actrice oscarisée Angela Bassett, la chanteuse et militante des droits civiques Mavis Staples, le cofondateur de Netflix Reed Hastings, le dirigeant de Google James Manyika, ainsi que la scénariste et productrice Lena Waithe.

Au lendemain de la remise de sa médaille, Didier Drogba a participé à un forum d’échange avec des étudiants de l’Université Harvard. Cette rencontre lui a permis de partager son expérience et sa vision du leadership, de l’entrepreneuriat social et des moyens de favoriser l’autonomisation de la jeunesse africaine.

Considérée comme la plus haute distinction de l’institution dans le domaine des études africaines et afro-américaines, elle honore des personnes dont les contributions ont marqué la culture, l’histoire et la vie intellectuelle des communautés noires à travers le monde.

 

Revue Ivoirienne du 16 octobre 2026 : convocations au PPA-CI et tensions autour du dialogue politique à la Une

La scène politique ivoirienne occupe une place importante dans les colonnes des journaux de ce vendredi, avec deux dossiers majeurs notamment les convocations de plusieurs responsables de l’opposition, notamment au sein du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), et les propositions du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) remises au ministre de l’Intérieur, Vagondo Diomandé autour du dialogue politique.

Convocations au PPA-CI : l’opposition dénonce une pression politique

Les convocations de responsables du PPA-CI retiennent l’attention de plusieurs journaux, particulièrement ceux proches de l’opposition. Le Bélier présente cette situation sous l’angle de la répression politique et rapporte que le parti « tire la sonnette d’alarme ».

La situation ne concerne toutefois pas uniquement le PPA-CI dans les titres consacrés aux convocations. Le Nouveau Réveil, proche du PDCI-RDA, met en avant cinq personnalités : Ezaley, M’bia, Cocauthrey, Dia Houphouët et Fian Hervé. Selon le journal, ces responsables ont été convoqués à la Section antiterroriste, les convocations ayant été déposées la veille au siège du parti. Le quotidien inscrit ces événements dans un contexte plus large avec le surtitre « toute l’opposition dans l’œil du cyclone ». Il met également en avant une déclaration de Tidjane Thiam, qui estime avoir présenté « des idées qui semblent rencontrer une adhésion chez les Ivoiriens ».

Plusieurs cadres cités, des accusations contestées et des demandes de libération

Au sein de la presse consacrée au PPA-CI, Générations Nouvelles annonce que « 5 autres cadres » du parti sont convoqués. Le journal relaie également les chiffres avancés par la formation politique, qui fait état de plus de 1 600 membres incarcérés et de cinq décès en détention.

Le Quotidien d’Abidjan cite, pour sa part, Emmanuel Ackah, Koua Justin, Fabrice Lago, Daniel Billaud Zéréhoué et Dahi Nestor parmi les responsables concernés. Le quotidien revient notamment sur l’audition de Daniel Billaud Zéréhoué, à l’issue de laquelle son avocate, Me Serikpa-Aka Roselyne, affirme que « 17 chefs d’accusation » ont été retenus contre son client.

Les réactions relayées par les autres publications traduisent la contestation du parti face à ces procédures. Tandis que Le Temps dénonce un « acharnement du régime »et souligne que la formation politique dénonce et condamne ces démarches. La Voie originale rapporte que le PPA-CI réclame la libération des personnes qu’il qualifie de « détenus politiques ». De son côté, Notre Voie donne la parole à Emmanuel Léon Monnet, qui critique une politique qu’il décrit comme une stratégie « d’étouffement ».

Cette convergence de titres critiques connaît néanmoins une exception. Aujourd’hui adopte une position différente avec une Une qui tranche sur le ton général : « PPA-CI : l’observatoire coule déjà ». Une formulation qui constitue une voix discordante dans le traitement médiatique de ce dossier.

RHDP et ministère de l’Intérieur : les propositions au cœur de la bataille politique

L’autre sujet majeur concerne les propositions du RHDP remises au ministre de l’Intérieur, Vagondo Diomandé. La remise du document par Cissé Bacongo est mise en évidence par Le Patriote, qui illustre cette séquence politique.

