Coronavirus: le pétrole rebondit, l’Europe assouplit ses restrictions

Forts de signes de ralentissement de l’épidémie de coronavirus, certains pays d’Europe, dont l’Allemagne, commencent à assouplir progressivement le confinement qui a mis l’économie à l’arrêt et provoqué un effondrement historique du prix du pétrole, lequel rebondit toutefois mardi après avoir atteint un niveau négatif jamais vu dans l’histoire.

Le cours du baril, passé en-dessous de zéro pour la première fois face à une chute vertigineuse de la demande et à des réserves américaines proches de la saturation, reprend un peu de force mardi matin en Asie, pour revenir légèrement au-dessus de zéro. Le baril de 159 litres de pétrole brut coté à New York pour livraison en mai avait terminé lundi à -37,63 dollars, après un plongeon épique.

« Le problème c’est qu’en ce moment dans le monde, personne ne conduit de voiture », a observé le président américain Donald Trump. « Les usines sont fermées et les commerces sont fermés. »

Pour le Premier ministre russe Dimitri Medvedev, une entente de type cartel pourrait expliquer cette chute spectaculaire du prix de l’or noir. « Ce à quoi nous assistons en matière de contrats à terme sur le pétrole rappelle beaucoup une entente de type cartel », a écrit mardi M. Medvedev sur sa page Facebook, préconisant des mesures pour calmer le marché.

Jugeant la pandémie de coronavirus « sous contrôle », l’Allemagne – qui recense 140.000 cas et environ 4.400 décès – a commencé à assouplir les mesures de confinement, une délicate opération dans une Europe cloîtrée depuis des semaines. Le Vieux continent a aussi payé, à ce stade, le plus lourd tribut à la maladie Covid-19, comptant près des deux tiers des plus de 168.000 morts recensés dans le monde lundi.

– « Incroyablement heureuse » –

Les autorités allemandes ont autorisé la réouverture des magasins d’une surface inférieure à 800 m2 : commerces d’alimentation, librairies, garages, magasins de vêtements et autres fleuristes peuvent de nouveau accueillir des clients.

A Leipzig, Manuela Fischer, propriétaire d’une boutique de mode, se disait « incroyablement heureuse » de rouvrir son commerce, en sortant ses modèles en terrasse sous le soleil printanier.

Lieux culturels, bars, restaurants, terrains de sports demeurent néanmoins fermés. Les grands rassemblements tels que les concerts ou compétitions sportives, sont toujours interdits, au moins jusqu’à fin août. Ecoles et lycées rouvriront progressivement à partir du 4 mai. Les rassemblements de plus de deux personnes restent proscrits, une distance minimale de 1,5 mètre est censée être observée dans les lieux publics, et le port du masque « fortement recommandé ».

La situation reste « fragile », a prévenu la chancelière Angela Merkel. « Nous sommes au début de la pandémie et nous sommes encore loin d’être sortis de l’auberge », a-t-elle déclaré, jugeant qu’il serait « extrêmement dommage de connaître une rechute ».

– « Morgue fermée » –

Cette stratégie de sortie de crise, mise en œuvre par l’Allemagne, locomotive économique du vieux continent, est scrutée par une Europe qui vit sous cloche depuis près d’un mois, et dont certains pays s’apprêtent à entamer le défi du déconfinement à mesure que la maladie y apparaît contenue.

Signe de l’urgence économique, la Banque d’Espagne prévoit pour 2020 une chute vertigineuse, « sans précédent dans l’histoire récente », de 6,6% à 13,6% du PIB de la quatrième économie de la zone euro en raison de la pandémie. Au Royaume-Uni, les entreprises ont fait faillite par milliers entre début mars et mi-avril et en bien plus grand nombre qu’il y a un an, d’après une étude parue lundi.

En Serbie, certaines mesures de restriction seront assouplies à partir de mardi. Les personnes de plus de 65 ans pourront ainsi sortir se promener trois fois par semaine, si elles restent près de chez elles.

La Norvège a commencé lundi à rouvrir ses « barnehager », établissements qui englobent crèches et école maternelle, premier pas d’une levée lente et progressive des restrictions décrétées mi-mars.

« Il était si impatient qu’on a dû quitter la maison plus tôt pour venir ici et voir les autres enfants », raconte Silje Skifjell au sujet de son aîné, après avoir confié ses deux garçons, Isaak et Kasper, au personnel. « Il était tellement heureux de revoir ses copains ».

Au Danemark, les petits commerces ont reçu lundi la permission de rouvrir leurs portes, à conditions d’appliquer de strictes mesures d’hygiène et de séparation.

La France, l’Espagne et l’Italie, très touchées par l’épidémie, se préparent elles aussi à de premières mesures de déconfinement dans les jours ou les semaines à venir.

