Orpaillage illégal en Côte d’Ivoire : « C’est la faillite du gouvernement », accuse Affi N’Guessan

Pour Pascal Affi N’Guessan, la persistance de l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire relève avant tout de la responsabilité du gouvernement…

Pour Pascal Affi N’Guessan, la persistance de l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire relève avant tout de la responsabilité du gouvernement d’Alassane Ouattara. Le président du Front populaire ivoirien (FPI) a défendu cette position lors d’un entretien accordé à Linfodrome, mercredi 26 août 2026.

L’ancien Premier ministre s’est notamment exprimé sur l’ampleur du phénomène et ses conséquences environnementales et sécuritaires, alors que la question de l’orpaillage clandestin suscite de nombreuses réactions dans le pays.

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« Une insulte aux Ivoiriens »

Pascal Affi N’Guessan s’en est particulièrement pris aux déclarations du porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, qui avait estimé que la lutte contre l’orpaillage clandestin ne relevait pas de la seule responsabilité de l’État.

« Je considère que c’est une insulte aux Ivoiriens », a réagi le président du FPI. Pour lui, la gestion du pays incombe d’abord aux responsables qui ont été élus et qui exercent leur autorité au sein de l’État.

« Ce n’est pas tout le monde qui gère le pays, qui a été élu à la tête de l’État, qui siège dans l’appareil gouvernemental, dans les ministères, qui dirige l’armée, la police et la gendarmerie », a-t-il déclaré.

Le porte-parole du gouvernement avait, lors du compte rendu du Conseil des ministres du mercredi 5 août, appelé à une implication de l’ensemble de la population. Amadou Coulibaly avait notamment cité les chefs de village et les mutuelles de développement, tout en évoquant la responsabilité de certains chefs de terre et chefs de village accusés d’autoriser ou de fermer les yeux sur l’installation d’orpailleurs clandestins.

Plus de 1 600 sites recensés

Selon les chiffres évoqués dans l’entretien, plus de 1 600 sites clandestins ont été recensés dans 24 des 31 régions de Côte d’Ivoire. Près de 500 000 personnes vivraient par ailleurs de cette activité informelle.

Malgré les opérations de démantèlement engagées par les autorités, l’orpaillage illégal continue ainsi de représenter un défi majeur pour le secteur minier ivoirien. Le phénomène affecte notamment les sols, les cours d’eau et les forêts, tout en ayant des répercussions sur les recettes publiques. Pour Affi N’Guessan, cette situation traduit surtout un échec de l’action gouvernementale.

« Si les choses ne marchent pas, on ne peut pas imputer la responsabilité à tout le monde », a-t-il soutenu, estimant qu’une telle approche revient à « vouloir se dédouaner » et à « s’abriter derrière les autres pour cacher son échec ».

L’administration et les forces de sécurité mises en cause

Le président du FPI a également fondé son argumentaire sur les prérogatives de l’État. Il rappelle que l’administration territoriale ainsi que les forces de défense et de sécurité sont placées sous l’autorité du gouvernement.

« Tout ce que nous observons comme désordre, c’est la faillite du gouvernement », a-t-il affirmé, estimant que l’administration territoriale doit veiller au respect de la loi sur l’ensemble du territoire. Pascal Affi N’Guessan interroge ainsi la capacité du gouvernement à expliquer la persistance de l’orpaillage clandestin malgré les moyens dont disposent les services de l’État.

« Pourquoi tout cela s’est-il fait au vu et au su du gouvernement ? », a-t-il questionné.



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