Dans le Michigan, les démocrates face au dur choix du meilleur candidat pour battre Trump

Une vision plus modérée comme celle de Joe Biden ou un pari à gauche toute avec Bernie Sanders: les démocrates du Michigan se demandent, avant un scrutin crucial, quel candidat aux primaires serait le mieux placé pour battre Donald Trump en novembre.

Ancien bastion démocrate abritant le berceau de l’automobile Detroit, le Michigan avait donné en 2016 une victoire surprise au républicain Trump face à Hillary Clinton.

Frappés par les effets de la mondialisation, de nombreux ouvriers de l’automobile séduits par son programme protectionniste avaient contribué ici à porter Donald Trump jusqu’à la Maison Blanche. Ils devraient encore jouer cette fois un rôle crucial lors de la présidentielle.

Espérant chacun démontrer, lors de la primaire du Michigan mardi, qu’ils comptent aussi sur le soutien des ouvriers pour pouvoir battre, cette fois, Donald Trump, les deux favoris pour l’investiture démocrate sillonnaient lundi cet Etat.

Le sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, joue gros: le Michigan lui avait donné un grand élan en 2016 face à Hillary Clinton mais pourrait cette fois adouber l’ancien vice-président Joe Biden, 77 ans, fort d’une large avance dans les sondages.

Or un échec du « socialiste » autoproclamé Sanders dans le premier Etat industriel du « Midwest » à s’exprimer dans les primaires démocrates risquerait de signaler la fin à ses ambitions présidentielles.

Pour la gouverneure démocrate du Michigan Gretchen Whitmer, cela ne fait aucun doute: l’ancien bras droit de Barack Obama, Joe Biden, est le mieux placé pour remporter leurs suffrages, puisqu’il avait oeuvré au gigantesque plan de sauvetage destiné au secteur automobile frappé par la crise en 2008.

« Tout ceux qui travaillent pour ou sont proches du secteur –c’est à dire tout le monde dans cet Etat– doivent réfléchir à la direction que nous prenons et à qui nous a soutenu, surtout pendant le sauvetage de l’automobile », a-t-elle déclaré à l’AFP à Detroit dimanche.

– « Trahis » –

En 2016, Bernie Sanders avait su séduire les ouvriers blancs qui se sentaient ignorés par Washington.

Mais Joe Biden, déjà très populaire chez les démocrates noirs, vient de remporter 10 des 14 Etats qui ont voté mardi dernier lors du « Super Tuesday ». Une spectaculaire « remontada » opérée notamment grâce à des victoires dans des Etats où les électeurs sont, justement, en vaste majorité blancs.

Signe de l’importance du Michigan parmi les six Etats qui votent mardi: M. Sanders a annulé des discours prévus ailleurs pour en ajouter dans cet Etat, dont un meeting dimanche sur un campus universitaire à Ann Arbor.

« Je soutiens Bernie en partie parce j’ai l’impression qu’il pourra attirer beaucoup d’électeurs qui avaient voté pour Trump en 2016 », a expliqué Alvin Hermans, un étudiant en informatique de 19 ans.

Le sénateur tente de renforcer son soutien chez les grands syndicats, comme United Auto Workers (UAW) qui était parvenu l’an dernier à un accord avec le géant américain de l’automobile General Motors après une longue grève historique, motivée notamment par le coût de l’assurance santé.

Pour Tony Totty, un membre d’UAW âgé de 44 ans, ce bras de fer a éloigné nombre de ses collègues de Donald Trump pour les rapprocher de Bernie Sanders, qui propose une profonde réforme vers un système de couverture universelle.

La fermeture en 2019 d’une usine de General Motors a aussi mis à mal la promesse du président républicain de ramener les emplois industriels dans la région.

« Beaucoup de membres de notre usine se sentent trahis, et lorsqu’il sera temps de voter, ils vont se faire entendre », a prédit Tony Totty.

– « Un juste milieu » –

Il était venu de l’Ohio voisin pour soutenir des membres du syndicat Teamsters en grève.

Pour James Focht, un camionneur en grève, un candidat plus modéré serait pourtant préférable.

« Je pense qu’on peut trouver un juste milieu », explique-t-il. « Peut-être que Joe Biden pourrait réussir ».

Mais pour Eric Read, un assistant social âgé de 34 ans venu voir Bernie Sanders à Flint, opter pour le compromis serait une erreur.

