« C’est un acharnement sur l’opposition » : Koné Dramane (ADCI) accuse et dénonce une manœuvre politique en Côte d’Ivoire

Alors que l’opposition ivoirienne est engagée dans des discussions sur la réforme de l’organe électoral, les convocations judiciaires de plusieurs responsables du PDCI-RDA et du PPA-CI suscitent de vives préoccupations. Dr Koné Dramane, cadre du mouvement Aujourd’hui et demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), dénonce un « acharnement judiciaire » qu’il soupçonne de viser l’affaiblissement des formations politiques opposées au RHDP.

Il s’inquiète des conséquences de cette situation sur le climat politique, dans un contexte où le dialogue autour du processus électoral demeure un enjeu majeur.

Koné Dramane soupçonne une stratégie d’affaiblissement de l’opposition

Invité de l’émission NCI 360, le dimanche 18 octobre 2026, le cadre de l’ADCI a exprimé ses préoccupations face à la multiplication des convocations judiciaires. Il estime que les acteurs politiques devraient plutôt consacrer leurs efforts à la recherche d’un environnement favorable à des discussions sereines sur la réforme électorale.

« Je pense que l’un des piliers, j’allais dire, fondamentaux de la démocratie, c’est la possibilité pour le citoyen de pouvoir choisir ses représentants, de pouvoir agir par son vote sur la destinée de son peuple », a-t-il rappelé.

Selon lui, l’importance de l’organe chargé d’organiser les élections devrait inciter les différentes parties à privilégier le dialogue et à créer les conditions nécessaires à des discussions apaisées. Mais l’universitaire voit dans les procédures visant les responsables de l’opposition une manœuvre politique. Il redoute qu’elles finissent par réduire les capacités d’action des formations susceptibles de contester le pouvoir lors des prochaines échéances électorales.

« Nous croyons, pour nous à l’opposition, que c’est une manœuvre, c’est un acharnement sur l’opposition pour, peut-être à la longue, briser l’élan, la capacité de tous ceux qui sont capables de battre le RHDP en 2030 », a-t-il déclaré.

Assalé Tiémoko et des responsables de l’opposition cités en exemple

Pour étayer son analyse, Dr Koné Dramane évoque notamment la situation d’Assalé Tiémoko, président de son mouvement, ainsi que celle de responsables du PDCI-RDA et du PPA-CI qu’il décrit comme étant placés sous contrôle judiciaire ou en exil. Il considère ces situations comme les manifestations d’une pression politique exercée sur l’opposition.

« C’est dire que cette pression est un acharnement que nul ne peut nier, et ça n’a pas son sens dans un État de droit », a-t-il dénoncé.

Les procédures évoquées s’inscrivent dans le prolongement des violences survenues lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025.
le 16 septembre dernier, le procureur de la République, Oumar Braman Koné, a affirmé que la justice pouvait toujours poursuivre les faits concernés, car ils n’étaient pas prescrits.

« Le timing des hommes politiques n’est pas le mien », avait-il déclaré.

Cette position souligne le décalage entre le calendrier judiciaire et les préoccupations des acteurs politiques, alors que la question de la décrispation demeure au centre des débats. Pour Dr Koné Dramane, la multiplication des procédures soulève précisément des interrogations sur les perspectives de dialogue entre le pouvoir et l’opposition. Il estime que les pressions qu’il dénonce sont difficilement conciliables avec les exigences d’un État de droit.

 

Plusieurs cadres du PDCI-RDA et du PPA-CI convoqués devant la justice

Les procédures judiciaires engagées contre des responsables de l’opposition se multiplient ces dernières semaines. Ces dernières semaines, plusieurs cadres du PDCI-RDA et du PPA-CI ont comparu devant la justice, notamment devant la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan. Les faits présumés évoqués seraient liés à la crise électorale d’octobre 2020.

Au PDCI-RDA, les personnalités concernées comprennent Mandodja Mbia Roger, vice-président et directeur général du parti, Yohou Dia Houphouët Augustin, vice-président et secrétaire exécutif chargé de la mobilisation, ainsi que Hervé Fian et Guillaume Kouakou, tous deux membres du Bureau politique. D’après les informations communiquées par le parti, les auditions sont prévues du 15 au 23 octobre 2026. Le PPA-CI est également concerné par ces procédures. Cinq autres cadres de cette formation politique font l’objet de démarches judiciaires, en plus de responsables déjà détenus.

