Vingt jours après la découverte du corps sans vie du sergent-chef Aimé Lamtou Coulibaly dans un lac de Yamoussoukro, les syndicats des douanes ivoiriennes haussent le ton. Réunissant treize organisations au sein de l’intersyndicale et de la plateforme syndicale des douanes de Côte d’Ivoire, la corporation a réclamé, dimanche 23 août 2026, une enquête « approfondie, impartiale et transparente » sur les circonstances du décès.
Cette demande intervient alors que le parquet avait communiqué, le 18 août, sur les premières conclusions de l’enquête. Le procureur de la République près le tribunal de Toumodi avait indiqué que le rapport médico-légal concluait à une noyade et fait état de supposés antécédents de troubles psychiatriques chez le sergent-chef.
Pour les organisations syndicales, ces éléments ne permettent toutefois pas de mettre fin aux interrogations entourant la mort du douanier.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Des « conclusions hâtives » dénoncées
Dans leur déclaration, les syndicats estiment que le décès ne doit pas être réduit à de prétendus antécédents de troubles ou considéré comme un simple fait divers. Ils dénoncent des « conclusions hâtives », des « justifications publiques » ainsi qu’une « présentation unilatérale des faits » avant la fin des investigations.
Les organisations syndicales appellent par ailleurs « toute personnalité publique, quelle que soit sa qualité », à faire preuve de réserve. Elles craignent que certaines prises de position puissent « brouiller les pistes » ou contribuer à orienter l’opinion publique. Cette mise en garde vise notamment, à demi-mot, les déclarations du parquet et celles du député RHDP local.
LIRE AUSSI : Yamoussoukro : le procureur de Toumodi révèle les premiers éléments sur la mort du douanier Aimé Lamtou Coulibaly
Les circonstances des 3 et 4 août au cœur des demandes
Le sergent-chef Aimé Lamtou Coulibaly avait été impliqué, le 3 août, dans un accident avec un taxi communal. Une altercation avait ensuite éclaté avec plusieurs individus. Le lendemain, aux environs de 17 heures, son corps avait été retrouvé dans un lac situé à proximité d’une station-service et de l’hôpital Saint-Joseph Moscati.
Les syndicats demandent désormais que toutes les personnes susceptibles d’être impliquées soient identifiées. Ils réclament également que d’éventuels « commanditaires et complices » soient recherchés et que les responsabilités individuelles et collectives soient établies.
Pour les organisations syndicales, tous les éléments susceptibles d’éclairer les circonstances du décès doivent être préservés et exploités. Elles citent notamment les témoignages, les images, les enregistrements de vidéosurveillance, les communications ainsi que les autres indices matériels. L’intersyndicale conteste également l’importance accordée par le parquet aux antécédents de troubles psychiques évoqués dans son communiqué. Pour les syndicats, la mort d’un agent de l’État ne peut être ramenée à cette seule dimension.
« Simplement la vérité et la justice »
Tout en réaffirmant leur confiance dans la justice, les syndicats assurent ne réclamer « ni vengeance ni justice expéditive », mais « simplement la vérité et la justice ». Dans leur déclaration, ils rendent hommage au sergent-chef Aimé Lamtou Coulibaly, présenté comme « un père, un frère et un collègue ». Ils insistent sur la nécessité de poursuivre les investigations concernant les faits survenus entre le 3 et le 4 août, jusqu’à l’établissement des responsabilités.
« La vie d’un agent de l’État a de la valeur. La vérité a de la valeur. La justice doit prévaloir », concluent les organisations syndicales.

