Somalie : épreuve de force entre le président et le PM

La capitale somalienne, Mogadiscio est sous tension à cause du conflit persistant entre le président de la République et son Premier ministre sur le respect du calendrier électoral.Après plusieurs mois de tension sur le processus électoral somalien qui devrait aboutir à l’élection du prochain dirigeant du pays, le président Mohamed Abdullahi Mohamed a annoncé le limogeage du Premier ministre Mohamed Hussein Roble. Une décision qui installe un malaise au sommet de l’Etat somalien.

Les deux têtes de l’exécutif s’étaient affrontées dans des circonstances similaires en avril dernier, lorsque le président avait décidé unilatéralement de prolonger son séjour au pouvoir après l’expiration de son mandat.

M. Farmaajo est président de la Somalie depuis 2017, mais ses détracteurs, au premier rang desquels le Premier ministre Roble, l’ont accusé de retarder délibérément le processus d’élection de son éventuel successeur dans le but d’usurper le pouvoir dans ce pays de la Corne de l’Afrique comptant un peu plus de 15 millions d’habitants.

M. Roble accusé le président d’avoir organisé un coup d’Etat constitutionnel après sa destitution du poste de Premier ministre. Mais cette version est démentie par l’actuel président qui soutient que M. Roble était impliqué dans des affaires de corruption liées à des allégations d’accaparement de terres.

Farmajo et Roble s’accusent mutuellement de ne pas s’être véritablement engagés dans le processus électoral qui aurait permis l’installation d’un nouveau président en avril dernier. Les présidents somaliens sont élus indirectement par une chambre basse et une chambre haute du parlement dont les membres sont choisis par quelque 30.000 délégués issus des clans disparates du pays.

Alors que les élections à la chambre haute de tous les Etats somaliens sont terminées et que le vote à la chambre basse est en cours depuis novembre, l’élection d’un président se fait toujours attendre. Entre-temps, l’impasse très médiatisée s’est étendue aux rues de la capitale Mogadiscio où, selon des témoins, des troupes pro-Roble lourdement armées ont patrouillé mercredi en signe de défiance après la décision du président de suspendre puis limoger son Premier ministre.

La crise politique actuelle rappelle les violences qui ont éclaté à Mogadiscio en avril par des factions rivales de l’armée, divisées entre le soutien au président et au premier ministre. Les soldats fidèles à Roble ont été déployés autour du palais présidentiel et d’autres installations gouvernementales clés dans la capitale.

La communauté internationale a appelé les deux parties à la retenue, alors que les anciens des clans s’efforcent d’organiser des pourparlers entre Farmajo et son Premier ministre, qui s’est éloigné. Les Etats-Unis ont déclaré qu’ils suivaient de très près la situation politique et ont averti que ceux qui entravent le chemin de la Somalie vers des élections libres et équitables seraient punis.

La crise politique déclenchée par le retard des élections en Somalie nuit à la campagne militaire du gouvernement contre l’insurrection d’Al-Shabaab qui fait rage depuis 2010. Bien que les insurgés aient été repoussés de Mogadiscio, ils contrôlent toujours de vastes étendues de la campagne somalienne et conservent la capacité de lancer des attaques sporadiques contre la capitale et d’autres villes relevant du gouvernement fédéral.

Une force hybride de maintien de la paix de l’Union africaine, l’AMISOM, a aidé les troupes fédérales à faire face aux insurgés. Depuis le renversement de Siad Barre au début des années 1990, la Somalie lutte pour maintenir un semblant de stabilité.

Présidentielle gambienne : la Cour suprême déboute Darboe

La Cour suprême gambienne a rejeté la requête du Parti démocratique uni (UDP, opposition) contestant la victoire du président Adama Barrow à l’élection présidentielle du 4 décembre, a appris APA mardi.La requête de l’opposant Ousainou Darboe (73 ans), candidat de l’UDP (sigle en anglais, parti démocratique uni) déposée une semaine après l’élection d’Adama Barrow, a été rejetée par la Cour suprême mardi matin. L’UDP accusait le NPP (sigle en anglais, parti national du peuple) de Barrow d’avoir « omis de se conformer à la règle 11 de la loi sur les pétitions électorales, qui stipule que toute personne ou institution faisant l’objet d’une requête doit recevoir un avis ».

La Cour a déclaré que l’UDP, en tant que requérant dans cette affaire, n’avait pas adressé de courrier à M. Barrow, l’une des principales parties à l’affaire. La Cour suprême a décidé qu’à cause de ce manquement, l’UDP devait payer 100 000 Dalasi au président Adama Barrow en tant que partie à l’affaire qui contestait sa réélection à la présidence.  L’UDP n’a pas encore réagi à cette décision

Adama Barrow (56 ans) a remporté le scrutin du 4 décembre dès le premier tour avec 53 % des voix des voix loin devant l’opposant historique Ousainou Darboe qui avait récolté 27,7 % des suffrages. Cinq ans plus tôt, Barrow avait obtenu une victoire électorale surprise devant Yahya Jammeh, mettant fin à 21 ans de règne de l’enfant de Kanilaï, exilé depuis sa chute en Guinée équatoriale.

Boycott présidentielle ivoirienne de 2020: Bédié est « justiciable »

L’ancien chef d’Etat ivoirien, Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci, opposition) « justiciable » pourrait être visé par des poursuites judiciaires dans l’affaire du boycott de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2020.

M. Bédié a « ardemment appelé la population ivoirienne à se mobiliser pour des manifestations » ainsi qu’à la « désobéissance civile et au boycott actif », a déclaré face à la presse, le procureur de la République de Côte d’Ivoire, Adou Richard, au palais de justice, à Abidjan-Plateau.

« Cette désobéissance civile et ce boycott actif visaient, selon les initiateurs, à empêcher par tous les moyens, la tenue du processus électoral », a soutenu M. Adou Richard, lors d’une conférence de presse. 

À la suite du « boycott actif », le procureur a fait observer que l’opposition a annoncé la mise en place d’un organe de transition dénommé Conseil national de transition (CNT), devant se substituer aux institutions républicaines légalement établies.

Consécutivement à ces actes, il y a eu des actions atteinte aux personnes et aux biens publics que privés, constitutifs d’infractions graves à la loi pénale, ont été commis dans plusieurs localités du pays, a-t-il ajouté.

Les violences relatives à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, ont fait officiellement 85 morts et près de 500 blessés en Côte d’Ivoire, entre août et novembre 2020, a indiqué le procureur de la République. 

Pour investiguer sur ces faits et apporter une réponse judiciaire, le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara a par décret, créé le 25 novembre 2020 une Unité spéciale d’enquête sur les événements survenus à l’occasion de la présidentielle du 31 octobre 2020.

Selon l’enquête, les actes de violences ont été commis dans le District d’Abidjan et dans huit régions: Sud-Comoé (Bonoua), Grands Ponts (Dabou), Lôh-Djiboua (Divo), Iffou (Daoukro), Moronou (Bonvouanou, M’Batto), Bélier (Toumodi), Lacs (Yamoussoukro) et l’Indenié-Djuablin (Abengourou, Niablé). 

« A ce jour, 233 personnes impliquées à divers degrés dans ces infractions graves ont été interpellées dans le pays et 40 autres ayant été formellement identifiés sont activement recherchés pour avoir participé à ces évènements », a-t-il dit.

La grande majorité de ces personnes, dont le président du Front populaire ivoirien (FPI), Affi Nguessan et Kakou Guikahué, secrétaire exécutif en chef du Pdci, a bénéficié d’une mise en liberté provisoire ou a été placée sous contrôle judiciaire. 

« Seules 11 personnes sont toujours détenues préventivement. Il s’agit notamment des personnes présumées avoir commis des crimes crapuleux comme la décapitation du jeune Nguessan Koffi Toussaint à Daoukro, et le meurtre de l’adjudant Sanogo Seydou, atteint par balles à la tête, ainsi que des auteurs présumés des meurtres perpétrés à Dabou », a-t-il poursuivi. 

« Toutes les personnes dont la culpabilité pourrait être retenue au cours des procès à venir, subiront toutes, la rigueur de la loi pénale, l’objectif étant de lutter contre l’impunité des auteurs des infractions graves commises, surtout à chaque période électorale », a-t-il prévenu.

Certains leaders politiques de l’opposition sont accusés d’avoir financé et armé des populations pour empêcher l’élection présidentielle du 31 octobre 2021. Les juges d’instruction étant en train de boucler leurs investigations, dévoileront les personnes inculpées en vue du jugement. 

Concernant M. Bédié, ancien président de la République, le procureur de la République a démontré qu’ il est « justiciable », dans ce contexte comme tout citoyen et pourrait être poursuivi pour son rôle dans ces actes de violences selon la décision des juges d’instruction. 

Relativement aux poursuites engagées contre les anciens présidents de la République, chefs de gouvernement et anciens ministres, le procureur a précisé que « lorsque les faits reprochés à ces personnalités ont été commis à l’occasion où pendant les élections, il n’y a plus de procédure spéciales ».

De ce fait, « les textes qui s’appliquent sont le code électoral, le code pénal et le code de procédures pénales », a-t-il souligné, mentionnant qu' »à partir de ce moment les juges d’instruction sont saisis et nous attendons tous qu’ils finissent leurs informations judiciaires pour savoir les personnes contre qui il sera retenu des charges, alors, sans exclusive, elles seront présentées au tribunal ». 

Le procureur a, par ailleurs, fait remarquer que cette conférence de presse qui intervient au moment de la reprise du dialogue politique ivoirien, est une « coïncidence », car il « n’est pas un acteur politique » et il pose des actes conformément à la loi.  

