PPA-CI : Réuni en congrès, Laurent Gbagbo reconduit à la tête du parti

Le premier jour du congrès du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), ouvert le jeudi 14 mai 2026 à Abidjan, a consacré la reconduction de son fondateur, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, à la présidence du parti.

Cette décision, prise par acclamation au Palais de la Culture, a suscité une vive émotion parmi les quelque 3 000 congressistes présents. L’absence du leader politique n’a toutefois pas empêché cette validation largement acquise. Selon les informations issues du congrès, Laurent Gbagbo devrait s’adresser aux militants par message ce vendredi. La semaine précédente, il avait soumis des propositions visant à réorganiser la gestion du parti, notamment en réduisant son implication dans la direction quotidienne.

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Des réformes internes au cœur des travaux du congrès

Au-delà de la reconduction du président du parti, les travaux portent également sur une réforme des statuts du PPA-CI. Les congressistes examinent notamment la question de la discipline interne et le sort des militants ayant enfreint les consignes du comité central lors des récents scrutins.

Trois personnalités, dont Ahoua Don Mello, candidat malheureux à la présidentielle d’octobre 2025, ont déjà été radiées du parti. Par ailleurs, 62 autres militants font l’objet de suspensions allant de 3 à 18 mois. Parmi les responsables concernés figurent le professeur Georges Armand Ouégnin, le maire de Lakota Prince Arthur Dalli, ainsi que Stéphane Kipré, aujourd’hui député indépendant.

Dans une réaction publiée sur les réseaux sociaux, Stéphane Kipré appelle à une refondation du parti. Il estime que le PPA-CI doit « repartir sur de nouvelles bases » et adopter « une répartition claire des responsabilités autour d’un leader garant de la vision et de l’autorité morale ».

Le congrès du PPA-CI doit s’achever ce vendredi après-midi à Abidjan. Le samedi, la fête de la Renaissance à Songon suivra la clôture du congrès, un rendez-vous politique et militant que les sympathisants du parti attendent.

PPA-CI : Don Mello et plusieurs cadres radiés, le congrès acte une vague de sanctions internes

Le premier congrès ordinaire du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), ouvert le jeudi 14 mai 2026 à Abidjan, a été marqué par une série de décisions disciplinaires majeures. Parmi elles, la radiation d’Ahoua Don Mello, ancien vice-président exécutif du parti, ainsi que de plusieurs de ses proches collaborateurs.

Cette mesure, actée par les instances dirigeantes du parti fondé par Laurent Gbagbo, confirme une profonde crise interne au sein de la formation politique.

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Don Mello sanctionné pour « indiscipline » et divergence stratégique

En rupture avec la direction du parti depuis juillet 2025, Ahoua Don Mello a perdu ses fonctions de vice-président exécutif pour « indiscipline ». La direction du parti lui reproche sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2025, en contradiction avec la ligne officielle du PPA-CI, qui prône le boycott du scrutin.

Auditionné le 8 avril dernier par le Conseil de discipline à la suite d’une saisine du président exécutif Sébastien Dano Djédjé, l’ancien haut responsable avait défendu une « candidature de précaution », visant à éviter une « politique de la chaise vide » en cas d’inéligibilité de Laurent Gbagbo.

Une justification rejetée par la direction du parti, qui y voit une violation de la discipline collective et des décisions du Comité central, lequel avait désigné Laurent Gbagbo comme unique candidat malgré sa situation d’inéligibilité. Outre Ahoua Don Mello, plusieurs de ses proches ont été exclus des instances du parti. Parmi eux figurent Fernand Ahilé et Antoine Kanga, maire de M’Batto, ce dernier ayant depuis rejoint le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

La question de la discipline interne figurait au cœur des travaux de ce congrès. Lors d’une précédente réunion du Comité central, Laurent Gbagbo avait lui-même insisté sur la nécessité de trancher les cas de dissidence interne. « Il faudra qu’on règle ces problèmes de rébellion interne », avait-il déclaré, annonçant la mise en place de mécanismes de traitement individuel des dossiers disciplinaires.

Suspensions et sanctions contre plusieurs cadres du parti

D’autres figures du PPA-CI subissent également des sanctions disciplinaires. Le parti suspend Stéphane Kipré, ancien premier vice-président exécutif, pour 18 mois des activités et des élections internes, notamment en raison de sa participation aux législatives de 2025 malgré le mot d’ordre de boycott. Dans la même dynamique, la direction du PPA-CI inflige une suspension de 18 mois à Georges Armand Ouégnin, déjà révoqué de ses fonctions en novembre 2025 pour des faits similaires. Le parti suspend également Arthur Dally pour une durée de 12 mois.

