Troupes américaines en Afrique: Pompeo promet une démarche collective

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a assuré dimanche à Dakar que les Etats-Unis veilleraient à faire « ce qu’il faut » en partenariat avec leurs alliés au sujet de la réduction ou non de leur présence militaire en Afrique, notamment au Sahel confronté aux violences jihadistes.

M. Pompeo, qui s’exprimait devant la presse, s’est gardé de tout engagement et a laissé ouverte la question d’une réduction des forces américaines, actuellement à l’examen à Washington.

Peu auparavant, le ministre sénégalais des Affaires étrangères Amadou Ba, à ses côtés, avait indiqué que les Etats-Unis avaient fait part aux dirigeants sénégalais « de leur volonté de retirer leurs forces combattantes ». Il avait souligné que, pour le Sénégal, cela ne signifiait pas un retrait militaire américain du continent, les Etats-Unis apportant un soutien en renseignement, en logistique et en formation à la lutte contre le jihadisme.

Après trois ans d’administration Trump, M. Pompeo est le plus haut responsable américain à effectuer une tournée en Afrique subsaharienne. Après le Sénégal où il est arrivé samedi après-midi, il partait dimanche pour l’Angola, avant l’Ethiopie jusqu’à mercredi, d’où il se rendra en Arabie saoudite.

M. Pompeo entame sa première visite en Afrique subsaharienne dans les fonctions de secrétaire d’Etat au moment où les Etats-Unis veulent réduire les opérations antijihadistes dans le monde pour concentrer leurs forces sur ce qu’ils considèrent comme les menaces russe et chinoise pour leur suprématie militaire.

L’Afrique, où l’armée américaine est présente avec quelque 6.000 soldats, notamment au Sahel, en Somalie et à Djibouti, est considérée comme pouvant être la première concernée par la redistribution des forces.

Epargné par les violences au Sahel voisin, le Sénégal est communément salué comme une zone de stabilité et un partenaire solide dans la lutte contre l’extrémisme. Il suit avec la plus grande attention la réflexion américaine.

Le chef de la diplomatie sénégalaise a affirmé l’importance que « l’Afrique puisse monter en première ligne ». Mais il a relevé l’absence de moyens militaires et financiers africains, et rappelé la proposition du président Macky Sall de financer l’effort, en accord avec la communauté internationale, en y affectant 1% du déficit budgétaire des pays africains.

L’Afrique « a besoin des Etats-Unis d’Amérique », a-t-il dit.

– Opportunités économiques –

« Nous ferons ce qu’il faut, nous ferons ce qu’il faut collectivement, j’en suis convaincu », a répondu M. Pompeo en évoquant les partenaires sénégalais, africains, français et européens des Etats-Unis.

Quand l’examen du niveau des forces en cours au Pentagone sera achevé, « nous en discuterons, non seulement avec le Sénégal, mais tous les pays de la région, nous discuterons des raisons de ce que nous faisons, de la manière dont nous le faisons, et nous parviendrons à un résultat qui marche pour tout le monde », a-t-il dit.

Le Pentagone a annoncé mercredi un premier ajustement de ses forces en Afrique avec le remplacement d’une unité de combat par des instructeurs.

M. Pompeo est arrivé en Afrique quelques jours après le durcissement par le président Donald Trump des conditions d’entrée aux Etats-Unis pour les ressortissants de quatre pays africains (dont aucun sur l’itinéraire de M. Pompeo). En 2018, le président Donald Trump avait qualifié de « pays de merde » les Etats africains envoyant des immigrés aux Etats-Unis.

Le département d’Etat a souligné avant la visite de M. Pompeo que les trois pays africains visités étaient des « contributeurs majeurs à la stabilité régionale », à commencer par le Sénégal, qui fournit environ 1.500 hommes à la Mission de l’Onu au Mali.

Cependant, c’est surtout l’engagement économique que Washington comptait mettre en avant, y compris pour contrer la poussée chinoise sur un continent aux forts taux de croissance. Les trois pays sont « particulièrement remarquables » en termes d’opportunités, selon le département d’Etat.

M. Pompeo a résumé l’approche américaine: croissance et sécurité sont « mutuellement bénéfiques ».

Il a assisté dimanche matin à la signature de cinq protocoles d’accord, pour la construction d’une autoroute entre Dakar et Saint-Louis (entre l’Américain Bechtel et le Sénégalais Ageroute), dans les domaines de la santé et la production d’électricité (entre l’Américain General Electric et des agences gouvernementales sénégalaises).

Des milliers d’Algériens défilent à Kherrata, berceau de la contestation

Des milliers de personnes ont défilé dimanche à Kherrata dans l’est de l’Algérie, à l’occasion du 1er anniversaire d’une manifestation inédite dans cette ville contre la candidature à un 5e mandat de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, selon des témoins.

La manifestation de Kherrata avait donné le coup d’envoi à une vague de contestation populaire sans précédent contre le pouvoir, qui a poussé à la démission le 2 avril 2019 de M. Bouteflika, lâché par l’armée.

Le 16 février 2019, un rassemblement spontané a réuni des milliers de manifestants contre un nouveau mandat de M. Bouteflika, impotent et aphasique, à Kherrata, à 300 km à l’est d’Alger, la première marche à avoir allumé l’étincelle de la fronde qui devait ensuite gagner toute l’Algérie.

Le lendemain, le 17 février, une marche similaire a eu lieu à Bordj Bou Arreridj (150 km au sud-est d’Alger) et trois jours plus tard, des centaines de personnes ont manifesté à Khenchela dans l’est algérien également.

Durant le rassemblement de Khenchela, certains protestataires sont montés sur le toit de la mairie pour décrocher un portrait géant du chef de l’Etat qui recouvrait une partie de la façade à côté du drapeau algérien.

Quelques jours plus tard, le 22 février, des millions d’Algériens sont descendus dans les rues de toutes les grandes villes du pays pour exprimer leur rejet d’un 5e mandat de M. Bouteflika.

Pour marquer le 1er anniversaire de la marche de Kherrata, des milliers de manifestants ont sillonné dimanche les rues de la ville aux cris de « Les Algériens sont tous des frères » et brandissant l’emblème national ou berbère.

Plusieurs figures du « Hirak » -le mouvement de contestation-, parmi lesquelles le vétéran très respecté de la guerre d’indépendance Lakhdar Bouregaa ou encore Samir Benlarbi, un militant actif de la société civile, ont pris part à la manifestation, selon les témoins.

Les manifestants ont appelé à « une période de transition » devant aboutir à un changement de régime.

Le point de départ de la manifestation de 2019 à Kherrata a été rebaptisé « Place de la Liberté du 16 février 2019 ». Une stèle y a été érigée.

Le président Abdelmadjid Tebboune, élu le 12 décembre lors d’un scrutin boycotté par la majorité des Algériens, a de nouveau tendu dimanche la main à la contestation, lors d’une rencontre entre le gouvernement et les préfets du pays.

« Il y a de cela une année, les citoyens et citoyennes sont sortis dans un +Hirak+ béni pacifique, sous la protection de l’Armée nationale pour revendiquer le changement et rejeter, pacifiquement, l’aventure qui a failli conduire à l’effondrement de l’Etat et de ses piliers pour retomber dans la tragédie des années 1990 », a-t-il dit en allusion à la « décennie noire » de la guerre civile, selon l’agence APS.

RDC: au moins 14 morts à Kinshasa dans un accident de la route (nouveau bilan)

Au moins 14 personnes ont été tuées et plusieurs blessées dimanche à Kinshasa dans la spectaculaire collision d’un camion qui a percuté d’autres véhicules et fauché des passants à la suite d’un problème de freins, selon un nouveau bilan.

« Jusqu’à maintenant, il y a 14 décès et plusieurs blessés. On peut avoir plus de 30 blessés », a déclaré le ministre de la Santé, le Dr Eteni Longodo depuis une clinique située à côté des lieux de l’accident.

En début d’après-midi, la police faisait état de dix morts et 41 blessés.

Le chauffeur d’un camion-benne a perdu le contrôle de son véhicule quand il descendait une rue près du campus de l’université de Kinshasa (Unikin).

Une panne de frein est à l’origine de l’accident, selon plusieurs sources. Le camion « a percuté huit véhicules. Il y a tellement de morts que je n’en reviens pas », a déclaré à l’AFP une témoin, Yasmine Lutonadio.

Sur place, l’AFPTV a vu une demi-douzaine de véhicules fracassés, dont deux mini-bus et trois voitures.

« Le gouvernement est là. Nous nous occupons de la population. Nous allons faire en sorte que tout le monde puisse bénéficier de soins de qualité », a promis le ministre de la Santé.

Les Congolais se plaignent souvent de l’absence des pouvoirs publics dans les nombreuses tragédies qui émaillent leur vie quotidienne (accidents de la route et naufrages sur les voies navigables….).

Egalement présent sur place, le ministre de l’Intérieur Gilbert Kokande a envisagé des « mesures préventives que nous pourrions prendre » pour « éviter » des excès de vitesse sur cette rue en pente entre l’université et un croisement très fréquenté.

Iran: Rohani exclut de démissionner, malgré les difficultés

Le président iranien Hassan Rohani, dont la coalition politique apparaît menacée aux législatives du 21 février, a exclu dimanche de démissionner avant la fin de son mandat en 2021, même s’il a dit avoir présenté deux fois sa démission par le passé.

« Une démission n’aurait pas beaucoup de sens », a déclaré M. Rohani lors d’une conférence de presse à Téhéran, ajoutant que son gouvernement allait « continuer à réaliser (ses) promesses (malgré) les conditions économiques et la pression de l’ennemi ».

« L’idée de démissionner (à cause de ces problèmes) ne m’est jamais venue à l’esprit », a-t-il insisté.

M. Rohani, élu en 2013 et réélu en 2017, a fait cette mise au point après des rumeurs selon lesquelles il avait l’intention de démissionner avant la fin de son deuxième et dernier mandat.

Le président a néanmoins indiqué avoir proposé sa démission par deux fois au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, une première fois entre sa première élection et son entrée en fonction, et une deuxième fois au cours de son second mandat.

Dans les deux cas, a assuré le président, M. Khamenei a fermement rejeté l’idée. Selon M. Rohani, le guide suprême aurait déclaré: « Je voudrais que vous continuiez à servir jusqu’à la dernière minute, et je soutiens le gouvernement ».

La deuxième fois, M. Khamenei aurait affirmé selon le président qu’il ne laisserait pas « le gouvernement abandonner ses responsabilités ne serait-ce qu’une heure » avant le terme de son mandat.

La coalition des modérés et des réformateurs soutenant M. Rohani apparaît en mauvaise posture à l’approche des législatives de vendredi, qui pourraient être marquées par une forte abstention, censée profiter aux conservateurs et ultraconservateurs.

La République islamique a plongé dans une violente récession, dont elle peine à sortir, après le retrait en 2018 des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien, conclu en 2015 – sous l’impulsion de M. Rohani – entre Téhéran et le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne).

A la suite de ce retrait, Washington – qui accuse Téhéran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce que l’Iran a toujours nié – a rétabli à l’encontre de la République islamique les sanctions économiques que les Etats-Unis avaient suspendues en vertu de cet accord.

Fortement critiqué sur le plan intérieur pour l’échec de sa politique d’ouverture avec l’Occident, M. Rohani a appelé devant la presse les Iraniens « à se rendre aux urnes et à voter » le 21 février malgré l’invalidation des candidatures de milliers de modérés et réformateurs.

Olivier Véran, la fulgurante ascension d’un neurologue macroniste

Olivier Véran, nommé dimanche ministre de la Santé, est un neurologue de 39 ans, député de l’Isère et soutien de la première heure d’Emmanuel Macron, rapporteur depuis janvier du volet organique de la réforme des retraites.

L’Isérois, médecin du CHU de Grenoble, n’entend pas faire de vieux os en politique mais il a accepté la lourde tâche de reprendre en main un ministère sous la pression des personnels hospitaliers en colère et de la menace d’épidémie du nouveau coronavirus, après le départ d’Agnès Buzyn annoncé dimanche.

Ce macroniste de la première heure pourra bénéficier, au moins dans un premier temps, de son statut de médecin comme le furent avant lui à ce poste Bernard Kouchner, Philippe Douste-Blazy, Nora Berra, ou Agnès Buzyn.

Alors jeune suppléant de Geneviève Fioraso (PS), il s’était fait connaître en entrant au Palais Bourbon en 2012 quand celle-ci avait rejoint les gouvernements Ayrault puis Valls jusqu’en 2015.

Il a rencontré Emmanuel Macron cette même année au moment de la discussion à l’Assemblée de la loi Macron. Et avait adhéré au mouvement En Marche! dès sa création, jusqu’à devenir le référent santé du candidat à la présidentielle.

Séduit par le « dépassement des clivages et de la politique politicienne » de celui qui était alors ministre de l’Économie, le neurologue a longtemps ambitionné de « faire prendre le virage de la prévention », parent pauvre des politiques de santé en France.

Au palais Bourbon, Olivier Véran a d’ailleurs été le rapporteur du volet prévention de la loi Santé, avant de devenir l’incontournable rapporteur général de la Commission des affaires sociales en 2017.