Somalie : le président et son PM à couteaux tirés sur les élections

Le président somalien Mohamed Abdallahi Farmajo et son Premier ministre Mohamed Hussien Roble se sont accusés mutuellement au sujet de leur engagement à mettre en place un processus menant à des élections nationales libres, équitables et transparentes.Les deux hommes s’écharpent depuis le report des élections nationales qui devaient avoir lieu en 2021. Celles-ci ont été reportées à une date ultérieure en raison de profonds désaccords entre les différentes parties.

Dans une attaque cinglante, M. Farmajo a déclaré que le Premier ministre Roble s’était dérobé à son mandat de présider à la tenue des élections retardées et a proféré une menace à peine voilée de prendre lui-même en charge le processus.

Il a appelé à une conférence nationale et a laissé entendre que M. Roble pourrait être mis à l’écart du processus, pour ce qu’il a appelé les retards et le manque d’engagement du Premier ministre dans le processus.

« Il a dévié des règles du processus électoral… il a déchiré le mandat des commissions électorales et violé leur indépendance », a déclaré le bureau du président Farmajo.

Cependant, M. Roble, qui avait été chargé en mai dernier de faciliter le processus électoral, a répliqué au principal occupant de la Villa Somalia, accusant son patron d’avoir fait une déclaration « destinée à perturber intentionnellement les élections nationales ».

Dans une déclaration faite dimanche à l’Agence de presse africaine (APA), le Premier ministre a déclaré que Farmajo était le frein à l’accélération du processus électoral.

Et d’ajouter : « Compte tenu du moment où la déclaration du Bureau du Président a été faite, après que le Premier ministre a annoncé la tenue prochaine d’une réunion du Conseil consultatif national afin d’accélérer les élections et d’améliorer la transparence et la crédibilité du processus électoral, il est malheureusement clair que le Président est déterminé à perturber le prochain forum consultatif, ce qui témoigne de l’aspiration constante du Président à retarder davantage les élections nationales en cours pour son intérêt personnel ».

Il a déclaré que Farmajo avait passé son mandat de président à « investir malheureusement beaucoup de temps, d’énergie et de finances pour faire échouer les élections nationales et chercher à prolonger illégalement son mandat, ce qui a nui aux efforts en cours pour accélérer les élections nationales et permettre au pays d’organiser des élections pacifiques ».

M. Robe a déclaré que depuis qu’il a assumé son rôle de gestionnaire des élections, le Président Farmajo s’est avéré être un obstacle à la mise en œuvre des lignes directrices convenues pour les élections, et a utilisé des tactiques sournoises en vue de faire dérailler l’ensemble du processus.

Tout en affirmant son engagement sans faille à organiser des élections libres, équitables et ouvertes à tous, le Premier ministre a promis qu’il ne resterait pas les bras croisés si Farmajo, en tant que candidat potentiel, tentait d’exploiter le processus en sa faveur.

Ouattara exprime sa « compassion » suite au décès de Desmond Tutu

Le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a exprimé dimanche sa « compassion » à la suite du décès de l’archevêque anglican, Desmond Tutu, icône de la lutte anti-apartheid.

« En cette circonstance, particulièrement douloureuse, je voudrais au nom du gouvernement et du peuple ivoirien ainsi qu’ à mon nom propre adresser au peuple frère d’Afrique du Sud, notre profonde compassion et notre solidarité », indique une note signée du président Alassane Ouattara.

Il a salué « la mémoire de cet homme de conviction, compagnon de Nelson Mandela qui s’est personnellement impliqué dans les activités de la Commission, dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr) en Côte d’Ivoire ».

Ses initiatives en faveur de la réconciliation des filles et des fils de l’Afrique du Sud ainsi que l’engagement pour la défense des droits de l’Homme, de façon pacifique, lui ont valu le Prix Nobel de la paix, en 1984.

Décédé dimanche, à l’âge de 90 ans, l’ancien archevêque anglican Desmond Tutu, est une « figure de proue de lutte contre l’apartheid en vue de l’avènement d’une Afrique du Sud, libre unie et multi raciale et respectueuse des droits de l’Homme ».

Le président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a transmis à l’endroit de l’illustre disparu, ses sincères condoléances et l’expression de toute sa sympathie et fraternelle considération.

Accord tripartite: le chef de la diplomatie israélienne salue des progrès « significatifs » dans les relations avec le Maroc

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid, a salué les progrès « significatifs et concrets » constatés dans les relations maroco-israéliennes depuis la signature à Rabat, il y a un an, de l’Accord tripartite Maroc-USA-Israël. »Au cours de l’année écoulée, nous avons constaté et apprécié les progrès significatifs et concrets de nos relations bilatérales », s’est félicité Lapid dans une interview accordée au quotidien « L’Economiste », dans laquelle il a passé en revue les temps forts qui ont ponctué une année de rapprochement diplomatique entre les deux pays.

Évoquant certains faits marquants, il a notamment rappelé sa visite à Rabat, la première dans le Royaume d’un chef de la diplomatie israélienne depuis près de deux décennies, dans le but d’ouvrir un bureau de liaison, soulignant que ce déplacement a une signification « personnelle profonde » pour lui-même et demeure un jour « extrêmement spécial » pour des millions de ses compatriotes.

Lapid est également revenu sur la signature, à cette même occasion, de trois accords portant sur des questions diplomatiques, culturelles et aériennes, qui ont servi de « base » au développement des relations bilatérales.

Durant les mois qui ont suivi, a-t-il ajouté, « nous avons vu des vols directs et des flux de touristes entre nos deux pays (…). Les liens bilatéraux ont été renforcés dans le domaine des affaires et de la culture, et un dialogue politique continu a eu lieu sur des questions stratégiques et régionales importantes », a-t-il dit.

Il a aussi cité la visite au Maroc du ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, laquelle visite, a-t-il souligné, a constitué une « avancée majeure » pour les liens bilatéraux en matière de défense et de sécurité, avec notamment la signature du tout premier protocole d’accord dans ce domaine entre les deux Etats.

Ces visites, auxquelles s’ajoutera prochainement celle du ministre israélien de l’Economie, « prouvent le sérieux avec lequel nous considérons notre partenariat avec le Maroc et le peuple marocain, ainsi que l’intérêt mutuel à développer nos relations dans tous les secteurs », a-t-il affirmé.

Pour le chef de la diplomatie israélienne, l’approfondissement de ces relations dans tous les domaines, une de ses « principales priorités », est dans « l’intérêt commun » du Maroc et d’Israël, mais aussi de la région toute entière, d’autant plus que « naturellement, il existe un lien culturel et émotionnel fort entre nos deux pays, puisqu’il y a aujourd’hui plus d’un million d’Israéliens d’origine marocaine ».

La relation entre les deux pays va bien au-delà, a-t-il noté. « Nous investissons afin d’approfondir nos liens par le biais du tourisme, de la culture et même de la coopération universitaire. Nous avons une relation économique florissante et nous prévoyons qu’elle se développera de manière importante dans les mois à venir », a-t-il dit.

Au registre de la coopération économique, Lapid a précisé que le potentiel de la collaboration Maroc-Israël couvre un large éventail de domaines et les deux pays en identifient constamment de nouveaux, y compris l’eau, l’agriculture, l’énergie et l’industrie automobile, voire l’aérospatial et l’aviation civile.

« Aujourd’hui, nos deux nations font face à de nombreux défis similaires et la coopération en matière d’innovation peut nous aider à relever ces défis, ce qui conduira à de nombreuses opportunités pour l’augmentation des investissements et du commerce », a-t-il souligné.

A cette occasion, Lapid n’a pas manqué de qualifier de « stratégique » le rétablissement des relations entre Israël et le Maroc qui s’inscrivent dans le long terme.
« Nos deux pays connaissent les avantages qui découlent de ces relations. Chaque pays a ses propres défis, tant au niveau intérieur que régional, et la coopération entre Israël et le Maroc, grâce à l’expertise de chacun, intègre également ces défis », a-t-il enchaîné.

Dans ce sens, a-t-il soutenu, les deux pays auront, dans les mois à venir, des discussions de haut niveau sur le renforcement de la coopération économique et les échanges commerciaux « qui donneront un coup de fouet aux liens bilatéraux, surtout que les vols directs mis en place l’année dernière y contribueront grandement ».

Libye : le report de la présidentielle crée de la nervosité

Les Libyens ont exprimé leur inquiétude quant au report de ce qui aurait dû être une élection présidentielle historique le 24 décembre 2021.Quelques heures après l’annonce du report de la présidentielle au 24 janvier 2022, des Libyens interrogés ne cachent pas leur inquiétude devant l’accalmie fragile de ces derniers mois.

Certains craignent une période de tension après plusieurs années de guerre civile. « Nous avions placé tous nos espoirs dans cette élection qui aurait permis aux Libyens de déterminer qui les dirige et au reste du monde de le reconnaître », a déclaré un Libyen désespéré, désemparé par le report.

Cette inquiétude a été relayée par les gouvernements occidentaux qui ont prévenu que le report de la date du scrutin présidentiel pourrait être le signe avant-coureur d’autres reports, compte tenu de l’incertitude politique et de l’insécurité en Libye.

Selon Washington, il existe un risque que l’élection n’ait pas lieu dans un proche avenir. La Libye a connu une relative stabilité après l’assaut donné l’année dernière par les forces du général Khalifa Hafter sur la capitale Tripoli, où siège le gouvernement d’union nationale reconnu par la communauté internationale.

