France: Pourquoi Marine Le Pen au pouvoir inquiète (Imam)

Mahmoud Doua, imam français, analyse pour Apa news les risques éventuels de l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir en France à l’issue du second tour de la présidentielle de ce dimanche.“Par respect au principe de laïcité, les responsables des cultes ont un devoir de neutralité en politique” insiste Mahmoud Doua, Imam de Cenon, une banlieue de l’agglomération bordelaise dans le Sud-Ouest de la France. Mais à la veille du deuxième tour de l’élection présidentielle qui se déroule dimanche 24 avril en France, le religieux ne semble pas avoir vraiment le choix que de dire son inquiétude si jamais les résultats du scrutin portent au pouvoir Marine.  Arrivée deuxième au premier tour, juste derrière le président sortant Emmanuel Macron, la candidate de l’extrême-droite dont le programme est tout sauf rassurant pour les musulmans de France, tape sérieusement aux portes du pouvoir. Tout au long de la campagne pour le second tour qui s’est achevée vendredi soir, les sondages annoncent un score serré entre Macron et elle, rendant l’hypothèse d’une victoire historique de l’extrême-droite en France fort possible dans certains esprits. 
“Je n’ai pas besoin d’être imam ou musulman pour redouter une éventuelle arrivée au pouvoir de l’extrême-droite en France. En tant que citoyen français tout court, une partie du programme de Marine Le Pen m’inquiète, puisque fondamentalement contraire aux valeurs et principes sur lesquels la démocratie française a été initialement fondée puis construite. La France est un Etat laïc, où la liberté de conscience et de culte est garantie par la constitution et les pouvoirs publics tenus d’observer une stricte neutralité entre les différentes religions. En faisant de l’interdiction dans l’espace public du voile pour les femmes musulmanes une de ses promesses phares, Marine Le Pen affiche une hostilité dangereuse à l’égard d’une partie des citoyens français. Au lieu de renforcer les règles du vivre-ensemble, l’application de son programme de gouvernement risque de créer une situation de tension permanente avec une partie des citoyens », déplore l’imam.
A-t-il était surpris par le score de 23,15% obtenus par la candidate du Rassemblement national (RN), dont la famille politique, avec les 7,7% d’Eric Zemmouri, a totalisé au premier tour plus de 30% des voix? 
« Après son père, Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national dont son parti et elle sont les héritiers, qui était au second tour en 2002, c’est la deuxième fois que Marine Le Pen se retrouve au second tour. Il n’y a pas de hasard à cela. Elle a réussi à imposer ses d’idées et elle-même comme incontournables dans le débat politique aujourd’hui en France. Sa présence au second tour ce dimanche n’est donc pas une surprise » analyse le religieux par ailleurs diplômé en sciences politiques et en journalisme.
Comment s’imagine-t-il au soir du 24 avril, si jamais l’hypothèse d’une Marine Le Pen au pouvoir devient une réalité? 
« Ce sera un grand choc. Pas uniquement parce sur qu’elle pourrait se mettre aussitôt à prendre des mesures hostiles à la pratique du culte musulman en France, comme la fermeture et l’interdiction de construction de mosquées sous un motif ou un autre. Je crains aussi qu’elle mette aussi en application son projet de loi interdisant le droit du sol qui permet jusqu’ici l’acquisition de la nationalité française par naissance sur le territoire français. Sans oublier la remise en cause du droit d’asile qui a toujours permis à la France, connue pour être la patrie des droits de l’homme, d’accueillir et protéger les personnes persécutées chez elles », rappelle l’Imam, qui craint aussi pour l’image et l’influence de la France dans le monde.  
“Imaginez-vous les relations entre une France gouvernée par un pouvoir qui veut expulser certains  étrangers ou qui leur rend la vie difficile et certains de ses partenaires surtout au Maghreb et en Afrique subsaharienne dont provient une bonne partie des immigrés en France. Ce sera trop tendu et donnera lieu à des crises diplomatiques incessantes. Pourtant ces pays sont très importants pour la France. Ce sont d’anciennes colonies avec lesquelles les liens politiques, économiques et culturels sont très étroits et ils jouent un rôle important dans le rayonnement culturel et diplomatique de la France dans le monde », s’inquiète le responsable musulman.

Niger: Bazoum retouche son gouvernement

Quatre nouveaux ministres ont été nommés samedi.Mohamed Bazoum réajuste légèrement son gouvernement en nommant quatre nouveaux ministres samedi 23 avril dont deux opposants fraîchement ralliés à la majorité présidentielle:  Yacoubou Ibrahim qui devient ministre d’État avec le portefeuille de l’Énergie et des Énergies renouvelables et Mahamadou Laouali Dan Dano qui est désigné ministre de Communication, chargé des relations avec les institutions à la place de Mahamadou Zada, emprisonné en début de semaine pour «détournement de fonds publics» présumé. 

Ibrahim Yacoubou, âgé de 50 ans, est un ancien directeur-adjoint de cabinet à la présidence du temps où le Niger était dirigé par le président Mahamadou Issoufou auquel Mohamed Bazoum a succédé l’année dernière. 

Soupçonné de vouloir prendre le contrôle du parti présidentiel, PNDS (Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme), il en avait été exclu en 2015 et démis de ses fonctions à la présidence. 

A la tête de son propre parti le Mouvement patriotique nigérien (MPN), il s’était lancé à la conquête du pouvoir lors de la présidentielle de 2016. Mais il avait été recalé avec un score de 4,43% des voix seulement. Après avoir appelé ses partisans à voter au second tour en faveur du président Issoufou, ce dernier l’avait ensuite récompensé  en le nommant au poste prestigieux de ministre des Affaires étrangères. Limogé deux ans après, Il tente une nouvelle fois de briguer les suffrages de ses compatriotes en 2021, cette fois contre Mohamed Bazoum, compagnon et dauphin politique du président Issoufou. Avec 5.38% au premier tour, Yacoubou Ibrahim avait alors préféré soutenir  l’opposant et ex-président Mahamane Ousmane (1993-1996) au détriment de Mohamed Bazoum, finalement élu. 

L’entrée de Yacoubou Ibrahim samedi au gouvernement du président Bazoum, ainsi que celle de Laouali Dan Dano, également membre du MPN (6 députés à l’Assemblée nationale), intervient une semaine après la décision de son parti de quitter l’opposition pour rallier la majorité présidentielle. 

Selon un communiqué du secrétariat général du gouvernement lu à la radio nationale, deux autres ministres ont également été nommés: Ibrahim Natatou à l’Education nationale et  Tchousso Ramatou Oumarou Tchian au ministère déléguée auprès du ministre des Finances.

Guinée: l’ex-président Alpha Condé est libre

L’ex-président guinéen, Alpha Condé, renversé le 5 septembre dernier, est « libre » de ses mouvements et peut librement recevoir ses proches, a annoncé vendredi soir le Président de la Transition dans ce pays. »Le Comité National du Rassemblement pour le Développement CNRD et son Président le colonel Mamadi Doumbouya, Président de la Transition, chef suprême des Armées, informent, l’opinion nationale et internationale que l’ancien président de la République (M. Condé) est libre », indique un communiqué officiel publié vendredi soir.

Toutefois, le président Condé « demeurera à l’actuelle résidence de son épouse (à Conakry) jusqu’à l’achèvement des travaux de construction de son domicile privé », souligne le communiqué.

« Tout en continuant de bénéficier d’une protection adéquate, il pourra recevoir à sa demande les membres de sa famille biologique, politique, des amis ou proches », ajoute le texte.

Le Président de la Transition « rassure le peuple de Guinée et la communauté internationale, que la dignité et l’intégrité du professeur Alpha Condé seront toujours préservées conformément à son rang, à son statut et aux vertus de la tradition africaine », note le communiqué.

Le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), le parti de M. Condé, avait le 15 avril « réitéré sa demande de libération totale et inconditionnelle du président » Condé et annoncé, en signe de protestation, son refus de participer aux assises nationales, ouvertes le 22 mars jusqu’au 29 avril, ainsi qu’à tout dialogue politique.