Il est aussi Conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2016 et a été nommé, en janvier, rapporteur du volet organique de la réforme des retraites, celui sur l’équilibre financier.

– « Le coeur à gauche » –

Ce politique affable, né en 1980 et issu du Parti socialiste, dit avoir « le cœur à gauche ».

Déjà pressenti pour occuper le maroquin de la Santé en 2017, Olivier Véran était qualifié à l’époque de « bosseur », « sympathique », « très bon connaisseur de l’hôpital » par Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, premier syndicat de médecins libéraux (généralistes et spécialistes).

L’intéressé se définit lui-même comme « énergique », y voyant à la fois sa principale qualité et son principal défaut.

Ancien vice-président de l’Inter-Syndicat national des internes (ISNI) durant ses études de médecine à Grenoble, il a financé sa formation en travaillant comme aide-soignant, notamment en gériatrie.

« Tombé amoureux de l’organisation du système de soins », il a suivi un master en gestion et politique de santé à Sciences Po Paris (avec un mémoire sur les déserts médicaux) en parallèle à son clinicat. A cette époque, le jeune chef de clinique en neurologie vasculaire développe également un hôpital de jour pour faire de l’ambulatoire.

C’est en visitant cette structure que Geneviève Fioraso repère l’entreprenant praticien et lui propose d’être son suppléant en 2012.

« Je n’avais jamais été encarté politiquement, même si j’ai ma sensibilité évidemment », avait-il alors déclaré à l’AFP, se présentant comme « progressiste vraiment, très européen convaincu, opposé aux inégalités ».

Parlant anglais et espagnol, marié à une gynécologue-obstétricienne avec qui il a deux enfants, Olivier Véran n’entend pas faire de la politique plus d’un ou deux mandats: « Hors de question que ma femme sacrifie sa carrière ! », assure ce défenseur du non cumul.

Et puis, « la classe politique n’est pas aimée; quand je porte ma blouse blanche, j’ai une cote de confiance de 84%, quand je mets l’écharpe tricolore, ça tombe à 6%! Il faut renouveler la vie politique et être plus proches des gens », soutient ce pianiste amateur.

Bataille au centre chez les démocrates, le milliardaire Bloomberg cible de choix

Le milliardaire Michael Bloomberg est devenu dimanche la cible principale des autres candidats aux primaires démocrates, notamment de ceux cherchant comme lui à rallier les électeurs modérés, avant une semaine cruciale pour la nomination du futur adversaire de Donald Trump.

L’ancien maire de New York, placé troisième au niveau national dans la moyenne des sondages, derrière l’ancien vice-président Joe Biden et le sénateur socialiste Bernie Sanders, a notamment enregistré ces derniers jours un soutien croissant au sein de la population noire.

Quelque « 60 milliards de dollars peuvent vous acheter beaucoup de publicité, mais cela ne peut pas effacer votre bilan », a taclé dimanche Joe Biden sur NBC, lui reprochant notamment de ne pas avoir soutenu la candidature de Barack Obama en 2008.

L’ancien numéro deux du premier président noir des Etats-Unis a de quoi s’inquiéter à moins d’une semaine du troisième vote des primaires, dans l’Etat du Nevada. Populaire parmi les Noirs et les Latinos, M. Biden serait le premier à pâtir d’un report sur Michael Bloomberg du soutien des minorités, crucial pour remporter l’investiture démocrate pour la présidentielle de novembre.

Autre difficulté, les deux septuagénaires se partagent le couloir centriste avec deux autres candidats: l’ancien maire Pete Buttigieg, qui a remporté d’un cheveu l’Iowa, premier Etat ayant voté dans le cadre des primaires, et la sénatrice Amy Klobuchar, qui a fait forte impression en arrivant troisième dans le New Hampshire.

Cette dispersion joue en leur défaveur face à une aile gauche qui semble se rallier autour de Bernie Sanders.

Dimanche, M. Biden a également reproché à M. Bloomberg d’avoir longtemps défendu la politique des interpellations et fouilles arbitraires (« stop-and-frisk »), accusée d’avoir suscité une explosion des contrôles au faciès à New York.

Le neuvième homme le plus riche du monde selon Forbes a réitéré jeudi ses excuses pour cette pratique, dont il a reconnu qu’elle avait mené à l’arrestation de « trop d’innocents », dont « une immense majorité » de Noirs ou de Latinos.

« Prenez Carter ou Clinton ou Barack, ils avaient un soutien massif des Afro-Américains », a martelé M. Biden. « Je suis le seul qui a (…) leur soutien. Ils me connaissent. Ils savent qui je suis. »

– Absent des débats télé –

Après deux résultats très décevants dans l’Iowa et le New Hampshire, M. Biden compte précisément sur leur vote pour relancer sa campagne, notamment en Caroline du Sud, un Etat bien plus divers, le 29 février.

Paradoxe: si les attaques se concentrent sur lui, M. Bloomberg ne sera en lice ni en Caroline du Sud, ni dans le Nevada samedi. Délaissant ces Etats peu pourvus en délégués, il mise sur une entrée dans la course qu’il espère fracassante lors du « Super Tuesday » le 3 mars. Voteront alors 14 Etats d’un coup, dont le Texas et la Californie, qui élisent le plus grand nombre de délégués — qui désigneront in fine le candidat démocrate en juillet.

De par son démarrage tardif, qu’il avait justifié par ses craintes que les modérés ne puissent pas l’emporter avec Joe Biden, M. Bloomberg n’a d’ailleurs encore participé à aucun débat télévisé — et ne fera pas non plus partie du prochain, mercredi à Las Vegas.

« Vous ne pouvez pas vous cacher derrière les ondes télévisées » des spots de campagnes payés grâce à sa fortune personnelle, a accusé la modérée Amy Klobuchar sur CNN. « Je sais que je ne peux pas le battre sur les ondes, mais je peux le battre sur l’estrade des débats », a assuré la candidate, qui peine à se faire un nom en dehors de son MidWest d’origine.

En lutte avec elle pour la troisième place dans les sondages du Nevada (derrière MM. Sanders et Biden), Pete Buttigieg, 38 ans, a également critiqué ces « milliards de dollars » permettant à l’ex-maire new yorkais de déferler sur les chaînes américaines.

Interrogé sur la politique de M. Bloomberg vis-à-vis des Noirs, ainsi que sur des allégations de sexisme remises sur la table par une longue enquête du Washington Post samedi, le jeune Buttigieg n’a pas hésité à attaquer: « Je pense qu’il devra en répondre », a-t-il estimé sur Fox News.

L’ex-maire de la petit ville de South Bend, qui souffre d’un déficit de popularité au sein de la population noire, s’est engagé à « parler des problèmes » des minorités afin de « gagner leur confiance ».

Tout en réitérant un message se voulant rassembleur: « Beaucoup des électeurs de couleur à qui je parle sont concentrés sur une chose: battre Donald Trump. »

Syrie: le régime reprend le contrôle des abords de la métropole d’Alep

Le régime syrien a repris dimanche le contrôle de la ceinture de localités entourant la métropole d’Alep, poursuivant son offensive contre l’ultime grand bastion jihadiste et rebelle dans le nord-ouest du pays en guerre, selon un média d’Etat et une ONG.

Avec cette progression, les forces du président Bachar al-Assad ont éloigné leurs adversaires des abords d’Alep et sécurisé cette ville qui était la cible de bombardements des jihadistes et rebelles. Deuxième ville du pays et chef-lieu de la province du même nom, Alep a été reprise en 2016 par le régime.

Soutenues par les raids aériens de leur allié russe, les forces prorégime sont reparties en décembre à l’assaut de la région d’Idleb et des secteurs limitrophes.

Les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) dominent plus de la moitié de la province d’Idleb ainsi que des secteurs attenants dans celles d’Alep, de Hama et de Lattaquié. Des groupes rebelles et d’autres factions jihadistes y sont présents.

Après des combats et raids aériens, les prorégime ont pris le contrôle de l’ensemble des localités et villages entourant Alep pour la première fois depuis 2012, sécurisant ainsi la ville et la protégeant des obus » des rebelles et jihadistes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Ils ont progressé rapidement dans le nord et l’ouest de la province d’Alep après le retrait total des factions » adverses et ont repris « près de 30 villages et localités », d’après l’ONG.

Selon la télévision étatique syrienne, « les unités de l’armée ont libéré tous les villages et localités à l’ouest de la ville d’Alep ». La télévision a montré des images présentées comme celles d’habitants d’Alep célébrant la reprise des villages par le régime.

Dans les oliveraies de l’est de la province d’Idleb, près de la localité de Maaret al-Naassane, des rebelles à bord d’un char ont tiré sur des positions du régime dans la localité de Miznaz dans l’ouest de la province d’Alep, selon un correspondant de l’AFP sur place.

Les forces du régime ont également conquis des territoires accolés à une autoroute reliant la ville d’Alep à la capitale Damas, pour sécuriser cette voie rapide, selon l’OSDH.

Depuis décembre, plus de 800.000 personnes ont été déplacées par les violences dans le nord-ouest syrien, selon l’ONU. Plus de 380 civils ont été tués, d’après l’OSDH.

Déclenchée en mars 2011 avec la répression de manifestations pacifiques, la guerre en Syrie a fait plus de 380.000 morts.

Appuyé par la Russie, l’Iran mais aussi le Hezbollah libanais, le pouvoir de Damas a multiplié les victoires jusqu’à reprendre le contrôle de plus de 70% de la Syrie.

Dimanche, le président du Parlement iranien Ali Larijani a rencontré à Damas M. Assad, qui a souligné la « détermination » de son peuple « à libérer tout le territoire syrien », selon la présidence.

M. Larijani est attendu dimanche soir à Beyrouth.

Coronavirus: des Américains évacués du paquebot où 355 cas ont été répertoriés

Les Etats-Unis ont commencé à évacuer dans la nuit de dimanche à lundi des ressortissants américains en quarantaine au large des côtes du Japon, passagers d’un paquebot où ont été constatés 355 cas du nouveau coronavirus.

Plusieurs dizaines d’autobus sont venus chercher les croisiéristes qui devaient ensuite partir à bord de deux avions à destination des Etats-Unis, où ils devront observer une quarantaine de 14 jours.

Le Diamond Princess avait été placé en quarantaine le 5 février avec ses 3.711 passagers et membres d’équipage pour 14 jours après un test positif sur un croisiériste débarqué à Hong Kong. En date de dimanche, 355 personnes étaient déclarées infectées et hospitalisées.

Mais sans attendre, face à l’aggravation de la situation et compte tenu de doutes sur l’efficacité des mesures prises, ont décidé d’évacuer leurs ressortissants paraissant sains pour les placer quatorze jours en quarantaine dans leurs pays respectifs.

Les Etats-Unis ont ainsi dès samedi adressé aux quelque 350 passagers américains un courrier pour leur donner cette option.

Parmi les passagers, Sarah Arana, 52 ans, originaire de Californie, en contact avec l’AFP, a confirmé être à bord d’un des autobus et raconté être passée par un contrôle de passeport de fortune sans examen médical.

« Je suis contente et prête à partir », a-t-elle dit à l’AFP depuis le bateau. « Il nous faut une vraie quarantaine et ça n’en était pas une ».

– Refus de partir –

Le gouvernement américain aurait dû intervenir « beaucoup plus tôt, dès le début », a-t-elle estimé.

« C’était trop pour le Japon et ils n’auraient pas dû avoir à en porter tout le fardeau », a-t-elle ajouté. « Le peuple japonais ne méritait pas cela. Je suis pleine de reconnaissance ».

Mais d’autres Américains à bord ont refusé de partir bien qu’il leur a été précisé qu’ils ne pourraient pas dans ce cas retourner dans leur pays avant deux semaines suivies d’un test négatif.

« Pourquoi voudrais-je monter dans un bus et un avion avec des gens dont on pense qu’ils sont peut-être infectés alors que j’ai passé près de deux semaines isolé d’eux ? », a tweeté Matt Smith, un avocat américain à bord du paquebot avec son épouse.

Il a décrit pour appuyer son propos le comportement d’une compatriote qui criait « USA, USA » de son balcon alors qu’approchaient les bus devant plus tard les transporter.

« Et bien sûr, à l’encontre de toutes les règles de quarantaine, elle ne porte pas de masque et bavarde avec un passager du balcon adjacent (…) et vous voulez que je prenne le bus avec elle ? ».

Le ministre japonais de la Santé Katsunobu Kato avait expliqué dans la journée que 1.219 des passagers seulement avaient subi les analyses de détection du virus.

– « Nouvelle phase » –

Le Japon n’a pu tester tout le monde à bord en raison d’un nombre insuffisant de tests, de sites et de main d’oeuvre, également nécessaires à l’examen des cas suspect à terre.

Mais le ministère de la Santé a annoncé samedi que les passagers âgés de plus de 70 ans étaient examinés et que ceux présentant un test négatif et en bonne santé seraient autorisés à quitter le navire à partir de mercredi.

Les tests des passagers plus jeunes devaient commencer dimanche et des personnes saines seront autorisées à sortir après mercredi, a précisé le ministère.

Le gouvernement de Hong Kong a lui aussi dit vouloir rapatrier les siens – 330 ressortissants – « le plus tôt possible ».

Les autorités canadiennes ont pris une initiative similaire pour environ 250 Canadiens notamment « pour alléger le fardeau sur le système de santé japonais ».