Hafter, qui est candidat à la présidentielle aux côtés du fils cadet de Mouammar Kadhafi, Seïf al-Islam, était basé dans la ville de Benghazi, dans l’est du pays, d’où ses troupes avaient lancé une invasion prolongée et infructueuse de la capitale libyenne.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est gouvernée par deux autorités distinctes, l’une basée à Tripoli et l’autre à Benghazi, les puissances occidentales et régionales soutenant les parties au conflit.

Présidentielle libyenne : un report qui sape la réconciliation

Sans surprise, la présidentielle libyenne est reportée faute de candidats officiellement désignés et de campagne électorale préalable.Le Parlement libyen a acté hier le report du scrutin qui devait se tenir ce 24 décembre 2021 à cause des « désaccords entre candidats ». La Haute Commission nationale électorale (HNEC) n’avait pas publié la liste définitive des candidats qui devait participer à cette présidentielle. Une étape cruciale pour l’organe électorale en raison des divergences entre camps rivaux incapable de s’entendre sur l’adoption d’une loi électorale consensuelle.

Face à ce blocage, la loi électorale a été finalement ratifiée par le président du Parlement Aguila Salah Issa, lui-même candidat à cette présidentielle et accusé d’être de connivence avec le maréchal Khalifa Haftar. Face aux risques de troubles, la Commission électorale a demandé un report jusqu’au 24 janvier 2022 du scrutin parrainé par les Nations unies et qui doit en principe parachever la réconciliation entre factions rivales.

Mais plusieurs observateurs avertis de la crise libyenne estiment que cette date n’est pas réaliste. En coulisse, il se murmure qu’un nouveau gouvernement et un nouveau conseil présidentiel sont en gestation. La mise en place de ces deux institutions entraînerait de facto le report de la présidentielle censée ramener la démocratie dans ce pays.

Outre Aguila Salah Issa, les principales têtes d’affiche de cette présidentielle sont le maréchal Haftar, le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah et Seif al-Islam, fils de l’ancien président Mouammar Kadhafi.

Depuis la chute de Kadhafi en 2011, plusieurs groupes armés contrôlent la Libye, quatrième pays le plus vaste d’Afrique (1.759.540 km2) et seizième dans le monde. A l’Est du pays, le maréchal Haftar, ancien cadre militaire déchu du régime de Kadhafi s’est imposé comme l’homme clé du conflit.

A l’Est du pays, des milices tribales et les groupes jihadistes dont la plus menaçante Ansar Al charia contrôlant des quartiers entiers de Benghazi, Syrte et Derna.

Au sud du pays où la situation est plus préoccupante, les groupes jihadistes imposent leur loi face à l’absence totale de l’Etat. Cette partie de la Libye frontalière avec l’Algérie, le Tchad et le Niger abrite des camps jihadistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui servent de bases arrière pour les groupes opérant dans toute la région sahélo-saharienne.

Washington qualifie de « réussite diplomatique » l’accord Maroc-USA-Israël

Le Maroc, les États-Unis et Israël ont célébré, mercredi, le premier anniversaire de l’Accord tripartite, signé le 22 décembre 2020 à Rabat, ouvrant la voie à une coopération fructueuse avec des perspectives prometteuses entre les trois pays.La commémoration de cet anniversaire a réuni les ministres des Affaires étrangères marocain, américain et israélien, dans une visioconférence tripartite pour célébrer cet évènement qui scellait la reprise des relations entre le Maroc et Israël sous les auspices des Etats-Unis. 

Dans son intervention, le Secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a qualifié, mercredi, de « réussite diplomatique » l’accord signé il y a un an entre le Maroc, les Etats-Unis et Israël, qui est de nature à augurer une nouvelle ère de paix, de stabilité, d’opportunités et de compréhension.

Le chef de la diplomatie américaine a rappelé qu’au lendemain de la signature de leur déclaration commune, le Maroc et Israël ont ouvert leurs espaces aériens, « pour la première fois depuis des décennies”, à raison de dix vols directs par semaine.

Il a également indiqué que le Royaume et Israël ont conclu des accords qui facilitent les exercices militaires conjoints et intensifient les relations économiques, notant qu’un nouveau Conseil d’affaires Maroc-Israël a aidé à créer plus de 30 partenariats dans les secteurs de la technologie, de l’agriculture, de l’eau, du textile, de la santé et des énergies renouvelables.

Des discussions sont en cours pour collaborer à des projets de désalinisation et pour créer des programmes d’échanges d’étudiants sur la durabilité environnementale, a-t-il ajouté, relevant que les deux pays ont approfondi leurs liens culturels pour qu’un million d’Israéliens d’origine marocaine puissent renouer avec leurs racines, et que les jeunes athlètes marocains et israéliens puissent s’entraîner ensemble.

« Ces mesures ne sont pas seulement positives pour Israël et le Maroc, elles le sont aussi pour la région dans son ensemble », a estimé le chef de la diplomatie américaine, assurant que les Etats-Unis veulent « élargir davantage le cercle de la diplomatie pacifique ».

Blinken a, en outre, fait observer, qu’à travers la reprise de leurs relations, le Maroc et Israël montrent la voie aux autres pays pour « discuter ouvertement et de manière constructive de leurs objectifs communs et de leurs points de désaccord”, saisir les opportunités mutuellement bénéfiques et rassembler les peuples dans l’amitié.

“C’est pourquoi les États-Unis se sont engagés à soutenir et à étendre les accords d’Abraham », a souligné le chef de la diplomatie américaine.

« Nous vous sommes reconnaissants de vos efforts continus pour approfondir et renforcer les liens entre deux grands partenaires et amis des États-Unis », a relevé Blinken, faisant part de la détermination de Washington à poursuivre “notre travail ensemble pour construire une région plus pacifique et plus prospère ».

De son côté, le ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid a affirmé que le Maroc et l’Etat d’Israël sont appelés à continuer à construire et à renforcer leurs liens bilatéraux.

« Nous devons continuer à construire, à trouver de nouvelles initiatives et à renforcer nos liens bilatéraux », a soutenu le chef de la diplomatie israélienne. « Nous célébrons une année de paix renouvelée entre de vieux amis. Les liens entre nos peuples sont profonds et les relations entre nos pays sont plus solides que jamais », a-t-il estimé, soulignant que « nous établissons aujourd’hui des relations plus étroites entre les peuples et entre les acteurs économiques dans l’optique d’une coopération stratégique plus approfondie ».

Pour sa part, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita a souligné que la déclaration tripartite, qui n’est pas placée sous le sceau des accords d’Abraham, fait office de « promesse renouvelée » entre les trois capitales. Une promesse qui s’articule à travers trois P : l’entente entre les peuples, le partenariat et la paix.

Pour lui, l’entente entre les peuples est symbolisée par le fait qu’un million d’Israéliens d’origine marocaine ont pu renouveler leurs liens avec leur pays d’origine suite au rapprochement Rabat-Tel-Aviv. Le ministre note néanmoins que ce rapprochement pourra être considéré comme « un véritable succès » lorsque les touristes « pourront se déplacer et découvrir facilement le potentiel culturel énorme de nos pays respectifs ».

Selon Bourita, la paix est tout d’abord synonyme de résolution du conflit du Sahara. C’est dans ce sens qu’il a salué l’accord tripartite de décembre 2020 comme « un véritable message de paix » grâce au « renforcement de la souveraineté marocaine sur le Sahara » que l’accord véhicule. La paix c’est aussi celle du Moyen-Orient et la résolution du conflit israélo-palestinien.

L’accord Maroc-Etats-Unis-Israël, constitue un « outil précieux » qui peut contribuer à la paix au Moyen-Orient, a-t-il poursuivi, rappelant que le roi Mohammed VI est, en tant que président du comité Al Qods, un défenseur de l’aspect unique et sacré d’Al Qods en tant que ville de paix.

Et de conclure que « s’il y a une chose que l’année dernière nous a apprise, c’est que la paix vaut toujours la peine de travailler. « Ensemble, nous formons un mur protecteur protégeant nos intérêts et valeurs communs. Nous sommes satisfaits des premières réalisations de notre entreprise commune. Cependant, nous restons aussi humbles et lucides ».

« Pour toutes ces raisons, le Maroc réaffirme pleinement son engagement envers un avenir que nous pouvons façonner ensemble », a-t-il lancé.

Les débats du dialogue politique ivoirien reportés à la « demande de l’opposition »

Le porte-parole adjoint du gouvernement ivoirien, Mamadou Touré, a indiqué mercredi que les débats de fond du dialogue politique, prévus mardi, ont été reportés au 27 décembre 2021, à la « demande de l’opposition », à l’issue d’un Conseil des ministres.

« La demande de report vient de l’opposition » à l’effet de faire parvenir au gouvernement ses termes de références, a déclaré le porte-parole adjoint du gouvernement, M. Mamadou Touré, lors d’un point de presse. 

Selon la méthodologie qui a été établie, M. Mamadou Touré a souligné que le gouvernement avait laissé jusqu’à lundi dernier à l’ensemble des participants, notamment les partis politiques et la société civile à transmettre leurs préoccupations. 

« Et c’est bien l’opposition et certains partis politiques qui ont demandé le report et le gouvernement a accédé à leur demande; et donc un délai supplémentaire a été donné jusqu’au 27 décembre 2021 », a-t-il expliqué. 

« On espère qu’on se verrait et que toutes les parties (prenante à cette cinquième phase du dialogue politique) pourront faire parvenir au gouvernement les éléments nécessaires », a ajouté M. Mamadou Touré. 

Le Premier ministre ivoirien Patrick Achi a ouvert le 16 décembre la 5e cinquième phase du dialogue politique qui se veut « ouvert, transparent et inclusif ». Pour lui, ce dialogue consacre un élan « irréversible » dans la consolidation de la stabilité du pays.   

