Primaires démocrates: Biden gonflé à bloc à la veille de son duel avec Sanders

Envolée dans les sondages, ralliements à la chaîne: Joe Biden était en position de force lundi à la veille de son premier duel avec le socialiste Bernie Sanders dans la primaire démocrate.

Après un début de campagne laborieux, l’ancien vice-président de Barack Obama, 77 ans, a repris la place de favori dans la course destinée à désigner l’adversaire de Donald Trump à la présidentielle du 3 novembre.

Quelque 52% des électeurs démocrates souhaitent que ce vétéran de la politique au message modéré porte les couleurs du parti contre 36% pour son rival Bernie Sanders, 78 ans, champion de la gauche, selon un sondage CNN publié lundi matin.

Avec 51% et 27% des intentions de vote respectivement, d’après une enquête du Detroit Free Press, l’écart est encore plus important pour le seul Michigan, le plus peuplé des six Etats où des scrutins sont prévus mardi.

En 2016, déjà en lice dans la primaire démocrate, Bernie Sanders avait nettement devancé Hillary Clinton dans cet Etat industriel de la région des Grands Lacs et un revers cette année porterait un coup dur à sa campagne. Mais à l’époque il avait fait mentir les sondages et tout reste possible.

Les électeurs du Dakota du Nord, Idaho, Mississippi, Missouri et Washington sont aussi appelés à départager les deux septuagénaires dans leur premier affrontement depuis le « Super Tuesday » qui fut fatal à plusieurs prétendants.

De piètres résultats dans les 14 Etats en jeu ont ainsi contraint le multi-milliardaire Michael Bloomberg ou la sénatrice Elizabeth Warren à jeter l’éponge. Si cette dernière réserve encore son choix, la plupart des anciens candidats se sont depuis ralliés à Joe Biden.

– « La bonne personne » –

Après Pete Buttigieg, Michael Bloomberg, Amy Klobuchar ou encore Kamala Harris, le sénateur noir Cory Booker lui a apporté lundi son soutien au nom du « rassemblement » nécessaire pour éviter l’éparpillement des voix.

« Il est temps que nous battions Donald Trump et c’est devenu très clair pour moi que Joe Biden est la bonne personne pour ça », a-t-il expliqué sur la chaîne CBS. « Nous devons nous unir et montrer notre force », a-t-il ajouté.

Les propositions de Bernie Sanders sur le système de santé, l’éducation ou le salaire minimum, très à gauche pour les Etats-Unis, font peur au sein de l’establishment démocrate.

Donald Trump, qui préférerait visiblement en découdre avec Bernie Sanders, ne cesse d’assurer que l’appareil démocrate essaie de l’écarter.

« Maintenant les démocrates essaient de salir Bernie avec la Russie, la Russie, la Russie. Ils le rendent fou ! », a-t-il encore tweeté lundi, en référence aux débats sur un voyage en Union Soviétique effectué par Bernie Sanders peu après son mariage.

– Coronavirus –

Même si le vent semble avoir tourné depuis une semaine, le sénateur du Vermont dispose toujours d’un soutien très fort dans certains segments de la population, notamment chez les jeunes et les hispaniques, et de militants déterminés sur le terrain. Il a également été adoubé dimanche par le révérend Jesse Jackson, une figure du combat pour les droits civiques.

Bien décidé à se battre, il promet de se rallier à Joe Biden si celui-ci l’emporte. Mais il ne manque aucune occasion d’égratigner le bilan de son rival, notamment ses votes passés pour l’intervention américaine en Irak ou des coupes dans l’assurance santé.

Lundi, les deux hommes battaient campagne dans le Michigan, qui avait basculé d’un cheveu en faveur de Donald Trump en 2016. Joe Biden, plutôt populaire dans le monde ouvrier, sera à Grand Rapids et Flint, marqué par un scandale d’eau contaminée. Bernie Sanders participera lui à une table-ronde sur le nouveau coronavirus à Detroit.

L’épidémie a touché plus de 500 personnes aux Etats-Unis et fait au moins 21 morts. Des établissements scolaires ont fermé et des grands rendez-vous ont été annulés, mais pour l’instant la campagne n’est pas affectée.

