Décès de Fofié Kouakou : Guillaume Soro pleure son « frère » et salue une « fidélité qui n’a jamais vacillé »

Au lendemain de la disparition du colonel-major Fofié Kouakou Martin, Guillaume Kigbafori Soro a livré un message de condoléances empreint d’émotion. L’ancien président de l’Assemblée nationale rend hommage à un officier qu’il présente comme un homme de conviction, de rigueur et de fidélité, avec lequel il dit avoir partagé de nombreuses années.

Dans son message publié à la suite du décès du colonel-major, Guillaume Soro dit avoir appris « avec une immense tristesse » la disparition de celui qui dirigeait la deuxième région militaire de Daloa. Au-delà de ses fonctions militaires, l’ancien chef du Parlement ivoirien insiste sur les qualités humaines de Fofié Kouakou. Il décrit un homme discret, animé par de fortes convictions et dont la rigueur, le courage et l’autorité inspiraient le respect.

Guillaume Soro souligne également sa courtoisie et son attention envers les plus modestes, ainsi que la fidélité dont l’officier aurait fait preuve au fil des années.

 

Une trajectoire liée à l’histoire récente de la Côte d’Ivoire

Dans son hommage, Guillaume Soro revient également sur le parcours militaire du colonel-major Fofié Kouakou, estimant que celui-ci reste étroitement lié à l’histoire récente de la Côte d’Ivoire. L’ancien président de l’Assemblée nationale rappelle que l’officier a servi le pays jusqu’à son dernier commandement à la tête de la deuxième région militaire de Daloa.

Il évoque par ailleurs les années qu’ils auraient traversées ensemble, marquées, selon lui, par des « espoirs et des craintes partagés ». Une période au cours de laquelle, poursuit-il, une fraternité s’est construite autour d’épreuves communes.

Le message insiste particulièrement sur la loyauté du défunt. Guillaume Soro affirme conserver le souvenir d’un homme dont la fidélité « n’a jamais vacillé », y compris dans les périodes difficiles.

« De cette fraternité, je garde le souvenir d’une loyauté qui n’a jamais vacillé, même lorsque cela lui a coûté, même lorsque beaucoup ont préféré prendre leurs distances. C’est l’homme derrière l’uniforme que je retiens surtout aujourd’hui, et cette fidélité-là ne s’oublie pas », a-t-il ajouté, en mettant ainsi l’accent sur la relation personnelle qui les unissait au-delà du parcours militaire de Fofié Kouakou.

 

Des condoléances à la famille et aux frères d’armes

Guillaume Soro adresse ses condoléances à l’épouse du défunt, à ses enfants et à l’ensemble de sa famille. Son message s’adresse également aux frères d’armes du colonel-major au sein de la deuxième région militaire de Daloa ainsi qu’à tous ceux qui l’ont connu et servi à ses côtés.

« À son épouse, à ses enfants, à toute sa famille, à ses frères d’armes de la deuxième région militaire de Daloa, ainsi qu’à tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître et de servir à ses côtés, j’adresse mes condoléances les plus profondes et les plus sincères », écrit-il.

Évoquant sa propre douleur face à cette disparition, il souhaite que les proches du défunt puissent trouver dans le souvenir de l’homme qu’il fut la force nécessaire pour traverser cette épreuve.

En conclusion de son message, Guillaume Soro confie le défunt à la miséricorde divine et lui adresse un dernier hommage : « Adieu, Fofié. Adieu, mon frère. Adieu, mon compagnon de tant d’années. »

LIRE AUSSI : Forces armées de Côte d’Ivoire : décès du colonel-major Fofié Kouakou Martin à 58 ans

DR
© DR

Côte d’Ivoire : le retour du Djidji Ayôkwé placé sous le signe de la cohésion sociale après 110 ans d’absence

Le retour du Djidji Ayôkwé a donné une forte dimension culturelle aux célébrations du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Accueilli vendredi 7 août 2026 à Adjamé-village par la communauté Ébrié, le mythique tambour parleur a été célébré en présence de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, ainsi que de nombreuses autorités et populations.