Le dialogue politique est un cadre permanent de rencontres et d’échanges entre les acteurs de la vie politique en vue de trouver par le débat des idées un « consensus des positions ». 

Guinée : de retour d’exil, Moussa Dadis Camara visé par un procès

Moussa Dadis Camara (57 ans) est rentré en Guinée ce mercredi 22 décembre 2021 après onze ans d’exil.Une semaine après le retour de Sékouba Konaté en provenance du Mali, le capitaine Moussa Dadis Camara, en exil au Burkina Faso depuis 2010, est rentré à son tour à Conakry. Le retour en fanfare de l’ancien président du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) a été rendu possible par Mamady Doumbia, le nouvel homme fort de la Guinée.

Début décembre, les autorités de la transition guinéenne avaient, dans un communiqué, laissé entendre que les deux anciens dirigeants de la transition en Guinée entre 2008 et fin 2010 pouvaient rentrer au pays. La junte, dans un souci de « renforcement de l’unité nationale et d’apaisement, accueille favorablement les demandes de visite au pays » de Moussa Dadis Camara et Sékouba Konaté, pouvait-on lire dans un communiqué daté du 30 novembre 2021.

Inculpé pour le massacre du 28 septembre

Toutefois, le CNRD qui a pris les rênes du pouvoir le 5 septembre dernier après avoir renversé Alpha Condé, tient à préciser qu’il ne s’agit pas « d’entraver les procédures judiciaires en cours ». Moussa Dadis Camara est le sous d’une inculpation dans l’affaire du massacre du 28 septembre au stade de Conakry. Ce jour-là, des militaires avaient tué au moins 157 personnes et violé 109 femmes dans l’enceinte du stade lors d’un rassemblement de l’opposition contre la candidature à la présidentielle de 2010 de Moussa Dadis Camara. L’intéressé n’esquive pas la question. « Je suis prêt à me mettre à disposition de la justice afin que plus jamais ce genre d’événement ne vienne endeuiller la Guinée » dit-il à la presse.

« Dadis Show » comme il était caricaturé se révéla au monde la veille de Noël de 2008 quand il s’empare du pouvoir deux jours seulement après la mort du général Lansana Conté le 22 décembre 2008. L’éphémère président échappe par la suite à une tentative d’assassinat en décembre 2009, lors d’une visite au camp militaire de Koundara. Son aide de camp Toumba Diakité tire sur lui le blessant à la tête et au cou. Le président du CNDD est évacué d’urgence au Maroc pour des soins avant un exil au Burkina Faso.

Son retour au pays, longtemps annoncé, fait réagir certaines organisations des droits humains. La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) estime que « le retour de Moussa Dadis Camara en Guinée doit ouvrir la voie à un procès en la présence de tous les accusés ».

A en croire une déclaration de la ministre de la Justice par intérim, Fatoumata Yarie Soumah à la Cour pénale internationale (CPI), le gouvernement guinéen se « prépare » à juger les auteurs du massacre au stade de Conakry en 2009.

L’Egypte soutient l’unité et la souveraineté de la Libye

Le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sisi s’est entretenu, mardi au Caire, avec le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed El-Manfi.Par Mohamed Fayed — Lors de cette rencontre, le chef de l’Etat égyptien a exprimé le plein soutien de son pays à tout ce qui permettrait d’atteindre l’intérêt suprême de la Libye, et de préserver son l’unité et sa souveraineté.

De son côté, le responsable libyen a salué le rôle vital de l’Égypte et ses efforts inlassables pour rétablir la sécurité et la stabilité en Libye et unifier les institutions de l’État libyen, notamment l’institution militaire représentée par l’Armée nationale libyenne, en complémentarité avec les efforts du Comité « 5 + 5″ relatif au volet militaire de la crise libyenne.

Il a également passé en revue la situation politique interne actuelle en Libye. Les deux parties ont convenu d’intensifier la consultation et la coordination bilatérale au cours de la période à venir pour faire le suivi de l’évolution du processus politique et des procédures de gestion de la phase de transition, ce qui permettra d’aider à restaurer la stabilité de la Libye et à unifier ses institutions.

Afrique du Sud : Zuma reste en liberté conditionnelle

La Haute Cour de Gauteng à Pretoria a accordé mardi à l’ancien président sud-africain Jacob Zuma l’autorisation de faire appel d’une décision antérieure qui avait jugé que sa libération conditionnelle pour raisons médicales était illégale.Le juge Elias Matojane a déclaré que l’affaire méritait l’attention de la Cour suprême du pays, en particulier la question de l’interprétation correctionnelle de la loi sur les services correctionnels et de ses règlements.

M. Zuma purge depuis juillet une peine de 15 mois d’emprisonnement imposée par la Cour constitutionnelle pour « outrage à la Cour » après qu’il a ignoré une ordonnance antérieure du tribunal l’obligeant à respecter les convocations d’une commission chargée d’enquêter sur la corruption en haut lieu durant son règne.

Cependant, moins de deux mois après le début de sa peine, l’ancien Commissaire aux services correctionnels Arthur Fraser l’a libéré sur parole invoquant des raisons médicales, contre la recommandation de la Commission consultative de libération conditionnelle.

Le 15 décembre, Matojane a jugé que cette décision était illégale et l’a annulée. La décision du tribunal de mardi signifie que Zuma restera en liberté conditionnelle médicale jusqu’à ce que son appel du jugement rendu le 15 décembre soit étudié.

Gbagbo chez Bédié à la veille des débats du dialogue politique

L’ancien président Laurent Gbagbo, s’est rendu lundi au domicile du chef du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci, opposition), à Cocody, dans l’Est d’Abidjan, à la veille des débats de fond du dialogue politique ivoirien.

M. Gbagbo avait à ses côtés plusieurs cadres de sa nouvelle formation politique, le Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI). Selon une source proche des échanges, outre les aspects politiques, il a souhaité une bonne fête de fin d’année à M. Bédié. 

Cette rencontre intervient à la veille des discussions sur les préoccupations de chaque parti à la cinquième phase du dialogue politique ivoirien, ouvert jeudi à la Primature, par le Premier ministre Patrick Achi. 

Le Pdci qui avait prévu se prononcer, ce lundi, au cours d’une conférence de presse sur le découpage électoral en Côte d’Ivoire, a reporté la rencontre avec la presse. Ce sujet, sensible, de manière souterraine, est abordé par des leaders de l’opposition. 

Assurément, cette visite de M. Gbagbo chez le président du Pdci, ex-allié au pouvoir, vient consolider leur point de vue dans les discussions qui auront lieu dès ce mardi 21 décembre 2021 en vue de trouver des consensus pour la présidentielle de 2025. 

M. Patrick Achi s’est réjoui de l’ouverture de la cinquième phase du dialogue politique qui se veut « ouverte, transparente et inclusive ». Pour lui, ce dialogue consacre un élan « irréversible dans notre nation ». 

Le dialogue politique est un cadre permanent de rencontres et d’échanges entre les acteurs de la vie politique en vue de trouver par le débat des idées un « consensus des positions et concerté aux enjeux de l’actualité » socio-politique. 

Le fils de Zuma nouveau leader de l’ANC à Durban

L’élection de Duduzane Zuma à la présidence de la branche du Congrès national africain (ANC) à Durban est un premier pas vers son objectif déclaré de diriger la présidence de l’ANC.Élu ce week-end, Duduzane Zuma a reçu un soutien massif lors de l’assemblée générale biennale de la branche Newlands Ward 11 de l’ANC, selon la presse locale. Son mouvement lancé il y a six mois, a connu une ascension fulgurante dans la dynamique politique globale de l’ANC dans la région de Durban.

Toujours selon la presse locale, « si l’on considère la conférence régionale à venir, qui doit se tenir fin février, cela signifie que Duduzane Zuma, élu président de la branche de son quartier de Newlands, fait partie de ceux qui sont alignés sur l’ancien président ».

Comme le reste de la famille Zuma, Duduzane était un ami des frères Gupta, accusés de corruption, qui fuient la justice après avoir été suspecté d’avoir pillé l’économie sud-africaine. Il était employé comme directeur dans leur société jusqu’à ce que les Gupta s’exilent à Dubaï.

Dans un premier temps, Duduzane s’est également enfui aux Émirats arabes unis, mais quelques mois plus tard, il a décidé de rentrer chez lui, où la police l’a placé sous surveillance afin de rassembler des preuves concernant les Guptas, qui ne montrent aucun signe de retour prochain en Afrique du Sud.

Les opérations commerciales douteuses des Guptas ont conduit à la création de la Commission d’enquête sur la corruption au sein de l’État, qui a mené une enquête au cours des deux dernières années du règne de Jacob Zuma, et devrait mettre fin à ses activités ce mois-ci.

La reprise du dialogue politique ivoirien, un nouvel espoir pour la réconciliation

La cinquième phase du dialogue politique ivoirien, fortement saluée par toute la classe politique en Côte d’Ivoire, s’affiche comme un nouvel espoir pour la stabilité du pays et la réconciliation nationale.Sur instruction du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, le Premier ministre Patrick Achi, a rencontré le 16 décembre 2021 l’opposition dans le cadre de la reprise du dialogue politique, une réunion qui visait à poursuivre l’apaisement du jeu politique ivoirien.

Annoncée le 08 décembre par le chef du gouvernement, la rencontre a bien eu lieu. Plusieurs signaux semblaient d’ailleurs indiquer, depuis quelques semaines, que la situation était « mûre » pour une reprise du dialogue. 

En novembre, à l’occasion du 20e anniversaire de son parti, l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI), l’opposant Albert Toikeusse Mabri avait déjà appelé à « un processus de dialogue politique inclusif », promettant s’y engager « personnellement ».  