« Quand les démocrates se présentent en modérés, ils n’obtiennent pas une participation aussi élevée que quand ils ont des candidats plus à gauche », affirme-t-il. Sanders est « celui qui peut battre Trump ».

Craig Walker, un camionneur de Dundee, dans le Michigan, explique qu’il soutient Donald Trump et qu’une victoire de Bernier Sanders pourrait aider le républicain à être réélu.

Car le président brandira sans relâche la menace du « socialisme », un terme qui évoque encore à certains des relents de Guerre froide et de communisme.

« Je pense encore que Trump va remporter le Michigan, mais cela va vraiment dépendre de qui gagne l’investiture démocrate », avance-t-il. « Cela va vraiment être serré ».

Venise confinée: aubaine pour certains, catastrophe pour d’autres

Venise, haut-lieu du tourisme mondial, est quasi déserte après la décision du gouvernement italien dimanche de confiner plusieurs régions du nord touchées par le coronavirus. Une bonne nouvelle pour certains touristes, une catastrophe pour le commerce.

Depuis quelques jours, et plus encore depuis dimanche, les gondoles flottent tristement le long des quais de la Cité des Doges et la célèbre Place Saint-Marc est étonnement calme, tout comme le pont Rialto où d’ordinaire les visiteurs se bousculent.

Une aubaine pour certains touristes qui peuvent déambuler dans les ruelles de la Sérénissime sans avoir à se frayer un passage au milieu de la foule.

« Je n’aurais pas pu rêver meilleure occasion que celle que m’a donnée le coronavirus, il n’y a personne dans les rues », a déclaré à l’AFP Fabrizio Netti, touriste vivant à Düsseldorf.

Mais pour les commerçants et les entrepreneurs locaux, dont l’activité dépend essentiellement du tourisme, la situation est synonyme de « désastre ».

C’est un nouveau coup dur pour la ville qui, en novembre avait déjà dû faire face à une inondation historique, une de ses célèbres « acqua alta », qui avait dévasté de nombreuses maisons, hôtels et églises.

« Pour les gondoliers c’est catastrophique car il n’y a pas de travail. C’est le cas non seulement pour nous, mais aussi pour les autres activités économiques », a témoigné au micro de l’AFPTV le gondolier Furio Zennaro.

Benedetta Pesce est employée dans l’une des rares boutiques de la place Saint-Marc à être restée ouverte. Face à la menace du virus, elle ne se dit pas particulièrement courageuse: « Nous essayons de l’être, mais c’est aussi pour éviter de perdre mon emploi que j’ai décidé de sortir et de venir travailler ».

« Le problème le plus grave en ce moment ici à Venise est d’ordre économique. Nous espérons que l’Italie pourra faire quelque chose pour tous ceux qui risquent de se retrouver sans emploi », confie Mino Biasin, opérateur touristique.

L’Italie, deuxième pays le plus touché par l’épidémie derrière la Chine avec plus de 7.000 cas dont 366 décès, a placé dimanche un quart de sa population en quarantaine.

Des femmes se mobilisent à Abobo, pour demander à Ouattara de Briguer un 3e mandat

Des femmes partisanes du président ivoirien Alassane Ouattara ont manifesté ce lundi 09 mars à Abobo, suite à sa décision de ne pas se présenter pour un 3e mandat. Cette décision qui est perçue pour ces femmes comme un danger pour la paix et la stabilité en Côte d’ivoire.

A cet effet, certaines pancartes illustrées par des phrases telles que « 9 ans de paix et de stabilité, on veut Ado » montre le désir pour ces femmes de le voir encore pour un troisième mandat.

Pour certaines manifestantes, Ouattara surnommé « Ado » est une chance pour la Côte d’ivoire. Quant à d’autres elles se sont exprimées par ses dires : «On veut ADO, ADO pour toujours, ADO est une chance pour la Côte d’Ivoire »

Par ailleurs, cette manifestation vient confirmer la volonté de certains proches du président qui estiment que renoncer à un troisième mandat en 2020, n’est pas d’une bonne initiative.

Selon l’artiste-chanteuse ivoirienne Mawa Traoré : « Papa ADO nous sommes avec toi aujourd’hui, nous sommes avec toi demain. Si nous sommes là aujourd’hui, c’est pour la paix ». Elle a souhaité que Ouattara ne renonce pas à se présenter.