À la place Akosso Gban Hin, à Adjamé-village, dans la commune d’Adjamé, l’émotion était au rendez-vous pour accueillir le Djidji Ayôkwé. La ministre Françoise Remarck a assisté aux différentes prestations culturelles organisées pour marquer ce retour historique. Une dizaine de groupes traditionnels venus de plusieurs villages ont animé la cérémonie à travers des danses et diverses expressions du patrimoine Ébrié.

 

Un symbole de pardon et de réconciliation

Pour la communauté Ébrié, la restitution du tambour dépasse la seule dimension patrimoniale. Mobio Prospère, secrétaire général de la chefferie Abidjan-Adjamé, a ainsi souhaité que ce retour soit placé sous le signe du pardon, de la cohésion sociale et de la réconciliation.

« Ce retour du Djidji Ayôkwé doit être sous le signe du pardon et de la cohésion sociale », a-t-il déclaré, tout en saluant un événement attendu depuis plusieurs décennies.

Le retour de cet objet emblématique est ainsi présenté comme une occasion de renforcer les liens au sein de la communauté et, plus largement, entre les différentes populations vivant en Côte d’Ivoire. Le Djidji Ayôkwé est un imposant tambour à fente de plus de trois mètres de long, pour un poids estimé à environ 400 kilogrammes.

Issu du peuple Ébrié d’Abidjan, il occupait autrefois une place importante dans la communication entre les villages. Ses sonorités permettaient notamment de transmettre des alertes, des ordres et des messages codés sur de longues distances. Cette fonction stratégique explique notamment pourquoi l’objet avait été confisqué par les autorités coloniales en 1916. Après plus d’un siècle hors de son pays d’origine, le tambour a finalement été restitué à la Côte d’Ivoire le 20 février 2026.

 

Laurent Tchagba salue la restitution

Le conseiller à la présidence de la République, Laurent Tchagba, a rendu hommage aux différents acteurs ayant contribué au retour du Djidji Ayôkwé. Selon lui, cette restitution répond à la volonté du président Alassane Ouattara de permettre au peuple Atchan de retrouver une partie importante de son histoire et de son patrimoine.

Laurent Tchagba a également insisté sur la portée du retour du tambour pour la cohésion nationale. Il estime que cet événement doit contribuer à consolider les liens entre le peuple Atchan et les autres communautés installées en Côte d’Ivoire.

Le maire d’Adjamé, Farikou Soumahoro, s’est lui aussi réjoui de la restitution du tambour, qu’il a qualifiée d’acte d’une grande envergure. Pour l’élu, la présence du Djidji Ayôkwé sur le territoire ivoirien constitue désormais un symbole fort du patrimoine national. Après sa présentation au public, le tambour doit retourner au musée. Une grande cérémonie est également prévue pour lui rendre hommage.

 

Le Djidji Ayôkwé présenté à la Nation à Yopougon

Quelques heures avant son accueil à Adjamé-village, le Djidji Ayôkwé avait été officiellement présenté à la Nation lors du défilé militaire organisé à Yopougon à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance. La cérémonie, placée sous le thème « Forces de défense et de sécurité (FDS) au service de la paix, de l’unité et du développement », a réuni le président Alassane Ouattara, les membres du gouvernement, la haute hiérarchie militaire, les diplomates, les chefs traditionnels et plusieurs représentants de la société civile.

Après 110 années d’absence, le retour du Djidji Ayôkwé s’inscrit ainsi au cœur des célébrations nationales, entre mémoire, patrimoine et volonté de renforcer la cohésion sociale.

Abidjan : Cosmos Yopougon passe sous contrôle ivoirien après un rachat à 10,5 milliards FCFA

L’homme d’affaires David Fofana, à travers sa holding Mayelia Participations, a acquis le complexe pour environ 10,5 milliards de francs CFA, soit près de 16 millions d’euros. Une opération qui ouvre au groupe les portes de l’immobilier commercial et de la grande distribution.

Ouvert en 2018, Cosmos Yopougon s’étend sur environ trois hectares. Le complexe dispose de près de 14 000 m² de surface commerciale, pour environ 17 000 m² bâtis, ainsi que d’un parking de 450 places.

