L’orpaillage clandestin poursuit son expansion en Côte d’Ivoire malgré les opérations de démantèlement menées depuis plusieurs années. Dans une prise de position publiée le 19 août 2026, Ahoua Don Mello estime que le phénomène s’est profondément transformé et appelle désormais l’État à s’attaquer aux réseaux qui financent et structurent cette activité, qu’il qualifie de « mafia de l’or ».
Les chiffres communiqués par les autorités illustrent l’ampleur du phénomène. Entre 2021 et le premier semestre 2026, le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI) a procédé au déguerpissement de plus de 8 500 sites et déféré 4 474 personnes devant la justice, dont 65 % de ressortissants étrangers.
Les opérations ont également permis de saisir plus de 960 millions de FCFA et environ 136 kilogrammes d’or. Malgré cette mobilisation, le Conseil national de sécurité a constaté la persistance, voire l’extension, de l’orpaillage clandestin sur le territoire national.
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Pour Ahoua Don Mello, ces résultats traduisent surtout les limites d’une stratégie centrée sur les sites d’exploitation et les personnes qui y sont directement présentes. Selon lui, l’activité ne relève désormais plus d’une simple exploitation artisanale destinée à la subsistance, mais s’apparente à des réseaux de criminalité organisée.
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Les commanditaires et les circuits financiers ciblés
La transformation de l’orpaillage clandestin s’accompagne d’une professionnalisation des moyens utilisés. Dans les zones rurales, l’exploitation mobilise notamment des engins lourds, des motopompes et des produits chimiques, nécessitant des capitaux, des équipements, des acheteurs et des circuits de commercialisation.
C’est cette organisation en amont que l’ancien ministre souhaite voir davantage ciblée. À ses yeux, les opérations ponctuelles de déguerpissement ne permettent pas de s’attaquer durablement au phénomène.
« L’État doit mettre en œuvre une réponse globale, ferme et structurée, en s’attaquant directement aux commanditaires et aux circuits financiers qui soutiennent ces réseaux criminels », demande Ahoua Don Mello.
Cette position intervient alors que le Conseil national de sécurité a également appelé à renforcer la réponse de l’État. Le chef de l’État a notamment demandé au gouvernement de mieux responsabiliser les autorités administratives, traditionnelles et coutumières, ainsi que les forces de défense et de sécurité.
Un coût environnemental et agricole important
Au-delà des enjeux sécuritaires, l’ancien ministre alerte sur les conséquences environnementales de l’orpaillage clandestin. Il pointe notamment l’utilisation incontrôlée du mercure et du cyanure, la pollution des cours d’eau et des nappes phréatiques ainsi que la déforestation.
Les terres agricoles sont également exposées, avec des conséquences potentielles sur les activités rurales et la souveraineté alimentaire. Le gouvernement a lui aussi relevé ces impacts. Lors d’une campagne de sensibilisation menée en juin à Séguéla, le ministère des Mines a évoqué la dégradation des terres agricoles, la pollution des sols et des cours d’eau, mais également l’insécurité et les conflits fonciers.
Face à l’ampleur des dégradations, les initiatives ne se limitent plus au démantèlement des sites clandestins. En mai, l’Abidjan Legacy Program et l’ONG AEIE ont lancé une initiative consacrée à la cartographie et à la réhabilitation des terres dégradées par l’orpaillage à Bouaflé.
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Pour Ahoua Don Mello, la réponse doit également intégrer une dimension économique. Il appelle à offrir de véritables perspectives d’insertion économique, professionnelle et agricole à la jeunesse rurale afin de la détourner durablement des circuits clandestins. La protection des terres et des ressources nationales doit ainsi, selon lui, devenir une priorité, tout en permettant aux populations rurales de contribuer au développement de leurs territoires.



