Maroc-Oman : Une convergence de vues sur nombre de questions arabes et régionales d’actualité

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, s’est entretenu mardi en visioconférence, avec son homologue omanais, Badr bin Hamad bin Hamood Albusaidi, et ce dans le cadre des relations fraternelles entre les deux pays et de leur tradition de consultation et de coordination politique.Au cours de cet entretien, les deux parties ont dressé l’état des lieux des relations entre les deux pays dans les différents domaines, lesquelles vivent au rythme d’une dynamique positive depuis la 5ème commission mixte que les deux ministres ont présidée en janvier 2019 à Mascate, indique un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères, parvenu à APA.

Elles ont également fait part de leur volonté de tenir la prochaine commission mixte au Maroc, dès l’amélioration de la situation sanitaire liée à la pandémie du nouveau coronavirus.

Plusieurs questions arabes et régionales d’actualité ont été passées en revue à l’occasion de cet entretien, à propos desquelles se dégage une convergence de vues, notant que les deux ministres ont souligné la vision que partage le Maroc et le Sultanat d’Oman sur la prééminence du dialogue et de l’entente pour régler les conflits dans la région arabe, de sorte à garantir la sécurité, la stabilité et l’intégrité territoriale des pays loin de toute division ou séparatisme.

A cette occasion, M. Bourita s’est félicité de la position constante du Sultanat d’Oman en soutien à la souveraineté du Maroc sur son Sahara et l’unité de ses territoires, et aux mesures prises par le Royaume pour défendre sa sécurité et sa souveraineté.

Il a également mis en avant le rôle prépondérant que ne cesse de jouer le Sultanat dans la région, grâce à la conduite éclairée du Sultan Haïtham Ben Tarek, ainsi que ses efforts visant à rapprocher les points de vue dans nombre de questions régionales et internationales.

Pour sa part, M. Albusaidi a hautement salué la sage politique du Roi Mohammed VI et son rôle pionnier dans la défense des questions arabes et islamiques, à leur tête la cause palestinienne et Al-Qods Acharif, comme terre de coexistence entre les religions monothéistes.

Covid-19 : l’Afrique atteint quatre millions de cas (CDC)

Le Centre africain de contrôle des maladies (CDC) a déclaré que le nombre de cas confirmés de Covid-19 en Afrique a atteint 4.350.512 à la date du lundi 12 avril.Le nombre de décès dus à la pandémie s’élève quant à lui 115.765, tandis que 3.906.408 patients à travers le continent se sont rétablis de la maladie.

L’Afrique du Sud, le Maroc, la Tunisie, l’Éthiopie et l’Égypte figurent parmi les pays africains les plus touchés par la pandémie, indique le CDC.

L’Afrique du Sud a enregistré 1.558.458 cas de Covid-19, soit le plus grand nombre de cas parmi les pays africains, suivie du Maroc avec 502.102 cas et de la Tunisie avec 271.861 cas, note-t-on.

Les pays africains ont reçu jusqu’à présent plus de 33,8 millions de doses de vaccin contre la Covid-19 provenant de différentes sources, principalement de l’initiative Covax et d’accords bilatéraux extérieurs.

Le CDC est une institution technique spécialisée de l’Union africaine qui soutient les États membres dans leurs efforts pour renforcer les systèmes de santé et améliorer la surveillance, la réponse aux urgences, la prévention et le contrôle des maladies.

Fake news : la révolution numérique mérite un encadrement (Président Sénat)

Le président du Sénat ivoirien, Jeannot Ahoussou-Kouadio, a soutenu mardi à Yamoussoukro en parlant des réseaux sociaux que cette « révolution numérique mérite un encadrement adéquat à bien d’égards quant à son usage », à l’ouverture solennelle de la session ordinaire 2021 de l’institution, en présence du Premier ministre, Patrick Achi.

Absent durant plusieurs mois pour raison de maladie, M. Ahoussou-Kouadio, a, dans son discours d’orientation, dit « merci » aux siens pour leur bienveillance dont il a été l’objet pendant « ces moments particulièrement difficiles ».

Le deuxième semestre de l’année 2020 a été « éprouvante pour moi; alors que je devrais séjourner en Europe que pour deux semaines, du 2 au 20 juillet 2020, j’ai été contraint de rester loin de mon pays à cause de la maladie », a-t-il ajouté.

Évoquant les réseaux sociaux, il a soutenu que « cette révolution numérique mérite un encadrement adéquat à bien d’égards quant à son usage ».  « Que de vies, que de carrières, que de familles brisées ou désagrégées par les fake news véhiculées par les réseaux sociaux », a-t-il déploré. 