Sa fréquentation constitue l’un de ses principaux atouts. Le centre accueille chaque année entre 3,6 et 4 millions de visiteurs. Il réunit notamment Carrefour Market, le cinéma Le Majestic, Burger King et Decathlon, ainsi que des commerces, restaurants, services, espaces de loisirs et boutiques.

À l’origine, la construction de Cosmos avait représenté un investissement de 18 milliards de francs CFA. Le complexe avait par ailleurs obtenu la certification internationale EDGE pour son efficacité dans l’utilisation de l’eau et de l’énergie. En 2019, le centre avait également été classé deuxième meilleur projet de développement de centre commercial en Afrique aux Africa Property Investment Awards.

 

Mayelia diversifie ses activités

Pour David Fofana, cette acquisition marque une nouvelle étape dans le développement de Mayelia Participations. Le groupe, fondé par l’ancien cadre de Bolloré Transport & Logistics, s’était jusqu’ici développé dans la sécurité routière et le contrôle technique automobile.

En avril 2025, Mayelia avait racheté 100 % de la SICTA, jusque-là contrôlée principalement par le groupe suisse SGS. L’opération avait renforcé sa position sur le marché ivoirien du contrôle technique automobile. Avec Cosmos Yopougon, le groupe change désormais de secteur et investit dans la gestion d’actifs immobiliers commerciaux. Sa stratégie consiste notamment à exploiter les espaces existants plutôt qu’à créer immédiatement de nouvelles enseignes commerciales.

Cette acquisition intervient sur un marché où plusieurs groupes sont déjà bien implantés. Parmi eux figurent notamment Prosuma, CDCI et CFAO Retail, partenaire de Carrefour en Côte d’Ivoire.

 

Le vendeur conserve 10 % du capital

L’opération prévoit également le maintien d’une participation du vendeur historique. À travers Emergence Plaza Limited, celui-ci conserve 10 % des parts et doit continuer à assurer la gestion opérationnelle du site. Par ailleurs, un accord d’exclusivité conclu avec la mairie de Yopougon protège le centre pendant cinq ans contre certains projets commerciaux directement concurrents.

Avec le rachat de Cosmos Yopougon, Mayelia Participations élargit donc son champ d’action à l’immobilier commercial après sa progression dans le secteur automobile.

L’opération fait également de ce complexe un exemple du développement des capitaux ivoiriens dans l’immobilier commercial. Pour Mayelia, l’enjeu est désormais de valoriser un actif déjà fortement fréquenté tout en évoluant sur un marché où plusieurs groupes disposent de réseaux commerciaux importants.

 

David Fofana
© David Fofana

 

Abobo : la SOTRA modifie plusieurs lignes en raison des travaux du rond-point de la Gendarmerie

Les usagers de la SOTRA à Abobo doivent s’adapter à de nouvelles conditions de circulation. Depuis le dimanche 9 août 2026, la société de transport urbain applique des modifications temporaires sur plusieurs lignes, en raison des travaux d’aménagement du rond-point de la Gendarmerie. Ces changements resteront en vigueur jusqu’à nouvel ordre.

Premier changement annoncé par la SOTRA est le terminus La Mé n’est plus desservi comme auparavant. Les lignes 54, 408 et 713 ont désormais pour nouveau terminus provisoire la COOPEC. Les voyageurs habitués à descendre ou à prendre leur bus au terminus La Mé devront donc intégrer ce nouveau point de départ et d’arrivée dans leurs déplacements.

D’autres modifications concernent les lignes 15, 49 et 203, en direction de la gare d’Abobo, ainsi que les lignes 08 et 770, desservant Akéikoi. Pour ces cinq lignes, le changement porte uniquement sur le sens aller. Leur nouveau parcours passe notamment par le 15e Arrondissement, le Lycée Moderne, la Mairie d’Abobo, la COOPEC et le Banco, avant de rejoindre leur itinéraire habituel.

La SOTRA précise que les modifications ne s’appliquent pas au sens retour. Les lignes concernées continuent donc de circuler selon leur parcours habituel dans cette direction.

