Revue de presse du 23 juin : la réforme électorale à trois organes au cœur des débats en Côte d’Ivoire

La réforme de la gouvernance électorale domine l’actualité politique ivoirienne ce mardi 23 juin 2026. Au lendemain de la présentation du nouveau dispositif appelé à remplacer la Commission électorale indépendante (CEI), la presse nationale multiplie les analyses sur les enjeux de cette refonte institutionnelle.

Plusieurs journaux mettent en avant la volonté affichée du gouvernement de restaurer la confiance dans le processus électoral. Le Sursaut voit dans cette réforme le « remède miracle » du président Alassane Ouattara pour garantir des élections apaisées. De son côté, L’Avenir souligne que l’exécutif propose désormais une organisation fondée sur trois structures distinctes pour gérer les scrutins.

 

Une nouvelle organisation en trois entités

Dans les colonnes de Tribune Ivoire, le Premier ministre Robert Beugré Mambé détaille les contours de cette réforme. Le futur système reposera sur trois organes complémentaires. Le premier assurera l’organisation matérielle des élections. Le deuxième sera chargé du recensement et de la compilation des votes. Le troisième veillera à la supervision et au contrôle de l’ensemble du processus électoral.

Pour le gouvernement, cette nouvelle architecture doit permettre de réduire les contestations récurrentes qui entourent les consultations électorales en Côte d’Ivoire. « Nous voulons que les élections ne soient plus des moments de peur », affirme le chef du gouvernement dans Le Mandat.

La rencontre organisée à la Primature a réuni des représentants de partis politiques et de la société civile. Plusieurs formations de l’opposition ont salué l’ouverture du dialogue. Selon Le Jour Plus, le PDCI-RDA, le FPI et le COJEP ont exprimé leur satisfaction face à l’initiative gouvernementale. L’Expression rapporte également les réactions positives de responsables politiques comme Pascal Affi N’Guessan, Philippe Ezaley et Charles Blé Goudé.

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Des interrogations persistent sur l’indépendance du dispositif

Malgré cet accueil relativement favorable, plusieurs quotidiens relèvent les nombreuses zones d’ombre qui entourent encore le projet. L’Intelligent d’Abidjan s’interroge notamment sur la capacité réelle de la réforme à mettre fin aux tensions électorales.

Dans Notre Voie, certains observateurs attendent de connaître le contenu détaillé des textes avant de se prononcer. Le Nouveau Réveil soulève une question centrale : qui désignera les membres des trois futures structures électorales ?

Le journal s’inquiète également des garanties d’indépendance et de la gestion de la liste électorale. Il redoute qu’un « organe à trois têtes » ne devienne une nouvelle source de controverses. Le Bélier résume ainsi l’enjeu en évoquant le « pari risqué » de Robert Beugré Mambé pour rétablir la confiance entre les acteurs politiques.

 

L’absence remarquée du PPA-CI

Au-delà du contenu de la réforme, un autre fait a retenu l’attention de la presse, l’absence du PPA-CI de Laurent Gbagbo à la rencontre de la Primature. Le Jour Plus parle ouvertement d’un boycott. L’Inter souligne que le parti de l’ancien président était le grand absent de cette consultation, contrairement au PDCI-RDA et au FPI qui ont pris part aux échanges.

Interrogé par L’Expression, un responsable du parti évoque plutôt un problème lié à la transmission de l’invitation. Selon lui, la restructuration interne du PPA-CI aurait compliqué la réception du courrier officiel.

Cette explication laisse toutefois plusieurs observateurs sceptiques. Le journal rappelle qu’un incident similaire avait déjà été invoqué lors de l’anniversaire du PDCI-RDA en avril dernier. Un précédent qui alimente aujourd’hui les interrogations sur la participation effective du PPA-CI aux futurs débats autour de la réforme électorale.

Réforme électorale : la Côte d’Ivoire tourne la page de la CEI et mise sur un système à trois organes

Réuni avec les partis politiques, la société civile et les médias, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a présenté, lundi 22 juin à Abidjan, les contours d’une réforme électorale ambitieuse reposant sur trois organes distincts. L’objectif affiché est de renforcer la transparence du processus électoral et de restaurer durablement la confiance dans les scrutins.