L’Italie a été le pays le plus affecté (24.114 décès), suivi de l’Espagne (20.852), la France (20.265) et du Royaume-Uni (16.509), selon un dernier bilan établi à partir de sources officielles.

Certains de ces pays enregistrent des signaux encourageants: en Italie, le nombre de malades a baissé lundi pour la première fois, ce que le chef de la protection civile Angelo Borelli a qualifié de « donnée positive ». Et au Royaume-Uni, 449 morts ont été enregistrés lundi, soit le plus faible bilan quotidien depuis le 6 avril.

La France a fait lundi un premier pas en autorisant à nouveau, sous conditions, les visites aux pensionnaires des maisons de retraite.

En Italie, les premières mesures d’allègement ne seront pas prises avant le 3 mai. Mais peu à peu les entreprises rouvrent, même si c’est de façon partielle et avec beaucoup de précautions.

En Espagne, la morgue improvisée dans une patinoire de Madrid, un moment symbole de l’hécatombe, fermera mercredi.

– « Anti-confinement » –

En revanche au Royaume-Uni, le confinement instauré le 23 mars a été prolongé d’au moins trois semaines jeudi et le gouvernement n’envisage pas encore d’en sortir.

Même son de cloche aux Etats-Unis, pays officiellement le plus endeuillé au monde par le Covid-19, qui a déploré lundi 1.433 morts en 24 heures. Si Donald Trump a dévoilé un plan pour relancer l’économie de la première puissance mondiale, la majorité du pays est encore confinée. Au grand dam des Américains « anti-confinement » qui après le Texas et une dizaine d’autres Etats ce week-end, ont manifesté lundi à Harrisburg, en Pennsylvanie.

« La nouvelle normalité » nécessitée par le virus « ne veut pas dire que nous devons sacrifier nos libertés pour la sécurité de notre pays » a lancé, depuis le haut des marches du Capitole, un parlementaire local républicain, Aaron Bernstine, alors que la foule scandait « USA! USA! USA! », comme dans les meetings électoraux du président Trump, suspendus par l’épidémie.

Le président Trump a annoncé lundi soir une « suspension temporaire » de l’immigation aux Etats-Unis pour « protéger les emplois » des Américains.

burs-cjc/dax/am/roc

Nord-est du Nigeria: un infirmier de MSF meurt du Covid-19, le Borno décrète un confinement total

Le gouverneur de l’Etat du Borno, dans le nord-est du Nigeria, une région parmi les plus pauvres du monde décimée par 10 ans de conflit avec les jihadistes de Boko Haram, a annoncé lundi la mise en place d’un confinement total, après la mort d’un infirmer de Médecins sans frontières (MSF) des suites du Covid-19.

« J’ordonne un confinement qui implique la cessation de tout mouvement dans l’Etat du Borno pour une période initiale de 14 jours à compter de mercredi 22 avril 2020 », a fait savoir le gouverneur Babagana Zulum, dans un communiqué.

Plusieurs autres Etats ont déjà pris ces mesures très strictes dans le reste du Nigeria et celles-ci ont entraîné de fortes protestations sociales dans ce pays où près de la moitié de la population vit dans une extrême pauvreté.

Cette mesure a été mise en place à la suite de l’annonce de la mort d’un infirmier nigérian de MSF, testé positif au Covid-19 au cours d’une analyse post-mortem. C’est le premier cas déclaré de coronavirus dans le Borno, mais les Nations unies ont précisé qu’il « n’avait aucun antécédent de voyage en dehors de l’État de Borno ».

Les travailleurs humanitaires et les autorités locales ont mis en garde contre une catastrophe si le virus venait à se répandre parmi les quelque deux millions de personnes déplacées dans la région du lac Tchad, qui souffrent déjà de conditions sanitaires et médicales déplorables.

Cette région, qui est l’une des plus pauvres du monde, est extrêmement vulnérable avec sept millions de personnes dépendant déjà de l’aide humanitaire pour survivre et quasiment tous les services publics ont été anéantis par le conflit.

L’ONG MSF a déclaré qu’elle apportait son soutien aux autorités pour identifier « les personnes qui ont pu être en contact avec lui (le virus, ndlr) ».

MSF « continuera également à apporter son aide » dans cette région où le système de santé est défaillant après une décennie de guerre contre les jihadistes.

« Dans le but de protéger nos équipes et nos patients, MSF a renforcé ses mesures d’hygiène, ses contrôles et a mis en place des espaces d’isolement » pour les patients soupçonnés d’être positifs au coronavirus, selon le communiqué.

« Les acteurs humanitaires ont adapté leur façon de travailler pour empêcher la propagation du virus » dans la région, a tenu à préciser Edward Kallon, le coordinateur humanitaire des Nations unies au Nigeria, dans un communiqué.