M. Alpha Condé s’est rendu mi-janvier aux Emirats arabes unis pour être soigné avant de rentrer en Guinée le 9 avril.

Présidentielle: « Marine Le Pen à l’Elysée serait un cataclysme »

Enseignant à Science-Pô à Paris, le franco-béninois Francis Kpatindé, ancien rédacteur en chef à Jeune Afrique et au journal Le Monde, explique pour Apa news les conséquences éventuelles de l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir en France à l’issue du second tour de la présidentielle prévu dimanche 24 avril.Est-ce que vous redoutez une victoire de Marine Le Pen à l’issue du second tour de l’élection présidentielle prévu en France dimanche 24 avril? Si oui, pourquoi? 
Je ne redoute pas une victoire de Marine Le Pen car persuadé qu’une telle perspective est improbable. Tous les instituts de sondage donnent Emmanuel Macron vainqueur au second tour. Son adversaire, qui a beaucoup appris de sa mésaventure électorale de 2017, a encore du chemin à faire pour convaincre la majorité des électeurs à la prendre au sérieux.
Le débat de l’entre-deux tours en est, si besoin était, une nouvelle illustration : elle n’est pas pas prête à assumer les fonctions de chef d’une puissance nucléaire comme la France. Elle n’en a ni la carrure, ni l’expérience, même si elle a fait du chemin. Je ne redoute pas son éventuelle élection. Il faut donc arrêter de se faire peur.
Dans l’hypothèse d’une telle victoire, comment est-ce que vous imaginez, vos premières reactions, réflexions, le choc éventuel?
Si, par extraordinaire, elle était néanmoins élue, ce serait cataclysmique aux plans politique, économique, diplomatique et en termes d’image pour la France. Par ses décisions inapplicables au regard de la Constitution, elle pousserait les communautés les unes contre les autres, avec des impacts rédhibitoires pour la cohésion nationale, l’économie et les relations entre la France et les autres pays, notamment africains. Par ailleurs, elle n’a pas les moyens d’avoir une majorité à l’Assemblée nationale. Comment pourrait-elle gouverner ? En l’espèce, ce ne serait pas une cohabitation mais une impasse dont pâtirait tout le pays.

Comment est-ce que vous imaginez la France gouvernée par l’extrême-droite? Quelles pourraient être ses relations avec les pays africains? 
Franchement, je ne peux imaginer qu’elle soit élue. La première femme présidente de la République ne peut pas provenir d’un mouvement d’extrême-droite.

Sénégal : la grève des syndicats de santé commentée par la presse

Les quotidiens sénégalais parvenus vendredi à APA titrent principalement sur la grève générale des professionnels de la santé en soutien à leurs collègues sages-femmes arrêtées dans l’affaire du décès d’une femme en couches, dans le nord du pays.« Jeudi noir dans les hôpitaux », indique Sud Quotidien, notant que les agents de santé paralysent les réceptifs hospitaliers. Ils ont décrété « une journée sans soins ni accouchement dans les maternités », mettant « les patients dans tous leurs états ».

Le Témoin évoque aussi la « colère rouge d’usagers contre une journée noire de blouses blanches ». C’est une « journée de chaos » pour le secteur, souligne Le Quotidien. Le Soleil présente de son côté deux visages suite à ce mouvement d’humeur des professionnels de la santé : « Les grévistes satisfaits, les malades désemparés ».

Par ailleurs, L’Observateur semble prendre le contre-pied des sages-femmes grévistes en rapportant des témoignages qu’il qualifie de « drames à mères ». Ce sont des « récits déchirants de femmes en couches abandonnées à leur sort », explique le journal.

Sur la fourniture de carburant, après que des autorités ont annoncé récemment une pénurie de kérosène, Le Soleil informe que deux bateaux de 18.500 et 26.000 tonnes ont été « déchargés » au Sénégal. Malgré une conjoncture difficile attribuée surtout à la guerre russo-ukrainienne, « le ministre du Pétrole rassure les automobilistes », note le quotidien national.

Toutefois, Walf Quotidien prévient que « ça fleure bon les émeutes de la faim » avec ces pénuries, hausses des prix et mouvements sociaux constatés dans le pays. Au même moment, Vox Populi note que le ministre de l’Intérieur « Antoine Diome chamboule la police ».

Cependant, Tribune précise que c’est « Macky (Sall qui) perturbe la police » avec « plusieurs commissaires mutés ». La célèbre Division des investigations criminelles (Dic) change notamment de patron, selon le journal qui se demande maintenant : « Que mijote le président Sall ? »

Kenya : décès de l’ancien président Mwai Kibaki

L’ancien président kenyan Mwai Kibaki est décédé ce vendredi 22 avril 2022 à l’âge de 90 ans, a annoncé la télévision publique sur sa page Twitter.Mwai Kibaki a dirigé le Kenya de 2002 à 2013. Il avait remplacé à la tête du pays Daniel arap Moi, décédé le 4 février 2020.

« C’est un triste jour pour nous en tant que pays. Nous avons perdu un grand leader, l’ancien président Mwai Kibaki », a déclaré son successeur et actuel président Uhuru Kenyatta  dans une annonce solennelle retransmise à la télévision.

Mali : le chronogramme de la transition sera respecté (officiel)

Le Premier ministre Choguel Maïga a assuré, ce jeudi, que 24 mois suffiront pour asseoir une nouvelle République.Les Maliens savent maintenant à quoi s’en tenir. Devant les membres du Conseil National de la Transition (CNT), organe législatif, le chef du gouvernement a détaillé les différentes étapes pour un retour à l’ordre constitutionnel conformément à l’engagement pris auprès de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Pas de temps à perdre, « nous allons, dès la semaine prochaine, dérouler le programme. Nous avons décidé de ne plus attendre », a déclaré Choguel Maïga. Toutefois, le Premier ministre a tenu à préciser que la période transitoire de 24 mois est « incompressible pour implémenter les bases du processus du changement ».

Dans les huit prochains mois, « si la loi sur l’organe unique est votée, on pourra la rendre opérationnelle », a-t-il indiqué. Une durée équivalente sera nécessaire, a soutenu M. Maïga, pour « la mise en place du matériel électoral, la formation des agents électoraux et l’audit du fichier actualisé ». Enfin, trois mois seront dédiés aux « préparatifs des opérations électorales, à la campagne et à la tenue du référendum », a-t-il ajouté.

À en croire le Premier ministre malien, le contexte actuel est favorable à une entente avec les organisations sous-régionales en vue d’une levée des sanctions : « La Cédéao et l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine) sont des partenaires avec lesquels nous n’avons pas rompu. Les discussions continuent ».

Le Maroc souligne la nécessité de s’abstenir de tout ce qui pourrait aggraver la situation dans les territoires palestiniens

Le Maroc a souligné la nécessité de s’abstenir de tout ce qui pourrait aggraver la situation dans les territoires palestiniens et les conséquences qui pourraient entraîner la région vers plus de tension, a affirmé, jeudi à Amman, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita.L’intensification des pratiques honteuses et illégales à Al-Qods Al-Sharif et dans la mosquée Al-Aqsa est due à la propagation de discours de haine malveillants par des individus et des groupes extrémistes qui prétendent avoir le droit à la mosquée bénie et au mur du Bouraq, bien qu’ils font purement partie du patrimoine islamique, selon la décision de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) du 18 octobre 2016, a souligné le ministre marocain, qui intervenait lors de la réunion d’urgence du Comité ministériel arabe chargé de l’action internationale face aux politiques et mesures israéliennes illégales à Al-Qods occupée.

A cet égard, il a relevé que ce qui se passe à Al-Qods Al-Sharif et dans la mosquée Al-Aqsa est le résultat inévitable de pratiques provocatrices systématiques qui se poursuivent tout au long de l’année et s’intensifient avec l’avènement du mois de Ramadan.

Cette réunion d’urgence intervient alors que la cause palestinienne et Jérusalem en particulier, éprouvent des circonstances difficiles en raison des incursions et des graves attaques dont Al-Haram Al-Qodsi et la sainte mosquée Al-Aqsa sont témoins, et qui ont conduit à terroriser les fidèles en blessant et arrêtant des centaines d’entre eux, a-t-il dit.

Le ministre a souligné que la violation du statut juridique dans la ville d’Al-Qods et Al-Haram Al-Qodsi et les tentatives de légiférer la division temporelle et spatiale de la mosquée Al-Aqsa et de consacrer cette situation dans la réalité quotidienne sont inacceptables et doivent être arrêtées au service de la paix et de la stabilité.

Il a insisté que la poursuite des actes contraires au droit international et à la légitimité internationale dans les territoires palestiniens occupés, y compris dans la ville d’Al-Qods Al-Sharif, creuse encore le fossé entre les parties palestinienne et israélienne, compromet les mesures de confiance, constitue une provocation manifeste envers tous les Arabes et Musulmans et attise les tensions extrémistes qui poussent à l’escalade et à plus de violence dans toute la région.

Côte d’Ivoire: les priorités fixées au nouveau gouvernement

Le gouvernement Patrick Achi 2 a été formé le mercredi 20 avril 2022.Le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a décliné ce jeudi en Conseil des ministres, la feuille de route du nouveau gouvernement de 32 membres, nommé dans un contexte de conjoncture économique.

« Je vous demande mesdames et messieurs les ministres de vous mettre au travail dès à présent afin d’accélérer la mise en oeuvre de notre programme de gouvernement (la Côte d’Ivoire Solidaire) », a dit M. Ouattara, ajoutant: « J’attends de vous beaucoup plus d’initiatives et de célérité ».

Il a souligné que l’objectif premier de ce programme est « l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens (et) nous devons poursuivre les réformes pour rendre notre économie plus dynamique, compétitive et créatrice d’emplois, notamment pour les jeunes ».

