Coronavirus: deuxième mort d’un Européen, l’inquiétude monte hors de Chine

L’Italie a annoncé samedi un deuxième décès dû au coronavirus, la seconde victime européenne au moment où le nombre de contaminations bondit hors de Chine, notamment en Corée où la situation est « grave » selon le Premier ministre.

Alors que la maladie a déjà touché quelque 77.000 personnes dans le monde, l’Italie est le premier pays européen à enregistrer des cas mortels parmi ses ressortissants: une femme de 75 ans, en Lombardie, après un maçon retraité de 78 ans qui résidait dans la région voisine de Vénétie.

Au total, une quarantaine de cas ont été répertoriés sur le sol italien, dont au moins 32 en Lombardie autour d’un foyer identifié à Codogno, à 60 km de Milan, poussant les autorités iatliennes à prendre des mesures de semi-confinement pour une semaine dans une dizaine de villes du nord.

La première personne morte en Europe après avoir été infectée par le Covid-19, apparu en décembre à Wuhan (centre de la Chine), était un touriste chinois originaire de la province du Hubei, dont Wuhan est le chef-lieu. Cet homme de 80 ans était décédé à Paris le 14 février.

En dehors de la Chine continentale (sans Hong Kong et Macao), plus de 1.300 contaminations ont jusqu’à présent été recensées — principalement en Corée du Sud et sur le navire de croisière Diamond Princess au Japon.

– Fermeture d’une usine Samsung –

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’inquiète, elle, de la difficulté à enrayer la propagation du virus.

« Nous sommes encore dans une phase où il est possible de contenir l’épidémie », a relevé le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus vendredi à Genève. Mais la « fenêtre de tir se rétrécit », a-t-il averti, déplorant le manque de soutien financier international.

Samedi, il a averti que les systèmes sanitaires africains étaient notamment mal équipés pour répondre à l’épidémie, appelant les États membres de l’Union africaine « à se rassembler pour attaquer plus agressivement » le Covid-19.

Les foyers du nouveau coronavirus ont continué d’essaimer, avec samedi un mort supplémentaire recensé en Iran où écoles, universités et centres éducatifs vont être fermés dans les villes de Qom et Arak (centre). Le bilan total y est désormais de cinq morts, soit le plus élevé hors Extrême-Orient.

En Corée du Sud, un deuxième décès a été annoncé samedi et le nombre d’infections a fortement augmenté avec 229 nouveaux cas, sur un total de 433 cas rapportés, selon les autorités sanitaires sud-coréennes.

L’épidémie est entrée dans une « phase grave et le gouvernement fait tout pour prévenir la propagation », a déclaré le Premier ministre Chung Sye-kyun dans une allocution samedi soir.

L’un des deux principaux foyers d’infection du pays est l’hôpital de Cheongdo: 95 des derniers cas sont « liés » à des patients ou du personnel de cet hôpital, où les deux personnes décédées avaient séjourné.

La plupart des patients diagnostiqués avaient été admis dans cet hôpital pour des troubles mentaux.

L’autre foyer est l’Eglise de Shincheonji de Jésus, une secte chrétienne de la ville de Daegu, non loin de Cheongdo. Au total, plus de 200 membres de cette secte chrétienne ont été contaminées.

Par ailleurs, un employé d’une usine Samsung Electronics à Gumi, à 200 kilomètres de Séoul, a été infecté, amenant le géant technologique à annoncer une suspension des activités sur ce site jusqu’à lundi.

– Bénévoles des JO d’été –

Au Japon, une centaine de croisiéristes qui étaient en contact étroit avec des personnes infectées présentes sur le Diamond Princess ont commencé samedi à débarquer du paquebot, placé en quarantaine dans le port japonais de Yokohama, ont indiqué des médias locaux.

Les interrogations persistent cependant sur les méthodes des autorités sanitaires japonaises, qui ont autorisé cette semaine quelque 970 personnes à débarquer du navire après des tests apparemment négatifs au coronavirus.

Or parmi ces personnes lâchées dans la nature, deux Australiens et une Israélienne ont été déclarés porteurs du virus à leur retour dans leur pays.

Passagers et membres d’équipage du bateau de croisière continuaient samedi à être rapatriés dans leurs pays: 32 au Royaume-Uni, six en Roumanie et deux en Grèce.

Le Diamond Princess reste le plus important foyer de contagion hors de Chine. Sur 3.711 personnes se trouvant initialement à bord, plus de 630 ont contracté le coronavirus.

Toujours au Japon, le comité d’organisation des Jeux Olympiques 2020 de Tokyo a annoncé samedi qu’il allait retarder la formation des bénévoles qui encadreront l’événement, par mesure de précaution, tout en assurant que les JO (prévus du 24 juillet au 9 août) ne sont pas remis en cause.

– Ralentissement en Chine –

En Chine continentale en revanche, pays de très loin le plus touché par la pneumonie virale, l’heure semble au ralentissement. Les autorités sanitaires ont annoncé samedi 109 nouveaux décès, contre 118 la veille, pour un total national de 2.345.

Le chiffre quotidien des nouveaux cas de contamination au coronavirus est en plus forte baisse encore, avec quelque 400 nouveaux cas contre près de 900 vendredi. Le nombre de contaminations dépasse désormais les 76.000.

Dans une lettre de remerciements à la fondation Bill et Melinda Gates pour son soutien financier contre l’épidémie, le président chinois Xi Jinping a souligné que son pays se trouve désormais à « un moment critique », a rapporté samedi l’agence Chine nouvelle.

La Chine a minimisé jusqu’à présent l’impact à long terme de l’épidémie sur son économie, paralysée par les placements en quarantaine, les routes bloquées et le manque de main-d’oeuvre.

Une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays du G20 tenaient samedi une réunion à Ryad consacrée principalement aux retombées de l’épidémie sur l’économie mondiale.

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Coronavirus: un Italien décédé, le nord de l’Italie se barricade

Un Italien de 78 ans est le premier Européen décédé après avoir été infecté par le nouveau coronavirus en Italie, où une partie du nord de pays s’est barricadé depuis vendredi après une quinzaine de cas de contaminations.

L’homme était hospitalisé depuis une dizaine de jours en Vénétie, dans le nord de l’Italie, pour une maladie non liée au coronavirus, selon le ministère de la Santé, mais un test a confirmé qu’il avait été contaminé.

Adriano Trevisan, maçon retraité, faisait partie de nouveaux cas répertoriés infectés en Vénétie qui sont devenus trois dans la nuit, selon les autorités locales. Tandis que cinq médecins et onze autres personnes ont été identifiés comme porteurs du nouveau coronavirus en Lombardie. A part les médecins, les autres personnes fréquentaient le même bar et le même groupe d’amis.

Sur les trois cas de Vénétie, le président de la région Luca Zaia, interrogé sur Rainews24 s’est dit perplexe samedi matin: « nous faisons faire des tests dans leur entourage, la grande question c’est l’origine (de ce foyer) car ces personnes n’avaient eu aucun contact avec des Chinois ni des contacts particuliers » avec des personnes de retour de Chine. A part le patient de 78 ans décédé dans la nuit, les deux autres cas suspects sont âgés de 66 et 67 ans.

Cette vague de contaminations a contraint les autorités italiennes à prendre des mesures drastiques.

Au total, 22 cas de contamination ont été recensés jusqu’à présent en Italie, pays le plus touché en Europe par l’épidémie de pneumonie virale qui a démarré en Chine en décembre.

Bars, écoles, églises ou encore stades: les lieux publics ont été fermés vendredi pour une semaine dans onze villes du nord de l’Italie. La mesure touche aussi les bibliothèques, les mairies, les magasins ainsi que les nombreux défilés de carnavals organisés en cette période de l’année. Les écoles étaient fermées samedi dans la grande ville proche de Cremona. Des trains ont été stoppés en gare de Milan et Lecce (Pouilles) vendredi soir le temps de faire descendre des passagers présentant des symptômes grippaux.

La décision de semi-confinement d’une dizaine de villes a été prise par le ministère de la Santé après qu’un premier foyer autochtone italien a été identifié à Codogno, près de Lodi, avec la contamination de 14 personnes dont un homme de 38 ans hospitalisé depuis mercredi.

Dans cette zone située à environ 60 km au sud-est de Milan, plus de 50.000 personnes sont priées de rester chez elles et d’éviter les lieux fermés. Au total, 40 stades et salles de sports seront fermées aux compétitions amateurs ainsi que les lieux de culte.

Le Premier ministre Giuseppe Conte, interrogé à Bruxelles par la presse italienne, s’est toutefois voulu rassurant en soulignant que l’Italie « applique un très haut niveau de précaution ».

Le photographe de l’AFP a vu des rues désertes à Codogno, localité de 15.000 habitants proche de Lodi, où six nouveaux cas italiens ont été détectés et qui a été la première à tout fermer, y compris les magasins d’alimentation. Personne non plus aux urgences de l’hôpital local à part des infirmières masquées au changement de rotations. « Beaucoup de personnes en voiture à la recherche d’un magasin ouvert », a-t-il décrit, constatant qu’une boulangerie était tout de même ouverte ainsi qu’une pharmacie.

– « Incroyable » –

« C’est incroyable: maintenant la (situation de la) Chine que nous voyions à la télévision, c’est chez nous », a confié le propriétaire d’une boulangerie interrogé par l’agence Agi.

Environ 250 personnes dont 70 médecins et aide-soignants ont été placées à l’isolement, le temps de les soumettre à des tests, après qu’elles aient été en contact avec les 14 cas de Lombardie.

Le premier cas de Codogno, un Italien de 38 ans, cadre chez Unilever, est hospitalisé en soins intensifs en état grave. Son épouse enceinte de 8 mois, un ami avec lequel il jouait au football et trois personnes qui fréquentaient un bar dans la petite ville proche de Castiglione d’Adda, font partie des cas avérés.

Au total 16 personnes ont été testées positives en Lombardie, toutes autour de Codogno, dont cinq médecins qui avaient soigné ce cadre.

Les autorités sanitaires de la Lombardie n’ont pas identifié avec certitude la personne à l’origine de la contagion, mais ce pourrait être un Italien rentré de Chine en janvier qui aurait dîné à plusieurs reprises avec le manager de 38 ans.

Les 60 employés du siège local d’Unilever à Casalpusterlengo ont été également soumis à des tests de détection du virus.

L’Italie ne comptait jusqu’à présent que trois cas de coronavirus, tous contractés hors du pays et soignés à Rome, parmi lesquels deux touristes chinois placés à un moment en thérapie intensive mais dont l’état s’est nettement amélioré ces derniers jours.

En outre, un Italien contaminé par le nouveau coronavirus et qui se trouvait sur le bateau de croisière Diamond Princess au Japon a été rapatrié samedi matin avec une trentaine de passagers italiens qui ont été placés en quarantaine.

Le coronavirus en France: 1 décès, 10 guéris, 1 hospitalisé

Sur les douze cas avérés en France d’infection au nouveau coronavirus, un Britannique est toujours hospitalisé à Lyon, un Chinois est mort à Paris et les dix autres patients sont guéris. Plus d’une soixantaine de Français sont par ailleurs encore en quarantaine dans l’Hexagone.

– Un octogénaire décédé

Après plusieurs jours en réanimation à l’hôpital Bichat à Paris, un touriste chinois de 80 ans meurt le 14 février. Son décès annoncé le lendemain est le seul à ce jour en Europe.

Arrivé en France le 23 janvier, cet homme originaire de la province de Hubei avait, dans un premier temps, consulté les urgences de l’hôpital européen Georges Pompidou le 25 janvier mais n’avait pas été repéré comme un cas suspect car il ne correspondait pas aux critères. Il avait de la fièvre mais ni toux ni signe respiratoire et ne venait pas de Wuhan, épicentre de l’épidémie, mais d’une ville à 400 km au nord.

Il a ensuite développé des problèmes respiratoires qui ont motivé un changement de son classement et le test s’est révélé positif le 28 janvier.

– Dix guérisons

+ La fille de 50 ans du patient décédé, contaminée et hospitalisée à Bichat, a été déclarée guérie.

+ Un couple de Chinois, qui avaient fait partie des premiers cas annoncés le 24 janvier, est sorti de l’hôpital le 12 février. L’homme de 31 ans et la femme de 30 ans originaires de Wuhan étaient arrivés en France le 18 janvier.

+ Le 13 février, un patient de 48 ans a pu sortir à son tour après 22 jours d’hospitalisation à Bordeaux. Cet homme d’origine chinoise était rentré en France le 22 janvier après être notamment passé par Wuhan. Il avait été hospitalisé après s’être présenté à SOS-Médecins avec toux et fièvre. Selon l’équipe médicale, il été traité avec du remdesivir, un antiviral « prometteur ».

+ Un médecin hospitalisé à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, est sorti le 14 février. Ce premier cas avéré de transmission sur le sol français avait été annoncé le 30 janvier: il s’agit d’un médecin libéral qui a été contaminé par un patient chinois, parti ensuite pour Taïwan où il a déclaré la maladie.

Le chef de service des maladies infectieuses de cet hôpital, le professeur Eric Caumes, a indiqué à France 2 que ce patient avait suivi un traitement expérimental, basé sur des molécules utilisées « dans d’autres maladies virales ».

+ Six Britanniques, dont un enfant, avaient été contaminés par un compatriote de retour de Singapour qu’ils avaient côtoyé dans un chalet des Contamines-Montjoie (Haute-Savoie) où il avait séjourné quelques jours fin janvier avant de repartir dans son pays.

Les six, qui sont les derniers cas avérés en France, avaient été hospitalisés à Grenoble, à Lyon et Saint-Etienne. Cinq d’entre eux ont pu ressortir depuis.