« Une installation de traitement du Covid-19 et un laboratoire de tests ont été mis en place à Maiduguri et une deuxième installation de traitement » est en voie de création, a-t-il indiqué.

« Les acteurs humanitaires installent des stations de lavage des mains et assurent l’approvisionnement en eau potable dans les camps de déplacés et les communautés vulnérables », selon le texte.

L’infirmier qui a perdu la vie est la 21e personne à être morte du Covid-19 officiellement recensée au Nigeria, mais les professionnels de santé mettent en garde contre une propagation beaucoup plus importante du virus sur son territoire : 7.000 tests seulement ont été réalisés à ce jour dans ce pays, le plus peuplé d’Afrique avec près de 200 millions d’habitants.

Confinement levé au Ghana: la vie normale reprend, l’inquiétude reste

Le Ghana est devenu lundi le premier pays d’Afrique à lever le confinement imposé depuis trois semaines: une décision qui soulage les plus pauvres autant qu’elle inquiéte sur l’avenir de la propagation du coronavirus dans le pays.

C’était comme si Accra était aussitôt revenue à la normale: ses rues et ses marchés bourdonnaient de vie après l’annonce par le président Nana Akufo-Addo, la veille au soir, de lever le confinement dans la capitale et dans la seconde ville du pays, Kumasi.

Le chef de l’Etat a assuré que grâce à une importante augmentation des capacités de dépistage, la traçabilité des personnes en contact avec les malades et l’ouverture de nouveaux centres de quarantaine, le pays était en mesure de retrouver un semblant de vie quotidienne.

Jemima Adwoa Anim était ravie d’être de retour dans son commerce du centre d’Accra. Devant son échoppe, les piétons et les voitures ne désemplissent pas.

« C’est un énorme soulagement. Notre gouvernement nous a entendus », a-t-elle déclaré à l’AFP. « C’était comme pendant une guerre: nous n’avions pas d’argent et en même temps, nous ne pouvions pas travailler pour gagner de quoi manger. Que Dieu bénisse notre président ».

Mais dans la périphérie de la capitale, cette décision a soulevé de nombreuses critiques. Le Ghana enregistrait lundi plus de 1.000 cas officiels de coronavirus, de quoi inquiéter sur sa future propagation.

« C’est totalement ridicule. Comment est-ce possible? », interrogeait Francis Collison, un étudiant de 20 ans. « Nous venons d’enregistrer plus de 1.000 cas positifs de COVID-19 et c’est maintenant que le président décide de lever les mesures de confinement ».

La grande majorité des Ghanéens, bien qu’ils craignent cette décision, n’ont juste pas d’autre choix que de retourner travailler, dépendant bien souvent de l’économie informelle pour survivre.

– Equilibre difficile –

La décision du Ghana de lever le confinement sera surveillée de près à travers l’Afrique.

En effet, sur tout le continent, les autorités sont aux prises avec un difficile équilibre: comment freiner la propagation du virus tout en permettant à des millions de personnes vivant dans la pauvreté de gagner de l’argent et se nourrir?

Le gouvernement ghanéen insiste sur le fait qu’il est en bonne position pour contrôler la pandémie, après avoir appliqué une mise en quarantaine stricte des arrivées de l’étranger le mois dernier.

Le pays a également réalisé de nombreux tests: plus de 68.000 pour une population de près de 30 millions d’habitants.

Malgré la levée du confinement, les frontières du pays et les écoles restent fermées, les rassemblements sont interdits et le président a conseillé le port du masque.

Des mesures largement insuffisantes selon le personnel médical. « Cette décision de lever le confinement a mis à plat tous les efforts que nous avons déployé jusqu’à maintenant », explique à l’AFP, Abigail Sosu, une infirmière.

« J’ai peur. Nous n’avons pas les ressources si une deuxième vague du virus devait se propager dans le pays. »

– « Pari politique » –

Alors que l’élection présidentielle est toujours prévue pour la fin de l’année, la gestion de la crise du coronavirus, qui pour l’instant avait échappé aux querelles politiques, est désormais un argument pour l’opposition.

Peu après l’intervention du chef de l’Etat, le communiqué de l’opposition ne s’est pas fait attendre.

« La décision du président Akufo-Addo de lever le confinement à ce moment crucial de l’épidémie est un pari politique imprudent qui laisse présager un grand danger pour cette nation », a déclaré le Congrès national démocrate, principal parti d’opposition, dirigé par l’ex-président John Mahama.

Un pari que pour l’instant, la majorité la plus pauvre semble toutefois soutenir, en sortant dans les rues et en retrouvant une vie normale malgré les dangers de contamination.

Benny Gantz, le « bon soldat » face à la crise en Israël

L’ancien chef de l’armée Benny Gantz a surfé sur une image de « Monsieur Propre » face à un Benjamin Netanyahu inculpé pour corruption avant de pactiser, en « bon soldat », avec son ennemi, dans « l’intérêt » supérieur d’Israël face à la pandémie de Covid-19.

