Affaire chômage des marins marchands : face-à-face entre des agents des affaires maritimes et les forces de l’ordre

Une émission diffusée le 4 Mai 2026 sur la chaîne LIFE TV, publié sur YouTube dans le cadre du programme “Y’A Problème” animé par John Jay, a mis en lumière les difficultés majeures que rencontrent les marins marchands ivoiriens après leur formation. Le débat a également évoqué une tension sociale croissante dans le secteur des affaires maritimes.

Sur le terrain, la situation s’est aggravée avec un face-à-face tendu entre des agents des affaires maritimes et les forces de l’ordre ce lundi selon un post de Serif Tall sur facebook . Les agents, en posture de revendication, ont exprimé leur ras-le-bol face à plusieurs doléances restées sans réponse.

Selon le syndicat à l’origine du mouvement, plusieurs arrestations ont été enregistrées. Les responsables affirment que des agents sont actuellement détenus à la préfecture et au camp d’Agban. Tous les membres du bureau exécutif du syndicat SYNABEPAM auraient été interpellés, à l’exception du secrétaire général. Interrogés par l’animateur, les stagiaires ont exposé plusieurs difficultés auxquelles ils sont confrontés.

  • Un secteur miné par le chômage et l’absence d’opportunités

Au-delà de la crise sociale, les témoignages recueillis dans l’émission révèlent de nombreuses difficultés structurelles. Le chômage des jeunes diplômés marins est l’un des principaux problèmes évoqués, avec une absence quasi systématique de débouchés après la formation. Plusieurs stagiaires affirment également ne pas être embarqués à l’issue de leur cursus. Faute de navires disponibles ou de recrutements suffisants, beaucoup restent livrés à eux-mêmes, sans perspective d’insertion professionnelle.

 

  • Des retards administratifs et des conditions de travail difficiles

Les participants dénoncent aussi des lenteurs dans la délivrance de documents essentiels, notamment les livrets maritimes et certificats professionnels. Ces retards freinent considérablement l’accès à l’emploi dans le secteur. À cela s’ajoutent des cas de rémunérations tardives ou parfois inexistantes après les stages embarqués. Certains marins affirment attendre longtemps avant de percevoir leurs salaires.

Sur les navires, des conditions de travail difficiles sont également évoquées, marquées par un manque de protection sociale et des traitements jugés inéquitables entre stagiaires et marins expérimentés.

 

  • Un encadrement jugé insuffisant et des dérives dénoncées

Les stagiaires pointent par ailleurs un manque d’encadrement et de suivi pendant leur formation et leurs périodes en mer. Beaucoup estiment ne pas bénéficier d’un accompagnement suffisant pour évoluer professionnellement. La question des intermédiaires est également soulevée. Des agences de placement sont accusées de pratiques abusives, notamment des promesses d’embarquement non tenues, aggravant la frustration des candidats au métier de marin marchand.

 

MEL TOURÉ

Revue de presse du 8 juin : déguerpissements, tensions politiques, UNJCI et Mondial 2026 dominent les Unes

L’actualité du lundi 8 juin 2026 est marquée par trois grands axes : la poursuite des opérations de déguerpissement à Abidjan, les dynamiques politiques nationales et les préparatifs du Mondial 2026.

La presse revient également sur des sujets sociaux sensibles, des faits divers et des mouvements au sein des partis politiques.

Politique : entre démentis, critiques et annonces internes

Au centre des débats politiques, Le Jour Plus met en avant des informations attribuées à des proches du chef de l’État. Le journal affirme que le pouvoir exécutif resterait engagé à conduire le mandat présidentiel à son terme, en écartant toute hypothèse d’interruption anticipée.

Dans le même registre, Notre Voie relaie les critiques de Pascal Affi N’Guessan, qui accuse le pouvoir en place de ne pas répondre aux attentes des populations, estimant que « ce pouvoir ne gouverne pas les Ivoiriens ».

Toujours dans l’opposition, Générations Nouvelles reprend des propos attribués au président du FPI, pour qui la situation actuelle constitue « un échec pour Alassane Ouattara ». Aujourd’hui nuance le débat en évoquant un exécutif qui tente d’apaiser les tensions, face à une opposition particulièrement offensive.

 

Déguerpissements à Abidjan : tensions sociales et drames humains

La presse revient largement sur la vague de démolitions en cours dans plusieurs quartiers d’Abidjan. Le Franc-Tireur évoque une situation particulièrement préoccupante, affirmant que des candidats aux examens nationaux se retrouvent sans abri en pleine période scolaire.