La Côte d’Ivoire s’apprête à revoir en profondeur son dispositif électoral. Ce Lundi 22 juin à Abidjan, Robert Beugré Mambé a présenté les grandes lignes de la réforme électorale. Le Premier ministre a annoncé la création d’une nouvelle architecture reposant sur trois structures distinctes. L’objectif est de renforcer la transparence et la crédibilité des scrutins. Cette réforme intervient un mois et demi après la dissolution de la CEI.

Le gouvernement a acté cette dissolution lors du Conseil des ministres du 6 mai dernier. À la Primature, le chef du gouvernement s’est adressé aux partis politiques, à la société civile et aux médias. Il a expliqué que cette réforme vise à adapter le système électoral aux attentes des citoyens. « Aucune institution n’est figée. Aucun modèle n’est parfait », a déclaré Robert Beugré Mambé, estimant que les évolutions politiques et sociales imposent une modernisation constante des mécanismes de gestion des élections.

 

Un nouveau modèle pour éviter les contestations

Le gouvernement entend tirer les enseignements des crises électorales qui ont marqué l’histoire récente du pays. Avant 1990, l’administration publique organisait directement les élections en Côte d’Ivoire. L’avènement du multipartisme a ensuite favorisé la création d’organes électoraux indépendants. Créée en 2001, la CEI a supervisé plusieurs consultations électorales majeures. Elle a notamment organisé quatre élections présidentielles, un référendum et plusieurs scrutins locaux. Toutefois, selon Robert Beugré Mambé, les crises de 2000, 2010 et 2020 ont révélé les limites du modèle actuel.

« Ni la présence des partis politiques ou de la société civile au sein des organes, ni l’équilibre arithmétique des forces au sein de la CEI n’ont suffi à ramener durablement la confiance », a-t-il souligné.*

 

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Trois entités pour gérer le processus électoral

Pour répondre aux critiques récurrentes, l’exécutif propose désormais une séparation des responsabilités. Le futur dispositif reposera sur trois organes spécialisés. Le premier aura pour mission d’assurer l’organisation matérielle des élections. Le deuxième sera chargé du recensement et de la compilation des votes, avec l’objectif de garantir la fiabilité des résultats. Le troisième exercera une fonction de supervision et de contrôle du processus électoral. Cette nouvelle organisation vise notamment à mieux encadrer les étapes les plus sensibles des élections, la gestion de la liste électorale, le dépouillement des suffrages et la validation de la régularité des opérations.

« La transparence n’affaiblit pas l’État de droit. Elle le renforce », a affirmé le Premier ministre.

Au-delà de la réforme institutionnelle, le gouvernement veut accélérer la transformation numérique du processus électoral. L’utilisation des nouvelles technologies pourrait concerner l’inscription des électeurs, la transmission des données et la publication des résultats. Robert Beugré Mambé a toutefois insisté sur la nécessité de sécuriser ces outils à travers des audits et des garanties juridiques afin de préserver la confiance des acteurs.

La réforme prévoit également une meilleure prise en compte des jeunes, des femmes, des personnes en situation de handicap, des primo-votants et des Ivoiriens vivant à l’étranger, afin de favoriser une participation plus inclusive. Le gouvernement veut également renforcer l’éducation civique pour accompagner cette transformation. Le Premier ministre a appelé les partis politiques, la société civile et les médias à contribuer à un climat électoral plus apaisé.

« Nous voulons que les élections ne soient plus des moments de peur, mais des moments de choix », a-t-il déclaré.

Le contenu détaillé de la réforme sera présenté dans les prochaines semaines. Le principal défi restera de convaincre l’ensemble des acteurs politiques que cette nouvelle architecture peut durablement renforcer la confiance dans les urnes et réduire les tensions autour des échéances électorales.