« Nous devons aussi mettre en oeuvre de manière diligente nos trois priorités pour l’année 2022 », a poursuivi le président Ouattara, exhortant toute l’équipe gouvernementale à « agir dans le strict respect de la bonne gouvernance et de la transparence dans la gestion des affaires publiques et de suivre de manière vigoureuse la gestion des établissements publics qui sont sous votre autorité ». 

Il a conseillé au nouvel exécutif de faire preuve d’humilité dans l’exercice de ses fonctions et de considération à l’endroit des concitoyens. Il a réitéré ses félicitations et ses voeux de réussite au Premier ministre, Patrick Achi, et au vice-président, Tiémoko Meyliet Koné. 

« Je demande que le choix des directeurs de Cabinet soit soumis au préalable à notre validation », a recommandé Alassane Ouattara. 

Emmanuel Ahoutou Koffi, ex-directeur de Cabinet du Premier ministre a été nommé directeur de Cabinet du vice-président, Meyliet Koné.

Après Poutine, Ramaphosa échange avec Zelensky

Le président sud-africain a eu une conversation téléphonique avec son homologue ukrainien pour discuter de la guerre dans son pays.Cyril Ramaphosa et Volodymyr Zelensky ont évoqué « le conflit en Ukraine, son coût tragique pour la population ainsi que ses conséquences mondiales », a déclaré le président Ramaphosa qui a aussi revenu sur les conséquences alimentaires de cette crise au plan mondial.

« Nous nous sommes mis d’accord sur le fait que des pourparlers étaient nécessaires pour mettre fin au conflit, qui a affecté la position de l’Ukraine dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, y compris sa position de grand exportateur de produits alimentaires vers l’Afrique. »

Sur Twitter, Volodymyr Zelensky a indiqué qu’il avait parlé à M. Ramaphosa de la résistance de son pays à l’agression russe, lancée le 24 février. La Russie a fait entrer ses chars dans le nord de l’Ukraine pour entamer une guerre totale contre leur voisin du sud.

Le 10 mars dernier dernier, sur initiative de Pretoria, le président Ramaphosa s’était déjà entretenu au téléphone avec le président Vladimir Poutine.

En tant que membre des Brics, (Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud). L’Afrique du Sud s’est proposée pour jouer le rôle de médiateur », avait fait savoir le président Ramaphosa.

Mali : la Banque mondiale suspend ses décaissements

Dans son courrier, la Banque mondiale exprime toutefois sa disponibilité à aider le Mali dans le cadre des « interventions d’urgence et les projets à caractère social et humanitaire ».La mesure était en vigueur depuis le 15 mars 2022. Elle est désormais actée dans le cadre d’une lettre de l’institution de Bretton Woods qui suspend tous ses décaissements financiers vers le Mali.

« La présente lettre a pour objet de vous informer de cette décision de suspension des décaissements de la Banque mondiale et vous invite à prendre les dispositions nécessaires », souligne le courrier daté du 14 avril 2022 et adressé au ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou.

En conséquence ajoute le courrier, le gouvernement malien devra « informer les entreprises et autres prestataires, titulaires de marchés dans le cadre de la mise en œuvre de vos Projets et Programmes, de ladite décision et me fournir, au plus tard le 20 avril 2022, l’impact de ladite suspension sur la mise en œuvre des activités de vos Projets et Programmes, notamment en termes de décaissements attendus mais également sur le plan économique et financier», ajoute le document.

La Banque mondiale est le premier partenaire au développement du Mali avec un portefeuille actif de 30 projets dont 20 à caractère national et 10 à caractère régional.

Le taux global de décaissement cumulé du portefeuille était de 41,20% à la date du 31 octobre 2021, soit 452,41 milliards de Fcfa. Le cumul du montant de ses engagements en faveur du Mali au 31 octobre 2021 était de 1,9 milliard de dollars américains soit environ 1.098 milliards de Fcfa.

Dans sa correspondance, le vice-président de la région Afrique de l’Ouest et du Centre de la Banque mondiale, Ousmane Diagna évoque « l’accumulation des échéances au titre du service de la dette publique extérieure pendant plus de 45 jours ».

Le Mali est sous embargo de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) pour non-respect de la durée de la transition politique. Ces deux institutions ont prononcé depuis le mois de janvier 2022 des sanctions économiques et financières contre Bamako, dont le gel de ses avoirs dans les banques centrales des pays de la Cedeao

Tiémoko Meyliet Koné, un banquier au service de la Côte d’Ivoire

Le vice-président ivoirien entame une nouvelle vie après avoir passé l’essentiel de sa carrière à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao).Tiémoko Meyliet Koné, 72 ans, ovationné par les parlementaires réunis mardi en congrès à Yamoussoukro, s’avance vers la tribune pour serrer la main d’Alassane Ouattara. Prononçant son discours sur l’état de la nation, le président ivoirien annonce dans la foulée sa décision de nommer ce « brillant économiste » comme vice-président. Fin du suspense sur le dauphin constitutionnel qui a duré deux ans.

Suite à la démission de Daniel Kablan Duncan pour « convenance personnelle », la vacance du poste a alimenté de nombreuses rumeurs. Certains spécialistes soutiennent que Ouattara « s’est donné le temps » de la réflexion pour trouver le bon profil. Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bagayoko, deux de ses plus proches collaborateurs, sont décédés brutalement.

Aujourd’hui, le chef de l’État se dit convaincu de son choix parce que M. Koné est un « technocrate hors pair », un « homme compétent et travailleur ». C’est pourquoi, il le « remercie » d’avoir écourté son « mandat (de six ans à la Bceao) pour venir servir sa patrie ».

Dans la capitale, sa nomination est « une surprise » pour de nombreux observateurs de la politique ivoirienne. « On n’imaginait pas que le président irait chercher aussi loin, à la Bceao, pour trouver notre vice-président », confie Dr Sylvain N’Guessan, analyste politique et directeur de l’Institut stratégique d’Abidjan, à APA News.

Soro et le retour à la Bceao

L’ancien gouverneur de la Bceao n’est pas en terrain inconnu. Ce Sénoufo, ethnie présente dans le Nord de la Côte d’Ivoire, a été en 2007 directeur de cabinet du Premier ministre Guillaume Soro, entretenant à l’époque de bons rapports avec Alassane Ouattara. Trois ans plus tard, Tiémoko Meyliet Koné est nommé à la tête du ministère de la Construction avec pour mission d’y remettre de l’ordre.

Pendant la crise post-électorale, de décembre 2010 à mai 2011, le natif de Tarifé, dans le Centre-Nord du pays, devient conseiller du président ivoirien chargé des questions économiques et financières, avant de prendre les commandes de l’institution monétaire ouest-africaine dont le siège se trouve à Dakar, la capitale sénégalaise. Une consécration pour ce père de cinq enfants.

Recruté à la Banque centrale sur concours en 1975, il a gravi les échelons pendant près d’un quart de siècle. Il avait été reconduit en 2020 gouverneur de la Bceao après avoir achevé en 2014 le mandat de son prédécesseur et compatriote, Philippe-Henri Dacoury-Tabley, contraint à la démission quelques mois plus tôt.

M. Koné, accordant rarement d’interview, est décrit comme un personnage consensuel, austère et réservé pour qui le travail est un sacerdoce. Mais sa « neutralité politique » est l’une des qualités pour lesquelles Ouattara a porté son dévolu sur lui, selon certains experts.

« Le dialogue politique en Côte d’Ivoire concerne essentiellement le parti au pouvoir (RHDP) et les formations des anciens présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié. Hamed Bagayoko avait le privilège d’avoir de bonnes relations avec tous ces leaders politiques. Ce leadership manquait au président Ouattara dans son entourage immédiat. Tiémoko Meyliet Koné remplit par contre ces conditions. C’est un interlocuteur crédible pour les partis politiques, la société civile et les investisseurs », argumente Dr N’Guessan.

Futur président ?

La question se pose avec insistance. Dr Eddie Guipié, autre politologue ivoirien, note que le nouveau vice-président « n’est pas du sérail politique » et cela pourrait constituer un handicap. Ainsi, il doit « se politiser » pour prétendre à un rôle prépondérant au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP, au pouvoir). « En cas de changement, il pourrait succéder au président de la République », signale Dr Guipié.

Avec ses réseaux et connaissances économiques, Tiémoko Meyliet Koné sera de toute façon une valeur ajoutée pour Alassane Ouattara qui veut désormais « tenir compte de la conjoncture économique mondiale et la nécessaire réduction des dépenses de l’État ». Ce mercredi, le Premier ministre reconduit, Patrick Achi, a présenté un nouveau gouvernement de 32 ministres contre plus de 40 membres précédemment.

Concernant l’élection présidentielle prévue en 2025, d’aucuns voient Tiémoko Meyliet Koné comme le choix d’Alassane Ouattara pour sa succession. Ce n’est pas l’avis de Sylvain N’Guessan. « Je ne pense pas que le président ait déjà choisi son successeur. Il y a un projet de loi sur la table des députés portant sur la limitation d’âge à la présidence. S’il est voté, Tiémoko Meyliet Koné ne pourrait pas être candidat à la présidence. Il aurait 76 ans », a soutenu l’analyste politique.