Ce congrès devrait également consacrer, sans surprise, la reconduction de Laurent Gbagbo à la tête du PPA-CI. Candidat unique à sa propre succession, l’ancien président ivoirien avait initialement annoncé son intention de quitter la présidence du parti avant de revenir sur sa décision à la demande du Comité central.

Cette série de sanctions confirme une volonté affichée de resserrer la discipline interne au sein du parti, à l’approche des prochains enjeux politiques nationaux.

Cyber escroqueries : le ministère des finances dénonce de fausses offres de revenus en ligne en Côte d’ivoire

Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget de Côte d’Ivoire tire la sonnette d’alarme face à la multiplication de publications frauduleuses diffusées sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué publié le 13 mai 2026 à Abidjan, l’administration met en garde les populations contre de fausses annonces attribuées abusivement à ses services.

Selon le ministère, des individus malveillants font circuler depuis plusieurs semaines des contenus prétendant offrir aux citoyens la possibilité de percevoir jusqu’à deux millions de francs CFA par mois après une simple inscription, sans aucune activité professionnelle ni prestation de service. Des promesses qualifiées de totalement fictives par les autorités, qui dénoncent une stratégie destinée à piéger les internautes dans des réseaux d’arnaque.

Communiqué du du ministère de l’économie, des finances et du budget
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Des méthodes de fraude de plus en plus sophistiquées

Le communiqué révèle également que les auteurs de ces escroqueries utilisent des procédés de plus en plus élaborés pour crédibiliser leurs manœuvres. Certains n’hésitent pas à usurper l’identité visuelle de responsables de l’État, notamment celle du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, ou encore de ses proches collaborateurs. Images détournées, faux témoignages et citations inventées sont ainsi exploités pour convaincre les victimes de l’authenticité de ces prétendues opportunités financières.

Face à cette situation, le ministère insiste sur le fait que ces offres n’ont aucun lien avec ses services et relèvent exclusivement de la cyber escroquerie. Les autorités appellent les populations à faire preuve de prudence et à éviter de communiquer des informations personnelles ou bancaires à des inconnus sur les plateformes numériques.

L’administration financière rappelle que ces pratiques exposent les victimes à de lourdes conséquences, pertes financières, vols de données personnelles, extorsions ou encore chantages orchestrés par des réseaux de cyber délinquants. Le ministère affirme par ailleurs avoir engagé des démarches avec les autorités compétentes afin d’identifier les auteurs de ces actes, de les interpeller et de les traduire devant la justice.

Cette mise en garde intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des escroqueries numériques en Afrique de l’Ouest, où les réseaux sociaux sont devenus un terrain privilégié pour les campagnes de désinformation et les fraudes en ligne. Les autorités ivoiriennes invitent enfin les citoyens à vérifier systématiquement l’origine des informations avant toute inscription ou transaction sur Internet, afin d’éviter de tomber dans les pièges tendus par les cybercriminels.

PND 2026-2030 : À Kigali, la Côte d’Ivoire mise sur son plan stratégique pour accélérer sa croissance

Le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, a affirmé que le Plan national de développement (PND) 2026-2030 constitue le pilier central de la stratégie de croissance de la Côte d’Ivoire. Il s’exprimait lors d’un panel organisé dans le cadre de la 13ᵉ édition de l’Africa CEO Forum, tenu à Kigali, au Rwanda.

Représentant le président Alassane Ouattara à cette rencontre de haut niveau, le chef du gouvernement a invité les investisseurs internationaux à considérer la Côte d’Ivoire comme une destination économique de premier plan. Il a mis en avant les infrastructures existantes du pays, notamment dans les secteurs routier, énergétique et hydraulique, ainsi qu’un cadre institutionnel jugé favorable aux affaires.

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Un PND tourné vers le secteur privé et plus de 800 projets

Robert Beugré Mambé a précisé que le PND 2026-2030 accorde une place centrale au secteur privé, avec plus de 800 projets identifiés susceptibles d’intéresser les investisseurs et les opérateurs économiques. Selon lui, cette nouvelle feuille de route vise à renforcer l’attractivité du pays et à accélérer la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.

L’Afrique face au défi des infrastructures

Intervenant également lors d’un panel consacré aux infrastructures résilientes en Afrique, le Premier ministre a rappelé l’ampleur des besoins du continent. Il a indiqué que d’ici 2040, près de 70 % des infrastructures nécessaires au développement africain restent encore à construire, soulignant ainsi l’urgence d’investissements massifs et structurants. Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire s’inscrit, selon lui, dans une dynamique de développement d’infrastructures durables et résilientes, intégrant les enjeux environnementaux.

