Le Sénégal confirme un 2e cas de coronavirus, premiers reports d’évènements publics

Le Sénégal a confirmé mardi un deuxième cas de coronavirus, sur un Français de 80 ans arrivé samedi dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, et annoncé le report de premiers événements publics, dont le concert d’un chanteur populaire et un gala de lutte.

« Ce 3 mars 2020, l’Institut Pasteur de Dakar nous a notifié un second cas positif au Covid-19. Il s’agit d’un résident français âgé de 80 ans, vivant à Sarcelles, dans la banlieue parisienne, arrivé au Sénégal le 29 février 2020 », a indiqué dans un communiqué le ministère de la Santé.

L’état du patient, suivi au service des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann, à Dakar, est « stable » et « toutes les dispositions ont été prises pour identifier les personnes contacts et assurer leur prise en charge », selon le ministère.

Le ministre de l’Intérieur Aly Ngouye Ndiaye a par ailleurs décidé mardi « de reporter jusqu’à nouvel ordre » un évènement culturel de trois jours, prévu à partir du 6 mars dans la commune de Linguère (nord), dont il est le maire.

Le report est destiné à « faire face à la propagation du coronavirus récemment enregistré au Sénégal », a annoncé le ministre sur Twitter.

L’évènement devait inclure un concert du très populaire Wally Seck, un gala de lutte, sport très prisé au Sénégal, et une journée de nettoiement populaire.

Un premier cas de coronavirus au Sénégal a été annoncé lundi, sur un Français également, ayant séjourné dans une station de ski de la région Auvergne-Rhône-Alpes (centre-est de la France) en février avant de revenir au Sénégal, où il réside habituellement. L’état de ce patient, marié et père de deux enfants, également hospitalisé à Fann, « continue de s’améliorer », a dit mardi le ministère.

Un autre patient, de nationalité gambienne, venant d’Espagne et mis en quarantaine, a été libéré lundi après les résultats des tests qui se sont révélés négatifs, selon la même source.

Mardi soir, le continent africain comptait un cas confirmé au Nigeria, deux en Egypte, trois en Algérie et à présent deux au Sénégal. Mais aucun décès.

Le coronavirus s’invite au menu des instances sportives

CIO, UEFA, ministère des sports en France: confrontées à l’épidémie de nouveau coronavirus, les autorités du sport s’interrogent sur le maintien des compétitions sportives et sur les mesures de précaution à prendre, mais ne prennent pas de décision hâtive.

Les instances dirigeantes du sport ne peuvent éviter le sujet: l’UEFA, réunie en comité exécutif lundi puis en congrès mardi à Amsterdam, tout comme le Comité international olympique, en commission exécutive pour deux jours à Lausanne mardi et mercredi, l’ont ajouté à leur menu.

Officiellement, l’optimisme règne quand à la tenue des principaux événements sportifs de l’année: le Comité international olympique (CIO) se prépare pour des Jeux olympiques de Tokyo « réussis », selon les termes de son président Thomas Bach, et l’UEFA assure à l’AFP qu’il « n’est pas nécessaire de modifier quoi que ce soit dans le calendrier prévu » pour l’Euro.

Mais la compétition doit débuter le 12 juin en Italie, le pays européen le plus touché par le virus, avec 2.502 cas positifs et 79 décès selon le dernier bilan. L’épidémie a déjà des conséquences directes sur les clubs de football de la botte: cinq rencontres de Serie A ont été reportées le dernier week-end, et le 8e de finale retour de Ligue des champions entre Valence et l’Atalanta Bergame sera joué à huis clos, mardi 10 mars.

C’est le premier match de C1 concerné par des mesures de restriction depuis l’arrivée du coronavirus en Europe. Dans le même temps, le ministère espagnol de la santé a également décrété le huis clos pour Getafe-Inter Milan, le 19 mars, en Ligue Europa.

L’UEFA précise être « en contact avec les autorités internationales et locales compétentes concernant le coronavirus et son développement ». Et, de fait, « ne pourra pas passer outre » des décisions gouvernementales, a reconnu mardi Noël Le Graët, président de la Fédération française de football.

« Ceci dit, annuler les matches, c’est ajouter à la panique je crois », a-t-il ajouté, promettant qu' »on ne dépassera pas les ordres que nous recevrons. »

Le président de l’UEFA, le Slovène Aleksander Ceferin, a pour sa part appelé à « ne pas surréagir ». « Nous pensons pouvoir bien gérer le dossier », a-t-il assuré.

– « Des JO de Tokyo réussis » –

A Lausanne, le CIO a évoqué également le sujet, pour réitérer sa « confiance » dans des JO de Tokyo « réussis », selon les propos de son président Thomas Bach.

Un membre éminent du CIO, le Canadien Dick Pound, a indiqué que celui-ci n’envisagerait pas de reporter ou d’annuler les JO de Tokyo tant que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne l’aura pas invité à le faire.

Si aucune décision n’est prise concernant les événements prévus dans plusieurs mois, ceux qui ont débuté ou vont commencer sont en revanche touchés.

C’est le cas du Tournoi des six nations, dont la rencontre Irlande-Italie, prévue ce week-end, a été reportée sine die. Toutes les autres rencontres sont « pour l’instant » maintenues, a indiqué lundi à l’AFP un porte-parole du Comité des Six nations en marge d’une réunion des organisateurs de la compétition.

Mais certains pays, à l’image de la France, ont pris des mesures pour éviter la propagation du virus.

– Suspension du championnat suisse –

La ministre française des Sports, Roxana Maracineanu, a réuni mardi matin les représentants des ligues professionnelles et du mouvement sportif. Pour l’heure, aucune annonce: les décisions doivent se prendre « au cas par cas avant chaque match avec les préfets », a précisé la ministre lors d’un point presse. « Aujourd’hui (les matches de L1 et de Top 14) ne sont pas soumis à des restrictions particulières », a-t-elle ajouté.

Rien de semblable pour le moment, donc, à la décision prise en Suisse de suspendre le championnat de football jusqu’au 23 mars, une première en Europe depuis le début de l’épidémie de Covid-19.

Celle-ci, partie de Chine, a gagné plus de 70 pays et territoires, et se développe aujourd’hui bien plus vite à l’extérieur qu’en Chine. Le nombre de cas dans le monde s’élevait à 92.722, dont 3.155 décès, dans 77 pays, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mardi à 17H00 GMT.

Face au coronavirus, le CIO répète sa confiance dans la « réussite » des JO de Tokyo

En pleine crise du coronavirus et à moins de cinq mois des Jeux olympiques de Tokyo-2020, le Comité olympique international (CIO), par la voix de son président Thomas Bach, s’est de nouveau voulu rassurant mardi, réitérant sa « confiance » dans des JO de Tokyo « réussis ».

Malgré un bilan de l’épidémie de coronavirus qui dépasse les 3.000 morts et l’annulation ou le report de nombreux événements sportifs internationaux, notamment en Asie, berceau du virus, le CIO n’évoque officiellement ni annulation, ni report, encore moins de plan-B.

Les JO-2020 sont programmés du 24 juillet au 9 août.

« Le CIO réaffirme son total engagement à assurer le succès des Jeux olympiques de Tokyo-2020 », a déclaré M. Bach, reprenant devant de nombreux médias et télévisions les termes d’un communiqué publié peu avant.

« Nous restons très confiants dans la réussite des JO de Tokyo », a ajouté le patron du CIO, en marge d’une réunion de deux jours de la Commission exécutive qui se refermera mercredi soir.

Le patron allemand de l’instance n’a répondu à aucune question et n’a absolument pas fait référence aux propos de la ministre japonaise des Jeux olympiques qui a indiqué mardi que le Japon risque d’être privé des JO s’il les reporte au-delà de l’année 2020 du fait de l’épidémie de coronavirus.

Seiko Hashimoto a précisé devant le Parlement qu’elle faisait référence au contrat conclu entre Tokyo, le Comité olympique japonais et le CIO. Elle a également précisé que fin mai serait crucial pour prendre une décision.

Vendredi déjà, M. Bach avait tenu le même discours rassurant auprès des médias japonais, en déclarant que le CIO « est totalement déterminé à la tenue de JO couronnés de succès à Tokyo ».

Un autre membre éminent du CIO, le Canadien Dick Pound, avait indiqué plus tôt à l’AFP que le CIO n’envisagerait pas de reporter ou d’annuler les JO de Tokyo tant que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne l’aura pas invité à le faire.

– « test-events » à huis clos? –

Mais le temps presse. Sportifs comme fédérations internationales s’interrogent non seulement sur la tenue des JO mais aussi sur celle d’une quinzaine de « test-events » qui doivent encore se tenir au Japon avant l’ouverture des JO.

Ainsi, des « test-events » de gymnastique, natation, cyclisme ou encore voile sont-ils programmés. Et selon certaines fédérations, ces épreuves qui doivent encore distribuer des quotas qualificatifs pour les JO, pourraient se tenir à huis clos.

Interrogée par l’AFP, l’Union cycliste internationale (UCI) qui doit organiser au Japon des épreuves sur piste et de BMX avant les JO, a indiqué qu’elle « évalue la situation et prendra une décision très vite ».

S’adressant aux sportifs, M. Bach a ajouté que le CIO « encourage tous les athlètes à continuer à se préparer pour les JO de Tokyo-2020 ».

Ce dernier a également rappelé qu’un groupe de travail avait été constitué à la mi-février, comprenant le CIO, le Comité d’organisation des JO de Tokyo-2020, la ville de Tokyo, le gouvernement nippon et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

« Le CIO apprécie et soutient les mesures prises, qui constituent une part importante du plan de Tokyo pour accueillir des Jeux sûrs et sans danger », a souligné l’instance.

« Nous poursuivrons cette consultation régulière avec le groupe de travail afin de pouvoir répondre à tout nouveau développement », a ajouté M. Bach.

– Tokyo par visioconférence –

Les conséquences de la crise du coronavirus doivent de nouveau être abordées mercredi dans le rapport que dresseront par visioconférence le Comité d’organisation des JO de Tokyo et le président de la Commission de coordination, l’Australien John Coates.

Les JO de Paris sont également au programme, la Commission exécutive devant formellement valider mardi après-midi le choix de Tahiti pour le surf et du site de la Concorde à Paris pour plusieurs sports urbains.

Tony Estanguet, président du Comité d’organisation de Paris-2024, attendu initialement à Lausanne, a finalement été invité à s’exprimer par visioconférence depuis Paris. Dans le contexte de la crise du coronavirus, cette décision « s’inscrit dans le cadre des recommandations du CIO de limiter les déplacements », a indiqué l’instance à l’AFP.

Coronavirus : La Première League prévoit terminer la saison à portes fermées

Face à la menace du coronavirus, la Grande Bretagne emploie certaines mesures préventives, pour ne point annuler son championnat de la Première League.

En effet, après quelques informations non-fondée sur l’annulation du championnat, le Daily Mail a annoncé que les dirigeants de la Première League prévoit plutôt jouer à huit clos.

Rappelons que, l’Italie a joué la moitié de ses matches durant les deux dernières semaines et que la Suisse quant à elle, a suspendu son championnat. C’est pour ces raisons, que la League prévoit jouer ses matches à huit-clos, si le coronavirus devient plus menaçant sur le territoire anglais.

Selon les statistiques, annuler ses matches entraîneront des pertes de plusieurs millions de livres.

Cependant, face à cette menace, la Fédération anglaise de football et de la Première League devront organiser des réunions avec les conseils de santé publique du gouvernement. Ils parleront notamment de la question et apporteront des modifications à la liste des rencontres.

 

Coronavirus: l’Afrique espère profiter des leçons d’Ebola

Pour faire face au coronavirus, les pays d’Afrique subsaharienne ne disposent que de fragiles systèmes de santé publique, mais ils peuvent s’appuyer sur l’expérience acquise au cours des précédentes épidémies d’Ebola en République démocratique du Congo et en Afrique de l’Ouest.

En 2014-2016, plus de 11.000 personnes sont mortes en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone essentiellement, pendant la pire épidémie d’Ebola jamais enregistrée. A l’époque, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait été accusée de retard dans sa réponse.

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus partie de Chine, qui a déjà fait plus de 3.000 morts dans le monde, seuls deux cas ont été officiellement confirmés en Afrique subsaharienne, au Nigeria la semaine dernière et au Sénégal lundi. Quelques cas ont aussi été enregistrés dans le nord du continent.

« Les épidémies d’Ebola ont permis aux pays (africains) d’avoir des bases sur lesquelles on s’appuie pour la préparation au Covid-19 », affirme Michel Yao, joint par l’AFP à Dakar.

Le directeur Afrique des programmes d’urgence de l’OMS cite la mise en place de systèmes de détection aux frontières des cas suspects, via une prise de température, et de structures d’isolement et de traitement dans les aéroports.

« Les ministères de la Santé ont maintenant l’obligation d’appliquer le Règlement sanitaire international (RSI, remontant à 2005), c’est-à-dire être en mesure de faire remonter précocement les épidémies et les cas, via le ministère, au niveau de l’OMS », a indiqué sur RFI le directeur des Affaires internationales de l’Institut Pasteur, Pierre-Marie Girard.

« Avec l’épidémie d’Ebola, on peut partir du principe que les systèmes de santé, les plateformes de coopération et communication et le +monitoring+ (suivi des cas) se sont développés », confirme Dorian Job, médecin basé à Dakar, responsable de programmes pour MSF aux Burkina, Niger, Nigeria et Cameroun.

« Il y a une meilleure surveillance, un meilleur suivi et cela va certainement aider », ajoute-t-il.

– 78 dollars –

Confrontés à des maladies multiples (paludisme, choléra, rougeole….), les pays africains se caractérisent par des systèmes de santé publique très précaires.

D’après la Banque mondiale, les dépenses de santé s’élevaient en 2016 à 78 dollars par habitant en Afrique subsaharienne, pour une moyenne mondiale de 1.026 dollars (avec des pointes à 9.351 dollars en Amérique du nord, et 3.846 dans l’Union européenne).

