Les poursuites judiciaires visant des cadres du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), formation politique de Laurent Gbagbo, se poursuivent en Côte d’Ivoire. Elles concernent notamment des responsables soupçonnés d’implication dans les mouvements de contestation ayant marqué la campagne présidentielle d’octobre 2025 et opposés au quatrième mandat du président Alassane Ouattara.
Après le placement en détention de Justin Koné Katinan, c’est désormais Me Habiba Touré, porte-parole du PPA-CI, qui se retrouve dans le viseur du procureur de la République.
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Un mandat d’arrêt confirmé contre Habiba Touré
L’information a été confirmée par le procureur Koné Braman lors d’une conférence de presse tenue mercredi 16 septembre 2026. Le représentant du ministère public a indiqué avoir engagé des poursuites contre l’avocate et délivré un mandat d’arrêt à son encontre.
« J’ai engagé des poursuites et même un mandat d’arrêt contre Me Habiba Touré pour son implication dans les événements d’octobre 2025 », a déclaré Koné Braman.
Porte-parole à la fois du PPA-CI et du Front commun, Habiba Touré avait occupé une place importante dans les mouvements de contestation contre le quatrième mandat d’Alassane Ouattara. Le Front commun réunissait le PPA-CI et le PDCI-RDA, les deux principaux partis d’opposition, qui réclamaient notamment des conditions permettant la tenue d’une élection libre, transparente et inclusive.
L’avocate avait également pris position en faveur des marches organisées dans ce contexte et sévèrement réprimées par le pouvoir. Ces mobilisations avaient conduit à de nombreuses interpellations : au moins 600 personnes selon les éléments rapportés, et plus d’un millier d’après la direction du parti de Laurent Gbagbo.
Justin Koné Katinan également poursuivi
La mise en cause de Me Habiba Touré intervient alors que la justice poursuit Justin Koné Katinan, quatrième vice-président du PPA-CI, et l’a placé sous mandat de dépôt pour des faits liés aux événements survenus pendant la campagne présidentielle d’octobre 2025. L’ancien ministre délégué au Budget doit répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment d’« actes terroristes » et d’atteinte à la sûreté de l’État.
Justin Koné Katinan avait dans un premier temps été convoqué à la suite d’une plainte du parti présidentiel. Le RHDP l’accusait de diffamation et de divulgation de fausses nouvelles après des déclarations dans lesquelles il mettait en cause le pouvoir d’Abidjan au sujet du fléau de l’orpaillage illégal.
Mais, selon les explications du procureur, la procédure ayant conduit au placement en détention de Katinan ne découle pas de cette plainte.
« M. Katinan n’a pas été déféré sur la base de la plainte du RHDP et, comme il était déjà dans les locaux, en vertu de mes pouvoirs en ma qualité de procureur de la République et directeur de la police judiciaire, j’ai donc instruit à l’effet d’ouvrir et de l’entendre également sur les événements qui ont eu lieu pendant la campagne électorale de la présidentielle 2025 », a expliqué Koné Braman.
Interrogé sur le moment choisi pour cette nouvelle audition, le procureur a défendu la poursuite des procédures engagées autour des événements de la campagne présidentielle.
« Je veux rappeler que les faits qui ont eu lieu pendant la campagne n’étaient pas prescrits. Ce sont des faits criminels. Le timing des hommes politiques n’est pas le mien », a-t-il déclaré.
Les événements qui ont marqué la présidentielle d’octobre 2025 ont, selon les chiffres communiqués, fait 11 morts, dont un gendarme, 71 blessés et entraîné l’interpellation de 1 658 personnes.
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Le PPA-CI dénonce une « instrumentalisation de la justice »
De son côté, le PPA-CI affirme que plus d’un millier de ses militants ont été arrêtés dans le cadre de ces événements, parmi lesquels plusieurs hauts responsables du parti. Blaise Lasm, Boubacar Koné et Nestor Dahi figurent notamment parmi les personnalités du PPA-CI toujours détenues. Les dates de leurs procès restent, à ce stade, inconnues selon les éléments fournis.
Dans un communiqué, le parti de Laurent Gbagbo a dénoncé ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. La formation estime que les autorités visent en réalité Laurent Gbagbo, son « référent politique », à travers les arrestations qu’elle qualifie d’« arbitraires ».
Avec les poursuites visant désormais Me Habiba Touré, la procédure judiciaire engagée autour des événements d’octobre 2025 s’étend ainsi à une nouvelle figure de premier plan du camp de Laurent Gbagbo.

