Maroc : Régression de 29% des accidents mortels durant les 5 premiers mois de 2020

Les accidents mortels au Maroc ont régressé de 29% durant les 5 premiers mois de 2020 par rapport à la même période de l’année précédente, selon les données fournies par l’agence marocaine de la sécurité routière (NARSA).

 Ainsi, le nombre des tués a baissé de 32,74% pour s’établir à 873. Les accidents mortels, qui se sont chiffrés à 802, ont diminué de 29,28%.

Pour leur part, les accidents corporels ont subi une diminution de 30,79%, soit 28.394. A noter que la plus forte baisse (- 36,89%) a été enregistrée au niveau des blessés graves qui se sont établis à 2.073.

Quant aux blessés légers, leur nombre a diminué de 32,85% en s’établissant à 36.864.

Durant le mois de mai 2020, les principaux indicateurs de la sécurité routière ont baissé de manière drastique, précise NARSA, soulignant que le nombre de tués qui s’est chiffré à 135 a régressé de 43,98% au mois de mai 2020 en comparaison avec les données du mois de mai 2019.

Il en va de même pour les accidents mortels qui ont enregistré une diminution de 40,19% en s’établissant à 128. Cette chute spectaculaire de la mortalité routière s’explique par la mise en place des mesures de confinement sanitaire à partir du 20 mars 2020, avec une réduction de la mobilité des personnes au strict minimum, ce qui a entraîné une forte diminution des risques routiers.

L’analyse des statistiques provisoires du mois de mai 2020 comparées à celles d’avril 2019 fait ressortir une diminution de 61,97% des accidents corporels qui se sont établis à 3.281. 

Pour leur part, les blessés graves ont régressé de 56,60% en se chiffrant à 286. Il en va de même pour les blessés légers qui ont baissé de 65,22% en se chiffrant à 4.039.

Présidence à la FIF : Didier Drogba abandonné par l’association des joueurs de la Côte d’ivoire

Candidat à la présidence de la FIF, Didier Drogba n’ a pas obtenu le soutien de l’Association des joueurs de la Côte d’ivoire. Une situation qui remet vivement en cause sa candidature.

En effet, l’élection de l’ancien capitaine des éléphants à la tête de la FIF est compromise par ce coup dur. Ce dernier n’a pas reçu le parrainage de l’Association des footballeurs ivoiriens (AFI), comme il l’espérait. En outre, l’AFI a décidé d’accorder son parrainage à Idriss Diallo à la majorité des membres.

Par ailleurs, cette décision montre qu’Idriss Diallo, actuel vice-président de la Fif, est soutenu par les anciens internationaux. Tel que Bonaventure Kalou, Cyril Domoraud ou Ahmed Ouattara. Selon le secrétaire général de l’AFI, l’ancien joueur Aruna Dindane, qui a indiqué que ce choix rejoint la recommandation faite par deux tiers des délégués à l’issue de la réunion de vendredi dernier.

Toutefois, rappelons que les frères Yaya et Kolo Touré avaient apporté leur soutien à Drogba. Mais vu le déroulement des évènements, ces derniers s’inquiètent de la situation actuelle. Ils n’arrivent pas à comprennent pourquoi le parrainage de l’AFI n’a pas été attribué à Didier Drogba.

Cependant, sur les 5 groupements pouvant parrainer un candidat, 4 ont déjà fait leur choix. Il ne reste que l’Amicale des médecins, qui n’a pas encore donné son parrainage. Ainsi, il ne reste qu’une chance à Didier Drogba de rester dans la compétition.

À l’issue du choix ce dernier parrainage, Drogba saura s’il renoncera, patientera quatre ans de plus ou s’alliera à un des camps rivaux.

Somalie: incertitudes sur l’organisation des prochaines élections

Les élections historiques de la Somalie initialement prévues entre fin 2020 et début 2021 pourraient être reportées, ont annoncé les présidents régionaux du pays.Réunis à Dhusamareb, la capitale de l’Etat de Galmudug , ces présidents de régions ont convenu que le pays n’est pas encore prêt à tenir des élections cruciales qui devraient permettre aux Somaliens d’élire leur président et leurs représentants au prochain parlement.