Le coronavirus arrive au moment où une autre « urgence de santé publique de portée internationale » frappe le continent: une nouvelle épidémie d’Ebola a en effet tué 2.264 personnes depuis août 2018 dans l’est de la République démocratique du Congo.

Aucun nouveau cas n’a été enregistré depuis près de deux semaines, mais les autorités doivent encore attendre 42 jours au total sans nouveaux cas pour déclarer la fin de l’épidémie.

Déjà mobilisées par Ebola, les autorités sanitaires congolaises prennent, pour prévenir l’arrivée du coronavirus, la température des voyageurs dès leur descente d’avion à l’aéroport de Kinshasa, ou quand ils traversent le fleuve Congo pour Brazzaville, la capitale du Congo voisin.

« Les mesures que nous avons prises pour lutter contre Ebola sont les mêmes que celles que nous avons prises contre le coronavirus, à savoir l’hygiène et le lavage des mains », détaille le professeur congolais Jean-Jacques Muyembe, chef de la riposte anti-Ebola.

Avec l’aide financière du Japon, Kinshasa vient aussi d’inaugurer un « centre de diagnostic et de recherche » au sein de son Institut national de recherche biologique (INRB).

Début février, seuls l’Afrique du Sud et le Sénégal disposaient de laboratoires pour tester des cas présumés de coronavirus. L’OMS a fourni depuis des équipements à une quarantaine de pays.

En Afrique de l’Ouest, les systèmes de santé sont encore marqués par la plus grave épidémie d’Ebola de l’histoire.

« Notre préparation est meilleure du fait des leçons apprises pendant la crise Ebola », affirme au Liberia le directeur général de l’Institut national de santé public, Mosoka P. Fallah.

« La population veut nous donner des informations, explique-t-il. Nous avons même plus de données que prévu, car les Libériens ont encore l’expérience d’Ebola en tête ».

Coronavirus : Premier cas de la maladie détecté au Sénégal

Le Sénégal fait son entrée, sur la liste des pays du continent Africains menacés par le Coronavirus. Selon les autorités du pays, un premier cas fut détecté au Sénégal.

A en croire l’agence de presse sénégalaise, il s’agirait d’un individu résidant au quartier des Almadies à Dakar. Ce dernier, dont la nationalité ni l’identité n’ont pas encore été révélées proviendrait de la France.

A cet effet, une réunion d’urgence s’est tenue ce lundi 02 mars à la présidence de la République. Au cours de cette réunion, le chef de l’Etat a annoncé la réalisation de test, afin de confirmé si l’individu est réellement porteur du virus. Ces tests seront réalisés à l’institut Pasteur de Dakar, à la suite de cela, ils seront rendus publics.

Cependant, Macky Sall a appelé à un changement de comportement face à ce virus. « Mais si le cas est confirmé, cela veut dire qu’on devra changer de comportement. Cela voudra dire que la maladie est dans nos murs », affirma le chef d’Etat.

Rappelons que le cas du Sénégal, devient le second en Afrique Subsaharienne après celui du Nigéria annoncé vendredi. Certains cas ont notamment été enregistré en Egypte et en en Algérie, mais aucun décès.

Virus: risque élevé dans l’UE, reflux confirmé en Chine

Des nouvelles infections en recul en Chine mais qui bondissent ailleurs dans le monde: l’Union européenne a relevé le niveau de risque lié au coronavirus tandis que l’épidémie s’accélère notamment aux Etats-Unis, jusqu’ici plutôt préservés.

Depuis plusieurs jours, l’épidémie semble faiblir en Chine, où des mesures de quarantaine draconiennes visent plus de 50 millions de personnes depuis fin janvier.

Mais la province orientale du Zhejiang (est) a annoncé que sept Chinois de retour d’Italie étaient porteurs du virus, confirmant les craintes d’une recontamination du pays par importation.

Nationalement, les autorités ont recensé mardi un total de 125 nouveaux cas de contamination. Il s’agit du chiffre quotidien le plus faible depuis le 21 janvier, avant même la mise en quarantaine de la ville de Wuhan (centre), au coeur de l’épidémie.

Selon les autorités chinoises, le Covid-19 a fait 31 nouveaux décès, tous situés au Hubei, la province dont Wuhan est la capitale. Le bilan s’élève ainsi à 2.943 morts dans l’ensemble du pays.

L’épidémie a dépassé lundi les 3.000 morts dans le monde et connaît une accélération hors de Chine.

En Corée du Sud, deuxième pays le plus touché après la Chine, le nombre total de contaminations avoisinait mardi les 5.000, alors que les autorités ont annoncé 477 nouveaux cas. Deux décès supplémentaires ont en outre été annoncés, portant le total à 28 morts.

L’Arabie saoudite, qui était jusque-là le seul pays du Golfe à n’avoir annoncé aucun cas sur son sol, a signalé lundi un premier cas de coronavirus. Il s’agit d’une personne testée positive après son retour d’Iran, pays où l’on recense désormais le plus grand nombre de décès liés à la maladie après la Chine (66 morts).

L’Union européenne a relevé son évaluation du risque de « modéré à élevé », avec un dernier bilan de 2.100 cas confirmés dans 18 pays membres.

Les ministres de la Santé de l’UE ont été convoqués pour une réunion extraordinaire vendredi à Bruxelles.

En Italie, pays le plus touché en Europe, la barre des 50 morts a été franchie lundi. Le pays est désormais officiellement divisé en trois zones. La « zone rouge » placée sous quarantaine, qui couvre 11 communes du Nord, représente plus de 50.000 habitants.

– Un vaccin « d’ici à l’automne »? –

En France, où plusieurs événements ont été annulés et le musée du Louvre est resté fermé, une troisième personne est décédée du nouveau coronavirus.

Il s’agit d’une femme de 89 ans testée en post-mortem à l’hôpital de Compiègne, qui « avait d’autres pathologies », a précisé le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon.

Aux Etats-Unis, qui étaient jusqu’ici plutôt préservés, quatre nouveaux décès ont été enregistrés lundi, portant à six le nombre de morts sur le territoire américain.

Plus de 90 malades ont été recensés, dont la moitié rapatriés de l’étranger.

Plusieurs patients diagnostiqués ces derniers jours n’avaient aucun lien connu avec un foyer de l’épidémie, ce qui laisse à penser que la maladie commence à se propager sur le sol américain.

Se voulant rassurant, le vice-président Mike Pence, qui coordonne la lutte contre l’épidémie, a annoncé qu’un traitement pourrait être disponible « d’ici l’été ou le début de l’automne ». Les premiers essais cliniques pour un vaccin pourraient avoir lieu « dans les six prochaines semaines », a-t-il dit.

– Menace sur l’économie –

Les banquiers centraux et ministres des Finances du G7 doivent s’entretenir mardi par téléphone pour coordonner leur action face à l’impact du nouveau coronavirus sur la croissance mondiale.

Cette mobilisation intervient à un moment où la croissance mondiale, déjà fragilisée par la guerre commerciale Chine-Etats-Unis, subit de plein fouet le ralentissement de l’économie chinoise et l’impact du coronavirus sur l’économie.

La semaine dernière, la Bourse de New York a connu sa pire semaine depuis la crise financière de 2008. Mais lundi, Wall Street a connu un rebond spectaculaire, les investisseurs espérant que les autorités monétaires des plus grands pays mettront au point une réponse coordonnée pour atténuer l’impact économique du nouveau coronavirus.

Dans la foulée, les principales Bourses asiatiques ont ouvert mardi dans le vert: à Tokyo, le principal indice Nikkei grimpait de 0,84% tandis que dans les premiers échanges la Bourse de Shanghai gagnait 1,21%.

La banque centrale australienne a toutefois abaissé mardi ses taux d’intérêt à un niveau historiquement bas, passant son taux directeur à 0,50%, contre 0,75% précédemment, pour amortir l’impact économique de l’épidémie.

L’équipementier Nike a annoncé lundi fermer jusqu’à mercredi son siège européen, situé près d’Amsterdam, après qu’un cas de Covid-19 a été détecté chez un membre du personnel.

Le siège européen de Nike, qui se trouve à Hilversum, à une trentaine de kilomètres de la capitale néerlandaise, compte quelque 2.000 employés originaires de 80 pays.

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Sénégal: premier cas confirmé de nouveau coronavirus

Le Sénégal a annoncé lundi son premier cas de nouveau coronavirus, sur un Français qui a séjourné en France en février avant de revenir au Sénégal et qui a été mis en quarantaine à Dakar.

Il s’agit du deuxième cas confirmé en Afrique subsaharienne après le Nigeria, qui concernait un Italien lui aussi de retour de son pays.

« Les résultats des tests effectués par l’Institut Pasteur de Dakar se sont avérés positifs », a dit devant la presse le ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr.

« A ce jour l’état du patient ne suscite aucune inquiétude majeure », a-t-il ajouté.

Le patient, un homme marié et père de deux enfants qui vit au Sénégal depuis plus de deux ans avec sa famille, a séjourné en France la deuxième quinzaine de février à Nîmes (sud) et dans une station de ski non-précisée de la région Auvergne-Rhône-Alpes (sud-est), a dit le ministre.

Rentré le 26 février au Sénégal, il a consulté, avec une fièvre de 39 degrés, un mal de gorge et des maux de tête. La structure médicale qui l’a reçu a contacté la cellule d’alerte sénégalaise mise en place contre le coronavirus, a dit le ministre.

Le patient a été mis en quarantaine dans le centre de traitement du service des maladies infectieuses et tropicales d’un hôpital de Dakar.

« Le dispositif de surveillance et de riposte au Covid-19 est renforcé et tous les moyens sont mis en oeuvre pour circonscrire la maladie », a ajouté le ministre. Il a appelé la population à la « sérénité » et a dit avoir « parfaitement confiance » dans le système de santé national.

En dehors du Sénégal et du Nigeria, les seuls concernés à ce jour en Afrique subsaharienne, quelques cas ont été enregistrés dans le nord du continent, en Algérie et en Egypte.

La possibilité d’une propagation du virus en Afrique et la faculté à faire face de pays aux systèmes de santé précaires sont un sujet de préoccupation pour l’Organisation mondiale de la Santé.

Plus de 3.000 décès liés au coronavirus, la propagation s’accélère hors de Chine

L’épidémie de nouveau coronavirus, dont le bilan a dépassé lundi les 3.000 morts, se propage désormais à un rythme beaucoup plus rapide à travers le monde qu’en Chine où elle est née, et pèse lourdement sur l’économie mondiale.

La France, nouveau foyer aigu de la contamination en Europe avec 130 cas depuis fin janvier, a enregistré son troisième décès depuis le début de l’épidémie, une personne résidant dans la même ville du nord de la France (Crépy-en-Valois) qu’une précédente victime.

L’Union européenne a relevé son évaluation du risque à « modéré à élevé », avec un dernier bilan de 2.100 cas confirmés dans 18 pays membres.

Les ministres de la Santé de l’UE ont été convoqués pour une réunion extraordinaire vendredi à Bruxelles.

Le nombre de cas dans le monde s’élevait à 90.160, dont 3.079 décès, dans 73 pays et territoires, dont 80.026 cas pour la seule Chine, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles lundi à 17h00 GMT.

Dans le pays, où le virus est apparu fin 2019, les autorités ont annoncé lundi 42 nouveaux décès pour un total de 2.912 morts. Les 202 nouveaux cas signalés lundi en Chine continentale constituent toutefois la plus faible augmentation quotidienne depuis fin janvier.

Si l’épidémie Covid-19 semble faiblir en Chine, où des mesures de quarantaine draconiennes visent plus de 50 millions de personnes, elle continue de s’aggraver dans plusieurs pays. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué lundi qu’il y avait eu en 24 heures près de neuf fois plus de nouveaux cas signalés ailleurs dans le monde qu’en Chine.

En Italie, pays le plus touché en Europe, la barre des 50 morts a été franchie, après une spectaculaire accélération des contagions avec plus de 500 nouveaux cas dimanche sur un total de 2.036.

Un second cas a été signalé lundi en Egypte, pays qui avait annoncé mi-février le premier cas sur le continent africain.

Derniers Etats à recenser leurs premiers cas de coronavirus lundi : le Sénégal avec un Français de retour de l’Hexagone, l’Arabie saoudite, avec une personne testée positive après un voyage en Iran et la Tunisie, avec un homme de retour d’Italie.

– Réponse concertée –

Un deuxième décès a également été annoncé aux Etats-Unis où 21 cas ont été recensés, auxquels s’ajoutent 47 malades rapatriés de l’étranger. Plusieurs patients diagnostiqués ces derniers jours n’avaient aucun lien connu avec un foyer de l’épidémie, ce qui laisse à penser que la maladie commence à se propager sur le sol américain, encore très épargné.

Quant à la Corée du Sud, deuxième pays le plus touché après la Chine, elle a recensé lundi près de 600 cas supplémentaires et huit nouveaux décès, pour un total de plus de 4.300 contaminations, dont 26 mortels.

Le leader du mouvement religieux lié à la moitié des cas de coronavirus en Corée du Sud a présenté ses excuses pour la responsabilité de son organisation dans la propagation de l’épidémie.

La Thaïlande, qui a enregistré 43 cas de contamination, a fait état lundi de son premier décès, un Thaïlandais de 35 ans qui souffrait également de la dengue.

L’Iran, l’un des pays les plus touchés, a rejeté lundi une proposition d’aide des Etats-Unis, conditionnée à la demande express de Téhéran. Paris, Berlin et Londres, par ailleurs co-signataires de l’accord sur le nucléaire iranien, ont annoncé qu’ils allaient fournir au pays un soutien matériel et financier.

– Risque de récession –

L’épidémie fait par ailleurs redouter une crise économique d’ampleur planétaire.