LIRE AUSSI : PPA-CI : Justin Koua placé sous contrôle judiciaire après son audition à la section antiterrorisme

Abidjan : la flambée des prix du poisson exaspère les commerçantes au marché d’Abobo

La hausse du coût de la vie continue de peser sur les activités commerciales à Abidjan. Le lundi 19 octobre 2026, des vendeuses de poissons du grand marché d’Abobo, situé aux environs de la gare, ont manifesté leur mécontentement face à l’augmentation des prix de leurs marchandises.

Au centre de leurs préoccupations figure la hausse des coûts d’approvisionnement, notamment pour plusieurs cartons de poisson dont les prix auraient fortement augmenté ces derniers temps. Une évolution qui fragilise davantage leur activité et nourrit leurs inquiétudes quant à leur capacité à poursuivre leur commerce dans des conditions satisfaisantes.

Des charges plus lourdes dans un contexte de pouvoir d’achat fragilisé

Pour ces commerçantes, l’augmentation des prix constitue une difficulté supplémentaire alors que les ménages doivent déjà faire face aux contraintes liées à la cherté de la vie. Entre l’approvisionnement devenu plus coûteux et des clients de plus en plus attentifs à leurs dépenses, les vendeuses se retrouvent confrontées à une équation commerciale difficile. Cette situation les oblige à revoir leurs stratégies de vente, dans un environnement où préserver la clientèle devient un enjeu majeur. La hausse des prix à l’achat réduit leurs marges de manœuvre et complique la recherche d’un équilibre entre rentabilité et accessibilité des produits.

Entre hausse des prix de vente et réduction des marges

Au-delà des difficultés rencontrées par les commerçantes, cette flambée des prix pose la question de ses conséquences sur les consommateurs. Face à l’augmentation du coût du poisson, les vendeuses doivent choisir entre relever leurs prix de vente, avec le risque de voir certains clients se détourner de leurs étals, ou absorber une partie des surcoûts en réduisant leurs marges bénéficiaires.

Ce dilemme illustre les répercussions de la vie chère sur toute la chaîne commerciale. Les commerçantes subissent la pression des fournisseurs, tandis que les consommateurs cherchent à maîtriser leurs dépenses quotidiennes.

La protestation des vendeuses du grand marché d’Abobo met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés les petits commerçants face à la hausse des coûts d’approvisionnement. Leur mécontentement traduit une inquiétude grandissante quant à la pérennité de leurs activités dans un contexte économique contraignant.

Revue Ivoirienne du 20 octobre : convocations judiciaires, tensions politiques et diplomatie à la Une des journaux

La convocation de plusieurs responsables politiques devant la section antiterroriste, les divergences d’appréciation sur le traitement judiciaire de l’opposition, l’avenir politique de Tidjane Thiam et le renforcement des relations entre Abidjan et Dakar dominent l’actualité dans les journaux ivoiriens. À ces sujets s’ajoute une large couverture de la disparition du révérend Ediémou Blin Jacob, tandis qu’un fait divers particulièrement violent retient l’attention.

 

Section antiterroriste : des responsables politiques sous contrôle judiciaire

Les convocations devant la section antiterroriste continuent d’alimenter les unes de la presse ivoirienne. Le Nouveau Réveil rapporte que Georges Ezaley et Roger M’bia, entendus par cette juridiction, ont été placés sous contrôle judiciaire. Les deux responsables sont concernés par 17 chefs d’accusation. Dans les rangs du PPA-CI, la même mesure est signalée à l’encontre de Koua Justin après son audition. Le Quotidien d’Abidjan, Le Jour Plus et La Voie originale consacrent leurs titres à cette décision. La Voie originale précise également que Koua Justin passe devant la section antiterroriste après Dano Djédjé.