Dans la même dynamique, Le Nouveau Réveil critique la politique sociale du pouvoir à travers une formule mettant en cause l’écart entre slogan et réalité. Le Sursaut s’interroge également sur les motivations profondes de ces opérations, évoquant des soupçons autour des déguerpissements.

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De son côté, Le Nouveau Réveil dénonce les difficultés sociales à travers une formule critique opposant les promesses de logement à la réalité du terrain. Le Sursaut consacre pour sa part une enquête au déguerpissement de Koumassi Campement, qu’il qualifie de « vaste complot contre les pauvres ».

Sur le plan gouvernemental, RHDP News évoque des mesures d’urgence prises à l’issue d’une réunion de crise présidée par Beugré Mambé, tandis que Le Matin insiste sur le fait que les populations concernées auraient été informées en amont des opérations.

 

UNJCI : Marie-Laure N’Goran prend les commandes

Le 12ᵉ congrès de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) s’est achevé par l’élection de Marie-Laure N’Goran à la présidence du Conseil exécutif. Liberté titre sobrement : « MNL, présidente ! », tandis que Le Rassemblement confirme l’issue du scrutin avec « Marie Laure N’Goran, nouvelle présidente ! ».

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Partis politiques : recompositions et mobilisation interne

Au PPA-CI, la presse revient sur l’élection de la secrétaire nationale de la ligue des femmes. Le Quotidien d’Abidjan annonce l’arrivée de Guéi Sylvie Épse Doukoula à ce poste, tandis que La Voie Originale appelle à tourner la page des élections pour se concentrer sur l’action. Le Temps rapporte quant à lui un appel à la mobilisation lancé par la nouvelle responsable.

Au RHDP, Le Patriote met en avant une dynamique interne portée par la jeunesse du parti, notamment en matière d’adhésion et de formation politique.

 

Sport : cap sur le Mondial 2026

À quelques jours du début de la compétition, la Coupe du monde 2026 occupe également les Unes. La Côte d’Ivoire s’apprête à affronter l’Équateur le 15 juin à Philadelphie pour son entrée en lice. Fraternité Matin évoque une sélection ivoirienne « de plain-pied dans le rêve américain », tandis que SuperSport parle des « Éléphants, le Mondial de tous les espoirs ».

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Distinctions et faits divers

Sur le plan institutionnel, Abidjan 24 et L’Essor ivoirien annoncent une distinction décernée au vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, présenté comme meilleur ministre de la Défense de la décennie dans l’espace CEDEAO. En fait divers, Soir Info revient sur la mort d’un orpailleur à Brou-Akpaoussou (Andé), évoquant de nouvelles informations sur les circonstances du drame.

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Autres sujets à la Une

Enfin, plusieurs journaux évoquent des tensions au sein de la Chambre des rois et chefs traditionnels à Diabo et Languibonou. Le ministère de l’Éducation nationale fait également l’objet d’attention après l’annonce de nouvelles décisions concernant les affectations en classe de 6ᵉ et de Seconde.

Déguerpissement à Koumassi Campement : le chef du village brise le silence et réclame des explications

Plusieurs jours après l’opération de déguerpissement qui a frappé la cité Houphouët-Boigny, plus connue sous le nom de « Koumassi Grand Campement », les interrogations demeurent. Alors qu’une grande partie du quartier a été détruite, les habitants affectés peinent encore à comprendre les véritables raisons de cette intervention.

Depuis les démolitions, de nombreux ménages vivent dans des conditions difficiles. Certaines familles ont perdu leur logement et une grande partie de leurs biens. C’est le cas de Dao Djénéba. La sinistrée affirme avoir été prise au dépourvu par l’arrivée des engins de démolition.

« Ils sont arrivés sans nous prévenir. Je n’ai même pas pu sauver mes affaires. Je ne sais plus où aller. Ce matin, je suis venue à l’école primaire située à côté pour voir si je pouvais trouver un endroit où dormir avec mes enfants »,

a-t-elle confié, en larmes. La situation suscite également l’incompréhension chez plusieurs propriétaires qui affirment détenir des documents administratifs attestant de leurs droits sur les parcelles occupées.

« Nous avons nos Arrêtés de Concession Définitive (ACD), mais nos maisons ont été détruites. À quoi sert alors ce document ? Nous demandons au Président de la République de nous venir en aide »,

a déclaré Alassane Sawadogo.