Selon eux, la situation en Somalie exige un pragmatisme qui rend la tenue d’élections indirectes plus pratique que le vote individuel envisagé pour tous les Somaliens éligibles.

Ainsi, une déclaration issue de la réunion a exclu la tenue d’un scrutin dans lequel les citoyens éligibles votent directement pour élire des représentants au Parlement fédéral en octobre prochain et le prochain président en février 2021.

Ce serait de la première élection de ce type en Somalie depuis cinquante ans, mais les présidents régionaux ont conclu que la tenue d’un tel scrutin serait impossible compte tenu du manque de temps.

Au cours des discussions, certains se sont prononcés en faveur du retour à l’ancien système d’organisation des élections en invitant les anciens du clan à désigner des délégués.

Le président fédéral Mohamed Farmaajo et son Premier ministre ont été invités à envisager une alternative à la tenue d’élections directes.

Halima Ismail, la présidente de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), a récemment mis en doute la volonté du pays de tenir des élections en déclarant que la CENI n’avait pas les moyens financiers, la législation et le soutien politique nécessaires à cette fin.

L’ivoire Golf Club : Des riverains protestent contre un morcellement de l’espace

Le mardi 14 juillet 2020, des riverains ont protesté contre la construction d’une route qui réduira l’utilisation d’une grande partie du parcours de l’ivoire golf club.

En effet, le déguerpissement d’une partie du parcours de golf a été annoncé par le ministère de l’entretien routier. Par ailleurs, cette action a été découverte ces derniers jours, avec le plantage de piquets symbolisant le tracé de la construction d’une route.

Selon le président Koffi Emmanuel, cette dernière incursion s’est faite sans la consultation des membres de l’Ivoire Club. Celle-ci elle n’a fait état d’aucune enquête d’impact environnemental. Et ce, sans considérer l’impact sur la vie des riverains des villages d’Anono et de M’Pouto.

En outre, notons que même si cette voie réduira considérablement l’utilisation d’une grande partie du parcours de Golf. Elle conduira également à la perte d’emplois de nombreuses personnes dans ce milieu.

Cependant, face à cette décision du ministère, les riverains, écologistes et amoureux du golf se sont fortement opposés. Pour ce faire, une pétition a été lancée par le président de la fédération de Golf en Côte d’ivoire.

« Nous, écologistes, riverains de Cocody, autochtones des villages de M’Pouto et d’Anono, sportifs passionnés nous nous alarmons de cette exploitation et du morcellement de cet espace de respiration créé par Félix Houphouët Boigny à l’instar de la forêt du Banco et du Jardin botanique de Bingerville. » Déclara, Emmanuel Koffi.

Ce dernier a ajouté dans la lettre de pétition, qu’ils protesteront avec énergie contre ce projet. Aussi, en demandant la préservation de ce patrimoine qui leur est cher.

Toutefois, rappelons que le golf d’Abidjan est le dernier parcours à exister en Côte d’ivoire au détriment de plusieurs sites. Notamment, Bouaké, Dimbokro et Yamoussoukro.

Les rapports de l’IGE toujours au menu des quotidiens sénégalais

Les quotidiens sénégalais, parvenus ce mercredi à APA, continuent de traiter les rapports de l’Inspection générale d’Etat publiés en début de semaine, aux côtés d’autres sujets.« Ces autres +cafards+ débusqués des tiroirs de l’Etat », affiche L’Observateur soulignant qu’« Ils (les rapports de l’Ige) ne sont pas à vider en deux coups de cuiller à pot. (Car) quelle que soit l’expoitation qu’on en fait, il restera toujours à piocher dans les rapports de l’Ige sur la gouvernance et la reddition des comptes au Sénégal, sur la période 2016-2019. Tellement le crime financier est énorme et le modus ingénieux ». 