Ces mesures sont directement liées aux travaux d’aménagement du rond-point de la Gendarmerie d’Abobo. La SOTRA n’a pas fixé de date de fin pour ce dispositif et indique qu’il restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. La SOTRA invite les voyageurs des lignes concernées à tenir compte de ces changements avant leurs déplacements et à s’adapter au nouveau dispositif de circulation mis en place dans la commune.

 

SOTRA
© SOTRA

PPA-CI : Laurent Gbagbo délègue une partie de ses pouvoirs à cinq cadres pour la direction du parti

Le président du parti a décidé, ce lundi 10 août 2026, de déléguer une partie de ses prérogatives à cinq hauts responsables, conformément à l’engagement annoncé en mai dernier. Cette nouvelle organisation vise à renforcer le fonctionnement interne, l’efficacité et la capacité d’action de la formation politique.

La décision intervient près de trois mois après l’annonce d’une réorganisation de la direction du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI). Lors de la Fête de la Renaissance, organisée le 16 mai 2026 à Songon-M’Bratté, le président du parti avait fait part de sa volonté de confier davantage de responsabilités à d’autres cadres.

Cette orientation avait également été évoquée lors d’une précédente interview télévisée. Le président du PPA-CI avait alors indiqué qu’il ne souhaitait plus assurer personnellement la gestion quotidienne de la formation politique, privilégiant une répartition plus large des responsabilités.

 

Cinq responsables au cœur du nouveau dispositif

Le communiqué n°005/PPA-CI/2026 précise les contours de cette nouvelle organisation. Cinq personnalités politiques se voient ainsi confier des responsabilités spécifiques au sein de la direction du parti.

  • Assoa Adou est nommé premier vice-président chargé de la ligne du parti. Il devient notamment délégataire du respect des statuts et du règlement intérieur par les différents organes et cadres de la formation politique.
  • À ses côtés, Hubert Oulaye prend les fonctions de deuxième vice-président chargé de la vie du parti. Il reçoit la délégation pour présider les réunions du Comité central.
  • Ackah Emmanuel, nommé troisième vice-président chargé de l’animation du parti, est chargé des relations de la formation politique avec les institutions nationales.
  • Le quatrième vice-président, Justin Koné Katinan, reçoit pour sa part la charge de la politique générale du parti et bénéficie d’une délégation dans ce domaine.
  • Enfin, Dano Djédjé Sébastien est nommé président du Conseil stratégique et politique. Il reçoit la délégation relative à la direction générale et à la supervision du parti.

 

Vers une direction davantage collégiale

Le PPA-CI met en avant la complémentarité entre les différents responsables désignés et la nécessité d’une action coordonnée. Le communiqué insiste ainsi sur une conception collective de la direction politique. Selon cette vision, la solidité du parti ne doit pas reposer sur une seule personnalité, mais sur la capacité de ses cadres et militants à unir leurs efforts autour d’un projet commun.

Au-delà de la réorganisation interne, le PPA-CI fixe ses priorités pour la prochaine étape. La consolidation des structures du parti, l’organisation et l’implantation sur le terrain figurent parmi les principaux objectifs annoncés. La formation politique veut ainsi disposer d’une organisation suffisamment solide pour poursuivre son action en faveur de la démocratie et de la liberté, selon les termes du communiqué.

Le PPA-CI réaffirme sa volonté de construire un projet politique fondé sur l’unité, la discipline et la complémentarité entre ses responsables et ses militants. Le parti place également son action sous le signe d’une « Côte d’Ivoire de tous », avec l’objectif affiché de ne laisser aucun Ivoirien de côté et de contribuer à l’établissement durable d’un nouveau pacte social avec les populations.

 

Burkina Faso : le prix du gasoil grimpe à 750 FCFA, première hausse depuis 2022

Le Burkina Faso augmente de 75 FCFA le prix du litre de gasoil, désormais vendu à 750 FCFA. Cette décision, qui intervient après près de quatre années de stabilité, est justifiée par la hausse du coût des importations et le poids croissant des subventions publiques. L’essence Super 91 et le gaz butane restent, pour leur part, aux mêmes tarifs.

