Le Dr Ahoua Don-Mello hausse le ton sur la question de l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire. Dans un communiqué consacré aux déclarations du Directeur Général des Mines et de la Géologie, Seydou Coulibaly, il estime que l’identification des réseaux financiers opérant depuis l’étranger, notamment depuis Dubaï, doit désormais déboucher sur des actions concrètes
Dans la soirée du mardi 25 août 2026, les Ivoiriens ont suivi sur les antennes de la RTI 1 la rediffusion de l’émission « Le Débat », présentée par Hamza Diaby et initialement diffusée le 11 août 2026. Le programme était consacré au phénomène de l’orpaillage clandestin.
Selon le communiqué, le Directeur Général des Mines et de la Géologie, Seydou Coulibaly, y a livré des révélations que le Dr Ahoua Don-Mello considère comme particulièrement graves. Il aurait notamment reconnu que les services du Ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie ont identifié l’ensemble de la chaîne criminelle liée à l’exploitation clandestine de l’or.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
D’après les éléments rapportés dans le communiqué, les financiers opéreraient depuis l’extérieur, principalement depuis la sous-région et Dubaï. Ils disposeraient également de relais en Côte d’Ivoire chargés de percevoir les fonds, de recruter des géologues et d’organiser la logistique clandestine sur le terrain. Pour Ahoua Don-Mello, ces déclarations viennent confirmer les alertes qu’il dit avoir lancées depuis plusieurs jours.
Ahoua Don-Mello évoque une « mafia de l’or »
Dans une interview accordée le dimanche 23 août 2026 à la presse, notamment à Alerte Infos, ainsi que dans son communiqué du 19 août 2026, le Dr Ahoua Don-Mello avait déjà dénoncé ce qu’il qualifie de « mafia de l’or ». Il rappelle que ce phénomène serait né pendant la crise de 2002 sous la rébellion, un élément également confirmé, selon lui, par le Directeur Général du CIAPOL lors de son passage sur le plateau de la RTI. Depuis, l’orpaillage clandestin se serait étendu à l’ensemble du territoire national.
Le communiqué attribue à cette exploitation illégale des conséquences économiques et environnementales majeures. Les pertes pour les caisses de l’État ivoirien sont estimées à 4 600 milliards de FCFA, au profit d’intérêts qualifiés d’obscurs. Ahoua Don-Mello dénonce également la pollution des cours d’eau au mercure et au cyanure, la destruction des terres arables ainsi que les conséquences sur la souveraineté alimentaire et sécuritaire du pays.
« Les simples discours (…) ne sauraient suffire »
Pour le Dr Ahoua Don-Mello, l’identification des acteurs de la chaîne criminelle impose désormais un changement de méthode. Il estime que les discours, les commissions d’enquête sans suite et les opérations ponctuelles de déguerpissement visant uniquement les exécutants ne peuvent constituer une réponse suffisante.
Le communiqué affirme que le peuple ivoirien attend désormais des « résultats réels et immédiats ». L’ancien responsable politique s’interroge notamment sur l’absence d’actions d’envergure visant les financiers présumés installés à l’étranger.
« Pourquoi cette même volonté (…) n’est-elle pas déployée avec la même rigueur ? »
Le Dr Ahoua Don-Mello établit un parallèle entre la capacité de l’État ivoirien à poursuivre certains opposants politiques à l’étranger et celle qu’il pourrait mobiliser pour lutter contre les réseaux financiers liés à l’orpaillage clandestin.
« Si l’État sait traquer les opposants politiques jusqu’à l’étranger, qu’il montre la même rigueur pour débusquer la mafia financière de l’or à Dubaï », affirme-t-il.
Selon lui, si les autorités connaissent la localisation des financiers et les circuits empruntés par les capitaux, elles doivent également mobiliser les moyens juridiques et diplomatiques internationaux nécessaires pour les poursuivre. Le communiqué estime que l’absence d’une action répressive internationale d’envergure face à une telle situation pourrait constituer une « complicité passive inacceptable » devant le pillage des richesses nationales.
Faire de l’or une richesse nationale
Dans son communiqué, le Dr Ahoua Don-Mello appelle également la Côte d’Ivoire à reconsidérer son approche de ses ressources aurifères. Il estime que le pays ne doit pas assister à la fuite de milliers de milliards de ses ressources tout en continuant à s’endetter à l’étranger. Pour lui, la réponse consiste notamment à « regarder sous ses propres pieds » et à faire de l’or une véritable source de richesse nationale et de développement souverain.
L’or, actuellement présenté comme une « malédiction écologique et sécuritaire », devrait ainsi, selon sa vision, devenir un levier de développement.
Des mandats d’arrêt internationaux réclamés
Le Dr Ahoua Don-Mello demande enfin à l’État d’engager une répression qu’il qualifie d’« implacable » contre la mafia financière de l’or. Il préconise notamment le recours aux mandats d’arrêt internationaux et aux coopérations judiciaires nécessaires afin de poursuivre les financiers présumés au-delà des frontières ivoiriennes.
Le message porté dans le communiqué est sans ambiguïté : « Le peuple ivoirien n’attend plus des explications, mais des actes fermes. » Pour Ahoua Don-Mello, la souveraineté de la Côte d’Ivoire et la protection de son patrimoine national ne doivent pas être abandonnées au profit de « mafias financières internationales ».


