La procédure judiciaire visant Justin Koné Katinan prend une nouvelle tournure. Le quatrième vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a été placé sous mandat de dépôt après son déferrement devant la Section antiterroriste du tribunal d’Abidjan.
Le parquet lui reproche plusieurs faits en lien avec les troubles enregistrés durant la période électorale de 2025. Une information judiciaire a notamment été ouverte pour « actes terroristes », « complot contre l’autorité de l’État » et « participation à un mouvement insurrectionnel ».
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Des poursuites aux qualifications multiples
Les charges retenues contre le responsable du PPA-CI ne se limitent pas à ces trois infractions. Le dossier porte également sur un « attentat contre l’autorité de l’État », une « atteinte à l’ordre public » et une « apologie des crimes de meurtre ».
Le parquet évoque aussi des faits d’« attroupement armé et non armé », de « participation et organisation d’une manifestation interdite ou non déclarée », ainsi que l’« incendie volontaire de véhicule appartenant à autrui ». Les faits concernés auraient été commis à Abidjan et dans différentes parties du territoire ivoirien.
Pour étayer cette procédure, le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan, Oumar Braman Koné, cite les articles 3, 8 et 10 de la loi du 11 juin 2024 portant répression du terrorisme, auxquels s’ajoutent une douzaine d’articles du Code pénal.
Une convocation qui débouche sur un mandat de dépôt
Justin Koné Katinan avait été convoqué mercredi à la préfecture de police d’Abidjan. Cette audition faisait suite à une plainte déposée par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir. Après avoir été maintenu en garde à vue, l’ancien porte-parole de Laurent Gbagbo pendant son exil a été présenté à la Section antiterroriste du tribunal d’Abidjan. C’est à l’issue de cette étape qu’il a été placé sous mandat de dépôt.
Le dossier des déclarations contre le RHDP également devant la justice
À cette procédure s’en ajoute une autre, distincte, déclenchée elle aussi par une plainte du RHDP. Le parti avait saisi le procureur le 7 septembre, dénonçant des faits présumés de « diffamation, injure par le biais d’un système d’information et diffusion de nouvelles fausses ».
L’affaire concerne notamment des propos tenus par Justin Koné Katinan le 3 septembre lors d’une intervention à la tribune de son parti. Il avait alors attribué au RHDP l’essor de l’orpaillage clandestin, du trafic de drogue et du blanchiment d’argent. Après l’enquête, le procureur a demandé que le procès-verbal soit transmis « en renseignement judiciaire aux fins de saisine du tribunal correctionnel ». Le responsable politique devra donc également répondre de ces déclarations devant cette juridiction.
Le parquet rouvre le dossier des violences électorales de 2025
Le procureur a par ailleurs demandé aux officiers de police judiciaire d’entendre Justin Koné Katinan au sujet de sa participation présumée aux troubles survenus pendant la période électorale de 2025. Cette démarche s’inscrit dans une position déjà exprimée par le parquet avant la présidentielle. Dans un communiqué publié le 24 octobre 2025, Oumar Braman Koné avait averti que les violences commises durant cette période ne resteraient pas sans suite.
Le magistrat avait alors assuré que les auteurs, complices et commanditaires seraient recherchés, interpellés et jugés, indépendamment de leur qualité.
Une affaire qui intervient dans un climat politique tendu
La présidentielle du 25 octobre 2025 constitue l’arrière-plan de cette procédure. Alassane Ouattara avait remporté le scrutin et obtenu un quatrième mandat, tandis que Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam n’avaient pas figuré sur la liste électorale. La campagne et la période électorale avaient par ailleurs été marquées par des manifestations interdites et des affrontements dans plusieurs localités du pays.
Face aux poursuites visant son cadre, le PPA-CI avait réagi dès jeudi. Le parti dénonçait un « harcèlement contre ses cadres » et accusait la justice d’être instrumentalisée, tout en exigeant l’arrêt immédiat et sans conditions des procédures.
Le gouvernement, pour sa part, avait choisi de ne pas commenter le dossier judiciaire. Amadou Coulibaly, son porte-parole, avait indiqué mercredi que l’exécutif ne se prononçait pas sur les procédures en cours.
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