À la cathédrale Saint-Paul d’Abidjan, le cardinal Ignace Bessi Dogbo a livré une sévère mise en garde contre les conséquences de l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire. À l’occasion de la messe consacrée à la Création, célébrée mardi 1er septembre 2026, l’archevêque métropolitain d’Abidjan a dénoncé les atteintes causées par cette activité aux populations et aux ressources naturelles.
Face aux fidèles, le prélat a surtout appelé l’État à assumer pleinement sa responsabilité dans la protection de l’homme et de l’environnement et à prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à l’orpaillage illégal.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Dans son intervention, le cardinal Bessi Dogbo a présenté l’orpaillage clandestin comme un phénomène dont les conséquences dépassent largement le non-respect des règles encadrant l’activité minière. Il a notamment insisté sur ses effets sur les populations et les ressources naturelles.
« L’orpaillage qui tue l’homme est pire que l’idolâtrie. C’est inqualifiable », a-t-il lancé, dénonçant une recherche effrénée de l’or qu’il juge dangereuse pour l’homme et son environnement.
Le prélat s’est particulièrement inquiété de l’état des fleuves et des cours d’eau. « Nos fleuves, nos cours d’eau déteignent… Ce fléau est un désastre proche de nous », a-t-il déploré.
Au-delà des conséquences environnementales, le cardinal a également mis en cause la place accordée à la recherche de richesse dans la société. Selon lui, la quête de l’argent, lorsqu’elle se développe sans encadrement, peut favoriser des pratiques susceptibles de mettre en péril l’homme et son environnement.
« Enlevons ce poison par tous les moyens de notre pays en tuant en nous l’idolâtrie de l’argent », a-t-il exhorté.
Le cardinal Bessi Dogbo a ensuite directement interpellé les pouvoirs publics sur leur responsabilité face au phénomène. Pour lui, la protection des populations et de l’environnement relève pleinement de la mission de l’État.
« Il faut rappeler à l’État ce qu’il sait : sa mission régalienne de protection de l’environnement et de l’homme », a-t-il insisté.
L’archevêque métropolitain d’Abidjan a également rappelé que l’Église catholique ivoirienne avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur la question, notamment à travers la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire (CECI). Face à la persistance du phénomène, il estime que ces alertes conservent toute leur pertinence.
« Il faut écouter les évêques quand ils parlent », a-t-il affirmé.
En conclusion de son intervention, le cardinal a renouvelé son appel aux autorités afin qu’elles prennent les mesures nécessaires pour faire reculer l’orpaillage clandestin et préserver les ressources naturelles du pays.
« Que l’État sorte l’orpaillage illégal de notre pays et protège notre environnement. C’est notre prière », a-t-il déclaré.
À travers cette interpellation, Ignace Bessi Dogbo place ainsi la lutte contre l’orpaillage clandestin au cœur des enjeux liés à la protection des populations et de l’environnement en Côte d’Ivoire.