A ce titre, les ministres de l’Economie et les banquiers centraux des pays membres du G7 doivent avoir un entretien téléphonique mardi pour coordonner leur action face à l’épidémie de nouveau coronavirus qui se répand dans le monde et menace l’économie mondiale, a indiqué lundi le Trésor américain à l’AFP.

L’OCDE a ramené lundi sa prévision de croissance planétaire de 2,9% à 2,4% et mis en garde contre un scénario encore plus noir si l’épidémie devait s’aggraver.

Les marchés ont subi la semaine dernière leur plus forte dégringolade depuis la crise financière de 2008. La Bourse de Tokyo s’est reprise lundi (+0,95%), ainsi que les places chinoises. Toutefois, Milan perdait encore 2,5% lundi après-midi. Les bourses européennes étaient partagées sur la direction à prendre, et Wall Street a ouvert en hausse.

Le commissaire européen à l’Economie Paolo Gentiloni a appelé les pays de l’UE à agir pour soutenir l’économie, évoquant une « réponse budgétaire coordonnée des pays européens ».

Le Louvre, musée le plus visité au monde, est resté fermé lundi pour une deuxième journée consécutive, le personnel invoquant son droit à cesser le travail en cas de danger.

– Grand Prix annulé –

L’épidémie bouleverse aussi le calendrier sportif. Le Grand Prix moto du Qatar, prévu le 8 mars en ouverture du championnat du monde, a été annulé, et celui de Thaïlande, prévu le 22 mars, reporté.

En Italie, plusieurs matches du championnat de football (Serie A) ont été reportés et le Championnat suisse de football a été suspendu jusqu’au 23 mars, une mesure inédite en Europe.

En revanche, le comité organisateur a indiqué que les matches du Tournoi des Six-nations, outre Irlande-Italie déjà reporté, étaient maintenus « pour l’instant.

Le taux de mortalité semble être de 2 à 5%, selon l’OMS, qui a appelé dimanche les pays à travers le monde à s’approvisionner en dispositifs médicaux d’assistance respiratoire, indispensables pour traiter les patients atteints de la forme sévère de la maladie.

burx-bar-mla/fmi/mig/fjb

Coronavirus : Le ministre de l’intérieur Allemand refuse la poignée de la Chancelière

Le ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer a refusé de serrer la main de la chancelière Angela Merkel.

Cette situation s’est produite au début d’une conférence sur l’immigration, ce lundi, alors que la dirigeante tendait une main vers le ministre de l’intérieur, celui-ci l’a décliné d’un geste avec un sourire aux lèvres. Les deux responsables en ont ri ensemble, a observé un photographe de l’AFP.

Pour se prémunir d’une contamination, les professionnels de la santé recommandent notamment d’éviter les poignées de main.

En effet, l’épidémie du nouveau coronavirus se propage dans le pays, avec désormais 150 cas confirmés en Allemagne. Pour ce fait, l’évaluation du risque pour la population a été portée à « modéré » contre « faible à modéré » auparavant.

Rappelons que, l’épidémie a désormais atteint 10 Länder allemands sur 16, a précisé Lothar Wieler, directeur du Robert Koch-Institut, l’autorité fédérale de contrôle et de la lutte contre les maladies.

Coronavirus: quelle est l’ampleur réelle de l’épidémie en Iran?

Des experts internationaux s’interrogent sur l’étendue réelle de l’épidémie de nouveau coronavirus en Iran, pays qui concentre déjà le plus grand nombre de morts hors de Chine et foyer de contamination qui pourrait propager la maladie dans la région.

Si Téhéran ne nie pas que l’épidémie « se propage » avec 43 décès confirmés et 593 cas, d’autres bilans non officiels sont beaucoup plus lourds.

Selon le service persan de la BBC, qui dépend du groupe audiovisuel britannique public, le nombre de morts s’élèverait à 210, un chiffre immédiatement démenti samedi par le ministère iranien de la Santé.

L’organisation d’opposition en exil des Moudjahidines du peuple, considérée comme « terroriste » par Téhéran, a pour sa part affirmé que l’épidémie avait fait « plus de 300 morts » et jusqu’à « 15.000 » infectés dans le pays.

Six épidémiologistes basés au Canada ont quant à eux estimé, via un modèle mathématique, que l’Iran pourrait avoir plus de 18.000 cas sur son sol.

Leurs calculs, pas encore validés par leurs pairs, prennent notamment en compte le nombre de cas dans des pays étrangers ayant pour origine un voyage en Iran.

« Quand un pays commence à exporter des cas vers d’autres destinations, il est très probable que l’infection dans ce pays soit significative », assure à l’AFP Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses à l’université de Toronto et coauteur de cette étude publiée le 25 février sur la plateforme MedRxiv.

– « Position de faiblesse » –

Cette semaine, l’ONG Reporters sans Frontières s’est jointe au concert de critiques contre Téhéran sur cette crise, accusant le régime de dissimuler des informations sur la propagation du nouveau coronavirus.

« Les autorités affirment contrôler la situation, mais refusent de publier le nombre exact des personnes infectées et décédées », estime l’organisation.

Samedi, le porte-parole du ministère de la Santé Kianouche Jahanpour a réagi à ces critiques en accusant les médias étrangers de diffuser de fausses informations.

« Chez les radicaux en Iran, il y a une obsession de ne pas donner d’arme à l’ennemi et de ne pas apparaître en position de faiblesse », analyse Thierry Coville, spécialiste de l’Iran à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

« Parler du coronavirus sera bientôt considéré comme troubler l’opinion publique, agir contre la sécurité nationale et insulter le président! », s’inquiète pour sa part Assieh Bakeri, une Iranienne, sur Twitter.

– « C’est inquiétant » –

Un autre chiffre interpelle: avec plus de 7% de décès pour le nombre de cas recensés, l’Iran affiche un ratio « nombre de cas/nombre de morts » largement plus élevé que celui des autres pays.

En Chine, il est par exemple deux fois moins élevé (3,5%), tout comme en Italie (2%), deux pays fortement touchés.

« En Iran, les premiers cas ont été détectés avec le décès de patients. Donc si on calcule le ratio entre le nombre de cas et le nombre de morts de cette façon, il sera très élevé », explique à l’AFP Cécile Viboud, épidémiologiste au National Institutes of Health (Etats-Unis).

Quelle que soit la véracité des chiffres officiels, l’Iran est sans conteste l’un des principaux foyers de contamination hors de Chine.

Une situation aggravée par la situation économique actuelle. Le pays traverse une crise majeure avec le rétablissement depuis 2018 de sanctions américaines qui affectent particulièrement ses exportations de pétrole.

« Pourquoi l’Iran n’a-t-il pas arrêté les vols vers la Chine? Il y a une explication rationnelle: la Chine est l’un des derniers pays à leur acheter du pétrole. Ils ont besoin de maintenir ce lien économique », rappelle Thierry Coville.

« Avec les sanctions, on peut dire que le gouvernement a perdu au moins 30% de ses recettes budgétaires. Cela a forcément un impact sur leur système de santé », ajoute le chercheur.

Situé aux portes du Moyen-Orient et de certains pays à la situation humanitaire délicate, ce foyer a de quoi inquiéter.

« C’est inquiétant, tant pour la santé publique en Iran que par la forte probabilité d’une propagation aux pays voisins dont les capacités à répondre à une épidémie d’une maladie infectieuse sont plus faibles », soulignent les épidémiologistes canadiens dans leur étude.

Plusieurs pays comme le Qatar, l’Azerbaïdjan, le Liban ou encore l’Irak ont enregistré des cas de contamination sur leurs sols de personnes revenant d’Iran.

Les autorités iraniennes ont commencé à prendre des mesures pour endiguer la propagation de l’épidémie: annulation de la grande prière du vendredi dans plusieurs villes, fermetures de toutes les écoles jusqu’à mardi, fermeture du Parlement « jusqu’à nouvel ordre » et restrictions à la libre circulation dans le pays.

burx-pid/mig/eh/on

A Lagos, le coronavirus rappelle les peurs de l’épidémie d’Ebola

Lorsque Joyce Alali a entendu que le premier cas de coronavirus en Afrique sub-saharienne avait été déclaré dans sa ville, Lagos, capitale économique du Nigeria, elle a su tout de suite quoi faire.

Étudiante-infirmière, elle a fouillé dans ses affaires pour retrouver toutes les protections qu’elle utilisait en 2014, lorsque l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest avait gagné la mégalopole tentaculaire créant un vent de panique au sein de ses 20 millions d’habitants.

« Dès que j’ai entendu la nouvelle d’une contamination à Lagos, j’ai pensé +Oh mon dieu, c’est pas possible+ », raconte la jeune fille de 25 ans. « J’ai cherché mon masque et mon désinfectant pour les mains… ceux que j’utilisais déjà pour Ebola, je ne les avais pas ressortis depuis! ».

L’Afrique de l’Ouest a déjà dû faire face à l’épidémie dévastatrice d’Ebola qui a fait quelque 11.000 morts entre 2013 et 2016.

Au premier cas d’Ebola signalé à Lagos, un vent de panique s’était propagé dans la ville, mais finalement, seules sept personnes étaient décédées, sur 19 contaminées.

Vendredi, le spectre d’une « épidémie urbaine apocalyptique », comme l’avait décrit l’OMS au sujet d’Ebola, a refait surface.

– Marché surpeuplé –

Les habitants de Lagos ont commencé à traquer les produits de protection, après qu’un ressortissant italien, de retour de Milan, ait été déclaré contaminé par le nouveau coronavirus dans un hôpital de Lagos.

Dans le marché multicolore de Balogun, au coeur de Lagos Island, les étals des vendeurs se suivent dans un chaos organisé. Dans ce temple de la débrouille et des bonnes affaires, on se bouscule, on échange des nairas (la monnaie locale) de mains en mains et on zigzague entre les ruelles et les vendeurs à la sauvette.

C’est l’un des quartiers les plus densément peuplés de l’immense mégalopole, avec plus de 12.000 personnes au km2, selon une étude de l’Etat de Lagos.

« J’ai entendu parler de ce virus il y a à peine deux heures », raconte une vendeuse de boissons fraîches et beignets d’une cinquantaine d’année. « Nous prions pour qu’il ne s’agisse que d’une seule personne, et que Dieu l’aide à guérir. Je suis inquiète, mais je ne veux pas paniquer », philosophe la vendeuse.

Aisha, 29 ans, est parée contre la maladie. Elle traverse les allées du marché avec un masque noir en coton, et ne se sépare plus de son désinfectant pour les mains. « Toute ma famille, mes amis m’ont appelée ce matin pour me dire d’être vigilante. Ca m’inquiète pour ma santé », confie la jeune fille à l’AFP.

Hassan Hafeez aussi est « très, très inquiet ». « Oh j’ai peur, j’ai peur, je ne veux pas mourir, j’ai encore plein de choses à faire dans le futur ».

Mais en attendant, le trentenaire vend des savons, du détergent, des produits pharmaceutiques dans une minuscule échoppe surchargée qu’il tient avec sa mère. Et pour l’instant, la crise est plutôt positive pour ses finances: il a vendu 20 flacons de désinfectant en quelques heures.

« Avant on le vendait pour 400 nairas (1 euro), mais maintenant c’est 600 nairas », explique-t-il. « Ce n’est pas moi qui augmente les prix, ce sont les fournisseurs! », assure-t-il. « Mais même à ce prix là, les gens achètent, ils ne veulent pas mourir ».

– Pénurie –

Dans le quartier huppé et voisin d’Ikoyi, les pharmacies étaient prises d’assaut.

« Il y a une pénurie de masques en ville, nous en avons commandé mais nous n’en avons pas trouvé, donc nous conseillons aux gens d’utiliser des mouchoirs », déclare calmement une pharmacienne.

Ce cas de contamination à Lagos, est le premier confirmé et officiel en Afrique subsaharienne. Le faible nombre de cas jusque-là enregistré sur le continent – un en Egypte et un en Algérie -, qui entretient des liens économiques étroits avec la Chine, a intrigué les spécialistes de la santé, qui suggéraient que le continent n’avait sans doute pas les moyens de détecter le virus.

Mais le responsable de la Santé de l’Etat de Lagos, Akin Abayomi, s’est voulu rassurant: « Nous menons une campagne très agressive de sensibilisation. Nous avons suivi une formation approfondie », a-t-il affirmé vendredi.

Les autorités ont mis en place des centres de quarantaine à Lagos et Abuja et trois laboratoires du pays sont capables de de diagnostiquer le virus.

Nigeria: un cas de coronavirus recensé à Lagos, mégalopole économique de 20 millions d’habitants

Un cas de contamination au nouveau coronavirus a été confirmé à Lagos, la capitale économique du Nigeria, rappelant les peurs déclenchées pendant l’épidémie d’Ebola qui avait touché cette mégalopole tentaculaire de 20 millions d’habitants il y a six ans.

Le ministère fédéral de la Santé « confirme un cas de coronavirus (Covid-19) dans l’Etat de Lagos. Ce cas qui a été confirmé le 27 février 2020 est le premier à être recensé au Nigeria depuis le début de l’épidémie », a-t-il indiqué sur Twitter.

Le ministère précise qu’il s’agit d’un ressortissant italien travaillant au Nigeria et qui est revenu dans ce pays depuis la ville italienne de Milan le 25 février.

« Le patient est dans un état clinique stable et ne présente pas de symptômes inquiétants », a assuré le ministère, sans toutefois donner de précisions sur les lieux de son hospitalisation.

Il s’agit de la première contamination confirmée et officielle en Afrique subsaharienne, jusque là apparemment préservée de l’épidémie mondiale.

– Pays vulnérable –

Le Nigeria, pays le plus peuplé du continent avec près de 200 millions de personnes, est l’un des pays les plus vulnérables au monde avec un système de santé fragile et une densité de population extrêmement importante (près de 7.000 habitants au km2, selon World Population Review).

