Opinion: La chute de Kaboul, une alerte pour le Sahel

Intellectuel respecté et activiste influent, Moussa Tchangari est Secrétaire général de la l’association nigérienne « Alternative Espaces Citoyens ». Dans ce texte très inspiré, il invite les élites au pouvoir dans le Sahel et leurs alliés occidentaux à entreprendre des réformes politiques profondes. Faute de quoi, la région risque de subir le même sort que l’Afghanistan où les Talibans reviennent au pouvoir, vingt ans après en avoir été chassés par l’armée américaine.En Afghanistan, pays en guerre depuis 20 ans, les Talibans ont pris le contrôle de plusieurs villes, dont Kaboul, la capitale. Le président du pays, Ashraf Ghani, est en fuite; et les quelques hautes personnalités de son régime, encore présents dans le pays, se préparent à transmettre le pouvoir à leurs ennemis jurés.  C’est ce que rapportent tous les grands médias mondiaux; et tout cela s’est joué en l’espace de quelques jours, à l’approche de l’échéance de retrait définitif de l’armée américaine, pilier principal de la coalition internationale qui a déclenché la guerre en 2001. 

A Washington, Londres, Paris, Berlin et Ottawa, capitales des grandes puissances engagées, depuis bientôt 20 ans, dans la guerre en Afghanistan, les dirigeants sont dans le désarroi; ils assistent impuissants au retour au pouvoir des Talibans, n’ayant plus aucun projet pour ce pays où ils ont déployé des milliers des soldats et dépensé des sommes folles, en dehors de l’évacuation de leurs ressortissants et de leurs « collaborateurs » afghans. « Ceci n’est pas Saigon », dit un haut dirigeant américain; mais, il s’agit bien d’une débâcle. Elle est même, à certains égards, plus retentissante encore que celle enregistrée au Vietnam, en 1975, avec la chute de Saigon.

Au Sahel, région où certains des Etats mènent depuis quelques années une guerre rude contre des divers groupes armés idéologiquement proches des Talibans afghans, la chute de Kaboul sonne comme une alerte; elle préfigure ce qui pourrait y advenir, au cours des prochaines années, si les élites au pouvoir et leurs soutiens occidentaux continuent d’ignorer les appels à des réformes politiques audacieuses. La chute de Kaboul indique, en tout cas, et de manière fort magistrale, que la guerre contre les groupes armés djihadistes ne peut être gagnée en faisant l’économie des telles réformes, seules susceptibles de jeter dans la bataille la plus grande force politique et militaire, à savoir « le petit peuple ».

Après 20 ans de combats, qui ont entrainé d’énormes pertes en vies humaines, principalement au sein de la population afghane, les armées occidentales, dotées des moyens les plus sophistiqués, ont échoué face à des Talibans déterminés ; mais, cet échec est d’abord et surtout celui des dirigeants politiques occidentaux, eux qui ont engagé toutes leurs forces (soldats, armements, argents, expertises) dans cette guerre, en misant sur une élite corrompue, qui partage avec les Talibans le rejet profond de la démocratie. On se souvient encore des élections afghanes qui, bien supervisées par les « grands pays démocratiques », ont été marquées par les fraudes des plus grossières.

En Afghanistan, 20 ans de guerre ont enrichi une élite profondément corrompue, portée et maintenue au pouvoir par des armées étrangères ; mais, il faut dire que ces 20 ans de guerre ont enrichi également le complexe militaro-industriel occidental, les compagnies de sécurité et des experts en tout genre. L’argent englouti par cette guerre, les vies humaines qu’elle a emporté, ne sont une perte que pour le « petit peuple » d’Afghanistan et les petits contribuables des pays qui s’y sont engagés; et c’est parce que la guerre n’est pas un malheur pour tous qu’elle se poursuit toujours au Sahel, sur fond de corruption des élites, de déni des droits et du refus du dialogue et de réformes, au risque de voir un jour déferler sur les capitales des « Talibis en moto ».

