L’association Stop au Chat Noir, engagée dans la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, dit avoir pris connaissance avec indignation de propos tenus publiquement par Apoutchou National lors d’un live diffusé sur TikTok.
Dans un extrait largement relayé sur les réseaux sociaux, la personnalité publique raconte notamment des comportements à caractère sexuel envers des employées de maison. Il tient également des propos présentant le refus d’une femme comme pouvant signifier son consentement. Apoutchou National évoque par ailleurs le fait d’avoir « fait les chats noirs », sur le ton de l’anecdote et de la plaisanterie.
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« Le chat noir n’est pas une plaisanterie »
Face à ces déclarations, Stop au Chat Noir condamne avec la plus grande fermeté ce qu’elle considère comme une banalisation des violences sexuelles. L’association rappelle que le « chat noir » désigne communément une pratique consistant à profiter du sommeil d’une personne pour lui imposer des actes sexuels sans son consentement.
Elle insiste sur un principe central, « Un refus n’est pas un consentement. » Selon l’organisation, le silence, l’immobilité ou l’absence de réaction ne valent également jamais consentement. C’est précisément pour lutter contre la banalisation de ces violences que l’association porte le nom de Stop au Chat Noir.
Une dénonciation de la « culture du viol »
Dans son communiqué, l’association estime qu’entendre une personnalité publique disposant d’une importante audience évoquer de tels comportements avec légèreté participe à ce qu’elle qualifie de « culture du viol ». Selon Stop au Chat Noir, ces discours brouillent la notion de consentement, tournent les violences sexuelles en dérision et contribuent à normaliser des comportements portant atteinte à l’intégrité et à la dignité des femmes.
L’association rejette également l’idée que la présentation de tels comportements comme des expériences ordinaires, voire comme quelque chose que « tout le monde » aurait fait, puisse les rendre normaux ou acceptables.
Trois organisations annoncent saisir les autorités
Au regard de la gravité qu’elles attribuent aux propos tenus et à leur diffusion publique, Stop au Chat Noir, La Ligue et la Coalition des Organisations et Militantes Féministes de CI (Comfeministeci) annoncent avoir décidé de saisir les autorités compétentes. Les trois organisations indiquent vouloir engager les démarches appropriées afin que les faits et déclarations concernés soient examinés et que les suites prévues par la loi puissent être données.
Cette démarche, précisent-elles, dépasse la seule personne d’Apoutchou National. Elle vise à porter un message qu’elles jugent essentiel : « Stop au Chat Noir et à sa banalisation. » Les organisations appellent également les personnalités publiques, les créateurs et créatrices de contenus, les médias et les plateformes à mesurer leur responsabilité lorsqu’ils prennent la parole sur les violences sexuelles. Elles soulignent qu’une audience importante implique également une responsabilité importante.
« Le consentement ne se suppose pas »
En conclusion de leur communiqué, les organisations réaffirment leur position sur la question du consentement : « Le consentement ne se suppose pas. Le consentement ne s’arrache pas. Et une personne qui dort ne consent pas. »


