Kim a supervisé un « tir d’artillerie de longue portée »

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a supervisé un « tir d’artillerie de longue portée », ont annoncé mardi des médias d’Etat nord-coréens, après que Pyongyang a menacé de faire la démonstration d’une nouvelle arme.

La veille, la Corée du Sud avait indiqué avoir détecté le tir par Pyongyang de deux « missiles balistiques ».

Kim Jong Un « a supervisé » l’exercice lundi, et « lorsqu’il a donné l’ordre aux unités sous-marines de tirer, les hommes chargés des pièces d’artillerie de longue portée ont tiré tous ensemble », a rapporté l’agence d’Etat nord-coréenne KCNA.

De son côté, le journal officiel Rodong Sinmun publiait des clichés de batteries de lance-roquettes multiples, ainsi que plusieurs photographies d’une roquette de large calibre tirée dans une forêt. On y voit également Kim, vêtu d’un manteau de cuir noir, jumelles à la main.

Selon KCNA, le dirigeant a exprimé sa « grande satisfaction » et appelé ses troupes à conserver « une volonté d’acier et un patriotisme ardent ».

L’armée sud-coréenne avait affirmé lundi que Pyongyang avait tiré deux projectiles, quelques semaines après avoir mis fin à son moratoire sur les essais de missiles longue portée et menacé de tester une « nouvelle arme stratégique ».

– Mobiliser l’opinion –

Il s’agissait « vraisemblablement de missiles balistiques de courte portée », selon un responsable l’état-major interarmes sud-coréen (JCS), ce qui serait une violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Les deux engins identifiés par Séoul ont été tirés en direction de l’est, au-dessus de la mer du Japon, depuis la région de Wonsan, sur la côte orientale, avait précisé le JCS dans un communiqué. Les projectiles ont parcouru 240 km à une altitude maximale de 35 km.

Toujours selon le JCS, la Corée du Nord aurait également conduit des exercices de tir vendredi.

Ces lancements surviennent alors que les négociations entre Washington et Pyongyang sur les programmes nucléaire et balistique nord-coréens sont dans l’impasse, un an après l’échec du sommet de Hanoï entre les deux puissances. La Corée du Nord avait donné aux Etats-Unis jusqu’à fin 2019 pour faire de nouvelles propositions.

Pyongyang cherche à « normaliser » les tests de nouveaux armements en les mêlant à ses systèmes de tir existants, afin de « les faire passer pour une simple extension de ses exercices de tirs de roquettes », estime Joseph Dempsey, expert de l’Institut international d’études stratégiques à Londres.

Ces tirs interviennent par ailleurs alors que la Corée du Sud et les Etats-Unis ont décidé de reporter leurs exercices militaires conjoints en raison de l’ampleur de l’épidémie du nouveau coronavirus dans la région.

Cette suspension d’exercices qui hérissent Pyongyang n’a cependant provoqué en réaction « aucun geste de bonne volonté » de la part du régime nord-coréen, observe Leif-Eric Easley, professeur de l’Université Ewha à Séoul.

Le Nord « signifie clairement qu’il continuera à renforcer ses capacités militaires et à afficher des exigences exorbitantes (sur la scène internationale), en dépit des préoccupations politiques et de santé publique émises par Pékin, Séoul et Washington », a-t-il souligné.

Ces tirs d’artillerie pourraient être surtout destinés à « mobiliser l’opinion publique nord-corénne à des fins politiques », indique pour sa part à l’AFP Ahn Chan-il, transfuge nord-coréen devenu chercheur à Séoul, en particulier après le récent limogeage de deux hauts responsables du Parti des Travailleurs au pouvoir.

La Banque Atlantique lance un jeu concours pour la finale de la Ligue des champions de l’UEFA

A l’occasion de la finale de la Ligue des Champions, la Banque Atlantique lance en partenariat avec MasterCard, un jeu dénommé « challenge Champions League ». Ce jeu a pour objectif d’offrir à deux clients, d’obtenir un voyage pour deux personnes à Istanbul. Ce voyage permettra entre autre d’assister à la grande finale de la Ligue des Champions de l’UEFA en Turquie.