Quoi qu’il en soit, M. Koné savoure l’instant présent. Lui qui va fêter son 73e anniversaire mardi prochain avec quelques cheveux blancs sur la tête. « Je mesure l’honneur qui m’a été fait et la responsabilité de la tâche. Je me mets à votre disposition pour poursuivre les initiatives de consolidation de la démocratie », a-t-il déclaré lors de sa prestation de serment devant le chef de l’État.

Côte d’Ivoire : Ouattara nomme un gouvernement de 32 membres

Le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a nommé ce mercredi un gouvernement de 32 ministres contre 41 précédemment.La liste du nouveau gouvernement ivoirien, nommé au lendemain de la reconduction du Premier ministre, Patrick Achi, a été dévoilée par le ministre, secrétaire général de la présidence de la République, Abdourahmane Cissé.

Dans la nouvelle équipe gouvernementale, il y a 11 sortants et deux entrants. Les postes de secrétaires d’Etat et de ministres délégués ont été supprimés.

Les deux ministres entrants sont notamment Mamadou Sangafowa, ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, qui remplace Thomas Camara, alors que Mme Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, remplace Mme Arlette Badou.

Un Conseil des ministres est prévu le jeudi 21 avril 2022 à la présidence de la République.

Voici la liste des ministres

1. Ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la diaspora : Mme Kandia Camara

2. Ministre d’Etat, ministre de la Défense : M. Téné Birahima Ouattara

3. Ministre d’Etat, ministre de l’Agricultrice et du développement rural : M.Kobenan Kouassi Adjoumani

4. Garde des sceaux, ministre de la Justice et des droits de l’Homme : M. Sassan Kambilé

5. Ministre de l’Intérieur et de la sécurité : Général Vagondo Diomandé

6. Ministre du Plan et du développement : Mme Kaba Nialé

7. Ministre des Mines, du pétrole et de l’énergie : Mamadou Sangafowa Coulibaly

8. Ministre de la Fonction publique : Mme Anne Désirée Ouloto

9. Ministre des Transports : M. Amadou Koné

10. Ministre de l’Économie et des Finances : M. Adama Coulibaly

11. Ministre de la Construction, du logement et de l’Urbanisme : M. Bruno Nabagné Koné

12. Ministre du Budget et du portefeuille de l’Etat : M. Moussa Sanogo

13. Ministre des Eaux et forêts : M. Laurent Tchagba

14. Ministre de l’Équipement et de l’entretien routier : Amedé Koffi Kouakou

15. Ministre de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation : Mme Mariatou Koné

16. Ministre du Commerce, de l’industrie et de la promotion des PME : M. Souleymane Diarrassouba

17. Ministre de la Réconciliation et de la cohésion nationale : M. Kouadio Konan Bertin

18. Ministre des Sports : M. Paulin Claude Danho

19. Ministre des Ressources animales et halieutiques : M. Sidi Tiémoko Touré

20. Ministre de la Communication et de l’Économie numérique, porte-parole du gouvernement : M. Amadou Coulibaly

21. Ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, porte-parole adjoint du gouvernement : M. Mamadou Touré

22. Ministre du Tourisme : M. Siandou Fofana

23. Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique : M. Adama Diawara

24. Ministre de la Santé, de l’hygiène publique et de la couverture maladie universelle : M. Pierre Dimba

25. Ministre de l’hydraulique, de l’assainissement et de la salubrité : M. Bouaké Fofana

26. Ministre de la promotion de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption : M. Epiphane Zoro Ballo

27. Ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté : Mme Myss Belmode Dogo

28. Ministre de l’Emploi et de la Protection sociale : M. Adama Kamara

29. Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant : Mme Nasseneba Touré

30. Ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage : M. Koffi Nguessan

31. Ministre de la Culture et de la Francophonie : Mme Françoise Remarck

32. Ministre de l’Environnement et du Développement durable : M. Jean-Luc Assi

Niger : le ministre de la Communication arrêté

Mahamadou Zada est accusé de détournement de fonds publics.C’est inédit au Niger. C’est la première fois qu’un ministre en exercice est sous les barreaux. Au terme de son audition, hier mardi, par un juge du pôle économique et financier de Niamey, Mahamadou Zada a été emprisonné pour son implication présumée dans un détournement de trois milliards Fcfa entre 2013 et 2021. A l’époque, il dirigeait la Société de patrimoine des mines du Niger (Sopamin), qui gère les participations de l’Etat dans les sociétés minières opérant dans le pays.

La presse rapporte que le scandale impliquant M. Zada a éclaté lorsque la direction de l’institution locale de micro-financement, Taanadi, a écrit il y a un an à la Sopamin pour lui notifier ne pas avoir retrouvé aucune trace dans ses livres comptables d’un dépôt de trois milliards de FCFA annoncé par la Sopamin.

Mahamadou Zada, a été ministre en avril 2021 par le président Mohamed Bazoum qui a récemment annoncé qu’« une trentaine de hauts cadres de l’Etat, coupables de malversation ou détournement, croupissent actuellement en prison et y resteront longtemps ».

Côte d’Ivoire : le vice-président Tiémoko Meyliet Koné a prêté serment

Le vice-président ivoirien, Tiémoko Meyliet Koné, a preté mercredi serment au lendemain de sa nomination, à la présidence de la République, devant le Conseil constitutionnel.Tiémoko Meyliet Koné a exprimé sa « profonde gratitude » et son « infini reconnaissance pour la grande confiance » ainsi placée en sa personne, disant mesurer l’honneur qui lui est fait et la responsabilité de la tâche.

Il a assuré aborder cette fonction « avec humilité et détermination » dans la perspective des actions du gouvernement, sous le leadership du chef de l’Etat, des réalisations qui sont visibles dans les villes et campagnes.

Le désormais ex-gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), a salué la transformation qualitative de la Côte d’Ivoire dans tous les domaines, affirmant que Alassane Ouattara « est demeuré le digne successeur du père de la Nation, notre icône national, feu le président Félix Houphouët-Boigny ».

Tiémoko Meyliet Koné aura, entre autres, pour mission de travailler sur les cinq milliers de la vision du président ivoirien, à savoir « consolider le triptyque paix, sécurité et cohésion, socle de tout progrès, favoriser la création de richesse, promouvoir un cadre de vie et d’investissement au niveau de chacune des régions, assurer le développement d’une administration plus performante ».

En outre, il s’agira de « placer l’homme au coeur de toutes les actions, en termes de finalité et de moyens d’atteindre les objectifs visés ». Il a déclaré se mettre à disposition pour poursuivre à ses côtés l’initiative de consolidation de la démocratie et de transformation de l’économie.

Le chef de l’Etat, a procédé mardi à la nomination de Tiémoko Meyliet Koné comme vice-président, en accord avec le Parlement réuni en congrès, à Yamoussoukro, conformément aux dispositions de la Constitution du 8 novembre 2016.

Decryptage: Où va le Tchad, un an après la mort d’Idriss Déby?

Zakaria Ousman Ramadan,
directeur du centre tchadien d’études stratégiques, décrypte pour Apa news l’état du Tchad, un an après la disparition du président Idriss Déby Itno.Il y a un an disparaissait le président Idriss Déby Itno au Tchad. Dans la foulée, une transition conduite par un comité militaire dirigé par un de ses fils avait été annoncée. Comment va le pays aujourd’hui?

Idriss Deby Itno a marqué le Tchad par sa longévité au pouvoir. Il a passé trente ans à la tête du pays. Ce qui n’est pas peu. 
Pour les tchadiens nés dans les années 1990, c’est l’unique chef d’Etat qu’ils ont connu.
Cette longévité explique la solidité du système de pouvoir qu’il a construit et qu’il a légué à ses héritiers politiques qui tiennent aujourd’hui le pays. 
Combien de temps conserveront-ils un tel héritage ? Pourront-ils tenir autant que lui? La réponse est difficile, même si une très grande partie des tchadiens se reconnaissent aujourd’hui dans le système politique construit par le président disparu. 

Un pré-dialogue inter-tchadien a été lancé depuis le 13 mars à Doha sous le patronage du Qatar. La réunion se poursuit encore. Quels sont les objectifs de ce dialogue? 

Le pré-dialogue de Doha est censé être le début d’un processus qui devrait conduire à un dialogue inclusif sur la transition pour un retour à l’ordre constitutionnel prévu début mai à Ndjamena, la capitale tchadienne.
La rencontre réunit les représentants de plus d’une cinquantaine de groupes politico-militaires et près de 200 délégués, dont 25 représentants du Conseil militaire de la transition (CMT) que par Mahamat Idriss Déby Itno, homme fort du Tchad depuis la mort au front de son père, en avril 2021. 
C’est une sorte de mise  » en jambe » qui a pour objectif d’arrondir les angles et definir les modalites de participation de tous les acteurs politico- militaires en assurant aux uns et aux les conditions de sérénité et de sécurité au cours de la rencontre et surtout en offrant à ceux qui en font la demande une garantie absolue pour leur intégrité physique.
Les périodes sombres de l’histoire du Tchad ont été marquées par des violences politiques et des contentieux qui ont fortement abîmé le tissu social sur fond de règlement de compte et des représailles sans fin. 
A Doha, les acteurs de ce pré-dialogue ont pour tâche essentielle d’aplanir les malentendus et d’assainir les cœurs et les esprits.