Rappelons que le jeudi 05 mars, Alassane Ouattara avait annoncé devant le parlement réuni en congrès à Yamoussoukro qu’il ne sera pas candidat pour les élections présidentielle d’octobre 2020. Il souhaite transférer le pouvoir à une nouvelle génération.

Le parlement ivoirien autorise la modification de la constitution

Le parlement ivoirien  a autorisé ce lundi 9 mars 2020, la modification de la constitution de la troisième République adopté en 2016.

Sur un total de 312 parlementaires, 225 voix sont partantes pour la modification de la constitution. Quant au 87 restantes, 83 voix sont contre ce projet de loi et 4 voix absentes.

En effet, le gouvernement ivoirien a adopté le 06 mars, un projet de loi portant sur la révision de la constitution. Par ailleurs, à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire les modifications apportées dans la constitution, touchent tous les pouvoirs.

Il s’agit notamment, des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires.

Cependant, après l’adoption du règlement intérieur, l’opposition a invité le congrès à suggérer la proposition, au conseil constitutionnel avant sa mise en application.

Malgré cela, le vote s’est poursuivi et le Congrès, à la majorité a voté pour la modification de la Constitution.

Le premier ministre soudanais échappe à un attentat à Khartoum

Le premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, a échappé ce lundi à attentat terroriste à la bombe dans la capitale de soudanaise Khartoum.

Au vu des informations données par la télévision d’Etat, ce dernier aurait été la cible d’une attaque terroriste. Par ailleurs, il se porte bien et a été même, transporté dans un lieu sûr.

En effet, la Radio Om Dormane, une station d’Etat, a indiqué que le convoi du Premier ministre avait été visé par des tirs d’armes automatiques lors de l’explosion. Cependant, le premier ministre « M. Hamdok a été transporté dans un hôpital » ajouta la Radio.

L’explosion est survenue à Kober, dans un quartier du nord-est de Khartoum, à l’entrée d’un pont sur le Nil. Ce lieu a été bouclé par des forces de l’ordre qui ont immédiatement lancé une enquête.

A cet effet, le communiqué du conseil des ministres, qualifie cet acte comme une attaque terroriste sans désigner les responsables.

L’émir de Kano, grande figure traditionnelle du Nigeria, « détrôné » par les autorités

L’émir de Kano, l’une des plus grandes figures du pouvoir traditionnel au Nigeria, très influent dans tout le nord musulman du pays, a été « détrôné » lundi par le gouverneur pour insubordination et manque de respect envers le pouvoir politique et religieux.

« Le conseil exécutif de l’Etat de Kano (nord) a donné son accord à l’unanimité pour détrôner l’émir Muhammadu Sanusi II et le relever de ses fonctions », selon un communiqué signé du porte-parole du gouvernement de l’Etat, Alhaji Usman Alhaji.

L’émir a été renvoyé pour avoir « manqué de respect aux institutions » et notamment avoir refusé de participer à des réunions avec le gouverneur Abdullahi Umar Ganduje sans donner « de justification légale », explique le communiqué.

Muhammadu Sanusi II, 58 ans, est l’une des plus grandes figures traditionnelles au Nigeria, et particulièrement dans le Nord musulman, où il se partage le pouvoir traditionnel avec le sultan de Sokoto.

57e émir de Kano depuis le 10e siècle, Sanusi Lamido Sanusi, son nom à l’état civil, fait partie de la nouvelle génération de chefs traditionnels modernes et très éduqués. Il a été gouverneur de la Banque centrale, dont il avait été écarté en 2014 après avoir dénoncé des détournements de fonds massifs sous le précédent gouvernement fédéral.

En février, l’émir avait déclaré qu' »aucun leader dans le nord du Nigeria ne peut s’estimer heureux. »

« Personne ne peut se réjouir d’avoir 87% de la pauvreté du pays dans le Nord et des millions et des millions d’enfants qui ne vont pas à l’école », avait-il lancé à la suite de la publication d’un rapport de la Banque mondiale sur la pauvreté dans le nord de ce pays de 200 millions d’habitants.

Il avait également dénoncé les abus de la polygamie, demandant aux hommes musulmans qui n’ont pas les moyens financiers d’avoir des familles élargies ou d’envoyer leurs enfants à l’école de renoncer à épouser jusqu’à quatre femmes.