Ouvert en Côte d’ivoire et au Sénégal, ce défi se déroulera dans la période du 1er mars au 17 Avril 2020. Par ailleurs, il faudrait rappeler que son lancement a été fait le 27 février dernier, au Plateau.

Cependant, les conditions pour prendre part à cette grande finale, ont été précisées à cette ouverture.

En effet, le client devra comptabiliser dans la période du jeu, le plus grand nombre de transaction, pour ses opérations de paiement et de retrait. Et ce, aussi bien qu’au niveau national qu’international.

La banque mondiale veut à travers cette initiative, témoigner son engagement auprès de sa clientèle en proposant des solutions de paiements. Pour elle, celle-ci devra répondre aux exigences les plus élevées en matière de confort et de distinction.

Selon la Banque Atlantique, les lots seront remis dans le cadre d’une cérémonie organisée conjointement. L’une au siège de la Banque Atlantique en Côte d’ivoire et l’autre au Sénégal.

Rappelons que le règlement intégral de ce challenge, est disponible auprès des équipes dédiées à l’institution bancaire et sur le site web : www.banqueatlantique.net.

Rumba et politique, un cocktail congolais explosif

Les Parisiens et les autorités françaises ont découvert une spécialité bien congolaise: le mariage explosif entre deux passions nationales, la rumba et la politique, avec des manifestations violentes en marge du concert de la star Fally Ipupa.

Au moins quatre personnes seront jugées pour les incidents et les incendies vendredi gare de Lyon à Paris près de la salle de concert où le crooner de Kinshasa a tout de même pu communier avec 20.000 fans.

Les manifestants se présentaient comme des « combattants » de la diaspora, à savoir des opposants installés en Europe qui accusent notamment le pouvoir de Kinshasa de passivité face aux tueries à Beni, dans l’est de la RDC.

Les « combattants » voulaient perturber le grand retour en Europe de Fally Ipupa, 43 ans, l’accusant d’être à la solde des autorités en place à Kinshasa.

Les leaders de la droite nationaliste française, Marine Le Pen en tête, ont réagi en dénonçant les auteurs de ces troubles étrangers à l’actualité française (gilets jaunes, réforme des retraites…).

Comme de nombreux Parisiens médusés par ces violences venues d’ailleurs, ils étaient bien en peine d’identifier l’objet de la colère des « combattants », parlant d’un simple « chanteur congolais ».

Fally Ipupa est pourtant l’une des plus grandes stars d’Afrique francophone, avec Youssou N’Dour ou Tiken Jah Fakoly.

Ancien du Quartier latin, groupe de Koffi Olomidé, il modernise la traditionnelle rumba au contact du rap et des musiques urbaines (featuring avec Naza et Booba), de l’afro-beat, du folk.

A Kinshasa, Fally Ipupa est une star qui n’a pas besoin du pouvoir pour exister. Le chanteur a suffisamment d’argent pour se mettre « à l’abri des sollicitations des politiciens », affirme le spécialiste congolais de l’histoire des mentalités, Zacharie Bababaswe.

La star « n’a jamais chanté pour des politiciens congolais lors des campagnes électorales » (2006, 2011 et 2019), ajoute M. Bababaswe.

En fait d’engagement, l’artiste est surtout connu pour sa défense de nobles causes très consensuelles: lutte contre les enfants-soldats et soutien au prix Nobel de la Paix 2018 Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes » victimes de violences sexuelles au Congo.

– « Indépendance cha cha » –

En RDC, le coup de force contre l’icône pop congolaise n’a trouvé aucun soutien.

« Nous condamnons avec force les violences, casses et incendies injustifiables des soi-disant +combattants+ en marge du concert de #FallyIpupa. C’est un mauvais combat, mené de la mauvaise manière, contre les mauvaises personnes », a réagi le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), guère tendre avec le pouvoir.

Les « combattants » avaient obtenu l’annulation d’un précédent concert de Fally Ipupa en juin 2017 dans une autre salle parisienne.

Depuis, les temps ont changé. Issu de l’opposition, Félix Tshisekedi a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle de décembre 2018, au prix d’un accord de coalition avec son prédécesseur Joseph Kabila.

