Le débat sur l’orpaillage illégal se poursuit entre le gouvernement et l’opposition ivoirienne. Après la sortie du porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, le secrétaire général adjoint du PPA-CI chargé de l’Emploi des jeunes et de l’Entrepreneuriat, Fabrice Lago, lui a répondu dans une publication sur ses réseaux sociaux.
Le responsable du PPA-CI conteste notamment l’argumentaire du porte-parole du gouvernement et estime que le débat doit davantage porter sur l’efficacité des mesures prises contre l’orpaillage illégal.
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Fabrice Lago dénonce un déplacement du débat
Dans son intervention, Fabrice Lago reproche à Amadou Coulibaly de détourner la discussion sur le phénomène de l’orpaillage illégal vers les intentions supposées de l’opposition. Selon lui, lorsque le gouvernement est confronté à des résultats qu’il juge insuffisants, le débat se déplace des résultats obtenus vers les critiques formulées par ses adversaires politiques.
Il estime ainsi que la question centrale ne devrait pas être de savoir qui dénonce le phénomène, mais plutôt d’évaluer l’efficacité des politiques mises en œuvre pour le combattre.
Fabrice Lago reconnaît que le gouvernement a pris des décisions, créé des structures, adopté des lois et mené des opérations contre l’orpaillage illégal. Mais pour le responsable du PPA-CI, ces différentes actions ne suffisent pas à établir l’efficacité de la politique publique.
« Une décision n’est pas un résultat. Une structure n’est pas un résultat. Une opération n’est pas un résultat », affirme-t-il.
Il invite ainsi le gouvernement à répondre à une interrogation centrale : pourquoi l’orpaillage illégal continue-t-il, selon lui, de se développer après plusieurs années de lutte ?
L’opposition demande des comptes sur l’efficacité des mesures
Pour Fabrice Lago, l’enjeu n’est donc pas de déterminer à quelle période l’orpaillage illégal a commencé, mais d’évaluer les résultats obtenus depuis la mise en place des politiques destinées à lutter contre le phénomène. Il reproche notamment au porte-parole du gouvernement de mettre en avant les mesures prises sans présenter suffisamment, selon lui, leurs effets concrets.
« Nous vous parlons des résultats », insiste-t-il.
Le secrétaire général adjoint du PPA-CI élargit également sa critique à la question de l’emploi des jeunes, dont il a la charge au sein de son parti. Il estime que le même problème se pose avec les différents programmes et dispositifs consacrés à l’emploi et à l’entrepreneuriat.
Selon lui, au-delà des structures, des fonds et des initiatives annoncés, les questions essentielles restent celles du nombre de jeunes ayant réellement obtenu un emploi durable, créé une activité viable ou quitté la précarité. Fabrice Lago appelle finalement le gouvernement à ne pas interpréter les critiques de l’opposition comme une volonté de déstabilisation ou de « faire peur ».
« Nous ne cherchons pas à faire peur au pouvoir. Nous demandons des comptes au pouvoir », écrit-il.
Pour le responsable du PPA-CI, le rôle de l’opposition consiste précisément à examiner les résultats des décisions prises par le gouvernement plutôt qu’à les approuver systématiquement.
Il conclut en invitant l’exécutif à ne plus seulement présenter les mesures adoptées, mais à expliquer concrètement ce qu’elles ont changé.
« C’est cela, le véritable bilan », soutient Fabrice Lago.

