MH17: la Russie tente « activement d’entraver » l’enquête, selon les procureurs néerlandais

La Russie tente « activement d’entraver » l’enquête sur le crash du vol MH17, ont dénoncé mardi les procureurs néerlandais, au deuxième jour du procès aux Pays-Bas de trois Russes et un Ukrainien accusés d’avoir provoqué l’explosion de l’appareil au-dessus de l’Ukraine en 2014.

Les procureurs ont notamment accusé la Russie de tentatives de piratage informatique à l’encontre d’enquêteurs et ont évoqué la crainte que Moscou n’essaye de retrouver des témoins.

« Il y a des indications claires que les services de sécurité russes tentent activement d’entraver les efforts pour établir la vérité derrière le crash du vol MH17 », a déclaré le procureur Thijs Berger devant les juges du tribunal de Schiphol, en banlieue d’Amsterdam.

Le Boeing 777 de la compagnie Malaysian Airlines, parti d’Amsterdam pour Kuala Lumpur le 17 juillet 2014, a été touché en plein vol par un missile BUK de conception soviétique au-dessus de la zone de conflit armé avec les séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine. Les 298 personnes à bord, parmi lesquelles 196 Néerlandais, ont été tuées.

« Les autorités britanniques et néerlandaises ont déterminé que des agents russes du GRU (le renseignement militaire russe) étaient impliqués dans des tentatives de piratage des systèmes des autorités d’enquête malaisiennes », a affirmé M. Berger.

Le procureur a également mentionné des tentatives de piratage visant le Bureau néerlandais d’enquête pour la sécurité (OVV), qui coordonnait initialement l’enquête sur la catastrophe. Pour lui, « ces informations jettent une ombre » sur le procès, qui s’est ouvert lundi malgré l’absence des suspects.

Les Russes Sergueï Doubinski, Igor Guirkine et Oleg Poulatov, ainsi que l’Ukrainien Leonid Khartchenko, quatre hauts gradés des séparatistes pro-russes de l’est de l’Ukraine, sont poursuivis par le parquet néerlandais pour meurtre et pour avoir délibérément causé le crash de l’avion.

Ces premiers suspects inculpés dans l’affaire sont accusés d’avoir convoyé le système de missiles anti-aériens BUK, avant que celui-ci ne soit tiré par d’autres personnes encore non identifiées.

Doubinski, Guirkine et Khartchenko seront jugés par contumace, tandis que Poulatov a choisi d’être représenté par un avocat néerlandais. Ils encourent la perpétuité.

Boudewijn van Eijck, l’avocat de Poulatov, a rejeté mardi les accusations des procureurs, qualifiant leurs remarques sur la sécurité des témoins de « prématurées ».

– « Craindre pour leur vie » –

L’équipe internationale d’enquêteurs, dirigée par les Pays-Bas, a établi en mai 2018 que l’avion avait été abattu par un missile provenant de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk (Sud-Ouest).

A la suite de ces révélations, les Pays-Bas et l’Australie, dont 38 citoyens ont péri dans le drame, ont ouvertement imputé à la Russie la mort de leurs ressortissants. Moscou a toujours nié avec véhémence toute implication et a rejeté la faute sur Kiev.

« Le tribunal a clairement indiqué que le gouvernement russe menait une campagne de désinformation. Et nous devrons être préparés à beaucoup plus de distorsion de la vérité au fur et à mesure que l’affaire avance », a regretté mardi auprès des journalistes Anton Kotte, qui a perdu son fils, sa belle-fille et son petit-fils dans la catastrophe.

Selon les procureurs néerlandais, il existe un « véritable risque pour la sécurité des témoins » dans cette enquête, dont certains donneront des témoignages anonymes.

« L’utilisation des services de sécurité russes pour découvrir l’identité des témoins dans cette enquête est un scénario très réel. Ces agences ont la capacité d’intercepter les communications et de surveiller les déplacements des gens », a avancé M. Berger.

« Plusieurs témoins dans cette enquête disent craindre pour leur vie si leur identité venait à être révélée », a-t-il expliqué.

Des « mesures spécifiques » ont notamment dû être prises pour protéger un témoin ayant déclaré que des militaires russes se trouvaient avec le missile BUK sur le site du lancement le jour du crash du vol MH17, ont ajouté les procureurs.

