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Meurtre de Tupac Shakur : Duane « Keffe D » Davis condamné à 40 ans de prison minimum

Près de 30 ans après la mort du rappeur américain Tupac Shakur, la justice a condamné, mardi 13 octobre, Duane…

Près de 30 ans après la mort du rappeur américain Tupac Shakur, la justice a condamné, mardi 13 octobre, Duane « Keffe D » Davis à une peine d’emprisonnement de 40 ans minimum pour avoir commandité son assassinat. Ancienne figure du gang des South Side Compton Crips, l’homme de 63 ans avait été reconnu coupable fin août. Son avocat a annoncé son intention de faire appel.

Le meurtre de Tupac Shakur, survenu dans la nuit du 7 septembre 1996, trouve son origine, selon l’accusation, dans un règlement de comptes entre gangs rivaux. Duane Davis aurait organisé l’assassinat du rappeur pour venger le passage à tabac de son neveu, Orlando Anderson, auquel la star aurait participé quelques heures auparavant à Las Vegas, après avoir assisté à un combat de boxe de Mike Tyson.

Lors du procès, qui s’est étalé sur trois semaines, les débats ont notamment porté sur les éléments relatifs à cette vengeance, tels qu’ils apparaissaient dans les mémoires de l’ancien membre de gang. En prononçant la peine, la juge Carli Kierny a souligné la gravité des faits et leurs conséquences pour les proches de la victime.

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« Vous n’avez pas le droit d’arracher un homme à sa famille. Vous n’avez pas le droit de lui ôter la vie, de lui voler tout son avenir, puis de vous en tirer à bon compte. Surtout quand cet homme s’appelle Tupac Shakur », a-t-elle déclaré « Cela nous a pris 30 ans, mais aujourd’hui, vous allez répondre de vos actes », a-t-elle ajouté.

Un meurtre ancré dans la rivalité entre labels et gangs

À l’époque, Tupac Shakur figurait parmi les grandes icônes du hip-hop californien, notamment grâce à ses titres « California Love » et « All Eyez on Me ». Le rap américain était alors marqué par une rivalité entre Death Row Records, le label de la côte Ouest auquel il était associé, et Bad Boy Records, fondé à New York par P. Diddy.

Cette opposition musicale s’accompagnait de liens avec des gangs rivaux de Los Angeles. Pour assurer leur protection lors de leurs déplacements dans l’Ouest américain, Death Row Records s’appuyait sur Mob Piru, tandis que Bad Boy Records avait recours aux South Side Compton Crips. Selon les procureurs, le passage à tabac d’Orlando Anderson s’inscrivait lui-même dans cette spirale de représailles, à la suite d’un affrontement entre les Crips et Mob Piru survenu quelques semaines auparavant.

L’enquête s’est toutefois heurtée à de nombreuses difficultés. Les enquêteurs n’ont jamais retrouvé la Cadillac blanche d’où provenaient les tirs mortels ni l’arme utilisée. Les autres occupants du véhicule sont également morts progressivement, victimes de la violence des gangs. À 63 ans, Duane Davis est ainsi le dernier membre encore vivant de l’équipage de cette voiture.

Des mémoires qui relancent l’enquête

L’implication de Duane Davis dans l’affaire a longtemps été difficile à établir judiciairement. Dès 2008, il avait reconnu auprès des enquêteurs sa présence dans la Cadillac, mais ces déclarations avaient été faites dans le cadre d’un accord lui accordant une immunité partielle. Elles ne pouvaient donc pas être utilisées contre lui.

Avec les années, l’ancien membre de gang a multiplié les confidences dans les médias, avant de publier, en 2019, un livre contenant des révélations déterminantes pour l’enquête. Dans ses mémoires, il reconnaissait avoir occupé le siège passager de la Cadillac, expliquait que le groupe cherchait à se venger de Tupac et admettait avoir transmis un pistolet aux occupants installés à l’arrière. Il n’avait cependant pas identifié celui qui avait tiré sur le rappeur.

La publication de cet ouvrage a relancé les investigations et conduit à son arrestation en 2023. Le livre est ensuite devenu une pièce centrale de l’accusation au cours du procès.

Mardi, le procureur Marc DiGiacomo a rappelé le passé judiciaire de l’accusé, présenté comme un criminel condamné à cinq reprises et une figure d’un gang violent à Compton. Il a également insisté sur les propres déclarations de Duane Davis, qu’il considère comme celui qui a donné l’ordre de tuer Tupac.

Une défense contestée et un appel annoncé

Durant le procès, Duane Davis a tenté de revenir sur ses déclarations antérieures. Son avocat, Michael Sanft, a notamment soutenu que les mémoires avaient été romancés par le coauteur du livre et que son client se trouvait à Los Angeles le soir du meurtre. Ces arguments n’ont pas convaincu les jurés, qui ont délibéré pendant seulement trois heures avant de conclure à sa culpabilité. Avant même le prononcé de la peine, Michael Sanft avait annoncé que la défense ferait appel de la décision.

La famille de Tupac Shakur a, de son côté, exprimé sa colère face à l’accusé. Devant le tribunal, sa sœur, Sekyiwa Shakur, lui a lancé : « Tu mérites chaque minute, chaque minute de la peine maximale. » Elle l’a ensuite exhorté à mesurer les conséquences de ses actes : « Il est temps de réfléchir à ce que tu as fait à ce monde. »



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