Les interprétations divergent toutefois d’un quotidien à l’autre. L’Expression annonce « les vérités crues de Bacongo à l’opposition », tandis que Le Mandat estime que l’horizon s’assombrit pour cette dernière. Le Jour Plus s’intéresse, de son côté, au rôle attendu du ministère de l’Intérieur et explique pourquoi celui-ci « doit reprendre la main ». Le journal signale également le mécontentement de Pascal Affi N’Guessan, qu’il présente comme « fâché ».

Le Temps propose une interprétation différente de celle des journaux mettant en avant les propositions du RHDP. À propos du refus du dialogue, le quotidien considère que « le gouvernement donne raison au PPA-CI ». Dans Notre Voie, Assalé Tiémoko défend, pour sa part, une conception du dialogue qui ne se limite pas aux périodes de tensions. Il rappelle que « le dialogue n’est pas l’outil des seules périodes de crise ».

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Le Forum de la presse économique de l’UEMOA prévu à Abidjan en juin 2027 avec 5 millions FCFA de prix

La Côte d’Ivoire accueillera, en juin 2027, la troisième édition du Forum de la presse économique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). À cette occasion, les organisateurs récompenseront trois journalistes à travers le Prix du Meilleur Journaliste de l’Union, doté d’une enveloppe totale de 5 millions FCFA. Emeline Amangoua, présidente de la Plateforme Médias UEMOA, section Côte d’Ivoire, et secrétaire générale sous-régionale, a annoncé cette initiative.

La troisième édition du Forum de la presse économique de l’UEMOA mettra à l’honneur le travail des journalistes spécialisés dans les questions économiques et financières. Le Prix du Meilleur Journaliste de l’Union récompensera les trois meilleures productions journalistiques, avec une répartition de 2,5 millions FCFA pour le lauréat, 1,5 million FCFA pour le deuxième et un million FCFA pour le troisième.

Financée par la Commission de l’UEMOA, cette distinction vise à stimuler la production de contenus de qualité, notamment des articles, des enquêtes et des dossiers d’investigation consacrés aux enjeux économiques et financiers de l’espace communautaire. Pour Emeline Amangoua, le choix de la Côte d’Ivoire pour accueillir cette édition traduit la confiance accordée par la Commission de l’UEMOA à la section ivoirienne de la Plateforme Médias.

 

La commande publique au cœur d’une session de formation

En prélude à ce rendez-vous sous-régional, une session de formation a été organisée à l’intention des journalistes économiques ivoiriens. Les travaux portent sur le thème : « Commande publique et pratiques de gestion au sein de l’UEMOA : bilan des acquis, contraintes opérationnelles et perspectives d’harmonisation communautaire ». Soulignant l’importance économique de la commande publique dans l’espace communautaire, Emeline Amangoua a insisté sur la responsabilité des journalistes dans l’information du public.

« La commande publique représente des milliers de milliards de francs CFA dans notre espace communautaire. Notre devoir n’est pas d’observer, mais d’éclairer les citoyens et les décideurs avec rigueur, éthique et précision », a-t-elle déclaré.

Au-delà des enseignements dispensés durant cette session, les participants bénéficieront d’un suivi assuré par des journalistes expérimentés et des mentors. Cet accompagnement portera notamment sur la production d’articles, la conduite d’enquêtes et la réalisation de dossiers d’investigation.

Emeline Amangoua a exprimé sa gratitude au ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, parrain de la cérémonie, pour sa contribution à la mobilisation d’experts chargés d’intervenir dans le cadre de cette formation. Elle a également salué l’appui de Gustave Diasso, représentant résident de la Commission de l’UEMOA en Côte d’Ivoire. Selon elle, son concours a contribué à l’obtention du financement intégral de la session par la Commission, présidée par Abdoulaye Diop.

Avec la formation des journalistes économiques et l’organisation du Forum de la presse économique, la Plateforme Médias UEMOA entend consolider la contribution des médias aux enjeux de transparence et de bonne gouvernance. Le rendez-vous prévu en juin 2027 en Côte d’Ivoire.