Grand, baraqué et yeux azur, cet ex-militaire à l’attitude décontractée et abordable, n’avait pourtant aucune expérience politique lorsqu’il s’est jeté dans l’arène il y a un an pour former le parti centriste Kahol Lavan (« Bleu-Blanc »), les couleurs du drapeau israélien.

A 60 ans, M. Gantz a mené trois batailles électorales en moins d’un an contre Benjamin Netanyahu, sans jamais véritablement triompher de lui.

Il a bien gagné l’une des batailles mais n’a jamais la guerre, c’est-à-dire qu’il n’a pas réussi à détrôner celui que ses partisans nomment le « Roi Bibi ». A défaut de le vaincre, il a pactisé avec lui afin de mener ensemble une autre « guerre »: contre le nouveau coronavirus.

En pleine pandémie, M. Gantz a créé la surprise en ouvrant la voie à un gouvernement « d’union et d’urgence » avec M. Netanyahu, reniant ainsi son engagement à ne pas partager le pouvoir avec le Premier ministre sortant tant qu’il n’aura pas réglé ses démêlés avec la justice.

Dans le cadre de leur accord pour un gouvernement « d’union », l’ancien chef de l’armée retournera à ses premiers amours héritant du ministère de la Défense.

Et dans 18 mois, si le gouvernement tient toujours, il gravira les marches du pouvoir pour succéder à Benjamin Netanyahu, avec lequel il partage à peu de choses près la même vision sécuritaire, à la tête du gouvernement.

– « Honnêteté » –

Pur « sabra » -terme désignant les juifs nés en Israël-, M. Gantz, fils d’immigrants rescapés de la Shoah, est né le 9 juin 1959 à Kfar Ahim, un village du sud du pays.

A 18 ans, il rejoint l’armée dont il gravit les échelons et obtient le grade de général en 2001 avant de devenir chef d’état-major de 2011 à 2015, dirigeant ainsi l’armée pendant deux guerres contre le mouvement palestinien Hamas dans la bande de Gaza.

« Il n’a pas laissé de traces indélébiles dans l’armée, mais a conservé une image de stabilité et d’honnêteté », selon Amos Harel, journaliste spécialiste des affaires militaires au quotidien Haaretz.

Sa décision de tendre la main à Benjamin Netanyahu pour former un gouverner d’unité lui a valu des critiques acerbes dans son camp ayant d’ailleurs mené à la scission de son parti. Mais des commentateurs ont vu dans ce geste le caractère d’un « bon soldat » au service avant tout de son pays et non de sa personne.

S’il propose une vision plus libérale de la société que M. Netanyahu, et souhaite mettre en place un gouvernement laïc favorable au mariage civil, ce qui n’est pas d’usage en Israël, il soigne, comme le Premier ministre, son image de faucon.

Il affirme vouloir conserver le contrôle militaire israélien sur la majeure partie de la Cisjordanie occupée, annexer la vallée du Jourdain et mettre fin aux attaques à partir de Gaza.

Benny Gantz est titulaire d’une licence d’histoire de l’université de Tel-Aviv, d’un master en Sciences politiques de l’université de Haïfa (nord) et d’un master en gestion de ressources nationales de la National Defense University aux Etats-Unis.

Il est marié et père de quatre enfants.

Burkina: 31 civils tués par les forces de l’ordre, selon HRW

L’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch a accusé lundi les forces de sécurité du Burkina Faso d’avoir exécuté 31 habitants de la ville de Djibo, dans le Nord du pays, « lors d’une parodie brutale d’opération antiterroriste » le 9 avril.

« Les forces de sécurité burkinabè ont apparemment exécuté 31 hommes lors d’une parodie brutale d’opération antiterroriste susceptible de constituer un crime de guerre », selon Corinne Dufka, directrice pour l’Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch, citée dans un communiqué de l’organisation transmis à l’AFP.

L’ONG appelle les autorités burkinabè à « immédiatement ouvrir une enquête impartiale sur ces meurtres et tenir les responsables pour comptables de leurs actes, quel que soit leur rang ».

Le ministère de la Défense a indiqué lundi avoir ouvert une enquête dès le 10 avril.

« Ce type d’allégations avait été rapporté au ministre de le Défense nationale (…) qui dès le 10 avril 2020 a adressé une lettre au directeur de la Justice militaire pour l’instruire de faire ouvrir par ses services une enquête judiciaire afin d’établir la vérité des faits », a réagi le ministère dans un communiqué.

HRW et des organisations de la société civile burkinabè ont déjà plusieurs fois dénoncé des violences perpétrées par les forces de sécurité contre la population, qui ont fait selon ces ONG plusieurs centaines de morts, sous couvert de lutte contre les groupes jihadistes qui multiplient les attaques dans le pays depuis cinq ans.