De même, notera-t-il, des communautés entières ont été affectées par des fake news insidieusement distillées par des individus aux funestes desseins, cachés derrière leur écran d’ordinateur.

« Il est temps de mener une offensive tous azimuts contre ces manœuvres aux conséquences insoupçonnées pour nos familles et notre société en général », a-t-il affirmé.

Ce retour à l’hémicycle a lieu après les vacances parlementaires. Cette rentrée solennelle marque l’ouverture de la session ordinaire 2021.

M. Ahoussou-Kouadio a relevé que  « de 2018 à maintenant, trois années d’engagement et de labeurs », les résultats sont là, « palpables, visibles et concrets ».

Le Sénat a pris toute sa place dans l’écosystème du pays tel que prévu par la loi fondamentale, a-t-il déclaré, avant de féliciter la sénatrice Mariam Dao Gabala, désignée présidente du Comité de normalisation de la Fédération ivoirienne de football.

« Au cours de la session ordinaire qui s’annonce, le Sénat compte renforcer considérablement ses acquis au niveau de l’accomplissement de ses missions constitutionnelles », a-t-il souligné.

Concernant la décentralisation, il a salué l’annonce récente du chef de l’Etat relative à la mise en place prochaine des Districts avec des ministres-gouverneurs pour renforcer la décentralisation et l’action gouvernementale.

Cette année 2021, le Sénat portera par ailleurs une attention particulière à la situation de nos compatriotes établis hors de la Côte d’Ivoire, a annoncé M. Ahoussou-Kouadio.

Avec plus de 40 000 salles de classes et 323 collèges construits de 2014 à 2020, le Sénat voudrait constater avec « satisfaction que l’école est restée une des priorités absolues du gouvernement depuis 2011 », a-t-il fait observer.

Cependant, « il convient de mettre l’accent sur l’importance de la qualité des enseignants et des apprenants », a-t-il poursuivi, estimant qu’il y a lieu dans le cadre du transfert des compétences de confier la gestion des établissements scolaires aux communes et aux Conseils régionaux ».

Au demeurant, le président du Sénat a soutenu qu' »il faut reclasser les collectivités territoriales au cœur de l’école dans nos régions ».

Il a invité par conséquent l’ensemble des Sénateurs, des conseillers municipaux et régionaux à redoubler de vigilance quant aux décisions de l’Assemblée locale relatives à l’école.

« Nous devons également demeurer attentifs au fonctionnement de notre systèmes de santé », a-t-il déclaré, mentionnant que « depuis 2011, 271 établissements sanitaires de premier contact ont été construits ».

En outre, « 317 autres établissements ont été réhabilités, 35 hôpitaux généraux et 11 centres hospitaliers régionaux ont été également réhabilités ». Des actions, selon lui, qui permettent de contenir la pandémie de la Covid-19.

L’ouverture solennelle de la session ordinaire de l’Assemblée nationale, elle, a eu lieu le 1er avril 2021. Elle marque la rentrée parlementaire de la législature 2021-2025. 

L’IFC accompagne l’OCP pour l’obtention de la certification de promotion de la diversité des genres

Le Groupe OCP, leader mondial sur le marché des engrais phosphatés, s’associe à la Société Financière Internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque Mondiale, pour l’accompagner dans l’obtention de cette certification visant à promouvoir la diversité des genres au profit de ses collaboratrices et collaborateurs.Dans le cadre de cet accord, IFC va accompagner le Groupe OCP pour obtenir la certification EDGE (Economic Dividends for Gender Equality), principale norme au monde évaluant la performance des entreprises en matière d’égalité des genres et de création d’opportunités de carrière égales entre les hommes et les femmes, indique mardi un communiqué de l’OCP.

OCP serait la première entreprise marocaine à obtenir cette certification, qui viendra appuyer son engagement visant à faire évoluer les pratiques et promouvoir l’égalité des chances et opportunités de carrière non seulement au sein de cette entreprise, mais aussi dans son écosystème et auprès de ses communautés, au Maroc et, plus largement, en Afrique.

Lancé en 2011 lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial, le programme EDGE travaille aujourd’hui avec 200 grandes organisations réparties dans 44 pays, représentant une trentaine d’industries différentes et plus de 2,4 millions d’employés.