 

Le chef du village dénonce un manque d’information

Trois jours après l’opération, le chef suprême de la cité Grand Campement, Nanan Marcellin Koffi, a réagi lors d’un point de presse. Le responsable coutumier affirme n’avoir reçu aucune information préalable concernant le déguerpissement. Selon lui, les autorités traditionnelles auraient dû être associées au processus.

« Le maire étant notre premier interlocuteur, je l’ai appelé. Il m’a dit qu’il n’était pas au courant. Jusqu’à présent, nous ne connaissons pas l’origine exacte du problème. Avant les autorités municipales, il y avait les autorités coutumières que nous sommes. Pourtant, je n’ai, ni de près ni de loin, été informé de cette situation »,

a-t-il regretté. Selon les informations communiquées au chef coutumier, l’opération serait liée à un différend foncier.

« Le secrétaire général de la mairie m’a fait savoir qu’un certain Brou Jacques, qui a obtenu gain de cause dans un litige foncier, a ordonné le déguerpissement. Toutefois, lors des démolitions, les équipes sont allées au-delà du périmètre concerné en détruisant des maisons qui ne se trouvent pas sur la parcelle appartenant à Brou Jacques »,

a-t-il expliqué. Ces déclarations alimentent davantage les interrogations autour des contours exacts de l’opération et de son périmètre d’exécution. Le chef coutumier a également dénoncé les conditions dans lesquelles les démolitions ont été menées. Il déplore l’absence d’information préalable ainsi que la précarité dans laquelle se retrouvent aujourd’hui les familles touchées. À l’issue de son intervention, il s’est rendu dans une école primaire où plusieurs sinistrés ont trouvé refuge de manière temporaire. Il leur a apporté son soutien et assuré que des démarches seraient entreprises afin de rechercher des solutions adaptées.

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À ce jour, les circonstances exactes de l’opération continuent de susciter des interrogations. En attendant des explications plus claires et d’éventuelles mesures d’accompagnement, de nombreuses familles restent confrontées à l’incertitude.

UNJCI : Marie-Laure N’Goran élue présidente du Conseil exécutif

À l’issue de son 12ᵉ congrès électif tenu les 6 et 7 juin 2026 à la Maison de la Presse d’Abidjan, l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) a confié la présidence de son Conseil exécutif à la journaliste Marie-Laure N’Goran. 

Candidate de la liste « UNJCI Nouvelle Vision », elle a remporté le scrutin avec 244 voix sur 408 votants, soit 59,80 % des suffrages exprimés. Son principal adversaire, Stéphane Bahi, qui conduisait la liste « Ensemble pour une union forte et solidaire », a recueilli 161 voix, soit 39,46 %. Trois bulletins blancs ont également été comptabilisés.

Cette élection a constitué l’un des temps forts du 12ᵉ congrès électif de l’UNJCI, tenu autour du thème « Rassemblement et reconstruction ». Pendant deux jours, les professionnels des médias issus de diverses rédactions et structures de presse du pays ont échangé sur l’avenir de leur organisation et les défis du secteur.

Élue pour trois ans, Marie-Laure N’Goran dirigera les activités de l’UNJCI. Elle défendra les intérêts des journalistes et œuvrera au renforcement des compétences professionnelles. Elle encouragera également une presse libre, éthique et responsable.

 

Étienne Atta prend la tête du Conseil d’administration

Le congrès a également permis de renouveler les instances dirigeantes de l’organisation. Pour le Conseil d’administration, Étienne Atta a remporté l’élection avec 243 voix. Son adversaire, Tchê Bi Tchê, a obtenu 159 suffrages. L’élection de Marie-Laure N’Goran marque un tournant dans l’histoire de l’organisation. Pour la première fois depuis sa création en 1991, l’UNJCI confie sa direction à une femme.

Cette élection ouvre une nouvelle étape pour l’UNJCI. L’organisation poursuivra la défense des professionnels des médias. Elle continuera également à promouvoir la liberté de la presse en Côte d’Ivoire.

 

Sénégal : Ousmane Sonko réélu à l’unanimité à la présidence du PASTEF

Ousmane Sonko conserve les rênes du PASTEF. Réunis en congrès samedi à Diamniadio, près de Dakar, les 583 délégués représentant les sections nationales et la diaspora ont voté à l’unanimité pour son maintien à la présidence du parti qu’il a créé en 2014.

