Politique




Côte d’Ivoire : après la suppression des 12 districts, le PPA-CI réclame des comptes

Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) entend faire de la décentralisation un levier du développement économique local. Réuni ce…

Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) entend faire de la décentralisation un levier du développement économique local. Réuni ce mardi 18 août 2026 à son siège de Riviera-Bonoumin, à l’occasion de la 50ᵉ édition de la Tribune du Parti, la formation de Laurent Gbagbo a présenté le sixième pilier de son Pacte social, consacré à la « décentralisation et au développement local ».

Présentant ce nouveau pilier, Ouallo Jean-Luc, secrétaire général adjoint chargé de la décentralisation et du développement local, a particulièrement questionné les choix territoriaux opérés depuis 2001. Le responsable du PPA-CI s’est notamment attardé sur le bilan des douze districts autonomes créés en 2021 et supprimés en 2026.

Institués par le décret n°2021-276 du 9 juin 2021, ces districts concernaient le Bas-Sassandra, la Comoé, le Denguélé, le Gôh-Djiboua, les Lacs, les Lagunes, les Montagnes, la Sassandra-Marahoué, les Savanes, la Vallée du Bandama, le Woroba et le Zanzan. Ils s’ajoutaient aux districts autonomes d’Abidjan et de Yamoussoukro.

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« À quoi ont servi ces différents districts ? »

Cinq ans après leur mise en place, ces structures ont été supprimées. Le décret n°2026-05/2 du 7 janvier 2026 a abrogé le texte de 2021, entraînant la suppression des douze districts concernés. Le transfert de leur personnel et de leur patrimoine vers les circonscriptions administratives et les collectivités territoriales doit être précisé par arrêté du Premier ministre. Pour le PPA-CI, cette suppression pose désormais la question du bilan de ces structures.

« À quoi ont servi ces différents districts ?

Quelles ont été les réalisations dans les différents districts durant leur période d’exercice ?

À quoi ont servi les différents budgets alloués ? », interroge Ouallo Jean-Luc.

Le parti avance une estimation de près de 60 milliards de FCFA consacrés au fonctionnement des douze districts sur cinq ans, soit environ un milliard de FCFA par district et par an. Il réclame toutefois que les montants effectivement alloués ainsi que leur utilisation soient établis.

 

Le PPA-CI questionne la multiplication des autorités locales

La formation politique soulève également la question de la coexistence de plusieurs autorités sur le territoire. Le PPA-CI cite notamment les vice-gouverneurs, préfets, présidents de conseils régionaux et maires. Le parti s’interroge ainsi sur la finalité de ces différentes structures et demande notamment si elles ont été mises en place « pour servir les populations ou pour récompenser des personnalités ».

Autre dossier remis sur la table est celui du transfert de la capitale politique à Yamoussoukro. Le PPA-CI déplore l’arrêt du Programme spécial de transfert de la capitale et estime que sa poursuite aurait pu favoriser une meilleure répartition des activités et des investissements sur le territoire.

Pour répondre aux difficultés identifiées, le PPA-CI propose d’abord une clarification des compétences entre l’État, les régions et les communes. Le parti préconise également des transferts financiers plus prévisibles, une meilleure mobilisation des recettes locales et une professionnalisation des administrations territoriales.

La formation politique veut par ailleurs s’appuyer sur la digitalisation du recouvrement, les partenariats public-privé, l’intercommunalité et une participation accrue des citoyens.

 

Un système pour suivre les budgets et les projets

Le PPA-CI propose enfin la mise en place d’un système d’information territoriale destiné à suivre les budgets, les investissements, les marchés publics et les projets réalisés dans chaque territoire.

Avec ces propositions, le parti veut faire des territoires un moteur du développement national. Agriculture, pêche, élevage, tourisme, artisanat, commerce et économie numérique sont présentés comme autant de secteurs susceptibles de favoriser la création d’emplois et de revenus au niveau local.

« Aucune compétence sans ressources correspondantes. La décentralisation ne saurait être réduite à une simple organisation administrative. Le développement doit partir des territoires et bénéficier aux territoires », a déclaré Ouallo Jean-Luc.



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