Coronavirus : se déplacer en Italie devient un casse-tête

Se déplacer en Italie, frappée de plein fouet par le nouveau coronavirus, est devenu un casse-tête, surtout dans le nord placé sous quarantaine, où les contrôles se multiplient et de nombreux vols sont annulés.

Le gouvernement a pris dimanche des mesures draconiennes pour endiguer l’épidémie, l’Italie étant désormais le 2e pays le plus touché derrière la Chine avec 7.375 cas dont 366 morts.

Les entrées et sorties d’une vaste zone septentrionale qui va de Milan, la capitale économique, à Venise, un haut lieu du tourisme mondial, sont désormais étroitement limitées, selon le décret gouvernemental.

La compagnie nationale aérienne Alitalia a ainsi décidé de suspendre à partir de ce lundi les vols de tous ses avions au départ et à l’arrivée de Malpensa, le principal aéroport de Milan.

L’autre aéroport milanais, Linate, reste ouvert mais avec un nombre de vols en très forte baisse et uniquement sur des liaisons intérieures, tandis que celui de Venise n’en assure qu’entre la Cité des Doges et Rome, a précisé Alitalia dans un communiqué.

Les deux aéroports milanais restent cependant ouverts aux activités des autres compagnies aériennes, précise Malpensa sur son site internet.

Dans la capitale italienne, les deux aéroports – Fiumicino et Ciampino – ont instauré des mesures préventives pour les passagers en partance, jusqu’ici réservées aux arrivées : la température de tous les voyageurs à destination d’un pays hors de l’espace Schengen est contrôlée avec des scanners thermiques.

Pour faire respecter la quarantaine qui frappe le nord de l’Italie, le ministère de l’Intérieur a prévu toute une série de mesures, notamment des patrouilles sur les principaux axes routiers pour contrôler si les personnes qui en sortent ou y entrent en ont bien le droit.

– Pour aller où ? –

Ainsi, entre la Lombardie, la région du nord sous quarantaine incluant Milan, et la région voisine du Trentin-Haut Adige (frontalière de l’Autriche), des carabiniers vérifient si les personnes ont le droit de se déplacer, notamment en présentant une « déclaration sur l’honneur » qu’ils travaillent bien dans l’une ou l’autre des deux régions, condition suffisante pour se déplacer.

La zone de Lombardie où se trouvait le principal foyer du Covid-19, les petites communes de Codogno et de Casalpusterlengo sont en revanche sorties dimanche soir de la « zone rouge » sous quarantaine.

« Aujourd’hui, c’était la reprise pour ceux qui travaillent en dehors de Codogno, avec toutes les mesures de précaution nécessaires. On peut se déplacer pour le travail, pour des visites médicales, donc avec des limitations, et il y a encore des contrôles de police », a expliqué à l’AFP le commandement de la police de cette localité.

« La dernière chose que j’ai entendue aujourd’hui, que je trouve inadmissible, pour ne pas dire complètement folle, c’est que vu que la Lombardie est bloquée, on peut ouvrir Codogno. Mais on est fou ou quoi ? » s’est insurgé le professeur Massimo Galli, le directeur du Département des maladies infectieuses du prestigieux hôpital Luigi Sacco de Milan, cité lundi par des journaux.

Des militaires et des policiers contrôlaient également la gare centrale de Milan pour assurer le respect des consignes.

Si les déplacements se compliquent dans la péninsule, une autre question se pose : bouger pour aller où ?

Toute l’Italie est en effet concernée par la fermeture des établissements d’enseignement, des discothèques, des salles de sport, des cinémas et des musées, ainsi que par l’annulation des conférences, congrès et salons professionnels, vidant de leur sens la plupart des déplacements.

En outre, les déplacements professionnels sont déconseillés et le télétravail privilégié.

Toutes les autorités du pays martèlent d’ailleurs le même message depuis des jours : « restez chez vous s’il n’est pas absolument indispensable de se déplacer, c’est le seul moyen d’arrêter la propagation de l’épidémie ».

Air Côte d’Ivoire: des réformes prévues en septembre 2020

Bonne nouvelle pour les passagers de Air Côte d’ Ivoire. La compagnie aérienne prévoit des surprises pour sa clientèle d’Airbus A320neo .