Cette réélection intervient quelques semaines après son limogeage du poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye, le 22 mai dernier et son élection à la présidence de l’Assemblée nationale. Les résultats du vote ont été annoncés par Ngouda Mboup, chargé de superviser le scrutin lors du premier congrès du mouvement.

 

Un nouveau gouvernement sans le Pastef

Après le départ d’Ousmane Sonko de la Primature, le président sénégalais a confié les rênes du gouvernement à Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô. Le nouveau chef du gouvernement a formé son équipe le 2 juin. Le PASTEF a toutefois choisi de boycotter cet exécutif. Plusieurs personnalités proches du pouvoir ainsi que d’anciens membres du parti figurent néanmoins dans la nouvelle équipe gouvernementale. Malgré les tensions politiques, Ousmane Sonko a écarté l’idée d’une chute immédiate du gouvernement. Le 2 juin, il a assuré que son parti ne déposerait pas de motion de censure contre l’exécutif.

« Si PASTEF le veut, dans 72 heures, ce gouvernement peut tomber. Mais nous ne le censurerons pas. Nous allons les accompagner »

, a-t-il déclaré. Le PASTEF dispose pourtant d’une majorité écrasante à l’Assemblée nationale avec 130 sièges sur 165. Cette position lui permettrait, à tout moment, de déposer une motion de censure et de renverser le gouvernement. D’anciens parlementaires rappellent également que le gouvernement pourrait être mis en difficulté lors de la présentation de sa déclaration de politique générale, dont la date n’a pas encore été fixée.

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De son côté, le président Bassirou Diomaye Faye conserve plusieurs leviers institutionnels. En cas de censure, il pourrait nommer un nouveau gouvernement. La Constitution lui permet également, dans certaines circonstances, de recourir aux pouvoirs exceptionnels prévus par son article 52. Cette disposition ouvre la voie à une gouvernance par ordonnances pendant une période de trois mois, sans passage préalable devant l’Assemblée nationale.

Orpaillage clandestin : un orpailleur burkinabè décapité, sa tête emportée par son agresseur

La localité de Brou-Akpaoussou, située dans la sous-préfecture d’Andé (région du Moronou), a été frappée par un acte d’une barbarie rare. Mercredi 3 juin 2026, en fin d’après-midi, un jeune orpailleur clandestin burkinabè a été assassiné et décapité par un individu armé d’une machette. L’auteur du crime, dont l’identité et les mobiles restent inconnus, a emporté la tête de sa victime, plongeant la communauté dans la stupeur et l’incompréhension.

Le drame a eu lieu dans une zone de brousse près de Brou-Akpaoussou. L’orpaillage clandestin y est présent depuis des années. La victime avait une vingtaine d’années. Elle revenait d’un site d’orpaillage illégal. Un compatriote burkinabè l’accompagnait. Il était arrivé récemment du Burkina Faso. Les deux hommes, après une journée de travail, cherchaient un nouvel emplacement à exploiter dès le lendemain.
C’est lors de cette prospection que leur chemin a croisé celui d’un homme muni d’une machette. Sans méfiance, ils ont cru avoir affaire à un simple paysan rentrant de son champ. Une erreur d’appréciation qui s’est révélée tragique.

 

Une attaque foudroyante et une fuite désespérée

D’après le témoignage du compagnon de la victime, ce dernier marchait quelques mètres devant son ami lorsque des cris déchirants ont retenti. En se retournant, il a vu l’agresseur porter des coups de machette violents à son compagnon. Terrifié, il a pris la fuite en direction du village, hurlant pour alerter les habitants. À son arrivée à Brou-Akpaoussou, il a relaté les circonstances de l’agression, mais l’obscurité et les conditions de sécurité ont empêché une intervention immédiate.

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Ce n’est que le lendemain, jeudi 4 juin, qu’un groupe d’habitants, accompagné du témoin, s’est rendu sur les lieux. Le corps sans vie de l’orpailleur gisait dans la brousse. Les villageois ont alors découvert avec horreur que le meurtrier avait décapité la victime et emporté sa tête. Cette découverte a provoqué une onde de choc au sein de la population locale, déjà préoccupée par l’insécurité et les conséquences de l’orpaillage clandestin.