En fin de journée, Robert Beugré Mambé a également pris part, aux côtés du président rwandais Paul Kagame, à un panel présidentiel sur les champions continentaux, animé par les présidents Clotaire Oligui Nguema et Bola Ahmed Tinubu. Placée sous le thème « Scale or fail : pourquoi le capitalisme africain doit unir ses forces ? », cette session de haut niveau a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération entre les secteurs public et privé pour soutenir la croissance du continent.

Le sommet de l’Africa CEO Forum, considéré comme le plus grand rendez-vous du secteur privé africain, réunit pendant deux jours dirigeants politiques, investisseurs et chefs d’entreprise autour de débats stratégiques sur l’avenir économique du continent. Lors de la cérémonie d’ouverture, le directeur général de la Société financière internationale (SFI), Makhtar Diop, le président-directeur général de Jeune Afrique Media Group, Amir Ben Yahmed, ainsi que le président Paul Kagame ont insisté sur la nécessité pour l’Afrique de mieux se projeter dans l’avenir.

Les discussions portent notamment sur la reconfiguration du commerce mondial, le financement des infrastructures, la souveraineté technologique, la mobilisation des capitaux à long terme et l’émergence de mégaprojets industriels sur le continent.

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Affaire du financement Libyen : Sept ans prison requis en appel contre Nicolas Sarkozy

La cour d’appel de Paris a entendu, mercredi 13 mai, les réquisitions du parquet général dans le volet libyen de l’affaire du financement présumé de la campagne présidentielle de 2007. Après trois jours de réquisitions, les avocats généraux ont demandé une peine de sept ans d’emprisonnement contre Nicolas Sarkozy, assortie d’une privation des droits civiques et d’une exécution provisoire.

Cette réquisition correspond à celle prononcée en première instance par le tribunal correctionnel de Paris.

Poitout Florian/Abaca
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Des accusations de financement illégal au cœur du dossier

L’affaire porte sur des soupçons de financement occulte de la campagne victorieuse de 2007 par le régime de Mouammar Kadhafi. En première instance, les juges avaient retenu les qualifications de corruption active, trafic d’influence et financement illégal de campagne électorale. L’audience en appel, ouverte depuis deux mois, a permis de réexaminer l’ensemble du dossier, notamment les éléments issus des agendas de Claude Guéant et des témoignages d’intermédiaires libyens.

Le parquet général a maintenu sans variation son analyse. Les avocats généraux ont insisté sur la gravité des faits, estimant qu’un financement étranger d’une campagne présidentielle porte atteinte à la souveraineté nationale et à la sincérité du scrutin. Ils ont également affirmé que Nicolas Sarkozy occupait une position centrale dans le dispositif présumé de financement. Présent à l’audience, l’ancien chef de l’État a suivi les réquisitions sans réaction apparente.

Des peines également requises contre ses anciens proches

Le parquet général a également ciblé plusieurs anciens collaborateurs. Pour Claude Guéant, il a requis six ans de prison ferme. Pour Brice Hortefeux, il a demandé quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, avec possibilité d’aménagement sous bracelet électronique. Les avocats généraux estiment que ces responsables ont participé activement aux mécanismes de financement et de dissimulation des fonds.

Les avocats de la défense disposent de deux semaines pour présenter leurs plaidoiries. La cour d’appel de Paris mettra ensuite l’affaire en délibéré. La décision est attendue pour le 30 novembre 2026, à l’issue d’un procès qui continue de mobiliser l’attention judiciaire et politique en France.

Transport : L’OFT dévoile la carte des 33 barrages routiers autorisés

L’Observatoire de la Fluidité des Transports (OFT) a rendu publique la carte officielle des 33 barrages routiers autorisés sur l’ensemble du territoire national. L’institution a également communiqué les contacts du Centre d’alerte et d’assistance à la fluidité (CAAF), destiné à signaler les entraves à la circulation et les barrages non autorisés.

Cette initiative vise à mieux encadrer les contrôles routiers, lutter contre les installations anarchiques et améliorer la circulation des personnes et des biens.

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Une répartition des barrages sur tout le territoire

L’institution a également communiqué les numéros du Centre d’alerte et d’assistance à la fluidité (CAAF) destinés à signaler les entraves à la circulation sur les différents axes routiers du pays. La carte publiée recense 33 points de contrôle répartis dans les principales zones du pays à savoir :

Nord et zones frontalières

Dans le nord, les barrages autorisés se situent notamment à Korhogo, Ferkessédougou, Ouangolodougou, Boundiali, Tengréla, Bouna et Doropo. Ces postes occupent des axes stratégiques reliant la Côte d’Ivoire aux pays de la sous-région.