Les médias australiens ont indiqué que Canberra envisageait aussi l’option de l’évacuation.

En plus des cas sur le navire, les autorités nippones ont répertoriés 59 porteurs du coronavirus dans différentes régions du pays.

Le ministre japonais de la Santé, Katsunobu Kato a averti dimanche que le Japon entrait dans une « nouvelle phase » de cette infection virale, le pays constatant de jour en jour des cas supplémentaires parmi des personnes ne s’étant pas rendues en Chine, centre de l’épidémie, et n’ayant pas eu de contact avec des visiteurs en provenance de Chine.

Il a appelé la population à éviter les rassemblements « non indispensables » ainsi que les trains bondés des heures de pointe.

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Yémen: les belligérants concluent un accord d’échange de prisonniers

Les parties en conflit au Yémen ont conclu dimanche un accord pour le premier échange de prisonniers de grande envergure depuis le début en 2014 d’une guerre qui ravage le pays, a annoncé l’ONU dans un communiqué.

Le nombre de prisonniers concernés n’est pas mentionné dans le texte mais les rebelles ont fait état de 1.400 de leurs détenus appelés à être libérés.

« Il s’agit d’une étape vers la réalisation de l’engagement des parties à libérer progressivement tous les détenus liés au conflit, conformément à l’accord de Stockholm », ont déclaré dans un communiqué conjoint les Nations Unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à l’issue d’une réunion de sept jours à Amman.

Le conflit au Yémen oppose le gouvernement reconnu par la communauté internationale, appuyé par une coalition militaire sous commandement saoudien, aux rebelles Houthis, soutenus par l’Iran.

Les belligérants ont accepté d’échanger 15.000 prisonniers dans le cadre d’un accord signé en 2018 en Suède sous l’égide de l’ONU, dont toutes les clauses n’ont pas encore été appliquées.

« Il s’agit d’une mesure purement humanitaire qui doit être mise en oeuvre sans délai, selon ce qui a été convenu en Jordanie », a indiqué le ministère yéménite des Affaires étrangères sur Twitter.

« En vertu de l’accord récemment conclu en Jordanie, 1.400 prisonniers, dont des Saoudiens et des Soudanais, seront libérés », a précisé sur le même réseau social le porte-parole des Houthis, Mohammed Abdel Salam. Des soldats Soudanais sont engagés au Yémen dans le cadre de la coalition progouvernementale.

« J’exhorte les parties à poursuivre de toute urgence l’échange dont elles ont convenu aujourd’hui (dimanche). Les progrès ont été trop lents sur ce front », a insisté l’émissaire spécial de l’ONU Martin Griffiths, cité dans le communiqué.

La commission qu’il dirige, chargée de surveiller l’application de l’accord signé en Suède, a prévu de se réunir à nouveau fin mars pour discuter de la poursuite des échanges.

« Malgré les affrontements en cours, les parties ont trouvé un terrain d’entente humanitaire qui permettra à de nombreux détenus de retourner auprès de leurs proches », s’est réjoui Franz Rauchenstein, chef du CICR à Sanaa, capitale du Yémen tenue par les rebelles, selon le communiqué.

Les Houthis et les forces progouvernementales ont déjà libéré plusieurs centaines de prisonniers ces derniers mois dans le cadre d’échanges sporadiques.

Selon diverses organisations humanitaires, la guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils. Plus de 24 millions de Yéménites, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d’assistance, estime l’ONU, qui qualifie la situation de pire crise humanitaire au monde.

Agnès Buzyn, la femme politique s’éveille

Presque inconnue en 2017, Agnès Buzyn s’est affirmée en trois ans au gouvernement comme une figure du macronisme, même si elle quitte le ministère de la Santé empêtrée dans une crise inédite à l’hôpital et vierge de toute expérience électorale.

Cette médecin spécialiste des leucémies et de la greffe de moelle a annoncé dimanche à l’AFP qu’elle succédait à Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris.

Personne n’avait vu venir cette femme réservée à l’allure soignée de bonne élève, dont la voix fragile cache une fermeté parfois trahie par un regard bleu acier.

Qui aurait parié sur cette technicienne sans expérience politique ?

Son parcours, pourtant, témoigne d’une ambition certaine: chef de l’unité de soins intensifs d’hématologie de l’hôpital Necker à 30 ans, nommée à la tête de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire à 45, de l’Institut national du cancer à 48, de la Haute autorité de santé à 53, et enfin ministre à 54.

« L’aboutissement de toute ma carrière professionnelle », reconnaît l’intéressée.

Propulsée dans la lumière, elle s’impose d’abord comme ministre de la santé publique, avec des choix emblématiques sur le tabac et les vaccins. Récemment, l’irruption de l’épidémie de coronavirus l’a placée en première ligne, cherchant à apaiser les peurs tout en restant transparente sur la réalité de la situation sanitaire.

Portée par « l’illusion que le rationnel scientifique peut suffire à faire prendre les bonnes décisions », elle a dû néanmoins en rabattre face aux lobbies de l’alcool quand Emmanuel Macron affirme « boire du vin le midi et le soir ».

Quand Yves Levy, son mari et père de son troisième fils, spécialiste du Sida, a voulu se maintenir à la tête de l’Inserm en 2018 -avant de renoncer-, elle s’est défendue des soupçons de conflit d’intérêts d’un abrupt: « Ca ne me regarde pas ».

« La politique, c’est violent, parfois douloureux », concède-t-elle « mais quand on a dû annoncer des diagnostics épouvantables à des familles, à des enfants, c’est quand même beaucoup moins grave ».

Beaucoup moins lourd, aussi, que le poids de l’histoire d’une famille de juifs polonais rescapés de la Shoah.

Celle de la mère, Etty, cachée par une famille de Justes durant l’Occupation, devenue une psychanalyste de renom.

Celle du père, Elie, survivant de l’enfer d’Auschwitz, devenu chirurgien orthopédique.

« Quand des gens ont enduré ce qu’ils ont enduré, ça donne une autre échelle des valeurs », explique-t-elle. La preuve, « quand ça va mal, je dis toujours à mes équipes +Est-ce que quelqu’un va mourir à la fin?+ ».

– « Je n’ai peur de rien » –

Le cuir s’est encore endurci au contact de Simone Veil, dont elle épousa le fils Pierre-François, avec qui elle eut ses deux premiers fils.

« Je l’ai connue jeune, lorsque j’étais encore étudiante, et j’avais pour elle une immense admiration », confessait-elle à l’été 2018, lors de l’entrée de la grande dame au Panthéon.

Elle évoquait alors « un passage de relais » avec l’icône du droit à l’avortement, ministre de la Santé à deux reprises et première présidente du Parlement européen.

La tentation de Bruxelles avait d’ailleurs été très forte en 2019. « Elle a été approchée par plein de gens, ça a résonné par rapport à son histoire et à ses convictions », raconte un haut fonctionnaire.

Mais, en plein vote de la loi santé, « ça aurait été un énorme gâchis de changer de ministre », d’autant qu’elle a « une forte crédibilité dans le secteur ».

Un sentiment moins partagé à la base du système hospitalier où les infirmières gardent en travers de la gorge quelques attitudes qualifiées de « mépris de classe »: des yeux levés au ciel, un rictus lors d’une visite à Rouen…

« La seule chose qu’elle veut elle c’est passer pour quelqu’un qui a sauvé l’hopital public, elle veut pas qu’on porte atteinte à son image, elle y tient vraiment », décrit Hugo Huon, président du collectif Inter-Urgences, qui mène une grève depuis près d’un an maintenant.

Interrogée il y a quelque mois sur ses éventuelles inquiétudes à cumuler des dossiers (retraites, bioéthique, dépendance…), elle répondait n’avoir « pas peur. En fait, je n’ai peur de rien ».

Libye: la situation reste « très préoccupante », selon l’ONU

La situation reste « profondément préoccupante » en Libye, avec de multiples violations du cessez-le-feu et de l’embargo sur les armes, a déploré dimanche l’ONU, un mois après la conférence internationale de Berlin censée remettre un processus de paix sur les rails.

« Malgré certains signaux positifs, la situation reste reste profondément préoccupante sur le terrain », a déclaré Stéphanie Williams, adjointe de l’émissaire de l’ONU pour la Libye Ghassan Salamé, lors d’une conférence de presse à Munich.

« La trêve ne tient qu’à un fil avec de nombreuses violations – plus de 150 – recensées, le peuple libyen continue de souffrir, la situation économique continue de se détériorer, exacerbée par le blocus des installations pétrolières », a-t-elle souligné.

Les représentants d’une douzaine de pays, soutenant pour partie l’un ou l’autre des deux camps, se sont retrouvés en marge de la Conférence sur la sécurité de Munich pour faire le point sur les avancées un mois après la réunion du 19 janvier à Berlin.

Les principaux pays concernés par le conflit avaient alors promis de respecter l’embargo sur les armes et de ne plus interférer dans les affaires intérieures de la Libye.

L’homme fort de l’Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, mène depuis avril 2019 une offensive contre Tripoli, où siège le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj. Les affrontements ont causé la mort de plus de 1.000 personnes tandis que 140.000 ont été déplacées, selon l’ONU.

Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a évoqué la prochaine reprise du dialogue politique entre les parties au conflit, attendue le 26 février, après deux ans d’interruption.

Il s’est aussi félicité de la poursuite, mardi prochain à Genève, des discussions de la commission militaire conjointe GNA/pro-Haftar créée pour aboutir à « un cessez-le-feu permanent ».

« Tout cela montre que la voie que nous avons ouverte à Berlin fonctionne même si nous ne sommes pas encore à l’objectif escompté sur tout », a-t-il assuré.

Son homologue italien Luigi Di Maio a déploré pour sa part « le décalage persistant entre la rhétorique diplomatique et les comportements et les faits sur le terrain ».

« Malheureusement (…) l’histoire qui se déroule en ce moment en Libye diverge profondément de celle écrite à Berlin », a-t-il lancé.

Concernant les violations de l’embargo sur les armes, « les avis divergent », entre pays concernés, sur les auteurs des violations, a concédé Hieko Maas.

La France insiste surtout sur les violations commises par la Turquie, accusée d’envoyer massivement des armements et des rebelles syriens proturcs vers Tripoli en soutien au Gouvernement d’union nationale.

La Russie est pour sa part soupçonnée de soutenir le maréchal Haftar via des centaines de miliciens de la force Wagner, ce qu’elle dément formellement. Les Emirats arabes unis sont aussi régulièrement montrés du doigt.

Heiko Maas a également insisté sur la nécessité pour les Européens, qui doivent se consulter lundi sur les moyens de faire respecter l’embargo, de veiller à ce qu’il soit respecté « à la fois sur mer, terre et dans les airs ».

« Sinon une partie sera avantagée au détriment de l’autre », a-t-il averti, alors que l’UE veut réactiver l’opération navale Sophia pour contrôler l’embargo.

L’Autriche bloque pour l’instant la reprise de Sophia, qui a aussi sauvé des migrants en Méditerranée, une opération perçue par certains pays de l’UE comme un encouragement à l’immigration.

« C’est ridicule » pour un pays sans marine qui du coup n’y participera pas, a ironisé le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell.

En Irak, des manifestants veulent faire de l’un d’eux le futur Premier ministre

Des centaines d’Irakiens ont défilé dimanche en brandissant les portraits d’une figure de la contestation qu’ils voudraient voir nommer Premier ministre, à la place de Mohammed Allawi, désigné par la classe politique qui a promis de présenter son gouvernement dans la semaine.

Dans la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de Bagdad, des dizaines d’étudiants tenaient à bout de bras des photos d’Alaa al-Rikaby, un pharmacien devenu une figure de la contestation à Nassiriya, fer de lance de la révolte dans le sud du pays.

L’homme au crâne dégarni et au visage rond barré d’une moustache a récemment lancé un référendum auprès des manifestants, sillonnant le Sud et Bagdad pour savoir s’il devait être candidat au poste de Premier ministre.

Sur Twitter, il a des dizaines de milliers d’abonnés et publie régulièrement des vidéos très suivies. Dans la dernière, mise en ligne jeudi, il affirme que « si le peuple en décide ainsi, j’accepterai ».

« ce poste n’a aucune valeur en tant que tel pour moi, ce n’est pas un butin, mais je le vois comme une énorme responsabilité », poursuit celui dont la tente sur le campement des manifestants antigouvernementaux à Nassiriya a récemment été visée et en partie incendiée par une grenade assourdissante.

A Kerbala dimanche, Seif al-Hasnaoui, étudiant d’une vingtaine d’années, a dit à l’AFP manifester pour « déclarer notre soutien à Alaa al-Rikaby, le candidat du peuple ».

« Nous avons de nombreuses revendications et l’une d’elles est la nomination d’un Premier ministre et d’un gouvernement indépendants et sans lien avec les partis, comme Alaa al-Rikaby », a renchéri Hassan al-Qezouini, un autre étudiant.

Avant M. Rikaby, Fayeq al-Cheikh Ali, trublion libéral et critique des autorités au Parlement, s’était déclaré candidat pour former le futur gouvernement, sans obtenir de réponse de la présidence.

En dépit de ces candidatures spontanées, le processus politique continue en vue de la formation d’un nouveau gouvernement.