En Europe, le mouvement des « Combattants » s’en est trouvé affaibli, avec la défection des militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti du nouveau président.

La musique et le pouvoir dansent ensemble au Congo depuis l’indépendance célébrée il y a bientôt 60 ans.

En 1960, l’African Jazz de Grand Kalle pose ses valises à Bruxelles pour accompagner et distraire la délégation congolaise qui négocie l’indépendance avec la Belgique.

Grand Kalle compose la chanson « Indépendance cha cha », tube panafricain et hymne des multiples indépendances célébrées cette année-là.

« Indépendance cha cha » cite le nom des héros de l’indépendance congolaise, en commençant par celui de Patrice Lumumba.

En 2020, les nombreux chanteurs de rumba continuent de citer dans leurs chansons le nom des « Excellences » ou des officiels qui veulent bien leur donner quelques billets de 100 dollars.

Dans les années 1970, les musiciens congolais (« zaïrois » à l’époque) ont été mobilisés par le dictateur Mobutu Sese Seko dans la mise en oeuvre de son retour à l' »authenticité » africaine.

Le chanteur-guitariste Franco Luambo « prit la tête d’une nouvelle instance publique destinée à soutenir la musique populaire », note l’écrivain David Van Reybrouck dans sa somme « Congo, une histoire ».

Fin 1970, le grand chanteur congolais Tabu Ley Rochereau se produit à l’Olympia, à Paris, avec le soutien de Mobutu. Une première pour un artiste africain. Et il n’y avait pas eu d’incidents sur les grands boulevards.

Chili: manifestations et violences pour commencer un mois de mars tendu

Des affrontements ont opposé lundi au Chili protestataires et forces de l’ordre et un bâtiment a été incendié à Santiago, à l’orée d’un mois de mars où sont prévues plusieurs manifestations, avec un regain de violence redouté par les autorités.

Une manifestation s’est tenue à Santiago sur la Plaza Italia. A la tombée de la nuit, des personnes encapuchonnées ont affronté les policiers anti-émeutes dans les rues adjacentes de cette « Place de la Dignité », comme les manifestants ont rebaptisé l’épicentre de la contestation qui secoue le pays depuis plus de quatre mois, la pire crise sociale depuis le retour de la démocratie en 1990.

Un bâtiment ancien a été incendié pour la deuxième fois.

Les troubles se sont étendus à d’autres quartiers de la capitale, où des manifestants ont érigé et brûlé des barricades, bloquant d’importantes avenues, avant d’être dispersés par la police qui a utilisé des gaz lacrymogènes et des lances à eau.

Des manifestations se sont également produites jusqu’à l’aube dans d’autres villes du pays comme Valparaiso (centre) et Concepcion (sud), avec là aussi des violences.

Les autorités chiliennes craignent une escalade de la violence en mars, un mois au cours duquel plusieurs manifestations ont été programmées, notamment dès dimanche prochain, à l’occasion de la Journée internationale des femmes.

La crise sociale a commencé le 18 octobre suite à la hausse du prix du ticket de métro de Santiago, entraînant des protestations, des pillages et des incendies, pour un bilan de 31 morts.

Ouverture attendue du procès de deux chercheurs français détenus en Iran

Le procès de deux chercheurs français détenus en Iran, Fariba Adelkhah et Roland Marchal, devrait s’ouvrir ce mardi à Téhéran, mais leur avocat estime que l’audience risque d’être reportée.

Anthropologue franco-iranienne réputée, spécialiste du chiisme, Mme Adelkhah est détenue depuis juin en Iran, tout comme son compagnon français, M. Marchal, africaniste dévoué à l’analyse des guerres civiles en Afrique subsaharienne.

Leur avocat, Saïd Dehghan, et leur comité de soutien en France ont fait part récemment d’une détérioration de l’état de santé des deux chercheurs et émis de vives craintes à ce sujet, liées notamment à l’épidémie de nouveau coronavirus qui frappe l’Iran de plein fouet.