Le gouvernement de l’Etat de Kano a ainsi accusé l’émir de « détruire l’image » de l’émirat, assurant prendre cette décision très rare et historique pour « défendre le prestige, la religion, la culture et la tradition », valeurs bâties « depuis un millénaire ».

Réputé proche de l’actuel président Muhammadu Buhari, l’émir n’a pourtant jamais hésité à dénoncer les politiques économiques du gouvernement et le gouverneur de Kano, M. Ganduje, élu en 2019, l’accuse désormais de soutenir l’opposition.

Les chefs traditionnels ont perdu leur pouvoir politique sous la colonisation britannique, mais leur influence est énorme dans la société nigériane, certains considérant les plus grands chefs comme des demi-dieux.

Nord du Burkina: 43 civils tués dimanche par des groupes d’autodéfense

Quarante-trois villageois ont été tués dimanche au cours de plusieurs attaques dans des localités du nord du Burkina Faso, a annoncé lundi le gouvernement dans un communiqué, des sources locales précisant à l’AFP qu’il s’agit d’attaques de groupes d’autodéfense en représailles aux actions jihadistes.

« Dimanche, des attaques ont été perpétrées dans les villages de Dinguila et Barga situés dans la commune de Barga, province du Yatenga (Nord). Le bilan provisoire fait état de 43 victimes », a dit le ministre de la Communication Remis Fulgance Dandjinou.

Des sources locales, jointes par l’AFP, indiquent qu’il s’agit de villages où vivent majoritairement des Peuls, souvent accusés d’être proches des jihadistes.

« Les blessés, au nombre de six, ont été référés au Centre hospitalier régional de Ouahigouya où ils sont pris en charge. Les Forces de Défense et de Sécurité ont été immédiatement déployées sur les lieux pour sécuriser les villages attaqués », a précisé le ministre Dandjinou.

Le ministre n’a pas fait référence aux groupes d’autodéfense ou aux communautés peules.

« Le gouvernement condamne avec la plus grande fermeté cette attaque odieuse (…). Le Procureur du Faso près le Tribunal de Grande instance de Ouahigouya a par ailleurs été saisi (…) tout est mis en œuvre pour ramener le calme et la sérénité dans les villages touchés », a-t-il dit.

Les ministres chargés de la Défense nationale et de l’Administration territoriale ont été envoyés « sur les lieux pour apporter le réconfort du gouvernement aux populations meurtries et faire le point de la situation ».

« Ce sont des groupes d’autodéfense qui agissent en représailles aux attaques jihadistes », a indiqué une source locale à l’AFP, confirmant la version donnée par d’autres sources locales.

Le nord du Burkina est en proie à de fréquentes attaques jihadistes.

A l’instar du Mali, du Niger, du Nigeria et même de la Côte d’Ivoire, les tensions dégénèrent périodiquement en violences entre communautés agricoles et Peuls éleveurs, souvent nomades, présents dans toute l’Afrique de l’Ouest.

Certains Peuls ayant rejoint les groupes jihadistes, qui ont tué plus de 800 personnes depuis 2015 au Burkina, il est fréquent d’entendre des Burkinabè faire l’amalgame entre jihadistes et Peuls.

Les groupes jihadistes attisent ces tensions, et les représailles contre les Peuls se sont multipliées en 2019.

En janvier 2019, des individus armés non identifiés avaient attaqué le village de Yirgou et tué six personnes, dont le chef du village. Cette attaque avait été suivie de représailles intercommunautaires, faisant 46 morts, selon un bilan officiel. Beaucoup plus, selon des ONG.

Les violences jihadistes, souvent entremêlées à ces conflits intercommunautaires, ont fait quelque 4.000 morts en 2019 au Burkina Faso, au Mali et au Niger, selon l’ONU.

Soudan: le Premier ministre de transition échappe à un attentat

Le Premier ministre de transition au Soudan, Abdallah Hamdok, a échappé lundi à un attentat « terroriste » à Khartoum, décrit comme une tentative de faire dérailler le processus politique engagé dans ce pays après 30 ans de dictature militaro-islamiste du président Omar el-Béchir.

Le convoi de M. Hamdok a été visé par une explosion et des tirs d’armes automatiques au moment où il ralentissait pour s’engager dans un pont sur le Nil menant aux bureaux du Premier ministre.