Samedi, le Premier ministre désigné, Mohammed Allawi, a affirmé qu’il proposerait son gouvernement au vote de confiance du Parlement dans les jours à venir, promettant des ministres « indépendants », une condition posée par le leader chiite Moqtada Sadr qui tient le premier bloc à l’assemblée.

Depuis le 1er octobre, l’Irak est plongé dans la crise politique la plus grave de son histoire récente. La révolte populaire inédite réclame la refonte du système politique et le renouvellement complet de la classe dirigeante. Elle a déjà été officiellement émaillée par près de 550 morts et 30.000 blessés.

Les manifestants refusent catégoriquement M. Allawi car il a été à deux reprises ministre de ce système, mais Moqtada Sadr, qui fut le premier soutien de la contestation appuie désormais le gouvernement à venir. Son mouvement insiste toutefois sur le fait que les ministres nommés ne doivent pas être affiliés à des partis politiques.

De son côté, M. Allawi a reçu des manifestants, leur promettant de « proposer un ou deux ministres issus de la contestation ».

Crise du Golfe: les discussions entre Doha et Ryad « suspendues » (ministre qatari)

Les discussions entre Doha et Riyad pour résoudre la crise diplomatique qui les oppose depuis près de trois ans ont été « suspendues », a déclaré le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani.

L’Arabie saoudite et ses alliés –les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte– ont rompu leurs liens avec le Qatar en juin 2017, l’accusant de soutenir des mouvements islamistes –ce que Doha nie– et de se rapprocher de l’Iran, principal rival régional du royaume saoudien.

Depuis, Ryad et ses alliés ont fermé leur espace aérien à Qatar Airways, interdit tout voyage dans le pays, suspendu la coopération commerciale et les deux camps se sont livrés à une bataille médiatique sans relâche.

Mais en décembre, le Qatar et le Koweït, médiateur entre les deux parties, avaient évoqué des progrès dans les discussions pour mettre fin à la dispute avec Ryad.

« Malheureusement, ces efforts n’ont pas abouti et ont été suspendus début janvier », a déclaré samedi le ministre des Affaires étrangères du Qatar lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, grand-messe diplomatique annuelle.

« Nous ne sommes pas les auteurs de cette crise et nous avons été très clairs sur le fait que nous sommes favorables à toute intention réelle de résoudre ce problème », a ajouté le ministre qatari.

Récemment, deux diplomates à Doha ont indiqué à l’AFP ne pas voir de signes d’une reprise de ces négociations balbutiantes dans un avenir proche.

Le journal saoudien panarabe Asharq Al-Awsat a cité mercredi un diplomate du Golfe selon qui Ryad s’était retiré des négociations parce que les négociateurs qataris « ne semblaient pas sérieux dans la recherche d’un compromis ».

Selon les experts, les Saoudiens cherchent à résoudre la crise du Golfe pour construire un front arabe uni face à l’Iran, grand rival de Ryad mais partenaire important du Qatar.

« Danger de mort » au Royaume-Uni, frappé par la tempête Dennis

Pluies torrentielles, vents violents: la tempête Dennis a balayé dimanche le Royaume-Uni, clouant au sol des centaines d’avions pendant que l’armée est mobilisée et le sud du Pays de Galles en alerte rouge, la météo y présentant un « danger de mort ».

Dimanche midi, le pays connaissait le record du « plus grand nombre d’alertes et d’avertissements en cours contre les inondations jamais enregistrés en Angleterre à ce jour », a indiqué un directeur de l’Agence environnementale (EA) dans un tweet, en dénombrant 594.

Elles s’étendent sur une zone allant du sud de l’Écosse à la Cornouailles (sud-ouest de l’Angleterre), après que plusieurs rivières sont entrées en forte crue. A Aberdaron, dans le sud du Pays de Galles, des vents de plus de 145 km/h ont été enregistrés.

Plusieurs centaines de vols à destination ou au départ de l’ensemble du Royaume-Uni sont cloués au sol, ont annoncé les compagnies British Airways et EasyJet. Samedi déjà, 230 vols EasyJet avait été annulés. Le service ferroviaire a aussi été suspendu dans le sud du Pays de Galles, en raison de la présence d’eau sur les voies.

L’Institut météorologique britannique(Met) a placé dimanche matin le sud du Pays de Galles en alerte rouge, le niveau d’alerte le plus élevé, à cause des fortes pluies liées à la tempête Dennis. Une première concernant les pluies depuis décembre 2015.

Une alerte rouge équivaut à « des conditions météorologiques dangereuses » présentant « un danger de mort », des risques de perturbations dans l’approvisionnement en énergie et des dommages aux infrastructures.

« Nous exhortons les gens à faire attention et à prendre leurs dispositions pour être en sécurité », a déclaré Jeremy Parr, responsable de la gestion des risques d’inondations au sein de l’organisme gouvernemental gallois chargé des ressources naturelles.

– Disparitions et évacuations –

Au barrage de Cray Reservoir, dans le sud du Pays de Galles, il est tombé 132,8 mm de pluie entre samedi matin 7h et dimanche matin 8h00, soit l’équivalent de plus d’un mois de précipitations sur cette région (110,8 mm en moyenne en février), détaille le MET sur son site internet.

A la frontière entre l’Ecosse et l’Angleterre, l’Agence écossaisse de protection de l’environnement (Sepa) a prié les habitants de quitter leur logement. D’autres évacuations sont en cours, notamment dans le village gallois de Skenfrith, a indiqué dimanche la police du Gwent sur son compte Twitter. Elle a lancé aussi un appel à témoins pour un homme disparu samedi, sans dire pour autant si cela était lié à la tempête.

Une autre disparition a été signalée à Brighton, où la police recherche activement une jeune femme d’une vingtaine d’années, qui a été aperçue entrant dans l’eau dimanche vers 02H45.

Deux corps ont été repêchés très tôt samedi matin au large de la côte sud de l’Angleterre, dans une mer agitée, au début de la tempête. Il n’est pas encore établi si les circonstances de ces décès sont liées à la tempête Dennis.

Samedi, le ministère de la Défense a déployé l’armée dans le West Yorkshire, une zone dans le nord de l’Angleterre durement touchée le weekend précédent par les inondations liées à la tempête Ciara.

Plusieurs compétitions sportives prévues dimanche, dont la Coupe d’Angleterre féminine de football, des matchs de rugby et des courses de chevaux, ont été annulées.

La situation restera complexe dimanche après-midi dans les régions du sud du Royaume-Uni, où « des pluies fortes et persistantes se déplaceront lentement vers l’est », a indiqué le Met sur son compte Twitter à 11H48, prévoyant « partout ailleurs un mélange de soleil et d’averses violentes », avec des épisodes « très venteux » dans le nord et l’ouest du pays.

Ce que l’on sait de l’affaire Griveaux

La diffusion de vidéos intimes a poussé Benjamin Griveaux à renoncer à briguer la mairie de Paris vendredi. Deux jours après le coup de tonnerre de son retrait, voici ce que l’on sait de cette affaire aux retentissements politique et judiciaire :

. De quoi parle-t-on ?

Vendredi matin, Benjamin Griveaux, 42 ans, a annoncé qu’il se retirait de la course à la mairie de Paris. Le renoncement de l’ex-candidat LREM, un des piliers de la Macronie, est la conséquence de la diffusion sur internet de vidéos intimes.

A l’origine, les vidéos adressées à une femme d’un homme se masturbant – dont on ne voit pas le visage, mais attribuées à Benjamin Griveaux – ont été mises en ligne mercredi soir sur un site créé ad hoc et devenu depuis inaccessible.

Partagées au départ par une poignée de politiques dans des messages privés, elles ont ensuite été relayées sur les réseaux sociaux, notamment par le député ex-LREM Joachim Son-Forget.

Samedi après-midi, Benjamin Griveaux a porté plainte contre X et le parquet de Paris a ouvert une enquête.

. Qui est à l’origine de cette diffusion ?

Dès vendredi matin, un artiste russe contestataire, Piotr Pavlenski, a revendiqué être à l’origine de la publication des vidéos incriminées. Il la justifie en dénonçant « l’hypocrisie » de Benjamin Griveaux.

Ce dernier « a utilisé sa famille en se présentant en icône pour tous les pères et maris de Paris. Il a fait de la propagande des valeurs familiales traditionnelles », a affirmé le Russe.

Cet homme, réfugié politique en France depuis mai 2017, a déjà eu affaire à la justice française pour avoir incendié la façade d’une succursale de la Banque de France en octobre de la même année, dans le cadre d’une « performance artistique ». Il a été condamné en janvier 2019 à trois ans de prison, dont deux avec sursis.

Il a été placé en garde à vue samedi après-midi, dans le cadre d’une autre enquête ouverte pour des violences commises le soir du 31 décembre dans un appartement parisien. Celle-ci a été suspendue dimanche pour permettre de l’interroger sur l’affaire Griveaux dans le cadre d’une autre garde à vue. Au total, il ne peut pas rester plus de 48 heures en garde à vue à compter du début de la première, soit jusqu’à lundi après-midi.

Dans son pays, l’artiste de 35 ans, qui s’est fait connaître pour des « performances » choc comme le fait de se coudre les lèvres en soutien au groupe contestataire Pussy Riot, avait déjà mis le feu à l’une des portes de la Loubianka, le siège historique des services de sécurité russes, en mai 2015. Après sept mois de détention préventive, il avait été condamné à une simple amende dans une décision d’une rare clémence pour la justice russe.

L’avocat de Benjamin Griveaux, Me Richard Malka, a dénoncé samedi soir la justification « grotesque » de M. Pavlenki.

« Ce que je vois, c’est qu’un individu, assez trouble manifestement, revendique les faits mais que, manifestement aussi, il ne peut pas être le seul impliqué compte tenu de ce que ça coûte comme opération, de sa maîtrise de la langue française, il ne peut pas être tout seul », a-t-il ajouté sur LCI.

. Piotr Pavlenski a-t-il agi seul ?

Depuis samedi soir, sa compagne a également été placée en garde à vue, cette fois spécifiquement dans le cadre de l’enquête qui concerne les vidéos incriminées. Selon une source proche du dossier, c’est elle qui aurait été la destinataire desdites vidéos.

Cette femme est en garde à vue pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » et « diffusion sans l’accord de la personne d’images à caractère sexuel », a-t-on appris auprès du parquet de Paris.

L’avocat de Piotr Pavlenski, Me Juan Branco, a expliqué vendredi avoir été « approché » par l’artiste pour « avoir un avis juridique sur la situation » et « vérifier la fiabilité » de la vidéo avant sa diffusion. Il dément en revanche tout rôle dans la divulgation de la vidéo.

Depuis 2016 et l’adoption de la loi « pour une République numérique », la diffusion de « revenge porn » ou « vengeance pornographique » est passible de deux ans d’emprisonnement et 60.000 euros d’amende en France.

. Quelles conséquences politiques ?

Le renoncement de Benjamin Griveaux oblige le parti présidentiel et ses alliés centristes à trouver un autre candidat pour tenter de conquérir la mairie de Paris, à moins d’un mois du scrutin.

Des réunions ont lieu ce week-end au siège de LREM pour parvenir à un consensus sur un successeur et l’objectif est d’avoir un candidat lundi, alors que la date limite du dépôt des listes est fixée au 27 février.

Parmi les noms cités figurent ceux de l’ex-ministre Mounir Mahjoubi, du porte-parole du groupe LREM au Sénat Julien Bargeton, et celui de son homologue à l’Assemblée Sylvain Maillard. Le nom de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, circule, même si cette option est jugée quasi impossible en raison de son agenda chargé.

Au Royaume-Uni, des communautés à la rescousse des pubs en danger

En bas, quelques clients savourent leur boisson, attablés au comptoir ou assis sur des chaises dépareillées dans une salle au style éclectique. A l’étage, une dizaine d’habitués s’activent pour construire un nouveau bar et faire une place au futur ascenseur.

Ces fidèles du Ye Olde Cross, un établissement datant du 19e siècle niché dans le village de Ryton au nord-est de l’Angleterre, ont décidé de retrousser leurs manches et de mettre la main au portefeuille, pour sauver leur pub préféré de la faillite.

« Nous avons récolté assez d’argent pour acheter le bâtiment, mais pas beaucoup plus, donc nous faisons le maximum nous-mêmes », explique Ted Euers, un des douze membres du Comité des actionnaires.

Ce pub, comme plus d’une centaine d’autres dans le pays, appartient à un groupe d’actionnaires individuels, en vertu d’une loi votée au début des années 2010 reconnaissant le rôle de ces débits de boisson dans le mode de vie britannique et ouvrant la possibilité à leur reprise par des habitants pour éviter leur disparition.

Ye Olde Cross a fermé en 2018 – un « crève-coeur » pour nombre d’habitants de Ryton, village de 7.500 âmes – victime d’un changement fréquent de gérance qui s’est traduit par une perte de rentabilité.

Une situation loin d’être inhabituelle, puisque depuis 2007, environ 25% des pubs au Royaume-Uni ont fermé, soit environ 12.000, selon le Bureau national des statistiques (ONS).

« L’année dernière, nous avons observé une fermeture toutes les douze heures », a commenté auprès de l’AFP Nik Antona, président de Camra, une association militant pour le maintien de ces espaces de sociabilité.