De nouvelles audiences en l’affaire reprendront le 23 mars.

Coronavirus: l’Espagne prend des mesures pour ne pas suivre le chemin de l’Italie

Interdiction des vols venant d’Italie, matches de foot à huis clos, écoles fermées: prise de court par le triplement des cas depuis dimanche, l’Espagne a multiplié mardi les mesures face à la propagation du coronavirus.

Avec 1.622 cas et 35 morts selon le dernier bilan communiqué mardi à la mi-journée par le ministère de la Santé, l’Espagne est désormais l’un des pays les plus touchés du monde et le plus touché en Europe derrière l’Italie. Dimanche, elle ne recensait que 589 cas.

Face à cette croissance exponentielle de la contagion, le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, qui avait adopté jusqu’ici une position plutôt attentiste, est passé à la vitesse supérieure mardi.

« Nous aurions aimé ne pas prendre certaines mesures et nous sommes conscients qu’elles altèrent le quotidien des gens. Mais croyez-moi, elles sont nécessaires », a insisté le ministre de la Santé, Salvador Illa à l’issue du conseil des ministres.

« Nous travaillons pour ne pas arriver à la situation italienne, toutes les mesures que nous prenons sont destinées » à cela, a-t-il ajouté. L’Italie, pays le plus touché après la Chine, a prié lundi soir ses 60 millions d’habitants de rester chez eux pour freiner l’épidémie.

– Le foot à huis clos –

Madrid a ainsi interdit du 11 au 25 mars tous les « vols directs entre tout aéroport situé en Italie et tout aéroport situé en Espagne ». Les deux pays sont très liés, plus de 240.000 Italiens vivent en Espagne et le trafic aérien en provenance d’Italie représente 9% du trafic international en Espagne.

Le gouvernement a par ailleurs ordonné que toute manifestation sportive se joue à huis clos dans le pays, y compris les matchs du championnat de football de première division dont les deux prochaines journées auront lieu sans public dans les tribunes.

Il a également incité les entreprises à aménager les horaires de leurs salariés ou les autoriser à travailler de chez eux. Le géant bancaire Santander a notamment demandé à ses employés madrilènes de faire du télétravail.

Dans les régions les plus touchées comme celle de Madrid, qui est de loin la plus affectée avec près de 800 cas et 21 morts, des mesures supplémentaires ont été prises comme la suspension de tous les évènements publics dans des espaces fermés regroupant plus de 1.000 personnes.

La région de Madrid, qui compte 6,5 millions d’habitants, avait annoncé dès lundi soir la fermeture de toutes les écoles et universités à partir de mercredi et pour deux semaines. Elle va aussi désinfecter tous les jours les wagons du métro, les bus et les trains de banlieue.

Des mesures similaires concernant les écoles ont été prises à Vitoria, la capitale de la région du Pays basque, et dans la région de la Rioja (nord), les deux autres zones du pays les plus affectées.

Le parlement espagnol a annoncé avoir repoussé d’une semaine sa prochaine séance plénière alors que l’un des dirigeants du parti d’extrême droite Vox, Javier Ortega-Smith, a été testé positif au coronavirus.

– Queues dans les supermarchés –

Dans ce contexte, les supermarchés ont été assaillis dans la région de Madrid par des habitants faisant des réserves.

« On est à bout, depuis hier soir, c’est massif », a confié à l’AFP, Clara Badena, une employée d’un supermarché Mercadona du nord de Madrid où certains rayons (conserves, papier toilette) étaient déjà à moitié vides.

Face à cette razzia, l’association représentant la grande distribution (ANGED) a assuré que l’approvisionnement des magasins était « garanti » et qu’il n’était « pas nécessaire de procéder à un stockage disproportionné » de denrées.

Le gouvernement espagnol a prévu de se réunir de nouveau jeudi pour analyser la situation et prendre de nouvelles mesures si nécessaire. Pedro Sanchez rencontrera lui ce jour-là les syndicats et les organisations patronales pour discuter d’un « plan d’urgence » économique sur lequel le gouvernement n’a donné aucun détail.

mg/pmr/sg

La vie brisée des femmes stérilisées à leur insu en Afrique du Sud

La terre s’est dérobée sous ses pieds il y a quatre ans, le jour où Bongekile Msibi, mère sud-africaine d’une adolescente de 15 ans, a appris la raison pour laquelle elle n’arrivait pas à avoir un deuxième enfant: elle n’avait plus d’utérus.