Avec plus de 20.000 collaborateurs de plusieurs nationalités, et un chiffre

d’affaires de près de 6 milliards de dollars en 2020, le Groupe OCP se positionne à l’avant-garde en matière d’initiatives visant à renforcer son adhésion aux Objectifs de Développement Durable (ODD) mis en place par les Nations Unies, notamment pour contribuer à répondre aux défis mondiaux liés aux Droits Humains et à la prospérité.

« Ce projet confirme notre volonté de s’inscrire dans une démarche axée sur des résultats, il s’agit ici d’une première pierre qui va accélérer la performance du Groupe dans la promotion de l’inclusion des genres et la diversité en tant que leviers de notre transformation. Cette certification permettra de mesurer l’amélioration sensible de nos indicateurs sur cet axe. » déclare Nadia Fassi Fehri, Chief Transformation Officer du Groupe OCP, cité par le communiqué.

Le processus de certification EDGE du Groupe OCP, accompagné par IFC, vise plus largement à contribuer à renforcer la participation des femmes sur le marché du travail au Maroc, et en Afrique, ce qui sera d’autant plus essentiel dans un contexte de reprise économique post-COVID-19.

Il s’inscrit dans la dynamique mise en place par le Groupe depuis plusieurs années, qui pense la diversité comme un vecteur de croissance durable et un pilier pour son ambition stratégique, et dont les résultats se concrétisent : depuis 2013, la population des cadres femmes est passée de 23 % en 2013 à 34 % aujourd’hui.

Suspension de la grève des écoles privées de Côte d’Ivoire

La Conférence des présidents des associations de fondateurs d’établissements scolaires privés laïcs et confessionnels de Côte d’Ivoire (CPAFESP) a décidé, mardi, de suspendre son mot d’ordre de fermeture des établissements scolaires privés qui devrait rentrer en vigueur ce mercredi 14 avril.

Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion extraordinaire tenue au siège de la Fédération nationale des établissements privés laïcs d’enseignement et de formation de Côte d’Ivoire (FENEPLACI).

 Dans la déclaration sanctionnant cette réunion et signée par les présidents de la dizaine d’organisations membres de la CPAFESP, les fondateurs expliquent avoir pris cette décision de suspension « en attendant l’issue des négociations avec les ministres de tutelle ».

La nouvelle ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, Pr Mariatou Koné a décidé de rencontrer les présidents des associations le lundi 19 avril 2021.  

La Conférence, ajoute le communiqué, « invite les fondateurs à rester mobiliser et à l’écoute de la conférence des présidents des associations de fondateurs d’établissements scolaires privés laïcs et confessionnels de Côte d’Ivoire» .

Les fondateurs avaient annoncé fin mars dernier de débrayer à partir du 14 avril 2021 pour réclamer notamment le paiement intégral des restes à payer des sommes inscrites sur le budget 2020 et sur les décisions financières de l’année scolaire 2019-2020 pour un montant total de plus de 50 milliards FCFA. 

Présidentielle béninoise : Talon réélu au premier tour

Emmanuel Tiando, président de la Commission électorale nationale autonome (Cena), a annoncé ce mardi 13 avril la victoire du chef de l’Etat sortant avec 86,37 % des voix.Patrice Talon et sa colistière Mariam Chabi Talata ont écrasé la concurrence en récoltant 1.984.832 voix. Elu président en 2016, l’ancien homme d’affaires obtient un deuxième mandat de cinq ans.

Il devance largement Alassane Soumanou et Paul Hounkpè, candidats de Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE). Ces derniers ont recueilli 259.612 voix, soit 11,29 % des suffrages.

Le duo de Restaurer La Confiance (RLC), Corentin Kohoué et Iréné Josias Agossa, est arrivé en dernière position avec 53.957 voix, soit 2,35 %.

Avant de publier les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 11 avril dernier, la plénière de la Cena a compilé, selon Emmanuel Tiando, les « résultats transmis par les coordonnateurs d’arrondissements et les coordonnateurs extérieurs ».

Le taux de participation au scrutin est de 50, 17 %. Tous les Béninois inscrits sur les listes électorales n’ont pu se rendre dans leurs lieux de vote « en raison des barrages des voies d’accès observés dans 13 arrondissements » du pays.

Sur les 4.958.850 électeurs initiaux, il n’en restait que 4.802.303. Au final, 2.409.409 citoyens ont accompli leur devoir civique. Et il y a eu 111.008 bulletins nuls. De ce fait, 2.298.401 suffrages ont valablement été exprimés.