De son côté, Affi N’Guessan, le leader du Front populaire ivoirien (FPI), avait indiqué sa volonté d’une reprise du dialogue afin d’atteindre un consensus avant la présidentielle de 2025. Dans cet élan, il a eu une rencontre avec le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, au palais présidentiel.  

L’ouverture de la 5e phase du dialogue politique a réuni les principaux partis de l’opposition, le Pdci d’Henri Konan Bédié, le Ppa-ci de Laurent Gbagbo ainsi que le Fpi de Pascal Affi N’Guessan et l’Udpci de Toikeusse Mabri. Plusieurs ministres et des représentants du Rhdp (pouvoir) étaient aussi présents. 

Vingt-et-une formations politiques étaient présentes. M. Patrick Achi, à l’ouverture de la session, a invité les acteurs de la classe politique à transmettre au ministre de l’Intérieur leurs préoccupations qui seront débattus dès le 21 décembre 2021, une démarche acceptée par tous.

Les partis politiques souhaitent des échanges inclusifs et sans tabou. Assurément des sujets comme le découpage électoral ainsi que la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) seront abordés. Les élections locales de 2023 serviront, en ligne de mire, de test de ces résolutions. 

Parallèlement à ce dialogue politique, le gouvernement ivoirien rencontre la société civile. Ce 16 décembre, après la rencontre, dans la matinée avec les groupements et partis politiques, M. Patrick Achi a ouvert aussi le dialogue, dans l’après-midi avec la société civile. 

Cette assise se situe notamment dans la filiation de la politique de réconciliation menée par le président Ouattara. Celui-ci est conscient des tensions politiques et communautaires du pays quand il arrive au pouvoir en 2011. 

Depuis, une large partie de sa politique est irriguée par une volonté d’apaisement. On peut décliner dans plusieurs domaines l’action présidentielle en faveur de la réconciliation et la cohésion sociale: l’amnistie et les rencontres avec les principaux leaders de l’opposition.  

La stabilité politique est ostensiblement un ferment du développement socio-économique. Par exemple en 2011, seuls 40% des citoyens avaient accès à l’électricité, mais aujourd’hui ils sont 95%. L’inclusivité passe d’abord par l’égalité d’accès des populations à ce type de service et de confort.

Politiquement, plusieurs retours d’exils ont été organisés. Comme celui de l’ancien maire du Plateau, Akossi Bendjo, cadre du Pdci. Et bien entendu le retour, cet été, de l’ancien président Laurent Gbagbo, qui a en outre été reçu par M. Ouattara le 27 juillet 2021. 

L’armée aussi a été l’objet de la volonté de concorde du gouvernement. On peut citer dans cette optique le retour de plusieurs cadres supérieurs, anciennement pro-Gbagbo, a des fonctions de commandement.  

D’un point de vue institutionnel, plusieurs indicateurs montrent une bonne santé démocratique : comme la participation en hausse aux législatives de mars 2021, ce qui témoigne de l’émergence progressive d’une notion de destinée nationale commune qui transcende les rivalités communautaires.

Aujourd’hui, M. Patrick Achi continue de mettre en œuvre cette vision politique avec volontarisme. À l’image de ses prédécesseurs, feu Hamed Bakayoko et Amadou Gon Coulibaly afin d’en convaincre l’opposition.

Le Premier ministre ivoirien a bien rappelé « la main tendue » du président et son « cœur ouvert ». Un appel qui semble avoir été entendu par tous les acteurs politiques qui veulent léguer une nation stable, unie et prospère aux futures générations. 

Affaire Jacob Zuma : l’Afrique du Sud sur le qui-vive

L’annulation, il y a deux jours, de la liberté conditionnelle accordée début septembre à l’ex-président sud-africain fait craindre aux autorités une résurgence des émeutes de juillet dernier.En Afrique du Sud, les forces de défense et de sécurité sont en état d’alerte depuis que la Cour constitutionnelle a ordonné la réincarcération de Jacob Zuma. Ce vendredi, Ronald Lamola, le ministre de la Justice, a invité ses compatriotes « au calme et à la retenue » parce qu’« il est important que les procédures légales suivent leur cours normal ».

Poursuivant, M. Lamola a affirmé que « les déclarations incendiaires et les attaques injustifiées contre le système judiciaire n’aideront pas le processus ». Jacob Zuma, âgé de 79 ans, avait été condamné à 15 mois de prison ferme pour outrage à la Justice. Le successeur de Thabo Mbeki refusait de comparaître devant une commission chargée d’enquêter sur des soupçons de corruption entre 2009 et 2018.

L’ancien dirigeant a transmis à ses partisans sa défiance envers la Justice. La nation arc-en-ciel a ainsi vécu, en juillet 2021, des violences ayant fait environ 300 morts et causé plus de 2 milliards de dollars de dégâts matériels.

Nigéria : Buhari mijote-t-il un plan de succession ?

A moins de deux ans de la fin de son second mandat de quatre ans, Muhammadu Buhari est-il en train d’élaborer un plan de succession pour un candidat issu de la région du Biafra?Le président nigérian manœuvrerait discrètement pour trouver un successeur issu du sud-est du pays, où l’agitation d’une république sécessionniste a gagné du crédit ces dernières semaines.

Selon la rumeur populaire, un plan est déjà en cours pour un projet qui impliquerait un homme politique issu des Igbo, troisième groupe ethnique à majorité de chrétiens et d’animistes. Selon certaines sources, un changement de pouvoir incarné par l’accession à la présidence d’un homme politique issu du sud-est pourrait contribuer à éteindre les velléités sécessionnistes dans la région.

Alors qu’ils sont très présents dans l’administration et les commerces, les Igbo ont le sentiment d’être marginalisés dans les différentes politiques de développement du pays. Presque cinquante après la guerre entre le pouvoir fédéral et l’éphémère État du Biafra qui avait fait plus de trois millions de morts entre 1967 et 1970, les germes de la sécession menacent toujours dans cette région.

Aujourd’hui, la fureur de cette agitation séparatiste n’est pas totalement apaisée et le Peuple indigène du Biafra (Ipob), dont le leader Nnamdi Kanu est toujours incarcéré, ne semble pas prêt à disparaître de la conscience nationale nigériane. Après des années de représailles musclées de l’État contre des descendants du Biafra de plus en plus enhardis, Buhari use désormais de la carotte en permettant à l’un des leurs d’accéder à la magistrature suprême en 2023.

Des théories déjà non confirmées sur les plans de succession de Buhari ont trouvé un certain écho dans les propos tenus par ses propres lieutenants au sein de l’APP au pouvoir, qui ont ouvertement déclaré qu’un président originaire du sud-est contribuerait à supprimer tout prétexte solide pour que les habitants de la région continuent de s’accrocher à leurs convictions sécessionnistes.

Le Nigeria est la nation la plus peuplée d’Afrique et la deuxième économie du continent après l’Afrique du Sud. Mais cette position est mise à mal par des années d’agitation rétive de la part des populations du sud-est qui se sentent perpétuellement exclues du butin garanti par les retombées du pétrole.

Les six années passées par Buhari à la tête du pays ont été marquées par une myriade de problèmes de sécurité et, selon son entourage, le dirigeant de 78 ans tient à s’assurer que les appels à la sécession dans le sud-est ne laissent pas de traces indélébiles à l’aune desquelles l’histoire de sa présidence serait jugée.

Le mois dernier, Osita Okechukwu, un membre de l’APP de Buhari, a affirmé que le président nigérian mettait tout son poids politique derrière l’idée d’une candidature d’un natif du sud-est pour lui succéder à la présidence en 2023.

Okechukwu aurait déclaré qu’une telle présidence contribuerait non seulement à apaiser le ressentiment du sud-est, mais qu’elle serait également favorable au concept d’un Nigeria indivisible. Toutefois, selon cet apparatchik de l’APP, il y a une réserve à la volonté du président Buhari de participer à ce projet encore flou pour désigner son successeur originaire de la région orientale.

L’Ipob et ses sympathisants devraient abandonner leur programme sécessionniste et adopter l’idée d’un seul Nigeria. Selon M. Okechukwu, le Nigeria fera d’une pierre deux coups si l’Ipob (sigle en anglais, le peuple indigène du Biafra) monte à bord du train de la réunification où les exclusions sociales et politiques cèdent la place à une atmosphère inclusive.

Mais le président Buhari se méfie de l’Ipob, notamment en raison de son refus d’ordonner la libération inconditionnelle de son leader historique Nnamdi Kanu, arrêté en juin dernier à l’étranger et ramené au Nigeria. Le chef de l’Ipob est accusé notamment de « terrorisme, trahison et possession illégale d’armes à feu ». Mais Buhari dans une volonté de pacifier l’espace politique est dans les dispositions d’ordonner sa libération.

Une fois sa remise en liberté actée, la question principale sera de savoir qui Buhari et son APP choisiront pour diriger le Nigeria en 2023. Toutes les oreilles sont tendues à la recherche d’indices, mais à ce jour, aucun nom n’a encore été avancé.

Ouverture officielle de la 5e phase du dialogue politique en Côte d’Ivoire

La cinquième phase du dialogue politique ivoirien, regroupant des membres du gouvernement, les groupements et partis, s’est ouvert jeudi à la Primature, en présence du Premier ministre, Patrick Achi.

M. Patrick Achi s’est réjoui de l’ouverture de « la cinquième phase du dialogue politique, ouvert, transparent et inclusif, inspiré et souhaité par le président de la République, M. Alassane Ouattara « .