« Je ne comprenais pas ce que le médecin disait », se rappelle la mère de 32 ans, tentant de retenir ses larmes. « Comment était-ce possible ? J’avais un enfant, cela voulait dire que j’avais un utérus. »

Bongekile Msibi s’est alors lancée corps et âme dans une enquête pour comprendre l’inconcevable.

Ses investigations l’ont conduite naturellement à l’hôpital Chris Hani Baragwanath, un immense établissement public de Johannesburg où elle a donné naissance à sa fille en 2005.

Là, en 2016, un obstétricien lui a expliqué nonchalamment que son utérus avait été enlevé dans la foulée de son accouchement.

Bongekile Msibi fait partie des 48 femmes victimes de stérilisation forcée entre 2002 et 2015 en Afrique du Sud, selon une enquête publiée fin février.

Dans ce rapport accablant, la Commission pour l’égalité des sexes en Afrique du Sud (CGE) dénonce le « traitement cruel, barbare ou inhumain et dégradant » infligé à des femmes, toutes noires, au moment de leur accouchement par césarienne dans des hôpitaux publics du pays.

– « Ils se prennaient pour Dieu » –

La plupart étaient séropositives. Pas Bongekile Msibi. Mais elle avait 17 ans au moment de la naissance de son unique fille. Mineure, donc vulnérable.

Des personnels de santé « ont profité de la situation, ils se prennaient pour Dieu », dénonce la jeune femme dans un entretien accordé à l’AFP. « Ils se croyaient habilités à faire ce que bon leur semble, au moment où (…) on était allongée inerte ».

En 2016, l’obstétricien lui a affirmé que la stérilisation avait été décidée pour lui sauver la vie. Bongekile Msibi n’y croit pas.

Les lois sud-africaines interdisent la stérilisation de force, mais les médecins n’ont pas besoin de consentement du patient quand sa vie est en danger.

Dans la plupart des cas recensés par la CGE, raconte Tamara Mathebula, à la tête de cette commission, les professionnels de santé ont expliqué à leurs patientes que l’opération était nécessaire « parce que vous êtes séropositive, parce que vous avez la tuberculose, parce qu’on pense que vous avez trop d’enfants… et regardez-vous, vous êtes pauvre, on ne peut pas vous laisser continuer ».

Mais « ce ne sont pas des raisons pour (…) ligaturer des trompes ou enlever l’utérus », s’offusque Tamara Mathebula.

Des femmes auraient également été menacées de ne pas être soignées si elles ne signaient pas les documents autorisant l’opération irréversible, d’autres ont été contraintes de les signer dans des moments d' »extrême douleur », selon la CGE.

Mais pour Bongekile Msibi, il n’y a pas eu de consentement signé en 2005.

– Mutilée –

Déterminée à faire la lumière sur son infertilité, la consultante a engagé une longue bataille: elle a écrit aux autorités sanitaires, à des responsables politiques et organisé un sit-in.

Les autorités « manquent d’empathie. Elles sont totalement insensibles. Elles se comportent comme si elles venaient d’enlever un ongle et qu’il allait repousser », estime Bongekile Msibi, depuis son salon coquet d’une banlieue de Johannesburg.

« Je ne peux pas simplement m’asseoir et accepter de ne pas avoir d’utérus. Je ne sais même pas pourquoi », ajoute-t-elle, « j’ai ce sentiment de ne pas être entière ».

Après la publication du rapport de la CGE, le ministère de la Santé a accepté de rencontrer prochainement les plaignantes. Maigre consolation pour les victimes.

Sur ce sujet sensible, le ministère est peu loquace. « On attend une réponse de la CGE en vue d’un communiqué conjoint », balbutie sa porte-parole, Lwazi Manzi.

Les femmes stérilisées de force galèrent dans leur vie privée. Certaines ont été « abandonnées par leur mari car elles n’étaient plus utiles en termes de reproduction », explique Tamara Mathebula.