La diaspora béninoise a participé à ce rendez-vous électoral puisque des bureaux ont été ouverts dans sept pays : Nigeria, Côte d’Ivoire, Sénégal, Gabon, Congo, France et Etats-Unis. Les résultats définitifs de l’élection présidentielle seront prononcés par la Cour constitutionnelle.

Covid-19 : l’Afrique doit fabriquer ses vaccins (Ramaphosa)

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa estime que le continent africain doit produire ses propres vaccins contre la Covid619.Bien que l’Afrique ait beaucoup mieux relevé les défis posés par la pandémie que les autres régions du monde, le continent doit développer les compétences et la capacité de fabriquer ses propres vaccins pour les futures pandémies, soutient Ramaphosa.

Le dirigeant sud-africain lors de son intervention à la conférence virtuelle de deux jours du Centre africain de contrôle des maladies (CDC) sur la fabrication de vaccins. La rencontre s’est ouverte depuis hier lundi.

Ramaphosa a déclaré que l’Afrique a le talent et la volonté de pouvoir fabriquer des vaccins, mais que les ressources restent un défi.

« Ce problème pourrait toutefois être résolu en nouant des alliances avec des investisseurs d’autres pays, comme l’Inde et le Brésil, qui sont à l’avant-garde de la fabrication de médicaments génériques grâce à leurs industries pharmaceutiques bien établies », a-t-il dit.

Selon lui, l’Inde et le Brésil « pourraient offrir une expertise technologique, des financements et des investissements », ajoutant : « Nous aurons également besoin d’un renforcement des capacités sous la forme d’un transfert de compétences et de connaissances pour nous assurer que nous pouvons soutenir la fabrication locale ».

Selon les derniers chiffres du CDC Afrique, le continent africain a été la région la moins touchée par la pandémie, avec 4,35 millions de cas et 115.000 décès parmi sa population de 1,2 milliard d’habitants, essentiellement jeune. Mais la lenteur des vaccinations a été imputée à l’insuffisance des stocks, au manque de financements et aux problèmes logistiques.

M. Ramaphosa, dont le pays est le plus touché par la pandémie en Afrique, a récemment reproché aux pays développés de s’accaparer les vaccins, prévenant que « l’apartheid des vaccins doit prendre fin ».

Côte d’Ivoire: le Cheick Aïma Mamadou Traoré inhumé jeudi à Williamsville

Le président du Conseil supérieur des imams, des mosquées et des affaires islamiques (COSIM), Cheick Aïma Mamadou Traoré, qui est décédé ce mardi dans la capitale économique ivoirienne, sera inhumé jeudi prochain au cimetière de Williamsville dans le centre d’Abidjan, a appris APA de source officielle.

Selon le programme officiel de ses obsèques rapporté par le COSIM, la présentation des condoléances se fera du 14 au 17 avril prochain à la grande mosquée de la Riviera Golf dans l’Est d’Abidjan où officiait l’illustre disparu en tant qu’imam principal.

Quant à la cérémonie de septième jour, elle est prévue lundi prochain dans l’enceinte de la même mosquée. gé de 77 ans, le Cheick Aïma Mamadou Traoré qui était le guide de la communauté musulmane en Côte d’Ivoire, avait succédé à feu Cheick Aïma Boikary Fofana le 29 mai dernier après le décès de ce dernier.

Son décès intervient moins d’un an après celui de son prédécesseur et coïncide avec le premier jour du jeûne du mois de ramadan. Cadre de banque à la retraite, le Cheick Aïma Mamadou Traoré était marié et père de cinq enfants.

Décès de Cheick Mamadou Traoré: «La Côte d’Ivoire perd un artisan de paix» (Ouattara)

Avec la disparition du président du Conseil supérieur des imams, des mosquées et des affaires islamiques (COSIM), Cheick Aïma Mamadou Traoré, la Côte d’Ivoire perd «un artisan de paix et de dialogue», a estimé mardi dans un message, le président ivoirien Alassane Ouattara.

« C’est avec une très grande tristesse que j’ai appris le décès de mon ami et frère, Son Eminence le Cheick Aïma Mamadou Traoré… Avec la disparition du Cheick Aïma Mamadou Traoré, la communauté musulmane perd un guide et la Côte d’Ivoire, un artisan de paix et de dialogue », a écrit M. Ouattara sur son compte officiel Facebook.

C’est le 29 mai dernier que le Cheick Aïma Mamadou Traoré a succédé  à Cheick Aïma Boikary Fofana à la présidence du COSIM suite au décès de celui-ci. Il est décédé ce mardi à Abidjan à l’âge de 77 ans.