Les passagers de la compagnie Air Côte d’Ivoire disposeront à compter de septembre 2020, de service internet et d’appels téléphoniques à bord de la nouvelle flotte Airbus A320neo de la compagnie ivoirienne.

 

Dans un communiqué dont, fait cas Afrique sur 7, SITAONAIR a annoncé la signature d’un partenariat avec la compagnie aérienne Air Côte d’Ivoire. Dans  le cadre de cette coopération, il s’agira de fourniture d’appels téléphoniques et de service internet, par le premier cité à bord des appareils Airbus A320neo de la compagnie aérienne de Côte d’Ivoire.

Cet accord contribuera, à fidéliser les passagers de la compagnie Aérienne de Côte d’Ivoire.

Algérie: nouvelle prolongation de la garde à vue de militants du « Hirak »

La garde à vue de quatre manifestants algériens, dont des figures du mouvement de contestation « Hirak », interpellés samedi par la police lors d’une marche antirégime, a été prolongée une nouvelle fois de 24 heures lundi, a indiqué une association de soutien aux détenus.

La garde à vue a été prolongée « pour complément d’enquête pour Khaled Drareni, Samir Benlarbi, Slimane Hamitouche et Toufik Hassani », a déclaré à l’AFP Kaci Tansaout, porte-parole du Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

Samir Benlarbi et Khaled Drareni sont deux figures du « Hirak », le mouvement de contestation populaire qui secoue l’Algérie depuis plus d’un an. Le premier est un militant de la société civile et le second un journaliste indépendant, correspondant en Algérie de l’ONG Reporters sans frontières (RSF), qui a réclamé sa libération.

Toufik Hassani est un ancien policier qui a été interpellé à plusieurs reprises après avoir pris publiquement position en faveur du « Hirak ».

Tous avaient été interpellés samedi pour « attroupement non armé », en compagnie d’une trentaine de manifestants, alors qu’ils participaient à une marche à Alger.

« Ce prolongement de garde à vue est légal mais non justifié au vu des faits qu’on leur reproche » à ce jour, a précisé à l’AFP Me Noureddine Benissad, président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH) et membre du collectif de défense.

Les autres personnes interpellées samedi ont été relâchées le lendemain et devront comparaître pour leurs procès en avril.

Près de 300 manifestants avaient tenté de défiler samedi dans le centre d’Alger, mais ils avaient été dispersés par la police, selon un journaliste de l’AFP.

Les marches du « Hirak » se déroulent habituellement chaque vendredi mais des appels à défiler aussi le samedi ont été relayés sur les réseaux sociaux.

Plusieurs dizaines de personnes restent en détention dans le cadre du mouvement de contestation, selon les organisations de défense des droits humains, leur nombre précis étant difficile à établir en raison des remises en liberté et des interpellations qui se succèdent.

Parallèlement, la justice algérienne multiplie les renvois de procès pour les opposants.

« Nous n’allons pas nous taire devant cette nouvelle stratégie de renvoi de procès (…) et nous n’allons pas nous taire contre ces gardes à vue prolongées, contre ces arrestations arbitraires et condamnations d’innocents et nous n’allons pas nous taire contre cet acharnement », a écrit lundi le CNLD sur sa page Facebook.

Après avoir obtenu la démission du président Abdelaziz Bouteflika en avril 2019, le « Hirak » exige le changement du « système » en place depuis l’indépendance en 1962.

Burkina: 43 civils tués dimanche dans plusieurs attaques dans le Nord

Quarante-trois villageois ont été tués dimanche au cours de plusieurs attaques dans des localités du nord du Burkina Faso, a annoncé lundi le gouvernement dans un communiqué, des sources locales précisant à l’AFP qu’il s’agit d’attaques de groupes d’autodéfense en représailles aux actions jihadistes.

« Dimanche, des attaques ont été perpétrées dans les villages de Dinguila et Barga situés dans la commune de Barga, province du Yatenga (Nord). Le bilan provisoire fait état de 43 victimes », selon le ministre de la Communication Remis Fulgance Dandjinou. Des sources locales, jointes par l’AFP, indiquent qu’il s’agit de villages où vivent majoritairement des Peuls, souvent accusés d’être proches des jihadistes.