Les causes de cette hécatombe sont multiples: apparition de nouveaux espaces de socialisation pour les jeunes, notamment avec les réseaux sociaux, baisse de la consommation d’alcool, effets de la crise économique de 2008 et impôts élevés sur l’immobilier commercial.

Le gouvernement a annoncé une ristourne fiscale de 1.000 livres pour les plus petits établissements cette année, « un bon début » mais « un pansement sur une jambe de bois », pour Nik Antona.

– Pas payés en bières –

Lorsque Ye Olde Cross a fermé, des habitants de Ryton ont décidé d’unir leurs forces et de reprendre le lieu.

Après plusieurs mois de porte à porte et de lobbying auprès des politiques, ils parviennent à récolter environ 150.000 livres (177.000 euros) auprès de plus de 300 personnes.

Si la valeur des parts achetées ne fluctue pas, et ne permet pas de plus-value à la revente, celles-ci devraient néanmoins offrir dans le futur un dividende symbolique.

La communauté a aussi pu bénéficier de 50.000 livres de subventions et a emprunté un montant identique. Les clients-actionnaires continuent toutefois de mettre la main à la pâte pour faire vivre l’établissement.

« Nous ne sommes pas payés en bières », promet, pinte de blonde en main, l’un des bénévoles après avoir remis en ordre l’étage, qui sert de salle de yoga en fin de journée.

Tricot, cinéma, lecture ou discussions entre jeunes et futures mamans, les activités ne manquent pas à Ye Olde Cross.

La plupart sont animées par des membres de la communauté et une partie du prix – pour celles qui sont payantes – est reversée au pub.

« C’est gagnant-gagnant », précise la professeure de yoga.

Pour Abigail Bennett, qui gère le lieu avec son compagnon Billy, l’animation de cette communauté représente un travail « beaucoup plus stressant » que dans un modèle standard de débit de boisson, mais « tellement plus gratifiant ».

– Du service postal à l’épicerie –

S’il a fait des émules jusqu’à Londres, où un pub a été repris par des habitants, ce modèle n’est pas applicable partout, et à chaque établissement sa solution.

Si la plupart choisissent la montée en gamme, en améliorant la qualité des plats servis et en s’adaptant plus aux besoins de la clientèle féminine et des familles, d’autres, comme la chaine Wetherspoon, font le choix du pub « low cost », sans chichi ni fioritures.

Signe de l’importance qu’ont pris les pubs dans la vie locale, notamment dans les campagnes touchées par la désertification, certains établissements ont décidé d’offrir un service postal, ou des produits du quotidien avec un coin épicerie.

Crash d’un avion de combat au Yémen: le sort de deux pilotes saoudiens inconnu (coalition)

Le sort de deux pilotes d’un avion de combat saoudien qui s’est écrasé au Yémen était inconnu dimanche, deux jours après les faits, la coalition militaire sous commandement saoudien qui intervient contre les Houthis accusant ces rebelles d’avoir tiré sur les deux hommes.

Les rebelles ont tiré en direction des deux pilotes éjectés du Tornado qui s’est écrasé dans la province yéménite de Jawf (nord), a indiqué le porte-parole de la coalition, le colonel saoudien Turki al-Maliki, cité par l’agence officielle saoudienne SPA.

« Le commandement des forces conjointes de la coalition tient la milice terroriste des Houthis responsable de la vie et la santé de l’équipage du Tornado en vertu du droit humanitaire international », a souligné le colonel Maliki.

Le porte-parole n’a pas précisé si les deux membres d’équipage ont survécu ou ont s’ils ont été capturés par les rebelles yéménites qui ont dit avoir abattu l’appareil à l’aide d’un missile sol-air

L’avion, appartenant aux forces aériennes saoudiennes, s’est écrasé dans la nuit de vendredi à samedi, fait rare depuis le début en 2014 du conflit au Yémen.

La coalition, dont les piliers sont l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, intervient depuis 2015 au Yémen aux côtés des forces loyalistes face aux rebelles venus du nord, qui se sont emparés de plusieurs régions notamment dans l’ouest du pays, ainsi que de la capitale Sanaa.

Après le crash, la chaîne de télévision al-Massirah, organe des rebelles, a fait état de multiples frappes de la coalition contre Al-Hayjah, une région sous contrôle des Houthis à Jawf, où des habitants s’étaient « rassemblés autour des débris de l’avion abattu ».

Les rebelles ont fait état de nombreux morts dont des femmes et des enfants.

« Selon des informations préliminaires, 31 civils ont été tués et 12 blessés dans des raids aériens à Al-Hayjah », a pour sa part indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).

Dans une déclaration ultérieure, la coalition a admis « la possibilité de dommages collatéraux » lors d’une opération de « recherches et de sauvetage » sur le site du crash.

Save the Children a déploré la mort d’enfants dans ces raids, son directeur au Yémen, Xavier Joubert, appelant « à protéger les enfants (…) victimes de ce terrible conflit qui ravage la vie de millions de Yéménites depuis cinq ans maintenant ».

Selon diverses organisations humanitaires, la guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils. 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d’assistance d’après l’ONU.

« Danger de mort » au Royaume-Uni, frappé par la tempête Dennis

Pluies torrentielles, vents violents: la tempête Dennis balaye dimanche le Royaume-Uni, clouant au sol des centaines d’avions pendant que l’armée est mobilisée et le sud du Pays de Galles en alerte rouge, la météo y présentant un « danger de mort ».

Dimanche matin, près de 200 alertes inondations avaient été mises en place, sur une zone s’étendant du sud de l’Écosse à la Cornouailles (sud-ouest de l’Angleterre). A Aberdaron, dans le sud du Pays de Galles, des vents de plus de 145 km/h ont été enregistrés.

Plusieurs centaines de vols à destination ou au départ de l’ensemble du Royaume-Uni sont cloués au sol, ont annoncé les compagnies British Airways et EasyJet. Le service ferroviaire a aussi été suspendu dans le sud du Pays de Galles, en raison de la présence d’eau sur les voies.

L’Institut météorologique britannique (Met) a placé dimanche matin le sud du Pays de Galles en alerte rouge, le niveau d’alerte le plus élevé, à cause des fortes pluies liées à la tempête Dennis. Une première concernant les pluies depuis décembre 2015.

Une alerte rouge équivaut à « des conditions météorologiques dangereuses » présentant « un danger de mort », des risques de perturbations dans l’approvisionnement en énergie et des dommages aux infrastructures.

« Nous exhortons les gens à faire attention et à prendre leurs dispositions pour être en sécurité », a déclaré Jeremy Parr, responsable de la gestion des risques d’inondations au sein de l’organisme gouvernemental gallois chargé des ressources naturelles.

Au barrage de Cray Reservoir, dans le sud du Pays de Galles, il est tombé 132,8mm de pluie entre samedi matin 7h et dimanche matin 8h00, soit l’équivalent de plus d’un mois de précipitations sur cette région (110,8mm en moyenne en février), détaille le MET sur son site internet.

Samedi, le ministère de la Défense a déployé l’armée dans le West Yorkshire, une zone dans le nord de l’Angleterre durement touchée le weekend précédent par les inondations liées à la tempête Ciara.

Deux corps ont été repêchés très tôt samedi matin au large de la côte sud de l’Angleterre, dans une mer agitée, au début de la tempête. Il n’est pas encore clair si les circonstances de ces décès sont liées à la tempête Dennis.

Chine: le virus tue encore mais la contamination ralentit

Le bilan de l’épidémie de pneumonie virale s’est encore alourdi dimanche en Chine, dépassant les 1.600 morts, mais le rythme de contamination dessinait une décrue.

Alors que le nouveau coronavirus a tué pour la première fois en dehors de l’Asie, un haut responsable chinois a estimé que son pays était en train de maîtriser l’épidémie.

Selon le dernier bilan diffusé dimanche par les autorités chinoises, la pneumonie virale Covid-19 a provoqué la mort de 1.665 personnes, la plupart dans la province du Hubei, où le virus est apparu en décembre. Cent-quarante-deux personnes ont succombé au cours des dernières 24 heures.

Plus de 68.000 personnes ont été contaminées depuis le début de la crise, mais le nombre de nouveaux cas quotidiens tend à se tasser: il atteignait le chiffre de 2.009 dimanche, soit la troisième journée de repli consécutive.

« On peut déjà constater l’effet des mesures de contrôle et de prévention de l’épidémie dans différentes parties du pays », s’est félicité devant la presse le porte-parole de la commission nationale (ministère) de la Santé, Mi Feng.

Plus prudente, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé samedi qu’il était « beaucoup trop tôt » pour faire des prévisions sur l’évolution de la maladie.

– « Gestion fermée » –

Mais à l’épicentre de la crise, la province du Hubei, où 56 millions d’habitants sont coupés du monde depuis le 23 janvier, a encore restreint la liberté de mouvement de ses citoyens bien au delà de la capitale, Wuhan.

Villages et cités résidentielles sont désormais soumis à « une stricte gestion fermée », 24 heures sur 24, ce qui signifie que les habitants ne sont plus censés sortir de chez eux jusqu’à nouvel ordre.

Les achats et la distribution de nourriture et de médicaments peuvent être faits de façon « centralisée », précise une directive provinciale publiée dimanche.

Dans le reste du monde, l’épidémie maintient la planète en alerte, avec près de 600 cas confirmés de contamination dans une trentaine de pays.

La ministre française de la Santé Agnès Buzyn a annoncé samedi le décès la veille au soir d’un touriste chinois de 80 ans hospitalisé en France depuis fin janvier. Ce décès est le « premier hors d’Asie, le premier en Europe », a-t-elle précisé.

L’Egypte avait annoncé vendredi avoir enregistré le premier cas sur le continent africain.

Le principal foyer d’infection hors de Chine reste le paquebot de croisière Diamond Princess, en quarantaine au Japon: 355 cas de contamination y ont été confirmés, dont 70 nouveaux cas annoncés dimanche.

Plusieurs pays — Canada, Etats-Unis, mais aussi Hong Kong, près d’un millier de passagers à eux trois — ont décidé ce week-end d’évacuer rapidement leurs ressortissants, bloqués dans le bateau en quarantaine depuis le 3 février. Mais les 3.711 personnes initialement à bord n’ont pas encore toutes subi les examens permettant d’établir leur éventuelle contamination.

– Image et légitimité –

En Chine, après avoir révoqué vendredi les plus hauts responsables politiques du Hubei et de Wuhan, le régime communiste a poursuivi le mouvement dimanche avec l’annonce de sanctions de hauts fonctionnaires de moindre rang.

« Lorsqu’une crise de cette ampleur se produit, cela prend une importance politique, car l’image internationale de la Chine et la légitimité du Parti (communiste) sont en jeu », commente la sinologue Zhou Xun, de l’Université d’Essex (Angleterre).

Le régime du président Xi Jinping fait face à une vague inédite de mécontentement pour avoir tardé à réagir à l’épidémie. Une colère attisée par la mort au début du mois d’un jeune médecin de Wuhan qui avait été convoqué par la police pour avoir alerté dès décembre sur l’apparition du virus.

« De façon générale, depuis Mao, l’Etat a fait très peu pour la santé publique », estime Mme Zhou. « Le résultat c’est que le système de santé est très faible, inefficace, coûteux et chaotique ».

Nigeria: 30 personnes tuées par des bandits dans le Nord-Ouest

Des hommes armés ont tué 30 personnes lors d’une attaque contre deux villages du nord-ouest du Nigeria où des bandes criminelles volent du bétail et kidnappent des habitants en vue d’obtenir une rançon, a annoncé la police dimanche.

Des dizaines de bandits à moto ont attaqué vendredi les villages de Tsauwa et de Dankar, dans l’Etat de Katsina, tirant sur les habitants et brûlant leurs maisons.

« Les bandits ont tué 21 personnes à Tsauwa et neuf, près de là, à Dankar », a déclaré Gambo Isah, porte-parole de la police de Katsina. « La plupart des personnes tuées sont des personnes âgées et des enfants incapables de fuir », a-t-il précisé.

La police et l’armée se sont déployées dans la zone après l’attaque et un suspect a été arrêté, a indiqué M. Isah.

Les assaillants ont brûlé des maisons, du bétail et des denrées avant de prendre la fuite, a déclaré à l’AFP Tukur Mu’azu, le chef traditionnel du district de Batsari qui est à cheval sur les deux villages.

Il a donné le même bilan que la police de cette attaque qu’il a qualifiée de « non provoquée ».

« Je n’ai jamais vu une telle destruction de ma vie », a-t-il ajouté alors qu’il assistait aux obsèques des victimes.

Les villages de l’Etat de Katsina, d’où est originaire le président Muhammadu Buhari, sont fréquemment la cible de voleurs de bétail et de ravisseurs qui enlèvent des habitants en vue de rançons.

Les bandes criminelles lancent leurs attaques à partir de bases situées dans une vaste forêt à cheval sur l’Etat de Katsina et plusieurs Etats voisins.

Les habitants des régions concernées constituent des groupes d’autodéfense qui souvent alimentent encore la violence.