Peu après la découverte de son infertilité, Bongekile Msibi et son partenaire se sont séparés. « Il voulait des enfants, raconte la jeune femme. Je ne pouvais pas lui en donner ».

Le Michigan aux urnes, Biden espère creuser l’écart sur Sanders

Plusieurs millions d’Américains étaient appelés aux urnes mardi dans le Michigan et cinq autres Etats pour un nouveau rendez-vous des primaires démocrates qui pourrait permettre à Joe Bien de prendre un avantage décisif sur Bernie Sanders.

« Cela va être une MAUVAISE journée pour Bernie-le-dingue », a prédit Donald Trump qui suit avec attention, tweets moqueurs à l’appui, le processus qui désignera son adversaire pour l’élection du 3 novembre.

Fort de son spectaculaire rebond il y a une semaine et de sondages flatteurs, Joe Biden, 77 ans, ancien vice-président de Barack Obama, espère creuser son avance face au sénateur du Vermont, âgé lui de 78 ans.

Si son élan se concrétise, les primaires démocrates, largement éclipsées par l’épidémie du coronavirus, pourraient se décanter très rapidement.

Idaho, Mississippi, Missouri, Dakota du Nord, Washington: cinq autres Etats sont appelés aux urnes mais tous les yeux sont rivés vers le Michigan où Bernie Sanders où avait créé la surprise face à Hillary Clinton lors des primaires de 2016.

Au-delà des 125 délégués en jeu, le résultat dans cet Etat industriel de la région des Grands Lacs aura une forte dimension symbolique.

Si Bernie Sanders, qui prône une « révolution politique », parvient à renouveler l’exploit, il peut espérer se relancer. Mais si, comme le prédisent les sondages, il est vaincu dans cet Etat, il pourrait devoir dire adieu à ses rêves de Maison Blanche.

A Detroit, plus grande ville du Michigan, nombre d’électeurs avaient bravé le froid et la nuit pour se rendre tôt aux urnes lors de ce « Mini Tuesday », comme l’ont qualifié des médias américains en référence au « Super Tuesday » du 3 mars.

Cecilia Covington, artiste de 61 ans, première à voter dans l’école primaire de Chrysler, dans le centre de la ville, affichait un soutien sans faille à Biden.

« Nous devons chasser le 45e (président) du pouvoir », explique-t-elle à l’AFP, évoquant Donald Trump. « Je pense que Biden porte une vision et une promesse de rassemblement », ajoute-t-elle, se disant convaincue qu’il est le mieux placé dans le camp démocrate pour battre le milliardaire républicain.

– « Nouvelle génération de dirigeants » –

A l’exception d’Elizabeth Warren qui n’a pas fait connaître sa préférence, les anciens grands candidats se sont ralliés à l’ancien vice-président: Michael Bloomberg, Pete Buttigieg, Amy Klobuchar, Kamala Harris et Cory Booker.

Tous jugent qu’il est le plus à même de battre Donald Trump et appellent les démocrates au « rassemblement » pour éviter que le milliardaire républicain n’emporte un second mandat de quatre ans.

Le programme de gauche de Bernie Sanders, sur l’assurance maladie ou la gratuité des études, est perçu comme « révolutionnaire » aux Etats-Unis et l’establishment démocrate craint qu’il n’effraie les électeurs centristes.

A la veille du scrutin, « Bernie » et « Joe » ont sillonné le Michigan s’attachant à marquer leurs différences mais se gardant d’attaques trop frontales. L’un et l’autre se sont engagés à soutenir le vainqueur de la compétition contre Donald Trump, cible de leurs principales piques.

Conscient que son âge pouvait être un handicap, même si son adversaire est plus âgé que lui, Joe Biden s’est présenté comme un « pont » vers une nouvelle génération de dirigeants démocrates.

« Il y a une nouvelle génération de leaders que vous voyez derrière moi. Ils sont l’avenir de ce pays », a-t-il lancé en présence de Kamala Harris, Cory Booker et Gretchen Whitmer, la gouverneure du Michigan qui lui a apporté son soutien.

