Le premier congrès ordinaire du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), ouvert le jeudi 14 mai 2026 à Abidjan, a été marqué par une série de décisions disciplinaires majeures. Parmi elles, la radiation d’Ahoua Don Mello, ancien vice-président exécutif du parti, ainsi que de plusieurs de ses proches collaborateurs.
Cette mesure, actée par les instances dirigeantes du parti fondé par Laurent Gbagbo, confirme une profonde crise interne au sein de la formation politique.
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Don Mello sanctionné pour « indiscipline » et divergence stratégique
En rupture avec la direction du parti depuis juillet 2025, Ahoua Don Mello a perdu ses fonctions de vice-président exécutif pour « indiscipline ». La direction du parti lui reproche sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2025, en contradiction avec la ligne officielle du PPA-CI, qui prône le boycott du scrutin.
Auditionné le 8 avril dernier par le Conseil de discipline à la suite d’une saisine du président exécutif Sébastien Dano Djédjé, l’ancien haut responsable avait défendu une « candidature de précaution », visant à éviter une « politique de la chaise vide » en cas d’inéligibilité de Laurent Gbagbo.
Une justification rejetée par la direction du parti, qui y voit une violation de la discipline collective et des décisions du Comité central, lequel avait désigné Laurent Gbagbo comme unique candidat malgré sa situation d’inéligibilité.
Plusieurs proches collaborateurs également radiés
Outre Ahoua Don Mello, plusieurs de ses proches ont été exclus des instances du parti. Parmi eux figurent Fernand Ahilé et Antoine Kanga, maire de M’Batto, ce dernier ayant depuis rejoint le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).
La question de la discipline interne figurait au cœur des travaux de ce congrès. Lors d’une précédente réunion du Comité central, Laurent Gbagbo avait lui-même insisté sur la nécessité de trancher les cas de dissidence interne.
« Il faudra qu’on règle ces problèmes de rébellion interne », avait-il déclaré, annonçant la mise en place de mécanismes de traitement individuel des dossiers disciplinaires.
Suspensions et sanctions contre plusieurs cadres du parti
D’autres figures du PPA-CI subissent également des sanctions disciplinaires. Le parti suspend Stéphane Kipré, ancien premier vice-président exécutif, pour 18 mois des activités et des élections internes, notamment en raison de sa participation aux législatives de 2025 malgré le mot d’ordre de boycott.
Dans la même dynamique, la direction du PPA-CI inflige une suspension de 18 mois à Georges Armand Ouégnin, déjà révoqué de ses fonctions en novembre 2025 pour des faits similaires. Le parti suspend également Arthur Dally pour une durée de 12 mois.
Ce congrès devrait également consacrer, sans surprise, la reconduction de Laurent Gbagbo à la tête du PPA-CI. Candidat unique à sa propre succession, l’ancien président ivoirien avait initialement annoncé son intention de quitter la présidence du parti avant de revenir sur sa décision à la demande du Comité central.
Cette série de sanctions confirme une volonté affichée de resserrer la discipline interne au sein du parti, à l’approche des prochains enjeux politiques nationaux.