Réforme électorale en Côte d’Ivoire : Cissé Bacongo affirme que « le RHDP ne refuse pas le dialogue »

Reçu le jeudi 15 octobre 2026 par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Cissé Bacongo, secrétaire exécutif du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), a défendu la démarche du gouvernement dans le cadre de la mise en place du nouvel organe électoral. Sans rejeter le principe de la concertation, il s’interroge sur l’opportunité d’une telle initiative, au regard des expériences passées.

Au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, la délégation du RHDP a échangé avec le ministre sur la mise en place du nouvel organe chargé de l’organisation des élections. À l’issue de la rencontre, Cissé Bacongo a indiqué que son parti avait mené trois réunions internes, notamment au sein de son comité de direction, afin de définir ses propositions.

Les réflexions ont notamment porté sur les exigences de crédibilité, d’inclusivité et de confiance que devra inspirer la future structure électorale. Le responsable politique a toutefois refusé de dévoiler le contenu des recommandations du parti, précisant qu’elles étaient destinées au gouvernement.

« Souffrez que je ne puisse pas vous dévoiler le contenu. Ces propositions sont réservées au gouvernement », a-t-il déclaré.

« Le RHDP ne refuse pas le dialogue », insiste Cissé Bacongo

Alors que plusieurs partis de l’opposition réclament l’ouverture d’un dialogue politique sur la réforme électorale, le secrétaire exécutif du RHDP défend une position qu’il présente comme une interrogation sur la pertinence d’une nouvelle concertation.

« Il ne s’agit pas de refuser le dialogue, tout simplement de se poser la question de savoir quelle est son opportunité. Qu’est-ce qu’il viserait, ce dialogue politique ? », s’est-il interrogé.

Pour Cissé Bacongo, les consultations actuellement menées par le ministère de l’Intérieur permettent déjà aux différentes parties de faire valoir leurs propositions. Le gouvernement dispose de ses propres orientations, tandis que les partis politiques et les organisations de la société civile sont également invités à contribuer à la réflexion. Le responsable du RHDP estime donc qu’un nouveau cadre de négociation entre les formations politiques ne s’impose pas nécessairement, dès lors que les contributions peuvent être examinées dans le cadre du processus engagé par les autorités.

Cissé Bacongo a également tenu à distinguer le rôle du parti présidentiel de celui de l’exécutif. Selon lui, le RHDP exerce ses responsabilités politiques, tandis que le gouvernement assure la conduite des affaires publiques et l’arbitrage des propositions recueillies. Il a rappelé que le président de la République avait insisté sur la nécessité de séparer les deux entités, en réponse aux critiques selon lesquelles le parti au pouvoir pourrait être juge et partie dans la réforme du système électoral.

Dans cette logique, le RHDP affirme contribuer au débat au même titre que les autres partis et groupements politiques. Il ne lui revient pas, selon Cissé Bacongo, d’imposer les orientations définitives du futur dispositif électoral.

L’expérience de 2000 au cœur des réserves du parti présidentiel

Pour justifier ses interrogations sur l’opportunité d’un nouveau dialogue politique, Cissé Bacongo s’est référé à l’expérience de l’année 2000. À cette époque, le ministère de l’Intérieur organisait seul les élections, une situation qui avait conduit le Front populaire ivoirien (FPI), dirigé par Laurent Gbagbo, et le Rassemblement des républicains (RDR), conduit par Alassane Ouattara, à réclamer la création d’un organe indépendant.

Cette démarche avait abouti à la mise en place de la structure qui a précédé la Commission électorale indépendante (CEI). Toutefois, selon le secrétaire exécutif du RHDP, les difficultés liées à la confiance entre les acteurs politiques ont persisté malgré les efforts engagés. Il rappelle que l’opposition a régulièrement contesté l’impartialité de la commission, mettant en cause tantôt son organisation, tantôt les personnes chargées de son fonctionnement.

« Nous avons tous travaillé, mais ça a donné ce que ça a donné », a-t-il déclaré, évoquant les limites de cette expérience qui s’est achevée par la dissolution de la CEI.

