Nouvelle loi anti-LGBT+ au Ghana : jusqu’à cinq ans de prison pour certains soutiens

Le Parlement ghanéen a adopté une nouvelle législation durcissant les sanctions contre les personnes LGBT+ et les organisations qui soutiennent…

Le Parlement ghanéen a adopté une nouvelle législation durcissant les sanctions contre les personnes LGBT+ et les organisations qui soutiennent leurs droits. Le texte, qui doit encore être ratifié par le président John Mahama, prévoit des peines de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans pour certaines infractions liées à la promotion ou au soutien des activités LGBT+.

Adoptée vendredi par les députés ghanéens, la loi intitulée « Droits sexuels et valeurs familiales » renforce considérablement l’arsenal juridique du pays en matière de relations entre personnes de même sexe. Le texte prévoit notamment jusqu’à trois ans d’emprisonnement pour les personnes reconnues coupables de relations homosexuelles. Des peines allant de trois à cinq ans de prison sont également prévues pour toute personne accusée de promouvoir, financer ou soutenir volontairement des activités liées à la communauté LGBT+.

Un projet déjà adopté en 2024

Cette législation n’est pas nouvelle dans le paysage politique ghanéen. Une première version avait été adoptée à l’unanimité par le Parlement en février 2024. Toutefois, l’ancien président Nana Akufo-Addo ne l’avait jamais promulguée avant la fin de son mandat. Conformément à la Constitution ghanéenne, le texte est devenu caduc avec la fin de la législature, obligeant les parlementaires à reprendre le processus législatif.

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La version récemment adoptée conserve l’essentiel des dispositions initiales, mais introduit plusieurs exemptions destinées à certaines professions. Les avocats pourront notamment assurer la défense de personnes LGBT+ sans risque de poursuites. Les médias resteront autorisés à traiter des sujets liés à cette communauté. Les professionnels de santé pourront fournir des soins médicaux.
Ils pourront aussi proposer un accompagnement psychologique. Ils pourront réaliser des interventions nécessaires. Aucune sanction ne sera appliquée dans ces cas.

Le Ghana demeure une société largement conservatrice et religieuse, majoritairement chrétienne. Une législation héritée de l’époque coloniale interdit déjà les relations entre personnes du même sexe dans le pays. Malgré ce cadre juridique, les poursuites judiciaires fondées sur ces dispositions sont restées rares jusqu’à présent. Le nouveau texte vise toutefois à élargir le champ des sanctions et à encadrer davantage les activités liées aux questions LGBT+.

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Le président John Mahama soutient le projet de loi. Il s’est exprimé plusieurs fois en sa faveur. Il l’a fait pendant sa campagne électorale.
>Il l’a également fait après son arrivée au pouvoir. Peu après son investiture, il avait réaffirmé sa vision des questions de société. « Je crois aux principes et aux valeurs selon lesquelles il n’existe que deux sexes : l’homme et la femme. Et que le mariage est entre un homme et une femme », avait-il déclaré. On attend désormais la décision du président concernant la promulgation du texte.

L’adoption de cette loi suscite déjà de vives réactions au niveau national et international. Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent un texte qu’elles jugent discriminatoire et contraire aux engagements internationaux du Ghana en matière de libertés fondamentales. Ces organisations appellent les autorités à renoncer à sa promulgation et alertent sur les conséquences potentielles pour les droits des minorités sexuelles dans le pays.

Une tendance observée dans plusieurs pays africains

Le Ghana n’est pas le seul État africain à avoir récemment renforcé sa législation sur cette question. Au Sénégal, une loi adoptée en mars 2026 a alourdi les peines prévues pour les relations homosexuelles, désormais passibles de cinq à dix ans de prison. Quelques mois plus tôt, les autorités du Burkina Faso avaient également adopté un texte prévoyant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour les pratiques homosexuelles.

La situation varie fortement d’un pays africain à l’autre. Dans plusieurs États, les relations homosexuelles restent criminalisées.
Les peines peuvent aller de plusieurs années de prison. Elles peuvent aussi aller jusqu’à la réclusion à perpétuité. Certains pays appliquent également des sanctions particulièrement sévères. L’Ouganda, la Mauritanie et certaines régions de Somalie prévoient notamment la peine de mort dans certaines circonstances, selon leurs législations ou systèmes juridiques en vigueur.

Après son adoption par le Parlement, l’avenir de la loi repose désormais entre les mains du président John Mahama. La promulgation permettrait l’entrée en vigueur du texte. Elle marquerait une nouvelle étape juridique au Ghana. Elle concernerait les questions liées aux droits LGBT+.



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