Le processus de Doha a-t-il enregistré des avancées?

Le fait d’avoir réussi à réunir dans le même lieu les principaux acteurs de la crise tchadienne est une avancée en soi. Mais obtenir d’une telle réunion des résultats majeurs en trente jours seulement est très difficile.
En 61 ans d’indépendance, le Tchad n’a connu que huit à douze ans de paix et de stabilité. 
L’essentiel n’est, donc, pas la vitesse et le rythme avec lequel avance les discussions. Mais la direction que celles-ci devraient prendre. En raison de l’immensité des malentendus et des rancœurs accumulées depuis de longues années, le chemin vers la paix sera naturellement très long. L’essentiel est que ce chemin est désormais tracé. 

Côte d’Ivoire : Tiémoko Meyliet Koné, nouveau dauphin de Ouattara

En nommant l’actuel gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) Tiémoko Meyliet Koné, au poste de vice-président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a choisi son dauphin constitutionnel.La révision constitutionnelle de 2016 a permis au président de la République ivoirien d’introduire le poste de vice-président pour éviter un vide constitutionnel.

Le vice-président de la République est le numéro deux du pays et remplace le chef de l’Etat en cas vacance de la présidence selon la nouvelle réforme constitutionnelle. La Constitution adoptée il y a six ans, relègue le président de l’Assemblée nationale au quatrième rang dans l’ordre protocolaire, alors que la précédente loi fondamentale faisait de lui, le dauphin constitutionnel.

Alassane Ouattara (80 ans) réélu pour un troisième mandat avec 94,27 % des voix en 2020, était revenu sur sa décision de ne pas briguer un troisième mandat, après le décès d’Amadou Gon Coulibaly, qu’il avait choisi comme dauphin.

Avec la nomination de Tiémoko Meyliet Koné, ce technocrate, qu’il décrit devant les députés et les sénateurs réunis mardi 19 avril en congrès dans la capitale politique Yamoussoukro, comme un homme « travailleur et compétent » à la vice-présidence de la République, Ouattara préparait-t-il sa succession à la tête de l’Etat ?

Tiémoko Meyliet Koné remplace à la vice-présidence l’ancien Premier ministre Daniel Kablan Duncan. Ce dernier avait démissionné du poste en juillet 2021 quelques jours seulement après le décès de l’ancien Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly.

Le président ivoirien a été élogieux à l’égard de celui qui était jusqu-ici Gouverneur de la banque centrale devant le Parlement (Sénat et Assemblée nationale) réuni en congrès ivoirien. « Il s’agit d’une personnalité qui a fait la preuve de ses qualités personnelles et professionnelles dans toutes les hautes fonctions qu’elle a occupées dans l’administration publique, le gouvernement ivoirien et à l’extérieur de la Côte d’Ivoire », dit-il à l’égard de Tiémoko Meyliet Koné.

Côte d’Ivoire : Patrick Achi reconduit Premier ministre

Alors qu’il était pressenti au poste de vice-président de la Côte d’Ivoire, Patrick Achi est reconduit à la Primature par le président de la République ivoirienne Alassane Ouattara.Patrick Achi retrouve la Primature. Alors qu’il était pressenti au poste de vice-président après sa démission le 13 avril, le chef du gouvernement ivoirien n’aura pas de promotion. Le président Ouattara prend de court plusieurs observateurs qui affirmaient le contraire.

« C’est pour tenir compte de la conjoncture économique mondiale et la nécessaire réduction des dépenses de l’Etat que le gouvernement qui sera mis en place cette semaine, sera resserré, M. le Premier ministre, vous avez eu mes instructions à cet effet », a dit M. Ouattara.

Il a porté son choix sur Tiémoko Meyliet Koné, actuel gouverneur de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (Bceao), au poste de vice-président, numéro deux dans l’ordre protocolaire de la République de Côte d’Ivoire.

Par ailleurs, Patrick Achi, 66 ans, aura la tâche de former dans les prochains jours une équipe gouvernementale moins importante que la précédente, suivant les nouvelles directives d’Alassane Ouattara. Le gouvernement sortant comptait quarante et un membres dont trente-sept ministres et six secrétaires d’État.

« En vue de renforcer l’efficacité de l’action du gouvernement et pour tenir compte de la conjoncture économique mondiale actuelle, j’ai décidé de la réduction du nombre de ministres du gouvernement », avait déclaré le chef de l’État qui souhaite réorienter l’action du gouvernement vers la résilience sociale et la sécurité.

Côte d’Ivoire : Tiémoko Meyliet Koné nommé vice-président de la République

L’actuel gouverneur de la Banque centrale Etats de l’Afrique (BCEAO) est nommé mardi ce 19 avril 2022, vice-président de la République de Côte d’Ivoire par le président Alassane Ouattara.Le président ivoirien a fait cette annonce devant le Parlement réuni en congrès ce mardi 19 avril 2022 à la Fondation Félix Houphouët-Boigny. Le poste de vice-président de Côte d’Ivoire est nouvellement créé par la Constitution de novembre 2016. Il fait de son occupant, le dauphin constitutionnel du président de la République.

Tiémoko Meyliet Koné remplace à la vice-présidence l’ancien Premier ministre Daniel Kablan Duncan. Ce dernier avait démissionné du poste en juillet 2021 quelques jours seulement après le décès de l’ancien Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly.

Le Maroc et la Jordanie considèrent que l’escalade à Al-Qods est de nature à attiser les sentiments de rancœur et de haine

Le Roi Mohammed VI a eu, ce lundi, un entretien téléphonique avec le roi Abdallah II ibn Al Hussein, souverain du Royaume hachémite de Jordanie, annonce un communiqué du cabinet royal.Cet appel téléphonique a été l’occasion pour le Souverain marocain de s’assurer de l’état de santé du Souverain jordanien après l’opération chirurgicale réussie qu’il a subie récemment.

Les entretiens entre les deux Souverains ont porté sur les développements et les événements que connaissent la ville d’Al Qods et la Mosquée Al Aqsa suite aux incursions dans les lieux sacrés et aux agressions des fidèles, partant en cela de la Présidence par le Roi Mohammed VI du Comité Al Qods et de la Tutelle hachémite du Roi Abdallah II sur les lieux sacrés islamiques et chrétiens à Al Qods Acharif.

Les deux Souverains ont considéré que cette escalade « est de nature à attiser les sentiments de rancœur, de haine et d’extrémisme et à anéantir les chances de relance du processus de paix dans la région», indique la même source.

Le Maroc condamne fermement l’incursion des forces d’occupation israélienne dans la mosquée Al Aqsa

Le Maroc, dont le Roi Mohammed VI, préside le Comité Al Qods relevant de l’Organisation de la Coopération Islamique, exprime sa ferme condamnation et sa forte dénonciation de l’incursion des forces d’occupation israélienne dans la mosquée Al Aqsa, la fermeture de ses portes et l’agression des fidèles désarmés dans l’enceinte de la mosquée et sur ses esplanades, causant nombre de blessés.Dans un communiqué, le ministère marocain des Affaires Étrangères indique que le Royaume considère que cette agression flagrante et cette provocation méthodique durant le mois sacré du Ramadan contre le caractère sacré de la mosquée et sa place dans le cœur de la Oumma islamique ne fera qu’attiser les sentiments de haine et d’extrémisme et réduire à néant les chances de relance du processus de paix dans la région.

Le Maroc appelle les Nations Unies et la communauté internationale à intervenir d’urgence pour mettre un terme à ces violations et agressions contre le peuple palestinien désarmé et ses valeurs sacrées, ajoute la même source.

Sur instructions du Roi Mohammed VI, cette condamnation et cette dénonciation ont été communiquées directement au chef du bureau de liaison israélien à Rabat, conclut le communiqué.

Le Maroc pour une approche multidimensionnelle de paix, de sécurité et de développement en Afrique

Le Maroc a réitéré devant le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, l’importance de l’approche multidimensionnelle de paix, sécurité et développement dans l’accompagnement des pays africains en transition politiqueL’Ambassadeur Représentant Permanent du Royaume auprès de l’UA et de la CEA-ONU, Mohamed Arrouchi, qui intervenait lors de la réunion du CPS de l’UA consacrée à l’examen du processus de la transition politique au Burkina faso, au Tchad, en Guinée, au Mali et au Soudan, a souligné l’impératif d’une approche multidimensionnelle axée sur le nexus paix, sécurité et développement tout en tenant compte du grand nombre de la population de ces pays frères et l’impact sur leurs conditions de vie notamment les jeunes qui en constituent le quart.