Au Sahel, il est urgent que des hommes et des femmes de bonne volonté se lèvent et proclament que la guerre en cours ne peut pas être gagnée avec les mêmes armées étrangères qui ne l’ont pas gagnée en Afghanistan; mais aussi, avec le même type de dirigeants corrompus, qui n’ont aucune once de patriotisme, et le même type de forces de défense et de sécurité, qui commettent parfois des graves exactions et sont plombées par l’affairisme de leurs chefs. Cette guerre, si elle doit être gagnée, ne le sera qu’à travers une volonté large et des initiatives audacieuses visant à construire un nouveau contrat politique et social restituant au peuple sa souveraineté et créant les conditions d’une vie digne pour les millions de personnes qui en sont aujourd’hui privées.

Ethiopie : le TPLF touché par l’offensive de l’armée

Plus de 300 combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont été tués lors de l’offensive de l’armée éthiopienne dans la région d’Afar.Le patron du commandement oriental des forces de défense éthiopiennes, le major-général Belay Seyoum, a déclaré dans un communiqué lu par APA, que quarante rebelles ont été aussi capturés lors de l’offensive.

Ce regain de violence intervient presque une semaine après la fin du cessez-le-feu dans la région du Tigré, au nord du pays, décrété par le gouvernement éthiopien.

Le TPLF, désormais allié de l’aile militante du Front de libération oromo (OLF), a été contraint de stopper son avancée dans la région d’Afar, qui visait à contrôler la route Ethiopie – Djibouti.

Le major-général Baly Seyoum a déclaré que l’opération sur le front oriental était un succès. Avant de prévenir les insurgés qui contrôlent certaines régions. « Peu importe que la junte contrôle tel ou tel endroit. Cela n’a pas d’importance. La question est de savoir si la junte va sortir vivante des endroits qu’elle contrôle », martèle-t-il.

Dans une autre offensive, les forces de défense éthiopiennes avaient déclaré avoir tué 70 combattants du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) à Tikur Wuha, près de la ville de Woldia, où les forces rebelles se sont battues pendant plusieurs jours dans l’espoir de contrôler la ville.

Selon un communiqué de l’armée, les forces du TPLF étaient sous la direction du général de brigade Kebebe Fekadu, qui était lui-même membre des forces de défense éthiopiennes qu’il a déserté lorsque plusieurs bases du commandement nord ont été attaquées en novembre 2020. L’opération a permis de récupérer 19 fusils AK47, cinq fusils de sniper et plusieurs fusils d’assaut de groupe a également révélé l’armée éthiopienne.

Tchad : un registre du cancer bientôt mis en place

Au Tchad, les statistiques sur cette maladie sont « parcellaires et limitées » à cause notamment du faible accès au diagnostic des personnes atteintes.Avec l’appui technique et financier de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Tchad disposera d’un registre du cancer « essentiel pour la surveillance, l’enregistrement, la recherche et le contrôle ». Ce document permet également, selon un communiqué reçu lundi à APA, de connaître l’ampleur du problème pour prendre des dispositions idoines.

D’après le ministère tchadien de la Santé publique et de la Solidarité nationale, le registre du cancer constitue « un outil robuste (pour) un recueil continu et exhaustif de données nominatives et cliniques sur les personnes atteintes de cancer dans une population géographiquement définie ».

La semaine dernière, « des points focaux venus des 23 provinces sanitaires du pays et de N’Djaména » ont bénéficié d’un renforcement de capacités. « Pour une meilleure surveillance du cancer, il est impératif de disposer des données fiables d’où l’importance de former des experts en matière de collecte, d’analyse et de gestion de données », indique la source.

En 2020, poursuit-elle, l’Unité d’anatomie et cytologie pathologiques du Centre hospitalier universitaire de référence nationale a montré que sur 367 cas de diagnostics histopathologiques, 108 étaient des cancers, tout organe et tout âge confondus, soit une proportion de 29,42 %.

