Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a appelé le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) à adopter un discours d’apaisement afin de préserver le climat de paix et de stabilité, qu’il considère comme indispensable au développement du pays. S’exprimant en réaction à une récente conférence de presse du parti de Laurent Gbagbo, il a également rejeté les accusations faisant état d’une instrumentalisation des institutions de l’État à des fins de répression.
Amadou Coulibaly a estimé que les déclarations du PPA-CI affirmant que les institutions ivoiriennes seraient devenues des instruments de répression ne résistent pas aux faits.
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« Vous savez, en matière de communication, le message est important, mais celui qui le porte ne l’est pas moins. Je ne veux pas revenir sur le passé douloureux de notre pays, mais certaines personnes sont, de notre point de vue, disqualifiées pour tenir certains propos », a-t-il déclaré. Selon lui, la liberté avec laquelle les responsables du PPA-CI s’expriment démontre au contraire que les libertés publiques sont garanties en Côte d’Ivoire.
« Affirmer que l’État de Côte d’Ivoire a instrumentalisé les institutions pour en faire des outils de répression peut surprendre, lorsqu’on constate la liberté d’expression avec laquelle ceux-là mêmes qui tiennent ces propos s’expriment. » Le porte-parole du gouvernement a ajouté que « les déclarations qu’ils font sont, à elles seules, la preuve qu’aucune institution n’a été transformée en instrument de répression ».
Pour Amadou Coulibaly, les critiques formulées par les responsables du PPA-CI illustrent précisément l’existence d’un espace démocratique.
« Si, comme ils le prétendent, les institutions avaient été transformées en instruments de répression, je ne pense pas qu’ils bénéficieraient d’une telle liberté de ton. Vous pouvez constater que, dans ce pays, la liberté d’expression est assurée et garantie, tout comme la liberté d’opinion. » Il poursuit : « Dans le cas contraire, je ne suis pas certain qu’avec de tels propos, ils seraient encore en liberté. C’est bien la démonstration que chacun peut s’exprimer librement. »
Le ministre a également estimé que certaines accusations relevaient d’une contradiction.
« Lorsque l’on a soi-même été hors-la-loi et que l’on accuse ensuite l’État de Côte d’Ivoire d’agir comme un État hors-la-loi, c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité », a-t-il déclaré.
Au-delà de la polémique politique, Amadou Coulibaly a insisté sur la nécessité de préserver un climat apaisé, qu’il considère essentiel à la cohésion nationale et à la stabilité du pays. « La seule chose que je souhaite demander à nos frères du PPA-CI, puisque c’est d’eux qu’il s’agit et que ces propos ont été tenus lors de l’une de leurs conférences de presse, c’est d’adopter un discours apaisant. »
Le porte-parole du gouvernement a rappelé que la Côte d’Ivoire avait payé un lourd tribut aux crises politiques passées. « La Côte d’Ivoire a trop souffert des divisions. Nous savons tous ce que certains discours et certains actes ont provoqué dans notre pays en 2010 », a-t-il souligné.
« Ne donnez pas raison à ceux qui doutaient de vous »
Amadou Coulibaly est également revenu sur le retour en Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, qu’il présente comme une démarche soutenue par le président de la République afin de renforcer la réconciliation nationale.
« De nombreux Ivoiriens épris de paix ont espéré que leur retour constituerait un gage de réconciliation. Beaucoup ont estimé que la paix ne pouvait se construire sans eux. Le Chef de l’État a tout mis en œuvre pour faciliter leur retour. Il s’est notamment engagé afin que le Président Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé puissent revenir en Côte d’Ivoire, parce que beaucoup d’Ivoiriens considéraient qu’il était important qu’ils participent à la consolidation de la paix. »
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Le ministre a enfin lancé un appel aux dirigeants du PPA-CI.
« Je leur demande aujourd’hui de penser à tous ceux qui ont placé leurs espoirs en eux. Il a rappelé que certains Ivoiriens étaient convaincus que le retour des responsables du PPA-CI contribuerait au renforcement de la paix, tandis que d’autres restaient sceptiques, estimant qu’ils n’avaient pas changé et qu’ils ne changeraient pas.
Et de conclure par un message direct :
« Je leur demande de ne pas donner raison à ceux qui doutaient d’eux. Je leur demande de ne pas décevoir tous les Ivoiriens qui ont espéré que leur retour servirait à consolider durablement la paix dans notre pays. »