– Un patient encore hospitalisé

« Il ne reste aujourd’hui qu’un seul patient hospitalisé, à Lyon, dont nous attendons la sortie prochaine », a indiqué vendredi le nouveau ministre de la Santé Olivier Véran.

Il s’agit du sixième et dernier Britannique dont l’état de santé « n’inquiète pas les médecins », a commenté vendredi soir le Directeur général de la santé Jérôme Salomon.

– Plus 350 passages en quarantaine

Depuis le début de l’épidémie, plus de 350 personnes ont été placées en quarantaine en France après avoir été rapatriées de Wuhan en quatre vagues: trois avions affrétés par la France sont arrivés les 31 janvier, 2 février et 21 février avec à leur bord ressortissants français et étrangers, et un vol opéré par les Britanniques, via Londres, le 9 février.

Certains passagers étrangers sont repartis directement dans leur pays. Les Français et étrangers restés en France ont été confinés pendant 14 jours, durée maximale d’incubation du virus, dans trois lieux.

Les 225 accueillis dans un centre de vacances à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône) sont tous déjà ressortis, d’abord 181 le 14 février puis 44 le 16 février.

Sur les 113 hébergés dans un centre de formation des officiers de sapeurs-pompiers à Aix-en-Provence, 78 sont sortis le 16 février. Les 35 personnes arrivées via Londres ne doivent ressortir que dimanche 23 février.

La quatrième vague de 28 Français est arrivée ce vendredi dans un centre de vacances du village de Branville, dans le Calvados.

– Les Français du Diamond Princess

Quatre Français étaient à bord du paquebot Diamond Princess, placé en quarantaine au Japon et qui reste le plus important foyer de contagion hors de Chine.

Trois d’entre eux ont été testés positifs et hospitalisés au Japon, le quatrième est un membre d’équipage toujours à bord.

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Coronavirus en Corée du Sud: le bilan bondit autour d’une secte chrétienne

La Corée du Sud a annoncé vendredi avoir enregistré 52 nouveaux cas de la maladie Covid-19, la plupart liés à une secte chrétienne dans une métropole du pays, portant à 156 le bilan de patients contaminés dans le pays.

Si l’on exclut le foyer d’infection du paquebot Diamond Princess au Japon, la Corée du Sud est désomais le deuxième pays à compter le plus grand nombre de cas au niveau national après la Chine, d’où l’épidémie s’est répandue.

Trente-neuf des nouveaux cas ont un lien avec « l’Eglise Shincheonji de Jésus » de la ville de Daegu, la quatrième plus grande de Corée du Sud, a déclaré le Centre coréen de contrôle et de prévention des maladies.

Au total, plus de 80 fidèles de cette église ont été contaminés.

Une femme de 61 ans, membre de cette secte chrétienne et qui ignorait avoir contracté la pneumonie virale, leur aurait transmis le virus, notamment en assistant à des offices religieux.

Le maire de Daegu, qui compte plus de 2,5 millions d’habitants, a invité la population à rester chez elle.

De son côté, le commandement de la garnison de l’armée américaine installée dans la ville – qui représente un total d’environ 10.000 personnes – a restreint ses accès.

– « C’est trop tard » –

Vendredi, les habitants de la ville portaient un masque tout en poursuivant leurs activités. De nombreux commerces étaient cependant fermés.

« Je n’ai pas eu un seul client cette semaine (…) je n’ai jamais vu ça », a affirmé à l’AFP And Lee Yoo-jin, 73 ans, gérante depuis 20 ans d’un magasin de vêtements.

Des employés à moto vaporisaient vendredi un produit désinfectant à l’extérieur de l’église Shincheonji.

Non loin, un passant de 24 ans, Seo Dong-min, a fait part de son inquiétude: « Avec autant de cas confirmés ici, j’ai peur que Daegu devienne un second Wuhan », en faisant référence à la ville du centre de la Chine où le premier cas du nouveau coronavirus a été enregistré et qui en est le berceau.

« Maintenant, c’est partout (…) c’est trop tard », déplorait une passante, Mme Kim.

L’Eglise de Shincheonji est une secte qui affirme que son fondateur, Lee Man-hee, a endossé les habits de Jésus Christ et emmènera au paradis 144.000 personnes le jour du Jugement dernier.

Le Centre coréen de contrôle et de prévention des maladies a indiqué qu’un autre cas a été confirmé dans un hôpital du comté de Cheongdo, non loin de Daegu, portant à 16 le nombre de personnes – des patients et des membres du personnel – contaminées dans cet établissement.

– « Enquête approfondie » –

Un patient était décédé mercredi du nouveau coronavirus.

Cheongdo est le lieu de naissance de M. Lee, le fondateur de l’Eglise de Shincheonji. Les autorités de ce comté ont indiqué qu’il y a trois semaines les funérailles du frère de M. Lee se sont tenues durant trois jours dans une salle appartenant à cet hôpital.

Le président sud-coréen Moon Jae-in a demandé une « enquête approfondie » sur chacune des personnes ayant assisté à ces obsèques et aux offices religieux de Shincheonji.

« Si vous vous fiez simplement aux informations fournies par l’église, le processus peut être lent », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité « de mesures plus rapides ».

Le maire de Daegu, Kwon Young-jin, a expliqué que le gouvernement local a passé en revue 3.700 membres de l’Eglise Shincheonji et que sur ce nombre, 409 ont dit avoir des symptômes du nouveau coronavirus.

Le gouvernement sud-coréen a déclaré vendredi que Daegu et Cheongdo devenaient des « zones à gestion spéciale ».

La Premier ministre Chung Sye-kyun a indiqué que Séoul apporterait son soutien à la région touchée en envoyant notamment du personnel médical, des lits pour les malades et du matériel.

L’Eglise Shincheonji a fermé toutes ses structures en Corée du Sud.

Coronavirus: nouveaux foyers en Chine et en Asie, l’inquiétude remonte

L’apparition de nouveaux cas de contamination au coronavirus en Corée du Sud, en Iran, ainsi que dans des hôpitaux et prisons chinoises, relance vendredi les inquiétudes sur la propagation d’une épidémie qui a déjà fait plus de 2.200 morts.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle désormais la communauté internationale à « frapper fort » sans attendre contre ce virus qui a contaminé plus de 75.000 personnes en Chine et 1.100 ailleurs dans le monde.

Car si le nombre de nouveaux cas quotidiens en Chine avait baissé durant quatre jours consécutifs, il est reparti à la hausse (à au moins 889 contre 673 la veille), a annoncé vendredi la Commission nationale (ministère) de la Santé.

Autre motif d’inquiétude: des dizaines d’infections ont été annoncées dans deux hôpitaux de Pékin, et plus de 400 dans des prisons du pays, dont au moins 200 dans un seul établissement pénitentiaire.

La Chine a pourtant placé de facto en quarantaine des dizaines de millions de personnes dans la province du Hubei (centre) et dans son chef-lieu Wuhan — épicentre de l’épidémie–, et de nombreux Chinois restent cloîtrés chez eux en raison de mesures de confinement ailleurs dans le pays.

Plusieurs Etats ont par ailleurs interdit l’entrée des voyageurs en provenance de Chine et de nombreuses compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers le pays.

Sans que ces restrictions n’empêchent l’émergence de nouveaux cas hors de Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), avec 11 décès jusqu’à présent.

– Secte chrétienne –

Les autorités sud-coréennes ont ainsi annoncé vendredi 52 nouveaux cas de contamination par la maladie Covid-19, portant à 156 le total national.

Sur ce nombre, plus de 80 sont des fidèles de « l’Eglise Shincheonji de Jésus », une secte chrétienne située dans la ville de Daegu (sud-est), a déclaré le Centre coréen de contrôle et de prévention des maladies.

Une femme de 61 ans, qui ignorait avoir contracté la pneumonie virale, leur aurait transmis le virus, notamment en assistant à des offices religieux.

Le maire de Daegu (2,5 millions d’habitants) a invité la population à rester chez elle. Vendredi, un grand nombre d’habitants de la ville portaient un masque dans les rues pour se protéger de toute contamination potentielle.

Jeudi, l’Iran a de son côté confirmé trois nouveaux cas, au lendemain de l’annonce de la mort de deux hommes âgées dans la ville de Qom (150 km au sud de Téhéran).

L’Irak voisin, inquiet, interdit désormais aux Iraniens l’entrée sur son sol et à ses ressortissants de se rendre en République islamique.

– ‘Très dangereux’ –

Au Japon, la polémique enflait vendredi autour du bateau de croisière Diamond Princess, placé en quarantaine en banlieue de Tokyo depuis début février et qui reste le plus important foyer de contagion hors de Chine.

Deux ex-passagers australiens, initialement testés négatifs lors d’un dépistage par les autorités sanitaires japonaises à leur descente du navire, viennent d’être déclarées contaminés à leur retour en Australie.

Or, cette semaine, des centaines de croisiéristes ont été autorisés à quitter le paquebot après avoir été testés négatives au Covid-19. Beaucoup sont rentrés dans leurs pays pour y être de nouveau mis en quarantaine.

La contamination de ces Australiens suscite des interrogations sur les procédures des autorités japonaises à bord du Diamond Princess, toujours à quai à Yokohama (est).

Le Japon avait déjà annoncé jeudi la mort de deux ex-passagers, des octogénaires porteurs du nouveau coronavirus qui avaient été hospitalisés.

Cette recrudescence de nouveaux cas a poussé jeudi le directeur de l’OMS à lancer un appel à la mobilisation.

« C’est le moment d’attaquer le virus alors qu’il est encore gérable », a plaidé Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Si nous ne frappons pas fort maintenant en profitant de cette fenêtre de tir, nous pourrions être face à un grave problème. »

« Ce virus est très dangereux. C’est l’ennemi public numéro un et il n’est pas traité comme tel » à l’heure actuelle, s’est-il alarmé.

– Prisons touchées –

La Chine continentale a annoncé vendredi 118 morts supplémentaires durant les dernières 24 heures, une hausse stable par rapport à la veille, ce qui porte le bilan national à 2.236.

Face au risque de contamination, des Etats continuent d’évacuer leurs ressortissants.

Un troisième avion affrété par la France a ainsi décollé vendredi matin de Wuhan avec à son bord 28 Français et 36 citoyens d’autres pays de l’Union européenne (UE), a appris l’AFP de source diplomatique. Les ressortissants français seront placés en quarantaine dans un centre de vacances en Normandie.

A Pékin, où la situation semblait pourtant sous contrôle, les autorités ont fait état vendredi de 36 personnes testées positives à l’hôpital Fuxing: il s’agit de membres du personnel, de patients et de leurs familles.

A l’hôpital populaire de l’Université de Pékin, une personne hospitalisée a été contaminée par deux proches venus lui rendre visite.

Surtout, des prisons sont touchées: les autorités locales ont fait état de 200 détenus et sept gardiens contaminés à Jining dans la province du Shandong (est), et de 34 cas dans un établissement du Zhejiang (est).

Dans le Hubei, foyer de l’épidémie, 271 contaminations ont été enregistrées dans les centres pénitentiaires, ont indiqué des responsables provinciaux.

De nombreux Chinois ont repris le chemin du travail cette semaine. Mais le pays tourne toujours au ralenti: beaucoup d’habitants restent chez eux, alors que la plupart des commerces, restaurants et écoles demeurent fermés.

Coronavirus: un premier mort en Corée du Sud, plus de 100 personnes contaminées

Une première personne atteinte du nouveau coronavirus est morte en Corée du sud où le nombre des personnes contaminées a doublé au cours des dernières 24 heures, passant à une centaine, ont annoncé jeudi les autorités.

Dans la seule ville de Daegu, la quatrième plus grande de Corée du Sud avec plus de 2,5 millions d’habitants, près de 50 victimes d’une transmission massive de la maladie ont été recensées.

Une femme de 61 ans membre de la secte chrétienne « l’Eglise Shincheonji de Jésus », ignorant avoir contracté la pneumonie virale, est en effet soupçonnée d’avoir contaminé à elle seule une quarantaine de personnes, notamment en assistant à des offices religieux.

Après avoir eu de la fièvre le 10 février, elle a refusé à deux reprises de se soumettre à un test de dépistage du nouveau coronavirus au prétexte qu’elle n’était pas récemment allée à l’étranger.

Elle a ensuite assisté à au moins quatre offices avant d’être diagnostiquée porteuse du virus. La municipalité de Daegu a fait savoir que 1.001 fidèles de l’Eglise Shincheonji de Jésus pourraient avoir assisté aux mêmes offices qu’elle.

Cette secte affirme que son fondateur Lee Man-hee a endossé les habits de Jésus Christ et emmènera au paradis 144.000 personnes le jour du Jugement dernier.

L’Eglise Shincheonji a fermé toutes ses structures en Corée du sud et s’est dite, dans un communiqué, « [désolée] que l’un de nos membres, qui considérait avoir un rhume parce qu’il ne s’était pas rendu l’étranger, ait contaminé de nombreux membres de notre église, suscitant l’inquiétude au sein de la communauté locale ».

Le commandement de la garnison de l’armée américaine installé à Daegu – qui rassemble un total d’environ 10.000 personnes – a quant à lui restreint ses accès et ordonné aux militaires ayant assisté aux offices de l’Eglise Shincheonji de Jésus de rester en quarantaine.

Par mesure de précaution, les services d’urgence de quatre hôpitaux de la ville ont été fermés, a dit un responsable de la municipalité, tandis que le maire de Daegu, Kwon Young-jin, a appelé la population à demeurer chez elle.