Les autorités tchadiennes estiment que « c’est la partie visible de l’iceberg » parce que « les capacités de diagnostic sont très faibles sur l’ensemble du territoire tchadien en l’absence d’un plateau technique destiné à la prise en charge des malades du cancer ».

Dr Ismaël Barh Bachar, Directeur Général du ministère de la Santé publique et de la Solidarité nationale, a promis lors de la session de formation des points focaux que le registre du cancer sera opérationnel en 2022 en vue d’avoir « un système de prévention précoce (et) efficace ».

La politique, sujet dominant dans la presse sénégalaise

Les journaux sénégalais, reçus lundi à APA, font la part belle à l’ancien argentier de l’Etat Amadou Bâ qui semble avoir retrouvé grâce aux yeux du président de la République.Le Soleil indique que « la famille du défunt Khalife de la communauté layène, El Hadj Abdoulaye Thiaw Laye (1926-2021), a reçu samedi (dernier) à Cambérène (commune de Dakar), Macky Sall venu présenter ses condoléances au nom de la nation sénégalaise ».

Le quotidien national rapporte que le chef de l’Etat s’est également rendu, le même jour, à Thiénaba (région de Thiès) « suite à la disparition, le 9 août 2021, du 8e Khalife Serigne Abdourahim Seck ». Dans ce foyer religieux fondé par Serigne Ahmadou Ndack Seck, Macky Sall a déclaré qu’ « un budget de plus de 800 millions F CFA est dégagé pour que Thiénaba puisse disposer de sa résidence des hôtes comme toutes les autres grandes cités religieuses du pays ».

Amadou Bâ, ancien ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, était aux côtés du président de la République. L’AS se demande si ce n’est pas « un retour en grâce » de l’ex-ministre des Affaires étrangères.

A en croire Sud Quotidien, on se dirige « vers une entente directe » entre Macky Sall et Amadou Bâ. Ce journal a souligné que « c’est la première » fois que les deux hommes apparaissent ensemble en public, avant de soutenir que la stratégie du silence adoptée par le responsable politique de l’Alliance Pour la République (APR, parti au pouvoir) aux Parcelles Assainies (commune de Dakar) s’est avérée gagnante.

Dans son style caractéristique, le calembour, Le Quotidien tire son « chapeau Ba ! ». Poursuivant, ce journal signale qu’ « il est de ces images qui ne laissent jamais indifférent. Surtout lorsque cela vient d’un homme aussi politique que le leader de l’APR (Macky Sall) ».

En d’autres termes, mentionne WalfQuotidien, « Macky Sall remet Amadou Bâ en selle » à quelques mois des élections locales pour lesquelles le leadership à Dakar est très disputé dans son parti avec notamment Abdoulaye Diouf Sarr, le ministre de la Santé et de l’Action sociale.

Sur un tout autre sujet, Vox Populi se fait l’écho d’un accident de la route ayant fait quatre morts à Kaolack (Centre). Dans ses colonnes, ce quotidien informe qu’un porte-conteneurs malien a écrasé un taxi où se trouvaient cinq personnes.

Pour sa part, Mansour Faye, le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavent, a fait savoir dans Vox Populi que « les auteurs de cet acte ignoble seront appréhendés et traduits en justice ». 

Mais, déplore EnQuête, de jeunes sénégalais, n’ayant pu contenir leur colère, ont saccagé « des camions maliens » qui étaient dans les parages. De l’autre côté de la frontière, « une vingtaine de camions sénégalais ont été vandalisés ».

Citée par L’Observateur, Médina Sissoko Dembélé, ministre malienne des Transports, a affirmé que « ces graves incidents n’honorent pas les excellentes relations de fraternité et d’amitié » qui lient les deux pays.

Santé, politique et maritime au menu des quotidiens marocains

La situation épidémiologique au Maroc, le processus électoral et la problématique du dragage du sable sont les principaux sujets traités par les quotidiens marocains parus ce lundi.+Aujourd’hui le Maroc+ relève que bien que le taux de létalité demeure stable à 1,5%, le Maroc enregistre ces derniers jours un pic de mortalité liée à la Covid-19. Samedi, 110 personnes sont décédées des suites de ce virus, élevant ainsi le nombre des morts à 10.933 depuis le premier cas déclaré au niveau national en mars 2020. Le plus grand nombre est observé au niveau de Casablanca-Settat.