 

Parrainage citoyen en Côte d’Ivoire : la Cour de justice de la CEDEAO déboute Coulibaly Mamadou

La Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), basée à Abuja au Nigeria, a rendu ce lundi 22 juin 2026 son verdict dans l’affaire opposant Coulibaly Mamadou à l’État de Côte d’Ivoire au sujet du système de parrainage citoyen appliqué au processus électoral ivoirien.

Dans un communiqué publié après la décision, le Parti pour l’Intégration Africaine (PIA) a annoncé le contenu du jugement rendu dans cette procédure enregistrée sous la référence ECW/CCJ/APP/02/25. La juridiction communautaire a d’abord reconnu sa compétence pour examiner le dossier. Elle a également déclaré la requête recevable sur la forme, permettant ainsi l’étude des arguments développés par le requérant.

Toutefois, après examen du fond, les juges de la Cour de justice de la CEDEAO ont rejeté les demandes formulées par Coulibaly Mamadou. Selon la décision, les éléments fournis ne permettaient pas d’établir les violations dénoncées contre le système de parrainage citoyen.

 

Une décision qui clôt une procédure suivie par la classe politique

Avec ce verdict, la procédure engagée contre le dispositif de parrainage citoyen prend fin devant la juridiction sous-régionale. Une affaire qui avait suscité l’attention de plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile, dans un contexte marqué par les débats autour des règles d’accès aux candidatures électorales en Côte d’Ivoire. Le PIA a indiqué prendre acte de la décision de la Cour tout en affirmant respecter l’autorité de cette institution judiciaire communautaire.

Malgré ce rejet, le parti a réaffirmé son désaccord avec le système de parrainage citoyen. Pour ses responsables, ce mécanisme constitue un frein à une participation politique qu’ils souhaitent plus ouverte et inclusive. Le PIA entend poursuivre son action par les moyens légaux et démocratiques afin d’obtenir la suppression de ce dispositif électoral. La formation politique prévoit ainsi de maintenir la mobilisation autour de cette question, qu’elle considère comme un enjeu majeur pour le renforcement de la démocratie en Côte d’Ivoire.

 

Parti pour l'Intégration Africaine
© Parti pour l'Intégration Africaine

Coulibaly Mamadou : Dr
© Coulibaly Mamadou : Dr

Après ses insultes contre la Côte d’Ivoire, L’influenceur Camerounais Élysée Le Snieper interpellé à Abidjan

Les autorités ivoiriennes ont interpellé, dans la soirée du dimanche 21 juin 2026 à Abidjan, l’influenceur camerounais E.T.N., plus connu sous le pseudonyme d’Élysée Le Snieper, selon plusieurs sources concordantes.

Cette interpellation intervient après une vive polémique déclenchée par des déclarations diffusées sur les réseaux sociaux, dans lesquelles le vidéaste aurait qualifié la Côte d’Ivoire de « pays de merde » et tenu des propos jugés offensants à l’égard des autorités ivoiriennes.

 

Une controverse amplifiée par de nouvelles publications

Loin de calmer la polémique, l’influenceur a poursuivi ses prises de parole en ligne dans les jours qui ont suivi. Plusieurs vidéos publiées sur ses plateformes ont continué d’alimenter les réactions, notamment une séquence tournée depuis un hôtel de Grand-Bassam il affichait ouvertement sa présence sur le territoire ivoirien. Ces contenus ont rapidement suscité l’indignation de nombreux internautes, qui ont multiplié les appels à une intervention des autorités et à l’ouverture de poursuites judiciaires.

Les déclarations d’Élysée Le Snieper ont provoqué un important débat dans l’espace numérique ivoirien. Plusieurs utilisateurs des réseaux sociaux ont dénoncé des propos qu’ils considèrent comme une atteinte à l’image du pays et à ses institutions. La controverse a gagné en ampleur au fil des publications de l’influenceur, devenant l’un des sujets les plus commentés sur les plateformes sociales ces derniers jours.

Selon les informations disponibles, les autorités compétentes ont procédé à son interpellation dans la soirée du 21 juin. Les autorités n’ont pas encore officiellement détaillé les circonstances précises de l’opération ni les éventuelles qualifications juridiques retenues.