Au-delà de ces situations individuelles, plusieurs journaux élargissent le débat aux rapports entre justice et opposition. Notre Voie évoque la convocation de Laurent Gbagbo et de plusieurs cadres de l’opposition, en s’interrogeant sur les motivations de la justice à travers cette question : « À quoi joue la Justice ? ».  De son côté, Dernière Heure fait état de six cadres du PDCI-RDA convoqués. Le quotidien soulève la question de « l’égalité devant la justice » et signale, parallèlement, une situation de « flou judiciaire » concernant des responsables du RHDP à Koumassi-Campement.

LIRE AUSSI : PPA-CI : Justin Koua placé sous contrôle judiciaire après son audition à la section antiterrorisme

Procédures judiciaires : entre défense de l’action judiciaire et accusations d’instrumentalisation

Les lectures de cette actualité judiciaire divergent nettement d’un journal à l’autre. Le Patriote adopte un ton offensif à l’égard de l’opposition, qu’il accuse de « refuser d’assumer ses actes ». Le quotidien prévient également que « la victimisation ne passera pas ».

Dans la même veine, L’Avenir conteste ce qu’il qualifie de « faux procès en harcèlement ». Le journal entend mettre en lumière les éléments que, selon lui, le PDCI-RDA et le PPA-CI omettent de mentionner lorsqu’ils saisissent la CEDEAO. Pour L’Expression, cette séquence judiciaire doit aussi être replacée dans le contexte des violences électorales de 2025, avec un avertissement sans équivoque : « L’heure de rendre des comptes a sonné ».

À l’opposé, Le Temps dénonce une « instrumentalisation de la justice ». Générations Nouvelles, pour sa part, s’inquiète de la posture du RHDP, qu’il juge « préoccupante » en raison de son refus du dialogue sur la réforme du cadre électoral. Ces positions illustrent les divergences persistantes autour de l’interprétation des procédures judiciaires et du climat politique.

 

Tidjane Thiam : des unes qui opposent espoir et incertitude

La place accordée à Tidjane Thiam dans les journaux révèle également des appréciations contradictoires sur son avenir politique. Dans Le Nouveau Réveil, le président du PDCI-RDA apparaît en position favorable, avec cette affirmation : « Le PDCI-RDA est aux portes du pouvoir ». Le ton est tout autre dans Le Quotidien d’Abidjan, qui estime que le retour de Tidjane Thiam est « plus que jamais compromis ». Le Matin donne, quant à lui, la parole à Philippe-Coffi Béhibro, dont le jugement est particulièrement sévère : « Thiam est un leurre ».

 

Abidjan-Dakar : Ouattara reçoit Ahmadou Al Aminou Lô

Sur le front diplomatique, la rencontre entre le président Alassane Ouattara et le Premier ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou Lô est présentée comme une occasion de consolider les relations entre les deux pays. Le Patriote met en avant le renforcement de la « coopération bilatérale », tandis que Le Mandat évoque une « nouvelle impulsion » dans les relations ivoiro-sénégalaises. Dans Le Jour Plus, Ahmadou Al Aminou Lô résume la portée de cette rencontre en déclarant : « Cette rencontre vient à son heure ».

La coopération entre les deux États est également abordée sous l’angle des secteurs prioritaires. Dans Le Matin, Beugré Mambé annonce la volonté d’« intensifier » les échanges dans ces domaines. Le Mandat révèle, en outre, que Dakar sollicite Abidjan dans le cadre de ses jeux olympiques 2026.

 

Décès d’Ediémou Blin Jacob : une disparition largement relayée

La mort du révérend Ediémou Blin Jacob, figure de l’Église du christianisme céleste, occupe une place importante dans la presse du jour. Plusieurs quotidiens lui consacrent leurs unes, mais avec des angles différents. Le Rassemblement met en exergue une déclaration marquante du défunt : « J’ai voulu tester Dieu ». L’Intelligent d’Abidjan choisit pour sa part la formule « L’unité se fera sans Ediémou », tandis que Générations Nouvelles s’interroge sur les possibilités de réconciliation après sa disparition.

À Amélékia, un fait divers particulièrement violent

Alors que la plupart des journaux privilégient les dossiers politiques, diplomatiques et religieux, Soir Info ouvre sur un fait divers survenu à Amélékia, près d’Abengourou. Le quotidien rapporte qu’un apprenti-chauffeur a violemment frappé une femme enceinte pour une somme de 200 F CFA. Un événement qui tranche avec les principaux sujets de la journée et met en avant un fait de violence aux conséquences potentiellement graves.

