Revue Ivoirienne du 23 octobre : Dialogue politique, tensions au PDCI-RDA et baisse du prix du poisson à la une

La presse ivoirienne de ce vendredi 23 octobre 2026 met en lumière plusieurs sujets d’actualité, entre les propositions de l’opposition en faveur du dialogue politique, les développements judiciaires autour de la direction du PDCI-RDA et l’évolution du prix du poisson.

 

Dialogue politique : l’opposition expose ses propositions et insiste sur la concertation

Le débat politique occupe une place centrale dans les journaux ivoiriens. Dans ses colonnes, Notre Voie met en avant une opposition qui dévoile ses propositions tout en maintenant son appel au dialogue. Pascal Affi N’Guessan exprime son indignation face à la situation du pays, déclarant : « Un Ivoirien digne ne peut pas être fier du spectacle qu’offre le pays ».

De son côté, Assalé Tiémoko, de l’ADCI, défend le principe d’une décision partagée, estimant qu’« un seul acteur ne peut pas décider de tout ». Une position à laquelle Simone Gbagbo, s’exprimant au nom du HCE, apporte une réponse axée sur le fonctionnement des institutions : « C’est parce que les institutions fonctionnent qu’il faut dialoguer ».

La question du contenu des propositions de l’opposition suscite également l’intérêt des rédactions. Le Nouveau Réveil annonce la présentation détaillée des propositions du HCE, de CAP-CI, de l’ADCI et du PPA-CI. Pour sa part, Générations Nouvelles attire l’attention sur les risques d’une élection organisée sans consensus, reprenant ainsi les inquiétudes exprimées par l’opposition.

D’autres journaux privilégient des angles particuliers. Aujourd’hui consacre sa une à Simone Gbagbo et estime que les plans de l’opposition ne changent pas. Le Quotidien d’Abidjan met l’accent sur l’existence d’une proposition commune, tandis que L’Inter présente Simone Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et Assalé Tiémoko comme les figures qui exposent leur projet.

 

Affaire PDCI-RDA : le procès renvoyé au 19 novembre

L’actualité judiciaire constitue un autre axe important de cette revue de presse. L’Inter, Le Nouveau Réveil, Le Matin et Dernière Heure annoncent le renvoi au 19 novembre du procès visant la direction du PDCI-RDA. Dans L’Inter, l’avocat Patrice Gueu alerte sur la situation de ses clients, affirmant : « Mes clients sont menacés… ». De son côté, Dernière Heure évoque de nouveaux éléments concernant Tidjane Thiam et Ezaley. Le Matin élargit son traitement à plusieurs figures politiques, avec une manchette consacrée aux « discours et faits qui accablent Thiam, Gbagbo, Affi… ».

Parallèlement, La Voie originale s’intéresse à la situation de cadres du PPA-CI détenus et malades. Le journal cite notamment Koné Boubakar, Blaise Lasm et Dahi Nestor, mettant ainsi en avant les préoccupations liées à leur état de santé en détention.

LIRE AUSSI : PDCI-RDA : les recours contre Tidjane Thiam renvoyés au 19 novembre après l’ajout d’un troisième dossier

 

Prix du poisson : une baisse annoncée après la grogne des consommateurs

Sur le front social, le prix du poisson retient également l’attention des quotidiens. L’Expression annonce une baisse des prix, tandis que Fraternité Matin précise que le gouvernement a obtenu des commerçants une réduction de 2 500 F CFA sur le carton. Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la hausse antérieure des prix, qui avait provoqué des manifestations de femmes dans plusieurs localités. Soir Info rappelle notamment les mobilisations enregistrées à Abobo, Daloa et Odienné.

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PDCI-RDA : les recours contre Tidjane Thiam renvoyés au 19 novembre après l’ajout d’un troisième dossier

Le contentieux judiciaire autour de la présidence de Tidjane Thiam au Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) connaît un nouveau rebondissement. Réuni le jeudi 22 octobre 2026, le Tribunal de première instance d’Abidjan a renvoyé l’affaire au 19 novembre prochain, après avoir intégré un troisième dossier à la procédure.

Initialement dirigée contre le PDCI-RDA, la procédure prend une nouvelle dimension avec l’ajout d’un dossier visant personnellement Tidjane Thiam. Selon un avocat du parti cité par Radio France internationale (RFI), la juge a décidé de joindre cette troisième affaire aux recours déjà examinés.