Non loin de Daegu, dans le Comté de Cheongdo, à 320 kilomètres au sud de Séoul, un homme d’une soixantaine d’années est mort mercredi des suites de la maladie – il a été testé positif au coronavirus au lendemain de son décès -, a expliqué le centre coréen de contrôle et de prévention des maladies.

Il faisait partie d’un groupe de quinze personnes contaminées – des patients et des membres du personnel – dans un seul hôpital.

51 nouveaux cas ont été signalés en 24 heures en Corée du Sud, ce qui y porte à 104 le nombre total des personnes ayant contracté la maladie.

Comment le coronavirus se propage aux multinationales

Importatrice vorace de matières premières, usine du monde, grande consommatrice de luxe et de voyages…. La Chine est incontournable d’un bout à l’autre des chaînes de production des multinationales, désormais bouleversées par l’épidémie de coronavirus.

Ogre des matières premières

Une chute de 0,3 point de croissance cette année de la deuxième économie mondiale aurait un impact presque identique (-0,2 point) sur l’ensemble de la croissance mondiale, a indiqué Deutsche Bank. Autant dire que les pays exportateurs de matières premières seraient directement touchés par le ralentissement de l’activité du géant asiatique. Selon l’assureur-crédit Coface, le géant asiatique absorbe près de 14% de la production mondiale de pétrole. L’action du géant pétrolier saoudien Aramco a d’ailleurs perdu la plupart des gains réalisés depuis son introduction à la Bourse de Ryad en décembre.

La Chine engloutit aussi près de 40% de la production mondiale de métaux. Avec des usines chinoises au ralenti, les multinationales minières sont forcément exposées: l’australien BHP, plus grand producteur mondial de minerais, a prévenu que la demande de matières premières qu’il produit pourrait être affectée, à moins que l’épidémie ne soit contenue d’ici à fin mars. Certains pays, à l’image du Chili, qui extrait presque un tiers du cuivre mondial, sont exposés. Des répercussions sont aussi à craindre pour les produits agroalimentaires, ainsi le soja, dont le Brésil est premier producteur mondial.

Usine du monde

Depuis une trentaine d’années, la Chine est devenue l’usine du monde. Elle est incontournable pour la production de téléphones portables, d’écrans plats, d’ordinateurs, de pièces détachées pour les voitures et de nombreux autres objets. L’agence Fitch a revu à la baisse sa notation de « tous les fabricants de composants électroniques », directement touchés par la fermeture de nombreuses usines en Chine. Apple a fait état de difficultés d’approvisionnement en iPhones, fabriqués en Chine.

Le groupe français d’équipement et services énergétiques Schneider Electric, dont l’usine de Wuhan n’a toujours pas redémarré, a estimé à 300 millions d’euros les pertes attendues au premier trimestre.

Le géant danois du transport maritime AP Moeller—Maersk s’attend à un début d’année « faible » du fait d’une fermeture plus longue que d’habitude des usines en Chine.

Du côté de l’automobile, Fiat Chrysler a annoncé l’arrêt provisoire de son usine de Kragujevac en Serbie « à cause d’un manque de disponibilité de certains composants en provenance de Chine ». Le japonais Toyota et l’allemand Volkswagen ont dû interrompre la production dans leurs usines d’assemblage. Le sud-coréen Hyundai a, lui aussi, dû interrompre sa production.

L’épidémie provoquée par le coronavirus peut aussi entraîner des problèmes d’approvisionnement de médicaments en Europe car une « grande partie » des « principes actifs pharmaceutiques » est fabriquée en Asie, a prévenu l’Académie française de pharmacie.

Consommatrice avide

Au fil des années, avec l’émergence d’une classe moyenne, la Chine passe progressivement d’une économie de production à celle de consommation. Ce marché de plus d’un milliard d’habitants est devenu incontournable. Apple, déjà perturbé par l’épidémie au niveau de ses approvisionnements, souffre aussi en bout de chaîne puisque la demande pour ses produits, dont les Chinois sont friands, baisse.

Des chaînes comme Starbucks, pour qui la Chine est le second marché mondial, y ont fermé de nombreux points de vente. L’équipementier sportif Adidas a vu ses activités en Chine reculer de 85% sur un an depuis la fin janvier.

L’industrie du luxe est secouée. Kering (Gucci, Yves Saint Laurent, etc) a enregistré une forte baisse de ses ventes en Chine continentale et la maison d’habillement Burberry a averti d’un « impact négatif important ».

Le secteur du tourisme est directement concerné par la mise en quarantaine de douzaines de villes chinoises et l’interdiction des voyages organisés de Chinois vers l’étranger. Selon les chiffres de la Coface, les touristes chinois dépensent chaque année 130 milliards de dollars dans le monde.

Le trafic aérien a également subi les effets de l’épidémie. Plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, British Airways, Air Canada, Lufthansa ou Delta, ont suspendu leurs vols vers la Chine continentale. Air France-KLM a d’ailleurs estimé jeudi entre 150 et 200 millions d’euros le manque à gagner dû à la suspension des vols du groupe vers la Chine de février à avril.

Dans le secteur du tourisme, le groupe hôtelier Accor a indiqué avoir fermé 200 hôtels sur les 370 que compte son réseau en Chine et à Hong Kong.

Coronavirus: plus de 2.100 morts, l’épidémie semble ralentir en Chine

Les nouveaux cas de contamination au coronavirus annoncés par les autorités en Chine ont nettement diminué jeudi, et l’Organisation mondiale de la Santé a salué les « énormes progrès » pour juguler l’épidémie dont le bilan dépasse les 2.100 morts.

Un total de 108 décès supplémentaires ont été recensés jeudi dans la province du Hubei, où l’épidémie de Covid-19 avait démarré en décembre.

Mais seuls 615 nouveaux cas de contamination ont été enregistrés, en fort recul par rapport aux 1.693 rapportés mercredi, selon les autorités sanitaires de la province, qui ont par ailleurs révisé à la baisse, sans préciser pourquoi, le nombre de cas déclarés les jours précédents.

Au Japon, environ 500 passagers ont débarqué mercredi du paquebot Diamond Princess, en quarantaine dans le port de Yokohama, près de Tokyo.

Les autorités japonaises ont annoncé mercredi soir avoir recensé 79 nouveaux porteurs du coronavirus à bord. Avec au moins 621 cas, le navire de croisière est le plus grand foyer du virus hors de Chine.

Les passagers ne présentant pas de symptômes, dont les tests se sont révélés négatifs et qui n’ont pas eu de contact avec des personnes porteuses du virus, ont débarqué après 14 jours de quarantaine au Japon.

« Je suis soulagé (…) Je veux me reposer », a lancé aux journalistes un Japonais de 77 ans.

Les personnes autorisées à sortir ont reçu un certificat officiel indiquant qu’elles ne présentaient « aucun risque d’infection au nouveau coronavirus », ni de symptômes au moment de l’inspection.

Certains au Japon s’inquiètent toutefois de voir des passagers du navire éparpillés dans la nature ou en partance pour leurs pays respectifs.

Les dizaines de nouveaux cas constatés à bord chaque jour ont soulevé des questions sur l’efficacité de la quarantaine au cours de laquelle les passagers étaient autorisés à se promener en petits groupes sur le pont avec des masques, tandis que le personnel de bord passait de cabine en cabine pour distribuer les repas.

Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, ont décidé d’envoyer des avions pour rapatrier leurs ressortissants sans plus attendre. Quant à l’équipage, il entamera une quarantaine une fois le dernier passager sorti.

– La Russie fermée aux Chinois –

L’inquiétude face au virus touche aussi la Russie, où aucun ressortissant chinois ne peut entrer à partir de jeudi, point d’orgue des mesures sanitaires prises contre l’épidémie, malgré le coût économique pour le tourisme et les régions frontalières.

Officiellement, la Russie n’a plus de malades du nouveau coronavirus sur son territoire depuis la sortie d’hôpital la semaine dernière des deux seuls patients, des ressortissants chinois. Moscou avait déjà fermé ses quelque 4.250 km de frontières avec la Chine, coupé les liaisons ferroviaires de passagers et restreint le nombre des vols vers des villes chinoises.

En Ukraine, des dizaines de personnes ont protesté mercredi contre l’arrivée prévue jeudi dans le pays d’un avion transportant 48 Ukrainiens et 29 ressortissants de pays tiers depuis Wuhan. Les manifestants ont bloqué une route menant vers un hôpital à Vynnyky, dans l’ouest du pays.

La France a pour sa part envoyé à Wuhan un nouvel avion en vue de rapatrier « quelques dizaines » de ses ressortissants, a annoncé le ministère de la Santé.

En Chine continentale, le bilan a dépassé jeudi 2.100 morts, avec plus de 74.500 personnes infectées. Le territoire semi-autonome de Hong Kong a constaté un deuxième décès, et l’Iran a annoncé deux morts.

– « Enormes progrès » –

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est félicitée mercredi au Caire des « énormes progrès » effectués dans la gestion de l’épidémie.

« Nous avons fait d’énormes progrès en peu de temps », a affirmé le directeur des mesures d’urgence en Méditerranée orientale, Richard Brennan, lors d’une conférence de presse du bureau régional de l’OMS en Egypte.

« On arrive à diagnostiquer le virus partout maintenant » et des « systèmes sanitaires efficaces » ont été mis en place, s’est félicité de son côté le directeur régional de l’OMS Ahmed al-Mandhari. Toutefois, il est « encore trop tôt pour dire que le virus a été endigué », a nuancé le Dr. Brennan.

Cet optimisme a gagné les principales Bourses mondiales, qui ont terminé mercredi en hausse. « Je ne pense pas que le coronavirus soit encore un sujet important. On voit que le nombre de nouveaux cas diminue. Le pire est probablement passé », a commenté l’analyste Maris Ogg, de Tower Bridge Advisors.

La Chine a donné cinq jours mercredi à trois journalistes du Wall Street Journal pour quitter le pays en représailles à un titre jugé raciste du quotidien américain. Pékin a très mal pris une tribune parue le 3 février, titrée: « La Chine est le véritable homme malade de l’Asie ». Cette expulsion a été immédatement condamnée par Washington.

Covid-19: l’OMS se félicite des « énormes progrès » dans la gestion de l’épidémie

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est félicitée mercredi au Caire des « énormes progrès » effectués dans la gestion de l’épidémie de nouveau coronavirus depuis son apparition en décembre en Chine.

« Nous avons fait d’énormes progrès en peu de temps », a affirmé le directeur des mesures d’urgence en Méditerranée orientale, Richard Brennan, lors d’une conférence de presse du bureau régional de l’OMS en Egypte.

Alors que plus de 74.000 personnes –dont 99% en Chine– ont été infectées dans 26 pays, le seuil des 2.000 décès vient d’être atteint.

« On arrive à diagnostiquer le virus partout maintenant » et des « systèmes sanitaires efficaces » ont été mis en place, a dit Ahmed al-Mandhari, directeur régional de l’OMS.

Toutefois, il est « encore trop tôt pour dire que le virus a été endigué », a nuancé le Dr. Brennan.

Parallèlement, le ministère égyptien de la santé et l’OMS ont annoncé mercredi que l’unique cas de nouveau coronavirus recensé sur le continent africain, enregistré en Egypte la semaine dernière, avait fait l’objet d’un nouveau test, négatif celui-là.

Cela suppose que le patient n’est plus porteur du virus, mais un responsable de l’OMS a précisé ensuite à l’AFP qu’il ne pourrait officiellement être déclaré guéri qu’au terme des 14 jours de quarantaine.

Le continent ne peut donc être considéré comme débarrassé du virus, sans parler du fait que d’autres porteurs peuvent ne pas avoir encore été repérés, a-t-il ajouté.

Le 14 février, un ressortissant étranger avait été diagnostiqué porteur du Covid-19 en Egypte et placé en quarantaine, dans un hôpital du nord du pays.

Début février, Le Caire a suspendu jusqu’à la fin du mois les vols de sa compagnie nationale Egyptair avec la Chine.

Environ 300 Egyptiens ont été évacués en février de Wuhan, ville chinoise épicentre de l’épidémie, et placés en quarantaine pour 14 jours.

Le Caire, comme plusieurs capitales africaines, entretient de forts liens commerciaux avec Pékin et est doté d’infrastructures médicales vétustes.

Le Dr Brennan a également mis en garde contre les fausses informations au sujet du Covid-19 qui circulent sur les réseaux sociaux.

« Il n’y a aucune preuve que (le virus) ait été produit en laboratoire ou comme arme biologique », a-t-il dit faisant allusion à certaines rumeurs selon lesquelles le virus aurait été conçu par l’homme.

Coronavirus: des passagers du paquebot débarquent au Japon, plus de 2.000 morts en Chine

Des passagers du Diamond Princess ont commencé à quitter mercredi au Japon le paquebot où ont été constatés plus de 540 cas de contamination au nouveau coronavirus qui a fait plus de 2.000 morts en Chine.

Quelque 500 passagers ne présentant pas de symptômes, dont les tests se sont révélés négatifs et qui n’ont pas eu de contact avec des personnes porteuses du virus, devaient débarquer pendant la journée, après 14 jours de quarantaine au Japon, selon le ministère japonais de la Santé.

« Je suis soulagé (…). Je veux me reposer », a lancé aux journalistes un Japonais de 77 ans, disant se diriger vers les transports en commun. Et la vie à bord? « C’était confortable (…) je vais bien », a-t-il simplement dit.

Un grand nombre de bus de la ville de Yokohama blancs à pois jaunes ainsi qu’une douzaine de taxis attendaient pour emmener vers leurs destinations respectives les croisiéristes, dont beaucoup roulaient derrière eux leurs bagages.