Air France et Air Côte d’Ivoire lancent un partage de codes sur Paris-Abidjan à partir du 25 octobre 2026

Air France et Air Côte d’Ivoire ont signé un accord réciproque de partage de codes sur la liaison Paris-Charles-de-Gaulle–Abidjan. À compter du 25 octobre 2026, ce partenariat permettra aux deux compagnies de commercialiser, sous leurs propres codes, des vols opérés par l’autre transporteur.

L’accord a été signé en marge de l’assemblée de l’Association des transporteurs aériens francophones (ATAF), organisée à Ajaccio. Il s’inscrit dans la continuité d’une coopération engagée depuis la création d’Air Côte d’Ivoire en 2012.

« Cet accord de partage de codes marque une nouvelle étape dans notre coopération. En associant nos offres sur la liaison Paris-Abidjan, nous proposons à nos clients français, ivoiriens et internationaux davantage de choix et de flexibilité, tout en contribuant au renforcement des liens économiques et culturels entre la France et la Côte d’Ivoire », a déclaré Anne Rigail, directrice générale d’Air France.

Air Côte d’Ivoire vise d’autres destinations du réseau Air France

Le partenariat ne devrait pas se limiter à la liaison entre Abidjan et Paris. La compagnie ivoirienne prévoit d’étendre cette coopération à d’autres destinations desservies par Air France avant la fin du premier semestre 2027.

« La mise en place de ce partage de codes sur la route Abidjan-Paris avec Air France constitue une première étape d’une collaboration qui sera élargie à d’autres destinations du réseau Air France avant la fin du premier semestre 2027 », a indiqué Laurent Loukou, directeur général d’Air Côte d’Ivoire.

Cette extension doit permettre à la compagnie ivoirienne de renforcer la portée commerciale de son offre en s’appuyant sur le réseau international de son partenaire français. Laurent Loukou souligne également que la mise en œuvre complète de l’accord permettra d’élargir les possibilités de voyage entre Abidjan, Paris et d’autres destinations. Dès le lancement, Air Côte d’Ivoire pourra notamment bénéficier de la commercialisation de ses vols à travers le réseau mondial d’Air France, au départ et à destination de la Côte d’Ivoire.

Flying Blue et sMiles : des avantages communs dès fin 2026

La coopération entre les deux compagnies s’étendra également à leurs programmes de fidélité. Air France et Air Côte d’Ivoire prévoient de rapprocher leurs programmes de fidélité Flying Blue et sMiles d’ici à la fin de 2026. Grâce à ce dispositif, les membres de sMiles pourront cumuler des miles sur les vols Paris-Abidjan opérés par Air France, avec la possibilité, à terme, de les utiliser sur l’ensemble du réseau de la compagnie française.

De leur côté, les adhérents de Flying Blue pourront cumuler et utiliser leurs miles sur les vols assurés par Air Côte d’Ivoire entre Paris et Abidjan. La signature de cet accord s’appuie sur des liens déjà établis entre les deux compagnies. Depuis la création d’Air Côte d’Ivoire en 2012, Air France figure parmi ses actionnaires et partenaires stratégiques.

PPA-CI : Justin Koua placé sous contrôle judiciaire après son audition à la section antiterrorisme

Le premier secrétaire général adjoint du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), Justin Koua, a été placé sous contrôle judiciaire à l’issue de son audition, ce lundi 19 octobre 2026, devant la section antiterrorisme de la justice ivoirienne, à Abidjan.

Cette décision intervient dans un contexte de pression judiciaire sur plusieurs responsables du parti de Laurent Gbagbo, après les emprisonnements de Damana Pickass, de Koné Katinan et d’autres cadres de la formation politique.

Les motifs précis de l’audition de Justin Koua n’ont pas été officiellement rendus publics. Toutefois, selon certaines indiscrétions, son rôle présumé dans les événements liés au Front commun, en octobre 2025, serait en cause. Durant la période préélectorale, cette coalition de l’opposition s’était mobilisée contre un quatrième mandat du président Alassane Ouattara, qu’elle jugeait illégal.