 

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L’influenceur devrait désormais être entendu par les services compétents afin de répondre des faits qui lui sont reprochés. Cette affaire, qui continue de susciter de nombreuses réactions, pourrait connaître de nouveaux développements dans les prochains jours.

 

Koumassi Campement : Blé Goudé réclame un fonds d’urgence pour reloger les victimes des démolitions

La crise sociale née des récentes démolitions à Koumassi Campement continue de susciter des réactions. En déplacement sur le site dimanche 21 juin 2026, Charles Blé Goudé a demandé la mise en place d’un fonds d’appui d’urgence pour accompagner les familles ayant perdu leurs habitations.

Le président du COJEP, venu apporter son soutien aux populations touchées, a plaidé pour une intervention rapide de l’État afin de permettre aux sinistrés de retrouver un logement et de reconstruire leur quotidien. Face aux habitants affectés par les opérations de déguerpissement, l’ancien ministre de la Jeunesse a insisté sur la nécessité de privilégier l’aspect humain du dossier.

« Le moment n’est plus à la division. Il faut mettre de côté les différences politiques et penser d’abord à l’humain. La priorité, c’est de vous reloger et de vous reloger dans la dignité », a-t-il déclaré.

Pour Charles Blé Goudé, les pouvoirs publics doivent mettre en œuvre un mécanisme exceptionnel d’assistance pour soutenir les familles vulnérables, indépendamment de leurs opinions politiques.

 

Un appel à dépasser les clivages politiques

Au cours de cette visite de compassion, le leader du COJEP a rappelé que chaque citoyen constitue une force pour le développement du pays. Il a notamment évoqué la situation des jeunes et des enfants affectés par ces destructions, estimant que leur avenir ne doit pas être compromis par cette crise. Se présentant comme un citoyen venu exprimer sa solidarité, il a insisté sur la nécessité d’apporter une réponse sociale avant toute considération politique.

Au-delà du soutien aux victimes, Charles Blé Goudé a également soulevé plusieurs interrogations sur les circonstances ayant conduit aux démolitions. Il s’est notamment questionné sur l’origine et la fiabilité des documents fonciers utilisés dans les transactions immobilières réalisées dans cette zone. Selon lui, certaines zones d’ombre persistent concernant les procédures ayant conduit aux expulsions. L’ancien ministre a demandé aux autorités de faire toute la lumière sur les responsabilités engagées et sur les conditions de déroulement des opérations.

 

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Malgré les tensions, Charles Blé Goudé a invité les populations concernées à faire preuve de retenue. Pour lui, le calme reste indispensable afin de favoriser la recherche de solutions durables et permettre l’établissement de la vérité dans cette affaire. La situation à Koumassi Campement demeure ainsi au centre des préoccupations, entre urgence sociale pour les familles touchées et demandes d’éclaircissements sur les opérations de déguerpissement.

 

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Abidjan / Forum d’Adjamé : les commerçants face à une menace de déguerpissement sur fond de litige à 11 milliards FCFA

L’inquiétude, angoisse et la colère s’installent au Forum des marchés d’Adjamé. Dans ce vaste espace commercial considéré comme l’un des plus importants d’Afrique de l’Ouest, des centaines de commerçants craignent une évacuation qu’ils jugent injustifiée. Au centre de la controverse : un contentieux ancien autour d’une dette estimée à 11 milliards de francs CFA, dont ils contestent l’origine.

« Chaque matin, lorsque j’ouvre mon magasin, j’ai le cœur qui bat à 100 à l’heure », témoigne Amadou, vendeur de tissus présent depuis l’ouverture du marché. Pour lui, une éventuelle fermeture du Forum représenterait une perte économique et sociale majeure pour des milliers de familles.