Certains prenaient le temps de se tourner vers l’immense navire pour faire un dernier signe de la main à ceux restés à bord, lesquels répondaient par grands gestes depuis leurs balcons.

Ce bateau de croisière, à quai à Yokohama dans la banlieue de Tokyo, a vu depuis début février le nombre de personnes contaminées répertoriées se multiplier et est le foyer le plus important du virus hors de Chine. Les porteurs étaient au moins 542 mardi, plaçant le Japon sous le feu des critiques sur la gestion de la quarantaine.

En Chine, d’où est parti le virus, le bilan dépasse 2.000 morts avec plus de 74.000 personnes infectées.

– « L’inconnu » –

Les 3.711 personnes originaires de 56 pays initialement à bord du Diamond Princess ont vu une croisière de rêve en Asie tourner au cauchemar, entre la peur de contracter une pneumonie virale meurtrière et un ennui sans fin confinés dans une cabine, pour certains sans fenêtre avec juste une petite promenade sur le pont.

« Une dernière fois, toute notre reconnaissance à l’équipage et au capitaine pour leur incroyable attention (…) pendant cette crise épique (…). Nous sommes impatients de vous revoir un jour à bord », a tweeté Yardley Wong, confinée avec son fils âgé de six ans.

Les personnes sans symptôme et dont le test est négatif ont reçu un certificat officiel indiquant qu’elles ne constituent « aucun risque d’infection au nouveau coronavirus, ladite personne ne présentant pas non plus de symptômes au moment de l’inspection ».

Le passager britannique David Abel, sorte de célébrité avec ses messages vidéo pleins d’entrain au début de la quarantaine, résumait l’état d’esprit à bord.

« C’est l’inconnu qui est le plus dur et qui commence à nous affecter mentalement », avait-il dit mardi. Il avait annoncé plus tard que le test de son épouse Sally s’était avéré positif.

En dehors de la province chinoise du Hubei (centre), « cette épidémie touche une très petite proportion de la population », avait déclaré lundi le Dr Michael Ryan, directeur des urgences de l’OMS.

La Chine a annoncé mercredi 1.749 nouvelles infections, le nombre le plus bas de cas supplémentaires ce mois-ci.

Quelque 900 cas ont été constatés ailleurs à travers le monde avec cinq décès en France, au Japon, aux Philippines, à Taïwan et à Hong Kong.

– Rapatriements en série –

Sur les douze cas confirmés d’infection en France, seules quatre personnes restaient hospitalisées mardi. Un troisième cas positif a en revanche été diagnostiqué parmi les quatre ressortissants français à bord du Diamond Princess. Les trois autres passagers français, dont l’un de 80 ans, sont hospitalisés au Japon.

Les dizaines de nouveaux cas constatés à bord chaque jour ont soulevé des questions sur l’efficacité de la quarantaine imposée au cours de laquelle les passagers étaient autorisés à se promener en petits groupes sur le pont avec des masques, tandis que le personnel de bord passait de cabine en cabine pour distribuer les repas.

Plusieurs pays ont décidé d’envoyer des avions pour rapatrier leurs ressortissants sans plus attendre.

La première de ces évacuations était celle de plus de 300 Américains dimanche par avion. Plus de 100 Américains demeurent encore sur le Diamond Princess.

La Corée du Sud a affrété un appareil et rapatrié six de ses ressortissants. Le Canada prévoit l’évacuation d’ici la fin de la semaine des Canadiens aux tests négatifs. Sur les 256 Canadiens à bord, 43 ont été confirmés porteurs du virus. Le Royaume-Uni, Hong Kong et l’Australie sont parmi les pays et territoires s’étant engagés à rapatrier leurs ressortissants.

Quant à l’équipage, il entamera une quarantaine une fois le dernier passager sorti.

Dans un hôpital de Shanghai, cocktail de traitements contre le coronavirus

Médecine traditionnelle, injection de plasma ou encore corticoïdes: dans le principal hôpital de Shanghai qui accueille les malades contaminés par le nouveau coronavirus, un cocktail de traitements est proposé aux malades.

La perspective d’un vaccin contre la pneumonie Covid-19 est encore lointaine. Les médecins, en Chine comme ailleurs, sont contraints d’utiliser d’autres méthodes dans l’espoir de guérir les patients.

C’est le cas au Centre clinique de santé publique de Shanghai — ville la plus peuplée de Chine (24 millions d’habitants). La structure jaune, construite lors de l’épidémie du Sras (2002-2003), a été agrandie ces dernières semaines pour faire face à l’afflux de malades.

Mais ses médecins le reconnaissent : le coronavirus, qui a déjà contaminé plus de 72.000 personnes en Chine, dont près de 1.900 mortellement, pousse le système de santé dans ses retranchements.

« Accueillir autant de cas graves en même temps est un grand défi », déclare à travers son masque facial Lu Hongzhou, le directeur adjoint de l’hôpital, lors d’une visite organisée par les autorités pour la presse.

– ‘Très bon effet’ –

Jusqu’à présent, Shanghai a recensé 333 personnes contaminées, dont un mort. Le Centre clinique de santé publique a accueilli 96% d’entre elles, et compte actuellement 184 patients, les autres étant guéries.

Pour les soigner, l’hôpital utilise notamment des médicaments antiviraux, des corticoïdes (anti-inflammatoires), et fait appel à la médecine traditionnelle chinoise.

« Nous avons des traitements personnalisés pour les patients gravement atteints, car l’état de santé de chacun est différent », souligne Lu Hongzhou.

Selon lui, deux malades qui n’avaient pas réagi aux antiviraux se sont vus administrer un traitement de médecine traditionnelle chinoise (MTC), après quoi leur état s’est amélioré.

« Combiner médecine occidentale et chinoise a un très bon effet », se félicite-t-il, soulignant que 90% de ses patients sont traités en partie grâce à la MTC.

Son collègue Shen Yinzhong, directeur des services médicaux, souligne toutefois que l’hôpital doit réaliser « davantage de tests cliniques pour s’assurer de son innocuité et de son efficacité ».

– Plasma –

Comme d’autres hôpitaux, celui de Shanghai injecte également aux patients du plasma sanguin prélevé sur d’ex-malades. Il est censé contenir des anticorps permettant de diminuer la charge virale de ceux gravement atteints.

« Nous sommes convaincus que cette méthode peut être très efficace », indique Lu Hongzhou dans les couloirs de son établissement, où des spécialistes d’autres structures hospitalières ont rejoint l’équipe soignante, qui ne peut plus prendre de congés.

Les médecins et infirmières qui s’occupent des malades portent des combinaisons intégrales. Mais les journalistes n’ont pas été autorisés à voir les patients, l’hôpital évoquant un risque sanitaire.

Pour protéger le personnel, des dizaines de chambres ont été mises en « pression négative », un système de ventilation permettant à l’air de pénétrer mais pas d’en sortir.

« Les gouttelettes nocives exhalées par les patients sont aspirées et filtrées », explique M. Lu. Le but: empêcher toute fuite d’agents infectieux.

Coronavirus : Près de 1.900 morts, l’OMS contre toute mesure disproportionnée

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde contre toute mesure « disproportionnée » face au coronavirus, alors que l’épidémie a déjà fait près de 1.900 morts.

Le nombre de contaminations en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), a grimpé mardi à 72.300. Ailleurs dans le monde, environ 900 personnes contaminées ont été recensées dans une trentaine de pays et territoires.

Mais l’OMS s’est voulue rassurante lundi: en dehors de la province chinoise du Hubei (centre), épicentre de l’épidémie, la maladie Covid-19 « touche une très petite proportion de la population » et son taux de mortalité n’est pour l’heure que d’environ 2%.

Le principal foyer de contamination hors de Chine reste le paquebot de croisière Diamond Princess, placé en quarantaine début février dans la baie de Yokohama près de Tokyo, après un test positif sur un croisiériste débarqué à Hong Kong.

Ses plus de 3.700 passagers avaient reçu l’ordre de rester dans leur cabine pendant deux semaines. Mais cela n’a pas empêché la propagation du virus: au moins 454 personnes ont été contaminées à bord.

Plusieurs pays ont commencé à évacuer leurs ressortissants. Plus de 300 Américains ont ainsi été rapatriés par avion vers les Etats-Unis, où ils ont entamé lundi une quarantaine de 14 jours — la durée maximale supposée de l’incubation.

– « Proportionnées » –

Un deuxième cas positif a été recensé parmi les quatre passagers français à bord du navire, a annoncé lundi le ministère français de la Santé, en précisant que ces malades sont pris en charge par les autorités sanitaires japonaises.

Le directeur de l’OMS a cependant estimé lundi qu’il n’était pas nécessaire de suspendre l’ensemble des croisières dans le monde, se disant opposé à toute « mesure de portée générale » face au coronavirus.

« Les mesures doivent être proportionnées à la situation, prises sur la base de preuves et d’éléments de santé publique », a déclaré à la presse Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulignant que « le risque zéro n’existe pas ».

Cet appel intervient au moment où l’opérateur d’un navire de croisière américain, le Westerdam, cherche à retrouver la trace de quelque 1.200 voyageurs autorisés à débarquer la semaine dernière au Cambodge malgré la crainte de contaminations potentielles.

Samedi, le virus a été diagnostiqué chez une ex-passagère américaine de 83 ans arrivée en Malaisie. Mais des dizaines d’autres voyageurs ont, comme elle, déjà quitté le Cambodge pour rentrer chez eux, laissant craindre une propagation de l’épidémie.

« Si nous devons interrompre toutes les croisières du monde au cas où il y aurait un contact potentiel avec un possible agent pathogène, où nous arrêterons-nous? », a cependant déclaré le Dr Michael Ryan, directeur des urgences de l’OMS.

– « Trop tôt » –

« Devons-nous arrêter les bus dans le monde entier? », a-t-il fait mine de s’interroger devant la presse à Genève.

L’OMS s’était déjà prononcée contre la restriction brutale des voyages, alors qu’Etats-Unis, Australie et Nouvelle-Zélande notamment ont interdit l’entrée sur leur territoire aux étrangers s’étant récemment rendus en Chine — dont évidemment de nombreux Chinois.

Des conférences commerciales, des compétitions sportives et des manifestations culturelles ont été annulées ou reportées, tandis qu’un grand nombre de compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers la Chine continentale.

Mardi, le bilan humain y a atteint les 1.868 morts. Et un directeur d’hôpital de la ville de Wuhan, d’où est partie l’épidémie, est décédé après avoir été contaminé, a annoncé la télévision publique CCTV.

Selon le dernier bilan quotidien, 98 personnes ont succombé au virus lors des dernières 24 heures, soit le quatrième jour de repli.

A 1.886, le nombre quotidien de nouvelles contaminations est au plus bas depuis le début du mois.

Ailleurs dans le monde, seul cinq décès ont été enregistrés jusqu’à présent (aux Philippines, à Hong Kong, au Japon, en France et à Taïwan).

En dehors du Hubei, bouclé par un cordon sanitaire afin de contenir l’épidémie, seules 79 nouvelles contaminations ont été recensées mardi en Chine continentale. Le 4 février, elles étaient 890.

– Apple pessimiste –

Alors que la perspective d’un vaccin est encore lointaine, les autorités chinoises ont demandé lundi aux personnes guéries de donner leur sang afin d’en extraire le plasma pour soigner les malades.

Ce plasma d’ex-patients infectés contient des anticorps qui pourraient permettre de diminuer la charge virale chez les personnes sévèrement atteintes.

Afin de mieux contrer l’épidémie, le gouvernement chinois a annoncé mardi une exemption de droits de douane punitifs qu’il imposait dans le cadre de sa guerre commerciale avec les Etats-Unis sur certains équipements médicaux américains.

Des équipements utilisés pour la transfusion de patients ou mesurer la pression artérielle seront ainsi exemptés à partir du 2 mars.

Mais les grandes entreprises mondiales craignent une chute de la demande. Apple a annoncé lundi que sa prévision de chiffre d’affaires pour le deuxième trimestre ne serait sans doute pas atteinte en raison de l’épidémie en Chine — pays crucial pour l’entreprise américaine.

Coronavirus: à travers la planète, les quartiers chinois touchés par la panique

De San Francisco à Melbourne, les quartiers chinois des grandes mégapoles sont étrangement paisibles, désertés par des visiteurs qui ont cédé à la panique depuis l’apparition du nouveau coronavirus en Chine.

« L’alarmisme est omniprésent », se lamente Max Huang, propriétaire du restaurant Juicy Bao, dans le quartier chinois historique de Melbourne.

Son établissement fait partie des dizaines de restaurants que compte le plus vieux « Chinatown » d’Australie qui a vu le jour lors de la ruée vers l’or dans les années 1850.

Même si l’épicentre de l’épidémie du Covid-19 se situe à plus de dix heures d’avion et que l’Australie ne connaît qu’une poignée de cas, la communauté chinoise est stigmatisée, comme un peu partout dans le monde, depuis l’apparition en Chine de ce virus qui a fait près de 1.900 morts.

A Melbourne, les rues sont donc étonnamment paisibles et même la danse du dragon du Nouvel An lunaire n’a pas réussi à attirer les foules.

Les commerçants affirment que leurs revenus ont chuté de plus de la moitié, les obligeant à réduire considérablement les heures de travail de leur personnel… une situation que l’on retrouve à travers tous les quartiers chinois de la planète.

Dans le quartier de Richmond à Vancouver, il est désormais aisé d’obtenir une table au restaurant de l’Empire des fruits de mer.

– Aucun touriste chinois –

« Normalement, nous aurions de longues files d’attente d’environ cinq à dix tables mais aujourd’hui, il n’y a aucune queue », fait remarquer le directeur général adjoint Ivan Yeung.