Le prix du litre de gasoil connaît sa première augmentation depuis août 2022. Il passe de 675 à 750 FCFA, soit une hausse de 75 FCFA. Le gouvernement estime en effet que le maintien de l’ancien tarif aurait entraîné une charge budgétaire difficilement soutenable. Sans subvention, le coût réel du litre de gasoil serait actuellement d’environ 1 050 FCFA, selon les données communiquées par les autorités.

 

Près de 60 milliards de FCFA de subventions en six mois

L’ampleur du soutien public illustre la pression exercée sur les finances de l’État. Rien que sur les six premiers mois de 2026, près de 60 milliards de FCFA ont été consacrés à la subvention du gasoil.

À prix inchangé, à 675 FCFA le litre, la facture aurait pu dépasser 135 milliards de FCFA sur l’ensemble de l’année, selon les projections officielles. Le gouvernement met notamment en cause l’évolution des cours internationaux du pétrole et l’appréciation du dollar, qui renchérissent les coûts d’approvisionnement.

La consommation nationale constitue également un facteur important dans l’évolution des dépenses publiques. Entre janvier et juin 2026, quelque 365 millions de litres de gasoil ont été consommés au Burkina Faso.

Si cette tendance se poursuit, le volume annuel pourrait atteindre près de 730 millions de litres. Les autorités évoquent par ailleurs les achats de carburant effectués depuis certaines zones frontalières, où les prix burkinabè seraient plus attractifs que ceux pratiqués dans plusieurs pays voisins.

 

Le Super 91 maintenu à 850 FCFA

Contrairement au gasoil, l’essence Super 91 ne connaît aucune modification tarifaire. Le litre demeure vendu à 850 FCFA, alors que son coût réel hors subvention est estimé à environ 920 FCFA. L’État continue donc de prendre en charge une partie de la différence afin de maintenir le prix actuel à la pompe.

Le gouvernement maintient également son soutien au gaz butane, avec des prix inchangés pour les consommateurs. La bouteille de 6 kg reste ainsi commercialisée à 2 000 FCFA, alors que son coût sans intervention publique est estimé à environ 4 300 FCFA. Pour la bouteille de 12 kg, le prix reste fixé à 5 500 FCFA, contre une valeur théorique proche de 8 960 FCFA sans subvention.

LIRE AUSSI : Prix des carburants en Côte d’Ivoire : le super passe à 905 FCFA et le gasoil à 725 FCFA dès le 1er août

Revue de presse du 10 août : le défilé militaire de Yopougon et le discours d’Alassane Ouattara dominent les Unes

La célébration du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le spectaculaire défilé militaire de Yopougon et le message du président Alassane Ouattara à la nation occupent largement les Unes de la presse ivoirienne ce lundi 10 août 2026. Entre fierté nationale, démonstration de force de l’armée, attentes politiques et affaire de Koumassi-Campement, les journaux livrent des lectures parfois contrastées des temps forts du 7 août.

 

Défilé militaire : Yopougon au cœur de la fête nationale

Le choix de Yopougon pour accueillir les festivités de l’Indépendance a marqué les esprits. Le défilé militaire, présenté comme l’un des principaux temps forts de la célébration, fait l’objet de nombreux commentaires dans les journaux parus ce lundi.

Le Matin évoque une « démonstration de puissance » et relève la ferveur populaire observée autour du président Alassane Ouattara. Le quotidien met particulièrement en avant la présentation de l’arsenal militaire ivoirien ainsi que la participation de contingents de la Guinée, de l’Inde, du Bénin et du Gabon.

LIRE AUSSI : An 66 de l’Indépendance : l’Inde, la Guinée, le Bénin et le Gabon donnent une dimension internationale au défilé de Yopougon

De son côté, Le Rassemblement titre : « Célébration des 66 ans de l’Indépendance : Yopougon debout pour Ouattara ! ». Le journal insiste sur la démonstration de force opérée par les Forces armées de Côte d’Ivoire, avec notamment des chars et des drones présentés au public.

Même tonalité dans L’Avenir, qui met en avant les blindés, les aéronefs et les unités d’élite mobilisés lors du défilé. Le quotidien rapporte également des réactions positives venues de France concernant le niveau d’équipement des forces ivoiriennes. Fraternité Matin parle, quant à lui, d’un « défilé militaire magistral » et souligne la présence des contingents étrangers venus accompagner les soldats ivoiriens lors de cette célébration.

