Côte d’Ivoire : l’AIRP tire la sonnette d’alarme face à l’explosion des trafics de faux médicaments en ligne

À Abidjan, les acteurs engagés dans la lutte contre les Produits Médicaux de Qualité Inférieure et Falsifiés (PMQIF) se sont…

À Abidjan, les acteurs engagés dans la lutte contre les Produits Médicaux de Qualité Inférieure et Falsifiés (PMQIF) se sont retrouvés le vendredi 3 juillet afin d’échanger sur l’évolution d’un phénomène de plus en plus préoccupant en Côte d’Ivoire : la progression des faux médicaments et des produits cosmétiques dangereux. Les participants ont, à cette occasion, tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur croissante de cette menace sanitaire.

Cette rencontre s’est tenue dans le cadre de la deuxième réunion trimestrielle de la plateforme nationale de lutte contre les PMQIF, organisée par l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP), et a mis en évidence une criminalité désormais fortement alimentée par les réseaux sociaux et le commerce en ligne.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Les faux médicaments qualifiés de “crime sanitaire”

Ouvrant les travaux, le directeur général de l’AIRP, le Dr Hassan Coulibaly, a insisté sur la gravité du phénomène, rappelant que les médicaments falsifiés ne relèvent pas d’une simple contrefaçon.

« Le médicament falsifié est un crime. C’est une arme invisible qui trompe la confiance des familles et ôte des vies sous couvert d’une promesse de guérison. » a-t-il déclaré.

Devant les représentants des ministères, des forces de l’ordre, des organisations professionnelles et des partenaires techniques, il a souligné la dangerosité croissante de ces produits illicites.

Selon le directeur général de l’AIRP, le trafic des produits de santé connaît une transformation profonde. Aux circuits traditionnels s’ajoutent désormais les plateformes numériques, devenues de nouveaux espaces de commercialisation illégale. Facebook, TikTok et d’autres réseaux sociaux sont particulièrement cités comme des canaux exploités par des trafiquants profitant de l’anonymat du numérique pour contourner la réglementation.

Au-delà des médicaments, les autorités sanitaires alertent également sur la progression des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle non conformes. Les produits éclaircissants contenant des substances potentiellement dangereuses pour la santé figurent parmi les principales préoccupations.

Dans ce contexte, l’AIRP a présenté les résultats d’une campagne nationale de déclaration des produits cosmétiques menée entre octobre 2024 et mars 2025. Cette opération a permis d’enregistrer 11 849 produits déclarés par 1 140 opérateurs économiques et importateurs. L’objectif est désormais de constituer une base de données nationale afin d’assainir le marché et de faciliter l’homologation des produits conformes.

Vers une réponse interinstitutionnelle renforcée

Pour le Dr Hassan Coulibaly, l’ampleur du phénomène dépasse les capacités d’action d’une seule institution. Il a évoqué plusieurs contraintes structurelles, notamment la porosité des frontières, le poids du secteur informel et les coûts élevés liés au stockage et à la destruction des produits saisis. Face à ces défis, une approche coordonnée est privilégiée, impliquant les services de police, la gendarmerie, les douanes, la justice ainsi que les organisations professionnelles.

Représentant le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture Maladie Universelle (CMU), la conseillère technique chargée du secteur pharmaceutique, le Dr Marie-Chantal Assouan, a mis l’accent sur la souveraineté pharmaceutique de la Côte d’Ivoire.

Elle a indiqué que la lutte contre les produits médicaux falsifiés dépasse le cadre sanitaire et constitue un enjeu stratégique pour le développement d’une industrie pharmaceutique nationale crédible. Elle a également souligné que l’atteinte du niveau de maturité 3 de l’autorité de régulation pharmaceutique demeure une étape essentielle pour garantir la qualité des médicaments produits localement.

LIRE AUSSI : Produits dépigmentants : l’AIRP dévoile des chiffres alarmants et intensifie la riposte

Face à la digitalisation des trafics, l’AIRP engage également sa propre modernisation technologique. L’institution a annoncé l’accélération de sa transformation numérique avec le développement d’outils digitaux destinés aux fonctions de régulation, d’inspection et de répression. Ces dispositifs sont actuellement en phase avancée de conception, selon les responsables.

Cette réunion a rassemblé 44 participants issus d’une quarantaine d’institutions nationales et internationales. Elle a permis de présenter le bilan des saisies enregistrées au premier semestre 2026 et d’identifier de nouvelles stratégies destinées à renforcer durablement la lutte contre les produits médicaux falsifiés en Côte d’Ivoire.



Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP

À LIRE AUSSI

À LIRE AUSSI

© AIRP
3 juillet 2026

À Abidjan, les acteurs engagés dans la lutte contre les Produits Médicaux de…

© 1xBet
3 juillet 2026

La Globe Cup 26 bat son plein. À mesure que le tournoi avance,…

© Fraternité Matin
3 juillet 2026

Les quotidiens ivoiriens parus ce vendredi 03 juillet 2026 placent en tête de…