Ali Bakhit, le chef de cabinet du chef du gouvernement a été le premier a annoncer sur Facebook qu' »une explosion s’est produite au passage de la voiture du Premier ministre mais que grâce à dieu personne n’a été touché ».

« Le Premier ministre a été visé par une tentative d’assassinat mais il se porte bien et a été transporté dans un lieu sûr », a ensuite annoncé la télévision d’Etat, évoquant un « attentat terroriste ».

Radio Omdourman, une station d’Etat, a indiqué que le convoi du Premier ministre avait été visé par des tirs d’armes automatiques.

Le lieu de l’explosion, survenue à Kober, un quartier du nord-est de Khartoum, a été bouclé par les forces de l’ordre, qui ont immédiatement lancé une enquête.

Les images de deux véhicules endommagés par l’explosion ont été diffusées par la télévision d’Etat.

Dans un communiqué lu par le ministre de la Culture et de l’information, Fayçal Mohammed Saleh, le Conseil des ministres a qualifié l’attaque de « terroriste » sans en désigner les responsables.

– Attentat contre « la révolution » –

L’attentat, qui n’a pas été revendiqué dans l’immédiat, a fait un blessé léger parmi les membres du protocole accompagnant M. Hamdok, a précisé le Conseil des ministres en promettant de « faire face avec détermination à toutes les attaques terroristes ».

C’est la « révolution soudanaise qui a été visée par cette attaque (…) mais nous ferons en sorte que cette révolution poursuive sa marche », a souligné le Conseil des ministres.

« Je veux rassurer le peuple soudanais que je me porte bien et que ce qui s’est passé n’arrêtera pas la marche (du Soudan) sur la voie du changement », a écrit le Premier ministre sur Twitter.

A la mi-journée, M. Hamdok a présidé une réunion des dirigeants des Forces pour la liberté et le changement (FLC), fer de lance de la contestation qui a conduit au départ de l’ancien président Béchir en avril 2019. Il a ensuite réuni ses ministres pour une réunion extraordinaire.

Dans des images de la télévision d’Etat, M. Hamdok est apparu souriant pendant ces réunions et donnant l’accolade aux personnalités venues montrer leur soutien après l’échec de la tentative d’assassinat.

Plusieurs cortèges de manifestants soutenant M. Hamdok ensuite sillonné Khartoum, selon des témoins.

Ce sont les FLC qui ont proposé M. Hamdok, un ex-économiste de l’ONU, au poste de Premier ministre.

Conformément à un accord avec les militaires en août 2019, M. Hamdok a pris la tête d’un gouvernement de transition, aux côtés d’un Conseil souverain composé de civils et de militaires. Ces deux instances sont chargées de conduire une transition de trois ans, avec des élections libres à la clé.

– indignation générale –

Depuis son investiture, le Premier ministre s’emploie à relancer une économie en berne, à négocier la paix avec des mouvements rebelles de l’ouest et du sud du pays et à réformer un système politique hérité du pouvoir islamiste d’Omar el-Béchir, qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant 30 ans.

Des Etats-Unis au Golfe, en passant par l’Ethiopie, les réactions à l’attentat ont été nombreuses et indignées

Un haut responsable du département d’Etat en charge de l’Afrique, Tibor Nagy, a condamné l’attentat, réaffirmant le soutien des Etats-Unis au « gouvernement de transition dirigé par des civils au Soduan et au peuple soudanais ».

Le haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères Josep Borrell a condamné l’attentat et souligné que les « idéaux de la révolution (soudanaise) doivent être préservés ».

La mission conjointe des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (Minuad) a condamné, dans un communiqué, l’attaque, estimant qu’elle visait « à faire dérailler le processus de transition au Soudan ».

Ryad a rejeté « cet acte terroriste et lâche dirigé contre la sécurité et la stabilité du Soudan » alors que le Emirats arabes unis ont dit « soutenir la période de transition » au Soudan.

Le ministre d’Etat aux Affaires étrangères des Emirats Anwar Gargash a estimé que l’attentat était destiné à « porter un coup à la transition et aux espoirs et aux aspirations du peuple soudanais ».

Le Qatar a condamné l’attentat avec « force », tandis que le Premier ministre d’Ethiopie Abiy Ahmed a souligné qu’un « tel incident ne doit pas faire dérailler le processus (politique) et la marche pour assurer la stabilité du Soudan ».