De son côté, Bernie Sanders, qui l’a remporté dans cet Etat face à Hillary Clinton lors de la primaire de 2016, a participé à une table-ronde sur le nouveau coronavirus, qui a contaminé plus de 600 personnes et fait au moins 26 morts aux Etats-Unis.

Epinglant les déclarations selon lui « stupides » du président sur le virus, il en a profité pour vanter ses promesses d’assurance maladie universelle qui donnerait à chaque Américain « un droit à la santé ».

Depuis le début de cette crise sanitaire, des écoles ont été fermées et de nombreux Américains placés en quarantaine, mais la campagne présidentielle n’a pas été affectée.

bur-jca/leo

Pakistan : « attaques coordonnées » contre la marche des femmes d’Islamabad, dénoncent ses organisatrices

Les organisatrices de la journée internationale des femmes d’Islamabad ont dénoncé mardi des « attaques coordonnées » d’islamistes contre la manifestation dimanche dans la capitale pakistanaise, qui avait été visée par des pierres, briques et autres bâtons.

« C’était une attaque coordonnée des forces patriarcales et de la droite (religieuse) contre le mouvement des femmes », a lancé Ismat Shahjahan, l’une des organisatrices de l’événement, lors d’une conférence de presse. « Nous demandons une enquête judiciaire indépendante », a-t-elle poursuivi.

La police d’Islamabad a ouvert dimanche soir une enquête contre 35 suspects, dont les organisateurs d’une contre-manifestation islamiste, pour avoir stimulé « les sentiments religieux » de leurs partisans afin qu’ils attaquent les participants de la Journée de la femme.

Ses organisatrices estiment toutefois que la police a volontairement minimisé la gravité de l’attaque qu’elles ont subi et minoré les chefs d’accusations retenus contre les suspects.

Une fine clôture, protégée par un mince cordon policier, avait été installée entre les deux rassemblements. D’un côté, de nombreux hommes et quelques femmes voilées proclamant leur « liberté de vivre selon la charia ».

De l’autre, une manifestation mixte et colorée réclamant plus de droits pour les femmes, dans un pays où les violences à leur encontre sont multiples. Les violences étaient survenues après plusieurs heures de coexistence de ces manifestations.

Les femmes se battent depuis des décennies pour leurs droits les plus élémentaires au Pakistan, où les violences commises contre elles sont « omniprésentes et insolubles », selon la Commission nationale des droits de l’homme.

Une grande partie de la société vit sous un code patriarcal permettant l’oppression des femmes qui tentent de s’en affranchir, en choisissant par exemple leur mari ou en travaillant hors de la maison.

Des centaines de Pakistanaises sont ainsi tuées chaque année, souvent par des proches, pour avoir insulté leur « honneur », selon des organisations de défense des droits de l’Homme.

Les opposants aux marches des femmes avaient tenté de les faire interdire, en vain, par la justice, à Islamabad et Lahore, la grande ville de l’Est, où des centaines d’entre elles se sont rassemblées dimanche.

Coronavirus: Trump veut soutenir l’économie et sauver sa campagne

Donald Trump veut rapidement déployer une série de mesures pour soutenir une économie menacée par les conséquences de l’épidémie du nouveau coronavirus et tenter ainsi de préserver l’un de ses principaux arguments de campagne dans la course à la Maison Blanche.

Ces mesures, censées être annoncées mardi, devraient viser les entreprises mais aussi les ménages. Elles seront « majeures » et « de grande ampleur », avait promis lundi le président américain, qui brigue un deuxième mandat à la tête de la première économie du monde.

Il avait alors évoqué des coupes dans les taxes salariales et une aide aux personnes payées à l’heure, reconnaissant que « le monde a été pris de court » par le coronavirus.

Sa fille et conseillère, Ivanka Trump, a dit mardi matin, sur son compte Twitter, que Donald Trump « s’engage à soutenir les travailleurs payés à l’heure et à rendre des prêts de crise accessibles aux petites entreprises. Une baisse des charges sociales est également sur la table ».

Beaucoup d’Américains ne pourront financièrement pas se permettre de cesser de travailler lors d’une éventuelle quarantaine, vu le peu de jours maladie dont ils disposent chaque année. Beaucoup de travailleurs sont par ailleurs payés à l’heure.