Outre les décès, la courbe des contaminations est également en hausse avec une moyenne quotidienne de plus de 10.000 nouveaux cas observés cette semaine. Cette hausse impacte, de facto, les indicateurs d’incidence cumulée qui a franchi le seuil des 2.000. On note ainsi 2.242 cas sévères ou critiques dont 1.332 sous respiration artificielle. De ce total, 1.264 patients sont sous ventilation non-invasive tandis que 68 autres sont intubés. Face à cette situation alarmante, le Maroc accélère la cadence de vaccination au niveau national, souligne le quotidien.

+Bayane Al Yaoum+ écrit que « si le Maroc a maintenu la date de l’organisation des élections malgré la situation épidémiologique jugée alarmante, il devrait assurer le bon déroulement de ce scrutin en œuvrant à consolider la surveillance administrative et judiciaire ».

Tout en appelant les électeurs à se présenter massivement aux bureaux de vote le jour du scrutin pour choisir les élus connus par leur crédibilité et renforcer leur présence dans les institutions représentatives, le journal a souligné qu’il s’agit d’un « véritable défi » à relever en vue de consolider le processus des réformes et satisfaire les aspirations des citoyens.

Sur un autre registre, +L’Économiste+ souligne que même si les autorités ont mis le holà l’été dernier pour arrêter le dragage du sable dans la plage de Mehdia, le “pompage” de cette matière organique à des fins purement commerciales continue toujours.

Un total de 180.000 m3 de sable ont été sifflés durant 20 années pendant lesquelles toute la chaîne écologique marine de la zone a été détruite, fait savoir le quotidien, notant que le fort recul du trait de côte est estimé au nord de la plage de Mehdia à 4m/an!

Ces sur-creusements ont causé une augmentation des noyades et totalement perturbé la stabilité du fond marin dont dépend la vie de plusieurs espèces, soutient-il.

Côte d’Ivoire: la grippe aviaire déclarée dans le département de Bassam

L’infection de l’influenza aviaire hautement pathogène de type H5N1, souche de la grippe aviaire, a été déclarée dans la localité de Mondoukou, dans le Département de Grand-Bassam, à 40 Km au Sud-est d’Abidjan, selon un arrêté préfectoral.

L’arrêté, signé du préfet du Département de Grand-Bassam, Nassou Sidibé, le 5 août 2021,  déclare « infectée d’influenza aviaire hautement pathogène de sous-type A/H5N1, la localité de Mondoukou, Département de Grand-Bassam ». 

L’arrêté préfectoral prescrit des mesures de police sanitaire dans le foyer d’infection et dans la zone, à savoir l’abattage de toutes les volailles présentes, la destruction des cadavres de volailles et des productions des élevages.

Il recommande la destruction de toute matière et tous les déchets susceptibles d’être contaminés,  tels que les aliments de volailles, ainsi que l’interdiction de mouvements de volailles, de produits et leurs dérivés. 

L’arrêté impose en outre la fermeture des marchés et des lieux de rassemblement de volailles vivantes, l’arrêt des activités liées à la transformation, au transport, à la distribution et à la commercialisation des volailles, produits et sous-produits. 

La filière avicole, en Côte d’Ivoire, est affectée « depuis 2006, 2015 et 2017 par la résurgence et la persistance du virus de la grippe aviaire ». Aujourd’hui, 42 foyers ont été identifiés et notifiés à l’Organisation mondiale de la santé animale avec plus de 122.700 volailles abattues. 

Zambie : l’opposition remporte la présidentielle

Le chef de l’opposition, Hakainde Hichilema, a été déclaré lundi vainqueur de l’élection présidentielle zambienne.La sixième tentative a été finalement la bonne pour l’opposant historique, victorieux du scrutin du 12 août, devant le président sortant Edgar Lungu.