Cinéma: Max von Sydow, 70 ans d’une carrière sans échec

Immortalisé par sa partie d’échecs contre la Mort dans « Le septième sceau » d’Ingmar Bergman, Max von Sydow, décédé à 90 ans, a promené pendant près de 70 ans sa silhouette filiforme devant les caméras des plus grands metteurs en scène.

Carcasse de près de deux mètres, yeux bleus perçants, timbre de voix rauque: des atouts utilisés pratiquement sans temps morts entre 1949 et 2018 sur les plateaux de cinéma.

A Hollywood, Von Sydow, qui a pris la nationalité française en 2002, a notamment habité « L’Exorciste » en 1973 et a été choisi par Steven Spielberg et Martin Scorsese pour leurs blockbusters « Minority Report » (2002) et « Shutter Island » (2010) aux côtés respectivement de Tom Cruise et Leonardo DiCaprio. En 2015, il est encore à l’affiche d’une grosse production, avec « Star Wars, épisode VII, le réveil de la force ».

Étrangement, il n’a jamais récolté de distinction majeure. Il n’a eu les honneurs que de deux nominations par l’Académie des Oscars pour son rôle dans « Pelle le conquérant » (1987), du Danois Bille August et pour son second rôle dans le film du Britannique Stephen Daldry, « Extrêmement près et incroyablement fort » (2011).

Comment expliquer ce manque de reconnaissance? « Les acteurs qui ont obtenu un certain succès se voient toujours proposer le même genre de rôles, et j’en ai moi-même souffert » déclarait l’acteur dans le quotidien suédois Aftonbladet au moment de la sortie de ce dernier film.

Max von Sydow est né le 10 avril 1929 à Lund, dans le sud de la Suède, d’un père, Carl Wilhelm, professeur d’ethnologie et d’une mère, Greta, institutrice. Après ses études secondaires, il s’inscrit à l’Ecole royale d’art dramatique de Stockholm.

Le réalisateur suédois Ingmar Bergman jette son dévolu sur lui dans les années 1950 et lui fait jouer les plus grands rôles sur les planches du Théâtre de Malmö, dans « Peer Gynt », « Le Misanthrope » ou « Faust ».

– Du cérébral à « Conan le Barbare » –

En 1957, Von Sydow incarne le Chevalier dans « Le septième sceau ». Bergman l’emploiera dans douze autres de ses films, parmi lesquels « Les fraises sauvages » (1957), « Le visage » (1958) ou « Le lien » (1971). Le plus souvent, l’acteur se fait l’interprète de l’angoisse existentielle.

En 1960, Max von Sydow revient au Théâtre royal de Stockholm dont il fera partie de la troupe jusqu’en 1972.

A ce moment là, sa carrière hollywoodienne est déjà sur les rails: il incarne Jésus dans « La plus grande histoire jamais contée » (1965) au côté notamment de Charlton Heston, et joue dans « Hawaï » (1966) avec Julie Andrews. En 1986, c’est Woody Allen qui lui offre un rôle dans « Hannah et ses soeurs ».

John Huston, Sydney Pollack, Bertrand Tavernier, David Lynch, Andrei Konchalovsky, Wim Wenders ou encore Ridley Scott ont également fait appel à ses talents, exploités y compris dans des films moins cérébraux, comme « Flash Gordon » (1980), « Conan le Barbare » (1982) ou « Judge Dredd » (1995).

En 1997, Max von Sydow qui est père de deux garçons d’un premier mariage avec l’actrice suédoise Christina Olin, a épousé en secondes noces la réalisatrice française de documentaires Catherine Brelet.

« Je veux vivre en France. Et je veux mourir en France », affirmait l’acteur, alors que le couple s’était installé dans ce pays. Max von Sydow y a été élevé au rang de Commandeur des Arts et des Lettres en 2005 et fait Chevalier de la Légion d’honneur en 2011.

C’est son épouse qui a annoncé lundi son décès dans un communiqué: « c’est le cœur brisé et avec une infinie tristesse que nous avons l’extrême douleur de vous annoncer le départ de Max von Sydow le 8 mars 2020 ».