En 2014, lorsque le premier cas d’Ebola avait été signalé à Lagos, capitale économique du pays, le monde entier avait retenu son souffle et un vent de panique absolue s’était propagé dans la ville.

Finalement, seules sept personnes sont décédées, sur 19 contaminées, de cette maladie très contagieuse qui a fait plus de 11.000 morts en Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016.

L’OMS avait salué « le succès spectaculaire » face à ce qui aurait pu devenir « une épidémie urbaine apocalyptique »: les autorités de l’Etat de Lagos avaient réagi à temps, du personnel médical de fondations internationales en poste à Abuja a été déployé, et la maladie était restée confinée dans les quartiers huppés de la ville.

De nombreux Nigérians partent en Chine pour acheter des biens qu’ils revendent ensuite sur les marchés de ce hub économique qui dessert toute l’Afrique de l’Ouest, et les autorités sanitaires nigérianes s’étaient déjà préparées à faire face à une potentielle contamination.

« Nous avons des centres de quarantaine à Abuja (capitale fédérale), et aussi à Lagos », avait déclaré à la mi-février le ministre de la Santé Olorumibe Mamora, assurant que le pays était « sous surveillance » et que des laboratoires pour détecter le virus ont été ouverts dans plusieurs villes du pays.

– « Leçons d’Ebola » –

« Nous avons tiré des leçons d’Ebola », a, de son côté, assuré le directeur général de WAHO (West African Health Organization), Stanley Okolo.

« Tous nos pays membres contribuent à un fonds de sécurité sanitaire, appelé le « fonds Ebola, et nous avons des partenaires internationaux qui contribuent aussi. La dévastation d’une épidémie a des effets sur tout le monde », a-t-il déclaré la semaine dernière, invitant tous les pays de la zone a rendre un plan stratégique de préparation.

En effet, la « principale préoccupation » de l’OMS « continue d’être le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires », a déclaré son patron, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Situé dans un zone tropicale non loin de l’équateur, le Nigeria est un terrain propice aux virus et il a dû affronter des maladies aussi rares que dangereuses (Ebola, poliomyélite, méningite, fièvre de Lassa,…).

Il est mieux préparé à la gestion des épidémies que de nombreux autres pays de la région, selon les experts.

Dans un pays où la moindre ville « moyenne » frôle le million d’habitants et qui compte deux mégalopoles de plus de 10 millions d’habitants, la pression des partenaires internationaux, et notamment de l’OMS, est très importante.

Le Nigeria a prévu un montant de 427,3 milliards de nairas (800 millions d’euros) pour le secteur de la santé en 2020 (soit 4,1% de son budget, bien loin des recommandations de l’OMS qui s’élevaient à plus de 13% du budget).

Le manque d’infrastructures, la vétusté des équipements, mais aussi l’incapacité des patients à payer leurs traitements ou le départ massif de ses médecins vers l’étranger, font du premier exportateur de pétrole en Afrique l’un des plus mauvais élèves du continent en matière de santé.

Questions autour de l’apparente immunité de l’Afrique face au coronavirus

Détection défaillante, facteur climatique ou simple coup de chance ? Le très faible nombre de cas de coronavirus détectés dans les pays d’Afrique, aux systèmes de santé les plus fragiles, n’en finit pas d’interroger voire d’inquiéter les experts.

A ce jour, seules deux personnes ont été officiellement contaminées par le virus Covid-19 sur le continent, une en Egypte, l’autre en Algérie, pour aucun décès.

Une goutte d’eau dans l’océan des 80.000 cas et 2.800 morts recensés dans une cinquantaine de pays, pour l’essentiel en Chine, où le premier foyer de l’épidémie est apparu dans la ville de Wuhan, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Peu de temps après l’apparition du virus, les spécialistes ont pourtant pointé du doigt les risques de propagation de la maladie en Afrique. A cause de ses liens commerciaux étroits avec Pékin et des faiblesses de son réseau médical.

La semaine dernière, l’OMS a même averti que le continent était mal préparé pour faire face à l’épidémie.

« Notre principale préoccupation continue d’être le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires », a déclaré son patron, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Une modélisation publiée dans la revue médicale The Lancet a fait de l’Egypte, de l’Algérie et de l’Afrique du Sud, qui a annoncé jeudi le rapatriement de 132 de ses ressortissants de Wuhan, les trois pays du continent les plus menacés.

Ils sont aussi, selon l’étude, les moins vulnérables car les mieux préparés à repérer l’infection.

Mais malgré de nombreuses alertes, l’épidémie ne semble pas jusque-là se développer significativement sur le continent.

– Vulnérabilité –

Pourquoi ? Les épidémiologistes se perdent en conjectures.

« Personne ne sait », avoue le Pr Thumbi Ndung’u, de l’Institut africain de recherche sur la santé à Durban (Afrique du Sud). « Peut-être n’y a-t-il simplement pas tant de déplacements entre l’Afrique et la Chine », avance-t-il.

Ethiopian Airlines, la plus importante compagnie aérienne africaine, n’a toutefois jamais suspendu ses liaisons avec la Chine depuis le début de l’épidémie. Et China Southern vient de reprendre ses vols avec le Kenya.

Alors certains avancent la piste d’une possible protection climatique. « Peut-être que le virus ne pousse pas dans l’écosystème africain, on ne sait pas », esquisse le Pr Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Bichat à Paris.

Une hypothèse rejetée par Pr Rodney Adam, de l’hôpital universitaire Aga Khan de Nairobi (Kenya).

« Nous n’avons aucune preuve d’une quelconque influence du climat sur la transmission (du virus) », assure-t-il, « à l’heure actuelle, il semble que la vulnérabilité des Africains soit la même que celle des autres ailleurs ».

D’autres sont tentés d’attribuer le faible nombre de cas confirmés de coronavirus à de possibles ratés des systèmes de détection déployés dans les pays du continent.

« C’est vrai qu’il y a certains pays, certaines régions dont on n’est pas certain de la capacité, ne serait-ce que par faute de ressources, à mettre en oeuvre les modalités de diagnostic », dit le Dr Daniel Lévy-Bruhl, de l’agence sanitaire française Santé publique France.

– Systèmes en place –

« Il y a un risque que des chaînes de transmission méconnues existent aujourd’hui dans certains pays du monde », ajoute-t-il.

Les spécialistes écartent toutefois le risque d’erreurs de détection massives. « Mais s’il y avait des cas massifs en Afrique, je pense qu’on le saurait car l’OMS est en alerte et beaucoup de gens sont très attentifs », juge le Dr Amadou Alpha Sall, patron de l’Institut Pasteur de Dakar (Sénégal).

« Tous les systèmes sont en place », confirme le Dr Michel Yao, en charge des plans d’urgence pour l’OMS à Brazzaville (Congo).

Le nombre de pays africains disposant de laboratoires capables d’identifier le Covid-19 est passé en quelques semaines de deux (Afrique du Sud et Sénégal) à 29, se félicite le Dr Yao.

Le principe de précaution s’est en outre imposé. Jeudi, Madagascar a interdit son territoire, prisé des touristes, à tous les voyageurs ayant récemment séjourné en Iran, en Italie ou en Corée du Sud, foyers importants de l’épidémie. De son côté le gouvernement de l’archipel touristique du Cap-Vert a décidé jeudi d’interdire pendant trois semaines tous les vols en provenance d’Italie.

Un point faible persiste, souligne toutefois le Dr Yao, la capacité à contenir l’épidémie et à traiter ses victimes.

« La plupart des pays africains ne seraient pas capables de traiter des cas sévères nécessitant des soins intensifs », estime-t-il, « les capacités sont limitées dans les capitales (…) et en dehors, elles sont encore plus faibles… »

Mais plutôt que d’envisager un scénario catastrophe, les spécialistes préfèrent se satisfaire de leur bonne fortune actuelle.

« Il est difficile de dire pourquoi » si peu de cas ont été recensés jusque-là en Afrique, souligne le Pr Thumbi Ndung’u, « peut-être nous avons simplement de la chance ».

Coronavirus: Xi Jinping promet aide et matériel à l’Afrique

La Chine est prête à offrir assistance et matériel médical aux pays africains face à l’épidémie de coronavirus, qui constitue pour eux un défi de santé publique, a déclaré mardi le président chinois Xi Jinping.

Jusqu’à présent, l’Egypte est le seul Etat d’Afrique à avoir enregistré un cas confirmé de contamination.

Mais l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a averti que les systèmes de santé et les infrastructures sanitaires du continent étaient mal équipés pour affronter le coronavirus si les cas se multipliaient.

« Les pays africains sont confrontés à de nombreux défis en matière de prévention et de contrôle de l’épidémie », a souligné Xi Jinping lors d’une conversation téléphonique avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

« La Chine est disposée à fournir aux pays africains le matériel médical dont ils ont un besoin urgent, y compris des tests de dépistage », a-t-il déclaré selon l’agence officielle Chine nouvelle.

Xi Jinping a également promis un renforcement de « la coopération sino-africaine en matière de santé publique et de prévention et de contrôle des maladies », sans offrir de précision.

Selon l’OMS, si des cas de contamination apparaissaient en grand nombre, les pays africains pourraient être confrontés à des pénuries de kits de dépistage et d’équipement de protection comme des masques.

Les systèmes de santé devront prendre en charge des malades atteints de défaillances respiratoires, de chocs septiques ou de défaillance simultanée de plusieurs organes, a relevé son directeur Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« Ces patients ont besoin de soins intensifs nécessitant des équipements comme des appareils d’assistance respiratoire qui manquent dans de nombreux pays africains, et c’est une source de préoccupation », a-t-il déclaré.

La Chine avait envoyé en 2014 des centaines de médecins, épidémiologistes, ingénieurs, infirmiers et techniciens en Afrique de l’Ouest pour combattre l’épidémie d’Ebola.

« Comme des réfugiés »: à Wuhan, la lutte des habitants confinés pour se nourrir

« On a l’impression d’être des réfugiés »: à Wuhan, la ville berceau du coronavirus coupée du monde depuis un mois, les habitants confinés luttent pour se nourrir, entre une offre raréfiée, des restrictions d’achat et une envolée du prix des légumes.

Son quartier a été verrouillé sans préavis: Guo Jing, une jeune femme de 29 ans, est désormais cloîtrée chez elle.

Elle a vu sa liberté de circulation réduite progressivement à néant: d’abord, le 23 janvier, il est devenu interdit de quitter Wuhan, coupée du monde dans l’espoir d’endiguer l’épidémie, apparue dans cette ville de 11 millions d’âmes du centre de la Chine.

Puis, les habitants n’ont plus eu le droit de quitter leur complexe résidentiel ou bloc d’habitation qu’une fois tous les trois jours.

Et désormais, même cette permission a disparu: Guo Jing ne peut plus mettre un pied dehors et dépend désormais des livraisons à domicile.

« Certes, je peux vivre ainsi encore un mois », explique-t-elle, évoquant ses stocks de légumes marinés et d’oeufs.

Tous n’ont pas cette chance: pour les millions de Chinois piégés à Wuhan, l’interdiction de quitter sa résidence suscite d’angoissantes questions pratiques.

« Quand les provisions que nous avons chez nous seront terminées, j’ignore totalement où nous pourrons faire des achats », s’inquiète Pan Hongsheng, qui vit avec son épouse et ses deux enfants.

Les habitants de cette ville bouclée depuis un mois ont été contactés par l’AFP par téléphone et par messagerie.

Certaines communautés ou résidences passent des commandes en gros après de supermarchés.

Rien de tel dans le voisinage de M. Pan: « Tout le monde s’en fiche », se désole-t-il auprès de l’AFP. « Notre petit de trois ans n’a même plus de lait en poudre! ».

Pan Hongsheng est dans l’impossibilité de transmettre des médicaments à ses beaux-parents octogénaires habitant un autre quartier. « On a l’impression d’être des réfugiés », commente-t-il, amer.

– « On ne peut pas choisir » –

Les autorités appellent à la patience: « Le contrôle étroit des communautés dérange un peu la vie des gens, c’est inévitable », a simplement constaté devant la presse Qian Yuankun, vice-secrétaire du Parti communiste dans la province.

Les achats groupés de nourriture s’envolent, organisés sur des groupes de discussion improvisés sur la messagerie mobile WeChat.

Certains commerces vendent des paniers de produits frais au poids, à condition que les commandes soient groupées à une même adresse.

Dans le quartier de Guo Jing, on peut acheter 6,5 kilos de légumes de cinq variétés, dont des patates et des choux, au prix fort de 50 yuans (6,60 euros).

« Vous ne pouvez pas choisir ce que vous aimeriez manger. Les préférences personnelles ne sont plus de saison », soupire la jeune femme.

Le système des achats groupés laisse de côté certaines communautés de petite taille, puisque les supermarchés exigent un nombre minimum de commandes.

« Honnêtement, on ne peut pas faire autrement », se justifie Yang Nan, patronne d’un supermarché Laocunzhang, qui impose un minimum de 30 commandes groupées. « Nous avons seulement quatre véhicules » et un effectif réduit.

Un autre supermarché indique à l’AFP ne satisfaire que 1.000 commandes au maximum par jour.

« C’est devenu très compliqué de recruter » des coursiers, observe Wang Xiuwen, salarié du département logistique du magasin, indiquant être réticent à accepter des bras extérieurs… par crainte des contaminations.

– Légumes « déjà pourris »-

L’intensité des restrictions varie cependant selon les quartiers.

Une jeune femme de 24 ans, s’exprimant sous couvert d’anonymat, explique à l’AFP que les occupants de son immeuble peuvent sortir, une personne par foyer à la fois, et payer des livreurs directement pour leur ramener des courses.

Dans d’autres districts, les supermarchés ont interdiction de vendre directement aux particuliers, ce qui oblige à s’en remettre aux comités de quartiers ou organisations de résidents capables d’acheter en gros.