À l’issue de son audition, la justice a donc décidé de placer Justin Koua sous contrôle judiciaire. Avant lui, Sébastien Dano Djédjé, également cadre du camp de Laurent Gbagbo, avait fait l’objet de la même mesure.

LIRE AUSSI : PPA-CI : Sébastien Dano Djédjé inculpé pour 17 chefs d’accusation et placé sous contrôle judiciaire

CAN 2025 : le TAS attendu fin novembre pour trancher le litige entre le Sénégal et le Maroc

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) ne rendra pas sa décision sur le contentieux lié à la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 avant la fin du mois de novembre 2026. Dans un communiqué publié le lundi 19 octobre à Lausanne, en Suisse, l’instance a indiqué que les arbitres poursuivaient leurs délibérations après l’audience consacrée à l’appel de la Fédération sénégalaise de football (FSF) contre la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération royale marocaine de football (FRMF).

Tenue le 8 octobre 2026 au siège du TAS, l’audience s’est déroulée à huis clos. Depuis cette étape, la formation arbitrale chargée du dossier a engagé ses délibérations, qui sont toujours en cours.

Le TAS a précisé que les arbitres avaient choisi de rendre une décision complète, accompagnée de ses motifs juridiques. Cette décision, désignée sous le terme de « sentence du TAS », nécessite encore plusieurs semaines de travail avant sa publication. L’instance arbitrale prévoit ainsi de rendre son verdict à la fin du mois de novembre 2026. La Fédération sénégalaise de football attend toujours la décision du TAS concernant son appel. À ce stade, le Tribunal arbitral du sport n’a pas encore rendu son verdict.

Dans son communiqué, le Tribunal arbitral du sport précise que le public doit considérer comme officielles uniquement les informations qu’il diffuse par ses propres canaux. Toute nouvelle annonce relative à la procédure sera publiée sur le site Internet de l’institution. Les parties concernées et le public devront donc attendre cette communication pour prendre connaissance de la décision finale sur le litige lié à la finale de la CAN 2025.

Réforme électorale en Côte d’Ivoire : « Notre pays a trop souffert des confrontations inutiles » affirme Charles Goudé

Face aux interrogations sur la suite du processus de la reforme de l’organe électoral en Côte d’Ivoire, Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), plaide pour l’ouverture d’un cadre de concertation entre le gouvernement et les partis de l’opposition.

Dans un entretien accordé à Abidjan.net, dont il a publié une partie le samedi 17 octobre 2026, l’homme politique a réagi aux déclarations du porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, concernant les prochaines étapes de la réforme. Il estime qu’un échange direct entre les différentes parties demeure nécessaire avant toute décision définitive.

Réforme électorale : Blé Goudé s’interroge sur la voie parlementaire

La possibilité de soumettre les propositions gouvernementales à l’Assemblée nationale pour examen par les députés suscite des interrogations chez le président du COJEP. Une telle démarche pourrait, selon les préoccupations exprimées par les partis de l’opposition, aboutir à l’adoption d’une réforme sans concertation préalable suffisante entre les forces politiques.

Pour Charles Blé Goudé, la transmission des propositions de l’opposition ne doit pas marquer la fin des discussions. Il préconise plutôt une rencontre avec les autorités gouvernementales afin que chaque partie puisse exposer ses arguments, préciser ses attentes et confronter ses idées.

« Pourquoi devrait-on faire l’économie d’un échange entre le gouvernement et les partis de l’opposition ? C’est une bonne chose. C’est une bonne image pour notre pays qu’on voie qu’avant de prendre une décision finale, les idées, les propositions ont été confrontées », a-t-il déclaré.

Charles Blé Goudé invite également les acteurs politiques à ne pas interpréter les propos du porte-parole du gouvernement comme une décision définitive des autorités. Selon lui, les déclarations d’Amadou Coulibaly ne suffisent pas à conclure que le gouvernement a définitivement renoncé à l’option du dialogue. Il estime qu’une telle orientation devrait faire l’objet d’une communication officielle clairement établie. En attendant, il appelle les différentes parties à éviter les conclusions hâtives et à privilégier les conditions d’une discussion constructive.

