Déguerpissements à Gesco : deux ans après, les victimes réclament toujours justice et réparation

Deux ans après les démolitions qui ont bouleversé le quartier Gesco à Yopougon, les familles affectées dénoncent l’absence de solutions…

Deux ans après les démolitions qui ont bouleversé le quartier Gesco à Yopougon, les familles affectées dénoncent l’absence de solutions concrètes et réclament une indemnisation à la hauteur des préjudices subis. Le Collectif des victimes des déguerpissements a interpellé les autorités lors d’une conférence de presse tenue le mardi 23 juin 2026.

Le dossier des déguerpissements de Gesco reste loin d’être clos. Deux années après les opérations de démolition menées au début de 2024 dans plusieurs zones du quartier, notamment les cités Éden, Pays-Bas et d’autres sous-quartiers, les victimes affirment attendre toujours des réponses des autorités.

Réunis en conférence de presse à Yopougon, les responsables du Collectif des victimes des déguerpissements ont exprimé leur frustration face à une situation qu’ils jugent préoccupante. Selon eux, plusieurs familles touchées disposaient pourtant de documents administratifs, dont des Arrêtés de concession définitive (ACD), ou avaient engagé des démarches pour sécuriser leurs terrains.

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Des pertes matérielles et sociales considérables

Lors de la rencontre avec la presse, Rose Koné, membre du collectif et victime des démolitions, a dressé un bilan alarmant de la situation. Elle déplore l’absence de réponse concrète des autorités concernées, notamment du District autonome d’Abidjan, de l’État central, de la mairie de Yopougon et du ministère de la Solidarité nationale, face à la situation des familles affectées.

Selon elle, les promesses d’indemnisation n’ont pas abouti aux attentes des victimes. Elle dénonce notamment l’aide de 250 000 FCFA accordée à certaines familles, estimant que cette somme ne peut compenser la perte de biens immobiliers construits parfois sur plusieurs décennies.

Le collectif évoque également de lourdes conséquences sociales : la destruction partielle de la cité Éden, la disparition de plus de 200 concessions et la fermeture d’un établissement scolaire qui accueillait plus de 1 000 élèves. Les victimes affirment également que les démolitions ont causé trois décès et que plusieurs familles vivent toujours dans des conditions précaires.

Face à l’absence de solution, les victimes ont décidé d’engager une bataille judiciaire. Le collectif a assigné le District autonome d’Abidjan devant le Tribunal de première instance de Yopougon afin d’obtenir réparation des préjudices subis. Les responsables du collectif contestent notamment les déclarations selon lesquelles le District ne serait pas impliqué dans l’opération de déguerpissement. Après plusieurs audiences tenues les 16 avril, 4 mai et 21 mai 2026, les victimes attendent désormais la prochaine étape judiciaire prévue le jeudi 25 juin 2026.

« Gesco n’était pas une zone à risque », affirme le collectif

Pour Gbanan Goro Marcelin, président du Collectif des victimes de Gesco, le quartier ne représentait pas une zone dangereuse nécessitant une telle intervention. Selon lui, les destructions auraient aggravé les difficultés dans le secteur.

« Après les destructions, le quartier est devenu un vide et les agressions s’accumulent », a-t-il déclaré, dénonçant également un dépassement de la zone initialement prévue.

Selon lui, les autorités avaient prévu une opération limitée à une bande de 50 mètres, mais elles ont finalement détruit près de 500 mètres. Le responsable du collectif souligne que plusieurs victimes, aujourd’hui à la retraite après avoir consacré leur vie au service de la nation, se retrouvent sans solution durable.

LIRE AUSSI : Démolitions à Koumassi Campement : la HABG ouvre une enquête sur les droits fonciers et les soupçons de conflits d’intérêts

Les victimes rappellent enfin que Gesco faisait partie du Projet des quartiers restructurés d’Abidjan (PQRA), un programme destiné à améliorer les conditions de vie dans certains quartiers de la capitale économique ivoirienne. Regrettant que ce projet n’ait pas produit les résultats espérés, Rose Koné appelle les autorités à intervenir pour trouver une issue favorable.

« Nous ne sommes pas des étrangers, mais des Ivoiriens comme vous. Nous avons besoin de l’aide de l’État », a-t-elle plaidé.

Après plus de deux ans d’attente, les familles concernées espèrent désormais une reconnaissance de leurs droits et une solution définitive à leur situation.



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