« Certaines personnes ont déjà annulé leurs fêtes ou repas de groupes. Beaucoup de restaurants connaissent la même situation », se désole-t-il, tout en souhaitant un rapide retour à la normale.

Dans plusieurs pays, l’interdiction d’entrée pour les personnes en provenance de la Chine a durement frappé certains quartiers.

« D’habitude, à cette heure-ci, nous avons des touristes chinois mais là, nous n’en avons aucun », remarque Tony Siu, directeur du populaire restaurant cantonnais R&G Lounge à San Francisco.

En Australie, cette interdiction du territoire a été aggravée par le fait que près de 100.000 étudiants chinois n’ont pas pu rentrer à temps pour commencer leur année universitaire.

« Nos principaux clients viennent de Chine… (c’est pourquoi) c’est très difficile », explique Su Yin, dont le stand de crêpes se situe au pied d’une université de Melbourne qui compte de nombreux étudiants chinois.

Dans l’espoir de rassurer de potentiels clients, certains commerçants ont apposé des affiches stipulant que leurs locaux locaux sont régulièrement désinfectés à titre préventif.

– « Peur des Chinois » –

Certains sont même allés jusqu’à fournir de la solution hydroalcoolique pour les clients et à demander à leur personnel de porter des masques et des gants en caoutchouc.

Mais ces mesures ne remportent pas un grand succès face à la xénophobie qui contribue à aggraver la situation.

Rebecca Lyu, une Chinoise étudiant à Londres, explique avoir eu le plus grand mal à convaincre ses amis de venir dîner ou faire du shopping en sa compagnie.

« Certains de mes amis ont refusé aller manger dans des restaurants de Chinatown parce qu’ils ont peur du virus », déplore-t-elle.

A San Francisco, le magasin de souvenirs de Fred Lo est habituellement très fréquenté par les touristes européens et sud américains mais « depuis deux semaines, il y a beaucoup moins de monde, au moins 50% de moins, même si personne n’est malade ou n’a été en Chine », constate-t-il.

M. Lo estime que les temps sont encore plus durs qu’à ses débuts en 1975.

« Ce n’est pas juste qu’autant de personnes aient peur des Chinois », souligne-t-il.

Ce commerçant, également président de la Chambre de commerce chinoise de Melbourne, regrette que le message qu’il martèle « nous allons bien, n’ayez pas peur » ne soit pas entendu.

A Londres, David Tang a bien remarqué que les personnes l’évitent depuis quelques semaines mais il essaie d’en prendre son parti.

« Je prends le train tous les matins. Un jour, la semaine dernière, tout le monde était debout et il y avait un siège vide à côté de moi » raconte-t-il, alors « j’en ai ri ».

Coronavirus: près de 1.900 morts, l’OMS contre toute mesure disproportionnée

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde contre toute mesure « disproportionnée » face au coronavirus, alors que l’épidémie a déjà fait près de 1.900 morts.

Le nombre de contaminations en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), a grimpé mardi à 72.300. Ailleurs dans le monde, environ 900 personnes contaminées ont été recensées dans une trentaine de pays et territoires.

Mais l’OMS s’est voulue rassurante lundi: en dehors de la province chinoise du Hubei (centre), épicentre de l’épidémie, la maladie Covid-19 « touche une très petite proportion de la population » et son taux de mortalité n’est pour l’heure que d’environ 2%.

Le principal foyer de contamination hors de Chine reste le paquebot de croisière Diamond Princess, placé en quarantaine début février dans la baie de Yokohama près de Tokyo, après un test positif sur un croisiériste débarqué à Hong Kong.

Ses plus de 3.700 passagers avaient reçu l’ordre de rester dans leur cabine pendant deux semaines. Mais cela n’a pas empêché la propagation du virus: au moins 454 personnes ont été contaminées à bord.

Plusieurs pays ont commencé à évacuer leurs ressortissants. Plus de 300 Américains ont ainsi été rapatriés par avion vers les Etats-Unis, où ils ont entamé lundi une quarantaine de 14 jours — la durée maximale supposée de l’incubation.

– « Proportionnées » –

Un deuxième cas positif a été recensé parmi les quatre passagers français à bord du navire, a annoncé lundi le ministère français de la Santé, en précisant que ces malades sont pris en charge par les autorités sanitaires japonaises.

Le directeur de l’OMS a cependant estimé lundi qu’il n’était pas nécessaire de suspendre l’ensemble des croisières dans le monde, se disant opposé à toute « mesure de portée générale » face au coronavirus.

« Les mesures doivent être proportionnées à la situation, prises sur la base de preuves et d’éléments de santé publique », a déclaré à la presse Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulignant que « le risque zéro n’existe pas ».

Cet appel intervient au moment où l’opérateur d’un navire de croisière américain, le Westerdam, cherche à retrouver la trace de quelque 1.200 voyageurs autorisés à débarquer la semaine dernière au Cambodge malgré la crainte de contaminations potentielles.

Samedi, le virus a été diagnostiqué chez une ex-passagère américaine de 83 ans arrivée en Malaisie. Mais des dizaines d’autres voyageurs ont, comme elle, déjà quitté le Cambodge pour rentrer chez eux, laissant craindre une propagation de l’épidémie.

« Si nous devons interrompre toutes les croisières du monde au cas où il y aurait un contact potentiel avec un possible agent pathogène, où nous arrêterons-nous? », a cependant déclaré le Dr Michael Ryan, directeur des urgences de l’OMS.

– « Trop tôt » –

« Devons-nous arrêter les bus dans le monde entier? », a-t-il fait mine de s’interroger devant la presse à Genève.

L’OMS s’était déjà prononcée contre la restriction brutale des voyages, alors qu’Etats-Unis, Australie et Nouvelle-Zélande notamment ont interdit l’entrée sur leur territoire aux étrangers s’étant récemment rendus en Chine — dont évidemment de nombreux Chinois.

Des conférences commerciales, des compétitions sportives et des manifestations culturelles ont été annulées ou reportées, tandis qu’un grand nombre de compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers la Chine continentale.

Mardi, le bilan humain y a atteint les 1.868 morts. Et un directeur d’hôpital de la ville de Wuhan, d’où est partie l’épidémie, est décédé après avoir été contaminé, a annoncé la télévision publique CCTV.

Selon le dernier bilan quotidien, 98 personnes ont succombé au virus lors des dernières 24 heures, soit le quatrième jour de repli.

A 1.886, le nombre quotidien de nouvelles contaminations est au plus bas depuis le début du mois.

Ailleurs dans le monde, seul cinq décès ont été enregistrés jusqu’à présent (aux Philippines, à Hong Kong, au Japon, en France et à Taïwan).

En dehors du Hubei, bouclé par un cordon sanitaire afin de contenir l’épidémie, seules 79 nouvelles contaminations ont été recensées mardi en Chine continentale. Le 4 février, elles étaient 890.

– Apple pessimiste –

Alors que la perspective d’un vaccin est encore lointaine, les autorités chinoises ont demandé lundi aux personnes guéries de donner leur sang afin d’en extraire le plasma pour soigner les malades.

Ce plasma d’ex-patients infectés contient des anticorps qui pourraient permettre de diminuer la charge virale chez les personnes sévèrement atteintes.

Afin de mieux contrer l’épidémie, le gouvernement chinois a annoncé mardi une exemption de droits de douane punitifs qu’il imposait dans le cadre de sa guerre commerciale avec les Etats-Unis sur certains équipements médicaux américains.

Des équipements utilisés pour la transfusion de patients ou mesurer la pression artérielle seront ainsi exemptés à partir du 2 mars.

Mais les grandes entreprises mondiales craignent une chute de la demande. Apple a annoncé lundi que sa prévision de chiffre d’affaires pour le deuxième trimestre ne serait sans doute pas atteinte en raison de l’épidémie en Chine — pays crucial pour l’entreprise américaine.

Coronavirus: traque de centaines de croisiéristes débarqués au Cambodge

Retrouver la trace des passagers désormais éparpillés pour endiguer une éventuelle propagation: l’opérateur d’un navire de croisière américain traquait lundi des centaines de voyageurs autorisés à débarquer la semaine dernière au Cambodge, après qu’une des passagères a été testée positive au nouveau coronavirus.

La compagnie Holland America, propriétaire du paquebot Westerdam, travaille « en étroite coordination » avec divers gouvernements, l’Organisation mondiale de la Santé et des centres de dépistage aux Etats-Unis « pour enquêter et suivre les personnes qui pourraient avoir été en contact » avec la touriste infectée.

Après avoir été refusés par plusieurs pays asiatiques par peur du coronavirus, les 1.455 passagers du paquebot avaient été autorisés à accoster jeudi dans le port de Sihanoukville au sud du Cambodge, une décision saluée par Donald Trump alors que de nombreux ressortissants américains se trouvaient à bord.

Plus de 1.200 croisiéristes avaient débarqué du navire dans les jours suivants, après avoir passé pour certains un rapide examen médical.

Le Premier ministre Hun Sen avait accueilli les premiers en personne, ironisant sur « la maladie de la peur » et assurant qu’aucun cas n’avait été détecté à bord.

Certains avaient même été autorisés à se rendre sur les plages de Sihanoukville ou à visiter en bus Phnom Penh, des clichés publiés par des médias locaux les montrant souriants et sans masque.

Mais, samedi, une passagère américaine de 83 ans, qui avait pris un avion pour la Malaisie pour rentrer chez elle, a été diagnostiquée positive à Kuala Lumpur.

Des dizaines d’autres voyageurs ont, comme elle, déjà quitté le Cambodge pour prendre le chemin du retour, laissant craindre une propagation de l’épidémie qui a déjà tué près de 1.800 personnes en Chine.

Face à cela, les autorités cambodgiennes ont intensifié les contrôles sur les personnes encore présentes dans le pays.

« J’ai de jeunes enfants à la maison (aux États-Unis, ndlr) et je ne voudrais pas risquer de les infecter », a relevé à l’AFP Christina Kerby qui a débarqué il y a quelques jours et se trouve actuellement à Phnom Penh.

– Interdiction de transit –

Tous les pays de la région mettent en place des mesures pour se protéger de l’épidémie.

La Thaïlande, qui avait refusé au Westerdam d’accoster, envisage d’interdire l’entrée sur son territoire aux passagers du paquebot, mais un certain nombre d’entre eux ont déjà transité par le royaume.

Singapour a, elle, placé en quarantaine deux de ses ressortissants qui se trouvaient à bord. La cité-Etat a annoncé qu’elle n’autorisera « aucun autre croisiériste à entrer ou à transiter ».

Les passagers du Westerdam avaient embarqué le 1er février à Hong Kong, où une personne est décédée et 60 ont été infectées. Ils devaient ensuite poursuivre leur voyage au Japon.

Mais, par crainte de l’épidémie, le paquebot s’était vu interdire d’accoster dans l’archipel nippon, puis à Taïwan, aux Philippines, sur l’île américaine de Guam et enfin en Thaïlande, avant d’être accepté par le Cambodge, proche allié de Pékin qui investit des milliards de dollars dans le royaume.

A bord du navire, il reste encore 233 passagers et 747 membres d’équipage.

« Nous allons prélever des échantillons sur l’ensemble de ces personnes afin qu’elles soient testées », a déclaré à l’AFP un responsable cambodgien, ajoutant qu’elles resteront confinées sur le paquebot jusqu’aux résultats.

Quant à la touriste américaine testée positive, elle est actuellement sous observation en Malaisie. Son mari a également été placé sous surveillance.

Le nouveau coronavirus a fait à ce jour 1.775 morts et contaminé plus de 70.500 personnes, essentiellement en Chine continentale.

Une réunion entre les ministres des Affaires étrangères chinois et de l’Asean (l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est) doit se tenir au Laos le 20 février, a appris l’AFP de sources concordantes.

Face au virus, Taïwan mise sur des mascottes et une communication apaisée

Des mascottes animées, de l’humour et des conseils de prévention appelant à ne pas porter systématiquement un masque: face au coronavirus, Taïwan rejette l’alarmisme et mise sur une communication apaisée — aux antipodes des slogans catastrophistes du frère ennemi chinois.

Taïwan a enregistré une vingtaine de cas de contamination au nouveau coronavirus et a fait état dimanche du premier mort imputé à l’épidémie sur l’île, un chauffeur de taxi âgé de 61 ans.

Pour autant, Taipei évite à tout prix le climat de panique qui règne en Chine communiste où plus de 1.700 décès ont été recensés.

Sur les réseaux sociaux, les autorités taïwanaises recourent à des images d’animaux mascottes pour désamorcer les fausses informations et répéter des conseils d’hygiène de base.

Le ministère de la Santé s’est choisi pour « porte-parole » un chien baptisé Zongchai. Un vrai carton: son nom a acquis une popularité fulgurante et ses consignes sont repostées des centaines de milliers de fois.

Parmi ses recommandations figure le conseil de ne pas porter systématiquement un masque si l’on n’est pas souffrant… étant donné la pénurie.

« Laissez les masques aux gens qui en ont besoin, lavez-vous fréquemment les mains au savon, évitez de vous toucher les yeux, le nez, la bouche », suggère-t-il.

A l’occasion de la Saint-Valentin, le canidé livre ses conseils pour les rendez-vous romantiques par ces temps de coronavirus –lavages de mains réguliers, rester sobre et sexe protégé. « Et si je suis célibataire? », s’interroge le post. Zongchai aboie gentiment: « Tu peux aussi rester à la maison! ».

– ‘Coin-coinrément exagéré’ –

Le ministère des Affaires étrangères décide d’interdire l’entrée aux voyageurs venus de Chine continentale? Un pigeon au bec recouvert d’un masque annonce la nouvelle politique: « Virus à l’extérieur, sécurité à l’intérieur ».