Ainsi, le complexe résidentiel de David Dai, dans les faubourgs de Wuhan, organise des commandes groupées au prix fort.

« Mais la réalité est horrible (…) On reçoit des tas de tomates et d’oignons déjà pourris », s’énerve ce père de 49 ans, selon qui le tiers des aliments livrés est bon à jeter. Sa famille en est réduite à faire sécher des épluchures de navets pour ajouter des nutriments aux futurs repas, raconte-t-il.

Le pire, c’est l’incertitude, conclut Ma Chen, un jeune trentenaire vivant seul.

Faute de savoir quand une prochaine commande sera possible et combien de temps dureront les restrictions, « je ne sais jamais quelle quantité de nourriture acheter ».

L’Irak annonce un premier cas de coronavirus, un citoyen iranien (officiel)

L’Irak a annoncé lundi son premier cas de contamination au nouveau coronavirus, un étudiant en religion iranien dans la ville sainte chiite de Najaf, alors que le pays a déjà interdit les voyages entre l’Irak et son grand voisin iranien.

Cet homme, âgé d’une trentaine d’années selon une source médicale, est le premier cas officiellement annoncé en Irak, un pays au système de santé totalement délabré qui accueille sur son sol de nombreux pèlerins et étudiants en religion venus d’Iran.

L’Iran est en première ligne face au nouveau coronavirus, avec 12 cas recensés jusqu’ici, soit le plus grand nombre de cas de décès en dehors de Chine, épicentre de la maladie.

L’homme atteint de la pneumonie virale Covid-19 était lundi en quarantaine dans un hôpital de Najaf, au sud de Bagdad. Tout membre du personnel lui fournissant des soins était ensuite passé avec ses habits sous un jet de produit désinfectant, a constaté un photographe de l’AFP.

Aussitôt cette annonce faite, la direction de l’Education de cette province a annoncé « suspendre jusqu’à nouvel ordre les examens de fin de premier semestre » dans l’ensemble des établissements scolaires et universitaires de la province.

L’Irak, inquiet des décès en Iran et de l’annonce d’une première contamination dans un autre pays voisin, le Koweït, a fermé sa frontière à l’est avec les deux pays.

Bagdad a également interdit les voyages vers et depuis l’Iran jeudi, mais la direction de la Santé de Najaf a affirmé lundi dans son communiqué que le premier malade d’Irak était entré « avant l’interdiction d’entrée sur le territoire prononcée contre les Iraniens ».

En Iran, la plupart des dernières contaminations ont eu lieu à Qom, une ville sainte à 150 km au sud de Téhéran qui revêt une importance particulière pour les chiites, une communauté très présente au Liban, en Irak et au Koweït, ce qui alimente la psychose en Irak.

Les Irakiens s’étaient déjà inquiétés de la diffusion du nouveau coronavirus en Chine: plusieurs compagnies pétrolières chinoises opèrent avec leur personnel en Irak. Alors que le bilan en Chine avoisine les 2.600 morts, l’entrée sur le territoire irakien de tout étranger en provenance de Chine a été interdite par Bagdad.

Les Irakiens sont d’autant plus préoccupés que leur pays est en pénurie chronique de médicaments et compte moins de 10 médecins pour 10.000 habitants, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Coronavirus: Téhéran promet la « transparence » après des accusations

Les autorités de Téhéran ont promis lundi la transparence sur l’épidémie de nouveau coronavirus en Iran, démentant catégoriquement que l’épidémie ait pu faire un cinquantaine de morts comme l’affirme un député accusant le gouvernement de « mentir au peuple ».

« Je nie catégoriquement cette information », a déclaré le vice-ministre de la Santé, Iraj Harirtchi, interrogé sur le chiffre avancé par Ahmad Amirabadi Farahani.

Cet élu ultraconservateur de la ville de Qom –où ont été annoncés, le 19 février, les premiers cas et décès liés au nouveau coronavirus– a assuré que le nombre de morts s’élevait dimanche soir à « environ 50 personnes » pour cette ville sainte chiite située à 150 km au sud de Téhéran et dont la province est la plus touchée par l’épidémie.

« Je demande à notre frère qui déclare ce chiffre de 50 morts de nous fournir la liste de leurs noms dans une lettre. Si le nombre de décès à Qom atteint la moitié ou le quart de ce chiffre, je démissionnerai », a rétorqué le vice-ministre de la Santé.

« Nous nous engageons à être transparents sur la publication des chiffres », a renchéri le porte-parole du gouvernement Ali Rabii. « Nous annoncerons tout chiffre concernant le nombre de morts sur l’ensemble du pays », a-t-il promis.

L’agence de presse Ilna, proche des réformateurs, a été la première à publier les accusations formulées par M. Amirabadi Farahani devant des médias iraniens, à l’issue d’une session à huis clos consacrée au coronavirus avec le ministre de la Santé, Saïd Namaki.

Le député a également accusé le gouvernement de « ne pas dire la vérité » sur l’ampleur de l’épidémie en Iran, selon l’agence semi-officielle Isna.

« Le reste des médias n’a pas publié ce chiffre, mais nous préférons ne pas censurer ce qui concerne le coronavirus car la vie du peuple est en danger », a déclaré à l’AFP Fatemeh Mahdiani, rédactrice en chef de l’agence Ilna.

– Annonce tardive –

L’agence Fars, proche des ultraconservateurs, a ensuite nuancé, rapportant que l’élu de Qom avait parlé d’un bilan « inférieur à 50 » morts dans sa ville, en réponse à une question lui demandant si le total était de 60 morts.

« Malheureusement, le coronavirus est arrivé à Qom depuis trois semaines et cela a été annoncé (trop) tard », a ajouté l’agence en citant le député.

Les autorités ont annoncé lundi la mort de quatre nouvelles personnes infectées par le virus Covid-19.

Ces décès portent à 12 le nombre de personnes tuées en Iran par l’épidémie de pneumonie virale, sur un total de 61 personnes contaminées dans le pays, selon les derniers chiffres du ministère de la Santé.

Ce bilan place l’Iran au premier rang des pays touchés par la maladie en dehors de Chine, d’où est partie le virus et où l’on recense presque 2.600 morts.

Après la province de Qom, où 34 cas de contamination ont été recensés, suivent celles de Téhéran avec 13 cas, Gilan (nord, 6 cas), Markazi (centre, 4 cas), Ispahan (centre, 2 cas), et les provinces de Hamédan (ouest) et Mazandaran (nord), avec un cas chacune, selon le ministère.

Hormis pour les deux premiers décès à Qom, les autorités ne précisent plus le lieu des nouveaux cas mortels.

– Commerçant ou clandestins? –

La confiance de la population iranienne dans les autorités est mise à rude épreuve depuis l’affaire de l’avion de ligne ukrainien dans lequel 176 personnes, majoritairement iraniennes et canadiennes, ont péri.

Les forces armées avaient reconnu leur responsabilité dans le drame trois jours après les faits et après le démenti par les autorités civiles de la thèse d’un tir de missiles avancée par le Canada dès le soir de la catastrophe.

Lundi, le Koweït et Bahreïn ont annoncé avoir détecté leurs premiers cas de personnes infectées par le nouveau coronavirus, ajoutant qu’elles revenaient d’Iran, pays riverain situé sur la rive opposée du Golfe.

Le ministère de la Santé de Koweït a précisé que trois personnes revenant de Machhad, la deuxième ville d’Iran, avaient été testées positives au virus.

Les autorités iraniennes n’ont encore annoncé aucun cas de contamination dans cette ville sainte et très important centre de pèlerinage chiite, dans le nord-est du pays.

De son côté, l’Irak a annoncé son premier cas de contamination, un étudiant en religion iranien dans la ville sainte chiite de Najaf.

A l’issue de la session à huis clos des députés avec le ministre de la Santé, le porte-parole du bureau du Parlement iranien, Assadollah Abbassi, a déclaré que celui-ci avait pointé, comme « cause de l’infection au coronavirus en Iran », « des personnes entrées illégalement dans le pays depuis le Pakistan, l’Afghanistan et la Chine », selon Isna.

La veille, le ministre avait pourtant déclaré que l’une des personnes tuées par la maladie à Qom était « un commerçant (local) qui avait effectué plusieurs voyages en Chine ».

Le nord de l’Italie se barricade doucement face au virus

Le militaire n’a pas de masque. D’un geste automatique, il remonte son écharpe sur le nez en s’approchant des conducteurs. Petit à petit, la routine de la quarantaine s’installe à l’entrée de Casalpusterlungo, une des villes du nord de l’Italie frappées par le coronavirus.

C’est un rond-point banal, posé au milieu de la plaine lombarde. Deux de ses bretelles sont bloquées par des voitures des douanes. Au-delà, on est en « zone rouge », là où ont été identifiés des foyers d’infection au coronavirus. Là où plusieurs dizaines de milliers d’habitants sont placés depuis dimanche en stricte quarantaine. Théoriquement.

Seuls sont autorisés à entrer dans la zone rouge les camions transportant des produits de première nécessité (médicaments, nourriture), les policiers, le personnel médical ou les personnes bénéficiant de dérogations exceptionnelles.

Idem pour la sortie. Mais certains conducteurs, voire des cyclistes, franchissent le barrage et quittent la zone de quarantaine.

« Ils ne sont pas résidents dans la zone, ils l’ont juste traversée », explique un militaire, en concédant que la quarantaine est en train de se mettre en place et que les procédures sont parfois encore flexibles.

De nombreux automobilistes et camionneurs sont toutefois refoulés, dans le calme général. Même le chauffeur désespéré -« mais où je vais, moi ? qu’est ce que je vais faire ? »- et qui lance en faisant demi-tour « Pays de bouffons! » élève à peine la voix.

– Eau potable –

« La population est généralement très coopérative », reprend le militaire au barrage.

Et l’angoisse reste très contenue. « Si on devait avoir peur, qu’est-ce qui se passerait ? », sourit Gianluca Bragalini, un employé d’une société de distribution d’eau potable qui s’apprête à entrer en zone rouge avec une dizaine d’autres collègues. « On doit garantir le fonctionnement des services publics. Imaginez si l’eau potable venait à manquer ? ».

Arrive à pied Angela Grechi, responsable d’une association de protection des chats. Elle s’inquiète pour 80 félins abrités à Somaglia, une commune dans la zone rouge, qui n’auront bientôt plus à manger.

« J’espérais pouvoir livrer la nourriture ici au rond-point à notre responsable locale, mais il faut une autorisation de la préfecture », soupire-t-elle. « Je sais, ça paraît dérisoire de s’inquiéter pour des chats, mais… », lance-t-elle en tournant les talons.

Avec onze villes en quarantaine depuis dimanche, soit plus de 50.000 habitants confinés, l’Italie est devenue le premier pays européen à prendre des mesures drastiques pour contenir l’épidémie de Covid-19.

Quatre personnes sont mortes dans le nord du pays depuis vendredi, et plus de 200 cas ont été recensés. En Lombardie, la région de Milan, les autorités ont décidé la fermeture des écoles pendant une semaine et l’annulation de toutes les manifestations culturelles et sportives.

– ‘Situation absurde’ –

A quelques kilomètres de Casalpusterlengo, autre rond-point, autre barrage. Ambiance tout aussi tranquille, mais visions parfois angoissantes, comme cette ambulance qui rentre dans la zone à tombeau ouvert, conduite par un homme au visage entièrement masqué et revêtu d’une combinaison totale.

Stefano Medaglia, un menuisier de 32 ans, sa femme et leur bébé dans sa poussette arrivent à pied de la zone rouge jusqu’au rond-point.

« On est sortis faire quelques pas, on reste éloignés des autres gens, on prend nos précautions », explique le jeune homme originaire de Bertonico, une commune sous quarantaine. « Là-bas, c’est calme, il n’y a pas d’alarmisme. Mais c’est une situation étrange, absurde », soupire M. Ledaglia, qui craint pour l’activité de son entreprise familiale à Somaglia, autre ville dans la zone rouge.

« Je viens demander aux carabiniers (gendarmes, ndlr) s’il est possible de se déplacer d’une ville à l’autre à l’intérieur de la zone de quarantaine », explique-t-il. Il repart avec une réponse assez floue.

Pendant ce temps, certaines voitures entrent dans la zone, sans qu’on comprenne vraiment pourquoi. « Tant qu’elles restent sur la départementale, ca va. Il ne faut pas qu’elles prennent les petites routes et aillent dans les villages », dit un carabinier. Et comment peut-on le vérifier ? Il hausse les épaules.

Virus : l’Italie confine onze villes du Nord pour endiguer la contagion

Un cordon sanitaire était en place lundi autour de onze villes du nord de l’Italie, cœur économique du pays, pour endiguer la propagation du coronavirus, qui y a déjà fait cinq morts.

La soudaine flambée depuis vendredi des cas de nouveau coronavirus, passés de 6 à 219 en quatre jours, fait de l’Italie le pays le plus touché en Europe et le troisième dans le monde après la Corée du Sud et la Chine.

L’annonce lundi de la mort d’un homme de 88 ans près de Milan, en Lombardie (nord-ouest), a fait grimper le bilan à cinq décès, tous survenus dans le nord du pays : quatre en Lombardie et un en Vénétie (nord-est). Il s’agissait à chaque fois de personnes âgées et souvent déjà atteintes d’autres pathologies.

Le premier décès d’un Italien – et premier d’un Européen – avait été annoncé vendredi dans un village près de Padoue en Vénétie.

Le patient numéro 1 pour la Lombardie est un homme de 38 ans, Mattia, cadre de la multinationale anglo-néerlandaise Unilever à Casalpusterlengo. L’origine de sa contamination reste cependant un mystère, du propre aveu du ministère de la Santé.

L’Italie a multiplié depuis les mesures de précaution, dont la mise en semi-confinement des quelque 52.000 habitants d’une dizaine de villes du Nord: les lieux publics y sont fermés, sauf quelques magasins de première nécessité et les pharmacies de garde.