Le président américain « utilisera tous les outils à sa disposition pour protéger le travailleur américain », a souligné Ivanka Trump.

Le principal conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, avait indiqué vendredi que l’administration envisageait des mesures de relance « ciblées » pour aider les entreprises et les personnes les plus touchées, y compris celles qui seraient placées en quarantaine. Distribuer « un millier de dollars à tout le monde » n’aurait en revanche selon lui « pas d’effet à long terme sur la croissance économique ».

« Une réponse budgétaire est la plus appropriée face à la propagation du virus », a commenté pour l’AFP Rubeela Farooqi, chef économiste chez High Frequency Economics (HFE).

Pour elle, l’administration Trump peut envisager « des arrêts maladie payés ainsi qu’une réduction temporaire des charges sociales. Je pense également qu’il est d’important d’offrir un soutien ciblé aux petites entreprises » qui peuvent être « particulièrement vulnérables ».

– Mesures parlementaires –

Donald Trump a de nouveau tempêté mardi matin contre une Réserve fédérale qu’il juge « minable et lente », l’appelant à une nouvelle baisse des taux. La Fed a abaissé la semaine dernière ses taux en urgence, les maintenant toutefois plus élevés que ceux des autres pays, notamment européens.

Il doit par ailleurs recevoir mercredi à la Maison Blanche les patrons des principales grandes banques américaines, selon des sources bancaires à l’AFP.

L’épidémie de Covid-19 a fait plonger les marchés, Wall Street enregistrant lundi sa plus lourde dégringolade sur une séance en plus de 11 ans.

Mais démocrates et républicains devront arriver à se mettre d’accord, alors que les mesures présentées par le président devront être validées par le Congrès pour être adoptées, et que le temps presse.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a reconnu lundi soir que « de nouvelles mesures parlementaires (allaient) vite devenir nécessaires ».

Mais « compte tenu des informations selon lesquelles l’administration Trump envisage de nouvelles réductions d’impôts pour les grandes entreprises touchées par le coronavirus », elle a réitéré son appel à « prioriser la santé et la sécurité des travailleurs Américains sur les intérêts des entreprises ».

La dernière crise économique d’ampleur remonte à 2007, lorsque la bulle immobilière avait éclaté, entraînant les Etats-Unis dans une année et demi de récession, jusqu’en juillet 2009.

Le président George W. Bush avait alors annoncé un plan de relance de 152 milliards de dollars, pour favoriser la croissance et aider les ménages surendettés, via notamment l’envoi d’un chèque à 130 millions de ménages pour stimuler rapidement la consommation, mais les récipiendaires avaient préféré rembourser leurs dettes.

Un plan de sauvetage de la finance doté de 700 milliards de dollars avait été adopté en octobre 2008.

Et moins d’un mois après son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2009, Barack Obama avait lancé un nouveau plan de relance de 787 milliards de dollars, axé sur la consommation et l’immobilier, constitué d’allégements fiscaux et de dépenses publique.

Trouble au sein de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire

Les acteurs ivoiriens de la filière café-cacao rencontrent des difficultés en terme de finance. Particulièrement le Groupement des négociants ivoiriens (GNI), une organisation sérieusement menacé de faillite. En Côte d’Ivoire, le marché local de la transformation et de l’exportation de fèves de cacao est dominé par les multinationales. 

Près de 50% du cacao ivoirien est certifié durable, c’est à dire que la production du cacao ivoirien répond à des normes sociales et environnementales. De ce fait, ce type de cacao est vendu plus cher sur le marché par rapport au cacao ordinaire. Les grandes multinationales implantées en Cote d’Ivoire tels que Olam, Cargill et Barry-Callebaut achètent le cacao certifié à prix d’or. C’est ainsi que les grands chocolatiers Lindt, Mondelez, Ferrero ou Nestlé allouent des primes à ses grandes multinationales. La majorité de ses primes sont versées auprès des multinationales au détriment des producteurs.

L’inégalité des exportateurs sur le marché.