Une intervention forcée a également été déposée afin d’intégrer Tidjane Thiam et Georges Philippe Ezaley à la procédure. Cette démarche doit leur permettre de répondre aux assignations qui les concernent, notamment celle visant directement le président du parti.

 

Deux militants contestent le congrès extraordinaire de mai 2025

À l’origine du contentieux, Charles Abié Tchétché, membre du bureau politique, et Antoine Siaba contestent la légalité du 9ᵉ congrès extraordinaire organisé en mai 2025. À l’issue de cette rencontre, Tidjane Thiam avait été reconduit à la tête du PDCI-RDA. Les deux militants demandent l’annulation de ce congrès et la destitution du président du parti. Pour soutenir leur action, ils invoquent plusieurs dispositions des statuts internes de la formation politique.

Ils remettent notamment en cause son éligibilité au moment de sa candidature, en raison de la nationalité française qu’il détenait alors, avant d’y renoncer en mars 2025. Les requérants lui reprochent également de ne pas avoir siégé de manière continue au bureau politique pendant les dix années précédant son élection. En raison de la similitude de leurs arguments, le tribunal avait déjà décidé de réunir les deux premières procédures afin de les examiner conjointement.

L’affaire devait initialement connaître une avancée décisive le 30 juillet 2026. Toutefois, le tribunal avait alors rabattu son délibéré pour rouvrir les débats et examiner les deux dossiers ensemble, avec pour objectif d’éviter des décisions contradictoires. Le renvoi avait ensuite fixé la reprise de l’affaire au 22 octobre. À cette audience, l’intégration d’un troisième dossier a conduit à un nouveau report.

Le prochain rendez-vous judiciaire est désormais fixé au 19 novembre 2026. Cette audience devra permettre la poursuite de l’examen des recours contestant la reconduction de Tidjane Thiam à la présidence du PDCI-RDA, dans une procédure désormais élargie aux responsables directement visés par les nouvelles assignations.

LIRE AUSSI : PDCI-RDA : la justice réexamine l’élection de Tidjane Thiam ce 22 octobre

Décès de Coulibaly Mamadou Gnénéma, ancien ministre de la Justice en Côte d’Ivoire

Coulibaly Mamadou Gnénéma, ancien ministre ivoirien de la Justice et avocat général au parquet général près la Cour de cassation et le Conseil d’État, est décédé à Abidjan dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 octobre 2026, à l’âge de plus de 60 ans.

Il a dirigé le ministère de la Justice de novembre 2012 à janvier 2017, sous la présidence d’Alassane Ouattara, au sein du gouvernement de Daniel Kablan Duncan. Entré au gouvernement le 22 novembre 2012, il a quitté ses fonctions le 12 janvier 2017. Sansan Kambilé lui a succédé à la tête du ministère.

Magistrat de carrière, Coulibaly Mamadou Gnénéma occupait également les fonctions d’avocat général au parquet général près la Cour de cassation et le Conseil d’État, où il était chargé de la section pénale. En 2015, il a été élu président du Conseil des ministres de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA).

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Crise du poisson : le prix du carton de chinchard et de maquereau baisse de 2 500 FCFA après un accord avec le gouvernement

À Abidjan-Plateau, le jeudi 22 octobre 2026, les discussions entre le gouvernement et les acteurs de la filière poisson ont abouti à un accord prévoyant une baisse de 2 500 FCFA sur les cartons de 20 kg de chinchard et de maquereau. Leur prix passe ainsi de 33 000 à 30 500 FCFA.

Pour trouver une issue aux tensions liées aux prix du poisson, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, a réuni les acteurs de la filière autour d’une séance de travail à Abidjan-Plateau. Importateurs, grossistes, demi-grossistes, détaillants et représentants des consommateurs ont pris part aux échanges.

Au terme de cette concertation, les participants ont convenu de ramener le prix du carton de 20 kg de chinchard et de maquereau de 33 000 à 30 500 FCFA, soit une baisse de 2 500 FCFA. Face aux préoccupations exprimées par les commerçantes, le ministre a misé sur le dialogue pour parvenir à une solution immédiate et préserver la paix sociale.

« L’essentiel, c’est de réduire le coût de la vie pour les populations ivoiriennes », a-t-il souligné.