Le chef de la Protection civile italienne Angelo Borrelli a cherché lundi à rassurer la population: « Nous sommes intervenus à travers des mesures fortes et importantes, et donc je pense que notre pays est en mesure de garantir la sécurité », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse.

Par précaution, toutes les excursions scolaires sont suspendues à l’intérieur et l’extérieur de la péninsule. Cette crise sanitaire a fait chuter la bourse de Milan, capitale économique du pays (-4,7%, vers 13H00 GMT).

Par ailleurs, une soixantaine de passagers venus de Lombardie et de Vénétie voyageant à bord d’un avion de la compagnie italienne Alitalia se sont vu interdire lundi de débarquer à l’île Maurice.

En Lombardie, région la plus touchée avec 167 cas, le métro de Milan était à moitié vide lundi matin, avec de nombreux passagers équipés de masques de protection.

Ecoles, universités, mais aussi musées, cinémas et théâtres dont la prestigieuse Scala, ainsi que la cathédrale gothique, symbole de la ville, sont fermés.

– Cinémas désertés –

Certains supermarchés milanais sont déjà dévalisés et le maire de la ville Beppe Sala a appelé ses concitoyens à la raison: « plutôt que de courir dans les supermarchés pour s’accaparer des aliments, il faudrait prendre soin des plus faibles, en particulier des personnes âgées qui sont celles qui courent le plus de risques ».

Les bars devront baisser leurs rideaux de 18H00 à 6H00 du matin, suspendant de fait la tradition locale de l’apéritif.

« Nous sommes sûrs que les mesures que nous avons prises empêcheront la contagion de se répandre », a assuré le président de Lombardie, Attilio Fontana.

En Ligurie (nord-ouest), la célébration des messes a été interrompue. Seuls les enterrements et les mariages restent programmés, mais en petit comité.

Les cinémas du pays sont aussi désertés: ce week-end, les recettes ont chuté de 44% par rapport au week-end précédent.

Outre la Lombardie, voisine de la Suisse, c’est en Vénétie, proche de la Slovénie, qu’ont été détectés le plus grand nombre de cas (27 cas dont un mort).

La Vénétie a décrété dimanche l’interruption des festivités du célèbre carnaval de Venise -qui devait s’achever mardi- ainsi que des manifestations sportives et la fermeture des écoles et musées. Mais bars et restaurants restent ouverts.

Trois autres régions sont touchées: l’Emilie-Romagne (nord), le Piémont (nord-ouest) frontalier de la France, et le Trentin-Haut-Adige (nord-est), frontalier de l’Autriche.

Autour des principaux foyers, écoles et universités sont fermées, tout comme tous les lieux publics (bars, restaurants, bibliothèques, mairies, salles de sport).

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Coronavirus: l’extension rapide confirme l’inquiétude de l’OMS (experts)

La multiplication de nouveaux cas de coronavirus hors de Chine conforte le cri d’alarme de l’OMS sur le risque de propagation de l’épidémie, estiment dimanche des experts, en appelant à renforcer la vigilance.

« L’épidémie de Covid-19 a connu un profond tournant ces dernières 48 heures. L’OMS et ses États membres doivent maintenant réfléchir à passer d’une stratégie d’endiguement à une stratégie d’atténuation, c’est à dire la réduction des impacts négatifs de la poursuite de la transmission » du virus, estime le professeur Devi Sridhar, responsable du programme de Gouvernance sanitaire à la faculté de médecine d’Édimbourg (Grande-Bretagne).

Vendredi, le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus avait déjà tiré la sonnette d’alarme: « Au moment où nous parlons, nous sommes encore dans une phase où il est possible de contenir l’épidémie. » Mais la « fenêtre de tir se rétrécit ».

En cause notamment la multiplication de cas hors du berceau de l’épidémie en Chine « sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage ou les contacts avec un cas confirmé ».

Des foyers sont ainsi apparus ou se sont développés rapidement ces derniers jours en Corée du Sud, en Iran – particulièrement meurtrier avec 8 décès pour 43 cas répertoriés dimanche – ou en Italie, où près de 150 cas de coronavirus ont été enregistrés en quelques jours et 11 villes placées en quarantaine. Dans ce pays, le plus touché en Europe, trois personnes sont mortes.

– « N’importe où dans le monde » –

« C’est ce qu’on appelle le passage en transmission communautaire », explique le professeur Arnaud Fontanet, chef de l’unité « épidémiologie des maladies émergentes » à l’institut Pasteur (France). « Ça rend le contrôle beaucoup plus difficile et ça laisse présager un risque d’introduction à partir d’autre foyers que la Chine. »

C’est ainsi que des cas signalés au Liban et au Canada auraient le foyer iranien pour origine. Quant au foyer infectieux autochtone en Italie, les scientifiques peinent à identifier le processus de contamination du « patient 1 » à l’origine de la propagation.

« Ce qui se passe en Italie et en Corée du Sud pourrait se passer n’importe où dans le monde », prévient le professeur Sridhar.

Le docteur Nathalie MacDermott, du King’s College de Londres, évoque également des développements « très préoccupants », notamment la difficulté à identifier un individu à l’origine des derniers foyers épidémiques.

« Ceci laisse supposer une transmission par un individu asymptomatique, ou présentant peu de symptômes », estime la spécialiste, qui juge « impératif que les autres pays prennent ces situations en compte et renforcent leur surveillance des personnes en provenance de régions affectées qu’elles présentent ou non des symptômes » et s’attachent à contenir les foyers d’infection autochtone.

« Je pense que c’est une nouvelle phase » dans l’extension du Covid-19, explique Eric D’Ortenzio, épidémiologiste à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) français.

Ce spécialiste pointe lui aussi l’apparition dans les nouveaux pays touchés de « chaînes de transmissions à partir de cas non détectés », même s’il nuance, en l’attente de données précises sur le sujet, le rôle de « drivers » épidémique des cas asymptomatiques.

Mais pour lui aussi les conséquences à tirer sont claires: « Il doit y avoir une vigilance qui augmente, il faut que les autorités renforcent la surveillance », que ce soit sur les cas autochtones ou les possibles importation depuis des foyers épidémiques.

G20: le coronavirus met en péril la reprise de l’économie mondiale (FMI)

La directrice du Fonds monétaire international (FMI) a estimé dimanche que le nouveau coronavirus mettait « en péril » la reprise de l’économie mondiale lors d’une réunion du G20 à Ryad, qui s’est dit prêt à agir pour limiter les « risques » sur la croissance.

Le virus a fait plus de 2.400 morts en Chine, coupant les transports, perturbant les échanges commerciaux et attisant l’inquiétude des investisseurs, les entreprises étant obligées de suspendre leur activité. Il a également touché une trentaine de pays et territoires y faisant 24 morts.

« Le virus Covid-19, une urgence sanitaire mondiale, a perturbé l’activité économique en Chine et pourrait mettre en péril la reprise », a déclaré Kristalina Georgieva devant les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales des vingt premières économies dans la capitale saoudienne.

En janvier, le FMI avait prédit une croissance globale de 3,3 % pour 2020, contre 2,9% en 2019. Lors du sommet à Ryad, Mme Georgieva a affirmé que l’impact du virus sur la croissance serait d’environ 0,1 point.

« La reprise de l’économie prévue (…) est fragile », a ajouté la cheffe du FMI, citée dans un communiqué.

La croissance chinoise s’établirait à 5,6% en baisse de 0,4 point comparé aux estimations de janvier.

« J’ai informé le G20 que, même en cas d’endiguement rapide du virus, la croissance en Chine et dans le reste du monde serait touchée », a déclaré Mme Georgieva.

La cheffe du FMI a averti que l’économie mondiale était confrontée à d’autres risques, notamment l’augmentation du niveau d’endettement de certains pays ainsi que le changement climatique, mais elle a en particulier exhorté les pays du G20 à coopérer pour contenir la propagation du virus.

« Le G20 est un forum important pour aider à mettre l’économie mondiale sur une base plus solide », a insisté Mme Georgieva.

– « Renforcer la surveillance » –

« Nous continuerons d’examiner les risques et de consulter toutes les parties (…) pour surveiller ces risques et se préparer à intervenir avec les politiques nécessaires pour les limiter », a déclaré Mohammed al-Jadaan, ministre des Finances de l’Arabie saoudite, premier pays arabe à assurer la présidence du G20.

Les responsables réunis à Ryad se sont engagés à « renforcer la surveillance mondiale des risques » de la récente épidémie, selon le communiqué final du G20 publié à l’issue de la réunion.

« Le risque est maintenant confirmé, l’impact sur la croissance mondiale également, et c’est désormais une véritable préoccupation de l’ensemble des membres du G20 », a souligné à l’AFP le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.

Dans ce contexte, « nous avons décidé (…) de garantir un suivi attentif et quotidien de l’épidémie et de son développement (…) assuré par la présidence du G20 et par le Fonds monétaire international », a-t-il ajouté.

Outre un plan d’action visant à protéger l’économie mondiale de l’impact de l’épidémie, les dirigeants financiers des 20 premières économies du monde ont également discuté des moyens de parvenir à un système de taxation mondial sur le numérique plus équitable et des moyens de lutter contre le changement climatique.

De ce point de vue, « c’était un G20 utile » et des progrès « importants » ont été faits, s’est félicité M. Le Maire.

Sur le sujet de la taxation des grands groupes internationaux, et notamment des géants du numérique, « il y a désormais un consensus pour reconnaître la nécessité d’avancer sur une solution globale, dans le cadre de l’OCDE » (l’Organisation pour la coopération et le développement économiques), a détaillé le ministre, affichant sa satisfaction que l’Europe ait fait « front commun » face aux Etats-Unis.

Xi Jinping: le coronavirus, plus grave urgence sanitaire en Chine depuis 1949

Le coronavirus constitue « la plus grave urgence sanitaire » à frapper la Chine depuis la fondation du régime communiste en 1949, a déclaré dimanche le président Xi Jinping, tout en reconnaissant « des lacunes » dans la réponse à l’épidémie.

« Il faut tirer les leçons des lacunes manifestes qui sont apparues en réponse à l’épidémie », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par la télévision nationale.

L’épidémie de pneumonie virale, qui a contaminé près de 77.000 personnes en Chine, dont plus de 2.400 mortellement, « est une crise, une grande épreuve pour nous », a-t-il lancé lors d’une réunion rassemblant les plus hauts dirigeants du pays.

Le régime a fait face ces dernières semaines à une vague de mécontentement inhabituelle pour avoir tardé à réagir à l’apparition d’un nouveau virus en décembre.

Un médecin, qui avait été réprimandé par la police pour avoir donné l’alerte, est mort du virus début février, générant de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux et même des appels en faveur de la liberté d’expression.

La Chine avait déjà été le berceau en 2002-3 d’une épidémie de Sras (Syndrome respiratoire aigü sévère) qui avait tué quelque 650 personnes dans le pays, y compris Hong Kong.

En comparaison, la maladie Covid-19 s’avère « très difficile à prévenir et à maîtriser », a déclaré le numéro un chinois .

En réaction, son gouvernement a placé de facto en quarantaine il y a un mois exactement la ville de Wuhan, berceau du virus, avec ses 11 millions d’habitants.

L’épidémie, qui s’est répandue dans une trentaine de pays et territoires, a entraîné un fort ralentissement de l’économie chinoise.

Xi Jinping a reconnu qu’elle aurait « inévitablement un fort impact sur l’économie et la société » mais assuré que ses effets seraient « de court terme » et maîtrisables.

Coronavirus: nouveaux morts en Iran, le guide accuse l’étranger de propagande

L’Iran est devenu dimanche le pays où le nouveau coronavirus a fait le plus de morts hors de Chine avec huit décès, et le guide suprême iranien a accusé la presse étrangère d’avoir utilisé cette maladie comme un « prétexte » pour nuire aux législatives.

Le ministère de la Santé à annoncé la mort de trois nouveaux patients touchés par le COVID-19. Au total, il y a huit décès sur un total de 43 cas de contamination.

Les premiers cas en Iran et les deux premiers décès, survenus dans la ville sainte chiite de Qom au sud de Téhéran, ont été annoncés mercredi, deux jours avant les élections devant renouveler le Parlement.

« La propagande a commencé il y a quelques mois et s’est intensifiée à l’approche des élections et (tout particulièrement) les deux derniers jours (avant le scrutin) en utilisant le prétexte de cette maladie », a jugé dimanche le guide Ali Khamenei lors de son cours hebdomadaire à des étudiants en théologie à Téhéran.

Selon son site internet officiel, l’ayatollah Khamenei a dénoncé « l’énorme nuage (de désinformation, ndlr) créé par les médias étrangers » qui « n’ont pas manqué la moindre occasion de décourager les gens d’aller voter ».

Mais « malgré cette propagande », le « guide de la Révolution islamique a (rendu grâce) pour la participation massive de la population aux élections ».

Le ministère de l’Intérieur doit annoncer plus tard dans la journée les résultats définitifs du scrutin, qui avait été prolongé de six heures afin de permettre au maximum d’Iraniens de voter.

– Ecoles, lieux culturels fermés –

Aucun chiffre officiel sur la participation n’a encore été publié. Selon l’agence Fars, proche des ultraconservateurs, la participation tournait autour de 40% à l’heure de la fermeture initiale des bureaux de vote, avant la prolongation.

En amont du scrutin, de nombreux observateurs, à l’étranger et en Iran, avaient prédit une forte abstention après la disqualification massive de candidats réformateurs et modérés.

Et selon les premiers résultats publiés samedi, les conservateurs sont en tête.

L’Iran a été le premier pays du Moyen-Orient à faire état de la mort de patients atteints du nouveau coronavirus.

Les deux premiers morts, à Qom, ont été présentés comme des Iraniens d’un âge avancé. La nationalité des autres personnes décédées ou contaminées n’a pas été précisée, ce qui laisse penser que celles-ci sont très vraisemblablement iraniennes.