« Il est impossible pour un transformateur ou exportateur, quel qu’il soit, ivoirien ou international, d’acheter du cacao non certifié. S’il ne dispose pas de primes de cacao certifié « durable », car tous les intermédiaires imposent pour livrer du cacao ordinaire qu’on leur achète aussi du cacao certifié », explique Constance Kouamé, secrétaire générale du GNI (Groupement des négociants ivoiriens). Des signes révélateurs d’un gros malaise au sein de la filière cacao. Si rien est fait, les entreprises ivoiriennes de la filière café cacao fonce vers la faillite.

La mise en place d’un terrain d’entente.

Dans l’incapacité d’honorer leurs contrats d’exportation de cacao non certifié, le GNI, le CCC (Conseil Café Cacao) et le GEPEX qui représente les exportateurs internationaux  vont à la table de négociation. Ses négociations ont pour objectif l’équilibre du marché de l’exportation du cacao ivoirien. Comme préalable, le GNI demande « l’attribution annuelle aux transformateurs et exportateurs ivoiriens de 20% des volumes de cacao certifié durable.  Soit 200 000 tonnes par an sur le million de tonnes annuel de cacao certifié durable ».

Le GEPEX a affirmé auprès de Reuters qu’il souhaite de la part de la CCC des contrats d’exportations additionnels et  ne refuse pas de revendre le surplus aux autres exportateurs. Les chocolatiers favorisent et sous traitent avec les multinationales. Une situation que les négociants locaux souhaiterais voir changer dans la filière café cacao. Pour l’instant les négociations sont en cours.

La RDC a détecté un premier cas de coronavirus à Kinshasa

Un premier cas de nouveau coronavirus a été diagnostiqué en République démocratique du Congo (RDC) dans sa capitale Kinshasa.

En effet, annoncé ce mardi par le ministre de la Santé, Eteni Longondo, il s’agirait d’un citoyen Belge. Ce dernier présent depuis quelques jours en RDC, a subi tes tests qui se sont montrés positifs.

Selon le ministre, ce ressortissant a été placé en quarantaine et recherche également toutes les personnes ayant été en contact avec lui pour être isolé.

Par ailleurs, ce premier cas de coronavirus est annoncé alors que la RDC vient à peine d’en fini avec le virus Ebola.

Cependant, pour contrer une éventuelle propagation de l’épidémie, la RDC s’est dotée d’un plan stratégique national. Rappelons que c’est le deuxième cas en Afrique Centrale, après le Cameroun. Ainsi, le Covid-19 gagne du terrain en Afrique avec 11 pays infectés.

 

Chute des cours du pétrole: pour l’Algérie, « la situation est critique », estime un expert

L’effondrement des cours du pétrole rend la situation « critique » pour l’Algérie en raison de sa dépendance à la rente pétrolière, avertit le professeur Mourad Preure, un spécialiste algérien des hydrocarbures et ancien dirigeant du groupe public pétrolier Sonatrach.

Pour ce géopoliticien de l’énergie, la chute des prix de l’or noir rend « envisageables » les scénarios « les plus pessimistes » pour l’économie mondiale.

Q: Quel impact attendre de la chute des prix du pétrole sur l’économie algérienne?

R: « L’Algérie est excessivement exposée aux fluctuations du marché pétrolier du fait de la faible diversification de son économie.

L’impact sera très fort avec des recettes d’hydrocarbures déjà en deçà des besoins. Selon toute vraisemblance, ces recettes en 2020 vont se situer dans un créneau entre 34 milliards de dollars, soit leur niveau actuel, et plus ou moins 20 milliards de dollars, selon les évolutions possibles de la crise.

Dans tous les cas, la situation est critique. Elle impose, d’abord, un effort rigoureux d’anticipation des menaces mais aussi des opportunités, car toute crise recèle des opportunités ».

Q: Quelles sont ces opportunités et les solutions possibles pour l’Algérie?

R: « Il est clair que, parmi les priorités, figurent une puissante accélération des réformes économiques, une profonde modernisation de la gouvernance et une amélioration du climat des affaires.

L’Algérie, toutes proportions gardées, a les moyens, notamment financiers, et des avantages comparatifs naturels, pour surmonter cette crise.

Mais il lui faut une stratégie novatrice: diversifier l’économie et aller vers la transition énergétique ».

Q: Quelles sont les probabilités que l’effondrement des cours persiste, soit du fait de la crise du coronavirus, soit de la volonté de certains producteurs de dicter les règles du marché?

