Deux ans aux côtés des Éléphants, une CAN remportée à domicile et désormais des confidences sur les coulisses de cette aventure. Guy Demel, ancien sélectionneur adjoint de la Côte d’Ivoire, a livré sa lecture de son passage au sein de la sélection nationale dans une interview exclusive accordée à la Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI), publiée jeudi 10 septembre 2026.
Face au journaliste Malick Traoré, l’ancien international ivoirien n’a pas esquivé les sujets sensibles. Fidèle à son franc-parler, celui qui a travaillé avec Emerse Faé pendant deux années est notamment revenu sur les conditions de travail du staff, la victoire à la CAN 2023 et ses rapports avec certains dirigeants et membres de l’encadrement.
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La CAN 2023, une victoire qui aurait dérangé ?
Le sacre continental obtenu par les Éléphants en 2023 n’aurait pas suscité la même satisfaction chez tout le monde au sein de la Fédération ivoirienne de football (FIF), selon Guy Demel. L’ancien défenseur du Borussia Dortmund estime que le succès de la sélection a surtout permis au staff technique de préserver sa place dans un contexte particulièrement délicat.
« La victoire à la CAN 2023 revient au staff qui a permis de gagner le trophée, donc à nous », a-t-il déclaré, avant d’affirmer que ce titre avait « sauvé beaucoup de têtes ». Guy Demel assure même avoir partagé ce sentiment avec Emerse Faé après le sacre. « Nous avons gagné et Emerse et moi, nous nous sommes dit qu’on a gagné mais les gens ne sont pas contents de l’avoir gagné avec nous », a-t-il confié.
Avant de soulever le trophée, l’aventure des Éléphants avait pourtant sérieusement vacillé. La lourde défaite 0-4 contre la Guinée équatoriale et le départ de Jean-Louis Gasset avaient plongé le staff dans l’incertitude. Guy Demel révèle que l’hypothèse d’un changement à la tête de la sélection circulait alors jusque dans les discussions internes.
« Nous en parlions même lors d’un déjeuner avec le staff », raconte-t-il.
La situation était devenue suffisamment présente pour que le président de la FIF convoque les membres du staff dans son bureau afin de leur demander pourquoi ils évoquaient la possibilité d’une nouvelle nomination. La confirmation d’Emerse Faé s’est ainsi dessinée dans un contexte que Guy Demel décrit comme particulièrement incertain.
Des conditions de travail jugées insuffisantes
Pour l’ancien adjoint, les difficultés ne se limitaient toutefois pas à la question de l’entraîneur. Il estime que l’environnement de travail proposé au staff ne correspondait pas au niveau d’exigence attendu de la sélection ivoirienne. Guy Demel reconnaît que les joueurs et l’équipe bénéficiaient de certaines conditions, mais considère que la performance ne pouvait pas être durable sans une organisation à la hauteur des ambitions.
« La Côte d’Ivoire a les moyens, les joueurs méritent d’être dans de bonnes conditions, avoir la bonne organisation », a-t-il souligné.
L’ancien international estime ainsi que les apparences ne suffisent pas à mesurer les conditions réelles de travail. Selon lui, malgré l’hébergement dans des établissements comme l’hôtel Palmiers, le cadre global ne permettait pas de garantir une véritable « pérennisation de la performance ».
« Le niveau d’exigence qu’on nous demandait était là, et les conditions n’étaient pas à ce niveau. Donc c’était difficile », a-t-il résumé.
Guy Demel a également évoqué sa relation avec Yacine Idriss Diallo, président de la Fédération ivoirienne de football. Il explique avoir initialement soutenu sa candidature, estimant partager son discours et ses idées. Mais, avec le temps, son appréciation a évolué.
« Je l’avais soutenu parce que le discours et les idées étaient ceux que je partageais. Mais les actions n’ont pas suivi », a-t-il affirmé.
Il raconte également qu’après son élection en 2022, Idriss Diallo l’avait contacté pour lui proposer un poste. Guy Demel affirme avoir décliné cette possibilité, insistant sur le fait qu’il ne cherchait pas à s’accrocher à une fonction.
Avec Emerse Faé, une relation devenue plus distante
L’ancien adjoint s’est aussi exprimé sur ses rapports actuels avec Emerse Faé. Il assure qu’aucun conflit direct ne les oppose, mais reconnaît que certaines divergences ont progressivement modifié leur relation. Guy Demel évoque notamment son désaccord avec « certaines idées de sa famille » ainsi qu’avec « certaines manières de travailler ». Ces différences auraient installé une certaine distance entre les deux hommes.
Cette évolution n’aurait toutefois pas affecté leur fonctionnement professionnel sur le terrain. « Dire qu’on a ressenti ça sur le terrain, non », affirme-t-il. Il constate néanmoins que leurs échanges avaient changé : alors qu’ils pouvaient auparavant passer dix heures au téléphone à discuter, leurs conversations se limitaient ensuite aux séances de travail.
Après cette expérience avec les Éléphants, Guy Demel dit désormais privilégier sa famille tout en poursuivant sa formation.

