Ce qui devait être un accouchement s’est transformé en tragédie. Mariam Diallo, 39 ans, est décédée le samedi 1er août 2026 alors qu’elle était évacuée de l’Hôpital général de Sikensi vers l’hôpital Jean-Baptiste de Bôdô pour une intervention chirurgicale d’urgence.
Ce décès, qui suscite une vive émotion dans le département de Sikensi, soulève de nombreuses interrogations sur l’organisation des soins obstétricaux au sein de cet établissement hospitalier. Face à l’émoi provoqué par l’affaire, le ministère de la Santé a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative afin de situer les responsabilités.
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Une maternité moderne confrontée à un drame
L’Hôpital général de Sikensi dispose pourtant d’une maternité inaugurée en août 2023 par le ministre de la Santé, Pierre N’gou Dimba. Réalisée pour un investissement estimé à près de deux milliards de FCFA, cette infrastructure devait renforcer la prise en charge des femmes enceintes et contribuer à réduire la mortalité maternelle et néonatale dans la région. Moins de trois ans après sa mise en service, cette ambition est aujourd’hui remise en question à la suite de ce drame.
Selon plusieurs sources locales, Mariam Diallo, arrivée à terme de sa grossesse, s’est rendue à l’Hôpital général de Sikensi dans l’après-midi du 1er août après les premières contractions.
Après les examens de routine, les équipes médicales estiment dans un premier temps qu’un accouchement par voie naturelle est possible. Mais au fil des heures, son état se dégrade et des complications obstétricales surviennent. Face à l’urgence, une césarienne devient indispensable pour tenter de sauver la mère et son enfant.
L’absence présumée d’un gynécologue au cœur des interrogations
Selon les informations rapportées par des médias locaux, le médecin gynécologue chargé d’assurer les interventions chirurgicales était absent au moment où la césarienne devait être pratiquée.
Faute de spécialiste disponible, les équipes médicales décident alors d’évacuer la patiente vers l’hôpital Jean-Baptiste de Bôdô, présenté comme l’établissement le plus proche en mesure de réaliser cette intervention. Toujours selon ces sources, une somme de 25 000 FCFA est réunie afin de financer le transport en ambulance.
L’évacuation n’aura malheureusement pas permis de sauver Mariam Diallo. La jeune femme décède avant d’atteindre l’hôpital de Bôdô. Son corps est ensuite ramené à la morgue de Sikensi. Le lendemain, sa famille réunit 100 000 FCFA pour couvrir les frais de conservation avant son inhumation, organisée le dimanche 2 août. Ce décès a profondément bouleversé les habitants de Sikensi, où plusieurs voix dénoncent les difficultés persistantes dans la prise en charge des urgences obstétricales malgré les investissements réalisés dans les infrastructures sanitaires.
Le ministère de la Santé ouvre une enquête
Face à l’ampleur de l’émotion, le ministère de la Santé a dépêché une mission d’inspection à Sikensi. Conduite par l’Inspecteur général de la Santé, elle comprenait également le Directeur régional de la Santé ainsi que le quatrième vice-président du Conseil régional de l’Agnéby-Tiassa.
Les enquêteurs ont rencontré les sages-femmes de garde, les médecins du service de gynécologie-obstétrique, les proches de la défunte ainsi que les responsables de sa communauté afin de reconstituer le déroulement des faits. Au cours des échanges, la famille de Mariam Diallo a dénoncé ce qu’elle considère comme des dysfonctionnements dans l’organisation des soins, estimant qu’un établissement doté d’un plateau technique moderne aurait dû être en mesure de gérer une telle urgence.
À l’issue de cette première mission, l’Inspecteur général de la Santé a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative et assuré que des sanctions seraient prises contre tout agent dont la responsabilité serait établie. En attendant les conclusions de cette procédure, le ministère a décidé de rembourser l’ensemble des dépenses engagées par la famille, notamment les frais médicaux, le transport et les coûts liés à la conservation du corps.
Au nom de la famille, Zoumana Mory Cissé a salué cette initiative des autorités sanitaires, tout en appelant à une amélioration durable de la qualité des soins et de la disponibilité du personnel médical afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.
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