Et pour désamorcer les rumeurs de pénurie de cartons pour les repas à emporter, le ministère de l’Economie met en scène une oie et un jeu de mots: « c’est coin-coinrément exagéré ». Les « likes » s’accumulent.

Certes, l’épidémie à Taïwan est sans commune mesure avec son ampleur en Chine continentale, où au moins 70.500 personnes ont été contaminées et où les autorités imposent des mesures de confinement drastiques à des dizaines de millions d’habitants.

Néanmoins, les modes et le ton de la communication de Taïwan –une île dont Pékin revendique la souveraineté mais qui est de facto dirigée de manière indépendante par un gouvernement démocratique– contrastent fortement avec la ligne du régime communiste.

Messages anxiogènes, slogans alarmistes dans les rues et des citoyens paniqués calfeutrés chez eux… Pékin a lancé une vaste campagne en appelant au patriotisme et au sacrifice.

Dans des villes en quarantaine à l’épicentre de l’épidémie, des calicots indiquent que « se rendre visite, c’est s’entretetuer » ou « se réunir, c’est un suicide collectif ». Des instructions catastrophistes qui ont essaimé dans tout le pays.

– Restrictions sur les masques –

En raison de la doctrine de « la Chine unique » défendue par Pékin, Taïwan est exclu de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’île n’en a pas moins réagi promptement au moment où l’épidémie gagnait en ampleur de l’autre côté du détroit, en restreignant puis interdisant l’entrée aux visiteurs du continent.

Taïwan a dû également faire face brièvement à des achats panique de masques, face à des stocks limités.

Réponse pragmatique des autorités: sauf exception, on ne peut acheter que deux masques par semaine en utilisant sa carte d’assurance maladie.

Dans le même temps, Taipei restreignait à 250 le nombre de masques qu’une personne peut exporter. Les douanes ont intercepté la semaine dernière un navire tentant de sortir… 71.000 masques.

Virus: les Américains quittent le navire contaminé, le bilan grimpe en Chine

Les Etats-Unis ont donné lundi le signal de l’évacuation des étrangers du paquebot contaminé par le coronavirus au large du Japon, pendant que le bilan de l’épidémie continuait à grimper en Chine.

L’épidémie de Covid-19 a encore tué 105 personnes au cours des dernières 24 heures en Chine continentale, portant le total dans le pays à 1.770 morts depuis l’apparition de la pneumonie virale en décembre à Wuhan (centre), ont annoncé lundi les autorités chinoises.

Hors de Chine continentale, cinq décès ont été enregistrés (un aux Philippines, un à Hong Kong, un au Japon, un en France et un à Taïwan annoncé dimanche) portant au total à 1.775 le nombre de personnes ayant succombé au virus dans le monde entier.

Le nombre de contaminations s’élève à au moins 70.500 cas en Chine continentale et près de 800 signalés dans une trentaine d’autres pays ou territoires.

Le principal foyer de contamination reste le paquebot Diamond Princess, placé en quarantaine avec 3.711 personnes à bord début février au port de Yokohama, près de Tokyo.

Pas moins de 355 personnes à bord ont été contaminées, alors même que les passagers avaient reçu l’ordre de rester dans leur cabine pendant 14 jours. Mais faute de moyens de dépistage suffisants, seuls 1.219 passagers ont pu subir des analyses de détection du virus.

Les Etats-Unis ont évacué du navire quelque 300 de leurs ressortissants et leurs familles avec deux avions, dont le premier a atterri en Californie dans la nuit de dimanche à lundi (07H29 GMT) alors qu’un deuxième était attendu au Texas. Les rapatriés devront observer une quarantaine de 14 jours, la durée maximale supposée de l’incubation.

Quatorze cas positifs –des personnes dont les résultats de tests sont parvenues en cours d’opération– figurent parmi les quelque 300 Américains évacués, a annoncé le département d’Etat. Ces personnes ont été isolées des autres passagers dans l’avion.

Parallèlement, au moins 40 Américains infectés à bord sont hospitalisés au Japon, selon Washington. Quelque 350 passagers américains se trouvaient à bord du navire mais tous n’ont pas accepté de partir.

– Anniversaire annulé –

D’autres gouvernements, dont l’Australie et l’Italie, ont annoncé vouloir évacuer leurs citoyens. Hong Kong a aussi dit vouloir rapatrier les siens – 330 ressortissants – « le plus tôt possible ». Ottawa a pris une initiative similaire pour environ 250 Canadiens.

Après Singapour, le Japon est le pays le plus touché par l’épidémie en dehors de la Chine. En plus des cas sur le navire, les autorités nippones ont répertorié 60 porteurs du coronavirus dans différentes régions du pays.

Le ministre de la Santé, Katsunobu Kato, a averti dimanche que le Japon entrait dans une « nouvelle phase » de l’infection virale, le pays constatant de jour en jour des cas supplémentaires parmi des personnes ne s’étant pas rendues en Chine et n’ayant pas eu de contact avec des visiteurs en provenance de Chine.

Il a appelé à éviter les rassemblements et les endroits bondés. En conséquence, les célébrations de l’anniversaire de l’empereur, qui attirent chaque année des milliers de personnes dans le centre de Tokyo, ont été annulées.

Ailleurs, l’inquiétude monte en ce qui concerne les plus de 2.200 passagers et membres d’équipage d’un autre paquebot, le Westerdam, qui ont débarqué vendredi au Cambodge après avoir fait l’objet d’examens médicaux concluants.

Une ex-passagère américaine a été stoppée en Malaisie pendant le week-end et confirmée comme étant porteuse du virus, alors que les autres personnes qui se trouvaient à bord sont désormais éparpillées dans le monde entier.

A Pékin, des experts internationaux dépêchés par l’OMS ont commencé à discuter avec leurs homologues chinois, a annoncé l’Organisation mondiale de la santé dimanche soir. Le programme de leur visite n’était pas connu.

– Report envisagé pour le Parlement chinois –

Le nombre quotidien de nouveaux décès en Chine a confirmé un tassement depuis trois jours: 105 lundi contre 142 dimanche et 143 samedi.

En ce qui concerne les contaminations, le bilan quotidien augmentait modérément avec 2.048 cas répertoriés dans la journée de dimanche contre 2.009 la veille.

Le Parlement chinois envisage un report de sa session plénière, la grand-messe annuelle du régime communiste, a annoncé l’agence Chine nouvelle. Cette session de dix jours aurait dû s’ouvrir le 5 mars.

En visite au Pakistan, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit confiant que « l’effort gigantesque » consenti par la Chine « permettra le recul progressif de la maladie ».

L’épidémie pourrait avoir un effet négatif sur la croissance mondiale en 2020, a prévenu dimanche la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, évoquant une perte de 0,1 à 0,2 point de pourcentage.

burs-bar/uh/lch

Coronavirus: des Américains évacués du paquebot où 355 cas ont été répertoriés

Les Etats-Unis ont commencé à évacuer dans la nuit de dimanche à lundi des ressortissants américains en quarantaine au large des côtes du Japon, passagers d’un paquebot où ont été constatés 355 cas du nouveau coronavirus.

Plusieurs dizaines d’autobus sont venus chercher les croisiéristes qui devaient ensuite partir à bord de deux avions à destination des Etats-Unis, où ils devront observer une quarantaine de 14 jours.

Le Diamond Princess avait été placé en quarantaine le 5 février avec ses 3.711 passagers et membres d’équipage pour 14 jours après un test positif sur un croisiériste débarqué à Hong Kong. En date de dimanche, 355 personnes étaient déclarées infectées et hospitalisées.

Mais sans attendre, face à l’aggravation de la situation et compte tenu de doutes sur l’efficacité des mesures prises, ont décidé d’évacuer leurs ressortissants paraissant sains pour les placer quatorze jours en quarantaine dans leurs pays respectifs.

Les Etats-Unis ont ainsi dès samedi adressé aux quelque 350 passagers américains un courrier pour leur donner cette option.

Parmi les passagers, Sarah Arana, 52 ans, originaire de Californie, en contact avec l’AFP, a confirmé être à bord d’un des autobus et raconté être passée par un contrôle de passeport de fortune sans examen médical.

« Je suis contente et prête à partir », a-t-elle dit à l’AFP depuis le bateau. « Il nous faut une vraie quarantaine et ça n’en était pas une ».

– Refus de partir –

Le gouvernement américain aurait dû intervenir « beaucoup plus tôt, dès le début », a-t-elle estimé.

« C’était trop pour le Japon et ils n’auraient pas dû avoir à en porter tout le fardeau », a-t-elle ajouté. « Le peuple japonais ne méritait pas cela. Je suis pleine de reconnaissance ».

Mais d’autres Américains à bord ont refusé de partir bien qu’il leur a été précisé qu’ils ne pourraient pas dans ce cas retourner dans leur pays avant deux semaines suivies d’un test négatif.

« Pourquoi voudrais-je monter dans un bus et un avion avec des gens dont on pense qu’ils sont peut-être infectés alors que j’ai passé près de deux semaines isolé d’eux ? », a tweeté Matt Smith, un avocat américain à bord du paquebot avec son épouse.

Il a décrit pour appuyer son propos le comportement d’une compatriote qui criait « USA, USA » de son balcon alors qu’approchaient les bus devant plus tard les transporter.

« Et bien sûr, à l’encontre de toutes les règles de quarantaine, elle ne porte pas de masque et bavarde avec un passager du balcon adjacent (…) et vous voulez que je prenne le bus avec elle ? ».

Le ministre japonais de la Santé Katsunobu Kato avait expliqué dans la journée que 1.219 des passagers seulement avaient subi les analyses de détection du virus.

– « Nouvelle phase » –

Le Japon n’a pu tester tout le monde à bord en raison d’un nombre insuffisant de tests, de sites et de main d’oeuvre, également nécessaires à l’examen des cas suspect à terre.

Mais le ministère de la Santé a annoncé samedi que les passagers âgés de plus de 70 ans étaient examinés et que ceux présentant un test négatif et en bonne santé seraient autorisés à quitter le navire à partir de mercredi.

Les tests des passagers plus jeunes devaient commencer dimanche et des personnes saines seront autorisées à sortir après mercredi, a précisé le ministère.

Le gouvernement de Hong Kong a lui aussi dit vouloir rapatrier les siens – 330 ressortissants – « le plus tôt possible ».

Les autorités canadiennes ont pris une initiative similaire pour environ 250 Canadiens notamment « pour alléger le fardeau sur le système de santé japonais ».

Les médias australiens ont indiqué que Canberra envisageait aussi l’option de l’évacuation.

En plus des cas sur le navire, les autorités nippones ont répertoriés 59 porteurs du coronavirus dans différentes régions du pays.

Le ministre japonais de la Santé, Katsunobu Kato a averti dimanche que le Japon entrait dans une « nouvelle phase » de cette infection virale, le pays constatant de jour en jour des cas supplémentaires parmi des personnes ne s’étant pas rendues en Chine, centre de l’épidémie, et n’ayant pas eu de contact avec des visiteurs en provenance de Chine.

Il a appelé la population à éviter les rassemblements « non indispensables » ainsi que les trains bondés des heures de pointe.

qt-oh-sah-uh/jpc

Coronavirus: Fortes inquiétudes parmi les commerçants chinois de Namibie

Un avis imprimé sur une feuille blanche, en chinois et en anglais, collé sur un volet roulant en aluminium d’une boutique dans le quartier Chinatown de Windhoek est sans équivoque.

Si un commerçant revient de Chine en Namibie, il « doit observer une quarantaine pendant 14 jours et garder le magasin fermé pendant cette période ». Un avis, non officiel, apposé par des commerçants de Chinatown.

Bien qu’aucun cas confirmé de ce nouveau coronavirus n’ait été recensé en Namibie, les inquiétudes concernant le virus qui a tué près de 1.700 personnes et en a contaminé plus de 68.000 en Chine, sont nombreuses dans ce vaste pays d’Afrique australe peu peuplé.

Les signes de ces craintes sont les plus évidents dans Chinatown, un ensemble de près de 200 magasins de détail, de gros, d’alimentation et d’électronique, dans le quartier industriel du nord de la capitale.

Dans un bloc de 90 magasins, 20 boutiques n’ont pas rouvert depuis que leurs propriétaires sont partis en Chine pour le Nouvel an et ne sont pas revenus depuis.

La communauté chinoise, son ambassade et la chambre de commerce chinoise font de leur mieux pour « empêcher les gens de revenir de Chine en Namibie … en ce moment », explique Brian Lee, l’un des hommes d’affaires du quartier chinois.

– « Tout le monde panique » –

Pour ceux qui doivent à tout prix rentrer en Namibie, « nous avons déjà mis en place un lieu de quarantaine en dehors de Windhoek » où ils seront gardés jusqu’à ce qu’ils soient déclarés non porteurs du virus. Mais pour l’instant, personne n’est en quarantaine.

« Je pense que tout le monde panique ici, pas seulement les Namibiens, mais aussi la communauté chinoise », constate Lee.

Les mois de janvier et février sont généralement une période de basse saison des achats à Chinatown, mais la peur de la contamination a encore réduit le nombre de clients.

Miang Li, propriétaire d’un magasin, attribue le faible taux de fréquentation au blues financier du milieu du mois mais aussi à la peur de contracter le virus de la part des Chinois.

« Les gens qui viennent ici crient ‘coronavirus, coronavirus' », raconte-t-il à l’AFP, assis derrière le comptoir de son magasin de vêtements. Mais les personnes portant des masques de protection sont rares.

Seuls quelques vendeurs namibiens et quelques propriétaires de magasins portent des masques.