Après le premiers jet de « cafards » publié hier, le journal revient sur ce qu’il qualifie d’« autres +meurtres+ perpétrés contre l’argent public et signale qu’au ministère de l’Education nationale « Les dossiers d’appels d’offres (ont été) vendus et l’argent +détourné+ dans un compte secret ». 

A l’hopital Principal de Dakar, L’Observateur révèle qu’« Un écart de plus d’un milliards FCfa (a été noté) dans les acquisitions). A l’Entente Cadak-Car et Union de gestion des déchets (UCG), « Un compte bancaire parallèle (a été) ouvert, 8 employés (y) retirent 780 millions de FCfa », ajoute le journal. Ce dernier note par ailleurs les manquements dans la gestion des municipalités et pointe du doigt « Les libertés des maires sur les voitures de fonction et le carburant ».

Sous le titre « La face cachée des prisons », WalQuotidien revient sur le « surpeuplement, les mauvaises conditions de détention, les logements indus… » que dénoncent les rapports de l’Inspection générale d’Etat et le journal Vox Populi qui soutient que « Les prisons s’enferment dans leurs errements ». WalfQuotidien fait, en outre, état du « folklore qui dérange » les vérificateurs de l’Etat à l’occasion des cérémonies de passation de services. 

EnQuête consacre également sa parution du jour aux rapports de l’Ige en mettant le focus sur le Sommet de la Francophonie organisé en 2015 et la construction du Centre international de conférence Abdou Diouf (CICAD) et arbore ce titre : « Emblèmes de la mal gouvernance ». 

« Abdoulaye Wade avait son Fesman. Macky Sall tient son triste Sommet de la Francophonie. Et le plus cocasse, c’est que le maitre d’œuvre de cette machine à enfreindre la législation n’est autre que Jacques Habib Sy, un des chantres de la transparence au Sénégal. L’homme ne s’est pas contenté d’attribuer à tout-va des marchés par entente directe. Une lecture approfondie du rapport 2017 de l’Inspection générale d’Etat (Ige) laisse paraitre une véritable bamboula à la Délégation générale à la Francophonie qu’il avait l’honneur de diriger de 2012 à 2015 », écrivent nos confrères. 

Ces derniers, en scrutant les rapports de l’Ige, montrent en plus « comment l’Etat a enrichi Richard Attias (époux de l’ancienne première dame française Cécilia Sarkozy) en renonçant même parfois à des offres gratuites de services de la part de pays partenaires ». 

S’agissant de la gestion du Fonds d’aide aux artistes et au développement de la culture, L’AS quotidien signale que là également « L’Ige décèle de graves micmacs ». « En effet, précise le journal, l’exploitation des relevés des opérations du compte de dépôt du Fonds (…) ouvert au Trésor a permis de découvrir plusieurs situations caractéristiques d’une utilisation inadéquate des ressources financières ». 

Sur un tout autre sujet, le même journal revient sur le bras de fer entre le patron de la Sedima Babacar Ngom et les populations de Ndengler autour du foncier et informe que « Aly Ngouille Ndiaye, le ministre de l’Intérieur, tente de désamorcer la bombe ». 

Le Quotidien accorde quant à lui un entretien au ministre de l’Environnement, Abdou Karim Sall, et affiche « AKS braise la polémique ». Celle-ci portait sur un transfert de quelques gazelles oryx d’un parc national vers la ferme privée du ministre. Une opération au cours de laquelle un des animaux a trouvé la mort. Ce qui avait provoqué l’indignation de plusieurs Sénégalais. 

Dans les colonnes du journal, le ministre déplore le fait que les gens aient « parlé de ce sujet parfois avec beaucoup d’émotions » et clôt le débat en ces termes : « J’en ai terminé sur ce sujet… C’est de la politique politicienne… ». 

Le quotidien national Le Soleil revient pour sa part sur les obsèques du Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly, hier à Abidjan, et informe que « Macky Sall a partagé le deuil des Ivoiriens ». 