Sous une pluie battante, les villageois ont évacué le corps vers Bongouanou pour les besoins de l’enquête et des formalités médico-légales. Les gendarmes se sont également rendus sur place avec le compagnon du défunt pour recueillir son témoignage et approfondir les investigations. À ce stade, les circonstances exactes du crime et les motivations de l’auteur restent inconnues. Les autorités ont ouvert une enquête pour éclaircir cette affaire. Le dossier suscite de nombreuses interrogations dans la région du Moronou. Il provoque également une profonde indignation au sein des populations locales.

Le jeune burkinabé décapité
© Le jeune burkinabé décapité

Déguerpissements à Abidjan : le COJEP critique une méthode coercitive et réclame la concertation

Dirigé par Charles Blé Goudé, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP) a vivement réagi aux opérations de déguerpissement menées dans plusieurs quartiers du district autonome d’Abidjan. Le mouvement politique dénonce une approche qu’il qualifie de répressive dans la conduite de ces opérations.

Dans un communiqué daté du 4 juin 2026 et signé par son porte-parole, Me Serge Ouraga, le parti dénonce une gestion des opérations qui privilégierait, selon lui, l’usage des bulldozers au détriment du dialogue et de la justice sociale. Le COJEP affirme que ces démolitions ont déjà touché de nombreuses familles contraintes de quitter leurs habitations. Il évoque une situation de grande précarité pour plusieurs catégories sociales, notamment des femmes, des enfants, des personnes âgées et des travailleurs modestes. Selon le mouvement, ces populations se retrouvent aujourd’hui sans solution de relogement après les opérations de déguerpissement.

 

Entre nécessité urbaine et interrogations politiques

Tout en reconnaissant le droit de l’État à organiser l’espace urbain et à sécuriser les zones à risque, le COJEP s’interroge sur la méthode employée. Le parti estime que les conditions d’exécution de ces opérations méritent davantage de réflexion. Il interroge notamment la pertinence de démarches qui, selon lui, placent certaines populations dans une grande détresse sociale. Le mouvement politique pointe également des insuffisances dans la gouvernance urbaine. Il rappelle que plusieurs quartiers concernés se sont développés progressivement, parfois avec une présence prolongée des autorités administratives. Pour le COJEP, il est difficile de justifier la déclaration soudaine d’irrégularité de zones occupées et tolérées depuis plusieurs années.

Le parti rejette l’idée selon laquelle les habitants seraient les seuls responsables de cette situation. Il évoque plutôt un manque de planification et une insuffisance dans la gestion de l’urbanisation. Selon lui, les erreurs de gouvernance doivent également être prises en compte dans l’analyse du problème foncier à Abidjan.

Le communiqué souligne enfin le contexte dans lequel interviennent ces déguerpissements. Le COJEP évoque la saison des pluies ainsi que la période des examens scolaires et universitaires. Le parti estime que ces conditions aggravent la vulnérabilité des familles touchées, exposées aux intempéries, aux maladies et aux difficultés scolaires.

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Le COJEP appelle les autorités à privilégier une approche basée sur le dialogue avec les populations concernées. Il plaide pour un développement urbain construit de manière participative. Pour le parti, la transformation des villes doit se faire « avec les populations et au bénéfice des populations ».

 

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MC One en concert à Abidjan : un show marqué par des messages de réconciliation et de soutien

Tenue le samedi 6 juin 2026, la prestation de MC One a transformé l’esplanade du Palais de la Culture de Treichville en scène de grand spectacle. Le public, venu en nombre, a assisté à un enchaînement de performances scéniques, d’apparitions d’invités et de prises de parole symboliques.

Moment fort de la soirée, l’annonce d’un potentiel featuring avec Kedjevara a suscité une forte réaction du public. Cette révélation est intervenue lorsque Le Molare a rejoint MC One sur scène, donnant une dimension particulière à la séquence.

Un appel à la réconciliation sur scène

Face aux spectateurs, MC One a exprimé son souhait de réunir plusieurs figures du milieu musical. Il a évoqué la possibilité d’une collaboration avec Kedjevara, en présence de Le Molare, qu’il considère comme un mentor. Dans son intervention, il a insisté sur l’importance de répondre aux attentes du public ivoirien, qui espère voir ces artistes réunis autour d’un projet commun. En réponse, Le Molare a adopté un ton à la fois bienveillant et pédagogique. Il a encouragé MC One à privilégier la musique et à éviter les tensions. Il a également affirmé sa volonté de contacter lui-même Kedjevara. Cela viserait à faciliter un éventuel rapprochement entre les deux artistes.