Nst Cophie’s, un autre monument de la musique ivoirienne a rendu l’âme

Le showbiz ivoirien est à nouveau frappé par le deuil. Le créateur du « Zôgôda N’zué » est décédé aux Usa.

Ernest Koffi  connu sur le nom de Nst Cophie’s, est décédé ce dimanche 8 mars aux Etats Unis d’Amérique des suites d’une longue maladie.

Nst Cophie’s, le créateur du Zôgôda N’Zué, un concept très en vogue en Côte d’Ivoire dans les années  80 et 90, fut musicien et producteur d’artistes.

L’artiste qui se faisait rare, a fait sa dernière apparition via une publication sur sa page Facebook. On pouvait remarquer toutefois que Nst Cophies y était amaigri.

décès Nst Cophie'S
© décès Nst Cophie'S

Ce décès survient quelques jours seulement, après l’inhumation de l’artiste Couper décalé Erick Bosiki alias Erickson le Zoulou.

Coronavirus: des passagers « inquiets » sur un bateau en quarantaine à Louxor

Des touristes français, américains et indiens confinés depuis vendredi sur un bateau de croisière sur le Nil à Louxor, dans le sud de l’Egypte, après la détection de cas de nouveau coronavirus, se disent « inquiets » de leur sort et celui de leurs proches hospitalisés.

Le « A-Sara », un bateau de croisière à trois niveaux, est amarré à quai et placé sous haute surveillance policière depuis vendredi, selon des passagers obligés de rester à bord après l’évacuation de personnes contaminées.

Cette mise en quarantaine, impliquant plusieurs dizaines de touristes, est intervenue après la détection la semaine dernière de plusieurs cas de nouveau coronavirus sur le navire.

Au total, 33 passagers et 12 membres d’équipage ayant contracté la maladie Covid-19 ont été évacués ce week-end vers l’hôpital de Marsa Matrouh, dans le nord de l’Egypte, selon les autorités égyptiennes. Onze d’entre eux ont depuis été testés négatifs mais restent en quarantaine, selon la même source.

Les passagers dont le test était négatif avant l’évacuation sont restés à bords, selon les touristes contactés par téléphone par l’AFP et plusieurs sources diplomatiques.

– « Nous sommes inquiets » –

Samedi les autorités égyptiennes avaient pourtant indiqué que ces derniers avaient été « transférés en quarantaine », sans donner davantage de détails.

Le bateau transportait initialement 101 touristes étrangers et 70 Egyptiens, selon les autorités égyptiennes.

« Il y a à peu près 80 personnes à bord, passagers et membres d’équipage, confinés en quarantaine pour 14 jours », a dit lundi par téléphone à l’AFP Philippe Gruwé, 54 ans, membre d’un groupe de touristes qui faisaient une croisière sur le Nil.

Cet habitant de Tarbes (sud-ouest de la France) a précisé que son épouse de 53 ans, testée positive au nouveau coronavirus, a été transférée vers l’hôpital de Marsa Matrouh.

Selon M. Gruwé, le bateau a été éloigné du quai vendredi alors que les touristes devaient visiter un temple à Louxor et des tests ont été pratiqués sur les passagers.

« Nous n’avons pas eu d’explication au départ sur pourquoi ils éloignaient le bateau », a-t-il dit.

« Nous sommes inquiets, les gens ici préfèreraient être en quarantaine à la maison », a-t-il ajouté, précisant qu’il n’avait par ailleurs pas pu joindre son épouse hospitalisée.

Selon lui, une trentaine de Français seraient à bord du bateau et 14 auraient été hospitalisés. Aucune source diplomatique française n’était joignable lundi matin pour confirmer l’information.

Un autre passager français présent à bord, Lucas Bonnamy, âgé de 19 ans, avait posté samedi un « SOS » sur Facebook en déplorant les conditions de la quarantaine et celles des personnes hospitalisées qui « craignent pour leur propre vie ».

Lundi, il a toutefois indiqué à l’AFP que la quarantaine se « passait mieux maintenant » mais qu’il ne recevait toujours « aucun message (téléphonique) ni appel » et qu’il ne parvenait pas à obtenir des nouvelles de ses proches hospitalisés.