Vox Populi s’intéresse de son côté sur l’impact de la Covid-19 sur le plus grand marché hebdomadaire d’Afrique de l’Ouest et affirme que « Diaobé perd 5 milliards en 8 semaines ».

En sport, le quotidien spécialisé Stades met le focus sur le « choc des étoiles africaines ce soir » qui aura lieu lors de la rencontre entre Arsenal et Liverpool, deux clubs de la Premier Ligue anglaise, et informe que le trio Mané-Salah-Keïta (sociétaires de Liverpool) feront face au duo Aubameyang-Pépé d’Arsenal.

Côte d’ivoire : La démission de Kablan Duncan suscite de l’inquiétude dans le camp FPI

Le front populaire ivoirien (FPI) a évoqué ses différentes inquiétudes concernant la démission du vice-président de la république Kablan Duncan.

En effet, le départ de ce dernier, a soulevé plusieurs interrogations de la part des uns et des autres. Notamment, sur la situation actuelle du gouvernement ivoirien.

Pour ce faire, le FPI a voulu attirer l’attention de la population ivoirienne sur les différentes démissions au sein du gouvernement qui laisserait présager une crise de confiance au sommet de l’État. Sans pour autant, écarter une possible crise institutionnelle.

Par ailleurs, le FPI a indiqué que ces absences des membres du gouvernement fragiliseront forcément la réalisation de l’offre politique. Selon le camp Affi, la démission de Duncan pour convenance personnelle, suscite beaucoup d’interrogations voire de sérieuses inquiétudes. Et ce, à quelques mois de l’élection présidentielle d’octobre 2020.

Toutefois, le FPI a insisté sur la nécessité de prendre toutes les dispositions pour que la présidentielle se tienne à la date indiquée. Plus particulièrement en accord avec la Constitution.

Cependant, à en croire Issiaka Sangaré, secrétaire général du FPI, l’arrivée de nouvelles autorités légitimes, pourra assurer une gouvernance sereine aux ivoiriens.

Examens de l’enseignement technique ivoirien: début des épreuves orales et pratiques avec 17 084 candidats

Quelque 17 084 candidats dont 7891 filles répartis dans 52 centres sur l’ensemble du territoire ivoirien, ont débuté mardi les épreuves orales et pratiques des examens à grand tirage 2020 de l’enseignement technique et de la formation professionnelle en Côte d’Ivoire, a-t-on appris sur place dans la capitale économique ivoirienne.Selon une note d’information transmise à APA,  ces épreuves ont été officiellement lancées au Lycée professionnel de Jacqueville (située à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest d’Abidjan) par Djedj Mel, le directeur de cabinet du secrétaire d’État chargé de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, Dr Brice Kouassi.

 Ce dernier a exhorté les candidats à donner « le meilleur d’eux-mêmes » pendant ces examens. Ce sont 17 084 candidats qui prennent part à ces épreuves orales et  pratiques qui s’achèveront le 17 juillet prochain. Quant aux épreuves écrites, elles sont prévues du 21 au 24 juillet prochain. 

Mardi dernier, dans le cadre de la session 2020 de ces examens de l’enseignement technique ivoirien, 16 473 candidats ont pris part aux épreuves physiques et sportives (EPS).

Maroc : Report de toutes les activités et cérémonies prévues à l’occasion de la fête du trône

Prenant en considération les mesures préventives prises dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, déclaré pour lutter contre la propagation du Covid-19, les activités, festivités et cérémonies prévues à l’occasion de la célébration du 21ème anniversaire de l’intronisation du Roi Mohammed VI, ont été reportées, indique mardi un communiqué de la maison royale, du protocole et de la chancellerie.Dans ce cadre, il a été décidé de reporter la cérémonie de réception que préside le souverain à cette occasion, ainsi que la cérémonie de prestation de serment des nouveaux lauréats des différentes écoles et instituts militaires, paramilitaires et civils.

Il a également été décidé de reporter la cérémonie d’allégeance, ainsi que la retraite au flambeau organisée par la garde royale et tous les défilés et manifestations auxquels assistent un grand nombre de citoyens.