Ce dialogue, dira-t-il, consacre un élan « irréversible dans notre nation ». Il se veut un cadre permanent de rencontres et d’échanges entre les acteurs de la vie politique en vue de trouver par le débat des idées un « consensus des positions et enjeux de l’actualité ».

Il a rappelé l’exigence de la responsabilité publique des leaders politiques qui impose d' »agir en acteur civique éclairé, apte à respecter nos altérités et faire vivre nos différences dans un esprit de raison, de tolérance, de respect mutuel et d’ouverture ».

Le chef du gouvernement ivoirien, Patrick Achi a invité les différentes parties à prendre soin de faire toujours prévaloir, lorsque d’éventuelles difficultés pourraient survenir, le sens du dépassement, du rassemblement et l’intérêt supérieur de la nation ».

A la suite de son discours de cadrage, le Premier ministre ivoirien a proposé aux groupements et partis politiques de faire parvenir leurs préoccupations qui seront débattus à partir du mardi 21 décembre 2021.

Réagissant à cette démarche, le président du Front populaire ivoirien (FPI, opposition), Affi Nguessan, a salué la 5e phase du dialogue politique qui donne « une occasion formidable d’instaurer de façon définitive et durable la paix » en Côte d’Ivoire.

Ce dialogue entre les acteurs politiques se tient dans un climat de décrispation. M. Affi a souhaité que ce processus se consolide car la situation que vit le pays est « le reflet de la capacité ou de l’incapacité de la classe politique ».

« Les populations attendent de nous que des actes de développement, c’est pourquoi nous devons faire la preuve que nous sommes à la hauteur de ce défi, nous méritons la confiance que nos compatriotes nous accordent à travers le scrutin », a-t-il ajouté.

M. Adama Bictogo, représentant du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, pouvoir), a déclaré que le parti « se félicite de la reprise du dialogue politique qui à la vérité ne s’est jamais interrompu ».

Selon lui, le chef de l’Etat a « maintenu cette dynamique » en recevant les principaux leaders de l’opposition, en rencontrant M. Henri Konan Bédié, l’ex-président Laurent Gbagbo le 27 juillet et M. Affi Nguessan en octobre 2021.

« Ce sont des éléments qui sont venus renforcer sa volonté affichée de rassembler les Ivoiriens autour de l’essentiel (…). Au regard des attentes de nos populations, puisse ce cadre d’échanges nous aider à nous rassembler autour des valeurs qui nous unissent », a-t-il poursuivi.

Pour le compte du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci, ex-allié au pouvoir), M. Niamkey Koffi qui avait à ses côtés MM. Akossi Bendjo et Philippe Ezaley, a félicité M. Ouattara d’avoir pris l’initiative de la reprise du dialogue politique.

Pour sa part, le député Georges Armand Ouégnin, représentant le PPA Côte d’Ivoire, le parti de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, a souhaité que ce dialogue consacre une paix durable et que « tous les sujets soient abordés sans tabou ».

« La Côte d’Ivoire est notre patrimoine commun et nous avons le devoir de la léguer, dans la paix et la stabilité aux générations futures », a-t-il poursuivi, affirmant que M. Gbagbo et son parti se tiennent à la disposition du Premier ministre pour ce dialogue politique.

Quand au président de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI, opposition), Mabri Toikeusse, a estimé que « ce dialogue sera inclusif à partir de mardi » par les sujets qui seront abordés dans les discussions.

« Au bout de ce dialogue, nous devons réunir les conditions de la confiance entre nous, confiance dans les institutions et faire en sorte que nous puissions retrouver un pays de de paix, de liberté et de démocratie », a-t-il dit.

Plusieurs phases du dialogue politique ont déjà eu lieu, du 21 janvier au 25 juin 2019 pour la recomposition de la Commission électorale indépendante, du 9 janvier au 17 février 2020 pour le Code électoral, du 14 au 21 octobre 2020 et du 21 au 29 décembre 2020 pour le scrutin présidentiel.

Afrique du Sud : la Haute Cour ordonne le retour de Zuma en prison

La Haute Cour d’Afrique du Sud a ordonné que l’ancien président Jacob Zuma, qui s’est vu accorder la liberté conditionnelle pour raisons médicales, retourne en prison pour purger sa peine de 15 mois, a appris APA mercredi.Une équipe juridique nommée par l’Etat, qui a eu accès au dossier médical de Zuma, a estimé qu’il était apte à être jugé, a déclaré le procureur Billy Downer.

« La décision du premier défendeur (M. Arthur Fraser) de placer le troisième défendeur en liberté conditionnelle pour raisons médicales le 5 septembre 2021 est examinée, déclarée illégale et annulée », indique le jugement de la Haute Cour.

« Il est ordonné par la présente que le troisième défendeur soit remis à la garde du ministère des Services correctionnels pour purger le reste de sa peine d’emprisonnement », a déclaré la Haute Cour.

« Il est déclaré que la période pendant laquelle le troisième défendeur (Zuma) était en liberté conditionnelle pour raisons médicales ne doit pas être prise en compte dans l’exécution de la peine de 15 mois imposée au troisième défendeur par la Cour constitutionnelle », a ajouté la Cour.

Zuma a été emprisonné en juillet pour outrage à la Cour lorsqu’il a défié la décision de la Cour constitutionnelle lui demandant d’assister aux réunions de la Commission d’enquête sur la corruption au sein de l’État à Johannesburg.

L’incarcération de l’ancien président a suscité la colère de ses partisans, qui ont saccagé des quartiers d’affaires et des propriétés privées dans les provinces du KwaZulu Natal et du Gauteng pendant deux semaines, submergeant la police, appelée en renfort pour réprimer les émeutes.

Le président Cyril Ramaphosa a été contraint de faire intervenir 25 000 soldats pour aider la police à mettre fin aux pillages et aux affrontements qui ont coûté la vie à plus de 300 personnes et fait plus de 2 milliards de dollars de dégâts matériels. 

Aucune date n’a été fixée pour le retour en prison de Zuma, qui se trouve actuellement dans son village natal de Nkandla, dans le KwaZulu Natal.

Gambie : un homme arrêté pour « apologie du génocide »

La police gambienne a inculpé un homme de 47 ans « de terrorisme et d’incitation à la violence » suite à un enregistrement audio incendiaire appelant les groupes d’opposition à la violence post-électorale, a appris APA mardi.L’homme identifié comme Lamin Darboe a été placé en garde à vue depuis le 8 décembre, un jour après qu’une bande audio liée à lui soit devenue virale, appelant les partisans du Parti démocratique uni de l’opposition à déclencher une campagne de terreur, d’effusion de sang et de génocide comme au Rwanda.

Les partisans de l’UDP sont mécontents du résultat de la présidentielle du 4 décembre, qui a laissé leur candidat favori loin derrière le président sortant. Le commissaire de police Lamin Njie a déclaré que M. Darboe a été inculpé d’incitation à la violence et de soutien à des actes terroristes et qu’il comparaîtra devant le tribunal.

Cet « apologiste du génocide » a apparemment exhorté les partisans de l’UDP à acheter et à remplir des jerricans avec de l’essence et à s’en servir pour reconstituer les scènes de massacres au Rwanda, où quelque 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont péri au cours d’un génocide en l’espace de 100 jours en 1994.

L’homme en question a déclaré que comme le Rwanda, la Gambie pourrait être reconstruite après ce baptême du feu. Le leader de l’UDP, Ousainou Darboe (aucun lien de parenté avec le suspect), a réagi rapidement en dissociant publiquement son parti de Lamin Darboe et de son incitation présumée à la violence, qui pourrait entraîner le pays dans le chaos.

M. Darboe, qui est arrivé deuxième lors du dernier scrutin présidentiel en Gambie avec 27 % des voix, a appelé la police gambienne à arrêter le suspect avant qu’il ne crée un dangereux précédent dans un pays qui sort d’une période électorale agitée et pleine de tensions.

L’UDP a déposé un recours devant la Cour suprême pour contester le résultat du vote pour lequel le président sortant Adama Barrow a été déclaré vainqueur par la commission électorale indépendante avec 53 % des voix.

« Laissons Frederik Willem de Klerk reposer en paix » (Ramaphosa)

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déclaré que la place qu’occupait le défunt président Frederik de Klerk pendant l’apartheid et la colère que cela a suscité ne pouvaient être ignorées dans l’histoire du pays, mais les Sud-Africains doivent « le laisser pour qu’il puisse reposer en paix ».S’exprimant lors du service commémoratif d’État en l’honneur du dernier président de l’ère apartheid au Cap dimanche, Ramaphosa a déclaré que de Klerk était « une personne qui a joué un rôle important dans l’évolution de notre nouvelle démocratie – que cela nous plaise ou non ».

« FW de Klerk est né du sol africain et c’est sur le sol africain qu’il est maintenant revenu. Je voudrais appeler chacun d’entre nous, que nous ayons été d’accord ou non avec lui, à le laisser pour qu’il puisse être en paix », a déclaré M. Ramaphosa.

Et d’ajouter : « nous ne pouvons ni ignorer, ni chercher à écarter la colère, la douleur et la déception de ceux qui se souviennent de la place que FW de Klerk occupait dans la hiérarchie d’un État oppresseur », reconnaissant le rôle de M. de Klerk dans la fin de l’apartheid et l’élaboration de la nouvelle constitution du pays.

M. de Klerk, âgé de 85 ans, est décédé le mois dernier d’un cancer, laissant derrière lui une veuve et deux enfants. Peu de temps après avoir prononcé son éloge funèbre, le président a été testé positif à la Covid-19 et s’est immédiatement isolé pour recevoir un traitement à son domicile du Cap.

