Depuis plusieurs semaines, le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, parcourt l’Europe dans le cadre d’une tournée politique et citoyenne. Cette série de rencontres est centrée sur la paix, le panafricanisme et les perspectives de développement du continent africain.
Le 17 mai 2026, il était l’invité du Foyer des Étudiants Catholiques de Strasbourg, où il a animé un café politique organisé par la Fondation Charles Blé Goudé pour la paix et le développement. La rencontre avait pour thème : « L’Afrique face à son histoire : exiger réparation, construire l’avenir ».

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Un échange nourri avec la diaspora africaine
Face à un public composé majoritairement de membres de la diaspora africaine venus de plusieurs villes européennes, l’ancien ministre ivoirien a pris part à de longs échanges dans une ambiance conviviale, autour de cafés et de débats politiques. Son intervention a alterné analyses, témoignages personnels et messages à l’endroit de la jeunesse africaine, avec un accent particulier sur la responsabilité politique et citoyenne.
Charles Blé Goudé est revenu sur les différentes étapes de son parcours judiciaire, de son arrestation au Ghana à sa détention en Côte d’Ivoire, puis son transfert à La Haye. Il a évoqué une période qu’il décrit comme déterminante dans l’évolution de sa vision politique. Il a notamment rappelé ses quatorze mois d’isolement avant son acquittement par la Cour pénale internationale, estimant que cette expérience a renforcé son attachement au dialogue, à la paix et à la maîtrise de soi. S’inspirant régulièrement de Nelson Mandela, il défend désormais une approche politique fondée sur la réconciliation plutôt que sur l’affrontement.
Un plaidoyer pour un panafricanisme ouvert
Se présentant comme un « panafricaniste à responsabilité positive », l’ancien leader des Jeunes Patriotes a plaidé pour un panafricanisme ouvert, basé sur la coopération internationale et la défense des intérêts africains sans rupture avec les partenaires extérieurs. Il insiste sur la formation, l’innovation et une gouvernance efficace pour accélérer le développement africain. Il cite la Chine comme modèle de transformation économique.
Interrogé sur ses liens avec l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé réaffirme sa fidélité à son « père politique ». Il reconnaît toutefois une distance actuelle entre eux. Blé Goudé a par ailleurs dénoncé les dérives du débat politique sur les réseaux sociaux, qu’il juge dominé par la « politique spectacle ». Il appelle à un retour à une culture politique plus structurée, centrée sur les idées et le sens des responsabilités.