Mardi, dans l’Etat voisin de Kaduna, des hommes armés ont ainsi brûlé vives 21 personnes, dont 16 membres d’une même famille, dans une opération de représailles contre une attaque menée contre leur camp par des membres d’un groupe d’autodéfense.

Retraites: les principaux points de la réforme au menu de l’Assemblée

Un nouveau système de retraite « universel » et par points, avec un « âge d’équilibre » très controversé: voici les principaux points de la réforme qui sera examinée à partir de lundi à l’Assemblée nationale.

La commission spéciale n’ayant pu achever ses travaux sur le principal volet, c’est la version initiale du gouvernement qui sera examinée par les députés. Les 21 amendements adoptés – sur plus de 5.000 étudiés -, devront donc être à nouveau soumis au vote.

« Universel »

Le futur système couvrira « l’ensemble des personnes travaillant en France, sans exception »: salariés du privé et des régimes spéciaux, fonctionnaires, magistrats, militaires, agriculteurs, travailleurs indépendants…

Tous les actifs nés à partir de 1975 cotiseront à une nouvelle « Caisse nationale de retraite universelle » qui chapeautera les 42 régimes existants – avant, peut-être, de les absorber.

En commission, les députés ont symboliquement acté la future hausse des salaires des enseignants, en isolant dans un article spécifique du projet de loi cette « garantie », amendement qui devra toutefois être revoté en séance.

Pour répondre notamment à la grogne des avocats, ils ont aussi voté en faveur d’un abattement sur les cotisations des professions indépendantes, disposition qui devra aussi être confirmée dans l’hémicycle.

Ils ont aussi prévu que les régimes de retraite complémentaire pourront puiser dans leurs réserves financières pour aider à la transition vers le régime universel dans des conditions fixées par ordonnance.

Quant aux employeurs des régimes spéciaux, ils pourront prendre en charge pendant la période de transition les écarts de cotisation salariale des employés concernés.

Les députés ont également inscrit « en dur » une des ordonnances sur le « droit à l’information » des retraités, les oppositions critiquant de façon récurrente la trentaine d’ordonnances programmées.

Dans un souci d' »exemplarité », les députés ont également prévu que la réforme s’appliquera dès 2022 pour les parlementaires entrant en fonction.

Par points

Le montant de la retraite dépendra du nombre de points accumulés « tout au long de la carrière professionnelle » et non plus de la durée de cotisation (en trimestres) et du salaire de référence (25 meilleures années dans le privé, 6 derniers mois dans le public).

Unité de compte fondamentale du futur système, le point aura une « valeur d’acquisition » (durant la carrière) et une « valeur de service » (pour le calcul de la pension), qui ne pourront pas baisser, ni augmenter moins vite que l’inflation. Cette règle sur l’évolution de la valeur du point, qui figurait déjà dans le projet de loi ordinaire, a été ajoutée par les députés au projet de loi organique.

La valeur du point sera calculée à l’aide d’un « nouvel indicateur » de l’Insee sur « l’évolution du revenu moyen d’activité par tête », la gauche critiquant un « amateurisme coupable » en fondant un modèle sur « un indicateur qui n’existe pas » à ce jour.

Autre sujet sensible, la prise en compte de la pénibilité de certaines professions, sur laquelle les discussions avec les partenaires sociaux n’ont pas encore abouti.

Age d’équilibre

L’âge légal de départ restera maintenu à 62 ans (ou moins pour certaines professions), mais il faudra « travailler un peu plus longtemps » pour toucher une retraite à taux plein.

Un « âge d’équilibre », assorti d’un « mécanisme de bonus-malus » de 5% par an, aura ainsi pour objectif « d’inciter les Français à partir plus tard avec une meilleure pension ».

Dans un premier temps, le gouvernement envisageait son entrée en vigueur dès 2022, pour le porter progressivement à 64 ans en 2027. Face à l’opposition des syndicats, cette « mesure de court terme » a été retirée du projet de loi, une « conférence des financeurs » devant proposer d’ici fin avril d’autres moyens « d’atteindre l’équilibre financier ».

Départs anticipés

Les fonctionnaires exerçant certaines « fonctions régaliennes » (policiers, douaniers, surveillants pénitentiaires, contrôleurs aériens) pourront toujours partir en retraite à 57, voire 52 ans. Idem pour les militaires, qui garderont le droit de toucher une pension après 17 ou 27 années de « services effectifs ».

Pour les autres fonctionnaires des « catégories actives » et les salariés des régimes spéciaux, l’âge légal sera progressivement relevé à 62 ans, mais l’extension du « compte pénibilité » et de la retraite pour incapacité permanente déjà en vigueur dans le secteur privé permettra à certains de cesser le travail à 60 ans.

Fins de carrière

La retraite progressive, qui permet de toucher une partie de sa pension en continuant de travailler à temps partiel, sera étendue aux salariés en forfait-jours, aux régimes spéciaux et aux agriculteurs.

Les règles du cumul emploi-retraite seront modifiées pour que ceux qui touchent une pension à taux plein puissent engranger des points supplémentaires quand ils reprennent une activité.

Pension minimum

Les futurs retraités « ayant effectué une carrière complète » recevront si nécessaire « des points supplémentaires » afin que leur pension atteigne 1.000 euros net en 2022, puis 83% du Smic net en 2023, 84% en 2024 et 85% en 2025.

Droits familiaux

Chaque enfant donnera droit à « une majoration en points de 5% », attribuée par défaut à la mère mais que les deux parents auront « la possibilité de se partager ».

Un bonus supplémentaire de 2% sera accordé pour le troisième enfant et réparti à parts égales entre le père et la mère, à moins qu’ils en décident autrement.

Le gouvernement a annoncé de nouveaux amendements sur ce sujet.

Droits conjugaux

La pension de réversion garantira au conjoint survivant, à partir de 55 ans et après au moins deux ans de mariage, « 70% des points de retraite acquis par le couple ».

Ces règles ne s’appliqueront toutefois « qu’à partir de 2037 », pour les personnes ayant intégré le système universel. Les droits des conjoints divorcés seront précisés ultérieurement par ordonnance.

gbh-parl/swi

Au Darfour, la remise de Béchir à la CPI réjouit les habitants

Dans l’immense camp de Kalma, au Darfour, les déplacés de cette région de l’ouest du Soudan ont appris avec joie la décision prise par Khartoum de remettre à la Cour pénale internationale (CPI) le président déchu, Omar el-Béchir.

Chassé du pouvoir en avril 2019 à la suite d’un soulèvement populaire, l’ex-autocrate est accusé depuis 2009 par la CPI de génocide, de crimes de guerre et contre l’humanité lors du conflit au Darfour.

Alors qu’il était toujours parvenu jusque là à se soustraire aux mandats d’arrêts, les nouvelles autorités de transition ont annoncé vouloir remettre l’ex-président au tribunal de La Haye, où il doit être jugé.

« Tout le monde s’est réjouit lorsqu’on a entendu que Béchir serait remis à la CPI », confie à l’AFP Adam Ali, qui vit depuis de nombreuses années dans le camp de Kalma, situé près de Nyala, la capitale du Sud-Darfour.

Comme lui, les habitants de cette région endeuillée par le conflit –plus de 300.000 morts et environ 2,5 millions de déplacés selon l’ONU– ont longtemps exigé que M. Béchir soit remis à la CPI.

Le conflit a éclaté en 2003, lorsque des insurgés de minorités ethniques se soulèvent contre le régime de Khartoum, aux mains de la majorité arabe, l’accusant de marginaliser le Darfour, vaste région recouvrant cinq Etats.

Pour écraser la rébellion, le gouvernement de M. Béchir déploie alors une milice appelée les Janjawid, qui sera accusée par de nombreuses ONG d’épuration ethnique et de viols collectifs.

Depuis, des milliers de ces ex-miliciens ont été intégrés dans les rangs des « Forces de soutien rapides » (RSF), une force paramilitaire dirigée par Mohamed Hamdan Daglo dit « Hemedti », désormais membre du Conseil souverain, organe formé de civils et de militaires chargé d’assurer la transition post-Béchir.

– « Victoire » –

A l’issue de longs pourparlers avec les groupes rebelles –notamment ceux du Darfour–, le premier gouvernement post-Béchir, en place depuis le 8 septembre, a pris la décision de remettre l’ancien président à la CPI.

Pour Yakoub Mohamed, un responsable au Darfour, cette décision est une « victoire pour les victimes » et pourrait contribuer à « restaurer la confiance » entre la région et la capitale.

Dans le camp de Kalma, Hassan Issac, un déplacé de 72 ans, se dit lui aussi « soulagé », mais prévient: « si Béchir et ses bras droits ne sont pas remis à la CPI, la paix ne pourra jamais s’installer au Darfour. »

Trois proches de l’ex-autocrate –l’ancien secrétaire d’Etat à l’Intérieur, l’ancien ministre de la Défense et de l’Intérieur, et l’ex-chef des milices Janjawid– seront également remis à la Cour, mais aucun calendrier n’a été établi concernant leur remise et celle de l’ex-président.

Les conditions de « remise de M. Béchir (…) seront négociées avec la CPI et les groupes armés », a indiqué à l’AFP le porte-parole du gouvernement, Fayçal Mohamed Saleh.

– Parvenir à la paix –

Les ONG, comme Amnesty International, plaident quant à elles pour un transfert rapide de M. Béchir.

Depuis sa destitution, M. Béchir est incarcéré à Khartoum, où il a été condamné en décembre à une peine de deux ans en institution pénitentiaire pour « corruption ».

Souhaitant rompre avec l’ancien régime, le nouveau gouvernement a entre autres promis de parvenir à la paix dans les zones de conflit au Soudan.

Début janvier, le Premier ministre Abdallah Hamdok s’est rendu dans un bastion rebelle, l’Etat du Kordofan-Sud, la première visite du genre d’un responsable gouvernemental en près d’une décennie.

Et l’annonce de la remise de M. Béchir marque une nouvelle étape dans le processus de paix, estiment les déplacés du camp de Kalma.

« Nous avons été soulagés lorsqu’il est tombé mais désormais, nous pouvons enfin commencer à nous remettre de la guerre », assure l’un d’entre eux, Jamel Mohamed.

Soudan du Sud: les rebelles rejettent la proposition du président Kiir

Les rebelles sud-soudanais ont rejeté dimanche la proposition du président Salva Kiir de revenir à un système fédéral de dix Etats qui avait suscité l’espoir d’ouvrir la voie à la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Ce rejet par le chef rebelle et ancien vice-président Riek Machar douche les espoirs de voir le pays sortir de l’impasse politique et mettre un terme à la guerre civile qui a fait plus de 380.000 morts en six ans et provoqué une crise humanitaire catastrophique.

M. Kiir et M. Machar, qui vit en exil, subissent une pression internationale croissante pour aplanir leurs divergences en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale d’ici au 22 février, date-butoir convenue dans le cadre de leur accord de paix.

Le président Kiir avait annoncé samedi que le Soudan du Sud serait désormais divisé en dix Etats – une demande clé de l’opposition -, plus trois « zones administratives » (Ruweng, Pibor et Abyei).

Mais M. Machar a déclaré dimanche être opposé à la création de trois zones administratives. On « ne peut pas parler de retour à dix Etats (et) en tant que telle (la proposition) ne peux pas être acceptée », écrit-il dans un communiqué.

« Nous appelons en conséquence le président Kiir à reconsidérer cette idée de créer des zones administratives », ajoute-t-il.

M. Machar estime qu’avec ces trois zones le chef de l’Etat a ouvert « la boîte de Pandore » car elles risquent selon lui de créer des problèmes supplémentaires.

Lorsqu’il a obtenu son indépendance du Soudan en 2011, le Soudan du Sud comptait dix Etats, conformément à sa Constitution. Le président Kiir avait porté ce chiffre à 28 en 2015 puis ultérieurement à 32, une mesure largement vue comme un moyen d’augmenter le nombre de ses alliés placés à des postes à responsabilités.

L’opposition avait salué samedi l’annonce surprise de M. Kiir mais critiqué la décision de faire de Ruweng, une région essentielle pour la production de pétrole, une « zone administrative ».

Tard samedi soir, le président Kiir a relevé de leurs fonctions les gouverneurs des 32 Etats fédéraux.

Il avait indiqué samedi que la question des Etats serait définitivement réglée une fois le gouvernement formé.

Le nombre des États régionaux ainsi que le tracé de leurs frontières étaient la principale pierre d’achoppement des négociations en vue de la formation du gouvernement d’union.

Parmi les trois « zones administratives », celle qui fait l’objet du plus vif contentieux est la région pétrolifère de Ruweng, dans le nord du pays. Elle est revendiquée à la fois par les Dinka, l’ethnie du président Kiir, et par les Nuer, celle de M. Machar. C’est une des régions où se sont déroulés les combats les plus rudes pendant la guerre civile.

Le pétrole fournit au Soudan du Sud l’essentiel de ses revenus.

Corée du Nord: première apparition publique de Kim Jong Un en trois semaines

Le leader nord-coréen Kim Jong Un s’est recueilli dimanche au mausolée de son père pour l’anniversaire de sa naissance, à l’occasion de sa première sortie publique en trois semaines, alors que le coronavirus sème le chaos chez le voisin chinois.