Le diplomate qui conduit la délégation marocaine, a souligné la nécessité d’explorer les meilleurs voies et moyens pour accompagner ces pays amis et frères dans leur processus de transition politique tout en leur assurant l’aide nécessaire susceptibles de leur garantir la paix et la sécurité et leur développement.

A cet égard, la délégation marocaine a suggéré l’établissement d’un diagnostic exhaustif pour déterminer la réalité politique, social et économique sur le terrain susceptible de permettre l’adoption d’une approche opérationnelle orientée vers l’action.

La délégation marocaine a également appelé à l’implication des autres départements de la Commission de l’Union africaine chargés des secteurs de la santé, de l’infrastructure et de l’éducation pour aider ces pays sur le plan socio-économique et leur assurer une transition politique solide et durable.

Côte d’Ivoire : Patrick Achi vers la vice-présidence (politologue)

Le politologue Eddie Guipié décrypte, pour Apa news, les raisons et suites éventuelles de la démission récente du premier ministre ivoirien, Patrick Achi.La démission de Patrick Achi du poste de Premier ministre est-elle une surprise ?

On serait tenté de dire à la fois oui et non. Le fait qu’il n’ait pas été limogé ou que le gouvernement n’ait pas été dissous à l’initiative du président de la République montre toutefois que Patrick Achi garde la confiance du chef de l’Etat.

Dans notre système, lorsque le Premier ministre démissionne, cela veut tout de suite dire qu’il faut mettre en place un nouveau gouvernement. C’est pourquoi, nous avons deux hypothèses. La première serait que le gouvernement Patrick Achi est reconduit sur des bases beaucoup plus resserrées avec moins de ministres pour répondre aux soucis et aux attentes des populations frappées par la vie chère.

La seconde hypothèse serait qu’un autre Premier ministre soit nommé par le chef de l’Etat pour conduire l’action gouvernementale.

Il faut savoir qu’en politique, tous les jeux sont ouverts et on ne doit ignorer aucune hypothèse. Il y a eu une dépêche deux à trois heures avant la démission du Premier ministre qui indiquait qu’il allait avoir une refonte gouvernementale et que le Premier ministre allait être nommé comme vice-président et probable dauphin du chef de l’Etat.

Nous sommes dans une architecture constitutionnelle où le président a l’initiative et cumule beaucoup de pouvoirs. Cela lui permet de choisir son dauphin ou de brouiller les cartes pour essayer de ralentir ou stopper les ambitions de certains cadres.

Quelle était la nature des rapports entre le président Alassane Ouattara et Patrick Achi ?

Ce sont des rapports cordiaux, des rapports de travail et de confiance (bien qu’il soit issu du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, ex-allié) parce que M. Patrick Achi, avant d’être Premier ministre, a été Secrétaire général de la présidence de la République. A ce poste, on côtoie tous les jours le président de la République. C’est la courroie de transmission du chef de l’Etat. On ne peut pas confier ce poste à quelqu’un en qui on n’a pas confiance.  

Cela veut dire que c’est un homme que le président a eu à éprouver à plusieurs charges.  

 Le Premier ministre Patrick Achi est venu dans un contexte d’urgence, où son prédécesseur était décédé. Il fallait donc tenir la barre gouvernementale et le chef de l’Etat a décidé de choisir celui qui aujourd’hui est reconnu comme un technocrate.

Ceci étant, le chef de l’Etat avait marqué son insatisfaction sur certains points, notamment sur le volet social, et le gouvernement a communiqué qu’il devait répondre aux attentes sociales.

Quel pourrait être le profil du prochain Premier ministre ivoirien ?

Je suis surpris par la démission du Premier ministre Achi qui obéit toutefois à des contraintes politiques. Le gouvernement démissionne la plupart du temps après des élections capitales, mais dans ce cas de figure, on n’a plus d’élection en ce moment. Les municipales, c’est en 2023 et la présidentielle en 2025.

C’est à l’issue des compétitions électorales qu’on remanie le gouvernement pour apporter un signal, alors qu’aujourd’hui, on se retrouve dans une période tout à fait assez atone qui n’est pas propice à un remaniement.

Mais, le chef de l’Etat a estimé qu’il fallait réformer son équipe gouvernementale pour aussi répondre aux besoins des Ivoiriens.

Pour ce qui concerne le profil du prochain Premier ministre, un technocrate, un cadre de l’ancien Rassemblement des républicains (RDR, fondé par Alassane Ouattara et devenu le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix), peut-être un astre de la finance internationale ou un diplomate. Je pense que le chef de l’Etat a l’embarras du choix eu égard à la coalition gouvernementale, les ressources ne manquent pas.

Mais il faut signaler que la Constitution oblige le président de la République à informer le Parlement réuni en congrès de sa décision de nomination du vice-président. Donc, je pense que c’est à cet exercice constitutionnel que va sacrifier le chef de l’Etat pour informer le Parlement (l’Assemblée nationale et le Sénat le 19 avril 2022 à Yamoussoukro).

Maintenant, il peut aller au-delà et faire un message beaucoup plus exhaustif pour essayer de donner un sens à son projet. Même si le président a annoncé un nouveau gouvernement (la semaine prochaine), Patrick Achi peut être reconduit et quelqu’un d’autre peut être choisi comme vice-président.

Entretien: Thierno Monénembo s’inquiète pour la Guinée

Le célèbre écrivain guinéen, plusieurs fois distingué par de prestigieux prix littéraires dont un Renaudot, s’inquiète de la situation politique de son pays et appelle, dans un entérine avec Apa news, à une sérieuse hygiène du passé » en Guinée.Il y a huit mois, le président Alpha Condé, dont vous étiez un des critiques les plus virulents, était déposé par une partie de l’armée. La Guinée va-t-elle mieux aujourd’hui, alors que la junte tarde à fixer un calendrier de transition? 

Dire que cela va mieux serait un pieux mensonge. 
Sur le plan économique, personne ne s’attendait à une amélioration avant une décennie ou deux. Les Guinéens sont habitués à l’inflation chronique et au chômage galopant. Ce qui est nouveau, c’est que pour des raisons  internes aussi bien qu’externes, on assiste à une brusque accélération de la montée des prix. Les denrées de première nécessité sont devenues inabordables même pour les bourses les mieux garnies. Les Guinéens vivent un ramadan particulièrement pénible. 
Le chapitre politique n’est pas plus réjouissant. A ce jour, le délai de la Transition n’a toujours pas été fixé. La liste des membres du CNRD (l’organe suprême de a junte) n’a toujours pas été publiée. Un gouvernement qui avance masqué est un gouvernement qui a des choses à cacher. Mais il n’y a pas que ça :  le Lieutenant-Colonel Doumbouya a décidé tout seul sans même informer son Premier Ministre, d’attribuer à l’aéroport de Conakry le nom du sanguinaire Sékou Touré. C’est un acte doublement condamnable. Sur le plan du droit, rien n’autorise le putschiste  qu’il est à baptiser ou à débaptiser un lieu public, à nouer ou à rompre des relations diplomatiques etc. 
Sur le plan de la morale, il s’impose d’abord de condamner les crimes du tyran avant de célébrer le Sékou Touré du 28 Septembre 1958. Les 50 000 êtres humains assassinés au Camp Boiro méritent d’être rétablis dans leurs droits de victimes ne serait-ce que de manière symbolique. Rappelons qu’ils n’ont jamais eu droit à un procès. Ils ont été arrêtés de nuit, ils ont émis des aveux sous la torture avant d’être mis à mort par fusillade, par pendaison ou par diète noire (privation totale de boisson et de nourriture jusqu’à ce mort s’en suive). La décence veut qu’on retrouve leurs fosses communes, qu’on érige des stèles en leur mémoire, bref qu’on permette enfin à leurs descendants de porter leur deuil. C’est une question de décence. Après cela, tout le reste est possible. La Guinée n’ira pas loin sans une sérieuse hygiène de son passé. C’est maintenant qu’il faut crever l’abcès des rancoeurs et des frustrations sinon demain, ce sera l’explosion. 
Avec cet aéroport Sékou Touré, notre Lieutenant-Colonel n’a pas posé qu’un acte illégal, il a aussi posé un acte clivant, dangereusement clivant. 

Le Lieutenant-colonel Mamadi Doumbouya, le chef de la junte, avait promis lors de sa prise du pouvoir, que la justice serait sa « boussole ». Depuis, plusieurs dignitaires de l’ancien régime ont été interpellés. Certains dénoncent une chasse aux sorcières. Êtes-vous de cet avis ? 