 

« Notre pays a trop souffert » : Blé Goudé appelle à dépasser les confrontations

Au-delà des modalités de la réforme, le président du COJEP insiste sur la responsabilité des dirigeants politiques face aux tensions. Il exhorte les acteurs concernés à rechercher un terrain d’entente et à tirer les leçons des crises qui ont marqué le pays.

« Ce n’est pas sur tout qu’on se querelle. Notre pays a trop souffert des confrontations inutiles. Que la lumière des crises passées éclaire nos consciences pour que nous sachions agir comme des responsables », a-t-il lancé.

Par cet appel, Charles Blé Goudé invite les responsables politiques à privilégier les échanges plutôt que l’affrontement. Il considère que les expériences passées doivent servir de repères pour favoriser une approche plus responsable des désaccords liés à la réforme électorale. Le plaidoyer du président du COJEP porte également sur la transparence du processus. Il souhaite que les contributions formulées par l’ensemble des partis et groupements politiques soient rendues accessibles au public.

LIRE AUSSI : Côte d’Ivoire : l’opposition exige un dialogue national sur le futur organe électoral

Cacao en Côte d’Ivoire : après sa convocation, Koné Moussa mobilise plus de 3 000 producteurs et réclame le départ du DG

À Daloa, le samedi 17 octobre 2026, Koné Moussa, président du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI), a réaffirmé son engagement en faveur des producteurs de cacao devant des milliers de sympathisants venus de plusieurs régions. Cette mobilisation intervient 72 heures après sa convocation à la brigade de recherches de la gendarmerie à Abidjan, une situation qu’il a dénoncée tout en assurant vouloir poursuivre son combat syndical.

Selon les estimations communiquées, plus de 3 000 personnes ont pris part à cette mobilisation organisée en signe de solidarité avec le président du SYNAP-CI. Au-delà du soutien exprimé à son égard, cette rencontre a permis aux participants de renouveler leur engagement dans la défense des acteurs de la filière café-cacao.

« C’est une honte qu’un producteur soit convoqué à la brigade de recherches. C’est une honte pour toute la nation », a lancé Koné Moussa devant l’assistance. « Je ressens un sentiment de fierté, d’encouragement et d’honneur. Je ne m’attendais pas à une telle mobilisation », a-t-il confié, rappelant que l’initiative de cette rencontre remontait à quelques jours seulement.

 

Conseil du Café-Cacao : Koné Moussa réclame le départ du directeur général

Au cœur de la mobilisation, les revendications du SYNAP-CI restent inchangées. Koné Moussa demande notamment la démission du directeur général du Conseil du Café-Cacao, auquel il reproche son manque d’accessibilité et son incapacité, selon lui, à apporter des réponses aux difficultés quotidiennes des producteurs. Le responsable syndical a également critiqué le recours aux forces de l’ordre face aux contestations des acteurs de la filière. À ses yeux, le dialogue doit être privilégié afin de rechercher des solutions concrètes aux problèmes rencontrés par les producteurs.

Sur le plan économique, le SYNAP-CI exige du gouvernement le respect de l’engagement relatif à la garantie de 60 % du prix CAF aux producteurs. Le syndicat réclame également le règlement de la question des stocks de cacao encore détenus par certaines coopératives et certains producteurs, ainsi qu’une revalorisation du prix du kilogramme.

Trois revendications majeures pour sortir de la crise

À Daloa, les producteurs ont mis en avant trois priorités : obtenir le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao, régler la question des stocks de cacao invendus et augmenter le prix du kilogramme. Pour Koné Moussa, la résolution de ces difficultés passe aussi par la nomination rapide d’un nouveau directeur général. Il préconise ensuite l’organisation d’un séminaire réunissant les différentes parties prenantes de la filière, afin d’examiner les problèmes rencontrés et de formuler des propositions concrètes.

 « Être un syndicat ne consiste pas seulement à critiquer. Il faut aussi proposer », a-t-il déclaré, assurant que son organisation dispose de pistes de réflexion pour contribuer à l’amélioration des conditions des producteurs.

Malgré sa convocation, à la brigade de recherches, Koné Moussa affirme ne pas envisager de renoncer à son engagement syndical. Il a d’ailleurs tenu à écarter toute idée de victoire personnelle après être ressorti des locaux de la gendarmerie.