Ouest et axes transfrontaliers

À l’ouest, les contrôles officiels sont installés à Man, Danané, Toulepleu, Duékoué, Touba, Séguéla, Odienné, Minignan et Tabou. Ces zones couvrent plusieurs corridors frontaliers et axes de transit interrégionaux.

Centre et centre-ouest

Au centre et au centre-ouest, les barrages autorisés se trouvent à Bouaké, Yamoussoukro, Daloa, Gagnoa, Soubré et Mankono. Ces localités constituent des carrefours majeurs pour la circulation intérieure.

Sud et est du pays

Dans le sud et l’est, les postes de contrôle sont situés à Abidjan, Aboisso, Elibou, Noé, Agnibilékrou, Abengourou, Bondoukou et San Pedro. Plusieurs de ces axes relient le pays aux frontières ghanéennes ainsi qu’aux zones portuaires.

Un dispositif d’alerte pour les usagers

L’OFT invite les usagers à signaler toute entrave via le numéro court 86090, mis à disposition du Centre d’alerte et d’assistance à la fluidité (CAAF). L’objectif affiché est de garantir une meilleure circulation sur les principaux corridors routiers nationaux.

Justice : Après sept ans de détention, Affoué Félicité Kouamé obtient sa libération

Après sept années passées en prison, Affoué Félicité Kouamé a retrouvé la liberté ce mercredi 13 mai 2026. La Cour d’appel d’Abidjan a réduit sa peine de vingt à cinq ans d’emprisonnement ferme. Les juges ont ensuite ordonné sa libération immédiate, le temps déjà passé en détention dépassant largement la nouvelle condamnation.

L’affaire remonte à septembre 2016, date de son incarcération. En mars 2019, le tribunal correctionnel d’Abidjan l’avait condamnée à vingt ans de prison pour « faux et usage de faux ». La justice lui reprochait une escroquerie liée à de faux recrutements dans la fonction publique pour un montant supérieur à 90 millions de FCFA.

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Un dossier bloqué pendant plusieurs années

Dès le lendemain du verdict, son avocat avait interjeté appel. Mais pendant plusieurs années, le dossier est resté sans suite devant la Cour d’appel. L’affaire a finalement ressurgi en avril 2026 sur les réseaux sociaux, provoquant une vague d’indignation autour des lenteurs judiciaires.

Face à la polémique, Sansan Kambilé a reconnu un grave dysfonctionnement au sein de l’administration judiciaire. Le ministre a annoncé l’ouverture d’une enquête et des sanctions disciplinaires contre deux agents. L’avocat de la détenue, Youssouf Méité, dénonçait depuis plusieurs années une détention excessive et contraire aux droits humains.

Cette affaire a également relancé le débat sur les conditions de détention et les lenteurs judiciaires en Côte d’Ivoire. L’Assemblée nationale a récemment mis en place un Observatoire national de la détention pour surveiller le respect des délais judiciaires. Selon Brahima Coulibaly, cette structure doit permettre de mieux contrôler la situation des détenus. Dans son verdict rendu le 13 mai 2026, la Cour d’appel a rejeté l’exception de prescription, mais elle a jugé l’appel d’Affoué Félicité Kouamé partiellement fondé. Les magistrats ont finalement ramené sa peine à cinq ans de prison ferme.

Après plus de sept ans passés derrière les barreaux, l’ancienne détenue quitte désormais la prison, mettant fin à une longue bataille judiciaire et administrative.

PPA-CI : Don Mello, Stéphane Kipré et plusieurs cadres exclus du premier congrès ordinaire

À la veille de son premier congrès ordinaire prévu les 14 et 15 mai 2026 à Abidjan, le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a décidé d’exclure plusieurs figures du mouvement des travaux.

Dans un communiqué signé le 12 mai 2026 par Emmanuel Ackah, président de séance, la direction du parti précise que les responsables visés par des procédures disciplinaires ne pourront pas participer au congrès. Au total, 39 personnes figurent sur cette liste présentée comme « non exhaustive ».