Présentée comme une mesure transitoire, cette réduction fera l’objet d’un dispositif de suivi destiné à vérifier son application à chaque étape de la distribution, jusqu’au consommateur final. Les acteurs de la filière ont salué l’accord obtenu à l’issue des discussions et lancé un appel à la reprise des activités.

Assemblée nationale : 12 projets de loi au programme, les déguerpissements au cœur des débats

La deuxième session ordinaire de l’année s’organise autour de plusieurs dossiers législatifs et sociaux. Le mercredi 21 octobre 2026, à Abidjan, les députés ivoiriens ont validé à l’unanimité le calendrier de leurs travaux, qui prévoit l’examen de 12 projets de loi d’ici au 31 décembre, trois séances d’information, ainsi que cinq propositions de loi et deux demandes de débat consacrées aux opérations de déguerpissement.

Sous la présidence de Patrick Achi, les députés ont approuvé le programme de travail proposé la veille par la Conférence des présidents, fixant ainsi les grandes échéances parlementaires des prochaines semaines.

 

12 projets de loi à examiner d’ici au 31 décembre

Sur les 12 textes inscrits au calendrier, quatre sont des projets de loi ordinaires. Ils portent notamment sur les finances publiques, avec le règlement du budget de l’État pour l’exercice 2025 et le projet de loi de finances relatif au budget de l’État pour 2027. Les huit autres textes concernent la ratification d’ordonnances.

Avant leur examen en séance plénière, les différents textes seront étudiés par les groupes parlementaires du 22 octobre au 3 novembre. Le calendrier adopté pourrait toutefois évoluer pour tenir compte des observations formulées pendant les échanges et intégrer le projet de loi portant Code pénal, évoqué par le président de l’institution.

En complément de ce programme législatif, trois séances d’information sont prévues. Elles porteront notamment sur des questions soulevées par le Médiateur de la République, ainsi que sur le fonctionnement de la Cour des comptes et du Conseil national des droits de l’homme.

Cinq propositions de loi déposées, dont une sur l’aménagement urbain

Au cours de la séance plénière, Patrick Achi a également informé les députés du dépôt de cinq propositions de loi. Parmi elles, celle du député Adja Alain-François porte sur l’aménagement urbain concerté, la prévention des risques, la protection des populations affectées, la résorption de l’habitat précaire et le développement de l’habitat social. Le président de l’Assemblée nationale a précisé que les quatre autres propositions ont été déposées par le député Blessy Jean-Chrysostome, au nom du groupe parlementaire du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA).

Soulignant la portée sociale de certaines de ces initiatives, Patrick Achi a notamment proposé que le texte consacré à l’aménagement urbain soit intégré au calendrier des travaux parlementaires.

 

Déguerpissements de 2024 et 2025 : le PDCI-RDA interpelle le gouvernement

Les opérations de déguerpissement ont constitué un autre point important des échanges. Le président du groupe parlementaire PDCI-RDA, Me Blessy Jean-Chrysostome, a sollicité une question orale avec débat sur les engagements pris par le gouvernement concernant le recasement, l’indemnisation et l’accompagnement social des personnes touchées par les opérations menées en 2024 et 2025.

Patrick Achi a indiqué que cette demande avait été introduite conformément à l’article 120 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Il a également précisé que la question, comme les autres demandes de débat formulées au cours de la séance, avait été transmise au président de la République conformément aux dispositions en vigueur.

Koumassi Campement : une deuxième demande de débat sur les déguerpissements

Une autre initiative parlementaire concerne les opérations de déguerpissement intervenues à Koumassi Campement le 3 juin 2026. Elle a été portée par la députée Adjaratou Traoré, épouse Coulibaly, qui a formulé une seconde demande de débat sur cette question. Devant les parlementaires, Patrick Achi a confirmé la transmission de ces demandes au président de la République, en application de l’alinéa 3 de l’article 120 du règlement intérieur.

Cette procédure ouvre ainsi la voie au traitement institutionnel des préoccupations soulevées par les élus au sujet des opérations de déguerpissement. En clôturant les travaux, le président de l’Assemblée nationale a exhorté les députés à prendre une part active aux activités inscrites au calendrier et à faire des préoccupations des citoyens une priorité des débats parlementaires.

Patrick Achi est également revenu sur les tournées effectuées par les élus à l’issue de la première session ordinaire. Ces déplacements dans les villages, les hameaux, les campements et les villes avaient un double objectif, rendre compte aux populations des travaux réalisés à l’Assemblée nationale et recueillir leurs doléances.