Présidentielle gambienne : l’opposition saisit la Cour suprême

Le principal parti d’opposition, le Parti démocratique uni (UDP), a déposé lundi un recours à la Cour suprême pour contester les résultats de la présidentielle du 4 décembre.Le candidat présidentiel de l’UDP, Ousainou Darboe, a affirmé que l’élection a été truquée et s’est engagé à contester les résultats devant la Cour suprême où l’action en justice a été déposée par les avocats du parti.

La constitution gambienne stipule que toute partie lésée par une élection a le droit de saisir les tribunaux dans les dix jours suivant la déclaration des résultats. Selon les observateurs électoraux locaux et internationaux, les élections et leur déroulement ont été libres, équitables et transparents.

Le 5 décembre, le président de la Commission électorale indépendante, Alieu Momar Njie, a déclaré le président sortant, Adama Barrow, du Parti national populaire, réélu pour un second mandat de cinq ans après avoir obtenu 53 % des voix.

Le candidat de l’UDP, Darboe, un ancien allié devenu un ennemi politique du président gambien, a recueilli 27 % des voix et est arrivé en deuxième position lors d’un scrutin présidentiel qui restera dans les mémoires pour son taux de participation élevé (environ 86 %).

Il s’agissait de la première élection après chute de Yahya Jammeh, en 2016, qui avait régné d’une main de fer sur le pays pendant 22 ans.

District des Montagnes: Albert Flindé reçoit l’onction d’une pléthore d’autorités

Le ministre-gouverneur, Albert Flindé, installé à la tête du District autonome des Montagnes, dans l’Ouest ivoirien, jouit d’un fort soutien du Rhdp, le parti au pouvoir, et d’une pléthore d’autorités administratives et politiques.

L' »Aigle du Tonpki », le surnom de l’ex-ministre de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Albert Flindé, avait à ses côtés, à son investiture, le Premier ministre ivoirien, Patrick Achi, haut patron de la cérémonie, représenté par le chef de la diplomatie, Kandia Camara. 

Mme Kandia Camara, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la diaspora, était en outre marraine de la cérémonie. Par ailleurs, M. Téné Birahima Ouattara, ministre d’Etat, ministre de la Défense, était le parrain de l’événement. 

Le général de corps d’armée, Vagondo Diomandé, ministre de l’Intérieur et de la sécurité, un « fils » de la Région, assurait la présidence de la cérémonie. A côté de ceux-ci, l’on enregistrait comme « invités spéciaux » M. Adama Bictogo, vice-président de l’Assemblée nationale et cadre du Rhdp.

M. Adama Coulibaly, le ministre de l’Economie et des Finances, comptait parmi les invités spéciaux, de même que Pr Mariatou Koné, ministre de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation, et  Mme Raymonde Goudou Coffie, ministre-gouverneure du District des Lacs, et Mme Aimée Zebeyoux, conseillère spéciale du président de la République. 

Le ministre-gouverneur, Albert Flindé, a au cours de la cérémonie de prise de fonction, pris la ferme résolution d’apporter le développement à la population du District autonome des Montagnes.  

La cérémonie officielle de son installation en qualité de ministre-gouverneur du District autonome des Montagnes, tenue le 04 décembre 2021 au stade Léon Robert de Man, a connu une ferveur populaire, marquée par une forte mobilisation de toutes les couches de la population. 

Du fond du coeur, l’ex-ministre de l’Intégration africaine, a adressé dans un communiqué parvenu, dimanche à APA, ses chaleureux et sincères remerciements aux officiels politiques de la cérémonie qui a également enregistré la présence du représentant de M. Amédé Koffi Kouakou, ministre de l’Equipement et de l’entretien routier. 

Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) présidé par Mme Namizata Sangaré, était également représenté. Des membres du gouvernement, des doyens et hauts cadres originaires du District Autonome des Montagnes, ont aussi assisté à ces instants. 

M. Konaté Sidiki, vice-président de l’Assemblée nationale, a également fait le déplacement à cette investiture aux allures festives, qui a vu la participation de Dr Célestin Serey Doh, secrétaire d’Etat chargé des Affaires maritimes, président du Comité d’organisation.

Le ministre-gouverneur du District des Montagnes, a assuré œuvrer pour le bonheur de ses parents Dan, Wê, Malinké ainsi que tous les autres peuples qui vivent dans les trois régions qui totalisent 13 départements, 73 sous-Préfectures et 17 Communes, avec plus de 900 villages.

Le « succès » de cet évènement a été possible grâce à l’élan solidaire de toutes les filles et de tous les fils, les élus, les cadres, les chefs traditionnels, les guides religieux, les entreprenantes femmes et les vaillants jeunes du District autonome des Montagnes, a dit M. Flindé dans ce communiqué. 

Sahara: le Tchad réaffirme la primauté du rôle de l’ONU dans la résolution du conflit

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, s’est entretenu ce vendredi à Rabat avec son homologue tchadien Chérif Mahamat Zene.Au cours de cet entretien, le responsable tchadien a réaffirmé la position de son pays quant à la primauté du rôle des Nations Unies dans la résolution du conflit régional autour du Sahara.

Lors d’un point de presse, à l’issue de ses entretiens avec le ministre marocain des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie tchadienne a indiqué que son pays a appelé l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara, Staffan de Mistura, « à redynamiser le processus des pourparlers conformément à l’esprit de la résolution pertinente du conseil de sécurité 2602 ».

Pour sa part,  Bourita a tenu à saluer la République du Tchad pour sa position constructive sur la question du Sahara, rappelant que cet État africain avait retiré sa reconnaissance de la pseudo « rasd » en 2006. Il a aussi mis en exergue le soutien du Tchad à l’approche constructive adoptée par l’Union africaine (UA) vis-à-vis de ce conflit régional artificiel.

Bourita a, en outre, souligné que ses entretiens avec son homologue tchadien ont également été l’occasion de coordonner les positions et les vues des deux pays sur nombre de questions se rapportant à l’Afrique de l’Ouest, à la région du Sahel et à la CEN-SAD, en vue de la redynamisation de ses instances pour assurer pleinement son rôle en matière de paix et de stabilité dans les pays membres.

Bédié installe un nouveau secrétariat exécutif du Pdci

Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci, opposition), Henri Konan Bédié, a installé un nouveau secrétariat exécutif du parti avec Kakou Guikahué à la tête de ce secrétariat et Georges Philippe Ezaley comme adjoint.

Selon une note transmise vendredi à APA, ce nouveau secrétariat exécutif comprend 8 nouveaux entrants et 16 sortants, avec la création d’un secrétariat exécutif en chef adjoint. Douze changent de portefeuille tandis que 12 autres conservent leur portefeuille. 

Le nombre des portefeuilles passe de 38 à 29. Le secrétariat exécutif et les autres comités ont, dans la restructuration des organes du parti, fait une large place aux élus et au vivier de cadres militants qui ne demandaient qu’à être responsabilisés.

Dix élus sont au secrétariat, selon la note qui indique que « c’est plus de 300 cadres qui occuperont des postes de haute responsabilité au niveau du parti », une large distribution des postes qui est une première au sein de l’ex-parti unique. 

« Après une consultation minutieuse couplée avec une  analyse de notre environnement interne et externe, j’ai procédé, à la mise en place de nouvelles structures spécialisées et complémentaires pour le renforcement de la performance du Secrétariat Exécutif du Président du parti », a dit M. Bédié.

« Ne laissons pas la porte ouverte aux polémiques inutiles qui n’apportent aucune valeur ajoutée à la qualité de notre urgente mission, celle de réconcilier les Ivoiriens et de reprendre le pouvoir d’État en 2025 », a-t-il ajouté. 

Cette restructuration fait suite aux activités du 75ème anniversaire du Pdci qui ont pris fin avec les résolutions d’un colloque. A la clôture des festivités, M. Bédié avait annoncé la poursuite de la restructuration pour mettre les militants en ordre de bataille pour la reconquête du pouvoir d’Etat. 

Après le Comité Politique, le Comité de mobilisation des Ressources, le Comité en charge des élections, le Comité Economique et Social, l’institut de formation politique, la Cellule de coordination, la restructuration du Secrétariat Exécutif achève cette première étape. 

Mali : Abdoulaye Diop dépêché chez Nana Akuffo Addo

Le ministre malien des Affaires étrangères est attendu à Accra pour rencontre le président ghanéen, président en exercice des chefs d’Etat de la Cedeao.Abdoulaye Diop présentera la nouvelle ébauche du nouveau chronogramme pour la suite de la transition à Nana Akuffo Addo avant la session ordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) le 12 décembre prochain à Abuja (Nigeria).

Après les sanctions prononcées le 8 novembre dernier par la Cedeao qui avait interdit de voyage et un gel des avoirs des autorités de transition ainsi qu’à leurs familles, le Mali veut éviter de nouvelles sanctions.

Si l’embargo est considéré par certains observateurs comme « une mesure excessive », la Cédéao à l’issue de la conférence du 7 novembre 2021 avait demandé à la « Commission d’examiner et de lui proposer d’autres sanctions à sa prochaine session ordinaire prévue le 12 décembre 2021 ».

Conscient des nouvelles menaces qui pèsent sur le Mali, le chef de l’Etat Assimi Goïta, a envoyé son chef de la diplomatie auprès de Nana Akuffo Addo pour le convaincre avec un nouveau chronogramme pour la durée de la transition selon le quotidien malien Nouvel Horizon.

Même si Cedeao persiste toujours sur la date du 27 février 2022 pour la tenue de la présidentielle et des Législatives, elle ouvre la porte à un possible report à la condition que les autorités de la transition s’engagent clairement à tenir les élections au-delà de cette date.