« On nous parle de nous chasser, alors qu’on a tout mis ici. Nos économies, le futur de nos enfants… Si on détruit ce Forum, on détruit nos vies. »

Réunis sous une bâche le samedi 20 juin 2026, plusieurs acteurs du marché ont exprimé leur inquiétude lors d’une conférence de presse. Derrière les étals de vêtements, de cosmétiques ou de produits vivriers, la crainte d’un déguerpissement plane désormais sur les commerçants. Sanogo Sarah, directrice exécutive du Forum SAFA, structure représentant les commerçants, dénonce une situation qu’elle qualifie de « tragédie ». Selon elle, une opération de déguerpissement pourrait mettre en péril des milliers d’emplois et fragiliser des familles qui dépendent quotidiennement de cette activité.

 

Un marché stratégique de près de 14 milliards FCFA

Construit sur une superficie de 30 000 m², le Forum des marchés d’Adjamé comprend environ 600 magasins, 5 000 boxes et 1 800 étals. L’infrastructure, dont l’investissement est évalué à près de 14 milliards FCFA, génère plusieurs centaines de millions de francs CFA de transactions chaque jour. Les commerçants rappellent ainsi le poids économique de ce site, qui constitue une importante source de revenus pour les opérateurs, mais également pour les collectivités à travers les taxes et les recettes locatives.

À l’origine du conflit, une convention BOT (Build-Operate-Transfer) signée en 1997 entre la mairie d’Adjamé et la Société Ivoirienne de Concept et de Gestion (SICG) pour la construction du marché.

Selon les commerçants, ils auraient contribué financièrement à la réalisation du projet en versant entreillion 5 et 12,5 ms FCFA chacun pour obtenir leurs espaces commerciaux. Mais à l’ouverture du Forum, le promoteur privé aurait demandé la signature de baux et le paiement de loyers mensuels, provoquant un désaccord avec les occupants. Un accord trouvé en 2003 devait pourtant permettre de clarifier la situation. Mais près de vingt ans plus tard, le différend reste entier.

La tension avait déjà atteint un niveau critique en 2018 après une tentative d’expulsion avec l’intervention des forces de l’ordre. Face à la crise, la Primature avait alors demandé un audit de l’Inspection générale des finances (IGF) afin d’examiner les relations financières entre la mairie, le promoteur et les commerçants. Huit ans après, les conclusions de cette enquête restent inconnues du public. Les commerçants réclament toujours la publication de ce rapport, estimant qu’il pourrait permettre de clarifier les responsabilités dans ce dossier.

 

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Une dette de 11 milliards FCFA au cœur de la polémique

Le conflit a pris une nouvelle ampleur en 2026 avec l’annonce d’un projet d’accord prévoyant le versement de 11 milliards FCFA à la SICG au titre d’impayés de loyers accumulés entre 2009 et 2015. Une décision contestée par les représentants des commerçants, qui affirment ne pas reconnaître cette dette. Ils indiquent avoir transmis un dossier composé de 192 pièces justificatives pour démontrer leur position.

« Nous demandons une vérification contradictoire des chiffres avant toute décision », soutiennent-ils, estimant qu’une telle opération engagerait les ressources publiques sans clarification préalable.

Alors qu’une nouvelle rencontre est prévue le 24 juin 2026 pour examiner les modalités futures de gestion du marché, les commerçants souhaitent éviter toute décision qu’ils jugeraient précipitée. Ils assurent ne pas refuser leurs obligations légales, mais demandent une transparence totale sur les comptes et les responsabilités de chaque partie. Face à l’incertitude, ils lancent un appel aux autorités nationales pour trouver une issue qui préserve l’activité économique du Forum d’Adjamé, présenté comme un pilier du commerce ivoirien.

 

Lutte contre le racket routier : un adjudant condamné à 5 ans de prison pour extorsion de fonds

La justice militaire ivoirienne a rendu une décision ferme contre les pratiques de racket présumées au sein des forces de sécurité. Le Tribunal militaire d’Abidjan a condamné, le 4 juin 2026, l’adjudant K.K.D. à cinq ans d’emprisonnement ferme après l’avoir reconnu coupable d’extorsion de fonds et de violation de consigne.