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PDCI-RDA : la justice réexamine l’élection de Tidjane Thiam ce 22 octobre

Trois mois après le report de la décision judiciaire, le dossier de l’élection de Tidjane Thiam à la tête du PDCI-RDA revient devant le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, ce jeudi 22 octobre. Deux militants, Charles Tchétché Abié et Antoine Constant Siaba, contestent la régularité de son accession à la présidence et demandent à la justice de constater la vacance du poste.

L’affaire avait connu un premier rebondissement le 30 juillet dernier. Alors qu’une décision était attendue, le tribunal avait finalement décidé de rabattre son délibéré et de rouvrir les débats afin de joindre les deux procédures engagées contre l’élection de Tidjane Thiam. Les deux actions reposant sur des arguments similaires, leur examen conjoint devait permettre d’éviter des décisions contradictoires.

À l’époque, Me Adjé Luc, avocat du PDCI-RDA, avait salué une démarche relevant de la « bonne administration de la justice ». De son côté, la direction du parti avait appelé ses militants au calme, dans l’attente de la suite de la procédure.

Au cœur du litige, les requérants remettent en cause la régularité du congrès ayant reconduit Tidjane Thiam à la tête de la formation politique. Pour justifier leur démarche, ils mettent en cause son ancienne nationalité française, ses longues absences de Côte d’Ivoire et affirment qu’il dirigeait le parti « par procuration ».

 

Le PDCI-RDA soulève la question de la recevabilité des plaintes

Face aux contestations, le parti oppose un argument préalable, le droit des deux militants à saisir la justice. Blessy Jean-Chrysostome, président du groupe parlementaire du PDCI-RDA, affirme que les plaignants ne sont pas à jour de leurs cotisations et qu’Henri Konan Bédié les a suspendus. Si le tribunal retient ces arguments, il pourrait déclarer leurs actions irrecevables. La question de la qualité des requérants à agir en justice constitue ainsi un enjeu important de cette nouvelle audience.

Me Adjé Luc défend également une conception du rôle de la justice dans les affaires internes des formations politiques. « Le juge n’est pas là pour gérer la vie privée des partis politiques », soutient-il, en contestant l’intervention judiciaire dans ce qu’il considère comme la gestion interne du parti.

Ce dossier s’inscrit dans une série de procédures judiciaires portant sur la présidence du PDCI-RDA. Le 22 mai 2025, le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau avait déjà examiné l’élection de Tidjane Thiam, à la suite d’une plainte introduite par Valérie Yapo. La juridiction avait alors relevé une irrégularité concernant son élection de décembre 2023 à Yamoussoukro. À cette période, Tidjane Thiam possédait encore la nationalité française, une situation incompatible avec les dispositions statutaires du parti. Le tribunal ne l’avait toutefois pas destitué.

Après avoir renoncé à sa nationalité française, l’ancien dirigeant du Credit Suisse avait démissionné de ses fonctions avant de retrouver la présidence du PDCI-RDA le 14 mai 2025. Lors de ce congrès extraordinaire, il avait obtenu 99,77 % des voix.

LIRE AUSSI : Procès contre Tidjane Thiam : le PDCI-RDA s’inquiète du report du verdict au 22 octobre

Revue Ivoirienne du 22 octobre : nouvel organe électoral, vie chère et bataille autour du pacte social de Gbagbo au cœur des journaux

La presse ivoirienne met en lumière plusieurs sujets majeurs notamment les interrogations autour du nouvel organe électoral, la contestation liée à la hausse du coût de la vie, les affrontements politiques autour du pacte social de Laurent Gbagbo et l’attente du PDCI-RDA face à une échéance judiciaire.

Nouvel organe électoral : entre stratégie gouvernementale et interrogations parlementaires

La mise en place du nouvel organe électoral continue d’alimenter les colonnes des journaux. Dans L’Expression, l’accent est mis sur la stratégie du gouvernement, avec cette interrogation : « comment le Gouvernement a évité le piège de l’opposition ». Une lecture qui contraste avec celle du Nouveau Réveil, davantage préoccupé par le parcours institutionnel du texte. Le quotidien relève en effet que le projet ne figure pas au programme de la deuxième session de l’Assemblée nationale et s’interroge sur la possibilité d’une transmission par ordonnance. Dans le même temps, il rapporte que le PDCI-RDA a déposé quatre propositions de loi, une information également relayée par L’Inter.