En guise de « mesure préventive », les autorités ont annoncé la fermeture des écoles et universités, cinémas, théâtres et autres lieux culturels dans 14 des 31 provinces du pays.

La décision a d’abord été prise pour la province de Qom. La mesure touche désormais une bande de territoire s’étendant dans l’ouest et le nord du pays: sont ainsi concernées les provinces Markazi, Gilan, Ardabil, Kermanshah, Qazvin, Zanjan, Mazandaran, Golestan, Hamedan, Alborz, Semnan, Kurdistan et Téhéran.

Dans ces zones, tous les événements culturels et artistiques ont été interdits pour une semaine.

– Téhéran en « quarantaine »? –

Cité par la télévision d’Etat, le ministre de la Santé Saïd Namaki a annoncé la gratuité des soins liés à la maladie. Dans chaque ville, au moins « un hôpital sera consacré exclusivement » à l’accueil, au dépistage et au traitement « des cas de coronavirus ».

A Téhéran, où ont été détectés 4 des 15 nouveaux cas annoncés dimanche, la municipalité a ordonné la fermeture des fontaines à eau et des échoppes vendant des friandises dans le métro.

Gholamréza Mohammadi, porte-parole de la mairie, a indiqué que les bus et les rames de métro étaient en train d’être désinfectées.

« Si le nombre de personnes infectées augmente à Téhéran, la ville entière sera mise en quarantaine », a déclaré à la télévision Mohsen Hachémi, président du conseil municipal de la capitale, où ont fleuri des affiches incitant les gens à ne pas se serrer la main pour prévenir la diffusion du virus.

La capitale iranienne compte plus de 8 millions d’habitants.

Le chef du centre hospitalier universitaire de Qom, Mohammad Réza Ghadir, a lancé, lui, un appel à l’aide à la télévision: « nous sommes en première ligne. Nous avons besoin d’aide. Si je ne dois dire qu’une chose, c’est ceci: aidez Qom ».

Coronavirus: onze villes en quarantaine en Italie pour contenir une nouvelle épidémie

Les 52.000 habitants de 11 villes dans le Nord de l’Italie se sont réveillés dimanche en quarantaine, avec interdiction d’entrer et sortir de leur zone, après une brusque multiplication des cas de nouveau coronavirus et les deux premiers décès d’Européens sur le continent.

Le gouvernement a adopté samedi soir un décret-loi très strict qui met à l’isolement 11 villes, 10 en Lombardie (région de Milan, nord-ouest) et 1 près de Padoue en Vénétie (région de Venise, nord-est).

« Ni l’entrée ni la sortie ne sera autorisée sauf dérogation particulière », a annoncé le Premier ministre Giuseppe Conte, précisant qu’environ 52.000 personnes sont concernées.

Le principal foyer de ce qui pourrait être une épidémie autochtone de Covid-19 en Europe, inédite à cette échelle, se trouve autour de Codogno, une localité de 15.000 habitants dont beaucoup travaillent aux alentours ou à Milan, à 60 km de là.

Arrivés de Milan par l’autoroute, des journalistes de l’AFP ont vu dimanche des voitures entrant et sortant de Codogno et du village voisin de Castelpusterlengo où une file s’est formée devant un supermarché Lidl. Les clients entrent par groupe de 40 personnes, pratiquement tous portent des masques.

Des policiers, appartenant à une dizaine de brigades venues de tout le Nord, ont expliqué à l’AFP qu’ils mettaient en place « un périmètre très large » autour des villes concernées qui permettra toutefois les déplacements des populations à l’intérieur de la zone.

Tout en appelant la population à observer une sorte d’auto-quarantaine, le gouvernement a prévu des sanctions allant jusqu’à trois mois de réclusion en cas d’infraction à ces limitations.

Samedi soir, le chef de la protection civile Angelo Borelli avait annoncé 76 cas nouveaux cas autochtones, dont les deux décès, venus s’ajouter à trois patients soignés à Rome (dont un guéri) qui avaient, eux, contracté ce virus de pneumonie virale hors d’Italie.

Mais dimanche, le président de la région Lombardie, Attilio Fontana, membre de la Ligue (extrême droite), a évoqué des chiffres supérieurs, avec « plus de 100 cas » dans le pays dont 89 en Lombardie, réclamant « des contrôles accrus aux frontières ». Et le patron de la région de Vénétie Luca Zaia a annoncé dimanche un bilan de 25 contaminés dont 19 autour du deuxième foyer italien identifié, le village de Vo’ Euganeo près de Padoue.

Le patient 1 pour la Lombardie est un homme de 38 ans, Mattia, cadre de la multinationale américaine Unilever qui a un site important près de Codogno, à Castelpusterlengo, où 120 des salariés sur 160 ont été testés.

Sa maladie est un mystère car il est exclu qu’il ait été contaminé par l’un de ses amis revenu de Chine en janvier. « Sur la base des tests effectués, (l’ami) n’a pas développé les anticorps », a indiqué le ministre adjoint de la Santé, Pierpaolo Sileri.

Très sportif, le patient 1 a participé à plusieurs marathons début février. Involontairement, il a contaminé sa femme enceinte de 8 mois, un ami avec lequel il jouait au foot et trois habitués d’un bar local. Les autres cas du foyer sont des médecins, des aide-soignants, et des patients de l’hôpital de Codogno qui ont infecté leur entourage.

Fermeture de tous les lieux publics dont les entreprises et établissements scolaires, annulation d’événements culturels et sportifs et des excursions scolaires dans toute l’Italie et à l’étranger… Le gouvernement a pris les mesures de confinement pour tenter de mettre sous cloche une partie de la Lombardie et de la Vénétie pour freiner l’épidémie.

Trois matches de championnat de Serie A prévus dimanche ont été reportés –Inter-Sampdoria, Atalanta-Sassuolo et Vérone-Cagliari. Les universités de ces deux grandes régions seront fermées par précaution.

Dans le principal foyer, à Codogno et neuf localités voisines, tous les lieux publics (bars, mairies, bibliothèques, écoles) sauf les pharmacies sont fermés depuis vendredi soir.

L’autre zone de contamination est Vo’ Euganeo où a été annoncé vendredi le tout premier décès d’un Européen victime du virus, un maçon italien de 78 ans nommé Adriano Trevisan. Une femme du même âge est morte près de Codogno la nuit suivante.

– Rues désertes –

A Codogno, des journalistes de l’AFP ont vu samedi soir des rues désertes.

« Nous avons tous peur, mais on croise les doigts, nous espérons que tout ira bien », dit à l’AFP Rosa, une pharmacienne, en disant craindre « des problèmes de ravitaillement dans les prochains jours ».

Les trains de la société privée Trenord ne s’arrêtent plus à Codogno ni dans deux villes voisines. Beaucoup de résidents travaillent dans la métropole de Milan, capitale économique italienne.

Des panneaux lumineux annoncent: « Coronavirus, la population est invitée à rester chez elle, par mesure de précaution ».

Erika, serveuse dans un restaurant qui a fermé pour 15 jours, avoue avoir « un peu peur car on peut tous être contaminés ». « Nous achetons des provisions de nourriture car on ne sait pas si les supermarchés resteront ouverts », ajoute-t-elle.

A Milan, où se poursuivent les défilés de la Fashion Week, le designer Giorgio Armani a annoncé samedi soir qu’il ferait défiler dimanche ses mannequins à huis clos avec retransmission en streaming « pour ne pas mettre à risque la santé des participants ». D’autres marques comme Boss, Laura Biagiotti ou Dolce e Gabbana ont maintenu leurs présentations au public.

En Vénétie, sous le choc d’avoir enregistré le premier mort italien, les autorités ont soumis à des tests des ressortissants chinois qui fréquentaient le même bar de Vo’ Euganeo que le maçon décédé.

Coronavirus: en Corée du Sud, appel aux fidèles de la secte touchée à se faire dépister

Les fidèles d’un secte chrétienne de Daegu, la quatrième ville de Corée du Sud, ont été invités par le maire à subir un test en cas de symptômes du Covid-19 alors que les deux tiers des nouveaux cas sont liés avec cette Eglise.

Parmi les 123 nouveaux cas rapportés par les autorités, 75 ont un rapport avec l’Eglise de Shincheonji de Jésus de la ville de Daegu, a indiqué dimanche le Centre coréen de contrôle et de prévention des maladies (KCDC).

Le maire de Daegu, Kwon Young-jin, a fait état dimanche de plus de 90 nouveaux cas dans sa ville où, au total, 247 habitants sont désormais porteurs du nouveau coronavirus dans cette ville de 2,5 millions d’habitants.

Il a appelé tous les membres de l’Eglise de Shincheonji de Jésus présentant des symptômes du virus à se présenter afin de subir des tests.

« Se cacher n’est pas une solution. Si vous vous cachez, cela pourrait nuire à votre santé, à celle de votre famille, et cela ne vous aidera pas à mettre un terme au problème », a lancé M. Kwon lors d’une conférence de presse.

Le nombre de malades du coronavirus en Corée du Sud s’est accru dimanche de 123 cas, pour un total de 556, et de deux nouveaux décès, portant à quatre le nombre de personnes mortes du Covid-19 dans le pays.

La Corée du Sud compte le deuxième plus grand nombre de malades sur son sol, après la Chine, d’où l’épidémie est partie – exception faite du foyer d’infection du paquebot Diamond Princess au Japon.

– « Prudence accrue » –

L’une des personnes dont le décès a été annoncé dimanche est morte à l’hôpital de Cheongdo (sud-est), second foyer de contamination, où une centaine de personnes ont été infectées via des patients ou des membres du personnel de cet établissement.

Par ailleurs, des centaines de fidèles de la secte chrétienne sont à présent contaminés. La contagion a pour origine une femme âgée de 61 ans qui avait de la fièvre le 10 février et a assisté à au moins quatre offices religieux à Daegu, avant d’être diagnostiquée positive au coronavirus.

Daegu, quatrième ville de Corée du Sud, lieu de naissance de Lee Man-hee, fondateur de l’Eglise de Shincheonji de Jésus, et Cheongdo sont distantes d’une quarantaine de kilomètres.

Ces deux villes ont été déclarées vendredi « zones d’administration spéciale » par les autorités sud-coréennes.

Le maire de Daegu a invité les habitants à rester chez eux.

Samedi, le département d’Etat américain a rehaussé son niveau de recommandations pour les voyageurs se rendant en Corée du Sud, comme une poignée d’autres nations qui ont renforcé leur niveau de vigilance avec ce pays depuis cette récente flambée du nombre de contaminations.

Les citoyens américains sont appelés à « faire preuve d’une prudence accrue » lorsqu’ils se rendent en Corée du Sud.

Parallèlement, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains ont invité « les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies chroniques à envisager de reporter les voyages non indispensables ».

La Grande-Bretagne a déconseillé à ses ressortissants « de se rendre à Daegu et à Cheongdo, sauf pour des raisons essentielles ».

De son côté, Israël a refusé d’autoriser des non-Israéliens à débarquer d’un avion parti de Corée du Sud samedi.

Coronavirus: premières villes mises en quarantaine en Europe

L’Italie a été le premier pays d’Europe à instaurer des mises en quarantaine de villes en isolant onze communes pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, par ailleurs toujours en progression en Corée du Sud.

Dans le nord de l’Italie, environ 52.000 personnes se réveillent dimanche matin dans des zones où « ni l’entrée ni la sortie ne sera autorisée sauf dérogation particulière », comme l’a annoncé quelques heures plus tôt le Premier ministre italien Giuseppe Conte.

Fermeture des entreprises et des établissements scolaires et universitaires, annulation d’évènements culturels et sportif, report de trois matches de foot initialement prévus dimanche (Inter-Sampdoria, Atalanta-Sassuolo et Hellas Vérone-Cagliari): le gouvernement italien tente de mettre sous cloche une partie de la Lombardie et la Vénétie et de freiner l’épidémie comme la peur.

La première mesure de confinement avait été édictée pour les 11 millions d’habitants de Wuhan, ville du centre de la Chine où s’est déclenchée l’épidémie de pneumonie virale en décembre.

En Italie, le foyer se trouve à Codogno, près de Milan. Une équipe de l’AFP y a vu des rues étrangement désertes pour un samedi soir. « Nous avons tous peur, mais on croise les doigts, nous espérons que tout ira bien », lui a dit Rosa, une employée de pharmacie, seul type d’établissement autorisé à rester ouvert. Elle craint désormais « des problèmes de ravitaillement dans les prochains jours ».

– 79 cas en Italie –

M. Conte a prévenu qu’il pourrait éventuellement recourir à l’armée pour surveiller les points de contrôle. Le décret-loi pris samedi prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à trois mois de réclusion pour les contrevenants.

En Italie, pays européen le plus touché, il y a un total de 79 malades à ce jour, parmi lesquels trois cas de contaminations connues depuis des semaines, contractées hors d’Italie. Deux septuagénaires ont succombé à la maladie ces derniers jours.

La France aussi se prépare à une possible « épidémie » de Covid-19, selon le nouveau ministre de la Santé Olivier Véran, qui se dit « attentif à la situation en Italie ». Dans un entretien au journal Le Parisien, il estime « très probable » la possibilité de nouveaux cas en France.

En Corée du Sud, deux nouveaux décès liés à l’épidémie ont été répertoriés, ce qui porte à quatre le nombre de morts, a annoncé dimanche matin le Centre coréen de contrôle et de prévention des maladies (KCDC).

Il y a 123 nouveaux malades, pour un total de 556. Une centaine de cas sont liés à un hôpital à Cheongdo, une ville où l’Eglise de Shincheonji de Jésus est très représentée.

Des centaines de membres de cette secte chrétienne sont à présent infectés. La contagion a débuté avec une femme âgée de 61 ans qui avait de la fièvre le 10 février et a assisté à au moins quatre offices religieux dans la ville de Daegu, avant d’être diagnostiquée positive au coronavirus.

