Face à la montée de la menace jihadiste dans la sous-région, Abidjan veut relancer la coopération sécuritaire avec Bamako et Ouagadougou. Le ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, appelle à une coordination régionale pour mieux combattre le terrorisme.
Le vice-Premier ministre s’est exprimé mardi en marge du salon international de la défense Eurosatory, organisé à Paris. Selon lui, aucun pays ne peut combattre seul la menace terroriste qui touche plusieurs États ouest-africains.
« Je reste convaincu d’une chose, Le terrorisme, tel qu’il se présente actuellement, ne peut être vaincu par un État. Il faut une collaboration et une mutualisation des forces », a déclaré Téné Birahima Ouattara. « Avec le Burkina, par exemple, on a engagé la possibilité de pouvoir mener des opérations communes ensemble. Il y a eu un arrêt que je qualifierais de brutal (en juin 2024, ndlr) et depuis, il n’y a rien du tout. Mais c’est souhaitable que nous puissions avoir ce type de partenariat pour essayer de faire face au terrorisme », a-t-il ajouté, en se disant « sincèrement prêt » à reprendre une coopération, si ses deux voisins le souhaitent.
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Des relations marquées par des tensions diplomatiques
Les relations entre Abidjan, Bamako et Ouagadougou se sont fragilisées après les changements politiques survenus au Mali en 2020 et au Burkina Faso en 2022. Ces évolutions ont entraîné la suspension de plusieurs cadres de coopération, notamment dans le domaine sécuritaire. Le ministre ivoirien a toutefois rappelé que des échanges avaient déjà permis d’envisager des opérations conjointes avec le Burkina Faso le long des frontières. Cette dynamique a cependant été interrompue en juin 2024.
Pour Téné Birahima Ouattara, une reprise de ces mécanismes reste nécessaire afin de mieux répondre aux attaques des groupes armés. Il assure que la Côte d’Ivoire reste disponible si ses voisins souhaitent relancer cette collaboration. Face aux menaces venues du Sahel, la Côte d’Ivoire maintient un important dispositif sécuritaire dans ses zones frontalières. Le pays n’a plus enregistré d’attaque jihadiste meurtrière depuis 2021.
Les autorités ivoiriennes expliquent cette situation par le renforcement de la présence militaire, mais aussi par des programmes de développement destinés aux populations du nord.
« Dès le début, nous avons pensé qu’il fallait d’abord organiser la zone nord, sur un plan militaire mais aussi sur le plan du développement. La misère est un terreau facile pour le terrorisme », a expliqué le ministre,
précisant que près de 3 000 militaires sont actuellement mobilisés dans cette partie du territoire.
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Une coopération stratégique avec la France
Au-delà de la coopération régionale, Téné Birahima Ouattara a également insisté sur l’importance du partenariat militaire entre la Côte d’Ivoire et la France.
« Que ce soit au niveau de la formation, au niveau du renseignement, au niveau des équipements, il y a une coopération exemplaire avec la France », a-t-il affirmé.
Cette collaboration concerne notamment la formation des soldats ivoiriens, le renseignement et l’acquisition d’équipements de défense. Pour le ministre, ce partenariat constitue un levier important dans le renforcement des capacités des Forces armées de Côte d’Ivoire. Alors que la menace terroriste continue de progresser au Sahel, Abidjan entend ainsi privilégier une approche collective basée sur la coordination régionale et le partage des moyens.




