Le vice-président du PDCI-RDA, Yohou Dia Houphouët, affirme qu’une stratégie destinée à favoriser la libération de trois hauts responsables du PPA-CI n’a finalement pas été retenue. Damana Pickass, Blaise Lasm et Dahi Nestor, détenus depuis plusieurs mois, auraient pu bénéficier d’un dispositif similaire à celui ayant conduit à la libération de deux cadres du PDCI-RDA.
Yohou Dia Houphouët a fait cette révélation lors d’un meeting de remobilisation des bases du PDCI-RDA récemment organisé à Yopougon. Selon lui, cette stratégie reposait sur la candidature aux élections législatives, à l’image de Brédoumy Soumaïla et Innocent Yao, libérés après leur élection en décembre 2025.
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Des candidatures qui auraient été déposées
L’ancien député de Yopougon assure que les trois responsables du PPA-CI concernés avaient eux-mêmes engagé la démarche en déposant leurs dossiers de candidature.
« On leur a dit que ce dont ont bénéficié Brédoumy et Innocent Yao — à savoir être libérés parce qu’ils étaient élus députés — c’est la même stratégie qu’on voulait appliquer pour Damana Pickass, Lasm Blaise et Dahi Nestor », a-t-il déclaré.
Selon le responsable du PDCI-RDA, la démarche n’aurait toutefois pas été retenue. « Ces derniers ont déposé leurs dossiers, mais comme cela n’a pas été voulu, ils sont encore en prison », a-t-il ajouté, invitant les personnes concernées à témoigner sur les faits.
Damana Pickass, Blaise Lasm et Dahi Nestor étaient membres actifs du Front commun formé par le PDCI-RDA et le PPA-CI pour réclamer des conditions d’organisation d’une élection libre, transparente et inclusive. Ils ont été arrêtés dans le contexte des mouvements de protestation contre le quatrième mandat du président Alassane Ouattara.
Blaise Lasm et Dahi Nestor, tous deux secrétaires généraux adjoints du PPA-CI, ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt le 30 septembre à Abidjan. Ils sont notamment poursuivis pour atteinte à la sûreté de l’État, appel à l’insurrection, troubles à l’ordre public et inobservation d’une décision du Conseil constitutionnel.
Damana Pickass, ancien coordinateur général du Front commun, a pour sa part été arrêté le 4 novembre près d’Abidjan. Le procureur lui reproche notamment d’avoir appelé à une « insurrection populaire » avant l’élection présidentielle du 25 octobre.
Yohou Dia Houphouët répond à ses détracteurs
Cette nouvelle sortie intervient également dans un contexte de tensions autour des déclarations précédentes du responsable du PDCI-RDA sur l’échec du Front commun. Yohou Dia Houphouët affirme faire l’objet d’attaques depuis ses prises de position et entend défendre son honneur. Il rappelle son implication dans le Front commun, tout en rejetant les accusations portées contre lui.
« Ce n’est pas parce que je m’appelle Dia Houphouët que les gens me suivent. Les gens me suivent parce que je suis un homme de conviction », a-t-il déclaré, avant de mettre en garde ceux qu’il accuse de le calomnier.
Le vice-président du PDCI-RDA a également rejeté les allégations selon lesquelles il aurait demandé 700 millions de FCFA à Michel Gbagbo, alors candidat du PPA-CI aux municipales, en échange de son retrait de la course. Il affirme avoir porté sa candidature au nom du PDCI-RDA et nie toute motivation financière dans cette démarche.
« Quand j’ai décidé d’être candidat, c’était pour le PDCI-RDA, pas à cause de l’argent », a-t-il réagi, estimant que ceux qui l’accusent doivent assumer leurs propos.
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Yohou Dia Houphouët a enfin durci le ton en prévenant qu’il ne resterait pas silencieux si les attaques à son encontre se poursuivaient. Il dit se réserver le droit de réagir face à ce qu’il considère comme des actes de calomnie et assure être prêt à répondre à ses détracteurs si ceux-ci maintiennent leurs accusations.