Le responsable politique s’interroge dès lors sur la capacité d’une nouvelle concertation à produire de meilleurs résultats que les discussions menées à l’époque. À ses yeux, l’échec des précédentes tentatives invite à examiner attentivement l’utilité d’un nouveau dialogue avant de l’engager.

LIRE AUSSI : Réforme électorale en Côte d’Ivoire : « On ne m’a pas informé », la réponse de Mr Coulibaly à la demande de dialogue de l’opposition

Plutôt qu’une nouvelle table ronde politique, le RHDP privilégie la voie institutionnelle. La méthode défendue par le parti consiste à recueillir les propositions des différentes parties, à les soumettre à l’analyse du gouvernement, puis à les traduire dans un projet de loi qui sera transmis à l’Assemblée nationale.

Cissé Bacongo met en avant le rôle de cette institution, qu’il présente comme la représentation nationale appelée à examiner le texte.

Himra en boxe : le rappeur ivoirien attendu sur le ring le 5 décembre à Abidjan

Le rappeur ivoirien Himra s’apprête à relever un défi inédit. À quelques semaines de son grand concert prévu le 26 décembre 2026 au Stade Olympique Alassane Ouattara d’Ebimpé, l’artiste Himra a confirmé sa participation à la 7e édition du « Choc des Titans CI ». Le rendez-vous est fixé au 5 décembre à Abidjan, où l’interprète de « Solo » troquera le temps d’un combat le micro contre les gants de boxe.

Connu sous le nom de Himra, Bakayoko Rahim ne cache plus son intérêt pour la boxe. L’artiste, dont l’allure sportive est familière à ses fans, semble déterminé à explorer un univers différent de celui de la musique.

Si les chanteurs sont régulièrement associés aux grands combats de boxe, notamment en Europe et aux États-Unis, le rappeur ivoirien veut cette fois passer de l’accompagnement des sportifs à la confrontation directe sur le ring. Ses récentes vidéos d’entraînement, diffusées sur les réseaux sociaux, avaient déjà alimenté les spéculations sur cette nouvelle ambition.

« Le Choc des Titans CI » confirme la participation du rappeur

Les rumeurs ont laissé place à une annonce officielle le mercredi 14 octobre 2026. À la suite d’une rencontre entre l’équipe du « Choc des Titans CI », conduite par son président Jhimmy Traoré, et celle de l’artiste, la participation de Himra à l’événement a été confirmée.

« C’est officiel ! À la suite d’une rencontre fructueuse entre l’équipe du Choc des Titans CI conduite par le président Jhimmy Traoré et la team de l’artiste ivoirien Himra, la participation du rappeur au Choc des Titans est officiellement confirmée ! », indique la publication relayée par l’artiste.

Le combat est programmé pour le samedi 5 décembre 2026 à Abidjan. Cette date place l’événement à seulement trois semaines du concert très attendu de Himra, annoncé pour le 26 décembre au Stade Olympique Alassane Ouattara d’Ebimpé.

Un adversaire encore inconnu, les fans entre curiosité et inquiétude

Pour sa 7e édition, le « Choc des Titans CI » devrait offrir au public une facette inhabituelle du rappeur. Sur le ring, Himra devra non seulement porter des coups, mais aussi faire face à ceux de son adversaire. Pour l’heure, l’identité du boxeur qu’il affrontera n’a pas été révélée. Cette inconnue entretient l’attente autour de cette confrontation, tout en suscitant des inquiétudes chez certains admirateurs du « Chetté », qui redoutent une éventuelle blessure de leur artiste.

Au-delà de la curiosité que suscite cette reconversion ponctuelle, le défi représente une expérience nouvelle pour le rappeur, attendu dans un environnement bien différent de la scène musicale.

 

Réforme électorale en Côte d’Ivoire : « On ne m’a pas informé », la réponse de Mr Coulibaly à la demande de dialogue de l’opposition

Le gouvernement ivoirien n’a annoncé aucune ouverture formelle d’un dialogue national sur la réforme de l’organe électoral, malgré la demande formulée le 13 octobre par 14 partis et groupements de l’opposition. À l’issue du Conseil des ministres du mercredi 14 octobre, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a défendu la démarche de consultation engagée par le ministère de l’Intérieur, qui doit recueillir et examiner les propositions des acteurs politiques avant la transmission d’un document final à l’Assemblée nationale.