 

Alassane Ouattara fixe le cap dans son message à la nation

Le discours prononcé par le président Alassane Ouattara à l’occasion de l’Indépendance constitue le deuxième grand sujet de cette revue de presse. Fraternité Matin retient notamment l’ambition présidentielle de construire une « Grande Côte d’Ivoire », à travers le travail et l’engagement de l’ensemble des citoyens. Le quotidien revient également sur la décision de clémence ayant permis la libération de 4 661 détenus.

LIRE AUSSI : Indépendance 2026 : Alassane Ouattara annonce une réforme électorale et gracie 2 064 détenus

Le Jour Plus met en avant un autre passage du discours : « Ensemble, construisons une grande nation pour nous-mêmes et pour les générations futures ». Le journal associe cette déclaration aux instructions données par le chef de l’État concernant l’affaire de Koumassi-Campement.

Pour L’Inter, le président ivoirien a surtout voulu « fixer le cap du développement ». Le quotidien revient sur les principales attractions du défilé tout en rapportant le décès du colonel-major Fofié Kouakou, commandant de la 2e région militaire basée à Daloa.

LIRE AUSSI : Forces armées de Côte d’Ivoire : décès du colonel-major Fofié Kouakou Martin à 58 ans

 

Koumassi-Campement : Ouattara affiche sa fermeté

L’affaire du déguerpissement à Koumassi-Campement s’impose également dans les commentaires de plusieurs journaux. Le Mandat affiche une Une particulièrement ferme : « Déguerpissement à Koumassi-Campement : des têtes vont tomber ». Le quotidien souligne l’intransigeance du chef de l’État sur le respect de l’État de droit et rapporte sa mise en garde contre ceux qui agiraient au nom de l’État en dehors du cadre légal.

Le Jour Plus indique également que le président exige « toute la lumière » sur cette affaire. Fraternité Matin, de son côté, pose la question des responsabilités à établir dans cette opération. Cette affaire apparaît ainsi comme l’un des principaux points de tension au lendemain du message présidentiel, alors que le chef de l’État entend afficher une ligne de fermeté sur le fonctionnement de l’administration et le respect des règles.

 

Des critiques sur le contenu du discours présidentiel

Tous les journaux ne partagent toutefois pas la même lecture du message à la nation. Le Canard Déchaîné estime qu’aucune réponse n’a été apportée aux « nombreuses préoccupations des Ivoiriens ». Le quotidien relaie également une critique formulée par KKS à l’endroit du chef de l’État, selon laquelle « gouverner ne se réduit pas à couler du béton ».

Même réserve du côté du Nouveau Réveil, qui estime que les Ivoiriens sont « restés sur leur faim » après le discours présidentiel. Le quotidien insiste notamment sur les questions relatives à la paix, au dialogue politique et à la liberté d’action des partis.

LIRE AUSSI : An 66 de l’Indépendance : l’intégralité du message à la Nation du président Alassane Ouattara

Le Sursaut adopte une approche similaire en mettant plusieurs dossiers sensibles au premier plan : Koumassi-Campement, la réforme de la gouvernance électorale et le sort des détenus de la crise postélectorale. Son message est résumé par une formule : « Ouattara a parlé, place aux actes ! ».

 

Tidjane Thiam et le PDCI-RDA occupent aussi l’espace politique

L’actualité politique ne se limite pas au discours présidentiel. À Daloa, la célébration des 80 ans du PDCI-RDA bénéficie également d’une importante couverture médiatique. Le Bélier insiste sur la mobilisation enregistrée autour du parti et le présente comme une « alternative crédible au RHDP ». Le journal revient également sur le discours de Tidjane Thiam et son appel au dialogue.

Le Nouveau Réveil met lui aussi en avant la mobilisation du PDCI-RDA dans le Centre-Ouest. Le quotidien estime que le parti a « sorti le grand jeu à Daloa » et voit dans cette mobilisation la confirmation de son dynamisme dans la région.