Le Roi adressera un discours au peuple, qui sera diffusé sur les ondes de la radio et à la télévision le 29 juillet à 21h. Il présidera également, à titre symbolique, une réception le 30 juillet 2020, précise la même source.

Af’Sud : 600 pilotes bloquent le démantèlement de South African Airways

-Le gouvernement sud-africain a exhorté mardi 600 pilotes de la compagnie South African Airways à accepter les indemnités de départ que le Plan de sauvetage des entreprises (BRS) leur a proposées.Les mêmes propositions ont été aussi faites à d’autres travailleurs avant que la compagnie aérienne ne soit démantelée pour former une nouvelle entité.

 Le ministère des Entreprises publiques a chargé le BRS de sauver de la faillite SAA à court de liquidités afin de sauver les emplois des quelque 4 700 membres du personnel, dont les 600 pilotes.

 Si les autres représentants des travailleurs ont accepté les indemnités de départ volontaire, le syndicat des pilotes ne l’a pas fait et réclamait des indemnités de départ volontaire plus élevées pour se séparer de la compagnie aérienne. 

Selon le gouvernement, le syndicat des pilotes a également demandé le maintien d’un plus grand nombre de pilotes dans la nouvelle compagnie aérienne – une proposition qui, selon le ministère des Entreprises publiques, transférerait une charge financière à une nouvelle compagnie aérienne qui doit émerger du processus de sauvetage de l’entreprise.

 Selon un communiqué du ministère, « les 600 pilotes de SAA représentent 13% du personnel des compagnies aériennes, et pourtant ils consomment 45% de la masse salariale ».

 « Le moins payé des 170 pilotes seniors de la SAA gagne 200.000 dollars par an, hors avantages et incitations. Sur le budget de 130 millions de dollars proposé pour les indemnités de départ volontaire (VSP), les 600 pilotes recevront plus de 58 millions de dollars », explique le communiqué.

 En tant qu’actionnaire de la compagnie aérienne nationale, le gouvernement a déclaré qu’il était « déçu que les pilotes n’aient pas compris que la SAA était financièrement épuisée, que la compagnie était en cours de redressement et se battait pour sa survie ».

 « Le gouvernement appelle les pilotes à accepter les VSP de la South African Airways et à rejeter les demandes avides de leur syndicat, qui semblent moins que magnanimes », conclut la déclaration du ministère. 

La BAD appelle les pays nord-africains à maintenir l’effort budgétaire pour préserver les ménages et les entreprises affectés

La Banque africaine de Développement (BAD) a appelé les pays nord-africains à maintenir l’effort budgétaire pour préserver les ménages et les entreprises affectés par la crise sanitaire liée à la Covid-19.Selon l’édition 2020 des Perspectives économiques en Afrique du Nord, publiée, ce mardi, dont copie est parvenu à APA, la BAD insiste sur la nécessité d’un développement de l’agro-industrie pour promouvoir les chaînes de valeur agricoles locales.

Les pays devraient enfin chercher à renforcer leur intégration et ouverture commerciales, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).

Selon le rapport, la pandémie de la Covid-19, qui figure parmi les plus grandes crises sanitaire, économique et sociale de ce début de 21ème siècle, frappe durement les pays nord-africains et ses conséquences multiples sont sans précédent sur la santé, l’emploi et la croissance économique.

Face à cette crise inédite, les pays de la région ont pris des mesures sanitaires et budgétaires pour endiguer la propagation du virus et protéger leurs populations. L’important ralentissement, dû à l’interruption de l’activité dans plusieurs secteurs, a eu des incidences socio-économiques de grande ampleur.

En Afrique du Nord, l’accélération de la levée des restrictions accentue l’incertitude et laisse place à une reprise selon deux scénarios distincts : le premier, de référence, table sur une sortie de crise à partir de juillet 2020.