Le procès à huis clos de Mme Adelkhah et M. Marchal doit s’ouvrir à 9h00 (5h30 GMT) devant la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, avait indiqué Me Dehghan le 18 février.

Mais ce dernier émet désormais des doutes sur la tenue de cette audience.

« Le procès de mardi risque d’être reporté. Pour connaître la date exacte, il faut attendre jusqu’à mardi matin », a-t-il déclaré dimanche à l’AFP, sans détailler les raisons de ses craintes.

En France, certaines sources estiment que le sort de Mme Adelkhah et de M. Marchal pourrait être intimement lié à celui d’un ressortissant iranien, Jalal Rohollahnejad, détenu en France et menacé d’extradition aux Etats-Unis.

– Iranien détenu en France –

Alors que l’Iran a procédé récemment à des échanges de détenus avec les Etats-Unis et l’Allemagne, la Cour de cassation française est censée se prononcer le 11 mars sur le pourvoi de cet ingénieur en vue d’éviter son extradition.

Si son pourvoi en cassation venait à être rejeté, comme cela semble probable au vu des préconisations de l’avocat général de la Cour de cassation, il reviendra en dernier ressort au Premier ministre Edouard Philippe de statuer sur son cas.

Selon Me Dehghan, Mme Adelkhah est poursuivie pour « propagande contre le système » politique de la République islamique d’Iran et « collusion en vue d’attenter à la sûreté nationale ». Seul ce dernier chef d’accusation, passible de deux à cinq ans de prison, est retenu contre M. Marchal.

La « propagande contre le système » est, elle, passible de trois mois à un an d’emprisonnement.

« Notre demande auprès du tribunal est que, s’ils ont l’intention de reporter le procès, ils (ordonnent) immédiatement (…) la libération temporaire de mes clients », sous caution, a déclaré Me Dehghan dimanche.

Leur maintien en détention prolongée, en cas de report du procès, les exposerait à des « circonstances dangereuses et incertaines », dit-il, « compte tenu (…) du coronavirus » qui, selon lui, menacerait les deux Français davantage « dans un environnement carcéral fermé ».

Mme Adelkhah et M. Marchal sont détenus à la prison d’Evine, dans le nord de Téhéran, province du pays où les autorités disent avoir relevé le plus grand nombre de personnes touchées par la maladie Covid-19.

Des membres de leur comité de soutien ont estimé lundi que les deux chercheurs étaient en « danger de mort », notamment en raison de l’épidémie.

– « En mauvais état » –

Selon Me Dehghan, Mme Adelkhah, née en Iran en 1959, a regagné samedi « la section pour femmes de la prison » après avoir été admise pendant plusieurs jours pour des soins dans l’hôpital du centre de détention.

Fortement affaiblie par une grève de la faim qu’elle a menée de fin décembre à mi-février, la chercheuse « continue de se plaindre de graves douleurs aux reins », a ajouté son avocat.

Me Dehghan ne cache pas craindre que Mme Adelkhah ait pu être contaminée par le nouveau coronavirus lors de son passage à l’hôpital.

Quant à M. Marchal, âgé de 64 ans, il « est malade et en mauvais état, mentalement et physiquement », a-t-il poursuivi.

Néanmoins, les deux chercheurs prévoient de se présenter au tribunal mardi, a indiqué Me Dehghan, qui compte plaider non-coupable.

Le comité de soutien des deux universitaires estime que les charges retenues contre eux sont fabriquées de toutes pièces et ne cesse de réclamer leur libération immédiate.

Les autorités françaises ne cessent également de réclamer la libération de ces deux membres du Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris.

L’Iran ne reconnaît pas la double nationalité. Il dénonce régulièrement comme une ingérence les appels à libérer les deux chercheurs.

Biden ou Sanders: 14 Etats choisissent leur champion démocrate

Face au favori Bernie Sanders, l’ancien vice-président Joe Biden se présente mardi renforcé pour le « Super Tuesday », étape déterminante des primaires démocrates aux Etats-Unis, après le ralliement de trois anciens rivaux centristes.

