Cacao à 1 200 FCFA : Ahoua Don Mello critique le modèle ivoirien et appelle à « changer de modèle »

La polémique autour du prix bord champ du cacao fixé à 1 200 FCFA le kilogramme pour la campagne principale…

La polémique autour du prix bord champ du cacao fixé à 1 200 FCFA le kilogramme pour la campagne principale 2026-2027 prend une nouvelle dimension politique. Dans une récente publication faite sur Facebook, l’opposant ivoirien Ahoua Don Mello critique vivement la décision du gouvernement et élargit le débat aux faiblesses structurelles du système de commercialisation du cacao en Côte d’Ivoire.

Pour le technocrate, la controverse ne se limite pas au niveau de rémunération annoncé pour les producteurs. Elle pose également la question de l’efficacité des mécanismes mis en place pour protéger la filière contre les fluctuations du marché international.

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De 2 800 à 1 200 FCFA, une baisse qui fait débat

Ahoua Don Mello estime que le niveau retenu pour la campagne 2026-2027 est particulièrement difficile à accepter après le prix record de 2 800 FCFA le kilogramme fixé pour la campagne principale 2025-2026. L’opposant souligne ainsi le contraste entre les deux niveaux de rémunération, dans un contexte marqué par d’importantes fluctuations des cours internationaux du cacao.

Alors que des producteurs dénoncent « un prix honteux » pour la Côte d’Ivoire, l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) défend de son côté un prix qui tient compte, selon elle, des « contingences internationales ». Mais pour Ahoua Don Mello, l’évolution des cours mondiaux ne suffit pas à expliquer la situation actuelle. Le débat doit également porter, selon lui, sur le fonctionnement du mécanisme de stabilisation destiné à protéger les producteurs lorsque le marché se retourne.

L’opposant s’interroge notamment sur le fonds de réserve, conçu pour contribuer à amortir les effets de la volatilité des cours. Selon lui, les ressources accumulées durant les périodes plus favorables auraient dû permettre de mieux accompagner les producteurs confrontés à la baisse actuelle du prix.

Dans sa contribution, il réclame davantage de transparence sur la gestion de ce fonds et appelle à la réalisation d’un audit. Il questionne notamment la destination des ressources constituées ainsi que leur capacité à soutenir concrètement les planteurs.

Cette demande intervient alors que la filière est également confrontée à des difficultés d’écoulement. Depuis le début de l’année 2026, des producteurs et des coopératives, notamment dans l’Est du pays, ont fait état de stocks de fèves difficiles à vendre.

Le risque d’une progression de la contrebande

Pour Ahoua Don Mello, ces difficultés pourraient également favoriser le développement de la contrebande transfrontalière. L’écart de rémunération avec le Ghana pourrait, selon lui, encourager certains opérateurs à détourner les fèves des circuits officiels.

L’opposant y voit la manifestation d’un déséquilibre que les mécanismes actuels de régulation ne parviennent plus à contenir. Il préconise notamment d’utiliser les ressources disponibles pour améliorer la rémunération des producteurs et limiter ainsi les incitations à faire sortir clandestinement les fèves du pays.

Au-delà de la controverse suscitée par le prix de 1 200 FCFA, Ahoua Don Mello plaide pour une évolution plus profonde du modèle économique de la filière. Son constat repose sur une réalité : la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, tandis qu’une part importante de la valeur ajoutée est créée en dehors du pays.

Dans cette perspective, la transformation locale constitue à ses yeux un levier majeur. Les autorités ivoiriennes affichent l’ambition de parvenir à transformer 100 % de la production nationale d’ici à 2030.

Vers un nouveau statut pour les planteurs

Pour l’opposant, cette ambition doit toutefois s’accompagner d’une évolution de la place accordée aux producteurs dans la chaîne de valeur. Les planteurs ne devraient plus être considérés uniquement comme des producteurs de fèves. Ahoua Don Mello souhaite qu’ils puissent être reconnus comme de véritables entrepreneurs agricoles, avec une participation plus importante à la création et au partage de la valeur générée par la filière cacao.

LIRE AUSSI : Cacao en Côte d’Ivoire : 7 organisations jugent insuffisant le prix fixé à 1 200 FCFA et réclament des mesures d’urgence



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