Face aux interrogations sur la suite du processus de réforme électorale, Amadou Coulibaly a rappelé que les formations politiques avaient été invitées à soumettre leurs recommandations au ministère de l’Intérieur.  Selon lui, plusieurs partis ainsi que des organisations de la société civile ont déjà répondu à cette sollicitation. Lors du compte rendu du Conseil des ministres, tenu au palais présidentiel le 14 octobre, le porte-parole a réaffirmé la position des autorités :

« Le gouvernement a invité les partis politiques à faire leurs propositions ».

Amadou Coulibaly écarte toute annonce d’un dialogue national

Interrogé sur l’éventualité d’un dialogue national après la saisine de la Primature par les 14 partis de l’opposition, le porte-parole du gouvernement n’a confirmé aucune initiative en ce sens.

« On ne m’a pas informé qu’il y aura un dialogue national donc je ne peux pas porter cette information », a-t-il déclaré.

Pour justifier le choix des consultations conduites par le ministère de l’Intérieur, Amadou Coulibaly s’est appuyé sur les conclusions du dernier dialogue politique. Selon son interprétation de ces conclusions, la Côte d’Ivoire n’est plus dans une situation de crise et dispose désormais d’institutions installées et opérationnelles. Il estime, dans cette logique, que la gestion du processus électoral relève de l’administration du territoire.

« La question des élections relève de l’administration du territoire. Il est donc tout à fait normal que ce soit le ministère de l’Intérieur qui soit mis en avant », a-t-il expliqué.

La confiance entre acteurs politiques au cœur de la démarche

Le porte-parole du gouvernement a également rappelé les consultations organisées à la suite de la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI). Le 22 juin 2026, le Premier ministre Robert Beugré Mambé avait reçu, à la Primature, des représentants des partis politiques et de la société civile afin de leur présenter la nouvelle architecture de la gouvernance électorale.

Le dispositif présenté reposait sur trois piliers : l’organisation matérielle des élections, le recensement des votes et un organe de contrôle. Selon Amadou Coulibaly, cette rencontre répondait à la nécessité de restaurer la confiance entre les différents acteurs. Il affirme que cette même volonté a motivé la démarche du ministère de l’Intérieur, qui a adressé des courriers aux partis politiques pour les inviter à transmettre leurs propositions.

« C’est au nom de ce besoin qu’il a reçu tous les acteurs politiques et la société civile. C’est au nom de ce même besoin que le ministère de l’Intérieur a écrit aux partis politiques pour les inviter à venir déposer leurs propositions. […] Donc l’ouverture est faite », a-t-il soutenu.

Pour le gouvernement, le processus de consultation constitue ainsi une ouverture au dialogue avec les acteurs concernés, même si aucune nouvelle rencontre nationale réunissant l’ensemble des parties n’a été annoncée.

Le précédent du dialogue politique de 2021-2022

La dernière grande séquence de dialogue politique réunissant le gouvernement, les partis et la société civile s’est déroulée du 16 décembre 2021 au 4 mars 2022, sous la conduite de l’ancien Premier ministre Patrick Achi. Ces discussions avaient abouti à un rapport final consensuel comportant plusieurs recommandations relatives à l’apaisement du climat politique et au cadre électoral.

Depuis cette période, les échanges sur la réforme électorale ont principalement pris la forme de consultations et de collecte de propositions, plutôt que celle d’une nouvelle table ronde rassemblant l’ensemble des acteurs politiques. C’est précisément cette approche que les 14 partis et groupements de l’opposition souhaitent voir évoluer. En réclamant un dialogue national, ils demandent une concertation plus large autour de la mise en place du nouvel organe électoral.

Sur le calendrier de la réforme, Amadou Coulibaly a indiqué que les propositions reçues feraient l’objet d’un examen destiné à identifier les points d’accord possibles entre les différents contributeurs.