« Je ne considère pas le fait d’être ressorti de là-bas comme une victoire. Non, le combat va se poursuivre », a-t-il martelé devant les producteurs mobilisés.

LIRE AUSSI : Cacao : le Synap-CI annonce une marche sur la Caistab pour contester le prix de 1 200 FCFA

Revue ivoirienne du 19 octobre : réforme électorale, convocations judiciaires et la filière cacao au cœur de la presse

La reforme électorale, les convocations judiciaires de responsables de l’opposition et les tensions autour du cacao dominent une partie de l’actualité politique relayée par la presse ivoirienne. Sur le plan sportif, les performances de Yan Diomandé, d’Oumar Diakité et de Bonny retiennent également l’attention.

Réforme électorale : les journaux soulignent les difficultés du dialogue politique

Le débat sur la mise en place du nouvel organe électoral continue de diviser les acteurs politiques. Dans leurs éditions, plusieurs journaux mettent en avant les désaccords autour de la réforme électorale, les exigences démocratiques et les difficultés à maintenir un dialogue politique apaisé.

Le Bélier donne le ton avec son titre : « Réforme électorale : le bras de fer, le dialogue politique pris dans l’étau judiciaire ». Le quotidien met ainsi en évidence les tensions entre les enjeux liés à la réforme électorale et les procédures judiciaires visant des responsables politiques. Il soulève également des interrogations sur le choix du futur organe électoral et les garanties démocratiques attendues.

De son côté, Notre Voie met en avant l’appel de Pascal Affi N’Guessan au président Alassane Ouattara en faveur du dialogue. Le journal reprend cette déclaration du responsable politique : « Un vrai houphouétiste ne fuit pas le dialogue », soulignant ainsi son plaidoyer pour la poursuite des échanges entre les acteurs politiques. La question du nouvel organe électoral est également abordée par Le Quotidien d’Abidjan. Le journal rapporte les déclarations de Pascal Affi N’Guessan et présente cette initiative comme une manœuvre susceptible, selon son analyse, de détourner l’attention de l’opposition.

Convocations judiciaires : le PDCI-RDA et l’opposition expriment leurs inquiétudes

Les procédures judiciaires visant des responsables du PDCI-RDA et du PPA-CI constituent un autre dossier majeur de l’actualité politique. Ces convocations alimentent les réactions de l’opposition et ravivent les interrogations sur les rapports entre justice et politique.

Dans ses colonnes, Le Nouveau Réveil rapporte la protestation du PDCI-RDA après la convocation de six de ses responsables. Le parti a également saisi la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine et l’Organisation des Nations unies (ONU). Le quotidien relaie, dans le même temps, un appel à mettre fin à toute instrumentalisation politique de la justice. La nature des poursuites visant plusieurs personnalités de l’opposition suscite aussi des interrogations dans Dernière Heure Monde. Le journal titre : « Plusieurs personnalités politiques de l’opposition soupçonnées de terrorisme : harcèlement politico-judiciaire ou tentative de musellement ? ».

Pour sa part, L’Inter revient sur les critiques adressées au pouvoir par Pascal Affi N’Guessan. Le quotidien évoque également l’hommage rendu par Guillaume Soro à Louis Dacoury-Tabley, ajoutant une dimension mémorielle à l’actualité politique du jour.

 

Cacao : où sont passés les 291 milliards FCFA ?

La filière cacao est toujours dans la tourmente. Depuis Daloa, le syndicaliste Moussa Koné, président du SYNAP-CI, depuis Daloa s’est interrogé. « Où sont passés les 291 milliards destinés au rachat des stocks » lit-on à la Une de le Sursaut. « Notre rôle en tant que syndicat, c’est d’interpeller pour que les choses s’améliorent ».

 

Football : Yan Diomandé et Oumar Diakité brillent en Europe

L’actualité sportive apporte une note plus réjouissante à cette revue de presse, avec les performances de plusieurs joueurs ivoiriens évoluant dans les championnats européens.