Cette « super » journée électorale, lors de laquelle 14 Etats sont invités à voter pour choisir le rival de Donald Trump en novembre, marque aussi l’entrée en lice d’un nouveau protagoniste: le milliardaire Michael Bloomberg, qui avait renoncé aux quatre premiers scrutins pour cause de candidature tardive.

« La presse et les commentateurs avaient déclaré cette campagne pour morte (…) Les Etats du Super Tuesday vont avoir quelque chose à dire à ce sujet », a lancé Joe Biden lors d’un meeting à Dallas, au Texas, à la veille du scrutin.

Depuis quelques jours, les bonnes nouvelles s’enchaînent pour l’ancien bras droit de Barack Obama. Après une large victoire en Caroline du Sud samedi, il a bénéficié lundi du soutien de trois anciens candidats: la sénatrice Amy Klobuchar, le Texan Beto O’Rourke, et le benjamin de la course Pete Buttigeg.

Tous espèrent que leurs désistements permettront à Joe Biden de se présenter comme un rempart à Bernie Sanders, jusque-là super-favori de la course. Les idées marquées très à gauche du sénateur du Vermont, qui prône notamment une couverture médicale universelle, inquiètent une partie de l’establishment démocrate.

« Bernie a toujours eu face à lui cette énorme bataille. S’il décroche l’investiture ça serait énorme », a confié à l’AFP Jessica Chadwell, 24 ans, qui prévoit de voter mardi pour M. Sanders depuis Burlington dans le Vermont, où il a été maire.

– Bloomberg en embuscade –

Mais avant que la primaire ne se résume à un duel Biden-Sanders, deux septuagénaires aux positionnements très éloignés, l’ancien vice-président des Etats-Unis composera mardi avec un troisième homme: Mike Bloomberg.

Après avoir déjà dépensé plus d’un demi-milliard de dollars de sa fortune personnelle pour financer ses publicités de campagne, l’ancien maire de New York va pour la première fois affronter le verdict des urnes.

M. Bloomberg, qui compte parmi les dix plus grosses fortunes mondiales, a osé une tactique inédite en faisant l’impasse sur les quatre premiers Etats à se prononcer dans la primaire (Iowa, New Hampshire, Nevada et Caroline du Sud).

Un premier débat raté et une deuxième performance peu convaincante ont fait baisser sa courbe dans les sondages, mais il figure toujours en troisième place, derrière Bernie Sanders et Joe Biden.

Une contreperformance de sa part laisserait à l’ancien vice-président un boulevard au centre. Joe Biden se positionnerait comme seul rempart modéré face au « socialiste » revendiqué Bernie Sanders, dans un pays où ce terme évoque encore à certains des relents de Guerre froide et de communisme.

– Sanders favori –

Depuis la pointe nord-est des Etats-Unis jusqu’au milieu du Pacifique, les primaires démocrates organisées mardi couvrent un immense territoire: 14 Etats, ainsi que les îles Samoa américaines et les électeurs démocrates vivant à l’étranger.

La Californie, Etat farouchement progressiste aux 40 millions d’habitants, pèsera de façon décisive lors de cette journée électorale. Le Texas avec ses 30 millions d’habitants sera l’autre poids lourd à surveiller.

Plus encore que le nombre d’électeurs, c’est surtout le fait que plus d’un tiers des délégués seront distribués d’un coup qui fait de cette journée un moment clé dans le calendrier électoral américain.

Les sondages pour ce « Super Mardi » sont largement favorables au sénateur du Vermont. Il y pointait en tête dans trois (Californie, Texas et Virginie) des quatre Etats offrant le plus de délégués pour la Convention qui décidera in fine en juillet du nom du candidat démocrate à la présidentielle.

M. Sanders était aussi en tête dans le Massachusetts. Un mauvais score d’Elizabeth Warren dans cet Etat, dont elle est la sénatrice, pourrait signer la fin de sa campagne.

La Caroline du Nord penchait du côté de Joe Biden. Comme un pied de nez à ses rivaux, Donald Trump a tenu un meeting électoral dans cet Etat à la veille du vote. Entouré d’une marée de casquettes rouges, il a promis de battre « les socialistes radicaux ».