La Commission électorale de Zambie (ECZ) a déclaré tôt ce lundi, que Hakainde Hichilema du Parti uni pour le développement national (UPND) a remporté l’élection présidentielle avec 2.810.777 voix contre 1.814.201 pour le candidat du Front Patriotique Edgar Lungu, arrivé deuxième parmi les 17 candidats à la présidence.

Les Zambiens se sont mobilisés durant cette présidentielle avec un taux de participation assez élevé de 70%. Les bureaux de vote sont restés ouverts dans certaines provinces jusqu’à 5 heures du matin, pour permettre aux électeurs faisant la queue, d’accomplir leur devoir civique.

A lire aussi : Elections générales : la Zambie sous haute tension

Le décompte a été fait après des vérifications effectuées dans 155 des 156 circonscriptions du pays selon la Commission électorale. « Je déclare donc que Hichilema sera président de la Zambie », a déclaré lundi Esau Chulu, le président de l’ECZ.

Mais le président sortant refuse encore de reconnaître sa défaite. Lungu (64 ans) affirme dans une déclaration samedi, que l’élection présidentielle n’était « pas libre et équitable » à la suite de violences contre des représentants de son parti, le Front patriotique, dans certaines provinces.

Cet homme d’affaires autodidacte est le septième président zambien démocratiquement élu. Il en était à sa sixième participation, la troisième contre Lungu qui cherchait un troisième mandat. Il y a cinq ans, Hichilema (59 ans) avait perdu la course pour la State House (palais présidentiel) contre Lungu pour un écart de 100.000 voix.

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Prisée pour son parfum, la chichia connaît un boom dans les terrasses à Abidjan

A Abidjan, la chichia connaît un boom dans les terrasses de café, dans des lounges et même des quartiers précaires, où cette pipe à eau permettant de fumer du tabac, est prisée pour son côté acidulé et parfumé.

« Le goût est merveilleux et ça défonce très bien », affirme César, un jeune homme de 22 ans, à quelques encablures d’une grande surface à Marcory, une commune située dans le Sud d’Abidjan, confiant que la charge du charbon « fait que la chichia sort bien ».  

La chicha, aussi appelée « narguilé », est une pipe à eau de taille variée, destinée principalement à fumer du tabac ou encore de l’essence de fruits. Elle est populaire dans diverses régions du monde, surtout dans les pays arabes.  

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Chichia serait fumée chaque jour par plus de 100 millions de personnes et est parfois consommée chez les plus jeunes (15-20 ans) qui la fument lors d’occasions spéciales, notamment en périodes festives.   

Les experts rapportent que sa composition comprend en général « 28% de tabac associé à 70% de mélasse (liquide sirupeux contenant 50% de sucre) et des arômes de fruits (fraise, noix de coco) qui lui donnent ce goût suret et parfumé qui trompe les fumeurs.

Dans chaque pays, des saveurs sont proposées aux fumeurs. Un tour dans une terrasse à Abidjan, une serveuse déplie l’offre des arômes de chicha (pomme, raisin et menthe, citron et menthe, citron, menthe, love 66 et Hawall), la dose étant cédée à 7.000 Fcfa

La chicha aussi nocive que la cigarette

Une cinquantaine de bouffées de chicha sur une durée moyenne d’une heure équivalent à deux paquets de cigarettes. Le monoxyde de carbone présent dans la fumée est sept fois supérieure à celui présent dans la fumée d’une cigarette, révèle une étude sur le site spécialisé e-cancer.fr. 

En outre, la fumée d’une chicha contient autant de pollution au monoxyde de carbone (CO) qu’environ 15 à 52 cigarettes et autant de goudron que 27 à 102 cigarettes. Et, sa teneur en chrome, cobalt, plomb et nickel est plus élevée que celle de la fumée de cigarette.  

