La démolition d’aménagements de la Promenade lagunaire du Plateau, dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 septembre 2026, ouvre un nouveau front entre la mairie du Plateau et le District autonome d’Abidjan. Dans un communiqué publié le 14 septembre, le Conseil municipal, conduit par l’Honorable Jacques Gabriel EHOUO, dénonce une opération menée par les services du District sur la berge située entre les ponts Félix Houphouët-Boigny et Général de Gaulle.
Au-delà du différend institutionnel, la mairie met surtout en avant les conséquences économiques de cette opération. Selon elle, les installations détruites s’inscrivent dans un programme d’aménagement financé intégralement par le budget communal et destiné à créer un espace de loisirs et d’activités au cœur du Plateau.
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Des investissements communaux au cœur du différend
La mairie rejette la qualification de « désordre urbain » attribuée à la Promenade lagunaire. Elle présente au contraire cet espace comme un pôle de vie et de loisirs développé dans le cadre de la vision Smart Plateau.
Le projet comprend notamment Oxy Park I, un espace de 2 550 m² achevé à 100 %. Il dispose d’une aire de jeux pour enfants, d’un espace de restauration ainsi que d’une salle panoramique R+1 comprenant une salle de mariage et événementielle au rez-de-chaussée et un restaurant lounge à l’étage, avec une vue directe sur la lagune Ébrié.
À proximité, Oxy Park II, d’une superficie de 1 920 m², était encore en construction. Son food court, composé de douze box de restauration, affichait un taux d’avancement de 90%.
C’est précisément sur les aménagements d’Oxy Park II que la mairie concentre une partie de ses interrogations. Le Conseil municipal affirme que ces installations ont été réalisées dans le respect des normes d’urbanisme et s’interroge sur les raisons ayant conduit à leur démolition durant la nuit. La présence d’engins sur le site fait également craindre à la municipalité une poursuite des destructions sur les autres équipements de la Promenade lagunaire.
Le projet prévoit notamment un Plateau Arena Outdoor de 2 000 m², destiné à accueillir des terrains multisports sur pilotis, football synthétique, basketball et padel, ainsi qu’un skatepark, un sprayville et une marina. Un Mini-Golf Urbain de 2 128 m² et un espace de fitness en plein air doivent également compléter l’ensemble.
La mairie dénonce une absence de concertation
Dans son communiqué, la municipalité estime que l’opération révèle un conflit de compétences entre le District autonome d’Abidjan et les communes. Elle rappelle que, selon sa position, le District ne dispose pas d’une autorité de tutelle sur les communes et que ses interventions doivent être menées en concertation avec celles-ci, dans le respect des compétences attribuées à chaque collectivité.
La mairie affirme par ailleurs avoir elle-même engagé des démarches auprès du ministère des Transports et des Affaires maritimes ainsi que de la société Aqualines pour assainir le site et poursuivre l’aménagement de la Promenade lagunaire, dans le respect des procédures. Elle indique également que le Premier responsable du District avait rassuré le maire Jacques Gabriel EHOUO, le 10 septembre 2026, qu’aucune installation aménagée ou en cours d’aménagement ne serait touchée.
Pour la mairie du Plateau, la destruction des installations ne constitue pas seulement un différend administratif. Elle représente également une perte pour l’investissement public.
Le Conseil municipal affirme que les aménagements détruits, financés par les ressources de la commune, représentent plusieurs centaines de millions de francs CFA. Leur démolition aurait ainsi pour conséquence d’anéantir une partie des investissements engagés pour développer cet espace. La municipalité estime également que ces équipements contribuent à dynamiser l’économie circulaire et regrette que leur destruction prive les populations d’infrastructures modernes, accessibles et attendues.
La mairie rappelle un précédent datant de 2021
Le Plateau affirme avoir déjà été confronté à une situation similaire. En 2021, un espace entièrement aménagé par la commune, situé face à la Cathédrale Saint-Paul, aurait été démoli de nuit, sans concertation avec les autorités municipales. Dans son communiqué, la mairie évoque également des situations similaires à Port-Bouët, Adjamé, Cocody et Yopougon, qu’elle présente comme autant de manifestations d’une ingérence croissante.
Trois demandes pour préserver les investissements communaux
Face à cette situation, l’Honorable Jacques Gabriel EHOUO et son Conseil municipal formulent trois principales recommandations : l’arrêt immédiat des actions unilatérales portant atteinte aux compétences et aux investissements des communes, l’ouverture d’un dialogue institutionnel fondé sur la complémentarité entre le District et les communes, ainsi que l’intervention des autorités compétentes.
La mairie demande notamment que cesse ce qu’elle décrit comme une utilisation du prétexte de l’ordre urbain pour s’approprier certains espaces publics relevant des collectivités locales.
Le Conseil municipal assure enfin vouloir poursuivre la défense des intérêts des habitants du Plateau et la protection des investissements publics réalisés pour améliorer leur cadre de vie.