– Familles séparées –

« Toute le monde a été pris au dépourvu, la séparation de notre famille a été très vite violente », a souligné M. Bonnamy qui voyageait avec six de ses proches, dont deux ont été transférés à l’hôpital.

Néanmoins, le jeune homme, étudiant au lycée agricole de Périgueux, a salué le rôle apaisant des guides touristiques présents sur le A-Sara. « Ils ont réussi à garder la tête sur les épaules et à calmer le jeu. C’est très important pour nous de compter sur ces personnes », a-t-il confié.

« Nous souhaitons vite un rapatriement car nous sommes très inquiets » au sujet du sort des passagers hospitalisés, a avoué M. Bonnamy.

Des Américains et des Indiens sont également présents sur le bateau. « Nous sommes en contact avec les passagers américains », a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’ambassade américaine Sam Werberg, sans donner de précisions sur le nombre de ressortissants américains présents sur le bateau.

L’ambassade d’Inde en Egypte a confirmé la présence de ressortissants indiens dans un tweet dès dimanche soir.

Matt Swider, l’un des passagers américains transportés à l’hôpital, a diffusé sur Twitter des photos de lui portant un masque pendant son transfert et à l’hôpital. Il a notamment assuré que « le personnel de l’hôpital a été extrêmement amical ».

Lundi, il a précisé que sa connexion internet était « limitée » mais que les « docteurs en Egypte s’occupaient de son #coronavirus ».

Dimanche, l’Egypte a annoncé le premier décès lié au nouveau coronavirus sur le continent africain, un touriste allemand hospitalisé vendredi dans le sud-est du pays.

Nucléaire: l’AIEA réclame de nouveau à l’Iran sa « coopération immédiate »

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, a de nouveau demandé à l’Iran lundi de donner à ses inspecteurs l’accès à deux sites soupçonnés d’avoir pu abriter des activités nucléaires non déclarées.

« J’appelle l’ à coopérer immédiatement et pleinement avec l’agence, y compris en fournissant un accès rapide aux emplacements spécifiés », a déclaré M. Grossi à l’ouverture du Conseil des gouverneurs de l’AIEA à Vienne.

En janvier, Téhéran a refusé des inspections sur deux sites que souhaitait vérifier l’AIEA. Ces emplacements n’ont pas de lien avec les activités actuelles de l’Iran mais ont trait aux projets nucléaires militaires du pays dans les années 2000, selon plusieurs sources diplomatiques.

Ce « refus nuit à la capacité de l’agence (…) de fournir une assurance crédible de l’absence de matières et d’activités nucléaires non déclarées en Iran », a jouté M. Grossi devant l’organe de décision de l’AIEA, qui tient cette semaine sa réunion trimestrielle.

Le régime iranien estime ne plus être tenu de s’expliquer sur ses agissements dans les années qui ont précédé la signature de l’accord nucléaire de 2015, aujourd’hui menacé de délitement complet. Téhéran reproche à l’AIEA d’effectuer ces réclamations sous pression d’Israël et des Etats-Unis.

Ces nouvelles crispations sont de nature à renforcer la position d’une ligne dure vis-à-vis de l’Iran, en particulier à Washington.

Sur le volet de ses activités nucléaires actuelles, l’Iran collabore sans difficulté avec les inspecteur de l’AIEA qui ont accès à tous les sites nécessaires.

Depuis que les Etats-Unis ont dénoncé unilatéralement l’accord sur le nucléaire iranien en 2018 et imposé des sanctions qui étranglent l’économie iranienne, Téhéran s’est affranchi en plusieurs étapes, depuis mai 2019, de plusieurs limites clés fixées par l’accord international visant à garantir la nature pacifique de son programme nucléaire.

Dernière phase de ce désengagement, l’Iran a annoncé le 5 janvier que son programme nucléaire ne serait plus « soumis à aucune restriction dans le domaine opérationnel ».

« A ce jour, l’agence n’a observé aucun changement » consécutif à cette annonce, a déclaré M. Grossi lundi.

Crash du vol MH17: ouverture du procès, les proches des victimes réclament justice

Le procès de quatre personnes accusées d’avoir provoqué l’explosion en 2014 du vol MH17 au-dessus de l’Ukraine tuant les 298 personnes à bord, s’est ouvert en l’absence des accusés aux Pays-Bas lundi, un jour « très important » pour les proches des victimes.