De plus, un millilitre de fumée de chicha contient plus d’un million de microparticules. Selon Dr Claire Lewandowski, médecin généraliste, « croire que fumer la chicha est plus sain que fumer des cigarettes est une erreur. Au contraire, la fumée de la chicha est particulièrement toxique, y compris pour les fumeurs passifs ».  

A l’instar de toutes les fumées de substances organiques qui brûlent, celles de la chicha libèrent lors de la combustion près de 4.000 substances chimiques. Pour Dr Rita Gouessé, biologiste de la santé, ces substances « augmentent fortement les risques de cancers du poumon, des lèvres, de la vessie et des voies aérodigestives supérieures ».  

Par ailleurs, comme un effet de mode, plusieurs friment avec la cigarette électronique, dont l’usage donne d’être atypique et spécial. Mais, « chaque fois que l’on inspire dans nos poumons, et à périodicité élevée, autre chose que de l’air frais, il y a un risque d’effet négatif », fait observer Dr Rita Gouessé. 

Outre la dépendance à la nicotine, le vapotage favorise aussi l’obstruction des voies respiratoires, ce qui expose le fumeur à un risque élevé de bronchite pulmonaire obstructive chronique et des risques de maladies cardiovasculaires, poursuit Dr Gouessé. 

Certains arômes ou des substances contenues dans le liquide des cigarettes élélectroniques (formaldéhyde, acroléine, etc.) sont « des composés potentiellement cancérigènes », mentionne Dr Rita Gouessé qui effectue actuellement en Côte d’Ivoire des recherches sur le cancer du sein. 

Le narguilé peut entraîner la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une maladie due à une anomalie des voies respiratoires, qui se caractérise par une limitation du débit d’air. Ce dysfonctionnement, évitable, est causé par une exposition importante aux gaz nocifs.

Les effets sur le système cardiovasculaire sont encore plus indéniables. Dr Mathieu Nogbou Aka, médecin neurologue, renseigne qu’ils affectent le rythme cardiaque, la pression et la rigidité artérielle, de sorte qu’à long terme, les risques de développer des maladies cardiovasculaires sont plus élevés.

Impacts sur la santé reproductive 

Ici, les principaux risques sont ceux associés à la consommation de tabac, fait remarquer la biologiste en santé, Dr Rita Gouessé, qui révèle que « le tabagisme entraîne des conséquences sur l’ovulation, la fécondation et l’implantation de l’embryon » chez la femme.  

Le tabagisme diminue la production d’œstrogène, entraînant des troubles du cycle menstruel, et influence la qualité des ovules qui peuvent présenter des anomalies ou être moins aptes à être fécondés, fait-elle remarquer, indiquant qu’il a des effets négatifs sur l’endomètre, la muqueuse servant à accueillir l’embryon au début de la grossesse.

De plus, dira-t-elle, « chez la femme enceinte, l’usage du tabac pourrait augmenter les risques d’avortements spontanés, de grossesse extra-utérine et autres anomalies de la grossesse ou encore de malformations congénitales chez le nourrisson ». 

En outre, fumer la chicha, augmentant le taux de monoxyde de carbone dans le sang, cela rétrécit les artères et nuit à la circulation sanguine. Pour cette raison, les fumeurs ont plus de difficultés à obtenir et maintenir une érection que les hommes qui ne fument pas. 

Chez les hommes, le tabagisme diminue la production de spermes et des spermatozoïdes et réduit les possibilités de fécondation de l’ovule. Il augmente également la quantité de globules blancs présents dans le sperme et leur hausse provoque souvent la présence d’infections, ce qui peut rendre infertile.

Pour réduire la consommation du tabac, l’Etat de Côte d’Ivoire, a relevé d’un point l’imposition sur les produits du tabac, notamment le droit d’accise au titre de l’année fiscale 2021, passant d’un taux de 38% à 39%, ce qui porte le taux applicable à 46%. 

Spécialisée dans la lutte contre le tabagisme et la drogue, l’ONG ivoirienne Clucod recommande une augmentation de ces droits d’accise à 50%, voire au moins 100% afin de casser la courbe de consommation du tabac qui connaît une progression dans le pays.  

