Le prix de 1 200 FCFA le kilogramme de cacao pour la campagne 2026-2027 continue de susciter des réactions au sein de la filière. À la clôture des Journées nationales du cacao et du chocolat (JNCC), jeudi 3 septembre à Abidjan, le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a défendu le niveau fixé par le gouvernement et appelé les producteurs à privilégier l’apaisement.
Trois jours après l’annonce du nouveau tarif, le ministre a reconnu que certains producteurs espéraient un prix plus élevé. Il a toutefois assumé le choix effectué par les autorités, au nom de la stabilité des revenus et de la pérennité de la filière.
« Certains auraient voulu des prix plus élevés, ce qui est tout à fait légitime. Mais nous avons fait le choix de la vérité. Nous avons fait le choix de la responsabilité », a déclaré Bruno Nabagné Koné lors de la cérémonie de clôture de la 10e édition des JNCC, au Parc des expositions d’Abidjan.
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La contestation s’intensifie dans la filière
La fixation du prix à 1 200 FCFA intervient dans un contexte de tensions entre les producteurs et les autorités. Le Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI) a notamment déposé, mercredi, un préavis de grève illimitée. Le syndicat réclame notamment une prise en charge des stocks résiduels de la précédente campagne ainsi qu’une révision de la gestion de la filière. En l’absence de réponse du gouvernement, il prévoit de suspendre la commercialisation du cacao à partir du 16 septembre.
Sans nommer directement le syndicat à l’origine de cette initiative, Bruno Koné a appelé les différents acteurs à éviter l’escalade et à privilégier le dialogue. Pour défendre le niveau de 1 200 FCFA, le ministre a expliqué que sa fixation tient compte de l’évolution du marché international ainsi que des ventes de cacao réalisées par anticipation par le Conseil du Café-Cacao.
Le nouveau tarif marque toutefois une nette baisse par rapport aux 2 800 FCFA le kilogramme fixés au début de la campagne principale 2025-2026. Ce niveau avait été suivi de difficultés de commercialisation lorsque les cours internationaux avaient changé de tendance, entraînant l’accumulation de stocks de fèves dans les entrepôts.
Bruno Koné a assuré que le prix annoncé pour la campagne 2026-2027 serait effectivement appliqué. Il a précisé que cette mise en œuvre passerait notamment par la carte du producteur.
Le gouvernement promet davantage de pédagogie
Face aux incompréhensions autour du mécanisme de fixation du prix, le ministre estime que celui-ci doit être davantage expliqué aux acteurs de la filière.
« Nous devrons, au niveau de la régulation et de l’administration, être plus pédagogues et surtout être plus transparents dans les informations et dans l’action qui est menée », a-t-il déclaré.
Cette volonté de renforcer la pédagogie et la transparence vise à améliorer la compréhension des mécanismes de régulation et des décisions prises au sein de la filière. Alors que les appels à la mobilisation se multiplient, le ministre a surtout insisté sur la nécessité de préserver un climat serein dans la filière.
« Notre secteur a besoin aussi d’apaisement. Notre secteur a besoin de sérénité pour se construire durablement et se fortifier pour être face aux chocs futurs », a-t-il lancé.
Bruno Koné a également invité les producteurs et leurs représentants à se rapprocher des instances de régulation et des organisations qui les représentent officiellement avant de prendre publiquement position. Pour le ministre, les difficultés peuvent être résolues à travers une démarche constructive. « Tout problème peut trouver solution », a-t-il affirmé, appelant les acteurs à privilégier « une attitude constructive qui privilégie l’intérêt général ».
Bruno Koné a enfin appelé les producteurs à se projeter vers la nouvelle campagne après les difficultés rencontrées lors de la précédente.
« Une campagne finie, elle a été difficile. Nous en sommes tous conscients. Mais en même temps, tournons cette page et engageons-nous pleinement dans la nouvelle campagne », a-t-il déclaré.