Le second, plus pessimiste, voit persister la pandémie jusqu’en décembre 2020. Selon le premier scénario, la croissance régionale perdrait 5,2 points de pourcentage, ce qui détériorerait la croissance à -0,8 %. Ce recul se situerait, dans le second scénario, à -6,7 points de pourcentage, générant une récession de -2,3 %. En 2021, la reprise économique est prévue, avec une croissance nord-africaine de 3,3% dans le scénario de référence et de 3% dans le scénario pessimiste.

Le rapport précise que l’Afrique du Nord était, en 2019, pour la seconde année consécutive, la deuxième région la plus performante d’Afrique, avec une croissance de 3,7 %.

Les estimations montrent néanmoins des performances contrastées entre l’Algérie, l’Égypte, la Libye, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie. Ainsi, la Mauritanie et l’Égypte ont enregistré les résultats les plus solides dans la région, avec un taux de croissance, en 2019, de 6,7 % et de 5,6 %. La croissance est estimée à 2,5 % au Maroc, légèrement en baisse par rapport à 2018. En Algérie et en Tunisie, la croissance était atone, respectivement à 0,7 % et 1 %.

Il ressort des Perspectives économiques en Afrique du Nord 2020 que les secteurs des services, du tourisme et de l’industrie, plus forts contributeurs à la croissance régionale, ont été fortement touchés par les nombreuses mesures de restriction. Le rapport indique que l’impact défavorable de la pandémie sur la demande mondiale ainsi que sur les cours des produits de base devrait entraîner une détérioration des déficits budgétaires et des comptes courants dans les pays de la région.

Le déficit budgétaire pourrait, dans le scénario pessimiste, atteindre en moyenne 10,9 % du PIB régional en 2020. En 2019, le solde budgétaire estimé à -5,6 % du PIB régional, au-dessus de la moyenne africaine de – 4,7 %.

S’agissant des comptes courants, les pays nord-africains ont enregistré, en 2019, un déficit moyen à 4,4 % du PIB. Sur la base d’une hypothèse de réduction de 7,9 % de la demande mondiale et d’un cours du brut à un niveau de 20 dollars américains le baril, le scénario pessimiste laisse entrevoir un déficit de 11,4 % du PIB en 2020. Cette situation est attribuable surtout au déficit des pays exportateurs de pétrole (20 % et 19,8 % du PIB en Algérie et en Libye) mais également à la Mauritanie (17 %) et à la Tunisie (12,2 %), dont les principaux partenaires commerciaux, la Chine et les pays européens, devraient être en récession en 2020.

Par ailleurs, le rapport souligne que la croissance n’a pas été inclusive en Afrique du Nord. Les disparités sociales et régionales, déjà importantes, se sont aggravées en raison des répercussions socio-économiques de la pandémie. Pour y faire face, le document recommande d’engager des réformes structurelles, qui renforcent l’efficience du secteur public et la compétitivité du secteur privé, dans le but de créer davantage d’emplois.

Selon les Perspectives économiques régionales, l’investissement dans le capital humain et les compétences est une condition indispensable à l’accélération du développement économique. En Afrique du Nord, l’adaptation des compétences aux nouveaux métiers induits par la quatrième révolution industrielle nécessitera de coordonner les réformes des systèmes d’éducation et de formation, note le rapport.

Pour les travailleurs en activité, les pays devraient mettre en place davantage de mécanismes efficients pour la promotion de la formation en cours d’emploi. Afin de promouvoir l’investissement privé dans certains secteurs stratégiques, les gouvernements de la région pourraient envisager de fournir des subventions subordonnées à la création d’emplois en faveur des jeunes et des femmes. Le développement du secteur manufacturier est, quant à lui, véritablement déterminant pour la croissance économique car il fournit des emplois productifs et bien rémunérés à un grand nombre de travailleurs.

Dans l’ensemble, les effets négatifs de la pandémie seront liés à la gravité et à la durée de la pandémie, à l’efficacité des mesures de riposte engagées et au niveau des ressources consacrées à l’endiguement de la crise.