Le Burkina fait face depuis 2015 – comme ses voisins le Mali et le Niger – à des violences meurtrières croissantes perpétrées par des groupes jihadistes, parfois entremêlées de conflits intercommunautaires, qui ont fait plus 800 morts et près de 860.000 déplacés.

Selon l’enquête menée par HRW à Djibo, ville située à 200 km au nord de la capitale Ouagadougou, les forces de sécurité ont ciblé exclusivement des hommes de la communauté peule, une ethnie semi-nomade sahélienne parmi laquelle les groupes islamistes recrutent particulièrement, selon les experts.

« Selon les habitants, des dizaines de membres des forces de sécurité ont été impliqués dans l’opération du 9 avril, qui a débuté vers 10 heures (locales et GMT) avec les arrestations, pour s’achever vers 13h30, lorsque plusieurs coups de feu ont été entendus », explique HRW.

« Les victimes ont été interpellées dans plusieurs quartiers, alors qu’elles étaient en train d’abreuver leur bétail, de marcher ou étaient assises devant leurs domiciles », par des militaires venant vraisemblablement du camp du Groupement des Forces antiterroristes de Djibo, petite ville d’une vingtaine de milliers d’habitants au coeur d’une région très fréquemment ciblée par les attaques jihadistes.

– « Une scène terrifiante » –

Les hommes arrêtés « ont été placés à bord d’un convoi formé d’une dizaine de véhicules militaires, dont des camionnettes, une voiture blindée et des motos ».

« Les villageois ont déclaré s’être rendus, vers 16 heures, à l’endroit où ils avaient entendu les coups de feu. Ils y ont trouvé les corps de 31 hommes qui avaient été vus pour la dernière fois sous la garde des forces de sécurité. Plusieurs d’entre eux avaient les yeux ou les mains liés. Les habitants ont déclaré qu’aucun n’était armé », détaille HRW.

« Ils avaient été tués par balle, certains déchiquetés par des rafales au point d’être méconnaissables », selon un témoin cité par HRW qui dit avoir perdu cinq membres de sa famille.

« C’était une scène terrifiante », « je n’ai pu reconnaître mon frère qu’à partir d’un fragment de ses vêtements », relate un autre témoin.

Pour son enquête, HRW précise avoir « mené des entretiens avec 17 personnes ayant connaissance des tueries du 9 avril, dont 12 témoins des arrestations puis de l’enterrement des corps », qui « ont établi une liste des victimes, toutes peules ».

Dans son communiqué, le ministère de la Défense assure que « les forces armées ayant en leur sein des fils de toutes les communautés qui composent le peuple burkinabè, elles ne sauraient opter de stigmatiser une d’entre elles. Surtout que le succès de leurs missions dépend de la confiance et de la collaboration des populations locales ».

« Si ces allégations étaient avérées, des sanctions seront prises à l’encontre des auteurs », affirme le ministère.

Sous-équipées et mal entraînées, les forces de l’ordre du Burkina, pays pauvre d’Afrique de l’Ouest, n’arrivent pas à enrayer la spirale de violences jihadistes, en dépit de certaines annonces triomphalistes, et malgré l’aide de forces étrangères, notamment de la France, présente dans le Sahel avec 5.100 hommes dans le cadre de l’opération antijihadiste Barkhane.

Les violences jihadistes mêlées à des conflits intercommunautaires, qui touchent l’ensemble du Sahel, ont fait au total 4.000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2019, selon l’ONU.

Israël: Netanyahu et Gantz s’entendent enfin sur un gouvernement d’union

Fumée blanche à Jérusalem! Après seize mois d’une crise politique sans précédent dans l’histoire d’Israël, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ex-rival Benny Gantz se sont entendus lundi soir pour former un gouvernement d’union en pleine pandémie de Covid-19.

Le signal est venu de la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu au grand soulagement de nombreux Israéliens, dont beaucoup craignaient la tenue de nouvelles élections pour résoudre la crise.

Après trois scrutins législatifs en un an, des rebondissements les plus improbables et parfois les plus désespérants pour certains Israéliens, MM. Netanyahu, 70 ans, et Gantz, 60 ans, se sont retrouvés dans la soirée avant le début de Yom Hashoah, le « jour de la Shoah », qui se tient du coucher du soleil lundi à la tombée de la nuit mardi en Israël.

Ces entretiens avaient pour but de sceller l’union entre les deux anciens rivaux après de nombreuses tentatives ayant échoué. Les sceptiques ont été confondus car cette fois a finalement a été la bonne.

Des milliers d’Israéliens, respectant scrupuleusement les règles de distanciation sociale, avaient manifesté dimanche soir à Tel-Aviv dans l’espoir de barrer la route à une alliance entre MM. Netanyahu et Gantz.