Le public présent a largement salué cette prise de parole. Il a longuement applaudi l’échange entre les deux artistes. L’atmosphère du concert s’est renforcée, mêlant émotion et espoir d’apaisement. Outre Le Molare, plusieurs artistes ont également marqué leur présence, notamment Jr La Melo, Piment Sucré et Nyerky, venus témoigner leur soutien à MC One.

 

Un spectacle entre nostalgie et hommage

Sur scène, MC One a livré une prestation en deux temps, revisitant ses titres phares depuis ses débuts tout en intégrant des moments d’improvisation. Il a notamment rendu hommage à DJ Kedjevara à travers une performance dédiée. Le chanteur a également partagé la scène avec plusieurs membres de son entourage. Sa mère, que l’on présente comme servante de Dieu, est montée sur scène et a délivré un message d’évangélisation. Ses petites sœurs ont aussi rejoint la scène et ont partagé ce moment familial.. Il a aussi convié ses proches et membres de la « Team Ingratitude », ainsi que les personnes impliquées dans l’organisation du spectacle.

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Ce concert s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions entre MC One et son ancien producteur DJ Kedjevara. L’événement a été organisé de manière spontanée, à la suite d’une série de désaccords publics. Lors d’un échange sur les réseaux sociaux, MC One avait évoqué des difficultés dans sa carrière, qu’il attribuait en partie à son ancien label. DJ Kedjevara avait reconnu certaines erreurs, tout en affirmant avoir tenté de faire revenir son ancien protégé au sein de « 18 Avril Prod ».

Les échanges entre les deux artistes sont devenus plus tendus. Cette situation a alimenté une polémique largement suivie par le public. Dans ce contexte, une mobilisation s’est organisée autour du concert. L’événement a été présenté comme une étape de relance pour MC One.

Koumassi Campement : enquête sur un déguerpissement qui met en cause un opérateur économique

Dans le quartier Houphouët-Boigny, dit « Campement », une opération de déguerpissement accompagnée de démolitions est en cours depuis la matinée du mercredi 3 juin 2026. Face aux nombreuses réactions suscitées, la mairie de Koumassi a réagi par voie de communiqué. Elle entend ainsi clarifier l’origine de cette intervention auprès de l’opinion publique.

Dans le quartier concerné, les engins ont procédé à la destruction de plusieurs habitations dans un climat de forte émotion. Selon les autorités, cette action s’inscrit dans un cadre strictement judiciaire, malgré les nombreuses interrogations soulevées par les riverains.

 

La mairie se défend de toute initiative

Dans sa communication officielle, la direction de la mairie de Koumassi a tenu à clarifier sa position. L’institution municipale rejette toute implication directe et affirme que l’opération ne relève pas de son initiative. Selon le communiqué, la procédure découle de l’exécution d’une décision de justice obtenue par un opérateur économique privé, Alloui Brou Jacques, dans le cadre d’un litige foncier portant sur la parcelle concernée. Cette décision lui permettrait de faire valoir ses droits sur le terrain occupé depuis plusieurs années.

Les autorités municipales indiquent également que l’opération repose sur des documents juridiques en règle, notamment une grosse exécutoire et les pièces judiciaires nécessaires à l’exécution de la décision rendue par les juridictions compétentes. Elles estiment que l’intervention des services habilités respecte les dispositions légales en vigueur en Côte d’Ivoire. Face aux réactions suscitées par le déguerpissement, la mairie insiste sur la nécessité de distinguer les responsabilités administratives des décisions judiciaires. Elle rappelle ne pas être à l’origine de l’opération, tout en affirmant suivre son évolution avec attention.

Le maire de Koumassi, Narcisse Toussaint Balley, surveille de près la situation ainsi que ses conséquences sociales. L’édile se dit attaché à la préservation de la cohésion sociale, au respect du droit et au maintien de la sérénité au sein de la commune.

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Des habitants entre inquiétude et perte de logements

Sur le terrain, la démolition de plusieurs constructions a entraîné le déplacement de nombreux occupants. Les autorités défendent la légalité du processus. Les populations touchées dénoncent des difficultés de relogement. Elles évoquent également la perte de leurs biens. Cette situation relance le débat sur les questions foncières à Abidjan. La pression urbaine accentue les tensions dans les communes. Les enjeux immobiliers alimentent régulièrement des conflits d’occupation.