 

Conflits fonciers et autres sujets à la Une

En dehors de l’actualité politique, certains journaux consacrent leurs colonnes à des préoccupations sociales et sécuritaires. L’Avenir s’intéresse notamment aux conflits intercommunautaires liés aux querelles de champs. Le quotidien analyse les mécanismes qui peuvent transformer des différends fonciers en affrontements meurtriers et identifie plusieurs facteurs aggravants.

Le retour du Djidji Ayôkwé fait également l’objet d’interrogations dans Le Rassemblement, qui s’interroge sur les conséquences de cet événement pour la Côte d’Ivoire.

 

Les Éléphants et Yan Diomandé au menu de la presse sportive

La presse sportive n’est pas en reste. SuperSport consacre sa Une aux Éléphants, à la CAN 2027 et au jeune Yan Diomandé. Le quotidien revient notamment sur les déclarations d’Hervé Renard concernant la sélection ivoirienne et évoque le transfert du joueur au Real, annoncé à hauteur de 91 milliards de FCFA.

LIRE AUSSI : Hervé Renard de retour chez les Éléphants : « La Côte d’Ivoire est une nation faite pour remporter des trophées »

 

Rentrée scolaire 2026-2027 en Côte d’Ivoire : la date du 14 septembre maintenue

Alors que des messages circulent sur les réseaux sociaux concernant un éventuel report de la rentrée scolaire, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique apporte une mise au point.

Dans une communication adressée aux élèves, aux parents d’élèves, aux personnels éducatifs et à l’ensemble de l’opinion publique, le ministère précise qu’aucune décision officielle portant sur un report de la rentrée n’a été prise à ce jour.

En l’absence de nouvelle décision, le calendrier scolaire reste donc inchangé. La rentrée scolaire 2026-2027 est toujours prévue pour le lundi 14 septembre 2026. Cette précision vise notamment à mettre fin aux rumeurs et informations non vérifiées qui se multiplient sur les plateformes sociales à l’approche de la nouvelle année scolaire.

Face à la circulation de fausses informations, le ministère invite les familles, les élèves et les personnels du secteur éducatif à faire preuve de prudence. Il recommande de se référer uniquement à ses canaux officiels de communication pour toute information concernant l’organisation et le calendrier de l’année scolaire 2026-2027.

 

MENA
© MENA

 

Forces armées de Côte d’Ivoire : décès du colonel-major Fofié Kouakou Martin à 58 ans

Le colonel-major Fofié Kouakou Martin, commandant de la 2e région militaire basée à Daloa, est décédé dimanche 9 août 2026, à l’âge de 58 ans. L’annonce a été faite par l’État-Major Général des Armées, qui précise que l’officier est mort des suites d’une longue maladie.

Selon un communiqué du chef de l’État-Major Général des Armées, Fofié Kouakou Martin a été retrouvé sans vie à son domicile. L’État-Major Général des Armées a fait part de sa « profonde » douleur et adressé ses condoléances à la famille du défunt, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble du personnel des Forces Armées de Côte d’Ivoire. Les détails relatifs aux obsèques seront communiqués ultérieurement.

 

Une apparition publique quelques jours avant sa mort

La disparition du colonel-major intervient quelques jours seulement après sa dernière apparition publique. Le 7 août, il avait notamment pris part à la cérémonie du défilé militaire organisée à Yopougon à l’occasion de la fête nationale. Quelques mois auparavant, le 10 avril, il avait également accueilli à Daloa le chef d’état-major général des armées, le général d’armée Lassina Doumbia, lors d’une visite consacrée notamment à l’inspection des infrastructures de la garnison.

À la tête de la 2e région militaire depuis plusieurs années, Fofié Kouakou Martin occupait une position importante dans le dispositif militaire ivoirien.

 

Un parcours marqué par plusieurs épisodes de l’histoire militaire ivoirienne

Né en 1968 à Bondoukou, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire, Fofié Kouakou Martin avait intégré les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire à la fin des années 1980. Il s’était d’abord illustré au début des années 1990, alors qu’il était encore caporal, avant de rejoindre en décembre 1999 des militaires favorables à la prise de pouvoir du général Robert Guéï.