« Un accord pour la formation d’un gouvernement national d’urgence a été signé » par MM. Netanyahu, chef du Likoud (droite), et Gantz, le dirigeant du parti Bleu-Blanc (centriste), ont indiqué les deux formations politiques dans un communiqué.

Leur pacte, d’une durée de trois ans, vise la formation d’un gouvernement « bipartisan » avec pour Premier ministre M. Netanyahu pour les 18 premiers mois et M. Gantz pour les 18 mois suivant. Il prévoit aussi un nombre égal de ministres pour les deux camps et la possibilité pour des partis de se joindre à eux afin de sortir le pays de la crise.

– Covid et annexion? –

Lors des élections du 2 mars – les troisièmes en moins d’un an, qui devaient enfin départager les deux hommes – Benjamin Netanyahu avait réussi son meilleur score à la tête du Likoud (36 sièges) mais n’avait pas réussi à obtenir la majorité avec ses alliés de la droite radicale et des partis ultra-orthodoxes.

Les parlementaires avaient plutôt recommandé au président de choisir Benny Gantz, un ancien chef d’état-major de l’armée à la tête de la coalition centriste Bleu-Blanc, pour tenter de former le gouvernement.

Incapable de rallier une majorité au moment où de surcroît le pays affronte la crise du coronavirus, M. Gantz avait causé la surprise en ouvrant la voie à un gouvernement « d’union et d’urgence » avec Benjamin Netanyahu, inculpé pour corruption. Il était ainsi revenu sur son engagement de ne pas partager le pouvoir avec le Premier ministre sortant tant que ce dernier n’aurait pas réglé ses démêlés avec la justice.

L’espoir d’un gouvernement d’union pointait à l’horizon pour de nombreux Israéliens, mais d’autres ont toutefois reproché au général Gantz d’avoir rendu les armes face à Benjamin Netanyahu, plus pérenne des Premiers ministres de l’histoire du pays, passé maître dans l’art de la survie politique.

Mais des pourparlers entre les deux camps, jusque tard dans la nuit, avaient échoué la semaine dernière faisant craindre la tenue d’un quatrième round électoral anticipé.

Selon l’accord conclu lundi, les deux parties mettront finalement sur pied un gouvernement d’urgence qui oeuvrera à combattre le coronavirus, qui a contaminé plus de 13.000 personnes en Israël et provoqué plus de 170 décès, et ses conséquences notamment sur l’économie avec un chômage qui a explosé ce dernier mois alors que l’économie tournait à plein régime avant la crise.

Le négociateur en chef de M. Netanyahu, Yariv Levin, a lui indiqué que ce gouvernement avait aussi pour objectif d’appliquer la « souveraineté » d’Israël dans les « implantations en Judée et Samarie », expression souvent utilisée pour évoquer l’annexion des colonies et de territoires en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par l’Etat hébreu.

Benjamin Netanyahu, maître dans l’art de la survie politique

Détenteur du record de longévité au poste de Premier ministre de toute l’histoire d’Israël, Benjamin Netanyahu est un « magicien » de la survie politique, passé maître dans l’art d’être reconduit à son poste malgré les rivaux et les ennuis judiciaires.

Souvent surnommé « Roi Bibi » par ses partisans, Benjamin Netanyahu, 70 ans, s’est entendu lundi avec Benny Gantz pour former un gouvernement d’union et d’urgence qu’il dirigera en premier, pendant 18 mois, avant de laisser la place à son ex-rival.

Après 16 mois d’un gouvernement de transition, trois élections législatives et des rebondissements les plus improbables, les deux hommes ont ainsi mis fin à la plus longue crise politique de l’histoire d’Israël, en pleine pandémie de Covid-19.

Voix rauque de ténor, cheveux argentés inamovibles, souvent vêtu d’un complet-cravate bleu sur chemise blanche, le seul Premier ministre à être né après la création d’Israël en 1948 est un fin stratège habitué au louvoiement.

Né à Tel-Aviv le 21 octobre 1949, M. Netanyahu a hérité d’un bagage idéologique musclé par son père Benzion, qui était l’assistant personnel de Zeev Jabotinsky, leader de la tendance sioniste dite « révisionniste », favorable à un « Grand Israël ».

M. Netanyahu prône une vision d’Israël comme « Etat juif » avec des frontières s’étendant au nord-est jusqu’à la Jordanie. D’où sa promesse d’annexer la vallée du Jourdain située en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé.

– Plus jeune Premier ministre –

Le jeune Netanyahu effectue son service militaire dans un commando prestigieux. Le Proche-Orient est alors dans l’après-guerre des Six Jours, qui a vu en 1967 Israël s’emparer des territoires palestiniens de Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est ainsi que du Golan syrien et du Sinaï égyptien.