La guerre des prix du pétrole, pari risqué de l’Arabie saoudite

L’Arabie saoudite a fait plonger les marchés mondiaux en réduisant drastiquement les prix de son pétrole, une guerre des prix risquée pour le prince héritier Mohammed ben Salmane, dans un contexte de baisse de la demande liée à l’épidémie du nouveau coronavirus.

Cette bataille pourrait également constituer une menace existentielle pour cette puissance du Golfe, car elle coïncide avec une purge royale dans laquelle le frère et le neveu du roi Salmane ont été arrêtés.

Quelles sont les raisons et les conséquences de cette guerre des prix déclenchée par Ryad?

– Quel élément déclencheur ? –

La semaine dernière, l’Arabie Saoudite, chef de file de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a de nouveau fait pression pour réduire la production de brut afin de compenser la baisse de la demande mondiale en raison de l’épidémie du nouveau coronavirus.

Mais la Russie, deuxième producteur mondial après Ryad et partenaire de l’Opep sur ce dossier, s’y est opposée.

En réaction, l’Arabie saoudite a procédé à des baisses de ses prix les plus fortes depuis 20 ans, s’efforçant de s’approprier des parts de marché de Moscou et déclenchant des troubles sur les marchés financiers.

« Ce que fait l’Arabie saoudite pourraient être une tactique de négociation destinée à ramener la Russie à la table, mais il est peu probable que le marché soit optimiste à court terme », analyse la banque d’investissement Berenberg dans une note.

– Quelles retombées économiques ? –

Selon les analystes, l’effondrement des prix aura des conséquences importantes, allant de l’érosion des revenus des économies dépendantes de l’énergie à la déflation mondiale en passant par un ralentissement des projets d’exploration pétrolière.

Mais il pourrait être particulièrement dévastateur pour les pays du Golfe, qui représentent un cinquième de l’approvisionnement mondial en brut et où les revenus pétroliers comptent pour 70 à 90% des recettes publiques.

En 2014, une guerre des prix avait fait chuter le prix du pétrole à moins de 30 dollars le baril. Frappés de plein fouet, les pays du Golfe avaient dû adopter des mesures d’austérité pour combler leur déficit budgétaire.

Dimanche et lundi, les Bourses du Golfe ont plongé. Celle de Ryad, la plus importante de la région, a clôturé en baisse de 7,8% lundi, dans le sillage des Bourses asiatiques. Les places européennes et américaines leur ont emboîté le pas.

La position saoudienne pourrait également mettre dans l’embarras son allié américain, qui a besoin de cours solides pour rentabiliser son extraction de pétrole de schiste et concurrencer ainsi les acteurs plus importants tels que l’Arabie saoudite et la Russie.

– Quel impact sur MBS ? –

Le krach pétrolier pourrait compromettre les ambitieuses réformes économiques du prince héritier Mohammed ben Salmane, surnommé « MBS », financées par l’argent de l’or noir et précisément destinées à faire sortir l’économie du pays de sa dépendance à cette ressource.

L’effondrement des prix du pétrole coïncide par ailleurs avec une purge royale qui a eu lieu la semaine dernière. Les princes Ahmed ben Abdelaziz al-Saoud et Mohammed ben Nayef, respectivement frère et neveu du roi Salmane, ont été arrêtés pour, selon plusieurs sources, avoir fomenté un coup d’Etat contre MBS.

Selon une autre source proche de la cour royale, ces détentions constituent surtout un « message » pour étouffer toute opposition au prince héritier avant son intronisation.

Mais « la menace qui pèse sur le prince Mohammed ne vient pas de ses rivaux royaux mais de l’effondrement des revenus du pétrole et, avec eux, ses plans économiques ambitieux », estime Kristin Diwan, chercheuse à l’Arab Gulf States Institute, à Washington

– Qui gagnera la bataille ? –

L’affrontement entre Ryad et Moscou, et les autres producteurs de pétrole, sera remporté par le pays le plus apte à résister aux dégâts.

L’Arabie Saoudite détient d’importantes réserves et extrait son brut à des coûts défiant toute concurrence –seulement 2,80 dollars le baril– ce qui lui assure des marges confortables.