M. Kim a « rendu hommage » à son père et prédecesseur Kim Jong Il au Palais du soleil Kumsusan à Pyongyang qui abrite la dépouille embaumée de ce dernier, ainsi que de son grand-père, le fondateur du régime Kim Il Sung, a rapporté le journal officiel Rodong Sinmun.

La Corée du Nord a vivement réagi à l’apparition en Chine de l’épidémie du nouveau coronavirus qui a tué plus de 1.600 personnes, au point de fermer sa frontière et de suspendre toutes les liaisons aériennes et ferroviaires avec son voisin, qui est aussi son plus proche allié.

Pyongyang n’a fait aucune communication quant à d’éventuels cas sur son sol. Mais ses autorités ont suspendu tous les voyages touristiques étrangers, et étendu la période de quarantaine à 30 jours pour les personnes soupçonnées d’être porteuses du virus, y compris les étrangers.

Les médias publics ont diffusé des photos de dirigeants portant des masques lors de réunions de crise ainsi que des clichés montrant des ouvriers en train de désinfecter des hôpitaux, des écoles, des gares et même des salons de coiffure.

Il s’agit de la première apparition dans les médias en 22 jours de Kim Jong Un, qui s’était pour la dernière fois montré lors des festivités du Nouvel An lunaire.

Le système de santé nord-coréen est peu développé, et le pays souffre de pénuries chroniques de médicaments.

Quand l’épidémie de coronavirus Mers (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) s’était déclarée en 2015 en Corée du Sud, le Nord avait annoncé des mesures « draconiennes » pour tenir l’épidémie à distance. Des médias avaient rapporté que Pyongyang avait pendant des mois interdit à ses diplomates et travailleurs expatriés de rentrer au pays.

En octobre 2014, elle avait fermé sa frontière aux touristes pour se protéger du virus Ebola, alors même qu’aucun cas n’avait été détecté en Asie.

Dimanche, sur la colline de Mansu, à Pyongyang, un flot continu de Nord-Coréens sont venus déposer des fleurs aux pieds des deux statues géantes de Kim Il Sung et Kim Jong Il.

Au Darfour, la remise de Béchir à la CPI réjouit les habitants

Dans l’immense camp de Kalma, au Darfour, les déplacés de cette région de l’ouest du Soudan ont appris avec joie la décision prise par Khartoum de remettre à la Cour pénale internationale (CPI) le président déchu, Omar el-Béchir.

Chassé du pouvoir en avril 2019 à la suite d’un soulèvement populaire, l’ex-autocrate est accusé depuis 2009 par la CPI de génocide, de crimes de guerre et contre l’humanité lors du conflit au Darfour.

Alors qu’il était toujours parvenu jusque là à se soustraire aux mandats d’arrêts, les nouvelles autorités de transition ont annoncé vouloir remettre l’ex-président au tribunal de La Haye, où il doit être jugé.

« Tout le monde s’est réjouit lorsqu’on a entendu que Béchir serait remis à la CPI », confie à l’AFP Adam Ali, qui vit depuis de nombreuses années dans le camp de Kalma, situé près de Nyala, la capitale du Sud-Darfour.

Comme lui, les habitants de cette région endeuillée par le conflit –plus de 300.000 morts et environ 2,5 millions de déplacés selon l’ONU– ont longtemps exigé que M. Béchir soit remis à la CPI.

Le conflit a éclaté en 2003, lorsque des insurgés de minorités ethniques se soulèvent contre le régime de Khartoum, aux mains de la majorité arabe, l’accusant de marginaliser le Darfour, vaste région recouvrant cinq Etats.

Pour écraser la rébellion, le gouvernement de M. Béchir déploie alors une milice appelée les Janjawid, qui sera accusée par de nombreuses ONG d’épuration ethnique et de viols collectifs.

Depuis, des milliers de ces ex-miliciens ont été intégrés dans les rangs des « Forces de soutien rapides » (RSF), une force paramilitaire dirigée par Mohamed Hamdan Daglo dit « Hemedti », désormais membre du Conseil souverain, organe formé de civils et de militaires chargé d’assurer la transition post-Béchir.

– « Victoire » –

A l’issue de longs pourparlers avec les groupes rebelles –notamment ceux du Darfour–, le premier gouvernement post-Béchir, en place depuis le 8 septembre, a pris la décision de remettre l’ancien président à la CPI.

Pour Yakoub Mohamed, un responsable au Darfour, cette décision est une « victoire pour les victimes » et pourrait contribuer à « restaurer la confiance » entre la région et la capitale.

Dans le camp de Kalma, Hassan Issac, un déplacé de 72 ans, se dit lui aussi « soulagé », mais prévient: « si Béchir et ses bras droits ne sont pas remis à la CPI, la paix ne pourra jamais s’installer au Darfour. »

Trois proches de l’ex-autocrate –l’ancien secrétaire d’Etat à l’Intérieur, l’ancien ministre de la Défense et de l’Intérieur, et l’ex-chef des milices Janjawid– seront également remis à la Cour, mais aucun calendrier n’a été établi concernant leur remise et celle de l’ex-président.

Les conditions de « remise de M. Béchir (…) seront négociées avec la CPI et les groupes armés », a indiqué à l’AFP le porte-parole du gouvernement, Fayçal Mohamed Saleh.

– Parvenir à la paix –

Les ONG, comme Amnesty International, plaident quant à elles pour un transfert rapide de M. Béchir.

Depuis sa destitution, M. Béchir est incarcéré à Khartoum, où il a été condamné en décembre à une peine de deux ans en institution pénitentiaire pour « corruption ».

Souhaitant rompre avec l’ancien régime, le nouveau gouvernement a entre autres promis de parvenir à la paix dans les zones de conflit au Soudan.

Début janvier, le Premier ministre Abdallah Hamdok s’est rendu dans un bastion rebelle, l’Etat du Kordofan-Sud, la première visite du genre d’un responsable gouvernemental en près d’une décennie.

Et l’annonce de la remise de M. Béchir marque une nouvelle étape dans le processus de paix, estiment les déplacés du camp de Kalma.

« Nous avons été soulagés lorsqu’il est tombé mais désormais, nous pouvons enfin commencer à nous remettre de la guerre », assure l’un d’entre eux, Jamel Mohamed.

Coronavirus: Fortes inquiétudes parmi les commerçants chinois de Namibie

Un avis imprimé sur une feuille blanche, en chinois et en anglais, collé sur un volet roulant en aluminium d’une boutique dans le quartier Chinatown de Windhoek est sans équivoque.

Si un commerçant revient de Chine en Namibie, il « doit observer une quarantaine pendant 14 jours et garder le magasin fermé pendant cette période ». Un avis, non officiel, apposé par des commerçants de Chinatown.

Bien qu’aucun cas confirmé de ce nouveau coronavirus n’ait été recensé en Namibie, les inquiétudes concernant le virus qui a tué près de 1.700 personnes et en a contaminé plus de 68.000 en Chine, sont nombreuses dans ce vaste pays d’Afrique australe peu peuplé.

Les signes de ces craintes sont les plus évidents dans Chinatown, un ensemble de près de 200 magasins de détail, de gros, d’alimentation et d’électronique, dans le quartier industriel du nord de la capitale.

Dans un bloc de 90 magasins, 20 boutiques n’ont pas rouvert depuis que leurs propriétaires sont partis en Chine pour le Nouvel an et ne sont pas revenus depuis.

La communauté chinoise, son ambassade et la chambre de commerce chinoise font de leur mieux pour « empêcher les gens de revenir de Chine en Namibie … en ce moment », explique Brian Lee, l’un des hommes d’affaires du quartier chinois.

– « Tout le monde panique » –

Pour ceux qui doivent à tout prix rentrer en Namibie, « nous avons déjà mis en place un lieu de quarantaine en dehors de Windhoek » où ils seront gardés jusqu’à ce qu’ils soient déclarés non porteurs du virus. Mais pour l’instant, personne n’est en quarantaine.

« Je pense que tout le monde panique ici, pas seulement les Namibiens, mais aussi la communauté chinoise », constate Lee.

Les mois de janvier et février sont généralement une période de basse saison des achats à Chinatown, mais la peur de la contamination a encore réduit le nombre de clients.

Miang Li, propriétaire d’un magasin, attribue le faible taux de fréquentation au blues financier du milieu du mois mais aussi à la peur de contracter le virus de la part des Chinois.

« Les gens qui viennent ici crient ‘coronavirus, coronavirus' », raconte-t-il à l’AFP, assis derrière le comptoir de son magasin de vêtements. Mais les personnes portant des masques de protection sont rares.

Seuls quelques vendeurs namibiens et quelques propriétaires de magasins portent des masques.

Selon Li, les commerçants n’ont pas réussi à reconstituer leurs stocks parce qu’ils ne veulent pas retourner en Chine pour se réapprovisionner. Aussi sont-ils en train de liquider leurs stocks de l’année dernière à des prix réduits.

« Beaucoup d’entre nous ne retournent qu’en février ou mars pour se réapprovisionner mais il est maintenant dangereux d’aller et de revenir », explique Li. « Si vous partez maintenant, vous ne savez pas si ce pays vous laissera revenir ».

Les commerçants de Chinatown vendent quotidiennement au détail, mais aussi en gros à des boutiques en ligne et à des magasins situés dans d’autres régions de Namibie.

« Les clients de Walvis Bay, Swakopmund et Oshakati ne viennent pas pour l’instant car nous n’avons que de vieux stocks », explique ce commerçant de 52 ans, en activité en Namibie depuis neuf ans.

– Stocks en chute libre –

Lee confirme que le niveau des stocks est en chute libre.

« Pour le moment, personne ne veut retourner en Chine, alors, oui, ça nous affecte », constate-il, assis dans son bureau.

Non seulement la rotation du personnel en souffre, mais certains employés locaux sont réticents à continuer à travailler pour les Chinois.

Matilda Ndinoshisho, une vendeuse de 28 ans, dit que sa collègue a récemment cessé de venir travailler.

« Son oncle et sa tante lui ont dit que les patrons chinois lui transmettront le virus qui tue tous les Chinois et qu’un salaire de 800 dollars namibiens (54 dollars US) ne vaut pas la peine de perdre sa vie ou de contaminer les autres personnes de la famille, alors elle a démissionné », raconte cette mère de deux enfants.

Pourtant, la Namibie n’a eu qu’un seul cas suspect, qui a été déclaré sain a semaine dernière.

Selon le ministre de la santé, Kalumbi Shangula, le gouvernement a mis en place un contrôle médical des visiteurs à tous les points d’entrée dans le pays. « Chaque passager qui entre en Namibie, qu’il vienne de Chine ou de tout autre pays, est soumis à un contrôle approfondi », a déclaré le ministre à l’AFP.

« Si quelqu’un présente des symptômes d’infection par le virus, cette personne est immédiatement isolée et placée sous surveillance ».

Vendredi, l’Égypte a signalé le premier cas confirmé du nouveau coronavirus en Afrique.

Il y a un an, une contestation inattendue submerge l’Algérie

Le vendredi 22 février 2019, soudain et inattendu dans une Algérie réputée résignée, surgissait le « Hirak », mouvement de contestation inédit, toujours vivant et désormais incontournable, mais confronté à de nombreux défis au moment de souffler sa 1ère bougie.

Moins de six semaines après, les manifestants, chaque vendredi plus nombreux, ont obtenu le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans, et la chute de son clan. Mais un an après, le « système » politique rejeté par les protestataires est toujours là.

L’armée a repris la main et un ancien fidèle de M. Bouteflika lui a succédé à la présidence en décembre, après une élection boudée par la majorité des électeurs mais que la contestation n’a pas réussi à empêcher.

« Avec l’élection présidentielle, on est passé à l’Acte II, avec tout le spectre d’improbabilité, d’incertitude et d’instabilité » que cela comporte, explique à l’AFP l’historienne Karima Dirèche, spécialiste du Maghreb contemporain. « Ca rejoint ce que les Algériens disent depuis un an: +Tout bouge et rien ne change+ ».

Mais si un an de manifestations hebdomadaires n’ont pas eu raison du « système », le « Hirak » a profondément modifié la donne politique.

– « Prise de conscience » –

Départ de Bouteflika, incarcération d’apparatchiks et hommes d’affaires corrompus, « il y a eu quelques résultats tangibles même si la demande principale de changement du régime et du système est loin d’être accomplie », admet Dalia Ghanem, chercheuse au Carnegie Middle East Center de Beyrouth.

Mais la plus grande réussite du « Hirak », argue-t-elle, « c’est vraiment la prise de conscience des Algériens et leur désir de renouer avec le politique sans (…) avoir peur du scénario de la guerre civile » entre l’armée et les maquis islamistes qui fit 200.000 morts dans les années 1990.

Un traumatisme exploité à l’envi sous la présidence Bouteflika pour décourager toute contestation et qui rendait hautement improbable le scénario du 22 février.

Quelques semaines auparavant, sûr de son fait, l’appareil politico-militaire se mettait en ordre de bataille pour une présidentielle prévue en avril et censée n’être qu’une formalité pour le chef de l’Etat sortant, pourtant paralysé, aphasique et quasi-invisible depuis un AVC en 2013.

Coupé des citoyens, le régime sent qu’une colère couve, mais la sous-estime.