En plus de cette peine privative de liberté, le sous-officier devra s’acquitter d’une amende de 500 000 francs CFA. Le tribunal a également ordonné la publication de la décision dans les casernes sur l’ensemble du territoire national et délivré un mandat de dépôt à son encontre.  Les faits reprochés remontent au 16 janvier 2026. Selon les éléments examinés par la juridiction militaire, l’adjudant aurait installé un poste de contrôle sans autorisation régulière et sans disposer des carnets de contraventions nécessaires.

Au cours de cette opération, il aurait intercepté deux motocyclistes qui circulaient sans casque. Des agents chargés de surveiller les pratiques de racket ont alors enregistré la scène en vidéo. Ces éléments ont permis aux enquêteurs d’établir qu’une somme de 5 000 francs CFA avait été remise au militaire lors de cette intervention.

 

La défense évoque un geste de clémence

À la barre, l’adjudant K.K.D. a reconnu avoir procédé à l’interpellation des deux usagers pour défaut de casque, mais a contesté l’accusation d’extorsion. Il a expliqué avoir immobilisé leur motocyclette avant que les conducteurs ne lui proposent plusieurs sommes d’argent pour récupérer leur engin. Selon lui, les 5 000 francs CFA reçus auraient été acceptés par compassion après de longues discussions. Une version qui n’a toutefois pas convaincu le tribunal militaire.

Dans sa décision, la juridiction a estimé qu’un agent chargé de faire respecter la loi ne peut percevoir d’argent en dehors des procédures prévues par les textes. Les juges ont considéré que la remise de fonds, intervenue à la suite d’un échange avec les usagers après la constatation d’une infraction routière, constituait un acte répréhensible. Le tribunal n’a donc pas retenu l’argument de la clémence avancé par la défense.

Au-delà du cas de l’adjudant K.K.D, cette condamnation envoie un message clair sur les exigences d’intégrité imposées aux forces de défense et de sécurité. À travers cette décision, la justice militaire rappelle que les agents chargés de faire respecter la loi doivent eux-mêmes se conformer aux règles qui encadrent l’action publique. La lutte contre le racket routier demeure ainsi un enjeu majeur pour préserver la confiance entre les citoyens et les institutions.

Boundiali : un conflit foncier fait 18 blessés et ravive les tensions entre Samogossoba et Kouto

Un conflit foncier a dégénéré dimanche 21 juin 2026 à Kouto, dans l’extrême nord de la Côte d’Ivoire. Au moins 18 personnes ont été blessées et plusieurs engins agricoles endommagés lors d’affrontements opposant des populations de Kouto à celles de Samorossoba, également appelé Samogossoba.

Selon des sources concordantes citées par l’agence de presse Top News Africa, les victimes ont été prises en charge à l’hôpital général de Kouto. Parmi elles figure un blessé dans un état jugé grave. À l’origine de cette nouvelle poussée de tension, un différend ancien lié à l’exploitation de terres agricoles dans une zone située autour du lac de Gbinni.

D’après des témoignages recueillis, la situation aurait basculé lorsque des habitants de Kouto se seraient rendus dans la plaine pour détruire des cultures appartenant à des populations de Samorossoba.« La population de Kouto a décidé d’aller renverser les labours des populations de Samorossoba », rapportent les sources interrogées. Ces dernières affirment que des violences physiques auraient ensuite éclaté, faisant plusieurs blessés parmi les agriculteurs présents sur les lieux.

 

Un différend territorial qui s’enlise depuis plusieurs années

 

Le litige oppose depuis plusieurs années les communautés de Kouto et de Samorossoba autour du contrôle des terres agricoles situées près du lac de Gbinni. Selon les informations recueillies, la famille Samalah, considérée comme propriétaire coutumier des lieux, accordait traditionnellement aux deux communautés l’autorisation d’exploiter ces terres, conformément aux pratiques locales.

Mais depuis 2024 et 2025, des tensions seraient apparues après que certaines personnes de Kouto auraient revendiqué la propriété de cet espace agricole. Depuis lors, les tensions perturbent chaque campagne agricole, avec des destructions répétées de cultures malgré les interventions des autorités administratives locales.