Son parcours prend une nouvelle dimension en septembre 2002, lorsqu’il participe à la tentative de coup d’État qui se transforme en rébellion armée et entraîne la partition de fait du pays.

 

De la rébellion au commandement de la zone de Korhogo

Au sein du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), qui deviendra par la suite les Forces nouvelles dirigées par Guillaume Soro, Fofié Kouakou Martin gravit rapidement les échelons. Il est alors placé à la tête de la zone 10, basée à Korhogo, dans le nord du pays. Il y exerce son influence pendant près d’une décennie, aux côtés de plusieurs figures majeures de l’ex-rébellion, notamment Issiaka Ouattara, dit Wattao, Chérif Ousmane, Zakaria Koné et Morou Ouattara.

LIRE AUSSI : Forces armées de Côte d’Ivoire : le général de division DEM Aly Justin, numéro deux des FACI, est décédé

Commandant militaire devenu officier supérieur des Forces armées de Côte d’Ivoire, Fofié Kouakou Martin restera ainsi associé à plusieurs périodes majeures de l’histoire politique et militaire récente du pays. Sa disparition marque aujourd’hui le départ d’une figure qui aura traversé plusieurs séquences importantes de l’histoire militaire ivoirienne, depuis les années 1990 jusqu’à son commandement de la 2e région militaire à Daloa.

 

État-Major Général des Armées
© État-Major Général des Armées

 

CAN féminine 2026 : L’Algérie bat la Côte d’Ivoire (2-1) et se qualifie pour le Mondial 2027

L’Algérie a réalisé un véritable coup de force en quarts de finale de la CAN féminine 2026. Au terme d’une rencontre spectaculaire et longtemps indécise, les Vertes ont renversé la Côte d’Ivoire (1-2) au Stade Moulay Rachid, au terme d’un match marqué par un retournement de situation spectaculaire.

Les Ivoiriennes avaient pourtant parfaitement lancé leur rencontre. Domination, maîtrise du jeu et occasions à la clé, les Éléphantes ont logiquement concrétisé leur bonne entame à la 30e minute. Konan a trouvé le chemin des filets pour donner l’avantage à la sélection ivoirienne et faire basculer le stade dans l’euphorie.

 

Un carton rouge qui change tout

Alors que la Côte d’Ivoire semblait avoir pris le contrôle des débats, le match a connu son premier grand tournant avant la pause. À la 42e minute, Ouedraogo a été expulsée, contraignant les Éléphantes à disputer toute la seconde période à dix contre onze.

Cette infériorité numérique a considérablement modifié la physionomie de la rencontre. Au retour des vestiaires, l’Algérie a immédiatement haussé le rythme et multiplié les offensives, profitant des espaces laissés par une équipe ivoirienne désormais contrainte de défendre davantage.

La pression algérienne a finalement fini par payer. À la 58e minute, Khiri a trouvé la faille et permis aux Vertes de revenir à hauteur de leurs adversaires (1-1). Ce but a complètement relancé les Algériennes et transformé la rencontre en un véritable bras de fer. La Côte d’Ivoire, pourtant en tête durant une grande partie du match, a alors vu son avantage fondre en quelques minutes.

 

Deux minutes qui font basculer le destin

Le scénario est devenu complètement fou entre la 62e et la 64e minute. La Côte d’Ivoire a d’abord eu une occasion en or de reprendre l’avantage, mais Elloh a manqué son penalty à la 62e minute. L’Algérie n’a pas laissé passer cette énorme opportunité. Deux minutes plus tard, les Vertes ont frappé sur une contre-attaque fulgurante. Servie par Dafeur, Ould Braham A. a parfaitement conclu l’action pour donner l’avantage à l’Algérie (1-2).

Malgré les derniers assauts ivoiriens, les Algériennes ont fait preuve d’une remarquable solidité pour conserver leur avantage jusqu’au coup de sifflet final. Une victoire au caractère exceptionnel qui permet aux Vertes de s’inviter dans le dernier carré de la compétition. Avec cette qualification pour les demi-finales de la CAN féminine 2026, l’Algérie s’offre également une page historique de son histoire. Les Vertes décrochent en effet leur première qualification pour une Coupe du Monde féminine de la FIFA.