« Elles seront analysées et des points de convergence, parce que certainement il y en aura, seront dégagés », a-t-il précisé.

Une majorité parlementaire largement dominée par le RHDP

La composition de l’Assemblée nationale constitue un autre enjeu du processus. Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), parti au pouvoir, y détient 196 sièges sur 255, contre 31 sièges pour le PDCI-RDA, principale force d’opposition mentionnée dans ce rapport de forces. Cette configuration confère au parti au pouvoir une majorité très large dans l’hémicycle. L’opposition dispose, pour sa part, d’un poids numérique nettement inférieur, ce qui limite sa capacité à faire obstacle à l’adoption du texte ou à peser seule sur son contenu.

Dans ce contexte, les opposants dénoncent le risque d’une adoption du projet gouvernemental sans compromis politique préalable, une situation qu’ils associent à la notion de « majorité mécanique ». Le débat sur la réforme électorale se joue donc à deux niveaux : la méthode de concertation retenue par le gouvernement et les conditions dans lesquelles le futur dispositif sera examiné par les députés.

Revue Ivoirienne du 15 octobre : le budget 2027 de 18 466,1 milliards FCFA et le dialogue sur le nouvel organe électoral à la Une

Le presse ivoirienne de ce jeudi 15 octobre 2026 accorde une large place à deux sujets majeurs à savoir l’adoption du projet de budget de l’État pour 2027, fixé à 18 466,1 milliards de FCFA, et les tensions autour de la demande de dialogue politique formulée par l’opposition au sujet du nouvel organe électoral.

 

Budget 2027 : la presse souligne une enveloppe en hausse de 6,4 %

L’adoption du projet de loi de finances pour 2027 par le Conseil des ministres du mercredi 14 octobre constitue le principal sujet de la journée. Plusieurs journaux mettent en avant le montant de 18 466,1 milliards de FCFA, qui marque une progression de 6,4 % par rapport au budget de 2026. Fraternité Matin consacre sa Une à cette décision gouvernementale en titrant : « Loi de finances : le budget 2027 adopté à 18 466,1 milliards de F CFA ». Le quotidien insiste ainsi sur l’adoption officielle du texte en Conseil des ministres.

De son côté, Le Jour Plus met l’accent sur l’augmentation des ressources budgétaires à travers son titre : « Ouattara fait monter le budget de l’État 2027 à 18 466,1 milliards de FCFA ». Le journal associe cette progression à la poursuite des ambitions gouvernementales, estimant qu’« ADO maintient le cap des grandes ambitions ».

La perspective économique et les objectifs de développement occupent également une place importante dans les colonnes d’Échos République. Le quotidien souligne que l’État ivoirien porte ses dépenses à 18 466,1 milliards de FCFA afin d’accélérer l’exécution du Plan national de développement (PND).

Dans la même veine, RHDP News affiche en Une : « 18 466,1 milliards FCFA pour le budget 2027, cap sur la transformation de la grande Côte d’Ivoire ». L’Expression, pour sa part, retient une formulation plus directe en annonçant que « le gouvernement annonce un budget de 18 466,1 milliards ».

 

Amadou Coulibaly appelle à éviter la surenchère politique

La position du gouvernement est également au centre de la couverture de L’Inter. Le quotidien met en avant les propos du porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, qui déclare : « Il ne faut pas transformer les actes normaux en une surenchère politique ». Le journal évoque également les déclarations du ministre concernant le cas Thiam.

Dans le même registre, Le Patriote reprend l’appel à éviter toute escalade politique autour du nouvel organe électoral, avec le titre : « Il faut éviter la surenchère politique ». L’Intelligent d’Abidjan adopte une approche similaire en soulignant que « la surenchère politique [est] refusée ». D’autres journaux insistent davantage sur les conséquences politiques de cette position. Le Temps affirme que « le régime exclut tout dialogue sur le nouvel organe électoral », tandis que L’Essor estime que « l’étau se resserre autour de l’opposition ».

