L’enquête ouverte après les démolitions survenues le 3 juin 2026 au quartier Campement, dans la commune de Koumassi, franchit une nouvelle étape. Face à la presse, mercredi 16 septembre, le procureur de la République, Braman Koné, a présenté les avancées de l’information judiciaire et livré plusieurs éléments sur les circonstances des faits.
La conférence de presse s’est tenue au tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau. Selon le procureur, l’information judiciaire ouverte depuis le 10 juin se poursuit et plusieurs personnes susceptibles de contribuer à la manifestation de la vérité ont déjà été entendues.
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Plusieurs personnalités auditionnées
Parmi les personnes entendues figurent notamment le ministre, gouverneur du District autonome d’Abidjan, le député de Gouméré/Tabagne ainsi que le maire de Koumassi. Braman Koné a expliqué que ces auditions, combinées à l’exploitation des différents éléments recueillis au cours de l’enquête, ont permis de mieux cerner « les implications des uns et des autres en dehors de celles de Monsieur Alloui Brou Jacques ».
« Les auditions des personnes susmentionnées et l’exploitation de divers éléments recueillis ont permis à l’enquête de mieux cerner les implications des uns et des autres en dehors de celles de Monsieur Alloui Brou Jacques. Les auditions se poursuivent », a-t-il déclaré.
Le procureur a également révélé qu’une requête lui avait été adressée par Madame le Doyen des Juges d’Instruction. Celle-ci vise à saisir Madame le Procureur Général près la Cour d’Appel d’Abidjan afin de solliciter la saisine du Bureau de l’Assemblée nationale pour autoriser d’éventuelles poursuites contre le député mis en cause.
Sur ce point, Braman Koné a affirmé que « assez d’éléments sérieux et concordants contre le député sont disponibles ».
Alloui Brou Jacques placé sous mandat de dépôt
Revenant sur les suites judiciaires des démolitions, le procureur a rappelé qu’Alloui Brou Jacques avait été placé sous mandat de dépôt après avoir revendiqué, dans une déclaration largement diffusée sur les réseaux sociaux, la responsabilité des faits. L’intéressé s’était notamment prévalu d’une décision de justice pour justifier son intervention. Mais, selon les vérifications effectuées par le parquet, cette décision ne permettait pas de procéder aux démolitions des constructions concernées.
« Les vérifications faites par nos soins ont permis d’établir que la décision de justice dont se prévalait Monsieur Alloui Brou Jacques n’autorisait aucune démolition des constructions », a expliqué Braman Koné.
Le magistrat a précisé que deux demandes avaient été formulées devant le tribunal : l’une portant sur le déguerpissement et l’autre sur la démolition des habitations du quartier Koumassi Campement revendiquées par Alloui Brou Jacques. Selon le procureur, le tribunal n’avait finalement autorisé que le déguerpissement de cinq habitations, « sans démolition ».
Une zone de 6,8 hectares et 250 lots concernés
La conférence de presse a également permis de préciser l’étendue du périmètre touché par les démolitions. Selon les données communiquées par le procureur de la République, la zone concernée couvre une superficie totale de 6,8 hectares et comprend 250 lots répartis sur sept îlots.
Le périmètre compte notamment 28 parcelles détenues en pleine propriété avec Arrêté de concession définitive (ACD), quatre parcelles détenues en pleine propriété avec certificat de mutation de propriété foncière et huit parcelles disposant d’un titre foncier au nom de l’État.
À cet ensemble s’ajoutent cinq parcelles dont les dossiers de morcellement sont encore en cours de traitement, ainsi que 205 parcelles dépourvues de titre foncier. Alors que l’information judiciaire se poursuit, le procureur a indiqué que le site concerné avait fait l’objet d’une mesure de conservation judiciaire.
« Le site concerné a été placé sous main de justice, jusqu’à nouvel ordre, par réquisition judiciaire », a précisé Braman Koné.
L’enquête se poursuit donc afin de déterminer les responsabilités et de faire toute la lumière sur les circonstances des démolitions intervenues le 3 juin au quartier Campement, à Koumassi.
Consulter l’intégralité du communiqué via ce lien suivant : PROPOS LIMINAIRE DU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE TRIBUNAL DE PREMIERE INSTANCE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA CONFERENCE DE PRESSE