Sur le front de l’opposition, Notre Voie annonce une prise de parole attendue au cours de la journée. De son côté, L’Inter donne la parole au politologue Geoffroy-J. Kouao, qui décrypte le désaccord entre le pouvoir et ses adversaires et avance une proposition pour tenter de sortir de cette impasse.

Le débat s’étend également au bilan de l’ancienne Commission électorale indépendante (CEI). Générations Nouvelles relaie à ce sujet le diagnostic établi par l’ONG Civis Côte d’Ivoire. Parallèlement, Le Rassemblement met en avant plusieurs dossiers sensibles, l’orpaillage, les déguerpissements et le remblayage, désormais placés sous le regard des députés. Le journal évoque aussi les attentes de Patrick Achi concernant les débats parlementaires.

 

Vie chère : les manifestations des vendeuses de poisson de Daloa font débat

Après Abobo, Daloa s’invite à son tour dans l’actualité sociale. Les manifestations de commerçantes dénonçant la hausse des prix du poisson congelé retiennent l’attention de plusieurs titres. Générations Nouvelles décrit des vendeuses qui protestent bruyamment, tandis que La Voie originale évoque des femmes descendues dans la rue. La lecture politique de cette contestation varie selon les publications. Pour Notre Voie, les protestations illustrent « l’échec de la souveraineté alimentaire du gouvernement RHDP ». Le Nouveau Réveil, pour sa part, inscrit ces événements dans une « vague de manifestations » contre la vie chère.

Cette actualité sociale ne bénéficie toutefois pas de la même visibilité dans l’ensemble de la presse. Les unes de Fraternité Matin, du Patriote, de L’Expression et du Mandat ne mettent pas en avant ces mobilisations. Ce dernier privilégie plutôt une annonce économique : le déblocage de 8 milliards de FCFA destinés à faciliter l’accès des PME aux crédits.

LIRE AUSSI : Daloa : les vendeuses de poisson congelé suspendent leurs activités face à la flambée des prix

 

Pacte social de Laurent Gbagbo : le RHDP et le PPA-CI se livrent bataille

Le pacte social porté par Laurent Gbagbo constitue un autre point de confrontation entre les camps politiques. Les journaux proches du pouvoir donnent une large place aux critiques formulées par les jeunes cadres du RHDP à l’encontre de cette initiative du PPA-CI. Dans Le Patriote, ces derniers dénoncent « un pacte d’illusions ». Le Rassemblement affirme que le RHDP « démonte » le pacte social de Gbagbo, tandis qu’Aujourd’hui met également en avant les attaques des jeunes cadres du parti au pouvoir.

En réponse à ces critiques, Le Quotidien d’Abidjan adopte un angle opposé en publiant le « sévère réquisitoire » de Me Habiba Touré contre la politique sociale du RHDP.

 

PDCI-RDA : l’attente d’une décision judiciaire

L’actualité du PDCI-RDA est également marquée par l’attente d’une échéance judiciaire fixée au 22 octobre. « Que dira la justice ce 22 octobre ? », s’interroge Le Nouveau Réveil, qui place la décision attendue au centre de ses préoccupations. De son côté, Le Jour Plus décrit un parti qui « retient son souffle », soulignant l’importance de cette échéance pour la formation politique. Les deux titres mettent ainsi l’accent sur l’incertitude qui entoure l’issue de cette attente judiciaire.

Dans un autre registre, Dernière Heure revient sur l’hommage rendu mercredi à Émile Constant Bombet par le PDCI-RDA. Le journal précise que les obsèques de l’ancien responsable s’achèveront le 24 octobre à Williamsville.

Daloa : les vendeuses de poisson congelé suspendent leurs activités face à la flambée des prix

Malgré les appels à l’apaisement du préfet du Haut-Sassandra, Yacouba Doumbia, les vendeuses de poisson congelé de Daloa ont décidé de suspendre leurs activités jusqu’à lundi. 

La colère des commerçantes de Daloa ne retombe pas. Réunies autour de leur présidente, Lago Liliane, elles dénoncent une augmentation jugée insoutenable des prix d’approvisionnement, qui menace directement leurs activités commerciales. À titre d’exemple, le prix d’achat du poisson Apolo est passé de 19 000 à 35 000 FCFA, tandis que celui du Sosso a grimpé de 18 000 à 46 000 FCFA.

