La question de l’orpaillage illégal continue d’alimenter les débats politiques en Côte d’Ivoire. En meeting ce week-end dans une localité de l’intérieur du pays, le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, a vivement contesté les accusations qui attribuent au pouvoir d’Alassane Ouattara la responsabilité de l’essor du phénomène.
Le porte-parole du gouvernement a qualifié ces accusations de « malhonnêtes », en réaction aux déclarations de Justin Koné Katinan, 4e vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI).
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Justin Koné Katinan met en cause le régime RHDP
Lors d’une tribune du PPA-CI organisée jeudi dernier à Abidjan, Justin Koné Katinan avait accusé le régime RHDP d’être « le seul responsable » de l’ampleur prise par l’orpaillage illégal sur le territoire ivoirien. Selon l’ancien ministre du Budget, le phénomène serait apparu dans le contexte de la rébellion conduite par la branche armée du RDR, avant de prendre de l’ampleur après l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara en 2011.
Il avait également présenté l’orpaillage illégal comme « la conséquence du système mis en place par le RHDP ».
Amadou Coulibaly rejette catégoriquement cette interprétation. Pour le porte-parole du gouvernement, l’opposition cherche à transformer politiquement une problématique qui, selon lui, existait déjà avant l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir.
« Ils ont une nouvelle trouvaille, l’orpaillage illégal, c’est avec ça qu’ils veulent nous faire peur », a-t-il lancé.
Le ministre estime ainsi que ses adversaires cherchent à faire croire que le phénomène serait apparu récemment. « L’orpaillage est vieux », a-t-il insisté, affirmant qu’Alassane Ouattara serait le premier chef de l’État ivoirien à avoir engagé une lutte frontale contre cette pratique.
Pour défendre l’action du pouvoir, Amadou Coulibaly a évoqué plusieurs mesures prises au fil des années. Il a notamment cité la réforme du Code minier intervenue, selon lui, dès les premières années de la présidence Ouattara. Il a également mentionné les campagnes de sensibilisation menées par le ministère des Mines et de l’Énergie à partir de 2020-2021.
Autre dispositif mis en avant, la création, en 2021, du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI), présenté comme une structure consacrée à la répression du phénomène.
« Ça fait cinq ans que ça existe, pourquoi veut-on nous faire croire que c’est maintenant que ça a commencé ? », a-t-il interrogé.
Des sanctions que le gouvernement entend renforcer
Le porte-parole du gouvernement a également rappelé l’amendement du Code minier visant à renforcer la lutte contre l’exploitation clandestine des ressources minières. Il a, en outre, fait référence aux récentes instructions du Conseil national de sécurité (CNS) appelant à une application rigoureuse des sanctions prévues par la loi.
Face aux critiques de l’opposition, Amadou Coulibaly a dénoncé ce qu’il considère comme une présentation incomplète de l’action gouvernementale : « Pourquoi ils n’en parlent pas ? C’est de la malhonnêteté », a-t-il martelé. Le ministre de la Communication a profité de son intervention pour réaffirmer la détermination du gouvernement à poursuivre les opérations de démantèlement des sites d’orpaillage illégal.
« La loi sera appliquée », a-t-il prévenu, assurant que « tous ceux qui baignent dans cet orpaillage seront rattrapés par la loi ».
Selon lui, des milliers de personnes ont déjà été interpellées depuis 2014. Les autorités entendent désormais intensifier les opérations sur le terrain. Amadou Coulibaly a également appelé les populations à ne pas se laisser convaincre par les discours présentant l’État comme inactif face à l’ampleur du phénomène.
Pour le porte-parole du gouvernement, les mesures engagées finiront par produire leurs effets. Il s’est dit convaincu que la lutte menée sous l’impulsion d’Alassane Ouattara aboutira à des résultats.
« Quand le président Ouattara s’attaque à un problème, il le règle entièrement », a-t-il déclaré, réaffirmant ainsi la détermination du pouvoir à poursuivre son offensive contre l’orpaillage illégal.
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