Mali : assassinat du chef des ex-rebelles de la CMA

Le chef de la coordination des ex-rebelles du nord a été assassiné à Bamako. Un coup dur pour le processus de paix au Mali.C’est une mort qui risque de peser lourd sur le processus de paix en cours au Mali. Sidi Brahim Ould Sidati, président en exercice de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), a été assassiné aujourd’hui, mardi 13 avril, devant son domicile à Bamako.

« Nous venons de perdre notre président Sidi Brahim Ould Sidati assassiné ce matin à Bamako », a annoncé sur les réseaux sociaux Almou Ag Mohamed, porte-parole de la CMA, une alliance des principaux groupes armés autonomistes arabes et indépendantistes touaregs qui s’étaient insurgés en 2012 contre le gouvernement malien avant de conclure avec lui un accord de paix négocié à Alger puis signé à Bamako en 2015.

Au nom de la CMA, Sidi Brahim Ould Sidati, la soixantaine, avait signé cet accord paraphé à la fois par le gouvernement malien et une coalition de groupes armés loyalistes organisés dans le cadre d’une Plateforme réunissant divers mouvements menés par un ancien rebelle touareg devenu général de l’armée régulière, El Hadji Ag Hammou.

Cet accord, considéré par la communauté internationale comme la meilleure voie de sortie de crise au Mali, peine à être entièrement appliqué par les différentes parties signataires, alors qu’il est fortement malmené sur le terrain par les groupes jihadistes. Brièvement alliés aux rebelles nationalistes touaregs au moment du déclenchement de la rébellion en 2012, ces islamistes armés s’étaient alors vite retournés contre eux, avant de les chasser des principales villes occupées à l’époque.

Aujourd’hui, toujours très actifs dans le nord du Mali, les jihadistes ont largement étendu leur champ d’action dans le reste du pays, comme au centre, mais aussi dans les pays voisins comme le Niger ou le Burkina Faso. Les 5000 soldats de la force française Barkhane, aidés par l’armée malienne et plus de 12000 Casques bleus onusiens, ne parviennent pas à endiguer ces insurgés islamistes, alors que le conflit a déjà fait des milliers de morts et blessés et des centaines de milliers de déplacés et réfugiés.

Ancien maire de la commune de Ber, petite localité située dans la région de Tombouctou, Sidi Brahim Ould Sidati était l’une des principales figures du Mouvement arabe de l’Azawad, (MAA), une organisation politico-militaire créée au lendemain de l’insurrection lancée en 2012 par les touaregs du Mouvement national de Libération de l’Azawad.

Basé essentiellement dans la région de Tombouctou, le MAA est membre fondateur de la CMA, la coordination des groupes armés du nord mise sur pied à la veille du démarrage à partir de 2013 des négociations de paix, sous les auspices de la communauté internationale menée par la France et l’Algérie, entre Bamako et les anciens rebelles et alliés.

L’assassinat du chef de la CMA intervient dans un contexte malien d’une extrême fragilité. Une transition politique initiée par la junte qui a pris le pouvoir à Bamako en août dernier, après avoir renversé le président controversé Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), est censée conduire dans les prochains mois à des élections qui devraient déboucher sur un retour du pouvoir entre les mains de civils à Bamako.

Sidi Brahim Ould Sidati « fut un acteur important du processus de paix », a déclaré le Premier ministre de la transition, Moctar Ouane qui devait recevoir dans la journée le leader nordiste pour évoquer le processus de paix en cours au Mali.

Evoquant un « acte abominable », le chef du gouvernement malien qui s’est exprimé sur les réseaux sociaux a fait part de sa « stupeur » et promis une enquête pour identifier et juger les assassins.

Le chef de la Mission des Nations unies au Mali (Minsuma), le Tchadien Mahamat Saleh Annadif, s’est dit, lui aussi, « outré » par l’assassinat du leader de la CMA qui « faisait partie de ces Maliens qui croient et œuvrent réellement pour la paix et l’unité du Mali », selon ses propres mots.

Selon les spécialistes du Mali et des mouvements issus de l’ancienne rébellion, la mort du chef de la CMA est très vraisemblablement commanditée. Est-ce une action des jihadistes du Jnim, liés à Al-Qaïda, destinée à faire payer à Ould Sidati son engagement dans le processus de paix avec Bamako ? Est-ce le résultat d’un différend au sein de la CMA ? Sinon est-ce un règlement de compte intertribal issu d’un de ces antiques et insolubles conflits qui minent depuis toujours les communautés arabes de la région de Tombouctou dont Ould Sidati est originaire ?