Dans son édition du jour, SuperSport met particulièrement en lumière Yan Diomandé, présenté comme buteur et passeur dans une prestation qui lui vaut les honneurs du journal. Le quotidien titre : « Championnats européens : buteur et passeur, Yan Diomandé met Madrid à ses pieds ». Autre performance remarquée, celle d’Oumar Diakité, qui a signé un triplé en seulement 11 minutes. Une efficacité offensive que le journal met en avant parmi les faits marquants de la semaine.

Enfin, SuperSport souligne également « la belle semaine de Bonny », complétant ainsi son panorama des prestations individuelles des joueurs ivoiriens sur les pelouses européennes.

Côte d’Ivoire : 102 élèves gendarmes radiés après des contrôles médicaux et toxicologiques

La formation de nouveaux gendarmes connaît un coup d’arrêt pour 102 élèves en formation commune de base (FCB). Selon les informations communiquées, 62 élèves de l’École de gendarmerie de Toroguhé, à Daloa, et 40 de celle d’Agbékoi, à Abidjan, ont été radiés à la suite de contrôles médicaux et toxicologiques approfondis.

Les examens réalisés ont mis en évidence une consommation avérée de substances stupéfiantes antérieure à leur incorporation. Une précision importante accompagne cette décision : les consommations relevées ne seraient pas intervenues au sein des écoles de gendarmerie, mais pendant la période où les intéressés vivaient encore dans le civil.

Des contrôles renforcés pour garantir la discipline et l’exemplarité

Ces radiations rappellent les exigences auxquelles doivent répondre les candidats à la carrière de gendarme. L’institution met notamment l’accent sur la discipline militaire, la rigueur et l’exemplarité morale, considérées comme des principes fondamentaux de cette profession. Pour sélectionner des profils compatibles avec ses valeurs, la Gendarmerie nationale soumet les candidats à une enquête de moralité ainsi qu’à des examens médicaux approfondis. Ces vérifications peuvent conduire à l’exclusion de candidats pourtant admis au concours.

Le processus de recrutement ne s’arrête donc pas à la proclamation des résultats. La réussite au concours ne garantit pas une intégration définitive dans les rangs de la gendarmerie, puisque certaines étapes, notamment la visite médicale approfondie durant la formation commune de base, demeurent éliminatoires.

Les radiations enregistrées cette année s’inscrivent dans un contexte de contrôles présentés comme de plus en plus stricts. L’année précédente, des élèves sous-officiers de deuxième année avaient déjà été concernés par des mesures similaires. Cette fois, les vérifications auraient été menées sans complaisance, avec pour objectif de détecter les consommations de substances prohibées incompatibles avec les exigences de la formation et de la fonction de gendarme.

La jeunesse appelée à mesurer les conséquences de la consommation de drogues

Au-delà des sanctions disciplinaires, cette affaire constitue un avertissement adressé aux jeunes aspirant à intégrer la Gendarmerie nationale. Le message est clair : la consommation de stupéfiants peut compromettre un projet professionnel et réduire à néant les efforts consentis pour accéder à une carrière exigeante. Parmi les substances citées figurent le Kadhafi, le tramadol et ses dérivés, le Kush, la cocaïne, le cannabis et ses résines. Sont également mentionnées certaines boissons présentées comme frelatées et contenant des stupéfiants, notamment le Vody, le Kalashnikov et le Okalamar, ainsi que d’autres produits psychotropes.

Les candidats concernés par une dépendance à ces substances sont ainsi invités à prendre conscience des risques avant de s’engager dans un concours. L’appel s’adresse également aux familles, qui peuvent consacrer des ressources importantes à la préparation de leurs enfants, sans que leur admission initiale leur assure une intégration définitive.

LIRE AUSSI : « Rayés des effectifs pour faute contre l’honneur » : trois gendarmes radiés après leur présence sur un site d’orpaillage illégal

Derrière les 102 radiations, se trouvent aussi des familles qui avaient placé de grands espoirs dans la réussite de leurs enfants. Leur retour à la vie civile, après leur exclusion de la formation, représente une épreuve humaine et un gâchis pour les proches qui les soutenaient dans leur projet professionnel.

Un message de compassion est adressé à ces parents, confrontés à la déception et à la douleur de voir ces perspectives s’effondrer.