PDCI-RDA : cinq cadres du parti convoqués à la section antiterroriste après ceux du PPA-CI

La procédure judiciaire visant des responsables de l’opposition ivoirienne s’étend au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). Après la convocation…

La procédure judiciaire visant des responsables de l’opposition ivoirienne s’étend au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). Après la convocation de cinq cadres du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), cinq responsables du parti dirigé par Tidjane Thiam sont à leur tour attendus devant la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan.

Les convocations ont été déposées au siège du PDCI-RDA le jeudi 15 octobre 2026. Les cinq personnalités concernées occupent différentes fonctions au sein du parti. Il s’agit de Georges-Philippe Ezaley, vice-coordinateur des activités des vice-présidents, de Roger M’Bia, directeur général du PDCI-RDA, d’Alain Cocauthrey, directeur de cabinet de Tidjane Thiam, de Dia Houphouët, vice-président et membre du secrétariat exécutif, ainsi que de Fian Hervé, membre du bureau politique.

Selon les documents consultés par Linfodrome, les auditions sont programmées à des dates différentes. Roger M’Bia et Alain Cocauthrey sont attendus ce vendredi 16 octobre, Georges-Philippe Ezaley le 19 octobre, Dia Houphouët le 21 octobre et Fian Hervé le 23 octobre. Les convocations consultées ne mentionnent pas les faits précis à l’origine des procédures.

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Des événements de 2025 évoqués par le gouvernement

Cette série de convocations intervient dans un contexte marqué par plusieurs incidents survenus en 2025. Lors du compte rendu du Conseil des ministres du mercredi 14 octobre, le porte-parole du gouvernement a notamment cité une tentative d’incendie visant une installation gazière de FOXTROT à Avagou, près de Jacqueville, des incendies de bus de la Société des transports abidjanais (SOTRA) et la mort d’un gendarme.

« Il a bien fallu des gens qui les ont incités », a-t-il déclaré, évoquant ainsi la possibilité que des personnes aient encouragé ces actes.

Cette déclaration pourrait laisser entrevoir un lien avec les investigations judiciaires en cours, sans que les convocations des cinq cadres du PDCI-RDA permettent, à elles seules, d’établir les faits qui leur seraient éventuellement reprochés.

Le Front commun, un point commun entre plusieurs responsables convoqués

Au-delà de leurs fonctions au sein du PDCI-RDA, plusieurs des responsables concernés ont participé à l’organisation du Front commun, une plateforme réunissant le PDCI-RDA de Tidjane Thiam et le PPA-CI de Laurent Gbagbo.

Les organes de cette coalition avaient été présentés le 16 juillet 2025 à la Maison du PDCI-RDA, à Cocody. Georges-Philippe Ezaley et Alain Cocauthrey figuraient au comité de pilotage, tandis que Roger M’Bia prenait part au dispositif opérationnel. Dia Houphouët était chargé de la mobilisation avec Damana Pickass, et Fian Hervé assurait les questions logistiques avec Dahi Nestor.

La coalition avait alors porté plusieurs revendications dans la perspective de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Elle réclamait notamment la réintégration de personnalités exclues de la liste électorale, parmi lesquelles Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, un audit de cette liste ainsi qu’une réforme de la Commission électorale indépendante (CEI).

Le Front commun avait également organisé des manifestations contre la candidature du président Alassane Ouattara à un quatrième mandat. Les autorités avaient interdit ces rassemblements, invoquant des risques de troubles à l’ordre public. La plateforme avait, de son côté, rejeté les accusations laissant entendre que les deux partis disposaient d’une branche armée.

Après cinq cadres du PPA-CI, cinq responsables du PDCI-RDA dans le viseur judiciaire

Les convocations adressées aux responsables du PDCI-RDA font suite à celles visant cinq cadres du PPA-CI : Daniel Billaud Zéréhoué, Emmanuel Ackah, Koua Justin, Dahi Nestor et Fabrice Lago.

Dans cette même affaire, la section antiterroriste a placé Sébastien Dano Djédjé sous contrôle judiciaire le 12 octobre, après son audition. La direction du PPA-CI affirme que les autorités détiennent plusieurs autres responsables du parti dans le cadre de procédures liées notamment à des accusations de terrorisme et d’atteinte à la sûreté de l’État.

Lors d’une conférence de presse tenue le 15 octobre, le parti de Laurent Gbagbo a dénoncé ce qu’il qualifie de « harcèlement judiciaire » et plaidé pour la reprise d’un dialogue politique inclusif. Au moment de la rédaction de cet article, le PDCI-RDA n’avait pas encore officiellement réagi aux convocations de ses cinq responsables.



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