Dans ce contexte tendu, la mairie appelle les populations à la retenue et à la responsabilité. Elle invite les habitants à se référer uniquement aux informations officielles afin d’éviter la propagation de rumeurs susceptibles d’aggraver les tensions. Les autorités locales assurent rester mobilisées pour accompagner les différentes parties prenantes et préserver la cohésion sociale dans la commune de Koumassi.

Au-delà du cas présent, cette affaire met en évidence la complexité persistante des litiges fonciers en milieu urbain et, selon les autorités, la nécessité de renforcer la sensibilisation aux procédures légales d’acquisition et d’occupation des terrains.

 

Mairie de Koumassi
© Mairie de Koumassi

Abidjan / Déguerpissement de Koumassi Campement : zones d’ombre autour d’une opération qui soulève de nombreuses questions

À Koumassi Campement, le 3 juin 2026, des engins de démolition ont rasé plusieurs habitations sous les yeux des riverains, impuissants. Menée en pleine saison des pluies, l’opération a plongé des centaines de familles dans le sans-abrisme. Plusieurs jours après les faits, le commanditaire réel du déguerpissement et sa base juridique restent toujours inconnus.

Cette démolition éclair a rapidement provoqué une vive polémique. Au-delà de la détresse des populations touchées, l’affaire met en lumière un complexe litige foncier et soulève des interrogations sur la légalité de la procédure ayant conduit à l’expulsion des occupants.

Une décision de justice introuvable

L’entourage d’Alloui Brou Jacques, opérateur privé revendiquant une parcelle de 24 328 m², affirme que la justice a autorisé l’opération. Cependant, plusieurs médias n’ont retrouvé aucune trace de cette décision dans les bases de données judiciairesLe numéro de l’ordonnance, sa date de délivrance ainsi que la juridiction compétente n’ont pas été rendus publics. Cette absence de documentation alimente les interrogations sur la transparence de la procédure et sur la validité du fondement juridique invoqué pour justifier le déguerpissement.

Les zones d’ombre entourant cette opération sont renforcées par le passé judiciaire du dossier. En mars 2017, la Cour d’appel d’Abidjan avait ordonné le déguerpissement d’Alloui Brou Jacques de cette même parcelle. Quelques années plus tard, en juillet 2022, le Conseil d’État avait rejeté sa demande de suspension des procédures engagées contre lui.

Plus récemment, en décembre 2024, la haute juridiction administrative avait déclaré irrecevable un recours en annulation introduit par l’intéressé, en raison d’un dépassement des délais légaux. Ces décisions contrastent avec la rapidité de l’opération menée le 3 juin et alimentent les interrogations sur les circonstances ayant permis sa mise en œuvre.

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L’argument du péril imminent absent

Dans plusieurs opérations de déguerpissement menées à Abidjan, les autorités invoquent généralement le risque d’inondation ou le caractère dangereux des sites occupés. Or, selon les informations disponibles, Koumassi Campement n’avait fait l’objet d’aucune classification officielle comme zone à péril imminent. Aucun rapport technique ni aucune expertise publique n’auraient été présentés aux habitants avant l’arrivée des engins.

L’absence de mesures d’accompagnement a également suscité de nombreuses critiques. Les familles concernées affirment n’avoir bénéficié ni de solution de relogement temporaire ni d’assistance particulière malgré l’urgence de la situation. Autre conséquence relevée par les riverains, les gravats issus des démolitions encombrent désormais plusieurs canaux de drainage. Une situation qui pourrait accentuer les risques d’inondation pendant la saison des pluies.

Face à la controverse, la mairie de Koumassi a publié un communiqué pour préciser qu’elle n’était pas à l’origine de l’opération. La municipalité affirme avoir uniquement assisté à l’exécution d’une procédure judiciaire. Cette position ne suffit toutefois pas à apaiser les interrogations. Des organisations de la société civile réclament désormais la publication de l’ordre d’exécution ayant autorisé le recours à la force publique.

 

Une affaire aux multiples enjeux

Au-delà du seul cas de Koumassi Campement, cette affaire relance le débat sur la gestion des litiges fonciers à Abidjan. Elle met en évidence les défis liés à la transparence des procédures, à la protection des populations vulnérables et à la responsabilité des différents acteurs impliqués.

Alors que de nombreuses familles restent sans solution après la destruction de leurs logements, les regards se tournent désormais vers les autorités administratives et judiciaires, appelées à faire toute la lumière sur les conditions de cette opération qui continue de susciter indignation et incompréhension.

 

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