Selon Li, les commerçants n’ont pas réussi à reconstituer leurs stocks parce qu’ils ne veulent pas retourner en Chine pour se réapprovisionner. Aussi sont-ils en train de liquider leurs stocks de l’année dernière à des prix réduits.

« Beaucoup d’entre nous ne retournent qu’en février ou mars pour se réapprovisionner mais il est maintenant dangereux d’aller et de revenir », explique Li. « Si vous partez maintenant, vous ne savez pas si ce pays vous laissera revenir ».

Les commerçants de Chinatown vendent quotidiennement au détail, mais aussi en gros à des boutiques en ligne et à des magasins situés dans d’autres régions de Namibie.

« Les clients de Walvis Bay, Swakopmund et Oshakati ne viennent pas pour l’instant car nous n’avons que de vieux stocks », explique ce commerçant de 52 ans, en activité en Namibie depuis neuf ans.

– Stocks en chute libre –

Lee confirme que le niveau des stocks est en chute libre.

« Pour le moment, personne ne veut retourner en Chine, alors, oui, ça nous affecte », constate-il, assis dans son bureau.

Non seulement la rotation du personnel en souffre, mais certains employés locaux sont réticents à continuer à travailler pour les Chinois.

Matilda Ndinoshisho, une vendeuse de 28 ans, dit que sa collègue a récemment cessé de venir travailler.

« Son oncle et sa tante lui ont dit que les patrons chinois lui transmettront le virus qui tue tous les Chinois et qu’un salaire de 800 dollars namibiens (54 dollars US) ne vaut pas la peine de perdre sa vie ou de contaminer les autres personnes de la famille, alors elle a démissionné », raconte cette mère de deux enfants.

Pourtant, la Namibie n’a eu qu’un seul cas suspect, qui a été déclaré sain a semaine dernière.

Selon le ministre de la santé, Kalumbi Shangula, le gouvernement a mis en place un contrôle médical des visiteurs à tous les points d’entrée dans le pays. « Chaque passager qui entre en Namibie, qu’il vienne de Chine ou de tout autre pays, est soumis à un contrôle approfondi », a déclaré le ministre à l’AFP.

« Si quelqu’un présente des symptômes d’infection par le virus, cette personne est immédiatement isolée et placée sous surveillance ».

Vendredi, l’Égypte a signalé le premier cas confirmé du nouveau coronavirus en Afrique.

Les pays et territoires touchés par le nouveau coronavirus

Voici la liste des pays et territoires ayant annoncé des cas confirmés de maladie due au nouveau coronavirus qui a tué près de 1.700 personnes, dont quatre hors de Chine continentale, depuis sa propagation à partir de la ville chinoise de Wuhan où il est apparu en décembre.

En dehors de la Chine continentale où plus de 68.000 personnes sont contaminées, près de 600 cas de contamination par l’épidémie du coronavirus, appelée officiellement Covid-19, ont été confirmés dans une trentaine de pays avec un premier cas signalé vendredi en Afrique. Un premier décès hors d’Asie est survenu vendredi soir en France.

– CHINE –

Le bilan des décès enregistrés en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao) depuis le début de l’épidémie était dimanche de 1.665, avec un chiffre de 68.500 personnes contaminées.

La plupart des décès sont intervenus dans la province du Hubei, foyer de la contagion, dont Wuhan est la capitale.

Ce chiffre dépasse celui des décès du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère, une pneumonie atypique) qui a tué 774 personnes dans le monde en 2002-2003, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong.

– Une personne est morte dans le territoire chinois semi-autonome de Hong Kong où au moins 56 cas ont été enregistrés.

– Dix cas ont été signalés à Macao.

– ASIE-PACIFIQUE –

Asie de l’Est

Corée du Sud: 28

Japon: 53 cas, dont une octogénaire décédée. Et au moins 355 à bord du paquebot Diamond Princess en quarantaine à Yokohama, auxquels s’ajoute un officier de quarantaine infecté.

Taïwan: 18

Asie du Sud-Est

Cambodge: 1

Malaisie: 22

Philippines: trois cas dont un mort à Manille, un Chinois originaire de Wuhan, qui a été le premier décès hors de Chine.

Singapour: 72

Thaïlande: 34

Vietnam: 16

Asie du Sud

Inde: 3

Népal: 1

Sri Lanka: 1

Australie

15

– AMERIQUES –

Canada

8

Etats-Unis

15

– EUROPE –

Union européenne

Allemagne: 16

Belgique: un

Espagne: 2, autorisés vendredi à quitter l’hôpital

Finlande: un

France: 12, dont un décès annoncé samedi, le premier hors d’Asie

Italie: 3

Suède: un

Royaume-Uni

9

Russie

2, désormais sortis de l’hôpital

– MOYEN-ORIENT –

Emirats arabes unis

8

– AFRIQUE –

Egypte

Un premier cas annoncé le 14 février, le premier sur le continent africain

burx-sst/elm/roc

Coronavirus: des pays rapatrient leurs citoyens confinés sur le Diamond Princess

Inquiets de la croissance rapide du nombre de cas de nouveau coronavirus recensés sur le paquebot de croisière Diamond Princess en quarantaine près de Yokohama (banlieue de Tokyo), plusieurs pays ont décidé ce week-end d’évacuer rapidement leurs ressortissants.

Quelque 355 cas ont été comptabilisés dimanche matin sur ce navire. C’est 70 de plus que samedi, jour où 67 nouveaux cas avaient été confirmés.

Mais les 3.711 personnes à bord n’ont pas encore toutes subi les examens permettant d’établir leur éventuelle contamination.

« Jusqu’à présent, nous avons effectué des tests sur un total de 1.219 personnes », a déclaré le ministre japonais de la Santé Katsunobu Kato, sur la chaîne publique nippone NHK, précisant que 73 des 355 personnes contaminées ne présentaient pas de symptôme à ce stade.

– Rapatriement en urgence –

Le Diamond Princess effectuait une croisière avec plusieurs escales en Asie quand un passager ayant débarqué à Hong Kong a été contrôlé positif au coronavirus apparu en décembre dans la ville chinoise de Wuhan (centre). Ce qui a entraîné la mise en quarantaine du navire dans le port japonais de Yokohama.

Depuis, au fil des résultats d’analyses, le nombre de cas ne cesse de grimper bien que les passagers soient confinés le plus possible dans leurs cabines et que les cas confirmés soient transférés dans des hôpitaux japonais spécialement équipés.

Face à l’aggravation de la situation et des doutes sur l’efficacité des mesures prises, plusieurs gouvernements ont décidé d’évacuer leurs ressortissants paraissant sains pour les placer quatorze jours en quarantaine dans leurs pays respectifs.

« Comme nous vous l’avons indiqué hier (samedi), le gouvernement américain recommande aux citoyens américains de débarquer du Diamond Princess et de rentrer aux Etats-Unis », a écrit l’ambassade américaine à Tokyo dans une lettre publiée sur internet.

« C’est une situation qui évolue rapidement et nous prenons des mesures supplémentaires pour aider les citoyens américains », a-t-elle poursuivi, assurant que « la sécurité et le bien-être de nos ressortissants est la priorité absolue du gouvernement américain ».

Il restait samedi environ 350 Américains sur le bateau.

Le gouvernement de Hong Kong a lui aussi dit vouloir rapatrier les siens –330 ressortissants– « le plus tôt possible ».

Les autorités canadiennes ont pris une initiative similaire « en raison des circonstances extraordinaires rencontrées par les passagers du Diamond Princess et pour alléger le fardeau sur le système de santé japonais », ont-elles expliqué dans un communiqué. Environ 250 Canadiens avaient embarqué pour cette croisière.

Les premiers départs en avion devraient avoir lieu dans la nuit de dimanche à lundi.

– Près de 1.700 morts dans le monde –

En plus des cas sur le navire, les autorités nippones ont indiqué que 53 personnes étaient porteuses du coronavirus dans différentes régions du pays, avec une traçabilité difficile à établir pour un nombre croissant de patients.

Les experts estiment que « des malades touchés par le coronavirus peuvent désormais apparaître n’importe où au Japon » et que les habitants doivent prendre le plus de précautions possibles comme se laver les mains très fréquemment, porter des masques, désinfecter les objets, etc.

Mais les fabricants de masques sanitaires ont du mal à répondre à la demande et les stocks dans les supérettes et les parapharmacies sont faibles, voire nuls. Une hausse de la production est prévue avec des subventions des pouvoirs publics.

Selon le dernier bilan diffusé dimanche par les autorités chinoises, la pneumonie virale Covid-19 a provoqué la mort de 1.665 personnes en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), sur un total de 68.500 cas de contamination recensés sur le territoire. La plupart des décès ont été constatés dans la province du Hubei (centre), foyer de l’épidémie apparue en décembre dans son chef-lieu Wuhan.

Seuls quatre décès ont été enregistrés ailleurs dans le monde: un sur le territoire chinois semi-autonome de Hong Kong et les trois autres respectivement au Japon, aux Philippines et en France.

Paquebot au Japon: 67 nouveaux cas de coronavirus, évacuation prévue des Américains

Soixante-sept nouveaux cas de coronavirus ont été annoncés samedi sur le navire de croisière en quarantaine au large du Japon et les Etats-Unis prévoient d’évacuer leurs ressortissants qui se trouvent à bord.

Le résultat de 217 tests supplémentaires rendu public par le ministre japonais de la Santé porte à 285 le nombre de passagers et membres d’équipage sur lesquels la présence du virus a été constatée, sans compter un officier de quarantaine qui avait par ailleurs lui aussi été infecté.

Washington avait annoncé un peu plus tôt samedi, dans une lettre adressée aux passagers américains du paquebot Diamond Princess maintenu depuis début février en quarantaine au large de Yokohama (sud de Tokyo), son intention de les évacuer.

Le message évoque l’envoi d’un avion dimanche, ajoutant que les personnes rapatriées devront respecter une quarantaine supplémentaire de 14 jours à leur arrivée aux Etats-Unis.

« Le gouvernement américain recommande par mesure de prudence que les ressortissants américains débarquent et retournent aux Etats-Unis pour continuer d’y être suivis », explique la lettre affichée sur le site internet de l’ambassade des Etats-Unis au Japon.

La date de départ de cet avion pour les Etats-Unis n’est pas précisée mais la missive, affichée sur le site internet de l’ambassade des Etats-Unis au Japon, indique qu’il atterrira sur la base aérienne de Travis, en Californie.

– Quarantaine aux Etats-Unis –

La chaîne de télévision publique japonaise NHK a indiqué que quelque 400 Américains se trouvaient à bord et que l’avion spécial devrait quitter l’aéroport de Haneda à Tokyo dans les premières heures de lundi.

« Les passagers seront examinés pour détecter d’éventuels symptômes et nous travaillons avec nos partenaires japonais pour nous assurer que ceux présentant des symptômes recevront les soins nécessaires au Japon s’ils ne sont pas en état de prendre l’avion », peut-on lire.

« Si vous choisissez de ne pas monter à bord de cet appareil, il ne vous sera pas possible de retourner aux Etats-Unis pendant un certain temps », poursuit le message.

Si nombre de passagers américains réclamaient une évacuation, la quarantaine supplémentaire imposée aux Etats-Unis a immédiatement suscité des critiques de certains d’entre eux.

« Le gouvernement américain (…) veut nous faire sortir sans test, nous acheminer par avion aux Etats-Unis mélangés à un tas d’autres personnes non testées pour nous coller ensuite deux semaines supplémentaires de quarantaine? Où est la logique dans tout ça? », a lancé le croisiériste américain Matthew Smith dans un tweet.

Un peu plus de 3.700 personnes se trouvaient initialement à bord du navire lorsqu’il est arrivé au large de Yokohama près de Tokyo mais les plus de 200 personnes diagnostiquées porteuses du nouveau coronavirus ont été hospitalisées.

Les autorités japonaises ont aussi commencé vendredi à évacuer certains passagers âgés et de santé fragile, dont les tests au nouveau coronavirus se sont avérés négatifs.

La quarantaine devait durer jusqu’au 19 février, soit 14 jours après son début.

– Message du capitaine –

Mais un message diffusé samedi à bord par le capitaine a jeté le doute sur ce calendrier.

« Le gouvernement japonais nous a informés du fait qu’il pourrait commencer un nouveau processus d’analyses pour nos hôtes à partir du 18 février », pouvait-on entendre, le commandant ajoutant que cette opération prendrait plusieurs jours et que les résultats ne seraient pas obtenus avant environ trois jours.

« Ainsi les personnes testées le 18 février et présentant un résultat négatif pourraient être en mesure de quitter le navire le 21 février ».

Ceux qui ont été en contact avec toute personne aux résultats positifs devront recommencer leur quarantaine à compter de la date de ce contact, a-t-il ajouté.

Quant à l’équipage, il devra entamer une nouvelle quarantaine une fois les passagers sortis du bateau pour une durée pour l’instant indéterminée, selon le message.

En plus du navire de croisière et de l’officier de quarantaine infecté, les autorités japonaises ont dénombré au moins 40 cas.

L’épidémie de pneumonie virale a tué plus de 1.500 personnes et en a infecté au moins 66.000 en Chine. Elle s’est répandue dans une trentaine d’autres pays.

Coronavirus : Réunion d’urgence à Bamako des ministres de la santé de la CEDEAO

Le ministre de la santé et de l’action sociale du Sénégal, Abdoulaye Diouf Sarr prendra part ce vendredi 14 février à Bamako à une réunion d’urgence des ministres de la Zone CEDEAO, afin de préparer une réponse contre la maladie Coronavirus qui sévit en chine.