Mais avec son économie plus diversifiée, la Russie est un rival redoutable. « Il est peu probable que Moscou cède en premier, certainement pas avant trois à six mois », selon Chris Weafer du cabinet de conseil Macro Advisory.

« La Russie est dans une bien meilleure position financière pour supporter une guerre des prix du pétrole. Les réserves financières de la Russie sont supérieures de 80 milliards de dollars à celles de l’Arabie Saoudite », souligne-t-il.

Mais la position de Moscou changerait probablement si le prix du brut tombait en dessous de 25 dollars le baril pendant une période prolongée, ajoute M. Weafer.

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Coronavirus: 43 nouveaux décès en Iran, le bilan officiel monte à 237 morts

Téhéran a annoncé lundi la mort de 43 personnes supplémentaires infectées par le nouveau coronavirus, portant à 237 morts le bilan officiel de l’épidémie dans le pays.

« Au cours des dernières 24 heures, 43 personnes ont malheureusement (péri), et nous avons donc jusqu’à présent 237 personnes décédées de cette maladie dans notre pays », a déclaré Kianouche Jahanpour, porte-parole du ministère de la Santé lors d’une conférence de presse télévisée.

M. Jahanpour a indiqué par ailleurs que « 595 nouveaux cas (de contamination avaient) été identifiés (…) dans une trentaine de laboratoires agréés à travers le pays ».

« Nous avons eu donc 7.161 cas de Covid-19 à ce jour », a-t-il ajouté.

L’Iran est, avec la Chine et l’Italie, l’un des principaux foyers de la maladie Covid-19.

Avec 1.945 confirmés lundi, la province de Téhéran est la plus touchée du pays, devant celle de Qom (centre, 712 cas) et Mazandaran (nord, 633 cas).

Cette dernière, en bordure de la mer Caspienne est une destination prisée des Iraniens pour le traditionnel congé du Nouvel An persan (cette année du 19 mars au 3 avril), qui met tout l’Iran sur les routes pour des retrouvailles familiales.

A l’approche de cette échéance, le journal Iran a titré en première page « Le divertissement et les voyages mis en quarantaine ».

Si aucune mesure de quarantaine de certaines villes ou régions entières n’a été annoncée –contrairement à celles mises en place en Chine ou en Italie–, les autorités déconseillent formellement les voyages et ont annoncé que tout automobiliste soupçonné d’être contaminé par le virus serait placé immédiatement en quarantaine.

– « Agression bactériologique » –

Selon les médias iraniens, les autorités de plusieurs provinces ont pris des arrêtés de fermeture des hôtels et autres lieux d’hébergement touristiques afin de dissuader la population de voyager.

A la suite de la décision annoncée jeudi par Téhéran de prolonger la fermeture des écoles jusqu’à la fin de l’année iranienne, soit le 19 mars, la chaîne de télévision d’Etat Amouzèche (« Instruction » en persan) a adapté ses programmes avec de nouvelles émissions à destination des élèves du primaire.

Le journal réformateur Etemad a déploré lundi qu’une polémique ait vu le jour entre responsables iraniens sur les origines du virus.

Le quotidien faisait ainsi référence à des propos du général de division Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens de la Révolution (l’armée idéologique de la République islamique) ayant jugé, selon plusieurs médias iraniens que le « virus, d’abord propagé en Chine, puis en Iran (…) pourrait être le produit d’une agression biologique des Américains ».

« Les Etats-Unis doivent savoir que s’ils l’ont créé, (ce virus) se retournera sur leur propre peuple », aurait ajouté le général selon des médias iraniens.

Alaeddin Boroudjerdi, député sortant et ancien chef de la Commission parlementaire de la sécurité nationale et des affaires étrangères, a néanmoins émis des doutes sur cette « hypothèse » en mettant en avant que « les Etats-Unis, le régime sioniste et d’autres pays (étaient) tous affectés » par la maladie, selon des propos cités par Etemad.

Parmi les nouveaux décès liés au virus, les médias iraniens ont rapporté la mort de Mohammadréza Rahchamani, militant réformateur et ancien député, à l’âge de 67 ans.

Le site d’information en ligne Entekhab, annonce pour sa part le décès à 91 ans, à cause du virus, de l’ayatollah Réza Mohammadi Languéroudi, qui fut élève de l’ayatollah Khomeiny, père fondateur de la République islamique.