Devant la persistance du conflit, les populations de Samorossoba ont saisi le tribunal de Boundiali pour réclamer réparation des dégâts enregistrés en 2025, dont l’indemnisation reste en suspens. La procédure judiciaire est toujours en cours, alors que les tensions restent vives entre les différentes parties.

 

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Les conflits liés à la terre demeurent fréquents en Côte d’Ivoire, souvent alimentés par la coexistence entre les règles coutumières et le système moderne de propriété foncière. Dans plusieurs régions du pays, la question de l’accès aux terres agricoles dépasse le simple cadre économique. Elle touche également aux notions d’identité, de territoire et de souveraineté communautaire, faisant du foncier un enjeu particulièrement sensible.

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Revue de presse du 22 juin : dialogue politique, PPA-CI, Éléphants et blanchiment d’argent au cœur de l’actualité

La reprise du dialogue politique entre le gouvernement et les partis d’opposition occupe une place centrale dans la revue des journaux ivoiriens de ce lundi 22 juin 2026. Plusieurs publications reviennent sur l’ouverture des discussions à la Primature, avec en toile de fond les réformes électorales attendues.

Le quotidien L’Avenir titre notamment sur « Réforme électorale / Les discussions avec les partis politiques s’ouvrent aujourd’hui », tandis que Liberté évoque la relance du dialogue politique avec une rencontre annoncée entre l’opposition et le Premier ministre. De son côté, L’Abidjanais s’intéresse aux contours du futur organe électoral, estimant connaître « l’ossature » de la structure attendue.

 

Le PPA-CI face au défi du terrain politique

Dans l’opposition, le déplacement d’Issa Malick Coulibaly dans le nord du pays fait également débat. Le journal L’Expression consacre sa Une au PPA-CI de Laurent Gbagbo, évoquant une « mission impossible » pour l’ancien cadre pro-Gbagbo chargé de la reconquête politique de cette région.

À l’inverse, RHDP 24 met en avant la mobilisation d’Albert Mabri Toikeusse dans le Tonkpi. Le président de l’UDPCI y prépare un rassemblement en hommage au président Alassane Ouattara.

 

Affaires judiciaires et questions d’impunité

L’actualité judiciaire s’invite également dans les colonnes des journaux. Tribune Ivoire établit un parallèle entre l’affaire du casse de la BCEAO impliquant Prosper Sia Popo et le dossier des déguerpissements à Koumassi Campement. Sous le titre « Scandales : De Sia Popo à Alloui Brou / La justice ivoirienne face au miroir de l’impunité », le journal interroge la réponse judiciaire face à ces affaires sensibles.

 

Les Éléphants au lendemain de la défaite face à l’Allemagne

Le sport figure aussi parmi les sujets majeurs de cette revue de presse. Après la lourde défaite des Éléphants face à l’Allemagne, plusieurs journaux reviennent sur la réaction du sélectionneur Emerse Faé. Le Jour Plus parle d’une défaite « très frustrante », tandis que Fraternité Matin rapporte les propos du sélectionneur qui estime que la Côte d’Ivoire a perdu « avec les honneurs ».

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En Une du journal Le Rassemblement, Emerse Faé veut rassurer les supporters : « On va se servir de ce match ». Les Éléphants devront désormais se remobiliser avant leur dernière rencontre de phase de poules face à Curaçao dans le cadre du Mondial USA-Canada-Mexique.

 

Immobilier et blanchiment d’argent au cœur des débats économiques

Sur le terrain économique, Le Franc-Tireur s’intéresse à la criminalité financière et aux mécanismes utilisés pour recycler des fonds issus d’activités illégales. Le journal consacre une enquête au rôle du secteur immobilier dans le blanchiment d’argent, un phénomène qui représente un défi majeur pour les économies africaines.

Cette revue de presse est ainsi marquée par trois grands axes, les enjeux politiques liés au dialogue national, les débats autour de la gouvernance et de la justice, ainsi que les défis sportifs et économiques du moment.