« Face à la transmission interhumaine du coronavirus et sa propagation rapide dans un contexte de mondialisation, il devient urgent pour chaque pays de mettre en place des outils de surveillance et de diagnostic », expliquent les services de Diouf Sarr dans une note.

Selon ce communiqué, cette rencontre permettra d’être prêt à réagir à d’éventuels cas de contamination dans la sous-région. Cette initiative de l’organisation ouest-africaine de santé (Ooas), s’explique par le souhait de « renforcer les capacités » des entités nationales et régionales de la CEDEAO en vue d’une surveillance et d’une détection précoce des sujets.

De ce fait, le ministre Abdoulaye Diouf Saar et ses collègues devrions évaluer et harmoniser les stratégies régionales pour identifier les principaux défis et besoins communautaire.

 

Coronavirus : Près de 1.400 morts, les USA déplorent un « manque de transparence »

Le bilan de l’épidémie du nouveau coronavirus, révisé par la Chine en raison de « doublons », approchait vendredi 1.400 morts, tandis que les Etats-Unis déploraient un « manque de transparence » de la part de Pékin.

Près de 64.000 cas de contamination ont désormais été enregistrés en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), selon des chiffres officiels, marquant une explosion ces deux derniers jours en raison d’une définition élargie des cas d’infection.

La Commission nationale chinoise de la santé, qui fait office de ministère, a fait état vendredi de 121 nouveaux décès dans le pays sur les dernières 24 heures, mais tout en retranchant du bilan national 108 morts préalablement recensés dans la province du Hubei (centre), épicentre de l’épidémie.

Elle justifie cette révision par des « doublons dans les statistiques », constatés après « vérification ». Le bilan national a par conséquent été ramené à 1.380 morts.

Après avoir initialement félicité Pékin pour son « travail très professionnel » face à l’épidémie, la Maison Blanche a pris ostensiblement ses distances jeudi.

« Nous sommes un peu déçus du manque de transparence de la part des Chinois », s’est désolé devant la presse Larry Kudlow, le principal conseiller économique du président Donald Trump. « Est-ce que le bureau politique (l’instance dirigeante du Parti communiste, NDLR) est vraiment honnête avec nous? ».

Il a notamment regretté que Pékin ait décliné les propositions insistantes de Washington d’envoyer des experts américains en Chine: les autorités chinoises « ne nous laissent pas y aller », a insisté M. Kudlow.

– Nouvelle définition –

Ces critiques américaines interviennent alors que les autorités sanitaires du Hubei ont annoncé jeudi à la surprise générale un élargissement de leur définition des personnes atteintes de pneumonie virale Covid-19.

Jusqu’à présent, un test de dépistage à l’acide nucléique était indispensable pour déclarer un cas « confirmé ». Dorénavant, les patients « diagnostiqués cliniquement », notamment avec une simple radio pulmonaire, seront aussi comptabilisés.

Cette nouvelle méthode a automatiquement gonflé le nombre de morts et de personnes officiellement infectées, avec l’annonce jeudi d’une envolée de plus de 15.000 nouveaux cas de contamination, et vendredi plus de 5.000.

Ces chiffres dépeignent une situation plus grave que rapporté jusqu’à présent, mais « ne représente(nt) pas un changement significatif de la trajectoire de l’épidémie », a tempéré le chef du département des urgences sanitaires de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Michael Ryan.

Avec cette nouvelle méthode, les autorités du Hubei soulignent surtout leur volonté de faire bénéficier au plus vite les patients d’un traitement — une solution qui a reçu l’approbation de l’OMS.

Pour autant, les chiffres annoncés jeudi tranchaient fortement avec ceux de la veille, lorsque la Chine avait fait état du plus faible nombre de nouvelles contaminations en près de deux semaines.

La ville de Wuhan, où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, et la province environnante du Hubei restent de facto coupées du monde depuis plus de trois semaines.

– Limogés –

Les deux chefs du Parti communiste chinois (PCC) pour le Hubei et Wuhan, fustigés par l’opinion publique pour leur gestion de la crise, ont été limogés jeudi.

Si la Chine concentre quelque 99% des cas, l’épidémie de Covid-19 maintient le monde en alerte, avec plus de 500 cas confirmés de contamination dans une vingtaine de pays.

Le Japon a annoncé jeudi soir le troisième décès imputé au virus hors de Chine continentale, celui d’une octogénaire, après deux cas mortels à Hong Kong et aux Philippines.

Au Vietnam, la commune de Son Loï (10.000 habitants) près de Hanoï a été placée en quarantaine pour 20 jours après la découverte de six cas du nouveau coronavirus. C’est la première mesure de ce type dans le pays.

Les Etats-Unis, de leur côté, se sont dits « profondément inquiets » de la vulnérabilité de la Corée du Nord — autre pays frontalier de la Chine –, se disant prêt à contribuer à des opérations d’aide en sa faveur.

Mais le principal foyer d’infection hors de Chine restait le paquebot de luxe Diamond Princess, toujours en quarantaine au Japon près de Yokohama (est): 218 cas de contamination y ont été confirmés, dont 44 nouveaux cas annoncés jeudi.

– Débarquement –

A l’inverse, les centaines de passagers d’un navire de croisière américain, le Westerdam, ont pu débarquer vendredi au Cambodge: le bateau avait erré en mer plus de dix jours, cinq ports asiatiques lui interdisant d’accoster par crainte du coronavirus. D’après l’opérateur, aucun cas n’a été détecté à bord.

Après une réunion jeudi à Bruxelles des ministres européens de la Santé, la commissaire européenne Stella Kyriakides s’est voulue rassurante, indiquant que « tous les Etats membres avaient des plans d’action » face à l’épidémie et affirmant qu’il n’y avait « pas jusqu’à présent de pénurie de médicaments rapportée ».

Les craintes de contamination ont provoqué l’annulation de plusieurs grands salons professionnels internationaux, dont le Salon mondial du mobile de Barcelone, grand-messe annuelle de la profession.

Alors que l’activité en Chine reste paralysée, l’impact pour l’économie mondiale ne cesse de s’alourdir. L’épidémie a déjà entraîné une « réduction potentielle de 4 à 5 milliards de dollars » de revenus pour les compagnies aériennes du monde entier, a annoncé jeudi l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Coronavirus : plus de 560 morts, la Chine en mal de lits

La Chine accélère ses efforts pour remédier à l’insuffisance criante de lits d’hôpitaux à l’épicentre de l’épidémie de pneumonie virale, dont le bilan a dépassé jeudi 560 décès, tandis qu’ailleurs en Asie se renforçaient de drastiques mesures de quarantaine.

Plus de 28.000 personnes sont désormais atteintes du nouveau coronavirus à travers la Chine, tandis qu’à l’étranger, où une vingtaine de pays sont touchés, 20 cas de contamination ont été identifiés sur un navire de croisière maintenu à l’isolement au large du Japon.

Deux semaines après la mise en quarantaine de facto de la ville de Wuhan puis d’une grande partie de sa province, le Hubei (centre), d’où s’est propagée l’épidémie, le système de santé local reste débordé par l’afflux de patients.

A Wuhan, un hôpital de fortune de 1.000 lits, construit en dix jours, a accueilli mardi ses premiers malades, et un second du même type, d’une capacité de 1.600 lits, doit entrer en fonctionnement jeudi.

Ailleurs dans la ville, les autorités ont annoncé la conversion d’une dizaine de bâtiments publics, dont des centres culturels ou des gymnases, en cliniques improvisées. La métropole de 11.000 habitants, où est apparu en décembre le nouveau virus sur un marché, connaît une « grave » pénurie de lits, ainsi que « d’équipements et de matériel », s’est désolé Hu Lishan, un haut responsable de la ville.

Dans le même temps, le groupe chinois de biotechnologie BGI annonçait jeudi l’entrée en service à Wuhan d’un laboratoire capable de traiter chaque jour plus de 10.000 tests de dépistage du virus.

– Paquebot au Japon –

Le bilan de l’épidémie s’élève à 563 morts en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), où 28.018 cas de contamination ont désormais été confirmés, soit un bond de presque 3.700 en un seul jour, selon des chiffres officiels publiés jeudi.

Ailleurs, deux décès ont été imputés au coronavirus: l’un aux Philippines et l’un à Hong Kong, tandis qu’environ 200 cas de contamination étaient rapportés dans une vingtaine de pays.

Au Japon, 3.700 personnes de dizaines de nationalités différentes restent maintenues en quarantaine dans leurs cabines d’un bateau de croisière à Yokohama: le nombre de cas de contamination à bord a doublé jeudi, à 20, selon les médias japonais citant les autorités sanitaires.

Les organisateurs des JO de Tokyo, qui se tiendront du 24 juillet au 9 août, se sont de leur côté dits mercredi « extrêmement inquiets ».

Alors qu’une grande partie des liaisons aériennes avec la Chine continentale demeurent suspendues, de nombreux pays musclent leurs mesures face à l’épidémie: le Vietnam est devenu le dernier pays en date à interdire l’entrée aux voyageurs arrivant de Chine.

L’Autriche, elle, entame jeudi des contrôles de température à l’aéroport international de Vienne pour les passagers en provenance de Pékin.

Sous pression, les autorités hongkongaises ont fermé la quasi-totalité des postes frontières avec le reste du pays et imposeront à partir de samedi une quarantaine de deux semaines à tous les visiteurs venant de Chine continentale.

L’Indonésie a interrompu mercredi ses liaisons aériennes avec la Chine, bloquant des milliers de touristes chinois sur l’île touristique de Bali.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé mercredi un appel de fonds de 675 millions de dollars (613 millions d’euros) pour contrer la propagation du virus.

« C’est beaucoup moins que la facture que nous devrons payer si nous n’investissons pas dans la préparation dès maintenant », a plaidé son directeur général, Tedros Adhanom Gebreyesus.

Le taux de mortalité du nouveau coronavirus, autour de 2%, reste cependant pour l’heure très inférieur à celui de l’épidémie du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère) qui avait tué 774 personnes dans le monde en 2002-2003.

– Villes chinoises confinées –

En Chine, les mesures de confinement restent drastique: plusieurs agglomérations de la province du Zhejiang (est) appliquent depuis mardi des restrictions aux déplacements à des dizaines de millions de personnes.

A Zhumadian dans le Henan, province limitrophe du Hubei, une personne par foyer seulement est autorisée à quitter son domicile… une fois tous les cinq jours. Des primes sont promises en cas de dénonciation de personnes venues du Hubei.

A Pékin, où les avenues restent quasi-désertes, de nombreux commerces restent fermés même après la fin des congés du Nouvel an lunaire. Les restaurants ont été sommés de refuser les réservations de groupes.

Conséquence de l’épidémie, l’économie chinoise pourrait être durablement plombée: dans de nombreuses provinces, la plupart des entreprises et usines resteront fermées jusqu’au 9 février au moins.

Le géant électronique taïwanais Foxconn, fournisseur clé de l’américain Apple, a indiqué jeudi que les ouvriers d’une de ses usines au Henan (centre de la Chine) seraient placés en quarantaine pour au moins une semaine.

burs-lth-jug/bar/am

Côte d’Ivoire : Suspicion d’un cas de Coronavirus à l’aéroport d’Abidjan (ministère de la santé)

Le samedi 25 Janvier 2020, Aka Ouélé, ministre de la Santé et de l’hygiène publique a publié un communiqué informant avoir été alerté de la présence d’une suspicion d’un cas de Conavirus au niveau de l’aéroport d’Abidjan.

Le samedi 25 janvier 2020 le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a été alerté par les autorités aéroportuaires d’Abidjan de la présence d’un malade dans un aéronef de la compagnie Turkish Airlines en provenance de Pékin à destination d’Abidjan.

Le docteur Aka Ouélé, précise qu’il s’agit d’une étudiante Ivoirienne de 34 ans résidant à Pékin depuis cinq ans, qui a présenté un syndrome grippal avec toux, éternuement, écoulement nasal et difficulté respiratoire, qui a débuté le 22 Janvier 2020 à Pékin et qu’ une équipe composée de professionnels de la santé de l’Institut National d’Hygiène Publique (INPH), du SAMU, de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI) et du Service des Maladies Infectieuses du CHU de Treichville s’est rendue à l’aéroport, à l’atterrissage de l’avion pour prendre en charge le malade.

Conformément à la procédure, le ministre informe que le passager a été transféré à la cellule de pandémies sise à l’aéroport Félix Houphouët Boigny d’Abidjan pour examen médical initial et traitement.

Si des prélèvements biologiques ont également été réalisés et acheminés à l’IPCI pour analyse, au constat ce dimanche matin, son état général est satisfaisant.

Il s’agit, à ce stade, d’une suspicion d’un cas de pneumonie à coronavirus. Le diagnostic final sera établi à l’issue des résultats de l’analyse des échantillons prélevés.

Ci-dessous la liste des précautions contre le coronavirus :

Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique rappelle aux populations le respect des mesures de prévention suivantes :– Éviter le contact étroit avec les personnes souffrant d’infections respiratoires aiguës;

– Se laver fréquemment les mains, en particulier après un contact direct avec des personnes malades ou leur environnement ;

– Éviter tout contact non protégé avec des animaux d’élevage ou sauvages;

– Utiliser un mouchoir en papier pour éternuer et tousser et le jeter dans une poubelle, à défaut éternuer et tousser dans le pli du coude puis se laver les mains régulièrement à l’eau et au savon.

– Se rendre dans le centre de santé le plus proche en cas de survenue de fièvre, toux et difficultés respiratoires

Les populations sont invitées à ne pas céder à la panique et à appeler le 143 (numéro vert gratuit) pour toute information.

Dr Eugène AKA AOUELE