En 1976, le frère aîné de Benjamin, Yoni, commandant de l’unité chargée de libérer les otages d’un vol Tel-Aviv/Paris détourné par deux organisations palestinienne et allemande en Ouganda, est tué pendant l’assaut israélien.

Ce décès ébranle profondément Benjamin Netanyahu qui fera de la « lutte contre le terrorisme », qu’il associe souvent aux Palestiniens, l’un des fils conducteurs de sa carrière.

Orateur né, pugnace, il devient diplomate à Washington, puis ambassadeur à l’ONU dans les années 1980. De retour en Israël, il est élu député en 1988 sous la bannière du Likoud (droite), dont il devient, avec son style à l’américaine, l’étoile montante.

Pendant la guerre du Golfe de 1991, qui expose Israël à une pluie de missiles irakiens, il défend le point de vue israélien sur la chaîne américaine CNN. A l’aise devant la caméra, il connaît les codes médiatiques et maîtrise l’anglais, ayant fait ses études au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Il continue son ascension jusqu’à une première consécration en 1996. A 47 ans, M. Netanyahu triomphe alors du doyen Shimon Peres et devient le plus jeune Premier ministre de l’histoire d’Israël.

Son règne est de courte durée: trois ans. Mais, après une brève retraite, il retourne à sa passion, la politique, et reprend la tête du Likoud. En 2009, il redevient Premier ministre.

– « Guerre personnelle » –

Depuis, Israël n’a connu que « Bibi ».

Il se présente comme le grand défenseur de l’Etat hébreu face à l’Iran, nouvel « Amalek », ennemi mortel des Hébreux dans la Bible. Ses adversaires décrivent plutôt un autocrate prêt à tout pour rester à son poste.

Marié et père de trois enfants, il a aussi décroché un autre titre, moins glorieux, en étant le premier chef de gouvernement à être inculpé dans l’exercice de ses fonctions.

Mais son procès pour corruption, abus de pouvoir et malversation, prévu initialement le 17 mars a été reporté en raison de l’épidémie du coronavirus.

Pour Gideon Rahat, professeur de sciences politiques à l’Université hébraïque de Jérusalem, Benjamin Netanyahu a droitisé son discours depuis ses ennuis judiciaires.

« Il est plus (…) enclin au populisme. Il se bat pour sa survie, pour éviter les tribunaux, c’est une guerre personnelle. »

COVID-19 : Point de l’évolution de la pandémie en Côte d’ivoire

Le point des malades du COVID-19 en Côte d’Ivoire est passé, ce lundi 20 Avril 2020, à 32 nouveaux cas d’infection portant à 879 le nombre total de cas confirmés. Concernant les cas de guérison, le pays enregistre 27 nouvelles personnes et un décès en ce jour. Ce qui donne un total de 287 cas de guérison et 10 décès.

Par ailleurs, face à l’évolution croissante du nombre de sujets contaminés, et du nombre de décès, le gouvernement continue de rappeler et d’insister sur le respect des mesures barrières. Il prend également les dispositions pour veiller à l’application des règles établies.

Cependant, rappelons que le gouvernement a décidé du confinement obligatoire, des personnes fragiles et vulnérables. En outre, il s’agit des personnes âgées et celles souffrant d’une pathologie chronique. Notamment, les personnes ayant le diabète, l’hypertension artérielle, les cancers…

Coronavirus : Le ministre Souleymane Diarrassouba visite des industries de fabrication de gels hydro-alcooliques

Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Souleymane Diarrassouba, a effectué une visite dans les industries de fabrication de gels hydro-alcooliques. Notamment à la Nouvelle Parfumerie Gandour et à la Société ivoirienne de parfumerie (Sivop), à Abidjan-Yopougon.

Il a voulu s’assurer des conditions de fabrication de ces produits d’hygiène corporelle. Ainsi que de constater les capacités de production de ces entreprises. « Il s’agit de rassurer les populations sur la qualité des produits fabriqués en Côte d’Ivoire et apporter à ces industriels, le soutien du gouvernement », a indiqué Souleymane Diarrassouba.

En effet, l’utilisation de gels hydro-alcooliques est l’un des principaux gestes barrières édictés par le gouvernement ivoirien pour lutter contre la pandémie à COVID-19.

Selon lui, le gouvernement continuera de les accompagner pour faciliter les importations des intrants essentiels à la fabrication du gel hydro-alcoolique.

Par ailleurs, il a encouragé les inspecteurs du commerce, en charge du contrôle des prix, à rester vigilants et mobilisés sur le terrain. Ces différentes précautions pourront faire respecter sur tout le territoire national, les prix officiels maxima des gels hydro-alcooliques.

Cependant, les industriels ont réaffirmé leur engagement à approvisionner le marché local, durant cette crise sanitaire et à offrir aux populations des produits de qualité au juste prix.