Gambie : Cinq leçons à retenir de la présidentielle

Adama Barrow a été réélu à la tête de la Gambie avec une marge plus importante que prévu, mais certains enseignements du scrutin présidentiel du 4 décembre sont tout aussi difficiles à passer sous silence.M. Barrow, 56 ans, qui se présentait sous l’étiquette du Parti national du peuple (NPP), a obtenu 53% des voix, suivi de son allié, devenu son ennemi juré, Ousainou Darboe, du Parti démocratique uni (UDP). Mamma Kandeh, du Congrès démocratique gambien, est troisième, tandis que les autres candidats ont obtenu des résultats qui les classent dans la catégorie des outsiders (sans vouloir les ridiculiser).

M. Barrow a surpris non seulement ses adversaires, mais aussi les analystes de la politique gambienne contemporaine, en remportant une grande victoire, même dans les bastions de l’opposition où il n’avait que peu ou pas de chances d’influencer le scrutin comme il l’a fait, déjouant tous les pronostics.

En regardant dans leurs boules de cristal, de nombreux experts avaient prédit que la course serait serrée entre lui et Darboe et que, dans ce cas, tout le monde pouvait faire des conjectures.

Le pouvoir en place, un attrait irrésistible

Le résultat du vote en a peut-être déconcerté, voire choqué plus d’un, mais il y a toujours quelque chose dans la politique gambienne qui fait que les candidats sortants conservent une certaine influence, malgré les prédictions faites avant le scrutin selon lesquelles la course présidentielle entre Barrow et les cinq autres candidats pourrait s’écarter de cette tendance.

Une enquête préélectorale aléatoire réalisée par APA a révélé que quatre électeurs potentiels sur dix ont déclaré qu’ils n’avaient jamais pris l’habitude de voter contre le candidat sortant lors des élections gambiennes et qu’ils n’étaient donc pas susceptibles de refuser leur voix à Barrow cette fois-ci.

La psychologie générale de ces électeurs laisse penser qu’ils n’ont pas ou peu besoin d’être persuadés de voter pour le président sortant.

Un système de vote unique qui inspire confiance

Le vote à l’aide de billes de cristal peut être considéré comme archaïque dans certaines parties du monde, mais en Gambie, ce système, même s’il n’est pas parfait, a été testé et éprouvé pendant plusieurs générations, à partir des années 1950, lorsque le plus petit pays d’Afrique continentale était encore une colonie britannique. Ce système était efficace et simple pour une population de votants majoritairement analphabète, à qui l’on demandait de jeter des billes dans des tambours portant l’image des candidats de leur choix.

Les partisans de ce système de vote le préfèrent au bulletin de vote en papier car il est « infaillible ». Pour l’électeur gambien moyen, ce mode de vote secret est si simple et direct que sa fiabilité pour l’intégrité des élections n’est jamais mise en doute. Bien que l’opposition affirme que l’élection a été truquée, beaucoup pensent que rien de fâcheux n’a pu se produire une fois que les billes se sont retrouvées dans les tonneaux peints aux couleurs des partis en lice.

Yahya Jammeh, une force épuisée

Il fut un temps où la parole de Yahya Jammeh avait toute la force de la loi gambienne et cela a été mis à l’épreuve depuis la lointaine Guinée équatoriale où il est en exil depuis 2017 après sa défaite électorale surprise face à Barrow. Bien qu’il ne soit pas physiquement présent en Gambie, sa voix était régulière lors des rassemblements de campagne de Kandeh à travers le pays, exhortant les Gambiens à voter pour son choix. Son soutien au candidat du GDC plutôt qu’à celui du président Barrow avait plongé son ancien parti, l’Alliance pour la réorientation et la construction patriotiques, dans le désarroi. Alors que ses dirigeants basés en Gambie se sont ralliés au NPP de Barrow, lui et les dissidents de l’APRC sont restés fidèles à Kandeh. Ainsi, la course présidentielle du 4 décembre n’a pas seulement opposé son candidat favori à Barrow, mais l’a également mis en porte-à-faux avec la direction de l’APRC basée en Gambie. Bien que Kandeh ait fait des gains significatifs dans le Fogny, la région natale de Jammeh, en remportant deux circonscriptions, cela n’a pas duré plus longtemps. La parole de l’ancien homme fort de la Gambie avait perdu de son lustre. Il n’avait plus ce côté impressionnant et n’était donc plus en vogue au niveau national.

Une participation électorale sans précédent

Les élections présidentielles passées en Gambie ont été marquées par une apathie généralisée des électeurs, à l’origine de faibles taux de participation qui ont laissé les experts perplexes quant aux raisons de ces résultats. Même lors de l’élection de David et Goliath en 2016, lorsque Barrow a réussi à remporter une victoire historique sur Jammeh contre toute attente, le taux de participation n’a été que de 59,34% pour 886.578 électeurs éligibles. Le scrutin a suivi le même schéma désastreux que les scrutins de 2011 et 2006, où l’on s’inquiétait de l’apathie des électeurs, en partie à cause de l’absence de tout espace réel permettant aux tendances démocratiques de s’enraciner. S’inspirant peut-être du retour de la Gambie à des pratiques démocratiques sérieuses, le scrutin du 4 décembre 2021 a vu une participation de 85% de plus de 900.000 électeurs.

La malédiction des perdants

Les élections gambiennes sont encore sous la malédiction du perdant qui, en 2016, a plongé le pays dans une crise post-électorale dont les conséquences se font encore sentir cinq ans après. Si beaucoup peuvent admettre que la politique est un jeu de gagnants et de perdants, certains en Gambie, notamment ses acteurs clés, ne sont toujours pas prêts à accepter d’être du côté des perdants. La situation était explosive en 2016 car le perdant était le président sortant, un homme fort qui ne pouvait pas tomber sans se battre. La Gambie s’est retrouvée au cœur d’une crise monstrueuse, à laquelle elle n’était pas préparée. Cette fois-ci, les perdants appartiennent à l’opposition et, comme toutes les oppositions africaines, ils commencent la course électorale dans une position désavantageuse et les implications qui en découlent sont évidentes, mais la bonne nouvelle est qu’ils n’avaient pas le pouvoir d’entraîner le pays dans une crise comme l’a fait le pouvoir sortant en 2016. Étant donné les enjeux élevés de l’exercice et l’atmosphère chargée de la campagne qui l’a précédé, la période précédant l’élection de 2021 avait tous les ingrédients d’une grande compétition – drame, suspense, émotions au bord du gouffre, rebondissements inattendus menant à un cruel coup de théâtre du point de vue de l’opposition. 

Macky Sall « favorable » à une amnistie de Karim Wade et Khalifa Sall

Dans une sortie médiatique sur Radio France internationale (RFI) et France 24, Macky Sall s’est dit « favorable » dans l’esprit à une « réhabilitation » de Karim Wade et Khalifa Sall.Khalifa Sall (65 ans) condamné à cinq ans de prison et cinq millions d’amende dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar et Karim Wade (53 ans) en exil au Qatar, condamné à six ans de prison et 138 milliards Fcfa d’amende pour enrichissement illicite, ont perdu leur éligibilité conformément aux dispositions du code électoral sénégalais.

Les deux responsables politiques ont bénéficié de la grâce présidentielle mais doivent retrouver leurs droits civils et politiques pour être inscrits sur les listes électorales ou être candidat à un quelconque scrutin.

Pour rebattre les cartes, l’amnistie reste un recours pour les remettre dans le jeu politique. « Est-ce que c’est une amnistie ? Une sorte de réhabilitation ? Je ne sais pas. Je ne sais pas trop. Je l’ai déjà dit au Cadre unitaire de l’islam au Sénégal qui intervient beaucoup pour pacifier le milieu politique » indique Macky Sall. Le chef de l’Etat sénégalais estime toutefois qu’il faut trouver la « bonne formule qui respecte le droit et la loi ».

Une loi amnistie pour des personnes condamnées pour des délits économiques et financiers serait une première au Sénégal. En général, la mesure vise plutôt les crimes politiques comme la loi d’amnistie de 1990 (crise casamançaise) et celle de 2005 (troubles post-électoraux de 1993).

Mais dans le but de pacifier l’espace politique sénégalais, Macky Sall (60 ans) serait disposé à prendre cette mesure « circonstancielle et exceptionnelle » pour « préserver la cohésion sociale » au moment où le Sénégal se dirige vers des rendez-vous électoraux importants avec les Locales et Législatives de 2022 et la présidentielle de 2024.

Reprise du dialogue politique ivoirien le 16 décembre 2021 (officiel)

Le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, a annoncé mercredi la reprise du dialogue politique pour le 16 décembre 2021, à l’issue d’un Conseil des ministres.

« Le dialogue politique est annoncé pour reprendre, déjà des courriers ont été adressés aux différents membres (…). La date, c’est le 16 décembre à la Primature, à 9h (GMT, heure locale) », a dit M. Adama Coulibaly. 

En termes de modalité, le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, a fait savoir que c’est un représentant par parti ou groupement politique et deux autres personnes attendus pour les échanges.

A l’occasion de son premier grand oral, le lundi 08 novembre 2021 à Abidjan, le Premier ministre ivoirien Patrick Achi, a relevé que « le dialogue politique ne s’est jamais arrêté », car « le président Alassane Ouattara a la main tendue et reste ouvert aux autres acteurs politiques du pays ». 

« Grâce aux initiatives prises par le président, depuis la rencontre avec M. Bédié jusqu’à celle qui s’est déroulée le 27 juillet dernier avec M. Gbagbo, dans un climat de solennité et de fraternité, la démocratie ivoirienne avance dans la paix, la tolérance et le dialogue », a-t-il dit déclaré.