Avant d’être reçues par le préfet de région, les manifestantes s’en sont prises à des chambres froides, provoquant des actes de vandalisme. Le président des chambres froides du Haut-Sassandra, Aka Marcel, a déploré ces agissements, tout en précisant que la hausse des prix ne relevait pas directement de la responsabilité des opérateurs locaux.

Face à la tension, le préfet Yacouba Doumbia a reçu les commerçantes en présence de l’adjoint au maire, Inza Sylla. Il les a exhortées au calme et à l’apaisement, tout en demandant au directeur régional du Commerce, N’cho Beda Jean, d’enquêter sur l’évolution des prix afin d’en déterminer les causes.

Affaire Zahui : les pasteurs évangéliques annoncent une action en justice contre Maabio après des propos visant le pasteur

L’Association des Pasteurs de Côte d’Ivoire annonce son intention de saisir le procureur de la République à la suite de propos publics qu’elle juge offensants envers des responsables religieux, notamment le pasteur Wilfried Zahui. Dans un communiqué adressé à l’opinion nationale et internationale, l’organisation dénonce la multiplication des attaques visant le corps pastoral et réclame un examen judiciaire des déclarations mises en cause.

Dans son communiqué, l’Association des Pasteurs de Côte d’Ivoire met en cause une personnalité active sur les réseaux sociaux, connue sous le pseudonyme de KWAME YÉLÈNE et également désignée sous le nom de MAABIO. Selon les éléments portés à sa connaissance, cette personne aurait multiplié des interventions publiques comportant des propos jugés offensants à l’égard de plusieurs pasteurs.

Le dernier épisode évoqué par l’organisation se serait produit lors d’une diffusion en direct sur les réseaux sociaux. Au cours de cette intervention, des déclarations considérées comme irrespectueuses auraient visé le pasteur Wilfried Zahui.

Une saisine du procureur pour faire examiner les propos contestés

Face à la répétition présumée de ces incidents, l’association annonce son intention de porter officiellement l’affaire devant le procureur de la République. Elle souhaite ainsi transmettre aux autorités judiciaires les vidéos, les déclarations et les interventions publiques concernées. La démarche vise également à demander aux autorités compétentes d’examiner le caractère éventuellement injurieux ou diffamatoire des propos, ainsi que leur conformité aux dispositions légales applicables.

L’organisation souhaite enfin que les responsabilités éventuelles soient établies dans le respect des procédures judiciaires et des droits de la défense. Elle entend également contribuer à prévenir la répétition de comportements susceptibles de détériorer les relations entre les citoyens et les communautés religieuses. L’association précise qu’elle ne réclame aucun traitement de faveur pour les pasteurs, mais demande que leurs droits soient protégés au même titre que ceux de tous les citoyens.

La laïcité ne doit pas, selon l’association, justifier le mépris des religions

Dans son communiqué, l’Association des Pasteurs de Côte d’Ivoire rappelle que le caractère laïc de l’État ivoirien ne signifie ni le mépris des religions ni l’absence de protection des croyants. Elle insiste sur le respect de la liberté de conscience, de la liberté de religion et du libre exercice du culte, qu’elle considère comme des principes fondamentaux devant s’appliquer quelles que soient les convictions de chacun.

L’organisation souligne également le rôle du corps pastoral dans l’accompagnement spirituel des fidèles, l’éducation morale, la solidarité, la cohésion sociale et la promotion de la paix. À ses yeux, les responsables religieux ne doivent pas devenir des cibles permanentes d’humiliations publiques. Elle rappelle par ailleurs que les communautés évangéliques et protestantes représentent une importante famille spirituelle en Côte d’Ivoire, dont les droits, la dignité et la liberté de culte doivent être préservés.

 

Un avertissement contre les injures et les humiliations publiques

Au-delà de cette affaire, l’association adresse un avertissement aux personnes qui feraient de l’humiliation publique des responsables religieux une pratique répétée. Elle reconnaît le droit de critiquer une religion ou un responsable religieux, mais distingue cette liberté des injures, des menaces et des comportements susceptibles d’être sanctionnés par la loi.