Démolitions à Koumassi : la députée Adjaratou Traoré saisit trois ministres pour établir les responsabilités

La crise née des démolitions au quartier Houphouët-Boigny, communément appelé Koumassi Campement, prend une nouvelle tournure politique. Près de trois semaines après l’opération du 3 juin, la députée RHDP de Koumassi, Adjaratou Traoré Coulibaly, multiplie les démarches institutionnelles pour obtenir des explications sur les circonstances ayant conduit à ces destructions.

Dans une vidéo publiée le 19 juin sur ses réseaux sociaux, l’élue affiche une position ferme. Face caméra, le visage grave, elle dénonce une situation qu’elle juge préoccupante et appelle à établir toute la vérité sur cette affaire qui a provoqué de nombreuses réactions à Abidjan.

Depuis le début de la controverse, Adjaratou Traoré Coulibaly s’est démarquée de plusieurs responsables locaux du parti présidentiel. Elle critique notamment le déroulement de l’opération et estime que des irrégularités auraient entaché les procédures ayant conduit aux démolitions. La parlementaire dénonce les conséquences humaines de cette intervention. Selon elle, des familles ont perdu leurs logements, leurs biens et leurs moyens de subsistance en quelques heures.

« Des familles entières ont perdu leurs biens et leur habitation. Des pères ont vu leur dignité bafouée. Des mères et des enfants ont vu leur monde s’écrouler », a-t-elle déclaré dans sa vidéo.

 

Une intervention après les premières interpellations

La sortie de la députée intervient peu après l’interpellation de Jacques Alloui Brou, présenté comme une figure importante du dossier. Le procureur de la République a également annoncé l’audition du maire de Koumassi, du directeur général des services techniques du District autonome d’Abidjan ainsi que du responsable de l’entreprise liée aux engins utilisés lors des démolitions. Pour une partie de l’opinion et de l’opposition, ces premières mesures ne suffisent pas à répondre à toutes les interrogations. Adjaratou Traoré Coulibaly entend, elle aussi, aller plus loin en cherchant à retracer l’ensemble de la chaîne décisionnelle.

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La députée affirme avoir choisi d’utiliser les outils que lui confère son mandat parlementaire. Elle explique vouloir obtenir des réponses par les voies légales et républicaines. Première démarche annoncée, la saisine du maire de Koumassi pour demander la convocation d’une session extraordinaire du conseil municipal. Cette rencontre devrait permettre d’examiner les conditions administratives de l’opération et les mesures prévues pour accompagner les personnes affectées. L’élue indique également avoir sollicité le préfet d’Abidjan afin de vérifier le respect des procédures administratives liées à cette opération.

 

Une question orale visant trois ministres

L’initiative la plus significative reste toutefois celle engagée à l’Assemblée nationale. Adjaratou Traoré Coulibaly a déposé une question orale avec débat qui pourrait conduire plusieurs membres du gouvernement à s’expliquer publiquement devant les députés.

Trois ministres sont concernés par cette démarche, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Vagondo Diomandé, le garde des Sceaux, Jean Sansan Kambilé, ainsi que le ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, Moussa Sanogo. La députée souhaite notamment connaître les bases juridiques ayant permis les démolitions, les autorités ayant autorisé l’intervention des forces de sécurité et les conditions d’exécution de l’opération.

En plus de cette question orale, l’élue a annoncé plusieurs questions écrites adressées aux ministères concernés. Elle réclame également la mise en place d’une mission parlementaire d’enquête afin d’entendre toutes les parties impliquées et d’établir les responsabilités. Pour Adjaratou Traoré, cette démarche doit permettre de répondre aux attentes des habitants touchés par les démolitions et de restaurer leurs droits.

De son côté, le gouvernement tente d’apaiser les tensions. Le porte-parole adjoint du gouvernement, Mamadou Touré, a assuré que « là où il y a abus, il y aura responsabilité ». Alors que l’affaire continue de susciter le débat, la députée RHDP affirme vouloir poursuivre son action jusqu’à obtenir des réponses pour les familles sinistrées de Koumassi Campement.

 

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