Accident de Touba-Biankouma : 39 morts, l’enquête révèle des défaillances majeures du car Diarra Transport

Neuf jours après le tragique accident qui a coûté la vie à 39 personnes sur l’axe Touba-Biankouma, le ministère des…

Neuf jours après le tragique accident qui a coûté la vie à 39 personnes sur l’axe Touba-Biankouma, le ministère des Transports et des Affaires maritimes a dévoilé les premiers résultats de l’enquête administrative et technique. Sans empiéter sur la procédure judiciaire ouverte par le parquet de Touba, les autorités mettent déjà en lumière plusieurs défaillances liées au véhicule, à son exploitation et aux conditions de transport des passagers.

Le drame, survenu le 13 juillet 2026 au niveau du village de Zouzousso III, continue de marquer les esprits. L’autocar de la compagnie Diarra Transport, qui effectuait la liaison Odienné-Yamoussoukro, a quitté la chaussée avant de terminer sa course dans le fleuve Bafing. Le bilan communiqué reste lourd avec 39 morts, 45 blessés et sept rescapés.

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Une crevaison à l’origine de la perte de contrôle du car

Selon les premières conclusions du Bureau Enquête Analyse Accident (BEA), une crevaison du pneu avant droit serait à l’origine de la perte de contrôle du véhicule, survenue environ 80 mètres avant le fleuve. Toutefois, les enquêteurs évoquent plusieurs facteurs ayant pu favoriser cet incident. Parmi eux figure notamment le surnombre de passagers constaté à bord du véhicule.

Le car, prévu pour accueillir 69 personnes, transportait 91 passagers au moment de l’accident. Les enquêteurs ont relevé la présence de tabourets installés dans les couloirs ainsi que de voyageurs contraints d’effectuer le trajet debout.

« Le car transportait 91 personnes pour une capacité de 69 places », a indiqué le directeur général de l’Office de la sécurité routière (OSER), Etienne Kouakou, lors de la présentation des résultats.

Des pneus de différentes marques et des irrégularités techniques

Les investigations ont également porté sur l’état des pneumatiques. Les six pneus du véhicule provenaient de trois marques différentes et présentaient des caractéristiques techniques divergentes, notamment concernant les indices de charge, de vitesse, les dates de fabrication et le niveau d’usure. Pour les enquêteurs, cette situation constitue un facteur aggravant dans un contexte où la fiabilité des équipements joue un rôle essentiel dans la sécurité routière.

Le BEA évoque également un possible manque de maîtrise du véhicule par le conducteur au moment de la crevaison, un point que les enquêteurs vont approfondir dans la suite de leurs investigations.

Des anomalies administratives découvertes sur le véhicule

Au-delà des aspects techniques, l’enquête a révélé plusieurs irrégularités administratives. Le car circulait notamment avec deux plaques d’immatriculation provisoires différentes. Les services compétents indiquent également que plusieurs documents obligatoires n’ont pas été présentés, notamment l’assurance, la carte de transport et le certificat de visite technique. Selon les enquêteurs, ces anomalies auraient pu permettre au véhicule d’échapper à certains dispositifs de contrôle, notamment la vidéoverbalisation. Mis en circulation en février 2025, le véhicule était pourtant soumis aux exigences réglementaires en vigueur.

Les investigations se poursuivent également sur la compagnie Diarra Transport. Le directeur de la Police spéciale de la sécurité routière, le commissaire divisionnaire major Touré Abdoulkader, a assuré qu’aucune sanction n’avait encore été prise contre l’opérateur.

« Nous poursuivons les vérifications sur l’ensemble de son parc et les enquêtes se poursuivent », a-t-il déclaré.

Les autorités souhaitent ainsi établir toutes les responsabilités, parallèlement à la procédure judiciaire engagée après l’accident. Face à ce nouveau drame routier, le ministère des Transports annonce une série de mesures destinées à améliorer la sécurité sur les routes ivoiriennes. Parmi les réformes envisagées figurent :

  • le renforcement de la formation des chauffeurs et des gestionnaires de compagnies ;
  • la création d’une plateforme numérique de suivi des véhicules, assurances, visites techniques et listes de passagers ;
  • un contrôle renforcé des documents avant toute souscription d’assurance ;
  • l’obligation d’obtenir le permis de catégorie B avant l’accès aux autres catégories ;
  • une surveillance accrue des axes routiers considérés comme dangereux.

Les autorités assurent que l’enquête administrative se poursuivra afin de faire toute la lumière sur les circonstances de cet accident et d’identifier les responsabilités dans cette tragédie qui endeuille de nombreuses familles.

LIRE AUSSI : Drame dans le Bafing : un car chute dans le fleuve, au moins 14 morts et 40 blessés

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