Daegu, quatrième ville de Corée du Sud avec 2,5 millions d’habitants, et Cheongdo, lieu de naissance de Lee Man-hee, le fondateur de l’Eglise de Shincheonji de Jésus, sont proches l’une de l’autre. Elles ont été déclarées vendredi « zones à gestion spéciale » par les autorités sud-coréennes.

L’épidémie est entrée dans une « phase grave et le gouvernement fait tout pour prévenir la propagation », a déclaré le Premier ministre Chung Sye-kyun dans une allocution samedi soir.

– Risques d’expansion –

En Chine, le bilan a atteint dimanche 2.442 morts après l’annonce de 97 décès supplémentaires, tous sauf un dans la province centrale du Hubei, berceau du nouveau coronavirus.

La grande majorité des nouveaux décès ont été enregistrés à Wuhan, capitale du Hubei.

La commission nationale (ministère) de la Santé a aussi fait état de 648 nouveaux cas confirmés de contamination dans tout le pays, ce qui porte à près de 77.000 le total des contaminations en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao).

C’est l’expansion en dehors de la Chine qui avive les inquiétudes.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) redoute ainsi « le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires », a averti son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

C’est le cas de nombreux pays africains dont les infrastructures sanitaires et le personnel médical sont mal préparés pour affronter l’épidémie. Pour l’instant, sur le continent, seule l’Egypte a enregistré un cas confirmé de contamination.

Une étude publiée vendredi par le centre des maladies infectieuses de l’Imperial College de Londres « estime qu’environ les deux tiers des cas de Covid-19 sortis de Chine sont restés indétectés au niveau mondial, avec pour résultat potentiel des chaînes multiples non détectées de transmission humaine hors de Chine ».

Et les précautions manquent parfois: Le Japon a reconnu samedi que 23 passagers du Diamond Princess avaient pu quitter ce navire de croisière mis en quarantaine à Yokohama sans passer tous les contrôles médicaux requis.

L’épidémie a par ailleurs suscité une passe d’armes entre les Etats-Unis et la Russie. Des responsables américains ont affirmé à l’AFP que des milliers de comptes liés à la Russie sur les réseaux sociaux propageaient de la désinformation anti-américaine sur le nouveau coronavirus. Moscou a démenti.

Coronavirus: ce qu’on sait et ce qu’on ignore sur l’épidémie

Taux de mortalité, modes et niveau de contagion, période d’incubation: les chercheurs traquent l’épidémie provoquée par le nouveau coronavirus apparu en Chine, même si de nombreuses inconnues demeurent.

– Quel taux de mortalité?

Plus mortel que la grippe saisonnière, mais moins virulent que les précédentes épidémies liées à un coronavirus: voilà où semble se situer la dangerosité du nouveau Covid-19, même si l’on ne connaît pas encore avec précision son taux de mortalité.

Selon les derniers chiffres de l’OMS samedi, 2.348 décès ont été recensés sur 76.392 cas confirmés en Chine continentale (soit 3,07%). Hors de ce pays, l’OMS comptabilisait 11 décès pour quelque 1.400 cas de contamination confirmés dans 28 pays et territoires.

Le Centre chinois de contrôle et prévention des maladies a publié cette semaine une étude portant sur 72.314 cas confirmés, suspects, diagnostiqués cliniquement et asymptomatiques de la pneumonie virale, constatés en date du 11 février.

Il s’agit de la plus importante menée depuis le début de l’épidémie et selon ses résultats la maladie est bénigne dans 80,9% des cas, « grave » dans 13,8% des cas et « critique » dans 4,7% des cas.

Le taux de létalité augmente avec l’âge et les plus de 80 ans sont les plus à risque, avec une mortalité de 14,8%. Les patients déjà atteints de maladies cardiovasculaires sont les plus menacés par une issue fatale, devant les diabétiques ou les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques ou d’hypertension.

Les estimations globales de taux de mortalité doivent toutefois être prises avec prudence car on ignore combien de personnes sont réellement infectées.

– Quel niveau de contagion?

Les spécialistes semblent s’accorder sur le fait que chaque malade infecterait entre 2 et 3 personnes (ce qu’on appelle le « taux de reproduction de base » de la maladie, ou R0). C’est plus que la grippe (1,3), nettement moins que la rougeole (plus de 12), et comparable au Sras (3).

Mais certains mettent en garde sur une sous-estimation possible du nombre de cas. Ainsi une étude vendredi de chercheurs de centre des maladies infectieuses de l’Imperial college de Londres « estime qu’environ les deux-tiers des cas de Covid-19 sortis de Chine sont restés indétectés au niveau mondial, avec pour résultat potentiel des chaines multiples non-détectées de transmission humaine hors de Chine ».

Le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a d’ailleurs exprimé vendredi sa « préoccupation » face au « nombre de cas sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage ou les contacts avec un cas confirmé ».

Une des préoccupations pourrait être les cas asymptomatiques, avec des patients infectés ne présentant aucun signe de la maladie. La durée d’incubation, estimée selon les études entre deux et 10 jours, a conduit à fixer à 14 jours la période d’observation ou de quarantaine pour les cas suspects et les personnes rapatriées.

– Quels modes de transmission?

Le virus se transmet essentiellement par voie respiratoire et par contact physique. La transmission par voie respiratoire se fait dans les gouttelettes de salive expulsées par le malade, par exemple quand il tousse. Les scientifiques estiment que cela nécessite une distance de contact rapprochée (environ un mètre).

Pour se prémunir d’une contamination, les autorités sanitaires insistent sur l’importance des mesures-barrières: se laver les mains fréquemment, tousser ou éternuer dans le creux de son coude ou dans un mouchoir jetable, porter un masque si on est malade…

Par ailleurs, la diarrhée pourrait être une voie secondaire de transmission.

– Symptômes et traitements?

« Les plus courants comprennent les troubles respiratoires, de la fièvre, une toux, un essoufflement et des difficultés respiratoires », indique l’OMS. « Dans les cas les plus graves, l’infection peut entraîner une pneumonie, un syndrome respiratoire aigu sévère, une insuffisance rénale, voire la mort ».

Il n’existe ni vaccin ni médicament contre le coronavirus, et la prise en charge consiste à traiter les symptômes. Certains patients se voient malgré tout administrer des antiviraux, dont l’efficacité est en cours d’évaluation.

– Quelle origine?

Le nouveau coronavirus est sans doute né chez la chauve-souris, mais les scientifiques pensent qu’il est passé par une autre espèce avant de se transmettre à l’homme.

Des chercheurs chinois ont affirmé que cet animal intermédiaire pourrait être le pangolin, petit mammifère à écailles menacé d’extinction. La communauté scientifique internationale a jugé cette hypothèse plausible, mais elle devra être vérifiée.

Coronavirus: l’Afrique mal préparée, selon l’OMS

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a averti samedi que les systèmes de santé en Afrique étaient mal équipés pour affronter l’épidémie de coronavirus si des cas de contamination apparaissaient et se multipliaient sur le continent.

Au cours d’une réunion des ministres de la Santé des pays de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba, le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé les pays de l’UA à « faire front commun pour être plus agressifs » dans la lutte contre la maladie à coronavirus Covid-19.

« Notre principale (source de) préoccupation continue d’être le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires », a déclaré le chef de l’OMS dans une liaison vidéo depuis Genève.

Jusqu’à présent, l’Egypte est le seul pays d’Afrique a avoir enregistré un cas confirmé de contamination.

Plus de 200 cas suspects ont été recensés dans les pays de la région Afrique de l’OMS, soit la plus grande partie du continent, mais presque tous se sont avérés négatifs, a déclaré samedi la directrice du bureau régional de l’Afrique Matshidiso Rebecca Moeti.

Mais si le coronavirus commence à se répandre sur le continent, les systèmes de santé devront prendre en charge des patients atteints de symptômes comme des défaillances respiratoires, des chocs septiques ou la défaillance simultanée de plusieurs organes, a relevé M. Tedros.

« Ces patients ont besoin de soins intensifs nécéssitant des équipements comme des appareils d’assistance respiratoire qui manquent dans de nombreux pays africains, et c’est une source de préoccupation », a-t-il dit.

Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a appelé les responsables africains à « prendre des mesures drastiques de prévention et de contrôle », car l’Afrique est particulièrement vulnérable « en raison de ses systèmes de santé relativement précaires ».

– Une menace imminente –

Le défi pour les pays africains est aussi de développer les capacités à procéder à des tests de dépistage.

En trois semaines, le nombre de pays africains capables d’effectuer des tests pour détecter le coronavirus est passé de deux à 26, a indiqué Mme Moeti.

John Nkengasong, directeur des Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies, a indiqué à l’AFP que le nombre de pays africains pouvant procéder à ces tests dépasserait bientôt la quarantaine.

Cependant, si les cas de contamination apparaissaient en grand nombre, les pays africains pourraient être confrontés à des pénuries de kits de dépistage et d’équipement de protection comme des masques, a-t-il averti.

Si le coronavirus se répand sur le continent africain, la capacité à établir un diagnostic rapidement sera ainsi limitée, a-t-il averti.

« Nous faisons face à une menace imminente, une menace grave », a-t-il souligné.

Le chef de l’OMS a indiqué que 30.000 kits de protection personnelle avaient été expédiés à « plusieurs pays en Afrique » et que 60.000 tests seraient envoyés à 19 pays « dans les prochaines semaines ».

Il a également indiqué que M. Nkengasong et Samba Sow, directeur général du Centre pour le développement des vaccins au Mali, avaient été nommés envoyés spéciaux chargés de la mobilisation contre le COVID-19 en Afrique.

Leur mission consistera à donner des « conseils stratégiques » et à plaider la cause de la lutte contre le coronavirus en Afrique « à un haut niveau ».

Plusieurs compagnies aériennes africaines dont Kenya Airways ont suspendu leurs vols à destination de la Chine, mais la première compagnie du continent, Ethiopian Airlines a maintenu les siens.

Liu Yuxi, ambassadeur de Chine auprès de l’UA, a appelé les responsables africains à alléger les restrictions sur les voyages.

« La panique excessive pourrait en réalité accroître la maladie », a-t-il affirmé.

Corée du Sud: forte augmentation des cas de coronavirus, dont un employé du géant Samsung

La Corée du Sud a enregistré samedi une forte hausse du nombre de personnes contaminées par le coronavirus, avec 229 nouveaux cas, y compris un employé d’une usine Samsung dont l’activité a été suspendue, une situation jugée « grave » par le Premier ministre.

Avec un total de 433 cas rapportés par les autorités, la Corée du Sud compte le deuxième plus grand nombre de malades sur son sol, après la Chine, d’où l’épidémie est partie – exception faite du foyer d’infection du paquebot Diamond Princess au Japon.

L’épidémie de Covid-19 est entrée dans une « phase grave et le gouvernement fait tout pour prévenir la propagation », a déclaré le Premier ministre Chung Sye-kyun dans une allocution samedi soir.

Il a appelé les Sud-Coréens à éviter tout rassemblement important, y compris les offices religieux. M. Chung a également menacé de lourdes sanctions quiconque stockerait des masques de protection ou participerait à des manifestations, désormais interdites.

Une deuxième personne a succombé à la maladie, a indiqué le Centre coréen de contrôle et de prévention des maladies (KCDC), après un précédent décès le 19 février.

Parmi les nouveaux malades figure un employé d’une usine Samsung Electronics à Gumi, à 200 kilomètres au sud-est de Séoul, ce qui a amené le géant technologique à annoncer une suspension des activités sur ce site jusqu’à lundi.

– Culte chrétien –

L’un des deux principaux foyers de contamination du pays reste l’hôpital de Cheongdo (sud): 95 des derniers cas rapportés sont « liés », selon le KCDC, à des patients ou du personnel de cet hôpital, où les deux personnes décédées avaient été admises.

« La plupart des patients de cet hôpital qui ont été diagnostiqués sont ceux qui y avaient été admis pour des troubles mentaux », a dit le vice-ministre de la Santé, Kim Gang-lip.

L’autre foyer est l’Eglise de Shincheonji de Jésus, une secte chrétienne de la ville de Daegu, non loin de Cheongdo, dont plus de 200 membres ont été contaminés.

La première est une femme de 61 ans, qui ignorait avoir contracté la pneumonie virale et aurait transmis le virus, notamment en assistant à des offices religieux à Daegu.

Cheongdo est le lieu de naissance de Lee Man-hee, le fondateur de cette secte. Il y a trois semaines, les funérailles du frère de M. Lee se sont tenues durant trois jours dans une salle appartenant à cet hôpital.

Le président sud-coréen Moon Jae-in a demandé vendredi une « enquête approfondie » sur chacune des personnes ayant assisté à ces obsèques et aux offices religieux de Shincheonji.

L’Eglise Shincheonji a présenté ses excuses et a suspendu ses rites et rassemblements dans tout le pays.

Mais son dirigeant a affirmé à ses fidèles que l’épidémie avait été « provoquée par le Diable », la comparant au châtiment biblique de Job, a rapporté l’agence de presse sud-coréenne Yonhap.

Le maire de Daegu, la quatrième ville de Corée du Sud (2,5 millions d’habitants), a appelé les habitants à rester confinés chez eux.

Quelque 9.300 membres de l’Eglise de Shincheonji de Daegu ont été placés en quarantaine dans des installations spécifiques ou incités à rester chez eux, a également annoncé le KCDC.

Parmi eux, 1.261, contre 544 lors d’un bilan précédent, ont dit avoir des symptômes de la maladie, ont précisé des responsables médicaux.

Daegu et Cheongdo sont devenues vendredi des « zones à gestion spéciale », selon le gouvernement sud-coréen.

De son côté, le commandement de la garnison de l’armée américaine installée dans la ville – qui représente un total d’environ 10.000 personnes – a restreint ses accès.