R: « Nous sommes face à un véritable choc baissier, plus grave encore qu’en 2014.

Ce choc survient dans un contexte exceptionnel. L’économie chinoise subit un sévère ralentissement qui a un effet déflagrant sur l’industrie pétrolière mondiale.

Dans ce contexte, où il y a une surabondance de l’offre (de pétrole) et où la demande ralentit, les scénarios les plus pessimistes sont envisageables.

Une diffusion plus large de l’épidémie pourrait même conduire à +un collapsus+ de l’économie mondiale. Nous sommes dans une situation de grande imprévisibilité.

De fait, le « consensus d’Alger » qui avait réuni en 2016 les pays de l’Opep et des pays non Opep, avec à leur tête la Russie, n’a pas résisté à cette crise.

En effet, le partage des sacrifices consécutifs à une baisse de la production pour soutenir les prix est différent, vu le niveau de vulnérabilité plus fort de l’Arabie saoudite et des autres membres de l’Opep par rapport à la Russie, dont l’économie est plus diversifiée et qui peut se suffire d’un baril à 42,4 dollars (ndlr: Moscou a basé ses prévisions budgétaires 2020 sur un baril de Brent à 42,4 dollars).

La guerre des prix engagée inconsidérément par l’Arabie Saoudite, comme chaque fois dans l’histoire, se conclura encore par un affaiblissement des pays producteurs. Et des niveaux de prix en dessous de 30 dollars le baril ne sont plus à exclure.

Certes, on peut anticiper un retour de la Russie à la table des négociations et un ralentissement de la production américaine. Mais les incertitudes, excessivement fortes, quant à l’évolution de l’économie mondiale, orientent les marchés qui tendent à surréagir aux crises, entraînant un +effet papillon+, vers un enchaînement chaotique qui risque fort d’être inédit dans l’Histoire ».

Burundi: six candidatures retenues pour la présidentielle de mai

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) du Burundi a validé six candidatures à l’élection présidentielle du 20 mai et en a rejeté quatre autres pour « dossiers incomplets », a annoncé mardi son président.

« Au total, dix candidats ont présenté des dossiers de candidature à l’élection présidentielle. (Ils) ont été soumis à une analyse approfondie sur la base principalement de la Constitution et du code électoral », a déclaré à Bujumbura le président de la Ceni, Pierre-Claver Kazihise.

Six candidats ont vu leurs « dossiers acceptés », a ajouté M. Kazihise. Parmi eux, se trouvent le général Evariste Ndayishimiye, candidat du parti CNDD-FDD au pouvoir, et Agathon Rwasa, candidat du Conseil national pour la liberté (CNL), le principal parti d’opposition.

Les candidatures de l’actuel premier vice-président Gaston Sindimwo, du parti Uprona dominé par la minorité tutsi, et de Léonce Ngendakumana, du Frodebu, le parti ayant remporté les premières élections démocratiques au Burundi en 1993, ont également été retenues.

Enfin, la Ceni a validé les candidatures de deux indépendants, Francis Rohero et Dieudonné Nahimana.

La commission n’a pas donné la raison du rejet des dossiers de l’ancien président de transition Domitien Ndayizeye, présenté par la coalition d’opposition Kira, de Jacques Bigirimana, candidat du parti FNL proche du pouvoir, d’Anicet Niyonkuru, candidat du parti d’opposition CPD récemment rentré d’exil, et de Valentin Kavakure, jeune candidat du petit parti FPN.

Ces quatre personnalités ont toutefois deux jours pour faire appel devant la Cour constitutionnelle. Le CDP d’Anicet Niyonkuru a déjà annoncé son intention de déposer ce recours.

La campagne pour la présidentielle aura lieu du 27 avril au 17 mai, selon un calendrier publié par la Ceni.

Le président Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, avait surpris en annonçant en juin 2018 qu’il ne se présenterait pas à sa succession en 2020, alors que la nouvelle Constitution modifiée par référendum le lui permettait.

L’annonce en avril 2015 de sa candidature à un troisième mandat avait plongé le Burundi dans un cycle de violences et de violations massives des droits humains qui ont fait 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes, selon les estimations de la Cour pénale internationale, laquelle a ouvert une enquête.