Plus tôt dans la journée, le milliardaire républicain, qui aime s’immiscer dans la campagne démocrate, avait affirmé que les dés de la primaire étaient « pipés » en défaveur de Bernie Sanders.

Virus: risque élevé dans l’UE, reflux confirmé en Chine

Des nouvelles infections en recul en Chine mais qui bondissent ailleurs dans le monde: l’Union européenne a relevé le niveau de risque lié au coronavirus tandis que l’épidémie s’accélère notamment aux Etats-Unis, jusqu’ici plutôt préservés.

Depuis plusieurs jours, l’épidémie semble faiblir en Chine, où des mesures de quarantaine draconiennes visent plus de 50 millions de personnes depuis fin janvier.

Mais la province orientale du Zhejiang (est) a annoncé que sept Chinois de retour d’Italie étaient porteurs du virus, confirmant les craintes d’une recontamination du pays par importation.

Nationalement, les autorités ont recensé mardi un total de 125 nouveaux cas de contamination. Il s’agit du chiffre quotidien le plus faible depuis le 21 janvier, avant même la mise en quarantaine de la ville de Wuhan (centre), au coeur de l’épidémie.

Selon les autorités chinoises, le Covid-19 a fait 31 nouveaux décès, tous situés au Hubei, la province dont Wuhan est la capitale. Le bilan s’élève ainsi à 2.943 morts dans l’ensemble du pays.

L’épidémie a dépassé lundi les 3.000 morts dans le monde et connaît une accélération hors de Chine.

En Corée du Sud, deuxième pays le plus touché après la Chine, le nombre total de contaminations avoisinait mardi les 5.000, alors que les autorités ont annoncé 477 nouveaux cas. Deux décès supplémentaires ont en outre été annoncés, portant le total à 28 morts.

L’Arabie saoudite, qui était jusque-là le seul pays du Golfe à n’avoir annoncé aucun cas sur son sol, a signalé lundi un premier cas de coronavirus. Il s’agit d’une personne testée positive après son retour d’Iran, pays où l’on recense désormais le plus grand nombre de décès liés à la maladie après la Chine (66 morts).

L’Union européenne a relevé son évaluation du risque de « modéré à élevé », avec un dernier bilan de 2.100 cas confirmés dans 18 pays membres.

Les ministres de la Santé de l’UE ont été convoqués pour une réunion extraordinaire vendredi à Bruxelles.

En Italie, pays le plus touché en Europe, la barre des 50 morts a été franchie lundi. Le pays est désormais officiellement divisé en trois zones. La « zone rouge » placée sous quarantaine, qui couvre 11 communes du Nord, représente plus de 50.000 habitants.

– Un vaccin « d’ici à l’automne »? –

En France, où plusieurs événements ont été annulés et le musée du Louvre est resté fermé, une troisième personne est décédée du nouveau coronavirus.

Il s’agit d’une femme de 89 ans testée en post-mortem à l’hôpital de Compiègne, qui « avait d’autres pathologies », a précisé le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon.

Aux Etats-Unis, qui étaient jusqu’ici plutôt préservés, quatre nouveaux décès ont été enregistrés lundi, portant à six le nombre de morts sur le territoire américain.

Plus de 90 malades ont été recensés, dont la moitié rapatriés de l’étranger.

Plusieurs patients diagnostiqués ces derniers jours n’avaient aucun lien connu avec un foyer de l’épidémie, ce qui laisse à penser que la maladie commence à se propager sur le sol américain.

Se voulant rassurant, le vice-président Mike Pence, qui coordonne la lutte contre l’épidémie, a annoncé qu’un traitement pourrait être disponible « d’ici l’été ou le début de l’automne ». Les premiers essais cliniques pour un vaccin pourraient avoir lieu « dans les six prochaines semaines », a-t-il dit.

– Menace sur l’économie –

Les banquiers centraux et ministres des Finances du G7 doivent s’entretenir mardi par téléphone pour coordonner leur action face à l’impact du nouveau coronavirus sur la croissance mondiale.