Les quatre suspects, trois Russes et un Ukrainien, ne se sont pas présentés à l’audience. Le procès suivra son cours malgré leur absence, a décidé le tribunal.

Les familles des victimes, dont plusieurs ont fait le déplacement pour assister à l’audience, réclament que « justice soit faite », plus de cinq ans après la catastrophe.

Lors de l’ouverture du procès, qui pourrait s’étendre sur cinq ans, le parquet a dans un moment solennel énuméré un à un tous les noms des victimes, hommes, femmes et enfants, sous les yeux de plusieurs proches, visiblement émus.

Le procès se déroule au tribunal de Schiphol, en banlieue d’Amsterdam, à quelques encablures de l’aéroport d’où le Boeing avait décollé avant d’être touché en plein vol par un missile BUK de conception soviétique.

Les Russes Sergueï Doubinski, Igor Guirkine et Oleg Poulatov, ainsi que l’Ukrainien Leonid Khartchenko, quatre hauts gradés des séparatistes pro-russes de l’Est de l’Ukraine, sont poursuivis pour meurtre et pour avoir délibérément causé le crash de l’avion.

Doubinski, Guirkine et Khartchenko seront jugés par contumace, tandis que Poulatov a choisi d’être représenté par un avocat néerlandais, a précisé le juge Hendrik Steenhuis.

« Le tribunal se rend compte de l’impact de la perte de tant de vies humaines, et la manière dont elles se sont terminées si brusquement est à peine concevable », a-t-il déclaré.

– « Jour très important » –

Pour les proches des victimes, qui se battent depuis plus de cinq ans pour que « justice soit faite », il s’agit d’un « jour très important ».

« C’est le premier jour où l’on va nous dire ce qui s’est passé, qui était responsable, pourquoi l’avion a été abattu », a témoigné Piet Ploeg, le président d’une association de victimes néerlandaise qui a perdu son frère, sa belle-soeur et son neveu dans la catastrophe.

« On aura également des réponses à des questions telles que: +quel était le rôle de la Russie+? », a-t-il ajouté devant les journalistes avant l’audience.

Le Boeing 777 de la compagnie Malaysian Airlines, parti d’Amsterdam pour Kuala Lumpur le 17 juillet 2014, avait été touché en plein vol par un missile BUK de conception soviétique au-dessus de la zone de conflit armé avec les séparatistes pro-russes dans l’Est de l’Ukraine. Les 298 personnes à bord, parmi lesquelles 196 Néerlandais, avaient été tuées.

Les quatre accusés, premiers suspects à être inculpés dans cette affaire, sont poursuivis par le parquet néerlandais pour avoir convoyé le système de missiles anti-aériens BUK, avant que celui-ci soit tiré par d’autres personnes encore non identifiées.

– « Parti pris » –

L’équipe internationale d’enquêteurs, dirigée par les Pays-Bas, a établi en mai 2018 que l’avion avait été abattu par un missile provenant de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk (sud-ouest).

A la suite de ces révélations, les Pays-Bas et l’Australie, dont 38 ressortissants ont péri dans le drame, ont ouvertement imputé à la Russie la mort de leurs ressortissants.

Moscou a toujours nié avec véhémence toute implication dans le crash et rejeté la faute sur Kiev.

Les quatre accusés encourent la perpétuité.

Le plus connu d’entre eux, Igor Guirkine, surnommé « Strelkov » (« Tireur »), était l’un des principaux commandants des séparatistes du début du conflit contre l’armée ukrainienne, il y a cinq ans, et probablement leur représentant le plus médiatique à l’époque. Il dément toute implication des séparatistes ukrainiens pro-russes dans la tragédie.

Les enquêteurs chargés de faire la lumière sur l’explosion de l’avion du vol MH17 tentent toujours d’identifier les personnes ayant déclenché le lancement du missile, n’excluant pas de nouvelles inculpations dans le futur.

Ils ont notamment dévoilé à la mi-novembre le contenu de conversations téléphoniques révélant des « liens étroits » entre les suspects et de hauts responsables russes, parmi lesquels Vladislav Sourkov, un influent conseiller du président russe Vladimir Poutine, et le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.