Coronavirus au Burkina : le grand marché de Ouagadougou rouvre

Les affaires vont enfin pouvoir reprendre au marché central de Ouagadougou, considéré comme le poumon économique du Burkina Faso, rouvert lundi près d’un mois après sa fermeture pour cause de coronavirus, au grand soulagement des commerçants.

L’épidémie qui a causé 36 morts pour 576 cas dans ce pays pauvre d’Afrique de l’ouest, selon le dernier bilan officiel dimanche, avait entraîné la fermeture du grand marché et d’une quarantaine d’autres dans la capitale burkinabè de 3 millions d’habitants, le 25 mars, deux semaines après l’apparition de la maladie.

« C’est une joie de voir le marché rouvrir ses portes. La situation commençait à être difficile pour nous », réagit Boureima Compaoré, un marchand de pagnes (tissus), venu assister à la réouverture.

En pratique, les boutiques n’ouvriront effectivement que mardi, après la cérémonie officielle, pour donner le temps aux commerçants de reprendre possession de leurs étals.

« Depuis la fermeture, c’était la misère. On vivait au jour le jour, sans aucune économie », explique Souleymane Sawadogo, un vendeur de vêtements. « Maintenant nous sommes soulagés. On espère que les clients aussi ne vont pas avoir peur de venir faire des achats » dit-il, affirmant que les commerçants sont « prêts à se plier à aux mesures les plus rigoureuses pour garder le marché ouvert ».

Fruits, légumes, viandes, épices, mais aussi tissus, vêtements, quincaillerie, électroménager, informatique, pièces détachées pour deux-roues, et même oeuvres d’art… On trouve de tout dans cet marché animé sept jours sur sept, de l’aube au crépuscule.

Entre 25.000 et 30.000 personnes y travaillent, selon l’Agence de développement urbain de Ouagadougou. Organisé autour d’un énorme bâtiment de deux étages, occupant une place centrale de la capitale, le grand marché compte près de 3.000 boutiques.

L’Etat a décidé sa réouverture « pour soulager les commerçants, leur permettre de poursuivre leur activité et participer à la relance de l’économie nationale », selon le maire de Ouagadougou Armand Béouindé.

« Le grand marché, c’est le poumon économique de la capitale. Les autres marchés, même à l’intérieur du pays, se ravitaillent à partir du grand marché », souligne le président du Conseil national du secteur informel, Salifou Kaboré.

– « Changer de comportement » –

La pandémie met à rude épreuve la fragile économie du Burkina Faso, déjà éprouvée par la lutte contre les groupes jihadistes depuis cinq ans. La croissance devrait chuter à 2%, au lieu des 6,3% initialement prévus, selon le gouvernement.

Les frontières sont fermées, et les grandes villes, dont Ouagadougou, placées en quarantaine, désorganisant le commerce.

Autour du grand marché, les parkings sont à nouveau bondés de vélos et de motocyclettes. « Pour nous, les affairent reprennent », sourit Alassane Kaboré, gérant de l’un des parkings, affairé à ranger quelques engins.

« Il était temps car on ne savait plus quoi faire pour survivre. Nous n’avons pas bénéficié d’aide ou d’accompagnement pour tenir pendant la durée de la fermeture », relève-t-il.

Avant la réouverture, le marché central a été entièrement nettoyé et désinfecté, explique le ministre du Commerce Harouna Kaboré, alors que des haut-parleurs diffusent des messages sur les mesures barrières contre le coronavirus. Les mêmes opérations sont en cours pour les autres marchés.

« Des dispositifs de lavage des mains ont été installés à toutes les portes d’entrée et la prise de température est systématique. A l’intérieur, les allées ont été complètement dégagées, et un traçage fait pour respecter la distanciation sociale », assure le maire.

« Nous avons augmenté le nombre de policiers sur le site du marché pour aider les usagers et s’assurer que les gestes barrières seront respectés. Près de 500 bénévoles ont également été mobilisés pour poursuivre la sensibilisation et veiller au respect des consignes », détaille-t-il.

Commerçants et acheteurs devront porter un masque, et seulement deux clients en même temps seront autorisés par boutique, précise Halidou Sanfo, représentant des commerçants. « Nous sommes tous appelés à changer notre comportement. On ne peut plus fréquenter les marchés comme on le faisait avant et nous allons y veiller », promet-il.

Parmi les badauds, certains Ouagalais s’inquiètent de cette réouverture.

« La maladie n’est pas encore maîtrisée. Les cas ne font qu’augmenter », note Awa Zoungrana, professeur du secondaire.

« C’est sûrement pour éviter des troubles que les autorités ont rouvert le marché, sinon rien ne justifie une telle précipitation », soutient Albert Nana, fonctionnaire à la retraite, pas rassuré par les mesures de sécurité. « Je fréquente régulièrement le marché, mais je vais éviter d’y aller pendant quelques temps ».