En Côte d’Ivoire, l’on estime le taux de prévalence du tabagisme à 14,6%, selon des données de l’Enquête démographique et de santé  (EDS, 2011-2012). Le professeur Pascal Bogui, révèle dans une étude que « le coût de la prise en charge annuelle des maladies induites par le tabac est évalué à 28 milliards Fcfa ». 

Le Zouglou, un style musical « utile » pour louer Dieu (Chantre)

Le chantre ivoirien Richard Krémé défend le Zouglou, à l’origine mondaine, comme un style musical « utile » pour louer Dieu, car « il n’y a pas de style musical typique dans lequel on doit louer le Seigneur ».

« J’ai choisi le Zouglou (pour porter le message de l’évangile) parce que c’est dans le Zouglou que le Seigneur m’a trouvé », a déclaré jeudi à APA le chantre ivoirien, à l’issue d’un concert live dénommé « Zouglou living ».

Ce concept, créé par la télévision chrétienne LMTV, vise à mettre en lumière le Zouglou gospel, comme un instrument pour porter la parole de Dieu via ce rythme musical, né dans les années 90 en milieu estudiantin pour clamer les tares de la société. 

Zouglou living a lieu dans le cadre de « Holy Holidays », un espace qui offre au monde chrétien des représentations saines, en vue d’un divertissement sous des notes évangéliques, un moyen par ailleurs pour convertir des âmes à Christ. 

« Il faut signaler aussi qu’il n’y a pas de style musical typique dans lequel on doit louer le Seigneur. Tous les styles musicaux sont utiles pour louer le Seigneur, ça dépend du message que tu véhicules », a renchéri Richard Krémé.   

« Je fais le Zouglou parce que dans le temps, je faisais le Zougou », justifie-t-il, dans l’optique de mieux passer son message étant donné que « le Zouglou est l’identité de la Côte d’Ivoire » et il se sens « mieux et à l’aise » pour véhiculer son message dans le Zouglou. 

Le thème de l’édition 2021 de Holy Holidays est « Aimons-nous les uns, les autres ». Au cours du concert, Richard Krémé a lancé qu’ on a l’obligation d’aimer toutes les créatures de Dieu et même ses ennemis.

Autrefois, méprisé et humilié, le chantre ivoirien Richard Krémé, se dit aujourd’hui « fier de Jésus », dont l’amour a sauvé et donné une saveur à sa vie. 

La soirée a également enregistré le passage du chantre Moyo le prédicateur qui opère dans la chapelle Zouglou, ainsi que le groupe Les messagers de la bonne nouvelle, qui regroupe trois jeunes chrétiens. 

Selon Moyo le prédicateur, « la vérité, c’est ce que Dieu dit pour toi » et non la réalité. Dans cette même veine, Les messagers de la bonne nouvelle ont fait observer que, lorsque l’Eternel parle, alors sa main a déjà agi et notre foi devrait matérialiser sa volonté inspirée. 

Zouglou living met en avant le rythme Zouglou, un ryhtme très apprécié en Côte d’Ivoire. Jeudi prochain, il est prévu des notes de Rap living avec une brochette d’artistes dont Steezo, un ancien rappeur qui a eu du succès dans le monde, et qui aujourd’hui a dédié sa vie a Jésus. 

Le calendrier des concerts d’artistes indique pour le 26 août 2021, le Gospel living et le 02 septembre, la Rumba living. Et ce, pour diffuser l’évangile sur ces segments musicaux aux fins d’abreuver les vies des paroles de Christ. 

L’ambassadeur du Royaume de la Belgique, présent avec son épouse à ce concert, a communié avec le public et les autorités ecclésiastiques autour des chants et cantiques libérés par les chantres. 

Pour le diplomate belge, le coeur est le moteur de l’amour. Il a fait remarquer qu' »il y a beaucoup d’amour entre la Belgique et la Côte d’Ivoire », avant de lancer un message d’espoir aux jeunes dont l’amour devrait être un ferment pour leurs défis futurs.