Orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire : le PPA-CI dénonce une lutte « circonstancielle » du pouvoir

Les déclarations d’Amadou Coulibaly sur l’orpaillage clandestin ont suscité une réaction du PPA-CI. Le parti de Laurent Gbagbo conteste l’appel…

Les déclarations d’Amadou Coulibaly sur l’orpaillage clandestin ont suscité une réaction du PPA-CI. Le parti de Laurent Gbagbo conteste l’appel du porte-parole du gouvernement à une responsabilité collective face à l’ampleur du phénomène en Côte d’Ivoire.

Pour le parti d’opposition, l’orpaillage illégal ne peut être réduit à une responsabilité partagée entre les différents acteurs. Justin Katinan Koné, quatrième vice-président du PPA-CI et ancien ministre du Budget, estime que le phénomène trouve ses racines dans le système politique et économique issu du RDR, devenu RHDP.

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Le PPA-CI remonte aux origines de l’orpaillage clandestin

Lors d’une tribune consacrée à l’orpaillage illégal, jeudi 3 septembre 2026 au siège du PPA-CI à Abidjan, Justin Katinan Koné a réfuté l’idée selon laquelle l’ampleur du phénomène résulterait uniquement de complicités à plusieurs niveaux. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, avait notamment souligné que la circulation d’excavatrices, de motopompes et d’autres équipements lourds impliquait nécessairement des complicités à différents échelons.

Une interprétation rejetée par le PPA-CI. Selon Justin Katinan Koné, l’orpaillage clandestin serait lié à la rébellion et à son implantation dans certaines zones du pays.

« L’orpaillage illégal […] est né de la rébellion, conduite par la branche armée du RDR », affirme-t-il, estimant que le phénomène s’est ensuite étendu après l’arrivée au pouvoir du RHDP en 2011.

Pour soutenir son analyse, le responsable du PPA-CI s’appuie sur plusieurs références historiques et documentaires. Il cite notamment des rapports des Nations unies couvrant la période 2002-2011, qui feraient état d’un trafic aurifère évalué entre 23 et 25 millions de dollars par an dans les zones contrôlées par la rébellion.

Le parti évoque également l’ouvrage du colonel français Georges Neyrac, Ivoire nue, publié en 2005, consacré notamment à la contrebande d’or vers le Mali et le Burkina Faso. Des études académiques sont aussi citées pour situer les premiers foyers de l’activité dans des localités frontalières alors administrées par l’ex-rébellion.

Des opérations de répression jugées insuffisantes

Le PPA-CI ne nie pas les opérations conduites par les autorités pour lutter contre l’orpaillage clandestin. Le parti reprend notamment les chiffres faisant état de plus de 8 500 sites démantelés, de 4 474 personnes déférées depuis 2021 et de plus de 960 millions de FCFA saisis. Pour Justin Katinan Koné, ces opérations ne s’attaquent toutefois pas suffisamment aux mécanismes économiques qui permettent au phénomène de perdurer.

« On ne combat pas efficacement un mauvais arbre en ne s’attaquant seulement qu’aux feuilles », affirme-t-il. Il ajoute : « Tant que l’orpaillage rapporte plus en un jour que l’école en dix ans, la répression échouera ».

Le PPA-CI propose de cibler les réseaux économiques
Face à cette situation, le parti préconise une approche davantage centrée sur les acteurs qui structurent et financent l’activité. Il propose notamment de cibler les organisateurs, les financiers, les fournisseurs d’équipements, les acheteurs et les bénéficiaires. Le PPA-CI plaide également pour un renforcement du renseignement économique, du contrôle des équipements lourds, des comptoirs et des flux financiers.

Parmi les autres mesures avancées figurent une cartographie nationale des sites d’orpaillage ainsi que la mise en place d’alternatives économiques pour les populations qui dépendent de cette activité.

Le GAFI au cœur des critiques du parti
Pour Justin Katinan Koné, l’intensification de la communication autour des opérations de lutte contre l’orpaillage clandestin répondrait principalement à un objectif : rassurer les évaluateurs du Groupe d’action financière (GAFI). La Côte d’Ivoire cherche à sortir de la « liste grise » de l’organisation lors de son assemblée prévue en octobre 2026 à Paris, selon le responsable du PPA-CI.

« La lutte n’est donc pas structurelle. Elle est circonstancielle », accuse-t-il, estimant que les actions engagées par les autorités ne s’attaquent pas suffisamment aux causes profondes du phénomène.



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