Starlink est désormais disponible en Côte d’Ivoire. Le fournisseur d’internet par satellite de SpaceX ouvre officiellement ses services dans le pays, permettant aux particuliers, aux entreprises et aux institutions de commander dès maintenant une connexion haut débit reposant sur sa constellation de satellites en orbite basse (LEO).
Avec cette ouverture commerciale, la Côte d’Ivoire devient le 27ᵉ pays africain où Starlink est officiellement déployé, renforçant ainsi la présence du groupe d’Elon Musk sur le continent.
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Une autorisation provisoire accordée par l’ARTCI
Le lancement intervient quelques semaines après l’autorisation délivrée en juin 2026 par les autorités ivoiriennes. Starlink Network CIV opère désormais sous une licence provisoire de 12 mois, accordée par l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI).
Cette licence autorise l’entreprise à fournir un service national d’internet fixe par satellite à haut débit. L’annonce a été faite par le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, lors des échanges gouvernementaux « Gouv’Talk ». À l’issue de cette période d’essai, les autorités évalueront la qualité des services proposés avant de statuer sur une éventuelle autorisation définitive.
En 2024, l’ARTCI avait rappelé que l’entreprise ne disposait d’aucune licence lui permettant d’exercer légalement ses activités en Côte d’Ivoire. Une année plus tard, en septembre 2025, le régulateur avait finalement autorisé l’utilisation des bandes de fréquences nécessaires au fonctionnement du réseau Starlink.
Cette évolution marque un changement de posture des autorités, qui passent d’une logique de contrôle à celle de supervision d’un opérateur désormais agréé. L’ARTCI conserve toutefois un droit de regard sur l’exploitation des différentes bandes de fréquences, notamment les bandes Ka et V.
Réduire la fracture numérique
Pour le gouvernement ivoirien, l’arrivée de Starlink constitue un levier majeur pour améliorer la connectivité dans les zones encore peu couvertes. Les autorités misent sur cette technologie pour offrir un accès internet de qualité aux villages isolés, aux établissements scolaires, aux centres de santé ainsi qu’aux localités où les réseaux de fibre optique et les infrastructures mobiles restent insuffisants. Contrairement à plusieurs pays africains où Starlink est arrivé en pionnier, la Côte d’Ivoire dispose déjà d’un marché du satellite relativement structuré.
En janvier 2026, Orange Côte d’Ivoire avait lancé Orange Sat, fruit d’un partenariat avec Eutelsat. Quelques mois plus tard, MTN Côte d’Ivoire annonçait également un accord stratégique avec Eutelsat Konnect afin de proposer des solutions de connectivité par satellite. Ces opérateurs disposent d’atouts considérables : une forte notoriété, un vaste réseau de distribution, des services de mobile money et une clientèle déjà établie. Des avantages dont Starlink, avec son modèle de vente directe, ne bénéficie pas.
Sur le plan tarifaire, Starlink entend frapper fort. Le forfait résidentiel, offrant des débits pouvant atteindre 100 Mbps, est proposé à 28 746 FCFA (50 dollars) par mois. Deux équipements sont disponibles :
- Kit Standard : 247 466 FCFA (431 dollars)
- Kit Mini : 148 148 FCFA (258 dollars)
Le Kit Mini représente une évolution stratégique. Son prix est désormais proche de celui des solutions satellites déjà commercialisées sur le marché ivoirien, réduisant ainsi l’un des principaux freins à l’adoption de Starlink en Afrique, le coût élevé du matériel.
5G et Starlink : deux technologies complémentaires
L’arrivée de Starlink intervient au moment où la Côte d’Ivoire lance également le déploiement commercial de la 5G dans les villes de plus de 25 000 habitants, à travers Orange, MTN et Moov Africa. Les deux technologies répondent à des besoins différents mais complémentaires. La 5G vise principalement les centres urbains à forte densité, tandis que Starlink cible les zones rurales ou difficilement accessibles.
Cette double stratégie s’inscrit dans la vision du gouvernement visant à faire de la Côte d’Ivoire un hub numérique de référence en Afrique de l’Ouest francophone, avec des investissements dans le gouvernement électronique, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et le développement des compétences numériques.
Pour SpaceX, l’obtention de l’autorisation n’est qu’une première étape. Le véritable enjeu sera désormais commercial. Starlink devra convaincre les particuliers, les PME et les institutions que ses performances dans les zones mal desservies justifient l’investissement dans ses équipements, face à des opérateurs historiques solidement implantés.
Si sa technologie promet une couverture inégalée dans les régions reculées, sa réussite dépendra de sa capacité à séduire un marché où la concurrence est déjà bien organisée. Une chose est certaine : avec l’arrivée de Starlink, le paysage des télécommunications ivoiriennes entre dans une nouvelle phase, où la compétition entre fibre, réseaux mobiles et internet par satellite devrait accélérer la transformation numérique du pays.