Touchée par un chômage massif, la jeunesse (54% de la population a moins de 30 ans) ne supporte pourtant plus d’être représentée aux yeux du monde par un octogénaire immobile sur un fauteuil roulant, dont les rares apparitions suscitent la risée des réseaux sociaux.

Le sentiment d’humiliation a débordé quand, lors d’un meeting en l’absence du chef de l’Etat, les apparatchiks du parti présidentiel s’adressent par défaut à son portrait encadré.

Les appels à manifester le 22 février se multiplient sur les réseaux sociaux. Mais ils sont peu à croire que le mouvement va prendre, jusqu’à ce vendredi quand, notamment à Alger — où tout rassemblement est interdit depuis 2001 –, des policiers débordés laissent des manifestants pacifiques emplir les rues.

– Et maintenant? –

Désormais, « la rue citoyenne apparaît comme force contestataire, ce qui n’existait pas avant » dans un pays sans véritable parti ou syndicat d’opposition, rappelle Karima Dirèche.

Selon Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences-Po Paris, « le Hirak a mené depuis un an un double processus de réappropriation à la fois de l’histoire nationale et de l’espace public. En prenant le contrôle de la rue sur la durée et dans le pacifisme, la contestation a redéfini les règles du jeu politique en Algérie, jusque là marqué par l’opacité et la violence ».

Le « Hirak » a aussi montré la profonde transformation de la société algérienne, portée par sa jeunesse — en particulier les femmes — diplômée et hyperconnectée, et désormais déterminée à se faire entendre.

Le nouveau président Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, « aura fort à faire avec ça. Dans sa gouvernance, il ne pourra pas faire comme les autres faisaient avant. Ca n’est pas possible », estime Karima Dirèche.

Un an après, les foules sont certes moins denses qu’au printemps 2019, mais la mobilisation reste forte. Le mouvement veut peser sur les changements promis par le nouveau président, mais peine à se structurer et à se mettre d’accord sur la marche à suivre.

« Le mouvement va fêter sa 1e année le 22 février et j’ai envie de dire « What’s next? » (« Et maintenant »?), souligne Dalia Ghanem, « qu’est-ce qu’on veut? qu’est-ce qu’on demande et comment on essaie d’avoir des résultats tangibles? ».

Il y a un an, une contestation inattendue submerge l’Algérie

Le vendredi 22 février 2019, soudain et inattendu dans une Algérie réputée résignée, surgissait le « Hirak », mouvement de contestation inédit, toujours vivant et désormais incontournable, mais confronté à de nombreux défis au moment de souffler sa 1ère bougie.

Moins de six semaines après, les manifestants, chaque vendredi plus nombreux, ont obtenu le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans, et la chute de son clan. Mais un an après, le « système » politique rejeté par les protestataires est toujours là.

L’armée a repris la main et un ancien fidèle de M. Bouteflika lui a succédé à la présidence en décembre, après une élection boudée par la majorité des électeurs mais que la contestation n’a pas réussi à empêcher.

« Avec l’élection présidentielle, on est passé à l’Acte II, avec tout le spectre d’improbabilité, d’incertitude et d’instabilité » que cela comporte, explique à l’AFP l’historienne Karima Dirèche, spécialiste du Maghreb contemporain. « Ca rejoint ce que les Algériens disent depuis un an: +Tout bouge et rien ne change+ ».

Mais si un an de manifestations hebdomadaires n’ont pas eu raison du « système », le « Hirak » a profondément modifié la donne politique.

– « Prise de conscience » –

Départ de Bouteflika, incarcération d’apparatchiks et hommes d’affaires corrompus, « il y a eu quelques résultats tangibles même si la demande principale de changement du régime et du système est loin d’être accomplie », admet Dalia Ghanem, chercheuse au Carnegie Middle East Center de Beyrouth.

Mais la plus grande réussite du « Hirak », argue-t-elle, « c’est vraiment la prise de conscience des Algériens et leur désir de renouer avec le politique sans (…) avoir peur du scénario de la guerre civile » entre l’armée et les maquis islamistes qui fit 200.000 morts dans les années 1990.

Un traumatisme exploité à l’envi sous la présidence Bouteflika pour décourager toute contestation et qui rendait hautement improbable le scénario du 22 février.

Quelques semaines auparavant, sûr de son fait, l’appareil politico-militaire se mettait en ordre de bataille pour une présidentielle prévue en avril et censée n’être qu’une formalité pour le chef de l’Etat sortant, pourtant paralysé, aphasique et quasi-invisible depuis un AVC en 2013.

Coupé des citoyens, le régime sent qu’une colère couve, mais la sous-estime.

Touchée par un chômage massif, la jeunesse (54% de la population a moins de 30 ans) ne supporte pourtant plus d’être représentée aux yeux du monde par un octogénaire immobile sur un fauteuil roulant, dont les rares apparitions suscitent la risée des réseaux sociaux.

Le sentiment d’humiliation a débordé quand, lors d’un meeting en l’absence du chef de l’Etat, les apparatchiks du parti présidentiel s’adressent par défaut à son portrait encadré.

Les appels à manifester le 22 février se multiplient sur les réseaux sociaux. Mais ils sont peu à croire que le mouvement va prendre, jusqu’à ce vendredi quand, notamment à Alger — où tout rassemblement est interdit depuis 2001 –, des policiers débordés laissent des manifestants pacifiques emplir les rues.

– Et maintenant? –

Désormais, « la rue citoyenne apparaît comme force contestataire, ce qui n’existait pas avant » dans un pays sans véritable parti ou syndicat d’opposition, rappelle Karima Dirèche.

Selon Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences-Po Paris, « le Hirak a mené depuis un an un double processus de réappropriation à la fois de l’histoire nationale et de l’espace public. En prenant le contrôle de la rue sur la durée et dans le pacifisme, la contestation a redéfini les règles du jeu politique en Algérie, jusque là marqué par l’opacité et la violence ».

Le « Hirak » a aussi montré la profonde transformation de la société algérienne, portée par sa jeunesse — en particulier les femmes — diplômée et hyperconnectée, et désormais déterminée à se faire entendre.

Le nouveau président Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, « aura fort à faire avec ça. Dans sa gouvernance, il ne pourra pas faire comme les autres faisaient avant. Ca n’est pas possible », estime Karima Dirèche.

Un an après, les foules sont certes moins denses qu’au printemps 2019, mais la mobilisation reste forte. Le mouvement veut peser sur les changements promis par le nouveau président, mais peine à se structurer et à se mettre d’accord sur la marche à suivre.

« Le mouvement va fêter sa 1e année le 22 février et j’ai envie de dire « What’s next? » (« Et maintenant »?), souligne Dalia Ghanem, « qu’est-ce qu’on veut? qu’est-ce qu’on demande et comment on essaie d’avoir des résultats tangibles? ».

Les pays et territoires touchés par le nouveau coronavirus

Voici la liste des pays et territoires ayant annoncé des cas confirmés de maladie due au nouveau coronavirus qui a tué près de 1.700 personnes, dont quatre hors de Chine continentale, depuis sa propagation à partir de la ville chinoise de Wuhan où il est apparu en décembre.

En dehors de la Chine continentale où plus de 68.000 personnes sont contaminées, près de 600 cas de contamination par l’épidémie du coronavirus, appelée officiellement Covid-19, ont été confirmés dans une trentaine de pays avec un premier cas signalé vendredi en Afrique. Un premier décès hors d’Asie est survenu vendredi soir en France.

– CHINE –

Le bilan des décès enregistrés en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao) depuis le début de l’épidémie était dimanche de 1.665, avec un chiffre de 68.500 personnes contaminées.

La plupart des décès sont intervenus dans la province du Hubei, foyer de la contagion, dont Wuhan est la capitale.

Ce chiffre dépasse celui des décès du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère, une pneumonie atypique) qui a tué 774 personnes dans le monde en 2002-2003, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong.

– Une personne est morte dans le territoire chinois semi-autonome de Hong Kong où au moins 56 cas ont été enregistrés.

– Dix cas ont été signalés à Macao.

– ASIE-PACIFIQUE –

Asie de l’Est

Corée du Sud: 28

Japon: 53 cas, dont une octogénaire décédée. Et au moins 355 à bord du paquebot Diamond Princess en quarantaine à Yokohama, auxquels s’ajoute un officier de quarantaine infecté.

Taïwan: 18

Asie du Sud-Est

Cambodge: 1

Malaisie: 22

Philippines: trois cas dont un mort à Manille, un Chinois originaire de Wuhan, qui a été le premier décès hors de Chine.

Singapour: 72

Thaïlande: 34

Vietnam: 16

Asie du Sud

Inde: 3

Népal: 1

Sri Lanka: 1

Australie

15

– AMERIQUES –

Canada

8

Etats-Unis

15

– EUROPE –

Union européenne

Allemagne: 16

Belgique: un

Espagne: 2, autorisés vendredi à quitter l’hôpital

Finlande: un

France: 12, dont un décès annoncé samedi, le premier hors d’Asie

Italie: 3

Suède: un

Royaume-Uni

9

Russie

2, désormais sortis de l’hôpital

– MOYEN-ORIENT –

Emirats arabes unis

8

– AFRIQUE –

Egypte

Un premier cas annoncé le 14 février, le premier sur le continent africain

burx-sst/elm/roc

Coronavirus: des pays rapatrient leurs citoyens confinés sur le Diamond Princess

Inquiets de la croissance rapide du nombre de cas de nouveau coronavirus recensés sur le paquebot de croisière Diamond Princess en quarantaine près de Yokohama (banlieue de Tokyo), plusieurs pays ont décidé ce week-end d’évacuer rapidement leurs ressortissants.

Quelque 355 cas ont été comptabilisés dimanche matin sur ce navire. C’est 70 de plus que samedi, jour où 67 nouveaux cas avaient été confirmés.

Mais les 3.711 personnes à bord n’ont pas encore toutes subi les examens permettant d’établir leur éventuelle contamination.

« Jusqu’à présent, nous avons effectué des tests sur un total de 1.219 personnes », a déclaré le ministre japonais de la Santé Katsunobu Kato, sur la chaîne publique nippone NHK, précisant que 73 des 355 personnes contaminées ne présentaient pas de symptôme à ce stade.

– Rapatriement en urgence –

Le Diamond Princess effectuait une croisière avec plusieurs escales en Asie quand un passager ayant débarqué à Hong Kong a été contrôlé positif au coronavirus apparu en décembre dans la ville chinoise de Wuhan (centre). Ce qui a entraîné la mise en quarantaine du navire dans le port japonais de Yokohama.

Depuis, au fil des résultats d’analyses, le nombre de cas ne cesse de grimper bien que les passagers soient confinés le plus possible dans leurs cabines et que les cas confirmés soient transférés dans des hôpitaux japonais spécialement équipés.

Face à l’aggravation de la situation et des doutes sur l’efficacité des mesures prises, plusieurs gouvernements ont décidé d’évacuer leurs ressortissants paraissant sains pour les placer quatorze jours en quarantaine dans leurs pays respectifs.

« Comme nous vous l’avons indiqué hier (samedi), le gouvernement américain recommande aux citoyens américains de débarquer du Diamond Princess et de rentrer aux Etats-Unis », a écrit l’ambassade américaine à Tokyo dans une lettre publiée sur internet.

« C’est une situation qui évolue rapidement et nous prenons des mesures supplémentaires pour aider les citoyens américains », a-t-elle poursuivi, assurant que « la sécurité et le bien-être de nos ressortissants est la priorité absolue du gouvernement américain ».

Il restait samedi environ 350 Américains sur le bateau.

Le gouvernement de Hong Kong a lui aussi dit vouloir rapatrier les siens –330 ressortissants– « le plus tôt possible ».

Les autorités canadiennes ont pris une initiative similaire « en raison des circonstances extraordinaires rencontrées par les passagers du Diamond Princess et pour alléger le fardeau sur le système de santé japonais », ont-elles expliqué dans un communiqué. Environ 250 Canadiens avaient embarqué pour cette croisière.

Les premiers départs en avion devraient avoir lieu dans la nuit de dimanche à lundi.

– Près de 1.700 morts dans le monde –

En plus des cas sur le navire, les autorités nippones ont indiqué que 53 personnes étaient porteuses du coronavirus dans différentes régions du pays, avec une traçabilité difficile à établir pour un nombre croissant de patients.

Les experts estiment que « des malades touchés par le coronavirus peuvent désormais apparaître n’importe où au Japon » et que les habitants doivent prendre le plus de précautions possibles comme se laver les mains très fréquemment, porter des masques, désinfecter les objets, etc.

Mais les fabricants de masques sanitaires ont du mal à répondre à la demande et les stocks dans les supérettes et les parapharmacies sont faibles, voire nuls. Une hausse de la production est prévue avec des subventions des pouvoirs publics.

Selon le dernier bilan diffusé dimanche par les autorités chinoises, la pneumonie virale Covid-19 a provoqué la mort de 1.665 personnes en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), sur un total de 68.500 cas de contamination recensés sur le territoire. La plupart des décès ont été constatés dans la province du Hubei (centre), foyer de l’épidémie apparue en décembre dans son chef-lieu Wuhan.

Seuls quatre décès ont été enregistrés ailleurs dans le monde: un sur le territoire chinois semi-autonome de Hong Kong et les trois autres respectivement au Japon, aux Philippines et en France.