Il y a loin de la parole aux actes surtout dans ce pays réputé depuis Sékou Touré justement, comme étant celui du simulacre et de la démagogie. La chasse aux sorcières est la marque de fabrique de la vie politique guinéenne. Tous les Guinéens savent qu’Alpha Condé et ses ministres ont volé et tué. Ils méritent tous d’être jugés mais pas comme ça.  Sans transparence et sans respect de la procédure, il n’y a pas de justice. A cet égard, la boussole de Mamadi Doumbouya a déjà perdu le nord. Dommage parce qu’il n’y a qu’une seule denrée qui manque à cette véritable corne d’abondance qu’est la Guinée : la justice.Les Guinéens n’ont pas besoin de vengeance mais de justice. La justice, rien que la justice mais toute la justice. 

La junte mène, actuellement, une campagne de récupération des domaines et propriétés de l’État. Approuvez-vous cette opération? 

Non, je ne l’approuve pas. Dans le principe, l’Etat a le droit de récupérer ses biens si jamais ils sont vraiment les siens. Mais c’est aux juges, aux greffiers, aux huissiers de faire le travail dans le strict respect des formalités et non à des hordes de bidasses armés jusqu’aux dents. On a l’impression que Mamadi Doumbouya, comme ses  prédécesseurs utilise les moyens de l’Etat pour régler des comptes personnels. Et puis, la voilà, la seule question qui vaille : quel est le rôle d’un gouvernement de transition ? Poser les questions de fond (qui reviennent de fait à un gouvernement constitutionnel) ou organiser les élections en expédiant les affaires courantes ?

Les « Assises Nationales, la récupération des biens de l’Etat, la Cour de la Répression des Infractions Economiques et Financière (CRIEF) tout cela n’est que de la poudre aux yeux, de simples moyens de diversion. Mamadi Doumbouya veut tromper le peuple pour rester le plus longtemps au pouvoir. 

Lors de sa dernière rencontre avec les dirigeants des compagnies minières, Le lieutenant-colonel 
Mamadi Doumbouya leur a demandé de construire des raffineries pour traiter la bauxite sur place. Cette exigence est-elle réaliste ?  

Evidemment qu’elle n’est pas réaliste et Mamadi Doumbouya le sait plus que tout le monde. C’est juste pour l’opinion. Je le disais plus haut, l’Etat guinéen a l’art de manier le discours. Tout est slogan, envolée lyrique et incantation. C’est la culture héritée du système du parti unique, celui du PDG, le Parti Démocratique de Guinée de Sekou Touré : si c’est dit, c’est que c’est fait. 
La transformation de la bauxite est l’un des procédés industriels les plus coûteux. Elle absorbe énormément d’énergie et beaucoup de capitaux. Et puis,  c’est un secteur dominé par de puissantes multinationales qui rechignent aux ordres des gouvernements les plus puissants de la planète à plus forte raison celui d’un petit pays comme la Guinée. Un pays qui ne peut même pas satisfaire ses besoins en électricité domestique ne peut pas penser produire de l’alumine ou de l’aluminium. 
C’est du pipeau tout cela, c’est juste pour amuser la galerie.

Sahel : ISS Africa prône le dialogue avec les jihadistes

Chercheur principal à l’institut d’études et de sécurité en Afrique (ISS Africa) au sein du bureau de l’Afrique de l’Ouest en charge du Sahel et du bassin du Lac Tchad, Hassan Koné décrypte, pour APA News, le dialogue que prône son organisme entre les gouvernements sahéliens et les groupes jihadistes.Dans une étude récente du think tank ISS Africa, dont vous êtes le coauteur, la nécessité d’un dialogue entre le gouvernements sahéliens et les groupes jihadistes est fortement défendue. Pourquoi ?

L’idée du dialogue avec les jihadistes au Sahel, ou certains d’entre-eux, part d’un constat simple: depuis dix ans, les forces de défense des différents pays de cette région, appuyés par d’importants partenaires étrangers, comme la France et la force européenne Takuba, n’arrivent pas à éradiquer la menace jihadiste qu’ils s’efforcent de combattre. L’action  militaire n’ayant pas, à elle seule, réussi à résoudre le problème, l’idée d’envisager d’autres outils devient ainsi évidente. Il ne s’agit pas d’abandonner, purement et simplement, l’option sécuritaire. Il s’agit d’y associer d’autres moyens ayant fait leurs preuves ailleurs.
Cette approche qui se veut plus globale implique le recours à la médiation, d’autorités traditionnelles, religieuses notamment. Mais elle implique surtout l’exploration de solutions politiques susceptibles de convaincre les jihadistes ou certains d’entre-eux d’abandonner le recours à la violence. Or, cette voie-là que l’on peut assimiler à une sorte de politique de la « la main tendue » passe forcément par le dialogue. Elle a réussi dans les pays de la péninsule arabique et dans le Maghreb. Il n’y as pas de raison qu’elle ne soit pas tentée dans le Sahel.

Ces groupes sont-ils suffisamment réalistes pour accepter de dialoguer avec des gouvernements dont ils contestent la légitimité?

En règle générale, les jihadistes ne sont pas radicalement fermés au dialogue. Cela vaut, sans doute, plus pour les groupes liés à Al Qaida que pour ceux affiliés à l’Etat islamique.
Il est vrai que leurs exigences sont, par certains aspects, difficiles à accepter pour les Etats. Mais dans le Sahel, il y a des éléments qui pourraient rendre ce dialogue souhaité plus facile que dans d’autres régions du monde. Par exemple: si l’on prend les trois pays sahéliens où la menace jihadiste est la plus manifeste, qui sont le Mali, le Burkina-Faso et le Niger, l’essentiel des combattants islamistes sont nationaux. Une majorité d’entre-eux ont rejoint ces groupes non pas pour des raisons idéologiques, mais politiques ou sociales. Les recherches que nous avons menées au sein de l’Institut d’études de sécurité en Afrique (ISS Africa), ont démontré qu’une grande partie des jeunes engagés dans ces groupes, y ont adhéré pour avoir les moyens de se protéger, défendre ou venger leurs communautés contre les exactions réelles ou supposées des forces gouvernementales de sécurité ou d’autres groupes armés. Parfois, c’est aussi pour protéger leurs biens ou les moyens de substances de leurs groupes ethniques.
Cette diversité de profils est d’ailleurs un élément essentiel à prendre en compte dans le cadre du dialogue que l’ISS Africa prône entre les gouvernements et ces groupes.
Quels sont les compromis envisageables au Sahel avec les groupes jihadistes?

Avant d’envisager tout dialogue avec les jihadistes, les gouvernements doivent se pencher sur les raisons qui sont à l’origine de leur choix pour les armes. Une fois ce préalable franchi, le dialogue proprement dit peut être envisagé. Dans le cadre des concessions que pourraient faire les gouvernements, il ne faudrait pas avoir peur de proposer l’option du pardon en contrepartie d’un abandon des armes. Le dialogue souhaité pourrait d’ailleurs s’inscrire dans une sorte d’accords politiques, ou de proposition unilatérale de la part des autorités, sous forme de « réconciliation nationale ». L’essentiel est de faire preuve d’imagination et de courage politiques. Dans certaines situations individuelles, il est possible, par exemple, d’accorder une libération des détenus dont la situation personnelle le permet selon la loi. Si la législation l’autorise, les autorités peuvent encourager une atténuation des peines pour certains condamnés. Une fois démobilisés, les individus devraient également pouvoir bénéficier d’un plan d’insertion social rigoureux. Des réformes des programmes d’enseignement des écoles coranique sont aussi à envisager. L’enseignement théologique dispensé dans ces établissements doit être accompagné de cours de formation préparant à l’exercice de métiers générateurs de revenus.
Des retouches au sein du système judiciaire pourraient être apportées en fonction des pays et des situations. Le « cadi », ce juges musulman qui a toujours existé dans des pays comme la Mauritanie, le Niger et même le Mali, pourrait voir son statut clarifié ou amélioré. C’est une fonction très appréciée par les populations en raison de son rôle traditionnel de médiateur et de régulateur efficace de certains conflits sociaux.
Dans le même esprit, les Etats ne devraient surtout pas oublier un sujet essentiel: la crise du pastoralisme. Aussi bien au Mali, au Niger, au Burkina Faso, que dans les pays du Golfe de Guinée, comme le Bénin ou le Togo qui commencent à être touchés par la menace jihadiste, le problème est une cause majeur de la violence islamiste. Dans tous ces pays, les éleveurs ont des problèmes d’accès aux pâturages. Avec la hausse de la démographie, les terres subissent une surexploitation pour l’agriculture, rendant les espaces de pâturages moins disponibles. Cette situation crée des tensions entre éleveurs transhumants et agriculteurs sédentaires, contraignant les premiers, faute de quoi entretenir leur bétail, de commettre dee actes de banditisme ou de criminalité.

Votre étude cite l’exemple mauritanien où un dialogue entre religieux et détenus jihadistes a contribué au repentir d’une majorité de ces derniers. Peut-il servir de modèle ?