L’organisation prévient qu’elle se réserve le droit d’engager les procédures judiciaires appropriées contre toute personne qui franchirait délibérément les limites légales. Elle appelle également à ne pas instrumentaliser la communauté chrétienne évangélique et protestante, ni à l’entraîner dans des affrontements ou à la présenter comme une adversaire de la République.

Les pasteurs et les fidèles appelés au calme

Malgré la fermeté de sa position, l’Association des Pasteurs de Côte d’Ivoire affirme que sa démarche ne relève ni de la vengeance ni de la haine. Elle assure vouloir défendre la dignité des personnes concernées et les libertés fondamentales par les voies légales. Dans cette optique, elle invite les pasteurs, les responsables d’Églises et les fidèles à garder leur calme, à rejeter toute forme de représailles et à faire confiance aux institutions de la République.

L’organisation réaffirme son attachement à la paix, à la justice, à la cohésion nationale et aux institutions ivoiriennes. Elle défend une société dans laquelle chacun peut exprimer ses opinions, pratiquer librement sa religion et respecter les convictions d’autrui.

En conclusion, l’association insiste sur sa détermination à faire valoir ses droits par les voies légales. Elle prévient que son attachement à la paix ne doit pas être interprété comme une renonciation à ses droits, ni sa patience comme une acceptation des humiliations, rappelant que la justice demeure, selon elle, la voie légitime pour obtenir réparation.

Pasteur Zahui sort du silence : ses excuses à Apoutchou National et son appel au pardon

Le pasteur Zahui a décidé de prendre la parole pour mettre fin à la controverse qui l’implique, ainsi que son fils Apoutchou National, depuis près de 48 heures sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué officiel, il adopte un ton conciliant, présente ses excuses à son fils et appelle ses détracteurs à dépasser les tensions.

Au cœur de sa déclaration, le pasteur tient à clarifier ce qui a provoqué son mécontentement. Il explique que sa réaction ne concernait pas le fait de rencontrer une personne, d’échanger avec elle ou de lui consacrer du temps, mais plutôt la diffusion d’images dont il affirme ne pas avoir autorisé la publication.

Pour lui, les titres, les diplômes et les positions sociales ne doivent jamais prendre le dessus sur les valeurs humaines. Il estime que la grandeur d’une personne se manifeste aussi par sa capacité à traiter les autres avec amour et respect, sans se laisser enfermer dans les considérations de statut. Après les échanges intervenus, il affirme désormais vouloir tourner la page et privilégier l’apaisement.

À Apoutchou National, le pasteur renouvelle son affection et présente ses excuses

Dans son message, le pasteur Zahui s’adresse directement à son fils, Apoutchou National, auquel il réaffirme son attachement. Il dit lui pardonner sincèrement ce qui s’est passé et lui présente ses excuses si certaines de ses réactions ont pu le blesser. Cette démarche marque sa volonté de dépasser le différend et de préserver leur relation, malgré les réactions suscitées par cette affaire sur les plateformes numériques.

Le pasteur ne limite toutefois pas son message à son cercle familial. Il s’adresse également aux personnes qui ont profité de la situation pour le rabaisser, l’humilier ou tenir des propos blessants à son encontre. Malgré ces attaques, il affirme leur pardonner de tout cœur et assure que son amour pour eux demeure intact. Il rappelle ainsi sa volonté de ne pas laisser les critiques et les paroles blessantes compromettre les liens humains.

Le pasteur Zahui exprime également ses regrets à la communauté chrétienne et aux autorités ivoiriennes pour les tensions que cet épisode a pu susciter. Au-delà de la controverse personnelle, son communiqué porte un message de responsabilité et de rassemblement. Il invite chacun à préserver le respect et la dignité, tout en poursuivant ses engagements dans son domaine respectif. Il souligne notamment l’importance de protéger les familles, de mener à bien les projets, d’inspirer la jeunesse et de participer à la construction de la nation. Autant d’objectifs qu’il estime prioritaires face aux divisions et aux polémiques.

En conclusion de son communiqué, le pasteur Zahui affirme clairement son choix : privilégier le pardon à la polémique, l’amour à la rancœur et la paix à la division. Il adresse une bénédiction à Apoutchou National, à ceux qui le soutiennent, à ses critiques et même à ceux qui ont cherché à le blesser. Il appelle chacun à s’élever au-dessus des différends afin de poursuivre le chemin ensemble.

« Le pardon, c’est la force d’un cœur qui refuse de devenir ce qui l’a blessé », conclut-il.