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Don Mello au cœur des tensions internes

Le cas le plus emblématique reste celui de Ahoua Don Mello. L’ancien vice-président exécutif du parti avait créé la rupture après avoir maintenu sa candidature à l’élection présidentielle de 2025, malgré le choix du PPA-CI de soutenir Laurent Gbagbo comme candidat officiel. Entendu en avril 2026 par le conseil de discipline, Don Mello avait revendiqué son statut de candidat indépendant. Le parti l’avait déjà démis de ses fonctions dès août 2025 après l’annonce de sa candidature.

Plusieurs soutiens internes de Don Mello figurent aussi parmi les exclus. C’est le cas d’Ahilé Fernand, ancien responsable de la communication interne du parti. Le PPA-CI lui reproche d’avoir publiquement soutenu la démarche de Don Mello et critiqué la gestion interne du mouvement.

Stéphane Kipré sanctionné après les législatives

Autre figure concernée, Stéphane Kipré. L’ancien premier vice-président exécutif avait été révoqué après sa participation aux élections législatives de 2025. La direction du PPA-CI avait pourtant appelé au boycott du scrutin lors du Comité central de novembre 2025. Le parti accuse plusieurs cadres d’avoir défié cette décision collective.

À l’époque, la direction du PPA-CI avait défendu une ligne de fermeté. Le parti rappelait que « la discipline ne peut être sélective » et qu’aucun responsable ne pouvait s’affranchir des décisions prises par les instances dirigeantes. Vingt-deux cadres avaient déjà perdu leurs fonctions après les législatives. Plusieurs d’entre eux apparaissent aujourd’hui sur la liste des personnalités exclues du congrès.

Malgré les tensions, Stéphane Kipré avait récemment tenté d’apaiser ses relations avec Laurent Gbagbo, qu’il qualifiait encore de « boussole politique ». Cette démarche n’a toutefois pas empêché son exclusion des travaux du congrès. Pour l’heure, aucun des responsables concernés n’a officiellement réagi.

Bingerville : un jeune homme meurt après un lynchage lié à un téléphone retrouvé plus tard

L’émotion reste vive à Élokaté après la mort de Mobio Delvis, un jeune homme d’une vingtaine d’années décédé le 10 mai 2026.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des membres d’un groupe local présenté comme la « sécurité » du village auraient violemment battu le jeune homme après une accusation de vol dans un maquis.

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Une accusation de vol à l’origine du drame

D’après des habitants, Mobio Delvis était venu de Bingerville rendre visite à sa mère avant de se rendre dans un maquis du village. Une serveuse l’aurait alors accusé d’avoir dérobé son téléphone portable. Après une altercation, des jeunes présentés comme des agents de sécurité communautaire seraient intervenus.

Selon plusieurs témoins, ils auraient conduit le jeune homme dans un champ d’hévéas où ils l’auraient violemment battu avant de le ramener au centre du village. Des habitants affirment ensuite que les agresseurs l’ont attaché à un poteau sous le soleil.

Alertée par l’agitation, la mère de la victime serait arrivée sur les lieux sans savoir qu’il s’agissait de son fils. Selon des riverains, elle aurait tenté de lui porter assistance avant de reconnaître Mobio Delvis. Sous la pression des habitants, les jeunes auraient finalement accepté de le détacher. Mais son état se serait rapidement aggravé. Des témoins affirment que le jeune homme rejetait l’eau que sa mère essayait de lui donner.

Les personnes impliquées auraient ensuite transporté Mobio Delvis vers un centre de santé. Selon plusieurs témoignages, le jeune homme est décédé avant son arrivée. Autre élément relevé par des habitants, le téléphone présenté comme volé aurait été retrouvé plus tard dans le maquis. Après ce drame, plusieurs habitants d’Élokaté dénoncent les méthodes du groupe chargé de la sécurité communautaire. Des riverains affirment que ces violences ne sont pas nouvelles et évoquent d’autres agressions survenues dans le passé. Certains accusent également ces groupes d’agir en dehors du cadre légal et de bénéficier d’une forme d’impunité.

Une enquête ouverte par les autorités

Face à la tension, le préfet s’est rendu dans le village pour appeler au calme et annoncer l’ouverture d’une enquête. Des convocations auraient été adressées aux jeunes mis en cause pour des auditions à la gendarmerie de Bingerville. Selon plusieurs sources locales, la mère de la victime a finalement porté plainte.

Au-delà du drame, cette affaire relance les interrogations sur le fonctionnement de certains groupes d’auto-surveillance dans des villages du district d’Abidjan. Plusieurs habitants dénoncent des pratiques d’intimidation et des violences commises en marge des forces de sécurité officielles. Le corps de Mobio Delvis repose actuellement à la morgue de Bingerville, dans l’attente des conclusions de l’enquête.