Le dialogue initié en 2010 par le gouvernement mauritanien avec une partie des partisans du jihad en Mauritanie en 2010 était une réussite incontestable. Le fait que depuis 20011, soit un an après le lancement de ce dialogue, aucune opération jihadiste n’a eu lieu dans ce pays, s’explique d’ailleurs en partie par les résultats de cette initiative.
S’il peut servir d’exemple pour les autres pays sahéliens actuellement confrontés à la menace jihadiste, il ne peut cependant y être copié sans avoir été adapté aux réalités locales.
En Mauritanie, le dialogue était purement doctrinal, en raison du fait que la majorité des jeunes mauritaniens alors engagés dans les rangs des groupes jihadistes ou partisans du jihad armé, avait fait un choix fondé sur une conviction religieuse.
Dans les autres pays de la région, les raisons qui ont poussé leurs citoyens à rejoindre les groupes islamistes armés sont, souvent, différentes. Les motivations dans ces pays sont largement dominées par le besoin de se protéger ou de défendre les siens, contre des agressions extérieures, réelles ou supposées, qu’elles soient le fait de forces régulières ou d’autres groupes armés.

Le modèle mauritanien ne peut donc s’exporter sans adaptation au contexte propre à chaque pays. Faute de quoi, son échec est assuré. 

Mali : arrestation de trois Européens suspectés de « terrorisme »

L’armée malienne annonce l’arrestation de trois ressortissants européens suspectés de mener des actions terroristes.Les « suspects » ont été interpellés à Diabaly, une localité située à quelque 300 km au nord-ouest de Bamako, d’après un communiqué de l’armée publié mardi 12 avril. Ils ont été interpellés dans le centre du Mali lors d’opérations menées contre des jihadistes.

« Le détachement FAMa (Forces armées maliennes) de Diabaly a procédé à l’interpellation le 10 avril 2022 de cinq suspects dont trois ressortissants européens », affirme l’état-major général des armées. Toutefois, le communiqué ne précise pas l’identité de ces « suspects » européens interpellés dans cette localité située à quelque 300 km au nord-ouest de Bamako.

Accusée d’avoir récemment mené des exactions contre des civils à Moura (centre), l’armée malienne conteste ces allégations, mais confirme une nouvelle fois sa « montée en puissance » sur des terroristes en « débandade » et dont la force de nuisance repose « essentiellement sur les poses d’engins explosifs improvisés ».

Le Mali est, depuis août 2020, dirigé par une junte militaire qui assure que son objectif est de créer les conditions sécuritaires pour la reconquête de l’intégrité territoriale. Mais depuis janvier dernier, le pays s’est coupé de plusieurs de ses partenaires dont les pays de la Cedeao qui ont imposé un embargo pour obliger les autorités militaires à rendre rapidement le pouvoir aux civils.

Côte d’Ivoire : démission du Premier ministre Patrick Achi

Le Premier ministre ivoirien Patrick Achi a annoncé sa démission du gouvernement ce mercredi 13 avril 2022.Le Premier ministre Patrick Achi a remis sa démission au Président de la République Alassane Ouattara, ce jour, lors du Conseil des ministres. La démission du Premier ministre Patrick Achi entraîne également la démission du gouvernement ivoirien. 

« Dans ce contexte d’extrême exigence internationale, qu’elle soit sous continentale ou mondiale, vous avez clairement exprimé votre volonté de procéder à un réaménagement du gouvernement, je voudrais donc respectueusement vous présenter ma démission en tant que Premier ministre ainsi que celle de l’ensemble du gouvernement », a-t-il déclaré.

Une démission acceptée par Alassane Ouattara. « M. le Premier ministre, vous venez de me remettre votre démission ainsi que celle de votre gouvernement, je l’accepte en vue de renforcer l’efficacité de l’action du gouvernement et pour tenir compte de la conjoncture économique mondiale actuelle, j’ai décidé de la réduction du nombre de ministres du gouvernement », a déclaré le président de la République ivoirien.

Il a expliqué « qu’il est impératif de réduire les dépenses de l’Etat tout en les réorientant vers la résilience sociale et sécuritaire. La réduction du nombre de ministre entraînera certainement le départ de certains d’entre vous », a regretté Alassane Ouattara.

Le président ivoirien a annoncé la nomination d’un nouveau premier ministre dès la semaine prochaine et d’un gouvernement resserré d’une trentaine de membres.

Ce fidèle du chef de l’État ivoirien, avait été nommé à la primature le 26 mars 2021 après le décès d’Hamad Bakayoko. 

Jacob Zuma absent à son procès pour des raisons médicales

L’ex-président sud-africain et le marchand d’armes français Thales font face à de multiples accusations de corruption.Jacob Zuma n’a pas assisté à l’ouverture de son procès, ce lundi 11 avril, devant la Haute Cour de Pietermaritzburg, dans la province du KwaZulu-Natal, « en raison d’un problème de santé non divulgué ». Ses conseils ont demandé un nouveau report de son procès.

La presse locale rapporte que le président Zuma veut utiliser un Procureur privé pour relancer son affaire contre le Procureur principal de l’Autorité nationale des poursuites, Billy Downer, qui doit être retiré du dossier pour son impartialité.

Ses précédents efforts pour retirer Downer ont échoué devant les tribunaux, ce qui a permis à ce dernier de fixer ce lundi le début du procès complet.

Zuma et le marchand d’armes français Thales font face à de multiples accusations de corruption en relation avec un contrat d’armement de plusieurs milliards de dollars lorsqu’il était vice-président de l’État sous l’ancien président Thabo Mbeki (1997-2007).

Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky veut se faire entendre à l’UA

Le chef de l’État ukrainien a eu, ce lundi, un entretien téléphonique avec Macky Sall, le président en exercice de l’Union Africaine (UA).Dans la guerre qui l’oppose à la Russie, le président de l’Ukraine s’investit dans la bataille de l’opinion. Au-delà de l’Occident, Volodymyr Zelensky espère grappiller des soutiens sur le continent noir où Moscou avance ses pions.

Avec Macky Sall, président en exercice de l’Union Africaine (UA), il a émis le souhait de « faire une communication à l’UA », informe sur Twitter le chef de l’État du Sénégal.

Par ailleurs, les deux dirigeants ont « évoqué l’impact de la guerre en Ukraine sur l’économie mondiale et la nécessité de privilégier le dialogue pour une issue négociée du conflit ».

Mali : « ce qui s’est passé en réalité à Moura » (PM)

Le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a qualifié de « cabale » les accusations contre le Mali sur le massacre de Moura.En rencontrant les membres de l’association Tabital Pulaku, la plus importante association culturelle des peuls du Mali le 6 avril dernier, le Premier ministre du Mali est revenu sur le massacre de Moura. « Nous faisons face à une situation où n’ayant pas pu nous faire courber l’échine, certains de nos partenaires ont décidé de changer de fusil d’épaule afin de discréditer l’action du gouvernement et des forces armées et de sécurité. Cela s’appuie sur des faits qui ressemblent souvent à la vérité » a indiqué le dirigeant dans des propos rapportés par le journal malien l’Aube.

Avant de poursuivre, « Depuis quelques jours, il y a une campagne contre l’armée malienne et contre le gouvernement, consécutivement à ce qui s’est passé à Moura. Ce qui s’est passé en réalité à Moura ? Aujourd’hui, l’armée dispose de gros moyens d’observation. C’est avec ces moyens que nous avons pu neutraliser les nids des terroristes qui étaient basés dans la forêt de Ouagadou (frontière mauritanienne) ».

Selon Choguel Maïga, l’armée est désormais bien équipée pour faire face à la menace jihadiste. Cela se traduit par de bons résultats sur le terrain, souligne-t-il. « La pression de l’armée est très forte ! De même qu’il y a de fortes pressions sur les FAMA. Nous perdons des hommes tous les jours… A Moura, les moyens d’observation ont permis à l’armée d’observer des mouvements ennemis pendant des jours… S’y ajoutent des renseignements humains. On s’est rendu compte qu’il y avait un regroupement de différents mouvements terroristes sur place. Ceux qui sont de la zone savent bien ce qui se passe à Moura : c’est un véritable bastion des groupes terroristes. »

Choguel Maïga s’est dit surpris qu’au lendemain de cette opération des médias internationaux et des ONG internationales affirment que l’armée est allée massacrer des populations civiles, essentiellement les peulhs. Dans leur calcul, la meilleure façon pour le Mali de perdre la guerre contre le terrorisme, c’est d’avoir les populations contre l’armée » avise-t-il.

Selon le Premier ministre malien qui donne les détails de cette opération, « grâce aux moyens déployés, pendant plusieurs jours, on a pu constater un regroupement de 50 personnes, de 100 personnes jusqu’à mille personnes. Et les mêmes moyens d’observations et de renseignements ont permis de comprendre aussi que ce regroupement des terroristes à Moura avait pour but d’arrêter et de planifier des actions futures contre l’armée » révèle Choguel Maïga, qui ajoute que « c’est ainsi que l’armée est intervenue. Et effectivement on a dénombré environ 200 terroristes neutralisés, plus les opérations des forces spéciales qui ont continué » soutient-il.