Nouvel organe électoral : le dialogue politique au cœur des divergences

Au-delà des questions économiques, le débat autour du nouvel organe électoral occupe une place importante dans la presse. Plusieurs publications reviennent sur la demande de dialogue national formulée par l’opposition et sur la réponse du gouvernement, qui rejette ce qu’il présente comme une surenchère politique.

L’@venir résume cette opposition de positions en indiquant que l’opposition réclame un dialogue national, tandis que le gouvernement dit non à la surenchère politique. Une orientation éditoriale que l’on retrouve dans Dernière Heure, qui rapporte que « le gouvernement exclut tout dialogue avec l’opposition ».

De son côté, Le Nouveau Réveil estime que les autorités écartent la perspective d’un dialogue politique, avec un titre affirmant que « le gouvernement botte en touche le dialogue politique ». Ces trois publications mettent ainsi en avant les divergences entre le pouvoir et l’opposition sur les conditions d’un échange politique autour de la réforme électorale.

Football Ivoirien : « Il faut laisser les coachs travailler » Emerse Faé brise le silence

Plus de deux mois après le non-renouvellement de son contrat à la tête des Éléphants, Emerse Faé a pris la parole sur les conditions nécessaires à la progression du football africain. Interrogé par Brut en marge de la Conférence stratégique de la CAF au Cap-Vert, l’ancien sélectionneur ivoirien a plaidé pour davantage de patience envers les entraîneurs, des moyens adaptés à leurs ambitions et une meilleure stabilité des projets sportifs.

Le départ d’Emerse Faé de la sélection ivoirienne avait surpris au soir du 31 juillet 2026, date à laquelle son contrat n’a pas été renouvelé. Il a ensuite été remplacé par le technicien français Hervé Renard.

Depuis cette décision, l’ancien sélectionneur ne s’était pas exprimé publiquement sur la gestion des staffs techniques. Son ancien adjoint, Guy Demel, avait toutefois pris la parole pour critiquer directement la manière dont la direction de la Fédération ivoirienne de football (FIF) avait géré leur passage à la tête de l’équipe nationale.

Plus de deux mois après son départ, Emerse Faé défend à son tour une vision fondée sur la continuité du travail et la patience. Pour lui, le développement du football africain passe notamment par la confiance accordée aux entraîneurs afin qu’ils puissent concrétiser leurs projets.

« Les entraîneurs ont des idées et des projets, mais dans le football, tout ne se construit pas en un jour. Il faut du travail, de la patience et du temps pour mettre en place une véritable philosophie de jeu. Il faut donc laisser les coachs travailler, mais aussi leur donner les moyens nécessaires pour atteindre leurs objectifs », a-t-il déclaré.

 

Des ambitions élevées qui nécessitent des moyens adaptés

Cette prise de position rejoint celle exprimée précédemment par Guy Demel. L’ancien défenseur du Borussia Dortmund avait notamment laissé entendre que les objectifs fixés à leur équipe technique étaient élevés, sans que les moyens mis à sa disposition soient nécessairement à la hauteur des attentes. Emerse Faé reprend cette idée en soulignant la nécessité d’une cohérence entre les ambitions affichées par les dirigeants et les conditions de travail accordées aux entraîneurs.

« Lorsqu’on affiche des ambitions élevées, les conditions mises à la disposition du staff technique doivent être à la hauteur de ces ambitions », a-t-il insisté.

Au-delà des moyens matériels et du temps accordé aux entraîneurs, Emerse Faé estime que le football africain doit également renforcer ses exigences en matière de préparation et de gestion de la performance. Il appelle ainsi à s’inspirer de la mentalité des grandes équipes qui obtiennent des résultats durables, en privilégiant la rigueur, la discipline et la patience.

« Mais pour franchir un nouveau cap, nous devons aussi adopter la même mentalité que les grandes équipes qui gagnent : de la rigueur, de la patience, de la discipline et une véritable culture de la performance », a-t-il précisé.

Avec cette première prise de parole depuis son départ de la sélection ivoirienne, Emerse Faé remet au centre du débat les conditions de travail des entraîneurs africains. Son message repose sur trois exigences : du temps pour construire une philosophie de jeu, des moyens adaptés aux ambitions et une culture de la performance inscrite dans la durée.