Cette mobilisation intervient à un moment où la croissance mondiale, déjà fragilisée par la guerre commerciale Chine-Etats-Unis, subit de plein fouet le ralentissement de l’économie chinoise et l’impact du coronavirus sur l’économie.

La semaine dernière, la Bourse de New York a connu sa pire semaine depuis la crise financière de 2008. Mais lundi, Wall Street a connu un rebond spectaculaire, les investisseurs espérant que les autorités monétaires des plus grands pays mettront au point une réponse coordonnée pour atténuer l’impact économique du nouveau coronavirus.

Dans la foulée, les principales Bourses asiatiques ont ouvert mardi dans le vert: à Tokyo, le principal indice Nikkei grimpait de 0,84% tandis que dans les premiers échanges la Bourse de Shanghai gagnait 1,21%.

La banque centrale australienne a toutefois abaissé mardi ses taux d’intérêt à un niveau historiquement bas, passant son taux directeur à 0,50%, contre 0,75% précédemment, pour amortir l’impact économique de l’épidémie.

L’équipementier Nike a annoncé lundi fermer jusqu’à mercredi son siège européen, situé près d’Amsterdam, après qu’un cas de Covid-19 a été détecté chez un membre du personnel.

Le siège européen de Nike, qui se trouve à Hilversum, à une trentaine de kilomètres de la capitale néerlandaise, compte quelque 2.000 employés originaires de 80 pays.

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Elections au Guyana: accusations de fraude, résultats en suspens

Des accusations de fraude électorale ont terni le scrutin législatif lundi au Guyana, l’un des pays les plus pauvres d’Amérique du Sud, où les résultats sont attendus dans la semaine.

Le futur gouvernement de ce membre du Commonwealth, entre Venezuela, Brésil et Suriname, devra gérer la manne pétrolière tirée de l’exploitation de vastes champs pétroliers off-shore découverts en 2016 par le géant américain ExxonMobil.

Le président David Granger, du Partenariat pour l’unité nationale et l’Alliance pour le changement (ANPU-AFC), cherche à consolider sa majorité d’un seul siège au Parlement, dont les 65 sièges sont à renouveler. Dans une vie politique largement guidée par les divisions ethniques, il est soutenu par la communauté afro-guyanaise, les descendants d’anciens esclaves.

Ses opposants du Parti progressiste du peuple (PPP) sont populaires auprès de la communauté indo-guyanaise, formée par les descendants d’émigrés indiens amenés par l’ancien colon britannique.

L’ANPU-AFC a accusé le PPP d’avoir fraudé dans un de ses bastions, Mon Repos, en banlieue de la capitale Georgetown, en faisant voter des électeurs non inscrits. La police anti-émeutes s’y est déployée pour empêcher toute violence.

Globalement dans le pays, le scrutin s’est tenu sans incident, selon la commission électorale du Guyana (GECOM).

Le chef de la mission d’observateurs de l’Organisation des Etats américains (OEA), le Jamaïcain Bruce Golding, a appelé les autorités à proclamer des résultats dès que possible.

« Ce n’est pas bon d’avoir une élection le lundi et plusieurs jours qui peuvent s’écouler sans que le peuple du Guyana ne sache quel est le résultat du scrutin », a-t-il déclaré. « Cela offre un terreau fertile aux rumeurs et aux théories du complot ».

Les autorités estiment qu’au vu des difficultés logistiques dans un pays en bonne partie recouvert par la forêt vierge, les premiers résultats devraient tomber mercredi ou jeudi.

Onze partis étaient en lice pour ces législatives, au scrutin proportionnel, alors que deux seulement étaient représentés dans le Parlement sortant, avec 33 sièges pour l’ANPU-AFC et 32 pour le PPP. Le chef du parti arrivé en tête devient président.

Ce pays de 750.000 habitants doit afficher une croissance économique record de 85% pour 2020, selon les prévisions du Fonds monétaire international, en faisant progressivement passer sa production pétrolière de 52.000 barils par jour à 750.000 barils/jours en 2025. Mais il n’y est pas préparé, manquant d’experts du secteur et de cadre législatif adapté.

Nouvelle-Zélande: enquête sur des menaces contre une des mosquées de Christchurch

La police néo-zélandaise enquête pour retrouver l’auteur de menaces formulées cette semaine contre une des mosquées de Christchurch, où 51 fidèles avaient péri dans le carnage perpétré il y a un an par un suprémaciste blanc australien.

Ces menaces contre la mosquée al-Nour ont été postées cette semaine sur la messagerie Telegram, au moment où Christchurch se prépare à commémorer le premier anniversaire de la tuerie.

Des médias rapportent que ce message montrait un homme portant une cagoule assis dans une voiture devant la mosquée, avec un texte menaçant et un émoji représentant un pistolet.

« Nous suivons des pistes et je suis convaincu que nous établirons qui est cette personne », a déclaré à Radio New Zealand John Price, un des responsables de la police de Canterbury, la région de l’Île du Sud où se trouve Christchurch. « Nous sommes très près. »

On ignore encore les détails de la cérémonie censée être organisée pour le premier anniversaire du carnage.

La Première ministre Jacinda Ardern, qui devrait y assister, a estimé mardi qu’il était difficile de croire que la communauté musulmane néo-zélandaise puisse encore être la cible de messages haineux.

Le tireur, Brenton Tarrant, qui s’était filmé lors de la tuerie, sera jugé à partir du 2 juin.

Cameroun: 10 séparatistes « neutralisés » selon le gouvernement, qui dément la mort de civils

Le gouvernement camerounais a assuré lundi avoir « neutralisé 10 terroristes » séparatistes lors d’une opération militaire samedi dans une localité de l’ouest anglophone du Cameroun, et dément avoir tué des civils comme l’affirment plusieurs médias en ligne camerounais.

« Dix terroristes sécessionnistes ont été neutralisés, dont trois femmes », lors d’un affrontement entre des militaires et des séparatistes dans la localité de « Small Babanki », dans la région du Nord-Ouest, a affirmé le ministre camerounais de la Communication, René Emmanuel Sadi, dans un communiqué.

Il a précisé qu’un commandant séparatiste connu sous le sobriquet de « général Fire man » fait partie des personnes abattues.

Depuis le week-end, plusieurs publications sur les réseaux sociaux ainsi que des médias en ligne accusent l’armée camerounaise d’avoir tué une dizaine de civils, notamment des femmes et des enfants, lors de cette opération.

Des photographies montrant des cadavres, dont celui d’un enfant en bas âge, ont largement circulé sur les réseaux sociaux, sans que l’AFP ne parvienne à les authentifier.

Le gouvernement parle « d’une propagande mensongère » et « d’allégations totalement infondées et contraires à la réalité des faits ».

Il a assuré aussi dans le communiqué qu’au cours de cette opération, « un fusil d’assaut de type AK47 » et du matériel de combat ont été retrouvés, ainsi qu’un homme « otage » libéré.

Depuis près de trois ans, l’armée et des groupes séparatistes armés s’affrontent dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les deux camps sont accusés de perpétrer des crimes et des exactions contre des civils.

La 14 février dernier, 23 civils dont 15 enfants (neuf de moins de 5 ans) et deux femmes enceintes, sont morts lors d’une opération militaire à Ntumbo, un village du Nord-Ouest, selon l’ONU.

Selon plusieurs ONG, dont Human Rights Watch, les forces gouvernementales ainsi qu’une milice peule alliée sont les responsables de cette tuerie.

L’armée dément et assure qu’il s’agit des conséquences d’un « malheureux accident » – l’explosion de conteneurs de carburant consécutive à des échanges de tirs entre soldats et rebelles séparatistes – et n’évoque la mort que de 5 civils.

Le drame a provoqué l’émoi au Cameroun, mais aussi à l’international.

Interpellé le 22 février par un activiste camerounais à Paris, le président français Emmanuel Macron avait promis de mettre « le maximum de pression » sur le président Paul Biya pour que cessent des violences « intolérables ».

Selon l’Elysée, M. Macron et M. Biya ont échangé dimanche au téléphone, et « se sont accordés sur la nécessité d’une enquête impartiale » pour faire la lumière sur les violences de Ntumbo.